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Temps de lecture estimé : 31 mn
06/12/16
Résumé:  La recherche de la jouissance n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Séverine le sait, elle que la nature prive de ce bonheur.
Critères:  fh 2couples vacances sauna amour voir fellation cunnilingu 69 pénétratio fsodo échange yeuxbandés confession -entrecoup
Auteur : ViolaFleur      
La jouissance pour feuille de route

On a tous des idées préconçues. Des idées toutes faites. Des certitudes que l’on croit basées sur l’expérience, sur sa propre lucidité supposée. Des clichés qui nous font voir le monde d’une certaine façon.

Le pire c’est qu’on le sait, à moins d’être totalement imbu de sa personne pour se croire infaillible, expert parmi les experts, on sait qu’il faut regarder au-delà des apparences.

Vous en doutez ? Tenez prenez cet exemple :


Vous êtes à la terrasse d’un café et, par cette belle journée, votre regard vagabonde. Les gens passent à quelques mètres de vous, indifférents. Une femme arrive. De loin vous devinez sa silhouette. Grande, mince. À mesure que ses pas la rapprochent, vous distinguez ses vêtements. Chemisier blanc qui tranche sur le pantalon noir, en matière qui moule ses formes. Elle est à quelques mètres et vous la voyez bien. Brune, longs cheveux, maquillage léger, lèvres cependant suffisamment soulignées pour lui donner une sorte de gourmandise. Le corsage révèle une poitrine généreuse et on devine le soutien-gorge aux ombres sous le tissu. Elle passe. Elle ne vous voit pas. Vous ne voyez plus qu’elle. Elle s’éloigne d’un pas chaloupé que les hauts talons soulignent. Hanches marquées, fesses fermes.


Alors que vous inspire cette vision ? Soyez francs. Je parle de vous, Messieurs. Tenez, je vous aide :

Belle femme, bien roulée. Elle a tout pour rendre un homme heureux. J’aimerais être cet homme, la prendre dans mes bras, la faire hurler de plaisir. Et elle, elle doit avoir de l’expérience avec son physique. Les hommes doivent se précipiter. Elle doit savoir y faire. Elle doit être « bonne ». J’aimerais la baiser, lui montrer que je peux la faire jouir, encore et encore…


J’exagère ! À peine.

Je pourrais être cette femme.


Je sais, vous pensez que j’ai la grosse tête, que je suis prétentieuse, arrogante, orgueilleuse. Pourtant depuis mon enfance, mes parents, ma famille, puis mes amis, mes amants, mon mari, tous me disent que je suis belle.


Vous voyez, je suis un peu cette femme. Oui, j’ai de l’expérience. Oui, j’ai cumulé les conquêtes. Oui, je me suis offerte. Oui, j’ai testé beaucoup de choses. Oui, j’ai été si libre que pendant un moment je suis passé pour une vraie salope, une chaude du cul, une de ces femmes qui n’en ont jamais assez.

Mais il y a une chose qui ne colle pas avec ce que vous pensez. « Me faire hurler de plaisir. Me faire jouir ».


C’est là que le bât blesse. Si je ne suis pas frigide, j’ai malheureusement rarement connu le plaisir, la jouissance, l’orgasme qui vous amène à la porte du paradis. Et pourtant j’ai cherché. Le plus terrible, c’est que quelquefois je jouis et c’est encore pire après, course éperdue pour retrouver ce bonheur. Avec mon mari, Paul, un instant j’ai pensé que j’allais enfin atteindre mon but. Notre amour est si fort que j’ai pensé que ce « plus » allait me libérer. Mais non.


Alors au fil des mois, j’ai perdu espoir. Chaque fois que nous faisions l’amour, je simulais. C’était un cadeau renouvelé à mon mari, mon amant qui ne devait pas savoir. Mais Paul s’en est aperçu. Il s’est rendu compte que je m’arrangeais pour espacer nos baises. Que souvent je le suçais jusqu’à ce qu’il jute dans ma gorge, évitant ainsi la pénible possession qui ne menait à rien. Que je faisais tout pour accélérer sa jouissance. Mais malgré mes efforts, un soir :



Quoi de pire pour un homme ! Comment lui expliquer qu’il n’est pas la cause.


