| n° 17834 | Fiche technique | 17847 caractères | 17847 2763 Temps de lecture estimé : 10 mn |
18/03/17 corrigé 06/06/21 |
| Présentation: À ne pas prendre trop au sérieux. | ||||
| Résumé: Petit texte privé pour chambrer monsieur Domi Dupon. Il m'a mise au défi de le publier. Maintenant, il faut qu'il assume. | ||||
| Critères: fh hplusag hagé jeunes profélève école revede jeu conte portrait pastiche humour -revebebe -prof | ||||
| Auteur : Charlie67 Envoi mini-message | ||||
Monsieur le professeur Dupon était maître de conférences à la faculté. Cette institution a été toute sa vie. Que de joies inavouables elle lui a procurées ! Chaque année, des joies renouvelées à la vue de ces éphèbes et de ces nymphettes. Monsieur le professeur Dupon n’était pas difficile, il les aimait toutes et tous. Jamais au grand jamais, il n’était allé au-delà de la pensée. Monsieur le professeur Dupon était d’une intégrité totale. Jamais au grand jamais, ne serait-ce qu’un geste équivoque n’avait pu lui être reproché. Monsieur le professeur Dupon était un digne représentant de l’Éducation nationale de la République française, une et indivisible.
Cependant, depuis une quinzaine d’années, monsieur le professeur Dupon avait un secret.
Il rédigeait des historiettes salaces sur un site honni de tous et que seuls de vieux pervers libidineux lisaient en cachette quand leur épouse faisait leurs courses au supermarché. Il y racontait ses turpitudes cérébrales. Il y racontait ses rêves, des rêves de caresses, de baisers, de léchouilles, de pénétrations et d’extases. Oui, monsieur le professeur Dupon aimait tous ses étudiants, toutes ses étudiantes, mais seulement en pensée.
Monsieur le professeur Dupon était triste. Il avait soixante-quatre ans et c’était sa dernière rentrée. Ce matin, il avait eu les « première année ». Beaucoup de jeunes gens très prometteurs. Cet après-midi c’étaient les « quatrième année ». Il les aimait bien. Même s’ils étaient deux cents, il les connaissait tous par leur prénom. Il parcourut l’amphithéâtre du regard :
« Ils sont presque tous là.
Le beau Kevin, qu’il est beau ce garçon avec ses cheveux blonds bouclés et sa barbe de trois jours. Et puis cette musculature. Son ami, Jean-Frédéric, ne sait pas la chance qu’il a ! J’aimerais être entre les deux !
Tiens, Mélanie, miss minijupe au ras du cul, est aussi présente. Cela me fait sourire, quand j’y repense. En TD, l’année dernière, quand je lui ai posé une question, elle a écarté ses cuisses pour me montrer sa culotte. J’imagine très bien la joke entre potaches.
Oh, Marie-Adélaïde en robe de grossesse, c’est vrai, elle doit en être à combien ? Septième, huitième mois ? Quand je la revois, l’année dernière avec ses jupes plissées et son serre-tête de fille de bonne famille…
La grosse Juliette, où est-elle ? Ah, je la vois. Oh bon sang, ce n’est plus du bonnet E, mais au moins du bonnet F. À ce stade, il faut au moins deux mains par sein !
Et la grande sauterelle ? Ah oui je la vois aussi. Toujours à l’écart, toujours aussi timide, cette Charlotte. Elle me fait toujours autant sourire quand elle ne peut pas s’empêcher de rougir à chaque interpellation.
Dire que c’est ma dernière année avec ces jeunes gens… Pour le moment, la soupe à la grimace, ce n’est que le soir, mais dans un an ce sera vingt-quatre heures sur vingt-quatre. À cette pensée, je déprime. Bon, ce n’est pas tout, il faut s’y mettre, il faut justifier l’argent que le contribuable nous donne… ! »
Monsieur le professeur Dupon était marié. Il a été très amoureux de madame Dupon et pour cause, sinon il ne l’aurait pas épousée. Les débuts ont été torrides et l’inventivité de monsieur Dupon était sans limites. Nous ne nous étendrons pas sur le sujet au risque de ternir la réputation de sérieux d’un intègre professeur d’université. De cette union naquit une fille, Marie-Caroline, au physique aussi attrayant que son caractère est difficile. Cette particularité était à ce point exacerbée, qu’à part ses parents personne ne la supportait. Et encore, monsieur le professeur Dupon faisait avec. Il redoutait par-dessus tout les efforts conjugués de madame et mademoiselle Dupon pour lui pourrir la vie. Mademoiselle Dupon, consciente que son illustre lignée risquait de s’éteindre avec elle, décida à quarante ans de « faire un bébé toute seule ». Ainsi naquit Pélagie.
