| n° 18714 | Fiche technique | 39058 caractères | 39058Temps de lecture estimé : 22 mn | 10/12/18 |
| Résumé: Gabriel-Marie n'aurait jamais pensé être tenté par le péché de chair contre nature et risquer la damnation. Et pourtant... | ||||
| Critères: fh hh hbi | ||||
| Auteur : Domi Dupon (Une antiquité sur le site) Envoi mini-message | ||||
La Mercedes roulait beaucoup trop vite sur ce chemin de terre défoncé. Les eaux du fleuve tumultueux l’attiraient inexorablement. Plus que 100 m ! La délivrance au bout de la route. Au dernier moment, le conducteur freina, mais sans doute trop tard. La voiture allait faire le grand saut. Zigzaguant, dérapant, elle s’immobilisa à quelques centimètres de la rive (Ach ! La qualité allemande !).
Comment en était-il arrivé là alors que rien dans sa vie ne le prédestinait à ce double effet kiss cool. Mais les voies du Seigneur (contrairement à celle de ma voisine) sont impénétrables et nous allons tenter de vous conter quels terribles enchaînements de faits divers et variés ont amené Gabriel-Marie à stopper sa BMW (comment ? C’était une Mercedes ! Mercedes, BMW, ce sont des allemandes, alors…) face au fleuve en se demandant s’il allait passer la première et en finir avec tous ses tourments ou la marche arrière et vivre ses envies coupables. (On est très traditionaliste chez les Chancrecreux, et une boîte automatique aurait été une hérésie.)
Remontons le temps. Gabriel-Marie de Chancrecreux est le dernier et, mais point l’ultime, rejeton d’une famille dont la particule remontait au bon roi François. Son aïeule née Guilherminette Gougnotte fut anoblie pour services rendus à Sa Majesté et reçut le titre honorifique de baronne de Chancrecreux. Honorifique, car aucune baronnie ne s’accrochait au titre. Selon de vieux grimoires précieusement conservés, Guilherminette, comme une bergère rendue célèbre par une ritournelle enfantine (peut-être en a-t-elle été l’inspiratrice) avait rencontré le grand roi (par la taille) au détour d’un chemin creux. Sa beauté et surtout son intelligence (ou le contraire) avaient séduit François. Il existe une version orale qui se murmure d’aîné à aîné, de génération à génération que Guilherminette, particulièrement bien dotée par la nature, avait un tempérament de feu, mais que son âge posait problème.
Afin de pouvoir l’introduire (et pas seulement) à la cour, il fallait lui trouver un mari. La madrée, seule aventurière que la famille n’eut jamais connue, osa refuser tous les prétendants que le Roi voulait lui imposer. Le souverain, craignant un scandale, décida de l’anoblir et de l’éloigner de la cour. À cette époque lointaine, une femme n’avait un titre qu’à travers son époux. Pour qu’elle puisse avoir ce titre en restant célibataire, le roi devait la tenir en haute estime ou ne voulait pas courir de risques. Un subterfuge fut trouvé. Anoblie, il l’exila en province dans une de ses résidences où il allait la visiter de temps à autre. Lorsqu’il l’eut engrossée, qu’elle fut femme, elle n’intéressa plus le souverain, mais il lui laissa la jouissance de la propriété et lui octroya une rente en écus d’or sonnants et trébuchants. Elle eut nombre d’amants, nombre de bâtards, mais jamais elle ne convola en justes épousailles. Oblitérant sa vie dissolue, la légende familiale retint uniquement que les Chancrecreux étaient les descendants du vainqueur de Marignan.
