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n° 18601Fiche technique38024 caractères38024
Temps de lecture estimé : 22 mn
15/10/18
Résumé:  Poser nu devant une audience est pour certains une idée terrifiante. Pour d'autres, c'est un métier. Mais parfois, le centre de l'attention bascule.
Critères:  grp hagé fagée jeunes couplus inconnu profélève gros(ses) grossexe cérébral voir exhib fellation anulingus nopéné jeu
Auteur : DrFaustroll            Envoi mini-message
De l'autre coté du chevalet

Le métier de modèle n’est pas vraiment le meilleur moyen de devenir riche. Je ne parle pas des top-modèles qu’on voit défiler sur les runway, mais de la profession plus discrète et souvent mal connue de modèle nu. On travaille pour les écoles d’art ou des cours particuliers, souvent au jour le jour, avec des contrats tous plus précaires les uns que les autres. On y est à la merci du bon vouloir d’un prof à qui votre gueule ne revient pas, qui trouve que vous avez des seins trop gros ou un front trop large. Ils ne cherchent pas vraiment des canons de beauté, mais ils exigent des physiques « intéressants ». Et derrière ce simple adjectif, on peut franchement y mettre n’importe quoi. Si encore, ils nous payaient grassement. Mais cela ne surprendra personne, les écoles d’art ne sont pas vraiment les plus fortunées. Rares sont les employeurs qui daignent vous payer correctement, et pour travailler avec eux, la concurrence est rude.


J’étais une jeune fille « bien sous tous rapports » et sans histoire. Je vivais seule dans une petite ville de campagne dont je tairai le nom pour m’éviter les ennuis et, mis à part quelques boulots ponctuels en intérim, je n’avais pas grand-chose d’intéressant dans ma vie. La fin de la vingtaine approchant, j’étais toujours résolument seule, au grand désespoir de mes parents et de mes amis qui craignaient de me voir finir vieille fille. Personnellement, cela ne m’inquiétait pas plus que ça mais les dîners en famille commençaient tout juste à devenir pesants.


Ils me répétaient sans cesse qu’il me suffisait de faire « juste un peu plus d’efforts » mais je n’en avais pas la moindre envie. Je me plaisais comme j’étais. Un peu ronde, peut-être, mais c’était après tout ce qui m’avait valu de décrocher mes premiers boulots comme modèle. Un physique « intéressant », sûrement. Un ancien prof du lycée qui trouvait que mes jolies courbes et mes boucles brunes feraient un parfait exercice pour ses élèves m’avait offert de poser pour un de ses cours. Je le soupçonnai d’avoir secrètement souhaité réaliser un de ses vieux fantasmes en exhibant ainsi une de ses anciennes élèves, mais je n’y voyais aucun inconvénient. Je lui avais clairement fait comprendre qu’il n’avait aucune chance d’espérer plus qu’une performance purement professionnelle de ma part et il avait eu l’élégance de ne pas insister. Et puis j’avais besoin d’argent.


Les années étaient passées et j’avais fini par faire mon trou dans le petit milieu des artistes de la ville. J’avais posé pour l’école de beaux-arts du coin tout d’abord, puis pour des cours privés et pour quelques artistes de passage qui avaient entendu parler de moi par des amis. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, je n’avais jamais couché avec aucun d’entre eux. J’avais choisi de suivre le conseil d’une amie qui pratiquait depuis longtemps :



C’était ce qu’elle m’avait dit, un soir où je lui demandais des conseils. J’avais décidé de m’y tenir et cette règle m’avait permis de conserver un carnet d’adresses tout à fait respectable. Mais ce mois d’octobre était rude et j’avais dépensé un peu plus que prévu pour mes vacances d’été.


Dans ce contexte, la proposition un peu étrange de Mrs Fox m’était apparue comme une aubaine. Oui, c’était du black, bien évidemment. Mais elle cherchait des modèles de nus pour ses cours du soir, plus spécifiquement pour ceux du jeudi soir, qu’elle organisait dans son atelier personnel avec quelques élèves et amis triés sur le volet. La somme qu’elle m’avait proposée avoisinait pratiquement le double de ce que je touchais habituellement, mais elle n’avait pas cherché à m’embobiner : si elle payait si bien, c’était pour s’assurer de ma plus grande discrétion sur ce qui se passait pendant ces séances d’un genre un peu spécial.