Je m’y efforce. Je lui crie mon amour. J’avoue ma faute. Mon monologue dure. Je le rassure. Je lui promets qu’il n’est fautif de rien. Que c’est un amant merveilleux. Que je vais consulter.

Et puis sans réfléchir, je dis :



Je n’avais jamais pensé à cela. Dire que mes paroles ont dépassé ma pensée ? Peut-être, mais finalement c’était une solution. Paul a de gros besoins sexuels et si une autre femme peut en prendre sa part, pourquoi pas ! Il est beau mec et je sais que ce serait facile pour lui.

Il ne dit pas « oui ». Il ne dit pas « non ». Juste :



Il a fallu un moment, mais dès la première fois, je l’ai su. Paul est rentré à la maison, plus serein, les yeux brillants, me cajolant comme pour se faire pardonner. Et à partir de cette fois, après chaque conquête, paradoxalement, le soir, au lit il venait se lover contre moi. Et infailliblement je sentais sa verge durcir contre mes fesses. Alors qu’il sortait des bras d’une femme à laquelle il avait certainement donné du plaisir plusieurs fois, mon simple contact réveillait son envie. Comment refuser cette marque d’amour !


Ma chemise de nuit n’est pas un obstacle. Il suffit que je soulève légèrement une cuisse pour que son sexe vienne se glisser. Il entre doucement. Il est dur. Étrangement je suis humide. Je sens sa queue avancer en moi, repoussant les parois de mon vagin. Une fois bien entré jusqu’à la garde, il m’enlace à nouveau. Nous ne faisons qu’un. Alors il me baise. Doucement, lentement, son ventre ne quittant mes reins que le temps de se retirer avant de revenir. Et c’est bon. Oui c’est bon. Cela dure, dure et pendant ce moment je ne m’impatiente pas comme d’habitude. Au contraire. Je sens une chaleur m’envahir. Je lui laisse le temps et elle a tout son temps. Paul est d’une résistance que seules des éjaculations répétées procurent. J’ai une pensée pour cette femme, inconnue qui me retourne un mari encore fou d’amour.


Ce n’est pas un orgasme déferlant, mais un plaisir délicat. Un plaisir qui dure. Un plaisir étrange de bien-être, d’amour, de félicité, mais aussi physique en sentant cette queue qui me possède et me lime lentement. Je ne « hurle » pas de plaisir, mais Paul sait qu’un simple gémissement ou un grondement retenu marque sa réussite. Parfois Paul est très long à venir, ses couilles déjà essorées par sa maîtresse d’avant. Alors doucement, je me libère, je plonge et sous le drap, anonyme, je le suce. Je goûte à ma propre liqueur. Et cette gorge anonyme réveille une pulsion chez mon mari. Il se saisit de ma tête et je deviens un jouet entre ses mains. C’est une inconnue qu’il force à le recevoir. Il est puissant, viril, possessif. Alors et alors seulement il crache son jus.


Comprenne qui pourra ! En voulant donner à mon mari une liberté qui me permettait de ne plus avoir à subir des assauts trop répétés et qui finissaient par m’importuner, je déclenche une réaction contraire. Mais ni lui, ni moi ne nous plaignons. J’en suis à souhaiter qu’il couche avec d’autres afin de ressentir au moins ce début de plaisir.



Cette année, pour des raisons de priorité aux couples avec enfants, nous ne pouvons pas prendre nos vacances en Juillet-Août. C’est en juin que nous partons pour une quinzaine dans une île grecque. Hôtel du genre « Club M. », avec toutes les facilités. Les sports, les activités annexes, les visites, les excursions, la boîte de nuit, le spa, tout est disponible. En plus, pas de gamins braillards avec leurs parents en mode « couveuse ».


Il y a toutes les nationalités, mais c’est avec des Français que nous sympathisons. Il faut dire que plusieurs fois nous nous retrouvons ensemble. Des liens se créent. Ils ont notre âge. Nous devenons inséparables. Marie et Hugo ne se compliquent pas la vie. C’est un plaisir de les connaître. Une vraie complicité s’installe.


