| n° 17940 | Fiche technique | 44675 caractères | 44675Temps de lecture estimé : 25 mn | 08/06/17 corrigé 06/06/21 |
| Résumé: L'été commence, et Martine fantasme sur la fille de sa meilleure amie, jeune étudiante, inséparable de son amie Marcela. Le hasard fait qu'elles viendront manger à la maison ce soir-là... | ||||
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| Auteur : Caracole Envoi mini-message | ||||
| Collection : Instantanés |
Allongée sur la plage, j’observais Marion en train de rejoindre sa copine dans l’eau, éclaboussant un homme sur son passage.
Que c’est beau la jeunesse !
Depuis que la fille de Josy, ma meilleure amie, s’était débarrassée de ses vêtements, je n’avais d’yeux que pour elle. Comme à chaque fois. C’était un trouble étrange, que jamais je n’aurais pu penser ressentir il y a quelques années : jusqu’alors, les femmes me laissaient indifférente. Mais ça, c’était avant.
Il avait fallu attendre un divorce et le passage de la crise de la quarantaine pour que je m’intéresse au corps féminin. Mon nouveau compagnon – hors de question de me remarier – m’avait ouvert les yeux sur tout un tas de nouvelles choses dont vingt années de vie de couple d’un ennui mortel m’avaient privée. Comment ai-je pu passer à côté de ça ?
La première fois que Jean-Paul m’avait parlé libertinage, après seulement trois rendez-vous, j’avais bien failli me débarrasser de lui. Mais il faisait si bien l’amour, il avait tellement de doigté et de finesse dans ses relations, que j’avais réussi à tolérer ses élucubrations. Dans un premier temps. Puis il m’avait fait découvrir, rien que tous les deux, toutes sortes de territoires inexplorés de mon plaisir. Si de si belles choses existaient sans que je n’en eusse eu connaissance, pourquoi pas d’autres ? De fil en aiguille, il avait réussi à me convaincre, de voir, puis de toucher, enfin de participer à des ébats que je n’avais jusqu’alors que vaguement considérés comme l’apanage des pervers.
C’était dans un club que j’avais éprouvé pour la première fois une attirance pour une autre femme. Elle était plus jeune que moi d’au moins une dizaine d’années, sublime dans un ensemble en dentelles, montée sur des escarpins Minelli d’un goût certain. Jamais rien ne se serait passé si cette brune incendiaire, de jour-là, ne m’avait pas lascivement ceinturée, avec délicatesse, par derrière, tandis que Jean-Paul m’offrait l’un des zouks brûlants dont il avait le secret.
La douceur des mains parcourant mon corps m’avait immédiatement électrisée et lorsque les premiers baisers avaient picoré mon cou, j’avais fini par m’abandonner totalement. La suite avait été une soirée inoubliable, avec l’inconnue d’abord, puis avec Jean-Paul ensuite, qui avait su me montrer combien me voir avec elle l’avait comblé.
J’ai longtemps cru que l’excitation que j’avais ressentie n’était liée qu’à celle que j’avais lue dans les yeux de mon compagnon. Mais non. C’était bien pour moi, et pour moi seule que j’aimais – aussi – les femmes. Je sus dès lors saisir chacune des opportunités qui se présentaient à moi. Mais jamais jusqu’alors je n’avais eu affaire à un désir tel que celui que je ressentais pour la jeune Marion.
Ce n’était pas tant son âge qui me posait problème, même s’il me donnait des vagues de culpabilité bien vite éteintes par les réflexions rassurantes de Jean-Paul sur le sujet : le désir, disait-il, n’a pas beaucoup de limites, seul comptait le respect de l’autre quand il s’agit de passer à l’acte. Du haut de ses vingt ans, Marion était légalement et psychologiquement tout à fait prête à ce genre de pensées. Le dilemme était davantage centré sur son identité : c’était tout de même la fille de ma meilleure amie !
Josy avait été de toutes mes aventures de jeunesse, avait écouté le récit de mes premiers émois tout en partageant les siens, puis avait fondé une famille presque simultanément à mon mariage. La vie nous avait bien séparées quelque temps dans deux coins éloignés de la France, mais jamais nous ne nous étions vraiment perdues de vue. Il y a une dizaine d’années, lorsque j’avais quitté mon ex-mari, nos liens s’étaient à nouveau resserrés, profitant de mon retour en Provence. Nous avions pu partager plus facilement nos doutes, notre crainte de vieillir, révéler nos blessures enfouies aussi… Puis la vie m’avait amené Jean-Paul et ce besoin de se confier avait trouvé une autre échappatoire, me rendant l’équilibre perdu. D’instinct, je ne lui avais pas parlé du nouveau continent de plaisir que j’étais en train d’explorer : je la devinais réfractaire à toute manière originale de vivre le sexe.
