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n° 18311Fiche technique26672 caractères26672
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Temps de lecture estimé : 19 mn
30/03/18
Résumé:  Souvent, "stagiaire" est synonyme de "corvée" ; mais pas toujours...
Critères:  fh grosseins travail amour voir exhib fmast hmast fellation cunnilingu anulingus nopéné jeu
Auteur : Rosebud      Envoi mini-message
Muse stagiaire

L’annonce de l’arrivée d’un stagiaire est toujours synonyme de perte de temps, le lycéen boutonneux nous regardant avec les yeux aussi vides que sa boîte crânienne et de maux de tête à tenter de lui inculquer le début du commencement de la notion du travail. Autant dire que quand David, le Directeur de création, a surgi dans mon bureau pour me prévenir que je récupérais, dès le lendemain, la charge d’une stagiaire pour trois semaines et qu’elle n’était autre que la fille du patron, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. L’enfer sans les flammes.


Le temps que j’accuse le coup, il était déjà sorti sans que j’aie eu le temps de lui demander plus de précisions sur les modalités ou le but de ce stage. De toute façon, ce serait une corvée, et mon travail, déjà passablement en retard, en prendrait encore davantage. La fille du patron ! Autant dire un mouchard qui rapporterait mes moindres faits et gestes au big boss… merde ! Non pas que je sois un glandeur ou que je passe mon temps au téléphone avec le Bengladesh, mais je suis un créatif, moi ! Un artiste. À ce titre, il peut m’arriver de regarder les nuages de ma fenêtre pendant une heure. Mais c’est ma façon de bosser. C’est une façon comme une autre de faire venir les idées. Et les idées, c’est pour ça qu’on me paie.


Je bosse dans une grosse agence de pub, au fait. Et là, j’ai récupéré la refonte du visuel des magasins en ligne My gode ! Allez, ne faites pas les innocents, vous avez toutes et tous au moins jeté un œil sur leur site. Enfin, si ce n’est pas le cas (menteurs, va !) sachez que My gode ! est leader mondial sur le marché en pleine croissance des accessoires sexuels. Il y a encore trois ans, c’était une start-up. Dans leur garage, Kevin et sa sœur Jessica se sont mis à vendre des boules de geisha et autre vibromasseurs fabriqués en Chine et produits à faible coût. Contre toute attente, la petite société a connu un essor incroyable sans avoir eu besoin de débourser le moindre centime en communication. Devenue une grosse structure, il était temps de se doter d’une identité propre et de pérenniser l’entreprise en se lançant dans un programme de communication. Couleurs, design, visuel, accroche, c’est ce dont j’ai écopé depuis un peu plus d’un mois.


Avant toute chose, il a fallu que je m’imprègne de leurs produits. J’ai passé plus de trois jours à éplucher leur catalogue en ligne, découvrant par la même occasion l’étendue de l’imagination des designers de sextoys. Très instructif.


Bref, je me voyais mal faire bosser une gamine sur le logo de notre client… même si, avec Internet, les jeunes en savent sans doute plus sur le sujet que nous au même âge, il y a des limites à ne pas dépasser. Ma décision fut vite prise : dès le lendemain matin, j’irais voir David et je lui demanderais de fourguer sa stagiaire à quelqu’un d’autre.



* * *



Après une nuit interminable à me demander si ma carrière ne souffrirait pas trop de ce refus – c’était quand-même la fille du patron – je décidai de la recevoir et d’aviser suite à notre première entrevue. À neuf heures précises, David déboula dans mon bureau, suivi d’une blonde immense qui, si elle était lycéenne, devait avoir redoublé quelques classes. En tailleur-jupe et talons aiguille, elle avait tout à fait le look "boîte de pub".



Elle s’approcha de moi avec un sourire de starlette et me tendit la main. Je la lui serrai machinalement, m’évertuant à ne pas baisser les yeux vers son décolleté plongeant.



Il me gratifia d’un clin d’œil avant de sortir, me laissant seul avec un clone d’Adriana Karembeu délestée de vingt ans et gonflée aux hormones de croissance mammaire. Elle souriait toujours. N’ayant pas encore recouvré mes facultés d’orateur, je l’invitai d’un geste à prendre place dans le canapé mis à ma disposition dans mon bureau. Mais que dire ? Après quelques minutes d’un silence pesant, c’est elle qui brisa la glace :



J’acquiesçai sans un mot.