Un jour, nous décidons de profiter du sauna que l’on peut privatiser en le réservant à l’avance. Rendez-vous est donné à 18 h. Mais au moment de me préparer, j’ai la tête qui tourne. Cela m’arrive parfois. Une baisse de tension. Rien de grave, mais depuis qu’ils ont retiré du marché le médoc qui me donnait « un coup de fouet », je suis dans l’obligation d’attendre que mon organisme veuille bien réagir. En temps normal, cela ne me bloque pas, mais je me vois mal aller dans un sauna avec sa température extrême, dans cet état. La réservation n’est que pour deux heures et je propose à Paul d’y aller sans moi pour retrouver nos nouveaux amis. Il accepte.


Pourtant très vite je me sens mieux. Certainement que l’Ouzo du minibar en est la raison. Un coup d’œil à ma montre m’indique qu’il est 18 h 30. Ce n’est peut-être pas trop tard. Je décide de les rejoindre.

Cinq minutes plus tard, je suis devant la porte. Heureusement, la conciergerie de l’hôtel est informatisée et je sais que ma carte de chambre sera « reconnue » par la porte du sauna.


J’entre. À gauche une porte ouverte. Le vestiaire. Je reconnais les affaires de Paul. Je vois son maillot de bain. Sur les autres porte-manteaux, ceux de nos amis aussi. Ils ont donc décidé d’y aller nus. Cela me paraît naturel. Nos amis et nous avons fréquenté la partie naturiste de la plage. Il n’y a donc pas de gêne possible et c’est aussi bien pour le sauna.


Je me déshabille. Un panneau sur une porte, au fond du vestiaire, indique le chemin « Jacuzzi. Sauna. Hammam. ». Je la franchis. Aussitôt l’humidité et une chaleur moite me saisissent. C’est la pièce avec le Jacuzzi. Le bassin est là-bas, à quelques mètres, au centre, au niveau du sol.

Ils sont là. Tous les trois.


Oui, mais…


Paul est assis sur le bord du bassin, les jambes encore dans l’eau, le torse en arrière en appui sur ses bras. Hugo lui, est dans le bassin bouillonnant d’où seules ses épaules et la tête émergent. Il regarde, attentif, un petit sourire aux lèvres. Il doit avoir une belle vue sur ce qui se passe. Son visage donne dans ma direction, mais ce n’est pas moi qui l’intéresse. C’est le couple ! Sa femme, Marie, encore en partie dans le bassin, mais agenouillée devant mon mari. Mon mari qu’elle suce. À la façon dont sa tête bouge, il n’y a aucun doute qu’elle le pompe. Sa longue chevelure blonde ne cache rien, ses cheveux sont collés par l’humidité.


Et elle le suce. Ses lèvres doivent étreindre la queue de Paul pour former un anneau qu’elle fait glisser de haut en bas, de bas en haut, car sa tête bouge au rythme qu’elle s’impose. Je connais bien cette sensation. Beaucoup d’hommes pensent que la fellation est le plaisir suprême pour eux. Que la femme leur fait ce cadeau. Que d’une certaine façon il la domine ainsi. Une domination douce, convenue, entièrement centrée sur leur plaisir. Et pourtant ! La réalité, enfin la mienne, mais je l’imagine partagée, c’est nous qui sommes aux commandes. Prendre une verge languissante dans sa bouche et la sentir se durcir progressivement jusqu’à ce que le gland qui bute au fond de votre gorge repousse la queue gorgée de sang. Sucer, pomper, enduire la tige et son chapeau de salive, lécher les bourses, les gober, pousser jusqu’à l’anus pour déclencher l’imaginaire de la sodomie, voilà ce qui donne le pouvoir. Et si avec un peu de pratique, de volonté et une bonne position, nous arrivons à gober entièrement le bâton jusqu’aux couilles, alors l’homme n’est plus qu’un jouet.


Mais pour l’instant c’est Marie qui pompe. Paul a l’air d’apprécier. Et Hugo ? Son petit sourire montre qu’il n’est pas choqué par ce qu’il voit. Ainsi le couple semble d’une totale liberté. Moi, en donnant sa liberté à mon mari, j’ai fait une partie, une toute partie du chemin. Jamais je n’ai pensé assister aux ébats de Paul avec sa maîtresse. Quelquefois, des images fugitives traversent mon cerveau lorsqu’il me fait l’amour après une incartade. Mais ici, c’est réel.