Pingre ou prévoyante, elle économisa suffisamment sur sa rente pour qu’à la mort du roi, elle puisse acquérir quelques hectares de terre arable et faire construire sinon un château du moins un hôtel particulier qui resta dans la famille jusqu’à ce que ces malotrus de révolutionnaires aient la mauvaise idée de le piller avant de le faire brûler. Le titre, ainsi que la particule, disparurent avec l’incendie. Il ne faisait pas bon être noble en cette fin de XVIIIe siècle. La particule réapparut à l’époque napoléonienne en même temps que l’absolue nécessité de travailler. Le quadrisaïeul de notre héros (?), Anthelme-Marie de Chancrecreux acheta une charge de notaire. Charge qu’occupait aujourd’hui Gabriel-Marie depuis deux ans, suite au décès de son père Auguste-Marie.
Une charge qu’il trouvait pesante. Il n’avait pas choisi. Le notariat ne l’intéressait pas, mais alors pas du tout. Il voulait entrer dans les ordres, mieux, rejoindre un monastère pour méditer tout son saoul. Quand on avait la chance de naître « de Chancrecreux », on ne discutait pas. Eût-il eu un frère que, peut-être… Mais il était venu sur le tard, comme on disait à l’époque et il n’avait pas eu cette chance. Donc notaire, il devait être, notaire, il fut.
Il ne fallait pas croire pour autant que Gabriel-Marie fut un benêt attardé. Il avait fait ses humanités chez les Chartreux dans la bonne ville de Lyon. Les camarades qu’ils fréquentaient étaient de grands baiseurs et de grands buveurs devant l’éternel. S’il les accompagnait dans leurs libations alcoolisées, les filles ne l’intéressaient pas. Pas plus que les garçons d’ailleurs – un sodomite ! En ce début des années 60, rien que d’y penser eût été un péché mortel pour ce bon catholique. Aux filles, il préférait les livres et la méditation. Son baccalauréat en poche, il poursuivit ses études à la catho de Lyon d’où il sortit aussi puceau qu’il y était entré. Puis il rejoignit l’étude de papa, d’abord comme clerc durant ses vacances puis comme notaire associé.
À 25 ans, il n’avait toujours pas connu de fille et ses parents commencèrent à s’inquiéter. Il fallait penser à la perpétuation de la lignée. Lignée ininterrompue depuis le XVIe siècle malgré les guerres, révolutions et autres avatars. Devant l’inertie de son jouvenceau de fils, Auguste-Marie chargea son épouse Marie-Élisabeth, née Eatpussy, bonne catholique écossaise (Auguste-Marie l’avait rencontrée à Londres alors qu’il guerroyait contre les nazis) de trouver la mère de leurs futurs petits-enfants.
Marie-Élisabeth entama ses consultations auprès de la noblesse locale, puis régionale, voire nationale, c’est vous dire la difficulté de la chose. Dans les partis auxquels il pouvait prétendre, les jeunes filles catholiques à marier se révélaient une denrée rare. Elle ne trouva que deux candidates potentielles qui furent éliminées avant même le premier tour de scrutin. La première pour cause probable d’infertilité : elle avait 52 ans et la ménopause la guettait. Marie-Élisabeth avait mis beaucoup d’espoir dans la seconde, une jeunette de 18 printemps, belle comme un cœur. Elle comprit vite que la donzelle avait connu plus d’hommes que pourrait en contenir Notre-Dame de Fourvière.
Le temps passait. Sur les conseils de son Auguste d’époux, elle se rabattit sur les filles de notaire. Un crève-cœur, une roturière, mais c’était cela ou laisser s’éteindre le nom. Tout bonnement impensable !
Et le miracle se produisit. Un notaire, d’une petite ville de Savoie, avait une fille unique. Famille très pieuse bien évidemment sinon une union n’aurait pas été envisageable. Elle n’était pas à marier proprement dit puisqu’elle vivait très bien son célibat. Aussi bien que Gabriel-Marie. Clin d’œil du destin, elle se prénommait Marie-Gabrielle. Après moult tractations, les deux familles aboutirent à un accord. Ne restait plus qu’à convaincre les principaux intéressés. Le placide Gabriel-Marie n’opposa que peu de résistance face à l’attaque concertée de ses parents. La tâche se révéla plus compliquée pour convaincre la demoiselle, mais, in fine, elle accepta le principe d’une rencontre.