J’avais apprécié sa franchise et son honnêteté. Elle était venue me voir à la fin d’une séance de pose, alors que je me rhabillais en jetant un œil aux productions des élèves. Ce n’était pas toujours très brillant et je soupçonnai que certains élèves de Mrs Fox avaient une fâcheuse tendance à passer un peu trop de temps à observer leur professeur plutôt que leur modèle. Il fallait reconnaître que Mrs Fox avait un certain charme et qu’elle en était parfaitement consciente. Brune aux yeux bruns, rehaussés de petites lunettes à la monture en fer forgé qui lui donnaient un air sévère, elle portait toujours de longues robes aux couleurs sombres qui contrastaient avec l’éclat de son rouge à lèvres. Elle était toujours irréprochable, parfaitement maquillée et apprêtée comme si elle était sur le point de s’envoler pour un dîner mondain. Et je sentais bien que cela cachait quelque chose. Tout le monde le sentait, je crois. C’est ce qui la rendait si irrésistible.



J’étais restée interloquée pendant quelques instants, cherchant à comprendre ce que cachaient ces euphémismes. Elle s’en était apparemment rendu compte, car elle avait continué :



La proposition éclaircie, elle avait attrapé au vol l’une des élèves qui s’apprêtait à quitter l’atelier, me laissant seule avec mes réflexions.

Avais-je besoin d’argent ? Évidemment. Je mentirais si je disais que ce n’était pas là ma motivation principale. Mais j’étais aussi curieuse. Curieuse de voir de mes propres yeux ces fameuses « séances particulières » qu’avait évoquées Mrs Fox. Ça sentait le soufre, le stupre et la luxure et je me surprenais à imaginer le pire. Mais ça ne pouvait pas être si déplaisant que ça. Je n’étais pas vraiment certaine de bien savoir à quoi m’attendre : bien sûr, j’avais eu l’occasion de faire quelques expériences dans ma jeunesse mais je n’avais jamais vraiment fricoté avec des échangistes, libertins et autres spécimens du même genre. Non pas que cela m’effrayait, simplement l’occasion ne s’était jamais présentée, ou bien les conditions n’étaient jamais complètement réunies.


Mais j’avais confiance en Mrs Fox. C’était un sentiment difficile à expliquer, mais cette femme dégageait une certaine sérénité et faisait preuve d’une franchise que je trouvais beaucoup trop rare dans ce milieu. C’était peut-être quelque chose dans sa façon de corriger ses élèves : elle était parfois directe et presque blessante mais toujours juste. Les artistes qui venaient suivre ses cours, pour peu qu’ils mettent leur ego de côté, en ressortaient généralement grandis. Je lui faisais confiance, et c’était bien payé. Ça valait toujours la peine d’essayer.


Le jeudi suivant, je me rendis donc à l’atelier de Mrs Fox, à la nuit tombante. Ce n’était pas si inhabituel que ce genre de séances soient organisées en soirée, les élèves étaient souvent des amateurs qui avaient un travail à côté. Mais sur le chemin de l’atelier, je me sentais extrêmement nerveuse. Comme si d’un coup, les rues de la ville dans la nuit me paraissaient étranges et inconnues.


Après tout, je ne savais pas exactement dans quoi j’étais en train de me jeter, j’avais pris la décision d’y aller sur un coup de tête la veille du jour dit puis je m’étais efforcée de ne plus y penser. Mais maintenant que j’approchais à grands pas de l’atelier, les doutes que j’avais tenus à l’écart toute la semaine avaient fini par me rattraper. Tout en moi me criait de ne pas y aller, de rebrousser chemin et de rentrer chez moi m’abrutir devant une série TV. J’étais presque revenue sur ma décision, quand je réalisai que je venais de frapper machinalement à la lourde porte en bois ancien qui donnait sur l’atelier de Mrs Fox. Trop tard pour partir en courant maintenant.

Elle ouvrit la porte et m’accueillit avec un grand sourire, m’invitant immédiatement à l’intérieur.