Il faut que je parte. Je vais retourner dans ma chambre. Ce n’est pas « sain » que je regarde.


Pourtant je n’arrive pas à détacher mon regard du couple. Comme Hugo. Me voici devenue voyeuse perverse. Le couple se désunit. Plus exactement c’est Marie qui se déplace. J’ai à peine le temps d’entrevoir la queue de mon mari, qu’elle vient s’asseoir dessus. Voici Marie cavalière et chevillée à sa monture. Une cavalière qui se tortille. Qui ondule.


Je ne vois plus qu’elle. Ses hanches, ses cuisses, ses seins qu’elle caresse et une main qui disparaît plus bas et qui va certainement caresser son bouton. Paul s’est allongé. Il est le jouet sur lequel la femme se baise. Mais un jouet bien vivant. Un jouet dont les coups de reins apportent leur contribution.


Longuement le couple baise. Le mari regarde. JE regarde. J’ai honte, mais je n’arrive pas à partir. Pourtant si je ne suis pas en pleine lumière, je dois être visible, bien que derrière moi les lampes se soient éteintes automatiquement.


C’est beau. Naturel. Combien de fois ai-je chevauché Paul, cherchant ce plaisir tant désiré en jouant de l’angle, de la pénétration.


Ils sont beaux. C’est terrible à dire, mais ils sont encore plus beaux lorsque le plaisir leur est accordé. J’ai mal de voir Marie se figer alors que son orgasme l’envahit. J’ai mal de voir sur le visage de Paul les prémisses qui signalent sa jouissance prochaine. Leurs deux liqueurs vont se rejoindre. Pourquoi suis-je privée de cela ? Pourtant j’ai tout essayé, avant de rencontrer mon mari.


Je vais partir. Satisfaite et frustrée. Satisfaite et même un peu excitée de ce que j’ai vu. Frustrée bien entendu de ne pas pouvoir me mettre à leur diapason. Mais Marie bouge à nouveau. Elle ne penche, chienne à quatre pas, pour aller lécher la bite de mon mari. La salope, vicieuse, recueille le foutre qui a coulé de sa chatte et je ne doute pas sa propre liqueur. C’est chaud. Mais aussi, son mari sort du jacuzzi. Sa queue est tendue, barre horizontale qui ruisselle. En un mouvement il se place derrière sa femme. Paul le suit du regard. Il voit comme moi, Hugo enfiler sa femme d’une geste de propriétaire. Il doit découvrir la grotte humide à souhait.


Marie suce son amant, mon mari, pendant que le sien la baise avec force. Il la bourre, lui faisant sans doute sentir qu’il a apprécié le spectacle qu’elle lui a offert. Je regarde, toujours incapable de quitter cet endroit. Jamais je n’aurais pensé que ce couple fut si libre. À aucun moment ils n’ont fait la moindre allusion à cette liberté. Hugo, s’il me drague gentiment comme un jeu de vacances, ne m’a jamais « manqué de respect » ou avoué leurs goûts.


Hugo me fait face. Heureusement il est concentré sur sa femme. Mais, il suffit qu’il lève les yeux et il pourrait me découvrir. Non, j’aurais trop honte !

Je fuis. Doucement je repousse la porte et c’est seulement lorsqu’elle est refermée que je me déplace assez pour que l’automatisme rallume le vestiaire.


Une heure plus tard, Paul vient prendre de mes nouvelles. J’accepte de me joindre à eux pour le repas. Pas un geste ! Pas une allusion ! C’est comme si rien ne s’était passé, si ce n’est Hugo qui me couve du regard et m’interroge sur mon indisposition. J’essaie de refermer cette parenthèse, mais je ne cesse de me demander : « Est-ce la première fois qu’ils ? ». Mais à quoi bon !


Le lendemain matin, au petit déjeuner, nous retrouvons nos amis. Mais, alors que nos conjoints sont partis remplir leur assiette, Hugo demande :



Je réponds, soudain inquiète de ce que sa question sous-entend.



Merde, il m’a vue. Que faire ? J’ai honte.



Comment me sortir de ce mauvais pas. Je guette nos conjoints, mais ils bavardent avec d’autres vacanciers.