Second miracle, le prétendant qu’on lui proposait lui plut. S’il n’avait rien d’un Alain Delon, Gabriel-Marie n’en était pas moins un joli garçon : une figure avenante aux traits fins un tant soit peu féminins, des yeux rieurs brillants d’intelligence, pas très grand, mais bien proportionné. Le genre d’homme avec qui on prend plaisir à paraître en société sans crainte de remarques ironiques et désobligeantes. Marie-Gabrielle n’avait rien d’une Brigitte Bardot, surtout pas sa vulgarité, mais elle avait une silhouette élancée aux proportions agréables, de longs cheveux bruns sagement attachés. Le jeune homme apprécia sa retenue, sa timidité rosissante et, par-dessus tout, sa piété qui sonnait à l’unisson de la sienne.
Les rencontres se multiplièrent. Indiscutablement les deux gens s’entendaient bien, mais, au grand dam des parents, sentimentalement, la situation n’évoluait guère. Bravant les conventions, on les incita à sortir sans chaperon, on leur organisa même un week-end en duo dans un chalet appartenant aux parents de la belle. Ils passèrent le week-end à analyser des versets de la Bible. S’ils ne montraient pas de tendresse particulière l’un envers l’autre, ni de goûts pour les choses du sexe, l’idée du mariage faisait son chemin et lorsqu’on leur proposa de fixer la date des fiançailles puis celle du mariage, ni l’un, ni l’autre ne protestèrent. La cérémonie finale fut fixée au 1er septembre 1973.
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Ils avaient fait traîner autant qu’ils avaient pu. L’un comme l’autre craignaient ce moment où ils allaient devoir se retrouver face à fesse avec le devoir à accomplir : consommer leur union. L’un comme l’autre, loin d’être niaiseux, avaient une connaissance théorique, livresque de la « chose », mais comme, elle ne les préoccupait pas vraiment ils n’avaient guère approfondi. Le baiser échangé à la fin de la cérémonie et les quelques autres imposés plus ou moins par leurs invités n’avaient déclenché aucun émoi en eux. La crainte de se retrouver seuls dans la chambre nuptiale rendait presque supportable l’ennui généré par cette frivole soirée. À quatre heures du matin, ils durent s’y résoudre. Ils rejoignirent le lieu du sacrifice.
La porte fermée, au lieu de se précipiter l’un sur l’autre comme auraient agi la plupart des couples, ils se regardèrent embarrassés. Ils ne pouvaient décemment pas s’asseoir sur le lit et commenter la Bible. Ils devaient par cet acte confirmer, consommer leur union. Marie-Gabrielle brisa le silence :
Les deux « tourtereaux » malgré le temps passé ensemble continuaient de se vouvoyer comme deux étrangers, comme il était d’usage dans leur milieu. Dès que la jeune épousée eut franchi la porte, Gabriel-Marie découvrit le lit et se délesta de ses chaussures et de sa veste. Il allait ôter son pantalon quand une petite voix l’appela :
Le jeune homme se réajusta avant de rejoindre son épouse. Elle l’attendait, dissimulée derrière la porte.
La jeune femme sortit de sa cachette. Les joues rosies, les yeux brillants sous l’effet du champagne ou de l’émoi, elle était charmante dans sa robe blanche. Elle lui expliqua qu’elle ne parvenait pas à dégrafer sa robe. Maladroitement, Gabriel-Marie s’attela à la tâche. Lorsqu’il arriva à la hauteur des fesses, les effleurant malencontreusement, la jeune femme sursauta.
Pendant ce court dialogue, Gabriel-Marie avait terminé et la robe brutalement libérée glissa sur les épaules de la jeune fille révélant un soutien-gorge et une culotte blanche, aussi chaste l’un que l’autre. Le premier comprimant une poitrine qui eut bien besoin de respirer et la seconde soulignant, malgré elle, un postérieur dont le galbe et la fermeté auraient fait la joie de bien des hommes. Déjà, la belle s’était retournée en ayant pris soin de remonter la robe au-dessus de ses seins.