Elle était habillée comme à son habitude, mais quelque chose semblait différent. Un coup d’œil plus attentif me renseigna : sous sa fine chemise de flanelle noire, j’apercevais un harnais de cordes noué avec adresse. Elle se rendit compte de mon regard insistant, et eut un sourire presque timide :



L’endroit était impressionnant et me faisait penser à une ancienne église que l’on aurait reconvertie en atelier d’artiste. La hauteur du plafond probablement. Ou le froid. Je remarquai que, dans un coin de la pièce, une petite estrade avait été installée et plusieurs radiateurs électriques étaient disposés autour. Des chaises et plusieurs chevalets avaient également été installés, afin de permettre aux élèves d’être à l’aise. Certaines toiles de Mrs Fox avaient été installées aux murs, mais la plupart étaient empilées dans divers endroits de la pièce, cachés sous des draps. Elle entreprit d’en sortir quelques-unes et de les installer autour de la pièce. Les toiles représentaient toutes des nus, souvent des femmes, parfois des hommes. Mrs Fox remarqua que je m’intéressais aux peintures :



Je m’attardai un instant sur les portraits. Le coup de pinceau était bien moins sage que ce que j’étais habituée à voir. On sentait que les artistes ne s’étaient pas embarrassés du réalisme et que les proportions des modèles étaient parfois exagérées à l’extrême. Les couleurs témoignaient de la même originalité, certains avaient choisi de peindre le modèle tout en nuances de bleu, d’autres avaient noyé son corps dans des nuages de couleurs pastel. Les croquis préparatoires qui traînaient çà et là étaient du même style, enlevé et presque tremblant parfois, mais d’une surprenante précision. C’était intrigant. J’étais perdue dans l’observation des toiles quand j’entendis frapper à la porte. Mrs Fox se précipita pour aller ouvrir, en me disant que je pouvais m’installer sur la chaise et me déshabiller. Je m’exécutai, tandis qu’elle enjoignait ses élèves à s’installer. Je pris le temps de regarder ceux qui s’avançaient.


Un gros homme d’une cinquantaine d’années entra tout d’abord dans la pièce, suivi par deux femmes du même âge qui le suivaient en discutant vivement. Le juge Beautemps, comme me l’avait confié Mrs Fox, était un ancien magistrat à la retraite qui s’adonnait maintenant à la peinture, sans grand succès. Il était néanmoins très fier de ses créations et ne se déplaçait jamais sans ses deux fans attitrées, sa femme et son amante. La première, une blonde d’âge mûr outrageusement maquillée, avait une insupportable voix de crécelle, contrastant avec l’autre, une brune effacée, qui avait une voix grave et presque masculine. « Crécelle » et « Basson » furent les deux surnoms qui me vinrent immédiatement à l’esprit. Le juge adressa un regard libidineux à Mrs Fox, puis face à l’absence de réaction de celle-ci, le tourna vers moi. Je lui offris un sourire timide alors qu’il s’installait à son chevalet.


Derrière lui, j’aperçus une autre femme, environ le même âge que le juge, dont je ne connaissais pas le nom. Vêtue d’une jupe de couleur bordeaux et d’un chemisier noir, elle s’approcha de son chevalet sans même me jeter un regard, visiblement perdue dans ses pensées, et commença à sortir son matériel de son épais sac à main.


Puis ce fut le tour d’un jeune homme d’une vingtaine d’années d’entrer dans l’atelier, l’air visiblement un peu perdu. Peut-être même un peu effrayé. Celui-ci était aussi peu rompu à l’exercice que moi. Mrs Fox s’empressa de l’inviter à prendre place auprès des autres. J’avais l’impression qu’elle l’attendait tout particulièrement. Et je devais bien reconnaître qu’il était plutôt mignon. Dans le genre jeune artiste fragile et sensible, il se posait là. Peut-être étaient-ce ses grands yeux bleus, ou peut être son look bon chic bon genre de jeune étudiant en droit, difficile à dire. Un polo bien ajusté par-dessus une chemise quelconque, de grands yeux bleus, presque innocents. Pas vraiment le genre de profil que l’on s’imaginait retrouver dans une partie fine.


Enfin, arrivant un peu en retard, une femme de l’âge de Mrs Fox fut la dernière à entrer dans l’atelier. Une blonde, au visage de souris et aux traits visiblement tirés par la fatigue. Elle lança un sourire complice en direction de Mrs Fox et murmura une vague excuse pour son retard avant d’aller s’installer devant un chevalet situé juste à côté de l’estrade.