Non pas que Josy soit une femme coincée, loin de là. Dans notre vie de jeunes adultes, c’était même plutôt elle, la plus hardie des deux. Mais elle avait des barrières qui n’étaient pas tombées – et qui ne tomberaient probablement jamais. Encore moins depuis que son mari l’avait trompée, tout récemment, l’entraînant dans les mêmes tourments désenchantés du divorce que ceux vécus quelques années plus tôt de mon côté. Après trois ans de célibat, Josy ne semblait pas décidée à refaire sa vie. À l’image de son corps, la jeune fille pétillante de sa jeunesse s’était asséchée, durcie, ridée. Ce n’était plus que l’ombre de celle qu’elle avait été jadis.
C’était donc secrètement que je vivais ma double vie de libertine. D’autant plus secrètement que je désirais sa fille. Josy était à mille lieues de se douter que, alors qu’elle était en train de me parler de ses dernières trouvailles en mobilier de salle de bains tout en se passant de la crème solaire, j’essayais d’imaginer le plaisir qu’il était possible de tirer au contact de cette peau souple et ferme qui marchait devant moi. Heureusement, car à ce moment précis, mes yeux trahissaient sans aucun doute une sorte d’appétit primitif à la vue du corps parfait de la jeune adulte.
Cette dernière avait fini par rejoindre Marcela, son amie. Toutes les deux se connaissaient depuis le lycée et paraissaient inséparables. C’était elle aussi une jolie fille, une brune aux yeux bleus avec beaucoup de tempérament et un joli corps. Mais inexplicablement, elle me laissait de marbre. Entre les deux poitrines juvéniles, je n’avais d’yeux que pour celle, parfaite, de Marion.
C’était plutôt Jean-Paul qui fantasmait sur la jeune brune. Nous n’avions rencontré Marcela qu’une ou deux fois avant aujourd’hui et je l’avais tout de suite vu jouer le grand séducteur avec la midinette, qui n’avait pas arrêté de glousser comme si elle était en train de se faire draguer par une célébrité. Il faut dire que Jean-Paul est un homme mûr qui séduit des femmes de tout âge – et parfois même des hommes. Il semble fait pour ça. Mais c’est le mien, même s’il m’arrive de le prêter, pour la bonne cause.
Lorsque je lui avais fait remarquer que j’avais bien compris son petit manège, mon homme s’était contenté de sourire de son petit air coquin puis m’avait fait l’amour avec passion sitôt l’objet de son désir parti. J’étais certaine qu’il était en train de penser à elle en même temps, mais je m’en fichais pas mal : il m’avait offert encore plusieurs orgasmes pour mon plus grand bonheur.
Quand les deux filles s’étaient déshabillées sur la plage pour se mettre seins nus, j’avais croisé un échange de regard entre mon homme et sa proie. Je n’avais pas besoin de me tourner pour savoir qu’il se prêtait, au même moment, à la même contemplation lubrique. Il est trop rare de voir d’aussi jolies filles dévoiler leurs charmes avec autant de naturel sur une plage. Ce sont toujours des instants qui semblent suspendre le souffle de tous les spectateurs pris en otage par leur présence, que ce soit pour fantasmer, regretter ou jalouser.
Josy m’avait si soudainement tirée de mes pensées que je mis quelques secondes à comprendre qu’elle avait dû prendre mon regard sur sa fille pour de la réprobation. Si elle savait…
À l’époque, ni elle ni moi ne nous serions risqués, devant nos parents, à faire du topless à la plage. Si les seins de Josy s’étaient inexorablement réduits à deux petites saillies malingres, la mienne restait encore très appréciée des hommes de tous âges. C’est du moins ce que disaient les yeux de mes partenaires de libertinage, qui louchaient systématiquement dans mon décolleté dès la première rencontre. Même si j’avais quelques rondeurs, les autres parties de mon corps restaient bien proportionnées. Jamais je ne m’étais sentie aussi belle et épanouie, quand bien même je n’étais plus tout à fait dans les canons de la mode.