Il se replia vers la chambre poursuivi par une dernière réplique.
Il se déshabilla rapidement. Un moment de malaise ! Monsieur père s’était récrié quand il avait vu que Gabriel-Marie emportait son pyjama et il lui avait fait reposer. « Ta nuit de noces ! Mais à quoi penses-tu, mon fils ? » En sous-vêtements, il se glissa sous les draps. Il fit taire les appliques qui éclairaient la chambre. Quelques minutes plus tard, Marie-Gabrielle apparut brièvement dans l’encadrement de la porte avant qu’elle n’éteigne la salle de bain. L’avait-elle fait par provocation ou par négligence ? Par négligence sans doute, car sa chemise de nuit blanche ne dévoilait strictement rien de son anatomie.
Elle se glissa furtivement dans le lit. Ils restèrent un long moment immobiles, chacun d’un côté du lit. Marie-Gabrielle devant l’inertie de celui qui était devenu son mari dut prendre l’initiative. Elle se tourna vers lui et d’une voix apeurée, lui dit :
Se rendant compte de ce que sa remarque pouvait avoir d’équivoque, il ajouta précipitamment :
Il se tourna à son tour vers son épouse et la prit maladroitement dans ses bras. Ils s’embrassèrent mollement sans réelle passion. Ils eurent beau y mettre la langue et tout leur cœur, aucune des excitations annoncées par leurs proches ne se manifesta. Le pénis de G-M resta inexorablement flasque tandis que la vulve de M-G resta tout aussi inexorablement sèche. D’autres, devant un tel manque d’enthousiasme, auraient renoncé, mais l’un comme l’autre avait un rang à tenir et un profond sens du devoir.
Ils persévérèrent et mirent en pratique ce qu’ils avaient lu dans les livres. Prenant son courage à deux mains et, de la droite, la verge endormie de son époux à travers le slip kangourou, M.G. entama une masturbation qui malgré sa maladresse se révéla efficace. Le membre de son époux durcit et prit à sa grande surprise des proportions inquiétantes.
Pour ne pas se montrer moins audacieux, G-M remonta la chemise de nuit de son épouse et porta sa main entre les cuisses. À sa grande surprise, elle rencontra un mont poilu. En prévision de ce qui allait se passer, l’impudente avait ôté sa culotte. Reproduisant sur le modèle féminin, la caresse de M.G. il lui caressa le minou. Avec toute la délicatesse possible, il glissa un doigt dans sa vulve jusqu’à ce qu’il touche l’hymen. Prouvant la bonne composition de sa moitié, les parois s’humidifièrent progressivement.
Arriva l’instant ou M-G prit la direction des opérations. Elle retroussa sa chemise de nuit sur ses hanches, se mit sur le dos, ouvrit les jambes.
En bon petit soldat, G-M la couvrit. Une petite main féminine guida son pénis à l’entrée de la vulve. Il poussa aussi doucement qu’il put écoutant la moindre manifestation de souffrance de Marie-Gabrielle.
Celle-ci finit par s’impatienter, attrapa G-M. par les fesses et l’attira violemment à elle. Elle poussa un cri de douleur. G-M se figea.
Discipliné, G-M s’exécuta. Il « s’agita » au-dessus de sa moitié comme elle le lui avait demandé et finit par arriver à ses fins. Il ne s’attarda pas en elle et se remit sur le dos. M-G se leva immédiatement pour aller faire sa toilette intime. En quittant le lit, elle eut cette phrase d’une grande puissance romantique :
Leur vie de couple s’organisa des plus agréablement. Ils partageaient une communauté d’esprit qui les faisait paraître comme un couple à montrer en exemple. Marie-Gabrielle se révéla féconde. Trois enfants furent conçus sans passion, mais sans difficulté. Ils remplissaient leurs devoirs conjugaux régulièrement, sans aucune variante notable. Avec le temps, ils oubliaient parfois d’éteindre la lumière et ils s’étaient libérés de leurs contraintes vestimentaires. Se montrer nu l’un à l’autre ne leur posait plus de problème. Il leur arrivait même parfois d’éprouver un plaisir coupable qu’ils se sentaient obligés d’évoquer en confession.