La mère et la fille, soucieuses de leur santé et de leur ligne, décidèrent qu’à partir de cette rentrée, elles iraient trois soirs par semaine s’entretenir dans un club de gym, laissant bien évidemment la mouflette aux bons soins du papy. Monsieur le professeur Dupon applaudit des deux mains à cette vacance, car il se voyait déjà dégustant sur Internet ces mille-et-une histoires cochonnes qui ravivaient ses ardeurs de mâle. Il n’en redoutait pas moins le problème couche-culotte. Il aimait sa petite fille, mais pas au point de « mettre les mains dans le cambouis ». Avec l’accord de la gent féminine, il se mit donc en devoir de chercher une baby-sitter. Une affichette avec une demande dans ce sens fut apposée dans le forum du campus.
À la fin du cours, une jeune fille s’avança vers monsieur le professeur Dupon pour candidater à ce poste. Ne désirant pas prendre la responsabilité de l’embauche, rendez-vous fut pris pour le soir même avec le triumvirat Dupon. Charlotte, car il s’agit d’elle, se présenta ponctuellement à ce rendez-vous. Elle fut minutieusement examinée par la partie féminine de la trinité familiale. Tout y passa, de la tête jusqu’aux pieds. Elle portait comme à son habitude un jean et des Converse, un polo blanc et un blazer bleu. Ses cheveux blond-roux dégoulinaient sur ses épaules en une cascade frisottante et hirsute. Elle ne portait ni maquillage ou bijoux, ni piercings ou tatouages. L’archétype de la jeune étudiante sérieuse et réservée. Sa demande d’être reconduite à la fin de son service pour ne pas risquer de faire une mauvaise rencontre ainsi que ses rougeurs et son air timide finirent d’emporter l’adhésion de ces dames.
Charlotte commença le lundi suivant, et un mois après donnait encore et toujours entière satisfaction. Monsieur le professeur Dupon s’en trouvait aussi très satisfait. Mais pas pour les mêmes raisons. Tout ce temps disponible, il pouvait le passer sur Internet et sur son site salace de prédilection. Il allait concrétiser son rêve le plus cher : écrire une histoire érotique en cinquante épisodes qui révolutionnerait le site. Il pulvériserait bien sûr tous les records et s’inscrirait en tête du top des auteurs. Il savourait par avance les éloges dithyrambiques de ses admirateurs en dédaignant les remarques fielleuses des jaloux de son art.
L’enseignant en était au quatrième chapitre du premier épisode. Il le relisait, particulièrement satisfait.
Larissa, l’espionne russe, chevauche le héros de l’histoire, François, agent de la DGSE. Pendant ce temps, William, le grand black de la CIA, la sodomise et elle suce goulûment Elie, le représentant du Mossad.
Il était content de la finesse érotique de la scène.
La lecture répétée de ce passage éveilla en lui une douce chaleur que seule une saine et vigoureuse masturbation pourrait soulager. Après un coup d’œil vers la porte, il sortit de son pantalon le membre le plus cher de son anatomie. D’un ample et énergique mouvement de la main, il parvint à en extraire rapidement la… substantifique moelle. Voulant faire disparaître des éclaboussures révélatrices sur son pantalon, il se leva, partit à la recherche de mouchoirs et resta figé.
Charlotte se tenait dans l’encadrement de la porte.
Monsieur le professeur Dupon, soucieux de ne pas choquer l’innocente et chaste étudiante, mit ses deux mains devant son sexe pendouillant de sa braguette. Il adopta la démarche du crabe pour passer devant elle en lui tournant le dos.
Il profita de cette absence pour remettre de l’ordre dans sa tenue et reprendre une contenance digne. À son retour, il eut la surprise de voir la jolie fille penchée sur l’écran de son ordinateur.
Elle les prit et dit en sortant de la pièce :
Monsieur le professeur Dupon en fut tout retourné. Il s’était toujours efforcé par une conduite exemplaire à faire barrière au vice et à la dépravation, à protéger la jeunesse qui lui était confiée. La pauvre jeune fille, l’a-t-il traumatisée ?