Il m’était difficile de ne pas sourire à son avertissement. Pourtant…
Josy, si tu savais qui est ta fille…
Ces dernières années, il se passait rarement une semaine sans que je ne les voie, elle et Marion. À l’âge de quinze ans, Marion était déjà une poupée, mais elle était bien trop jeune pour attirer mon attention. C’est lorsque je suis devenue sa confidente, l’an dernier, que je me suis rendu compte qu’elle était devenue une femme.
Celle que je ne voyais encore que comme une adolescente m’avait spontanément révélé ses premières aventures. J’étais assez proche d’elle pour qu’elle puisse se le permettre et pas autant impliquée affectivement que sa mère pour que je risque de le lui interdire, sans doute. Sans compter que la jeune adulte qu’elle était avait certainement très vite senti quel genre d’amants nous étions, Jean-Paul et moi… C’était donc lors d’une sortie à la plage ordinaire, comme ce jour-là, qu’elle m’avait révélé qu’elle voyait un garçon et posé plein de questions à ce sujet, y compris des questions techniques très poussées, trop poussées pour que ce ne soit que la première fois qu’elle se les pose.
Au début, je pensais qu’elle n’en était, à dix-neuf ans, qu’à ses premiers émois. Très vite, je m’étais rendu compte qu’elle était bien plus précoce que je ne le pensais. À son âge, elle savait déjà plus de choses sur le sexe que je n’en avais connues jusqu’à mon divorce.
Elle avait vécu sa première aventure à quinze ans avec un garçon plus âgé qu’elle de deux ans qui l’avait vite délaissée. Pour autant, cette première expérience lui avait donné soif de connaissances et elle avait multiplié les essais, sans forcément chercher à s’attacher à un homme. Encouragée par mon intérêt et l’absence totale de jugement que je portais sur ses récits, elle m’avait révélé des choses plus inavouables encore au fil du temps : sa première sodomie et le plaisir qu’elle avait éprouvé, son dégoût puis son goût prononcé pour le sperme, sa première fois avec deux garçons en même temps… Jusqu’à ce qu’elle me révèle son unique tentative avec une amie, que je soupçonnais de plus en plus fortement d’être Marcela.
M’avait-elle raconté cette première fois du bout des lèvres pour m’envoyer un signe ? La tension que j’avais ressentie à ce moment-là, avant d’être interrompue par sa mère, avait-elle été le fruit de mon imagination ? Impossible de le dire. Mais depuis ce jour, je ressentais, à chaque fois que je la voyais, la même attirance magnétique. L’éveil du fantasme avait nourri le fantasme lui-même.
Bien évidemment, Josy n’était pas stupide : elle savait que sa fille n’était plus vierge. Mais j’étais certain qu’elle ne se doutait pas du quart de ce que sa progéniture avait déjà fait. Il faut avouer que celle-ci cachait rudement bien son jeu derrière des apparences de poupée sage.
Le téléphone de Josy sonna et j’en profitai pour me tourner vers Jean-Paul, qui n’avait pas quitté sa position de voyeur discret. Je me lovais contre lui avec tendresse, caressant son torse velu – juste ce qu’il fallait – aux poils légèrement grisonnants. Parcourant ses pectoraux, je lui glissai à l’oreille :
Il ne répondit pas, se contentant de sourire avant de se tourner vers moi pour m’embrasser. Il laissa couler sa main sur mes hanches distraitement, mais cette caresse n’en fit pas sur moi un moindre effet. Alors qu’il me serrait contre lui, dans la chaleur de son corps bronzé intégralement – ce que j’étais la seule à savoir – Josy raccrochait, passablement énervée.
Devant notre regard interrogatif, elle nous annonça qu’elle devait partir. Infirmière dans un hôpital proche, elle était d’astreinte et un flot de collègues s’étaient soudain fait porter pâle. Elle appela sa fille et son amie, qui s’éclaboussaient gaiement dans l’eau.
J’étais sincère : ça m’embêtait pour elle, mais je ne peux pas nier que cela m’embêtait aussi de ne plus pouvoir admirer le corps de sa fille. Je proposai immédiatement de la lui ramener plus tard, mais Josy refusa catégoriquement : elle en avait pour la nuit. Je n’osai pas insister, mais, par chance, sa fille fit la même suggestion lorsqu’elle apprit qu’elle allait être arrachée à son après-midi de bronzette. Sans véhicule, elle n’avait d’autre choix que de se résoudre à suivre sa mère.