J’avais retiré tous mes vêtements et je gardais un unique drap pour me couvrir, mais je compris qu’il était temps pour moi de m’en débarrasser. Je le laissai glisser aux pieds de la chaise et je commençai à adopter une pose assez simple, les jambes closes et les mains posées sagement sur mes genoux. Je sentis soudainement les regards de l’assistance se braquer sur moi. L’ambiance très particulière de la pièce me déstabilisa un court instant. Je savais que cela ne serait pas une séance comme les autres, mais je ne m’étais pas attendue à me sentir si vulnérable. La sensation me rappelait mes premières séances de pose, le trac des premières fois.


J’avais convenu de poser pour une session d’une heure. Mrs Fox m’avait assuré que rien ne me serait demandé de plus que d’habitude : je devais me contenter de changer de pose lorsqu’elle me le dirait. Elle me faisait confiance pour adopter des postures intéressantes et m’avait expliqué qu’elle s’occuperait de ses élèves plutôt que de me diriger. J’appréciais toujours qu’on me laisse tranquille lorsque je m’adonnais à cet exercice. Rester parfaitement immobile dans le froid et sous les regards d’une audience était en effet bien plus difficile que ce que l’on pourrait imaginer.


Mrs Fox passa autour de l’estrade afin de corriger la position des lampes qui avaient été installées pour me mettre dans la lumière et rapprocher un ou deux radiateurs électriques. « Délicate attention » pensai-je, alors qu’un léger courant d’air commençait à se faire sentir contre ma peau nue. Elle me lança un sourire complice, puis je la vis défaire un à un les boutons de son chemisier avant de le laisser glisser de ses épaules, révélant son buste fermement attaché par le harnais de cordes que j’avais deviné en arrivant.


J’étais, je l’avoue, assez impressionnée par la sophistication des nœuds qu’elle avait utilisés, mais aussi par le fait que le résultat final était assez joli. Ses seins étaient soutenus par les cordes qui passaient au-dessus et en dessous avant de venir se nouer dans le haut de son dos. De là, les cordes repartaient et faisaient le tour de ses hanches dans un entrelacs de cordes parfaitement symétrique. Elle s’étira longuement, comme pour savourer le plaisir d’être enfin débarrassée de ce bout de tissu inutile qu’elle portait jusque-là. Elle s’exhibait sans la moindre espèce de gêne et j’entendis le rire de Crécelle résonner dans la pièce. Les hostilités avaient donc commencé. Elle m’adressa un clin nouveau clin d’œil puis elle frappa des mains.



Elle s’approcha du jeune étudiant comme une louve prête à se jeter sur sa proie tandis que les autres s’appliquaient devant leurs chevalets. La plupart travaillaient au fusain, comme c’était fréquent durant ce genre de séances. Cela permettait de réaliser des croquis rapides, en profitant du temps accordé pour chaque pose, sans forcément viser un résultat « fini ». Seul le juge ne s’embarrassait pas de ces détails et travaillait directement à l’aquarelle, ce qui me laissait dubitative. À ses côtés, Crécelle et Basson commentaient chaque coup de pinceau comme s’il s’agissait d’un véritable exploit, avec un enthousiasme qui virait à la parodie. Mais je voyais la blonde qui avait déjà commencé à caresser l’entrejambe du juge alors qu’il s’appliquait à barbouiller la feuille de papier, et la bosse que je voyais enfler et grossir sous ses doigts experts me paraissait tout à fait invraisemblable. Le long de sa jambe gauche, je pouvais le voir se raidir encore et encore et je me demandais sérieusement à quel moment les coutures du pantalon en velours côtelé allaient éclater sous la pression. Il s’affairait à son œuvre, travaillant à toute vitesse en me lançant des coups d’œil répétés, l’air concentré. Visiblement, les encouragements de ses deux admiratrices attitrées faisaient leur petit effet et Monsieur le Juge redoublait d’efforts.