Les années s’écoulèrent, les enfants grandirent et l’espace entre leurs rapports matrimoniaux aussi : d’hebdomadaires, ils devinrent bi puis mensuel. Les trois dernières années, ils étaient devenus inexistants. Parfois, après un repas bien arrosé, échauffés par l’alcool, ils s’abandonnaient à une rapide fornication qu’ils regrettaient ensuite. Leur vie de couple semblait toujours harmonieuse. Entre son travail, l’éducation des enfants, leur implication dans les œuvres de la paroisse, Gabriel-Marie, dans ce bonheur tranquille, ne voyait pas les jours s’écouler.
Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes et le serait resté si un de leurs enfants avait accepté de prendre sa succession. Les deux filles, Marie-Ange et Marie-Cécile se destinaient la première à la médecine humanitaire et la seconde, à l’enseignement. Quant au fils prénommé Auguste-Marie en l’honneur de son grand-père, il se faisait appeler Nicolas Chancrecreux, supprimant la particule au grand dam de ses parents et avait opté pour le métier de plombier où, Gabriel-Marie devait le reconnaître, il excellait et gagnait fort bien sa vie.
G-M se trouva donc dans l’obligation, afin d’assurer la survie de l’étude, d’engager un notaire stagiaire avec projet de lui céder celle-ci quand l’heure de sa retraite sonnerait. Non sans difficulté, après plusieurs essais infructueux, il mit la main sur la perle rare : Malthus Rondelle. Un roturier soit, mais issu d’une bonne famille de la petite bourgeoisie lyonnaise. Un bel homme de 35 ans, célibataire de surcroît qui pouvait faire un parti honorable pour Marie-Cécile. G-M n’eut qu’à se féliciter de son choix, Malthus se révéla consciencieux, performant sachant séduire les pratiques de l’officine tant féminine que masculine. Leur relation, en quelques mois, dépassa le cadre simplement professionnel pour devenir plus personnelle. Il n’était pas rare qu’il soit invité à la table familiale.
G-M remarqua que, s’il ne faisait aucun effet sur ses deux filles, il plaisait beaucoup à son épouse. Il se demanda même parfois si celui-ci ne soumettait pas son épouse à des pensées impures, car à plusieurs reprises, la nuit suivant une soirée que Malthus passait en leur demeure, elle lui rappelait ses devoirs conjugaux. Il lui semblait même qu’à ces occasions, elle poussait quelques menus soupirs en agitant son popotin de manière très osée. Ce sentiment qu’il ne put analyser le troubla. Pas de la jalousie, mais quelque chose de plus insidieux. Il fut encore plus troublé par ce qu’il ressentit lorsque, évoquant avec Marie-Ange, le beau parti que représentait Malthus pour sa sœur, elle éclata d’un rire moqueur et déclara :
La fréquentation de la faculté de médecine avait donné des habitudes déplorables à son aînée et un langage d’une crudité à laquelle il n’arrivait pas à s’habituer. Pourtant, cette fois-ci, il ne la réprimanda pas. L’image qui fulgura dans son cerveau le stupéfia et le rendit muet. Ce dont profita sa fille pour enfoncer le clou.
Au moment où il disait ces mots, une nouvelle image encore plus choquante que la première passa en courant. Il allait devoir en parler à l’abbé Thonière, son confesseur. Mais il n’osa jamais.