La volonté de Josy vacilla, puis céda. Réunissant ses affaires et maudissant le manque de solidarité de ses collègues, elle s’éloigna.
Le reste de l’après-midi fut délicieusement calme. Les filles appliquèrent la règle du « recto-verso-trempette » avec constance. Jean-Paul et moi appliquions les mêmes préceptes, à un rythme différé pour nous permettre de nous câliner discrètement dans l’eau tout en souriant de la situation fantasmagorique dans laquelle nous allions être le soir. Pourtant, nulle impatience chez lui comme chez moi. Nous savions que rien ne servait de trop nous projeter. La vie ferait ce qu’elle aurait à faire…
Les filles parlaient peu en notre présence, tout occupées à griller au soleil. Lorsque nous n’étions plus à côté d’elles, nous les voyions parfois s’animer dans des discussions qui semblaient les passionner. Finalement, ce ne fut que dans la voiture que nous nous sommes remis à communiquer, pendant que Jean-Paul conduisait silencieusement.
Il y était question des choses futiles qui marquent le début d’un été. Les filles venaient d’obtenir leur deuxième année de droit et s’appliquaient à éviter tout sujet portant sur leur avenir. C’était merveilleux de pouvoir parler avec elles de vêtements, cinéma et musique, de ressentir leur fraîcheur et de pouvoir deviner les formes de Marion derrière son paréo transparent. Il régnait entre nous un sain relâchement, une envie de croquer les moments que nous offrait la vie à pleines dents, bref tout ce qu’il fallait pour commencer cette soirée du bon pied.
Marion fit visiter la maison à Marcela comme si elle était chez elle. Pendant que nous entendions notre jeune invitée s’émerveiller devant les espaces clairs et aérés de la charmante villa dans laquelle m’avait accueillie Jean-Paul, il y a dix ans, il me demanda ce que je souhaitai manger pour ce soir.
Nous avons pris l’apéritif en regardant décliner le soleil, bercé par le chant des cigales, juste après la douche rituelle pour nous débarrasser du sel et du sable. Les pieds dans l’eau, nous avons choisi, les filles et moi, les petites tartines apéritives que nous tendait Jean-Paul en passant. Marion avait opté pour un Malibu ananas et Marcela pour un Get 27, tandis que je sirotai un Martini rosso très frais. Elles avaient cette fois-ci gardé leur haut de maillot et me racontaient leurs récentes aventures en boîte de nuit, lorsqu’elles avaient fêté la fin de leurs partiels.
Elles évoquèrent sans gêne un métis de dix ans leur aîné, qu’elles s’étaient disputé dans une saine rivalité avant de se le partager.
Mon silence les encouragea à m’en dire plus.
Marcela était pliée en deux avant même qu’elle ne termine sa phrase. Nous avons ri de bon cœur un moment pendant que Marion nous regardait avec son délicieux sourire innocent, celui qui trompe si facilement sa mère, en répétant :
Il y eut un court silence, juste assez pour permettre à Marcela de reprendre son sérieux :
Bon sang ! Ce qu’elle est belle…
Il fallait garder la maîtrise de la situation. Je restais donc parfaitement calme, tout en montrant que j’étais disponible pour répondre à leurs questions.
Pour la plage naturiste, j’avais dû l’aborder une ou deux fois au cours de nos conversations. Mais pour les clubs, comment avait-elle su ?
Un point pour elle. Je ne pus m’empêcher de sourire. Mais ce fut suffisant pour que les deux filles poussent un grand cri puis chuchotent sur un ton précipité, au comble de l’excitation.
Je répondis méthodiquement, par des réponses courtes, à toutes leurs questions, me contentant parfois de donner des nuances, jusqu’à ce que Marion glisse une question qui me fit chavirer le cœur :
Nouveaux piaffements.
Qu’y avait-il soudain dans les yeux de Marion ? Il y brillait une lueur d’excitation qui me donnait l’impression qu’elle allait m’allonger, là, tout de suite, pour m’embrasser. Je ne sais pas si ce n’est pas moi qui l’aurait fait si Jean-Paul ne nous avait pas brusquement interrompues.
Nous avons toutes les trois éclaté de rire. Sans se démonter, mon compagnon, qui avait bien dû entendre quelques bribes de notre conversation, souriait avec son charme habituel.