Mrs Fox n’en avait cure. Elle se tenait penchée derrière le jeune étudiant et lui chuchotait ses conseils au creux de l’oreille. Il avait visiblement l’air de chercher à faire de son mieux mais je voyais sa main trembler de manière incontrôlable. La cause de son trouble était évidente : il n’avait visiblement pas prévu d’être le centre de l’attention de sa prof, dont les lèvres étaient maintenant pratiquement collées à son oreille. Elle avait passé ses mains par-dessus les épaules du jeune homme, plaquant sa poitrine contre son dos, ce qui ne faisait qu’accentuer son désarroi. Il jetait quelques coups d’œil paniqués à la ronde mais personne ne semblait vouloir voler à son secours.


Changement de pose. Mrs Fox frappa dans ses mains et le bruit me tira instantanément de ma rêverie. D’une main, je retournai la chaise et m’assis à califourchon, les jambes écartées de chaque côté du dossier.


Je tournai mon regard vers la femme à la jupe bordeaux. Quelque chose m’avait intrigué chez elle dès son arrivée, mais je n’étais pas parvenue à identifier quoi. Assise sur sa chaise dans un coin éloigné de l’estrade sur laquelle j’avais été installée, elle devait être la plus studieuse et la plus discrète du groupe. Mais elle ne paraissait pas capable de tenir en place. J’avais cru au premier abord qu’elle était simplement mal installée sur son petit tabouret de bois, mais je réalisai maintenant que c’était autre chose. Je la voyais se balancer d’avant en arrière, un mouvement à peine perceptible mais qui prenait de plus en plus d’ampleur à mesure que je la regardais. À ses côtés, la blonde retardataire la regardait avec un sourire amusé. Je la vis se lever et s’approcher de la femme, puis se pencher pour fouiller dans le sac à main qu’elle avait posé juste à côté de son chevalet. Elle manipula rapidement quelque chose au fond du sac, ce qui provoqua immédiatement un soupir, rapidement interrompu, de la femme à la jupe bordeaux. J’entendis alors distinctement le bruit d’un petit moteur électrique qui gagnait en puissance résonner dans la pièce, tandis qu’elle reprenait son mouvement de balancier, plus fort cette fois, en laissant échapper de temps à autre de brefs gémissements qu’elle s’efforçait visiblement de contenir au maximum. En vain.


J’entendis à nouveau résonner le rire de Crécelle et mon regard se tourna à nouveau vers le juge : son amante était arrivée à bout de sa liste de compliments et avait décidé de prendre les choses en main. Dégrafant la braguette du juge, elle s’efforçait maintenant d’extirper ce qui devait être la queue la plus impressionnante qu’il m’ait été donné de voir à ce jour, tandis que la blonde gloussait d’impatience. Le juge n’était pas indifférent aux efforts de ses admiratrices et le rouge qui lui empourprait les joues lui donnait un air tout à fait grotesque. Il me rappelait le maquillage outrancier d’un Raymond Devos sur scène, mais il semblait maintenant complètement transcendé par son « œuvre » et enchaînait les coups de pinceau furieux en direction de la feuille de papier comme un chef d’orchestre hyperactif. Le spectacle de ces trois-là valait définitivement le détour.


Changement de pose.

Mrs Fox avait elle aussi entrepris de motiver son jeune élève en plantant profondément ses canines dans le creux de son cou, tandis que ses mains baladeuses couraient le long de son corps, passant sous sa chemise et jouant avec lui. Le pauvre Simon semblait désespéré, comme un poussin pris au piège dans une fosse de serpents. Son regard était maintenant braqué sur moi mais je ne pouvais rien faire de plus que lui rendre son regard. Ses lèvres bougeaient à peine mais aucun son ne sortait de sa bouche. Mrs Fox lui attrapa le menton et l’embrassa langoureusement, lui coupant tout espoir de demander grâce.


Je tournai à nouveau la chaise et je me penchai par-dessus le dossier en biais, laissant mes seins reposer contre la barre en bois, redressant la tête. Je me cambrai ainsi, offrant à l’assistance un point de vue idéal sur ma courbe de reins dont j’avais toujours été plutôt fière. Je vis Mrs Fox murmurer à l’oreille de sa proie et celui-ci se remit immédiatement au travail, comme hypnotisé.