Elle n’était pas une gamine, mais étrangement, l’idée de bosser avec elle sur la campagne de My gode ! ne me sembla pas moins compliquée.



Elle posa alors le regard sur mon bureau et découvrit quelques-unes des nombreuses impressions faites pour me familiariser avec les produits.



Devant mon évidente panique intérieure, elle crut bon d’ajouter :



Elle s’approcha de mon Mac et navigua sur le site avec une dextérité qui témoignait qu’en effet, elle y était habituée.



Une dizaine de miniatures proposaient un assortiment d’anneaux péniens, les cockrings que j’avais découverts quelques jours plus tôt. Utilisés pour accroître et prolonger l’érection, ces anneaux se placent à la base du pénis au repos.



Tandis qu’elle achevait sa phrase, elle enleva sa veste. J’eus l’impression qu’elle allait ôter tous ses vêtements et sortir de son sac quelques accessoires pour m’en montrer l’utilisation. Il n’en fut rien. Elle revint s’asseoir près de moi et reprit ses investigations. Je ne parvenais cependant plus à fixer l’écran. Elle portait un chemisier en soie sans manches et aux emmanchures largement – très largement – échancrées, si bien que de ma place j’avais une vue imprenable sur son sein droit qui dansait au rythme des mouvements de sa main sur la souris. J’étais hypnotisé par l’élégance de ce sein lourd excité par les frottements de la soie. Le temps me paraissait suspendu et la matinée passa ainsi sans que je m’en rende compte, subjugué que j’étais par le spectacle qu’elle m’offrait.



Je sortis de ma rêverie.



Quelle idée ? Je n’avais plus rien entendu de ce qu’elle avait dit depuis au moins une heure.



Coincé !



Vous comprenez à présent pourquoi je bosse dans la pub et pas dans la politique.



Ah oui, en effet.



Aussitôt, j’eus l’image d’un pénis en érection ou d’un gode de bonne facture stylisé pour laisser un doute sur la nature réelle du logo, quelque chose d’ambigu qui ne choquerait pas nos âmes pures mais qu’il serait impossible de ne plus voir ensuite. Je repensais au logo de Paris 2024 avec ce 2 et ce 4 représentant la tour Eiffel. J’aurais aimé être à l’origine de ce logo ! Thalia venait, sans le savoir, de me mettre sur la voie. Pour un peu, je l’aurais embrassée ! Mais j’ai préféré me mettre à ma table à dessin et commencer à griffonner des esquisses.


Debout près de moi, suffisamment près pour que je perçoive les effluves de son parfum, Thalia regardait par-dessus mon épaule, étonnement muette. Parfois elle s’approchait encore et son sein se posait délicatement sur mon bras. Elle me troublait, indéniablement, mais ce trouble, loin d’ébranler ma créativité, semblait la galvaniser. Les esquisses s’empilaient sur le coin de ma table. Il se passa au moins deux heures sans qu’elle prononce la moindre parole et sans que mon inspiration ne se tarisse.


Ce n’est qu’après tout ce temps qu’en reprenant contact avec la réalité, j’ai entendu sa respiration s’accélérer et les bruissements de ses vêtements. J’hésitai à me tourner vers elle, mais la curiosité était trop forte. Le plus discrètement possible, je tournai la tête et la découvris les yeux clos, une main sous son chemisier et une autre plongée sous sa jupe qui s’agitaient avec une frénésie qui ne laissait aucun doute sur la proximité de son orgasme. De quelques coups de crayon j’esquissai les contractions de son visage, les plis de ses yeux, les traits de ses lèvres pincées pour contenir sa jouissance. Tout son visage était le symbole de l’extase. Quand elle reprit ses esprits après un long râle, elle rougit aussitôt, visiblement confuse.



Je lui tendis le croquis de son visage.



J’acquiesçai.



Elle hésitait à me prendre des mains le dessin.



Elle avait mimé les guillemets avec les doigts, comme pour souligner qu’elle avait bien compris la nature de la prestation que j’attendais d’elle.



Je consultai ma montre ; il était plus de dix-huit heures. Nous n’avions pas pris de pause déjeuner ni même bu un café.