Je pensais que les filles oublieraient le sujet, sur le chemin de notre salon d’extérieur. Les grillades étaient succulentes, la température parfaite, l’ambiance sonore et lumineuse idéale. Mais aussitôt quelques brochettes dégustées, Marcela repartit à l’assaut, cette fois-ci en visant directement Jean-Paul.
La suite de la soirée s’annonce bien…
Il y eut de nouveau des petits gloussements, plus discrets.
Qu’est-ce que je l’aime…
Il y eut un silence un peu plus long, dans lequel nous n’entendions que les couteaux et les fourchettes. Puis Jean-Paul se leva et réunit quelques ustensiles avant de demander.
Tout le monde en voulait, bien entendu. Il disparut, nous laissant seules dans le silence.
Marcela, d’ordinaire si sûre d’elle, manqua cette fois-ci de s’étouffer et devint toute rouge.
Marcela devint encore plus rouge. Elle était charmante, comme ça. Mais pas autant que Marion avec sa fossette, son teint rosi et ses yeux pétillants de vie. Elle articula quelques sons confus avec sa bouche avant que je ne déclare :
Marion ne la quittait pas des yeux pendant que nous riions toutes les trois de la gêne ambiante, un peu aidées par la bouteille de l’excellent vin rouge que nous venions de déguster. J’avais la délicieuse impression qu’elle fuyait mon regard par timidité plus qu’elle ne s’extasiait devant l’embarras de son amie. Une excitation comme rarement j’en avais ressentie s’insinua dans mon ventre. Je mouillais.
Jean-Paul fit à nouveau son retour dans une ambiance hilare.
Cette dernière lui donna aussitôt un revers dans le bras, rougissant davantage. Sans comprendre, Jean-Paul se tourna vers moi d’un air interrogateur. Il comprit instantanément. C’est incroyable, cette complicité que nous avons.
C’est à ce moment que j’eus la certitude que ça allait se faire. Il n’y avait plus besoin de rien, tout était réuni. Les glaces disparurent en un clin d’œil et, pendant que Jean-Paul ramenait celles qui restaient au congélateur, nos vêtements en firent de même. Je fus la première à dévoiler mon corps, finissant par mes seins, qui tombèrent lourdement sous les yeux flatteurs des deux filles. Elles n’osèrent pas regarder directement mon pubis que je gardais fourni, comme Jean-Paul les aimait. Mais moi, je ne perdis rien de leur effeuillage, surtout celui de Marion.
Marcela arborait un mont de Vénus entièrement rasé là où ma protégée avait gardé un simple ticket de métro. Leurs paires de fesses étaient aussi belles l’une que l’autre, des fesses de jeunes femmes qui viennent tout juste d’atteindre leur maturité physiologique. Elles se jetèrent dans l’eau tiède, dans notre belle piscine que Jean-Paul éclaira depuis la terrasse avant de s’y installer pour nous observer de loin, attendant mon invitation.
Je fis signe à mon aimé de nous rejoindre, ce qu’il fit tranquillement. Sans ciller, il nous révéla son joli torse encore musclé puis fit tomber son caleçon. Il avait un sexe de jolie taille, plus épais que long, fourni de poils pubiens denses et sombres. Je savais que les deux filles, en particulier Marcela, n’en perdaient pas une miette.
Il me rejoignit d’abord, dès son entrée à l’eau, avec un sourire entendu et parfaitement complice. Pendant ce temps, les deux filles échangeaient de brèves paroles surexcitées qui les firent à nouveau éclater de rire.
Lorsqu’elles réapparurent, toutes les deux riantes et écarlates, je déclenchai la petite étincelle qui allait permettre de franchir le cap.
Insupportable coquin… que je t’aime !
Il sortit avec naturel de l’eau, faisant saillir ses triceps, pour se présenter nu, assis au bord de la piscine, tel un vénérable dieu grec.
Les deux avaient un large sourire aux lèvres lorsqu’elles arrivèrent à quelques centimètres de l’inoffensif reptile endormi, serrées l’une contre l’autre en exagérant ostensiblement leur peur.
Il y eut un court silence pendant lequel personne ne sut plus quoi dire, puis Marion s’effaça brusquement pour pousser son amie entre les cuisses de Jean-Paul.
Surprise, Marcela s’agrippa aux cuisses, mais, lorsqu’elle releva la tête, cessa aussitôt ses minauderies. En un échange de regard entre Jean-Paul et elle, je sus que les choses sérieuses commençaient. Il lui caressa le visage tendrement, puis, tout en soutenant son regard, la belle brune descendit vers le python assoupi.