Ma nouvelle positon me permettait d’avoir une vue parfaite de l’assistance. La blonde au visage de souris avait maintenant complètement déserté son chevalet et rodait autour de la femme à la jupe bordeaux, une petite télécommande à la main. J’avais compris que celle-ci contrôlait probablement un vibromasseur ou autre jouet du même genre et aux soupirs qu’elle laissait échapper, j’avais compris que celui-ci devait être déjà profondément enfoui dans la petite culotte de la femme à la jupe bordeaux. Elle se tordait visiblement de plaisir sur son tabouret, torturée par sa camarade qui s’amusait beaucoup à la persécuter. Malgré cela, elle continuait de dessiner, appliquée et consciencieuse, bien que les frissons qui lui parcouraient le corps fassent parfois trembler sa main.


Elle avait retroussé sa jupe, exhibant des jambes interminables que sa camarade caressait doucement avec un pinceau qui traînait là. Elle dessinait de longues courbes sur sa peau, des motifs toujours plus compliqués qui remontaient tout doucement vers l’entrejambe de sa partenaire, mais s’arrêtant toujours au dernier moment.


J’étais assez impressionnée par le petit jeu qui s’était installé entre les deux femmes. Elles ne s’étaient pourtant pas saluées et n’avaient échangé aucun mot depuis le début de la séance, mais je devinais que j’avais ici affaire à deux habituées des cours du jeudi soir de Mrs Fox. Et que toute communication leur était dès lors inutile : un regard, un soupir ou un simple sourire leur suffisaient amplement.


Du côté du juge, les choses ne faisaient qu’empirer. Basson luttait maintenant de toutes ses forces pour prendre le sexe phénoménal du juge dans sa bouche, tandis que Crécelle s’amusait, la tenant par les cheveux, à la forcer à prendre toujours plus. La brune peinait visiblement, reprenait sa respiration dès que la blonde lui en laissait l’occasion, mais elle ne semblait pas vouloir se laisser abattre. Elle revenait sans cesse à la charge, engouffrant chaque fois un centimètre de plus sans sa gueule béante. Le juge poussait de son côté des soupirs satisfaits et des gémissements ridicules, qui ponctuaient les efforts de son amante.


J’étais pour ma part assez satisfaite de voir que de tels étalons n’étaient pas condamnés à une carrière d’acteur porno et de savoir qu’une reconversion de ce genre de phénomène était tout à fait possible. Il aurait fallu me payer cher pour approcher ce type si je l’avais rencontré en d’autres circonstances mais il avait visiblement trouvé chaussure à son pied et j’imaginais que cela n’avait pas dû être une mince affaire.


Changement de pose…

Je m’exécutai, machinalement. Ma nouvelle pose, plus élaborée, ne m’offrait pas un aussi bon point de vue sur l’assemblée. Et cela frustrait mon insatiable curiosité. Mais les langues se déliaient et si je ne pouvais plus voir, j’entendais distinctement. J’entendais les gémissements plaintifs de la femme à la jupe bordeaux qui avait maintenant abandonné toute contenance et laissait échapper de longs soupirs ponctués de « encore » et « plus fort… » plaintifs, tandis que sa tendre tortionnaire l’encourageait à se concentrer sur le dessin en lui promettant que son application serait récompensée. Je me surpris alors à m’imaginer un instant prise à ce jeu, forcée de négocier pour mon plaisir et je chassai immédiatement cette pensée de mon esprit. J’avais peur de me déconcentrer.


Je m’étais après tout promis de rester professionnelle. Mais ses soupirs furent rapidement couverts par la voix de Crécelle, au comble de l’excitation, qui encourageait maintenant Basson à prendre le sexe du Juge au fond de sa gorge « comme elle savait si bien le faire ». Basson s’exécutait sagement, et j’entendais les soupirs du juge faire écho à ses efforts étouffés. Je brûlais d’envie de jeter un œil. Je voulais voir si l’amante du juge était aussi talentueuse que ce que laissait entendre Crécelle. C’était malheureusement impossible sans abandonner ma pose, ce qui me laissait uniquement capable d’imaginer la petite brune effacée en train d’avaler le sexe gargantuesque du juge. Celui-ci grognait et gémissait, incapable de prononcer distinctement le moindre mot, mais je pouvais sentir son excitation monter à mesure que Basson repoussait ses limites. Je ne pouvais le voir, mais je pouvais facilement l’imaginer là, juste derrière moi, baisant avec force la bouche de son amante sous les encouragements de sa femme.