Depuis cette discussion, G-M. eut un sommeil agité, des rêves de plus en plus déroutants de plus en plus écœurants. Les Paters et l’Ave Maria n’eurent aucun effet. Malthus hantait ses nuits. Il avait l’impression qu’on pouvait lire sa dépravation sur son visage. Sa dépravation supposée sans doute pas, mais les cernes sous ses yeux alertèrent M-G. sur la fatigue de son tendre époux. Elle n’eut de cesse de le convaincre de faire une retraite au monastère de St Joseph de Juliénas, réputé pour son calme. Elle argua que ce « cher » Malthus pourrait gérer l’étude pendant quinze jours sans problème. Ce dernier, approuva sans réserve, rajoutant qu’il connaissait très bien le prieur, le père Uraniste Da Cédécé. S’il n’avait pas eu l’affirmation de Marie-Ange, il aurait pensé que son associé et son épouse voulaient l’éloigner pour on ne sait quelle raison inavouable.
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Lui forcer la main s’avéra positif à tout point de vue. La prière et les longues balades dans la solitude des monts du Beaujolais, loin de LA tentation, les discussions théologiques avec le père Da Cédécé lui remontèrent le moral. Il avait été convenu que sauf événement exceptionnel, il n’aurait aucun contact extérieur au couvent. La première semaine se déroula comme dans un rêve. Quand le dimanche arriva, il avait retrouvé une certaine sérénité. Sérénité relative, car il savait qu’il avait seulement provisoirement occulté son problème. Au retour, tout recommencerait. Mais il y eut le dimanche soir !
Ce funeste dimanche soir. Lui qui n’avait parlé de ses fantasmes pervers qu’à son confesseur s’épancha sur la bure du père Da Cédécé. Le religieux l’avait invité pour un repas un peu spécial quoique frugal. Pour l’occasion, le père avait débouché une bouteille de St-Amour à laquelle ils avaient fait honneur au point de l’assécher. Après le café, ils avaient dégusté un ou deux verres de ce divin élixir qu’est la chartreuse verte. Plus habitué à de telles libations ce brave G-M. était légèrement pompette. L’alcool délie les langues : cet adage se confirma.
Confortablement installés dans de profonds fauteuils en cuir, le verre à la main, ils devisaient tranquillement quand soudain les vannes lâchèrent. G-M avoua les désirs contre nature qui le saisissaient chaque fois qu’il voyait son associé, surtout de dos. Il attendait avec crainte la réaction du supérieur, mais loin de le tancer, celui-ci se pencha vers lui et posa familièrement la main sur son genou.
La simple évocation de ses désirs et les images qu’elles générèrent provoquèrent un début d’érection, instantanément aggravée quand il sentit la main du bon père affleurer ses attributs à travers la toile de son pantalon.
M-G posa son verre sur le gayridon et voulut se lever afin de s’agenouiller, mais le supérieur appuyant sa paume ouverte sur son sexe érigé le repoussa au fond du fauteuil.
Da Cédécé caressait maintenant sans aucune retenue le membre roidi. Enfermé dans sa culpabilité, G-M n’en avait pas encore pris conscience. Mais devant l’intensité de la caresse, il ne pouvait plus l’ignorer.
Da Cédécé désigna de la main la bosse qui déformait sa bure. Puis l’empoignant, il la retroussa dévoilant un priape au gland violacé se dressant au centre d’une touffe de poils grisonnants. G-M put constater qu’il bandait ferme et que son phallus n’avait rien à envier au sien.
Le religieux ne cachait plus son jeu. Il défit la ceinture, ouvrit la braguette et extirpa du slip un phallus en mode opérationnel. Aussitôt, il entama une lente masturbation. Abasourdi, notre notaire dont les doigts s’étaient instinctivement refermés sur le vit turgescent (le vit est turgescent comme la charlotte est à la fraise et la sardine à l’huile) se demandait ce qui lui arrivait. Il s’était réfugié dans ce monastère pour fuir ses démons, le démon et voilà qu’il se trouvait la bite à l’air et en érection face à un moine qui le branlait. Plus perturbant encore, le plaisir pervers qu’il ressentait à ces attouchements démoniaques.