J’ai regardé quelques instants aux côtés de Marion, comme hypnotisée, Marcela prendre le sexe en main pour l’amener à sa bouche. Puis, alors qu’elle commençait ses va-et-vient et que Jean-Paul commençait à passer sa main dans les cheveux, laissant aller sa tête en arrière avec un sourire béat, je sentis l’onde de choc sexuelle se propager vers Marion et moi. Elle n’avait pas bougé d’un centimètre, pas esquissé le moindre geste pour se tourner dans ma direction. Mais je savais qu’elle regardait sans voir, captivée par l’excitation qui montait entre nous deux.
Je fis un simple pas de côté pour venir coller mes seins contre son dos. Elle se laissa faire. Je posai mes mains sur ses épaules. Elle se laissa faire. Je les glissai le long de ses bras jusqu’à ses seins, que je pris fermement. Elle se laissa faire. Je déposai mes lèvres contre son cou, qu’elle m’offrit elle-même. Elle se laissa faire. Alors l’une de mes mains descendit à la rencontre de son sexe tant désiré…
Je me délectais de la texture de sa peau, de l’humidité de son antre, de la chaleur de son dos contre ma poitrine. Une main se concentrait sur ses lèvres intimes, l’autre se baladait à l’improviste sur ses courbes juvéniles. Elle fermait les yeux, s’abandonnant à mes caresses.
Devant nous, le python s’était éveillé, se dressant de toute sa longueur pour le plus grand plaisir de Marcela, qui se laissait aller à quelques gémissements, les yeux fermés, comme s’il était déjà en elle. J’en connaissais un qui n’allait pas tarder à lui offrir ce qu’elle attendait… Marcela lâchait le phallus pour reprendre son souffle lorsque Marion se tourna lascivement vers moi pour se jeter à mes lèvres.
Elle me rendit enfin mes caresses, après m’avoir enlacée. Mes mains en étaient à parcourir ses fesses lorsqu’elle descendit le long de mon cou pour me prendre un sein dans la bouche. Un frisson parcourut tout mon corps lorsque ses lèvres se refermèrent autour de mon mamelon durci. Elle avait une étonnante hardiesse dans ses caresses, pour son âge. Pendant qu’une main pressait le sein qu’elle était en train de sucer avec juste ce qu’il fallait de poigne, son autre avait pris d’assaut mon clitoris qui ne demandait qu’à sortir de son capuchon. Je la gardai un peu contre moi, m’excusant silencieusement auprès de ma meilleure amie pour ce que j’allais oser faire à sa fille, puis je l’amenai vers le rebord de la piscine pour l’aider à s’y asseoir.
Marion resta un moment, corps plié au-dessus des lèvres que je lui tendais, prenant mon visage entre ses deux mains, puis elle me laissa lui embrasser le nombril, le pubis, l’intérieur des cuisses et enfin l’entrée de son sexe gonflé. Je plongeai finalement ma langue en elle et savourai la pureté de l’instant… une pureté sexuelle, cela s’entend.
Elle se laissa aller en arrière, s’abandonnant complètement aux premières vagues de plaisir que je lui offrais, me laissant quelques secondes pour apercevoir Jean-Paul qui, après avoir hissé Marcela hors de l’eau, l’avait allongée sur le transat pour commencer à la lécher.
J’avais déjà conduit Marion à un orgasme lorsque je le vis enfiler un préservatif puis planter son sexe entre les cuisses écartées de la jeune adulte. Un instant, l’envie me prit de les rejoindre, de prendre la place de Marcela et de le laisser me prendre sensuellement comme il était en train de le faire…
Mais Marion était là, sublime, en train de me regarder. Elle avait enfin émergé du long orgasme que je lui avais donné et de ses répliques. Ses lèvres charnues, légèrement boudeuses, n’attendaient que les miennes. Je la rejoignis en dehors pour me serrer contre elle, dans l’unique but de ne laisser aucune parcelle de sa peau m’échapper.
Marion reprenait déjà l’initiative. Sa main me parcourait fiévreusement, sa langue ne quittait plus ma bouche. Je la sentais désireuse de me remercier, mais je voyais bien qu’elle prenait son temps, savourait la langueur sensuelle de nos baisers. Derrière moi, Marcela, qui gémissait depuis un moment au rythme des allers et retours de Jean-Paul en elle, commençait à jouir sans retenue, insouciante de notre voisinage.