* * *



Quand elle se présenta le lendemain matin, elle affichait toujours son adorable sourire. Elle portait cette fois une jupe plissée qui lui donnait un air coquin qu’elle n’avait pas la veille. Ses jambes étaient gainées de noir et j’eus la confirmation qu’il s’agissait de bas quand elle prit place dans le canapé. J’entrevis la dentelle d’un porte-jarretelle. Comme la veille, ses seins étaient libres, mais cette fois elle avait opté pour un top à fines bretelles et moulant. Elle avait attaché ses cheveux en une queue-de-cheval.



La veille, tout était arrivé naturellement. Là, je ne m’imaginais pas lui dire « Tu te fous à poil sur le canap’ et tu te masturbes jusqu’à jouir. » ; j’étais bien trop mal à l’aise pour ça. C’était pourtant un assez bon résumé de ce que j’attendais d’elle. Que cette osmose de la veille la mène vers le plaisir et moi vers l’inspiration.



En arrivant, j’avais intentionnellement tourné la table à dessin vers le canapé de sorte qu’elle puisse s’y installer et me voir travailler tandis que je ne perdrais rien des expressions de son visage. Je pris un crayon et, comme la veille, me laissai aller à griffonner ce qui me passait par la tête, à savoir sa poitrine telle que je l’imaginais. Contre toute attente, elle ne s’assit pas sur le canapé et vint s’installer à gauche de la table. Elle pouvait ainsi voir mes dessins. Après quelques coups de crayon, il ne lui fut pas difficile de deviner ce que j’étais en train de représenter. Lentement, elle souleva son tee-shirt et me dévoila les originaux, plus ronds et majestueux encore que la pâle image que je m’en faisais. Je pris une nouvelle feuille et, le modèle sous les yeux, crayonnai cette fois une bien meilleure représentation de ses seins.


J’entamai aussitôt un dessin de ses fesses et, une nouvelle fois, elle comprit le message, laissant tomber sa jupe au sol et se tournant pour me présenter son joli petit cul. La ficelle du string qui disparaissait entre ses fesses fut rapidement éjectée elle aussi. Il lui fallait se contorsionner pour pouvoir suivre mes traits de crayon tout en me montrant ses fesses, ce qui leur donnait un galbe particulièrement excitant que je m’empressai de reproduire.


Elle n’attendit pas que je commence un autre dessin pour approcher une chaise, s’y asseoir et replier les jambes jusqu’à poser les talons sous les fesses au bord de la chaise en se cambrant vers l’arrière. J’entrepris aussitôt le dessin de ses petites lèvres d’où jaillissait un adorable clitoris déjà rouge de désir ; le tout était surmonté d’un rectangle de poils blond foncé parfaitement taillé. Elle écarta un peu plus encore les cuisses et se cambra au maximum, me libérant l’accès à son anus que je croquai aussitôt.


J’étais à nouveau dans cette sorte de transe qui, malgré mon excitation, me permettait de produire des esquisses d’une qualité dont je m’ignorais capable. Quand son index affleura son mamelon, j’entamai un nouveau croquis, d’ensemble celui-ci. Rapidement, elle prit à pleines mains ses seins, et peu après fit glisser ses doigts vers son mont de Vénus. Je les vis plonger tour à tour entre ses lèvres, glisser sur son clitoris puis rouler autour de son anus.


Je dessinais avec avidité, électrisé par le spectacle de son corps offert. Lorsque je sentis son excitation grandir, je repris une feuille pour capter les expressions de son visage. Elle ne se retint pas et jouit sans se contenir, me permettant de capter une image différente de son plaisir, tout aussi admirable que la veille.



Ni elle ni moi n’avions envie d’arrêter. Elle avait besoin autant que moi de ces séances. J’avais envie d’elle, évidemment, mais je me contenais, convaincu que si nous passions à l’acte quelque chose se briserait. Nous n’en parlions pas mais j’avais l’impression qu’elle ressentait la même chose. Ce que nous vivions était fort. J’avais entendu parler du tantrisme, et nos séances s’approchaient de cette philosophie.


Les premiers jours, à peine rentré chez moi, je me précipitais sous le douche et laissais s’évacuer toute cette excitation accumulée. Mais le cinquième jour, alors que de l’avoir nue toute la journée aurait dû commencer à m’indifférer, c’est presque contre ma volonté que j’ai baissé mon pantalon et mon caleçon pour me masturber devant elle. À en juger par son orgasme, me voir ainsi avait décuplé son plaisir, et pour la première fois je perçus l’expression que je cherchais depuis le début. La pure extase !

