| n° 17761 | Fiche technique | 12104 caractères | 12104Temps de lecture estimé : 8 mn | 29/01/17 |
| Résumé: Comment j'ai recruté mon premier esclave. | ||||
| Critères: fh hsoumis fdomine | ||||
| Auteur : La Lady Envoi mini-message | ||||
Bonjour ; on m’appelle « La Lady ».
Certains prétendent que je suis une dominatrice professionnelle, ce qui est faux, même s’il m’arrive parfois de me faire payer pour les séances que je donne dans mes donjons de Paris ou Bordeaux. Et si vous ajoutez à cela que j’ai un site sur Internet, alors bien sûr, tous les ragots sont permis. La réalité, c’est que je n’ai nullement besoin d’argent. Mais l’argent, c’est le pouvoir, du moins une certaine forme de pouvoir. Et oui, il s’agit d’un moyen que j’utilise parfois pour soumettre certains de mes captifs un peu rétifs aux techniques de dressage habituelles.
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé exercer mon pouvoir sur les hommes. Écolière déjà, je trouvais toujours des larbins pour porter mes affaires, faire à ma place les punitions écrites ou m’apporter des extras à l’heure du goûter.
Je ne me posais pas de questions ; tout cela était pour moi complètement naturel. Plus les années ont passé et plus ce pouvoir s’est renforcé.
Il faut dire que je suis ce que les hommes appellent « une très belle femme ». Je mesure un mètre soixante-dix, je suis blonde avec des yeux bleus perçants, et mon corps a été sculpté par de longues années de natation. Je possède en outre une force physique et une connaissance des arts martiaux capables d’imposer le respect aux imbéciles imaginant qu’ils appartiennent au sexe fort.
Être dominatrice ne signifie pas que l’on est incapable d’aimer. J’ai aimé des hommes, passionnément. Mais tous ont toujours dû accepter mes règles. À la mort de mon mari dans un stupide accident de voiture, j’avais 45 ans. Ayant toujours eu l’habitude d’être servie, je me suis retrouvée seule et sans autres ressources que celles dont m’avait dotée la Nature.
Certes, il m’avait laissé une petite fortune, mais je n’étais pas prête à abandonner mon train de vie ni à rejoindre la cohorte des quémandeurs de Pôle Emploi. J’ai donc décidé de me constituer un cheptel d’esclaves dévoués qui désormais me permettrait de vivre comme je l’entendais.
Certaines bonnes âmes trouvent cela immoral. Mais est-ce plus immoral que ce que font les politiciens qui promettent la lune à tout le monde et ne donnent rien à ceux qui leur font confiance ? Moi au moins, je permets à mes sujets de vivre heureux en rampant à mes pieds. Et j’estime qu’il est normal que l’on me remercie pour cela.
À cette époque donc, l’argent n’était pas encore un vrai problème. Mais j’avais besoin de trouver d’urgence un serviteur pour tenir propre ma propriété, s’occuper de mes affaires, et conduire ma voiture. Un travail lourd, qui excluait bien entendu les 35 heures et toute forme de respect du Code du travail. D’ailleurs, je n’avais nullement l’intention de payer pour cela.
Je créai donc un site sur Internet et proposai de faire signer un contrat d’appartenance totale à un soumis motivé.
Je reçus bien vite des dizaines de réponses qui, pour la plupart, émanaient de "fantasmeurs". Je les écartai. D’autres émanaient de vieux messieurs fortunés qui, bavant devant mes photos, se proposaient de déposer leur fortune à mes pieds. Ceux-là aussi furent écartés. Comme je l’ai dit précédemment, l’argent, c’est le pouvoir. Et ces messieurs en avaient plus que moi, ce qui par conséquent m’aurait mise en état d’infériorité. Pas question… Moi, je n’étais pas une pute ; eux deviendraient les miennes sans doute un jour ou l’autre. Je n’effaçai pas leur CV, mais ne donnai pas suite. Nous verrions plus tard.
Mon choix se porta sur un dénommé David Lepage, qui me semblait intéressant. À sa longue lettre de motivation, je répondis de manière lapidaire :
Si tu es prêt à faire une offrande de 400 euros pour me rencontrer, laisse-moi tes coordonnées téléphoniques.