Comprenant ce que l’autre exigeait de lui et n’étant plus en état de lui refuser quoi que ce soit, Gabriel-Marie commit sa première masturbation. Ce qu’il n’avait jamais fait, même dans ses rêves, à son sexe, il était en train de le faire à un autre et il aimait ça. Il aimait les vibrations, les tressautements, les sursauts de ce membre qui vivaient sous sa main. Uraniste devait ressentir la même chose. Cette allusion porta son excitation à son comble. Il jouit et éjacula avec force, provoquant le même phénomène chez son homologue.
La félicité s’estompant, la réalité prit le dessus. G-M, sans se soucier de sa main pleine de sperme, se prit la tête et psalmodia :
Ils discutèrent longtemps. G-M qui ne demandait qu’à être convaincu accepta les arguments développés par le père Uraniste surtout quand celui-ci lui apprit qu’il avait eu avec Malthus ce même type de discussion accompagné des mêmes travaux pratiques. Travaux pratiques plus complets d’ailleurs. Il regagna sa cellule, l’esprit apaisé, les bourses essorées et avec l’absolue certitude que ce qu’il éprouvait à l’égard de Malthus était au pire un péché véniel et il connaissait un confesseur qui lui donnerait l’absolution.
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Le lendemain au réveil, G-M fit son paquetage et après avoir pris un sérieux petit déjeuner, il prit la route. Uraniste lui avait montré la voie, rester plus longtemps eut été une perte de temps. Aussi, c’est tout guilleret qu’il gara sa voiture devant le perron de la demeure familiale. Il ne savait pas comment il se débrouillerait pour arriver à ses fins, mais il y parviendrait. Alors qu’il glissait la clé dans la serrure, il s’aperçut que la porte n’était pas verrouillée. Bizarre ! Habituellement, le lundi, en cette saison, Marie-Gabrielle s’occupait de la distribution des repas aux sans-abri dans le cadre de ses bonnes œuvres. Seul un événement d’importance aurait pu l’empêcher de s’y rendre. Quelqu’un était-il malade ? Était-elle malade ?
Le silence qui l’accueillit dans le hall l’inquiéta. Il faillit appeler son épouse pour lui signaler son arrivée. Il se retint. Peut-être dormait-elle. Déposant son sac à l’entrée du salon, il monta les escaliers qui menaient à l’étage et par le fait à leur chambre. Soudain, il entendit un glapissement. M-G. n’appartenait pas au genre larmoyant. Ce cri signifiait qu’elle souffrait. G-M se hâta. Parvenu à quelques mètres de la chambre, de nouveau la voix de sa moitié retentit. Plus de cris, mais des petits gémissements suivis de mots incongrus :
Ce dernier mot stoppa net G-M. dans son avancée. S’il avait eu un doute sur ce qui se passait dans la chambre conjugale, la dernière réplique de M-G. le chassait au grand galop. Son épouse devant Dieu qui, pendant toutes ces années n’avait jamais ouvert la bouche pendant leurs étreintes obligées, chantait comme une catin et pas en latin. Il allait la… Non ce serait injuste et G-M. n’était pas ce genre d’homme. Lui, le pédéraste avait fauté avec le bon père, il n’allait pas accabler la mère de ses enfants. D’autre part si M-G. avait un amant, cela l’arrangeait. Le plus sage était qu’il s’en aille puis téléphone pour annoncer son arrivée. Il fit demi-tour, mais une curiosité malsaine le titillait : il voulait savoir qui avait réussi à éveiller les sens de sa femme, mais aussi… voir sa si digne épouse en action.
