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n° 18624Fiche technique19572 caractères19572
Temps de lecture estimé : 12 mn
27/10/18
Résumé:  Le pardon vous sera accordé !
Critères:  fff fmast intermast confession
Auteur : Jane Does      Envoi mini-message
Confessions immorales

Le grillage reste clos. Marianne attend sagement à genoux. Puis lorsque le portillon s’ouvre enfin, elle a le cœur qui bat. De l’autre côté, il est assis et débite sa formule sans états d’âme particulier, absorbé seulement par sa mission. Sur ses épaules l’étole violette, signe de la réconciliation. Alors avant d’ouvrir la bouche et d’écouter sa brebis égarée, le bon berger, embrasse la croix en psalmodiant une prière.





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Il est assis derrière le treillage et la femme est à genoux ! Elle se résout après bien des mois à ce geste simple. Venir raconter à ce prêtre anonyme ces choses qu’aujourd’hui, il va juger horribles… mais… ! Le curé sur son siège marmonne et Marianne croit entendre :



Alors elle se lance dans un monologue ponctué de courts silences.



Le prêtre écoutait, revenant parfois d’un mot sur le récit, se laissant aller à se faire préciser quelques détails. Mais aucun commentaire désobligeant, juste une oreille à qui l’on pouvait tout confier sans crainte de voir ces petites erreurs rapportées ici ou là !



De l’autre côté du claustra, le prêtre respirait plus fort. Il était toujours assis, mais il remuait sans cesse. Ses mains se cramponnaient à l’étole mauve, celle de l’accommodement. Mais quelque part en lui, la jeune fille dans l’isoloir avait allumé un grand feu. Elle reprenait son récit sans se préoccuper de ce que l’homme de Dieu pouvait en penser.



Encore un long silence et les genoux endoloris, la jeune femme, dont le prêtre, ne devinait que partiellement les traits, cherchait ses mots. Quand elle reprit enfin le fil de ses idées, le bon père semblait un peu moins agité.



La jeune femme s’était de nouveau interrompue sous le sermon hostile du bonhomme. Elle avait simplement levé les yeux vers cette cloison ajourée derrière laquelle le visage du prêtre était rouge. Colère ou autre chose ? Difficile de juger d’une manière efficace au travers d’un dispositif de séparation



Encore une longue plage blanche pesante qui entourait les deux-là ! Celle à genoux et celui assis de l’autre côté d’un mur de silence matérialisé par une paroi de bois.



Un temps mort encore. L’homme et la jeune fille, toujours dans les mêmes positions face à face avec pour témoin une grille et un fronton de bois, semblaient camper sur des positions diamétralement opposées.



Sur son siège, le curé ne bronchait plus. Le claustra empêchait Marianne de voir la sueur couler sur son front. La crise d’apoplexie le guettait. Dans sa tête, toutes les cloches de Pâques semblaient s’être mises à sonner à la volée. Toujours à genoux, la jeune fille attendait qu’il daigne enfin lui signifier sa pénitence. Elle gardait le front baissé vers le plancher aux lames usées. Combien de genoux étaient venus lustrer ce bois hors d’âge ?



Alors Marianne était sortie du confessionnal et cette fois dans les premiers bancs de l’église, à voix basse, la jeune fille rendait grâce à son créateur.




… fin (provisoire) de l’histoire !