Je n’entendais plus la voix de Mrs Fox, mais les soupirs du jeune homme étaient maintenant de plus en plus forts. Il semblait jouer la même partition que la femme à la jupe bordeaux et j’entendais sa voix tremblante répondre à Mrs Fox. Parfois, il osait esquisser un vague « non… » peu convaincant, mais celui-ci était rapidement suivi de « encore, s’il vous plaît, encore… » qui ne laissaient aucun doute sur ses intentions réelles. Je l’entendis prendre une profonde inspiration, puis un gémissement sourd. Je me demandai quel genre de méthode Mrs Fox avait choisie pour motiver son jeune élève.


Je fixais des yeux le mur du fond de l’atelier, l’oreille attentive et laissant mon imagination vagabonder. Tant que je les avais tous sous les yeux, je parvenais encore à garder le contrôle de mes pensées. Mais là, je ne pouvais que deviner ce qui se passait juste derrière moi, avec cette assemblée de pervers qui s’amusait visiblement beaucoup de me voir poser. Et je ne pouvais m’empêcher de rêver de me lever, d’abandonner mon estrade pour aller faire un tour de leur côté. Après tout, peut-être que moi aussi je pourrais m’amuser à torturer la dame à la jupe bordeaux et à l’écouter gémir en retroussant doucement sa jupe. Ou bien aurais-je voulu embrasser à pleine bouche le jeune garçon au regard innocent afin de le consoler des sévices que lui infligeait la cruelle mais brûlante Mrs Fox. Ou peut-être oserais-je toucher d’un doigt timide le sexe inconcevable du juge, juste pour m’assurer que celui-ci était bien réel.


Changement de pose.

Je me retournai enfin, reprenant une pose similaire à ma première, bien assise sur la chaise, les jambes serrées et le regard braqué sur l’audience. En l’espace de quelques minutes, tout s’était accéléré. La femme à la jupe bordeaux écartait maintenant les jambes sans la moindre pudeur, dévoilant une petite culotte blanche absolument trempée. La main de sa partenaire y était plongée et massait longuement le sexe de la femme, qui avait maintenant abandonné son fusain et embrassait la femme au visage de souris à pleine bouche. Mrs Fox s’était débarrassée de sa jupe et se tenait assise à califourchon sur les genoux du jeune étudiant. Sa main était fermement agrippée à la gorge du jeune homme qui ouvrait grand ses jolis yeux bleus dans un mélange de peur, de plaisir et d’abandon total. Je voyais à nouveau ses lèvres bouger, mais aucun mot ne sortait, comme si ceux-ci étaient retenus dans sa gorge par la poigne impitoyable de sa professeure.



La voix du juge attira mon attention. Celui-ci, au bord de l’orgasme, récitait toute la litanie de jurons qu’il avait pu entendre au cours de sa vie. Il s’était levé et avait laissé son pantalon tomber à ses chevilles. Il continuait pourtant à donner des coups de pinceau tandis que Basson s’appliquait consciencieusement à sucer avec ardeur le membre raide de son amant. Elle avait trouvé son rythme, prenant parfois le temps de lécher les couilles avant de le reprendre en bouche, apparemment sans trop de peine. Je n’entendais plus la voix de Crécelle et je compris rapidement pourquoi : agenouillée juste derrière le juge, elle avait visiblement choisi de mettre elle aussi sa langue experte à profit. Je ne pouvais que deviner ce qu’elle était en train de faire, mais je ne me faisais pas d’illusions. Je me doutais que les efforts conjugués des deux femmes n’allaient pas tarder à parvenir à leurs fins.


J’étais hypnotisée. Je sentais la sueur couler à grosse goutte le long sur ma peau, le long de mon dos et je devinais que la chaleur que je sentais venir de mon bas-ventre ne venait pas des radiateurs. J’avais envie d’écarter les jambes et de me laisser aller à me caresser là, devant ce parterre de pervers heureux et comblés s’adonnant à leurs péchés favoris, sous le prétexte bien innocent d’une simple séance de pose. Mon regard se baladait d’un couple à l’autre tandis que dans la pièce résonnaient pêle-mêle les râles de la femme à la jupe bordeaux, les suppliques du jeune Simon ou les grognements du juge.