La réponse arriva dans l’heure qui suivit. Elle était affirmative…
Je le reçus chez moi le lendemain en milieu d’après-midi. Dès qu’il entra, je sus que j’avais fait le bon choix. C’était un homme d’environ 35 ans, d’à peu près un mètre quatre-vingts, aux cheveux bruns coupés court, avec de grands yeux timides.
Il était habillé de manière assez classique, un jean et une chemise blanche. Je jetai un œil sur ses chaussures et je vis qu’elles étaient passablement usées. Visiblement, les 400 euros demandés allaient constituer un gros effort de sa part. Un investissement sur lequel un retour était plus qu’espéré. Le poisson était ferré.
Il sortit ses billets que je déposai dans un tiroir fermé à clef, et l’entretien commença.
Comme de bien entendu, je le vis se mettre à sautiller devant moi. Il venait d’être pris pour la première fois en flagrant délit de mensonge et commençait à comprendre ce que la réalité allait lui réserver.
Il se mit à pleurnicher mais sortit ce que j’avais exigé.
Je pris le portefeuille et je vérifiai. Puis j’envoyai tout cela rejoindre les 400 euros dans le tiroir.
Là, je le vis blêmir à la lecture du contrat. Outre le fait qu’il s’engageait à me servir, je lui demandais par sécurité de me fournir ses codes de cartes bancaires ainsi que les identifiants internet de ses comptes en ligne, précisant qu’en cas de rupture de contrat de sa part j’étais en droit de me servir dessus à ma convenance.
Cette minute fut pour moi un moment de jouissance totale. C’est dans ces instants-là qu’une dominatrice exerce vraiment son pouvoir de soumettre. La proie vous désire, elle a envie de se rendre. Mais elle sait en même temps qu’il y aura des contreparties difficiles à supporter (et encore, elle est loin d’imaginer tout ce qu’implique sa reddition).
Pour la première fois, Thierry était devant la possibilité de vivre la vie qu’il désirait depuis toujours. Mais le monde, les convenances, le qu’en dira-t-on, les jugements éventuels des donneurs de leçons étaient un obstacle qu’il devait franchir. Allait-il se donner entièrement pour atteindre son paradis, ou garder sa liberté de pourrir dans un enfer d’éternelles frustrations ? Se donner au Diable, c’est renoncer à Dieu. Mais si Dieu était un imposteur, alors le Diable ne valait-il pas mieux ?
Il signa.
Le regarder en proie au doute m’avait inondé la culotte, ce dont je me gardai bien de parler. Je pris la feuille et ouvris le tiroir afin de la ranger.
Je lui tendis son téléphone.
Il ne savait quoi faire, le pauvre chou. Je repris le contrat en main.
Il se décida à appeler. Il tomba sur le répondeur et laissa le message exigé puis, toujours à genoux, il prit sa tête entre ses mains et se mit à pleurer. Je me levai et lui passai un collier de chien autour du cou tout en reprenant son téléphone que je coupai.
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Thierry est resté six ans à mon service. Auprès de sa famille, il a prétexté un long voyage professionnel à l’étranger. Puis, au cours d’une séance donnée dans mon donjon de Bordeaux, il a rencontré Camille, une amie dominatrice dont il est tombé amoureux.
Il faut dire que Camille est une jolie brune incendiaire qui ne laisse personne indifférent. Comme elle non plus n’était pas insensible au charme de Thierry, elle a accepté de le prendre à l’essai. Puis, quelques mois après, j’ai appris qu’ils se mariaient tous les deux.
Eh oui. Contrairement à quelques idées trop répandues, les relations de domination/soumission, tout exigeantes qu’elles soient, n’empêchent ni l’amour ni l’épanouissement ; mais c’est une voie qu’il est difficile de suivre sans efforts des deux côtés.
Vous êtes soumis ? Alors soyez-le vraiment. Dominatrice ? Soyez vous-même.
Oui, il s’agit d’un jeu. Mais c’est un jeu pour adultes… toujours consentants, d’une manière ou d’une autre.