Un moment distraites, Marion et moi nous sommes tournées vers eux. Jean-Paul, toujours dur, entreprenait de retourner l’amie de ma partenaire qui, une fois à quatre pattes, les cheveux en bataille, tendit sa croupe sans aucune pudeur vers le pieu qui allait à nouveau la transpercer. Nous sommes restées un instant suspendues devant le spectacle magique de cette verge brillante de mouille disparaissant dans le joli corps de Marcela, puis nous nous sommes regardées à nouveau.
Je lisais dans les yeux de Marion une excitation dévorante. Je retrouvai dans les caresses qui suivirent cette fougue. L’appétit avec lequel elle me dévora les seins, me lécha le nombril puis me plongea sa langue dans mon con, je ne l’avais jamais connue, dans aucune de mes aventures saphiques.
Je devais en être à mon deuxième orgasme lorsque les cris de Marcela et Jean-Paul témoignèrent, à l’unisson, de leur jouissance. Je ne pouvais pas le voir, mais j’étais certain que mon homme était actuellement agrippé au petit cul de sa partenaire, enfoncé au plus profond d’elle, savourant les jets qui continuaient de remplir son préservatif.
Lorsque j’en revins à Marion, celle-ci me regardait par delà le buisson de mon pubis, suçant mon clitoris avec l’intention évidente de m’arracher une troisième jouissance. Je mouillais abondamment et sans scrupule, remplissant sa bouche de ma cyprine. J’avais acquis la certitude qu’elle s’en délectait dès que j’avais déchargé pour la première fois dans sa gorge. Elle essayait de m’enfoncer un quatrième doigt dans le vagin lorsque je sentis la présence de quelqu’un au-dessus de moi : c’était Marcela, qui me regardait avec un petit sourire satisfait, presque provocant, comme pour me narguer d’avoir fait jouir Jean-Paul.
Petite peste narcissique… Si tu savais les litres de sperme que j’ai déjà extraits de lui… Il te faudrait beaucoup de soirées comme celles-ci pour m’égaler…
C’est presque surprise que je la vis m’enjamber, me présentant son sexe rasé encore trempé, pour me le donner à lécher. Dans le même temps, une deuxième langue se mêlait à celle de Marion sur mon clitoris. J’ai joui dans les trente secondes qui ont suivi, la bouche ruisselante du jus de l’abricot de Marcela.
Après avoir arraché quelques répliques à mon orgasme, les deux filles s’étendirent à côté de moi, Marcela la tête à côté de mes pieds, Marion tout contre moi. Je savais que Jean-Paul était quelque part derrière nous, à savourer ce qu’il voyait. Ce fut lui qui rompit le charme :
Petite salope… Tu n’en as pas eu assez hein… ? Va, profites-en bien… Ce soir, il me rendra au centuple ce que tu viens de lui donner…
Je sentis un moment Marion tentée de les rejoindre. Je n’en fus pas blessée, juste un peu jalouse.
Elle sourit simplement, puis se lova à nouveau contre moi.
Elle rit.
Je laissai ces mots s’évanouir dans le calme de la nuit, savourant leur signification. Nous sommes restées longtemps, l’une contre l’autre, à écouter le bruit discret de la pompe de la piscine, les stridulations des grillons et le souffle de l’autre. Puis elle m’a dit :
Elle hocha la tête et nous avons rejoint la maison, nues, main dans la main. Avant même d’entrer, nous entendions les gémissements de Marcela. C’est sur le plan de travail, au centre de la cuisine, qu’il était en train de la prendre, allongée, les jambes repliées au-dessus d’elle. Le corps nerveux de Jean-Paul était tendu comme un arc, les muscles de ses fesses saillaient à chaque coup de reins qu’il lui assenait. À côté d’eux gisait un tube de crème chantilly dont je ne connaissais que trop bien l’usage qu’il savait en faire…
Je sentis Marion prête à les rejoindre. C’était beau de lire dans ses yeux cette soif de découverte. Alors, avant qu’elle ne soit davantage tentée de le faire, je l’agrippai par les hanches et l’attirai à moi.
Marion me regarda un instant, ne sachant quoi dire. Alors elle me donna la meilleure réponse qui soit : suspendue à mon cou, ses lèvres se rapprochèrent des miennes…
Ce soir, elle est mienne.