Malheureusement, il ne me fut pas possible de dessiner tout en continuant à me caresser…


C’est tacitement, le lendemain, que la décision fut prise qu’elle s’occuperait de moi tout en se donnant du plaisir. Ainsi je pourrais la contempler, dessiner, tout en jouissant de ses caresses savantes. C’est du moins ce que nous avions envisagé. Mais ses doigts délicats, allant et venant sur mon sexe avec douceur et précision, accélérant le mouvement quand il le fallait pour mieux ralentir aux moments critiques, eurent raison de ma capacité à dessiner ; elle s’en aperçut et, comme il était exclu que je puisse croquer les traits de son extase dans ces conditions, laissa ses lèvres remplacer ses mains. Pardon pour l’expression un rien cavalière, mais, bon sang… quelle pipe ! Jamais je n’avais connu un tel plaisir. Elle jouait de la langue comme personne, la faisait rouler sur mon frein tout en dosant la pression de ses lèvres avec maestria. Divin !



J’étais encore dans un état second mais l’idée me parut intéressante. Nous pourrions nous amuser, et la caméra, rivée sur son visage, capterait cette expression de jouissance qu’il me fallait représenter.



J’attrapai mon smartphone et le lui confiai.



Elle l’attrapa en souriant.



Elle acquiesça et je la guidai jusqu’au canapé où je l’invitai à prendre place. Je n’eus pas besoin de lui expliquer davantage ce que je souhaitais : les cuisses largement écartées, elle s’étendit de sorte que ses fesses se trouvaient en limite de l’assise. À genoux devant elle, je contemplai un instant la majesté de son sexe luisant d’où émanait un parfum de miel qu’il me tardait de goûter. Son clitoris frétillait encore de ses caresses, et c’est sur lui que ma langue se posa d’abord avant de s’insinuer entre ses lèvres et de pénétrer son vagin autant que possible. Elle glissa ensuite vers son anus qui s’ouvrit comme par magie pour qu’elle puisse y entrer. De temps à autre je relevais la tête et constatais avec plaisir qu’elle s’appliquait à maintenir son visage dans le cadre du téléphone. Ce film serait un véritable chef d’œuvre ! Je replongeais ensuite dans son antre secret et me délectais de chaque parcelle de ce minou hyper réactif.


Quand ses gémissements se mutèrent en cris de plaisir, que les mouvements de son bassin s’accélérèrent, je sus d’instinct que j’aurais ce que je voulais : le visage du plaisir ! Sans attendre qu’elle reprenne ses esprits, je lui repris le smartphone et lançai la vidéo. Elle vint près de moi pour la visionner et, à vingt-huit secondes de la fin, je mis l’image en pause. Je l’avais ! Je me précipitai aussitôt vers ma table et commençai à dessiner. Il fallait que le motif soit simple. Quelques traits. Cinq ou six. Une dizaine tout au plus. Je perdis une fois encore la notion du temps, et ce n’est qu’à la tombée de la nuit que je me relevai de ma table en brandissant mon œuvre, mon chef d’œuvre, dans un tonitruant "Euréka !". Je cherchai des yeux Thalia pour lui présenter le futur logo de My gode !, une véritable invitation à la jouissance, mais elle n’était plus là. Il était tard et elle n’avait sans doute pas voulu interrompre ma transe créatrice. Je lui montrerai le lendemain…



* * *



À neuf heures, j’arrivai au bureau avec deux cafés et quelques viennoiseries. À la place de Thalia, c’est David qui m’accueillit, un sourire jusqu’aux oreilles.



Il me gratifia d’une tape sur l’épaule avant de se diriger vers la porte.



Il partit d’un rire gars qui m’horripila.



Sans attendre qu’il ait quitté la pièce, je bondis sur mon Mac et lançai la recherche. Il s’agissait en effet d’une sorte d’agence de modèles. Le site proposait la mise à disposition de ses "muses" pour aider à la réalisation de divers projet. Chacune avait sa spécialité et, le site l’assurait, mettrait tous les moyens en œuvre pour permettre à son client de retrouver l’inspiration. Euterpe – quel prénom à la con – pouvait, toujours selon le site, aider n’importe quel musicien en mal d’inspiration à écrire un tube. Ma Thalia était la spécialiste de la comédie. C’est vrai qu’elle s’y entendait ! Clio – Thalia s’en sortait bien, niveau prénom – inspirait les historiens, etc.