Pour l’intervention suivante de Charlotte, il prit soin de fermer la porte de son bureau. Le chapitre six était terminé, il le trouvait très bon.
Larissa, enlevée par un commando de douze lascars, négocie sa libération en leur proposant à chacun une fellation. Emportée par l’érotisme ambiant, elle supplie tous les hommes de se vider dans son con.
C’était très, très bon, cela montait en intensité.
Trois petits coups à la porte. Il savait que c’était Charlotte. Il se leva donc pour lui ouvrir.
Devant son silence médusé, elle passa devant lui et s’installa derechef devant l’écran. Monsieur le professeur Dupon était là, les bras ballants, à regarder sa jeune élève lire son texte. Une fois terminé, elle se tourna vers lui.
Le professeur, sortant de sa léthargie, lui répondit :
Il regardait la jolie jeune fille avec des yeux ronds.
Charlotte s’installait d’autorité dans le rôle de critique du romancier. L’auteur apprécia cette collaboration qui l’obligeait à prendre une direction moins bestiale.
Un soir, elle lui dit :
Charlotte déboutonna son jean et le descendit à mi-cuisses. Sa sage culotte de coton suivit le même chemin.
Monsieur le professeur Dupon n’entendait plus rien, juste la douce voix de Charlotte qui psalmodiait des mots.
Monsieur le professeur Dupon ne voyait que ce mignon conin, tout frais, tout rose et surmonté de ce triangle blond-roux.
Cette proximité et leurs conversations finirent bien évidemment par chauffer les sangs du professeur. Monsieur le professeur Dupon prit un soir son courage à deux mains et Charlotte dans ses bras.
L’étudiante partit d’un grand rire.
L’intransigeance de la jeune femme le mortifia, mais il entrevit une telle félicité à prendre prochainement possession de son corps qu’il n’en dormit plus. Il se rendit aussi compte que ses érections posaient problème. Il s’en ouvrit donc aux praticiens compétents et très éloignés de son domicile. Il n’osait pas demander la chose à son médecin traitant. Deux semaines plus tard, muni des précieuses protections et du fortifiant nécessaires, il décida de passer à l’action.
Ce soir-là, il prit deux pilules et commença à caresser l’objet de sa fierté. Avec l’aide de la chimie, il prit rapidement une forme enviable. Une fois la protection posée, il appela Charlotte.
Quand elle entra dans le bureau, elle regarda le vit tendu, et dit :
Monsieur le professeur Dupon, maître de conférences des universités, chevalier des palmes académiques était nu et penaud devant sa jeune étudiante. Cette conversation avait d’ailleurs fortement influé sur la bonne tenue de son sexe. Malgré le renfort des molécules, il ressemblait maintenant à un macaroni trop cuit. Charlotte, bonne fille, devant l’air contrit de son professeur, lui dit :
Monsieur le professeur Dupon avait-il bien compris ? Devait-il se pincer ? Charlotte lui avait bien proposé de la sodomiser. Était-ce possible ? Madame Dupon s’était toujours opposée à cet accouplement contre nature. Il n’en connaissait la sensation que par l’imaginaire et les lectures de son site préféré.
Monsieur le professeur Dupon regarda sortir la jeune femme, objet de tous ses désirs. Avait-il rêvé ? Non, elle lui avait bien proposé cette suprême félicité avec son inimitable candeur. Il voyait déjà son sexe devant l’iris de cette rosette, forcer l’interdit et ouvrir ce sphincter. Il se voyait coulisser dans ce rectum étroit. Il se voyait… et il voyait !
Il voyait surtout que son sceptre était loin d’être dans l’état que son orgueil de mâle aurait souhaité. D’un regard circulaire, il repéra le fortifiant sur le bureau.
Quand Charlotte revint dans le bureau, monsieur le professeur Dupon était étendu sur le dos, inconscient, un flacon vide à côté de lui. Les secours appelés d’urgence ramenèrent monsieur le professeur Dupon à la vie, mais, malgré toutes leurs compétences, son esprit avait rejoint celui de l’âge de Pélagie. Pour lui, définitivement.
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S’il fallait trouver une morale à cette historiette, la plus évidente serait :
« Ces femmes, toutes des salopes ! »
Peut-être ! Quoique je préférerais :
« À trop chercher la petite mort, on récolte la sénilité. »
Ouïe ! Aïe ! Oui, je sais que cette histoire est nulle, mais ne frappez pas si fort !
Promis, juré je ne recommencerai plus !