Précautionneusement, il revint vers la chambre. Sûrs de leur tranquillité, les amants n’avaient même pas songé à fermer complètement la porte. Par l’entrebâillement, P-G. pu voir son épouse les jambes en l’air recevoir les hommages d’un galant qui s’affairait au-dessus d’elle. M-G. gémissait maintenant sans discontinuer en lançant frénétiquement ses hanches à la rencontre du phallus de son amant. Amant dont il voyait juste les fesses. Et quelles fesses ! Soudain, il réalisa, ces fesses, sans les avoir vues, il les connaissait, il en avait tellement rêvé. Elles appartenaient à Malthus. « Tu n’as pas vu qu’il est pd comme un phoque. » Bravo, Marie-Ange, quel discernement ! Ils l’avaient bien envoyé au couvent pour se débarrasser de son encombrante présence et forniquer tout leur saoul.
Une flambée de colère et de désespoir le transperça. C’en était trop. Il serra les poings, ferma les yeux. Il pénétrait dans la chambre, se débarrassait de ses oripeaux. Nu, sexe bandant, il avançait vers le lit, s’agenouillait derrière le couple en train de copuler, de ses mains, il écartait les globes jumeaux, pointait son goupillon contre l’anus entrouvert. Une grande poussée et il le sodomisait de son glaive flamboyant. Lâchant les fesses, il agrippait les hanches, pilonnant ce diabolique postérieur au rythme où Malthus pilonnait Marie-Gabrielle. L’extase, il baisait sa femme par procuration.
Le sperme gicla sur sa main. Il ouvrit les yeux. Horrifié, il s’aperçut qu’il avait plongé la main dans son pantalon et s’était masturbé comme un damné. Il releva les yeux. Le couple avait changé de position : M-G. chevauchait allègrement son partenaire. Avec son éjaculation, toute excitation, toute curiosité, toute velléité d’intervenir avait disparu. Restait un sentiment de honte, de mal-être, de vie ratée. Jamais, il n’avait pensé que sa moitié pouvait aspirer à un plaisir physique. Côte à côte, ils étaient passés à côté de leur vie.
Se signant plusieurs fois, à reculons, il se retira sur la pointe des pieds alors que Marie-Gabrielle incitait Malthus à passer par la porte étroite de la sacristie. Celle dont sa grenouille de bénitier d’enfant de Marie avait ignoré l’existence toutes ces années. Il redescendit l’escalier, titubant, assommé parce qu’il venait de voir et entendre. Marie-Gabrielle, sa Marie-Gabrielle, si chaste, si pieuse se comportant comme la dernière des dernières, comme Marie-Madeleine avant qu’elle ne rencontre notre Seigneur, montrant sa croupe en pleine lumière, blasphémant les mots le plus sacrés. Il sortit de la maison familiale dans un état second. Le couple, trop occupé à forniquer, ne s’était même pas aperçu de sa présence. Il sauta dans son Audi (à moins que ce soit une Mercédès, ou une BM, ces allemandes se ressemblent toutes) et s‘enfuit, non pas à tire d’aile, mais dans un grand bruit de moteur en colère.
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Après s’être tapé plusieurs fois la tête contre le volant gainé de cuir noir, Gabriel-Marie regardait sans le voir les eaux du fleuve charriant des bois morts, conséquence des derniers orages. Le chrétien qu’il était entrevoyait les flammes de l’enfer s’ouvrir devant lui. Le cartésien analysait les différentes options qui s’offraient à lui. Le pécheur se repassait, en boucle la vidéo de la chaste Marie-Gabrielle en train de se faire reluire. Il resta ainsi des heures à cogiter, se demandant épisodiquement :
Puis, calmement, il appuya sur le poussoir « power ». Le moteur ronronna. Il enclencha une vitesse et démarra…
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*Sainte Christine qui voulut boutin les pd, les avortées, les avorteurs, les violées, les violeurs, les divorcées, les arabes, les noirs et les mangeurs de Nutella hors du Royaume de France et que Pluto Trump, président par intérim de l’Église Évangélique d’Amérique du Nord et président d’honneur du Cucuclan canonisa lors du Congrès de Jouis dans Jonas en 69.