Elles étaient sept ; les sept muses, pensai-je avant de faire une recherche sur le net. Clio, Euterpe, Thalia, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie et Uranie. C’était les mêmes prénoms annoncés sur le site muses.com. Toutes plus belles et excitantes les unes que les autres. Il fallait que je la revoie, ne serait-ce que pour la remercier et lui dire au revoir. Je cliquai sur l’onglet "Nous contacter", mais cette action resta sans effet. Machinalement, j’essayai une autre page, puis une autre encore, mais rien ne se passait. C’est alors qu’un étrange phénomène se produisit. Comme une mosaïque, l’image sur mon écran se décomposa, et chaque partie disparut pour ne plus laisser qu’un écran noir. Je relançai l’adresse du site dans le navigateur. Plus aucune réponse. Site inconnu !



Durant près d’une heure, je tentai par divers navigateurs de retrouver le site. En vain…

« La vidéo ! » me dis-je soudain. J’attrapai mon téléphone et retrouvai avec soulagement la vidéo de la veille. Enfin, presque… Le visage de Thalia s’étalait sur l’écran. Elle était différente, comme auréolée d’une douce lumière. Un immense bien-être me submergea. J’étais comme hypnotisé par son sourire. Après quelques secondes, elle se mit à parler ; ce n’était d’évidence plus la vidéo de son visage durant l’extase :



Sans grande conviction, je tentai de relancer la vidéo, mais, comme Thalia l’avait annoncé, elle n’était plus sur mon téléphone. Je me surpris néanmoins à sourire. Cette parenthèse, en plus d’avoir été particulièrement agréable, m’avait également montré la voie à suivre. Elle m’avait permis de trouver « mon » style.

On frappa à la porte et, sans attendre que je l’y invite, David passa la tête dans l’entrebâillement.



Il me précéda dans le couloir qui menait à la salle de réunion. C’est là, dans un environnement cosy, que nous recevions nos gros clients. Aux murs étaient affichées nos réalisations les plus célèbres : la campagne pour le champagne Tintinger, les magasins Mocy’s, etc. Tout était fait pour en mettre plein la vue et crier aux visiteurs que notre agence était la meilleure. Et ça fonctionnait !


David ouvrit la porte et m’invita à entrer. Le nez collé à la vitre, Jessica contemplait la vue panoramique sur la Skyline de Manhattan. Je ne voyais d’elle que ses longs cheveux blonds ondulant jusqu’à ses reins, initiant la courbe de ceux-ci. Courbe qui se poursuivait en galbe parfait de ses fesses modelées dans un jean moulant et encore accentué par d’immenses talons.



Elle se tourna et je fus pris de vertige, incapable de prononcer la moindre parole, tétanisé. Pétrifié ! Ce visage… ce corps… c’étaient ceux de Thalia !



Elles avaient la même voix. De véritables clones.



David m’encouragea d’un revers de la main, comme pour me dire « Vas-y mon gars ! ». J’acceptai et me retrouvai quelques minutes plus tard face à elle dans un restaurant italien à l’angle de la 7ème et de la 43ème. Comme lors de ma rencontre avec Thalia, je fus incapable de lancer le moindre sujet de discussion. Heureusement, comme elle, Jessica était tout à fait apte à l’alimenter seule. Quand elle me demanda des explications sur mon processus créatif, je pris un crayon dans ma poche et commençai à griffonner son visage, lui attribuant l’expression d’extase découverte chez Thalia.



Je ne répondis pas et poursuivis mon croquis. Lorsqu’il fut achevé, ses joues étaient rosies par une évidente montée de chaleur. Je sortis ma gomme et commençai à effacer la plupart des traits.



Je poursuivis ainsi mon gommage jusqu’à ne laisser que les quelques traits qui constituaient à présent le logo de son entreprise.



Sans crier gare, elle se leva et se jeta sur moi pour m’embrasser avec fougue.


C’était il y a trois ans. Depuis, Jessica et moi filons le parfait amour. Je bosse encore, un peu, mais ses revenus sont suffisants pour que je puisse me consacrer à mon art. Elle pose pour moi et je la dessine, je la peins, je la sculpte.

Elle est ma muse.