Mrs Fox se tourna vers moi et me lança un regard, interrogateur. Percevait-elle mon trouble ? Je me demandai si l’excitation que j’éprouvais à cet instant pouvait se lire sur mon visage. J’étais arrivée ici en me jurant de rester parfaitement professionnelle, mais je réalisai maintenant que j’étais à deux doigts de perdre pied. Elle me lança un sourire énigmatique, puis se redressa et frappa trois fois dans ses mains.



Le jeune Simon lui lança un regard désespéré. Au même moment, j’entendis le juge braire comme un âne. Les yeux révulsés, il avait lâché son pinceau et se laissait maintenant aller à un orgasme puissant, que son amante savourait avec délice, s’assurant de ne pas en perdre la moindre goutte. La blonde au visage de souris serrait dans ses bras la femme à la jupe bordeaux en la couvrant de caresses, de baisers et de félicitations. Elles regardaient les croquis qu’elle avait réalisés, en les rangeant dans une chemise. Mrs Fox se leva et me jeta le drap que j’avais laissé tomber au début de la séance.



La femme à la jupe bordeaux s’approcha de l’estrade pour me remercier d’un murmure à peine audible, avant de rejoindre sa partenaire et de ranger ses affaires en chuchotant. Le juge, encore hébété, regarda autour de lui pendant un instant, l’air perdu, comme s’il venait de se réveiller et peinait à reconnaître l’endroit où il était. Il reprit ses esprits et, jaugeant la situation, remonta son pantalon en me remerciant avec beaucoup d’enthousiasme. Crécelle et Basson s’embrassaient avec passion à ses pieds mais un raclement de gorge sévère du juge vint les interrompre. En riant, elles commencèrent à se rhabiller en se jetant des regards entendus. Je me doutais que leur soirée ne faisait que commencer et que ce cours de peinture un peu spécial ne constituait qu’un amusant préliminaire pour ce trio infernal.


Le jeune étudiant restait sur sa chaise, paralysé. Ses yeux restaient braqués sur Mrs Fox, qui se rhabillait sans même lui jeter un regard. Elle plaisantait avec le juge, complimentait la dame au visage de souris, mais refusait d’accorder la moindre attention au jeune homme débraillé qui la fixait de son regard suppliant. Elle lui intima finalement l’ordre de ranger ses affaires d’un ton sec et il s’exécuta, visiblement toujours sous le charme de la brune.


Je restai quelques instants abasourdie par le brusque changement d’ambiance. Comme si tout à coup, quelqu’un avait rallumé les lumières ; je sentis à nouveau le courant d’air courir le long de ma peau et je réalisai que je n’avais même pas pris la peine de me rhabiller. Je me levai et mes jambes tremblaient, bien plus que ce à quoi je m’étais attendue. Mon esprit embrumé fonctionnait de manière automatique et je me vis enfiler machinalement mes vêtements, comme si j’assistais à ma propre sortie de scène. J’étais encore ailleurs et j’avais toutes les peines du monde à m’arracher à mes pensées, comme si j’étais moi aussi tombé sous le charme du sortilège étrange de Mrs Fox.


Cette dernière raccompagnait ses invités à la porte, un à un. Le jeune Simon fut le dernier à partir. « J’imagine que vous reviendrez jeudi prochain ? » lança-t-elle en le poussant vers la sortie. Celui-ci parvint à peine à bredouiller qu’il essaierait de se libérer. J’échangeai un regard sans équivoque avec Mrs Fox : l’envoûtement avait marché sur celui-là, il reviendrait quoiqu’il arrive. En tout cas, elle en avait l’air persuadée.


Mrs Fox me tendit une enveloppe contenant une liasse de billets. Il y en avait plus que prévu.



Elle s’arrêta, pour ajouter « Peut-être même un peu trop… », et me décocha un sourire enjôleur.



Chancelante, je me dirigeai vers la porte. Je n’entendis même pas Mrs Fox me saluer. C’était une fraîche soirée d’octobre, éclairée par la pleine lune. Sur le chemin du retour, je tentai de remettre de l’ordre dans mes esprits mais il fallut me résoudre à l’évidence : en arrivant chez moi, j’allais me jeter sous une douche et presser le pommeau contre mon sexe brûlant. Réfléchir un peu ? Quel mensonge stupide ! Je voulais jouir, moi aussi, à en perdre la tête.