Que dire ? Que faire ? Chaque mot qui me vient à l’esprit ne fait que m’enfoncer.



Je suis rassurée. Même si c’est indépendant de ma volonté, je n’aimerais pas que d’autres connaissent ma « frigidité ».



En effet nos conjoints ne sont plus qu’à quelques pas. Mais Hugo s’amuse.



Et je continue sur le même ton de confidence.



Mais lui, parle normalement alors que nos conjoints se rassoient à notre table.



Je me sens coincée. Hugo me regarde en souriant. Il insiste.



Le salaud. Je sais moi, a quoi il fait allusion. Un flash me fait revoir Marie suçant mon mari alors que le sien l’enfile. Il faut que je me sorte de ce piège. Tout ce que je dirai sera pris au premier degré par Paul et au second par Hugo.



Et pour couper court à la conversation, je me lève et :



Personne n’a besoin de rien. Mais je sens le regard d’Hugo dans mon dos.


Le même soir, une grande fête est organisée. Après le repas, un disc-jockey embrase la foule. Tout le monde danse sans complexe. Pendant un long moment, je me retrouve séparée de Paul et de nos amis. J’imagine qu’eux aussi sont entraînés par les groupes qui se forment spontanément.


Épuisée, assoiffée, je décide de faire une pause et je reviens à notre table. J’y retrouve Hugo, seul.



C’est évidemment une question qui ne demande pas de réponse. Le temps de reprendre mon souffle, de boire un coup et j’enchaîne.



Le silence d’Hugo me surprend. J’insiste.



Et c’est en posant la question que je comprends.



J’essaie de faire bonne figure, mais je suis tout de même touchée.



Et il m’entraîne. C’est un slow. Nous sommes l’un contre l’autre. C’est agréable. Hugo se fait câlin. Et puis tout contre mon oreille il me susurre :



Il n’est pas nécessaire de préciser. Je sais à quoi il fait allusion.



Il m’entraîne. Je comprends lorsqu’il m’amène aux ascenseurs.



C’est une femme sans volonté qu’il entraîne par la main. Tout le long du couloir qui mène à ma chambre, mes pensées sont confuses.



Je suis ensuquée. La chaleur ! La danse ! L’alcool ! Cette conversation ! Cette situation inédite ! Il me faut quelques secondes pour comprendre qu’il veut ma carte de chambre. Je lui donne. Il ouvre avec précaution. Me fait signe d’attendre, mais revient bien vite.



Pourquoi ai-je à la fois du regret et du plaisir. Plaisir de constater qu’Hugo s’est planté. Nos conjoints ne sont pas en train de baiser. Regret confus de ne pas pouvoir…

Mais Hugo ne s’avoue pas vaincu. Ascenseur. Couloir. Nous sommes devant la porte de sa chambre. Même scénario. Il ouvre doucement. Il me fait signe de ne pas bouger, mais revient bientôt, un sourire aux lèvres.



Il me pousse devant lui. Nous entrons dans la pièce qui fait « sas » entre le couloir et la chambre. Il fait sombre dès que la porte est refermée derrière lui. En face, la porte de la chambre. Pas totalement fermée, juste un filet de lumière. Je suis devant, guidée par ses mains sur mes épaules. Il l’entrouvre un peu plus. Par l’entrebâillement on arrive à voir une grande partie de la pièce. Lumière tamisée, mais suffisante pour bien voir.


Voir le grand lit. Lit identique au mien, assez grand pour coucher à plusieurs, mais avec un habillage en métal très travaillé avec des symboles de la mythologie grecque. Et sur ce lit, Paul et Marie. Nus, l’un sur l’autre, perdu dans cette immensité. Marie est sur Paul, tête-bêche, en 69.


Un instant j’ai peur qu’ils nous entendent. Qu’ils entendent ma respiration qui me paraît remplir l’espace. Mais non. Ils sont bien trop occupés. Les seuls bruits qu’ils doivent percevoir sont ceux de leurs caresses.

Hugo aussi est attentif. Nous sommes deux statues. Plus exactement une statue à deux têtes. Nos deux corps n’en forment qu’un. Hugo est littéralement collé à moi, avec sa tête à côté de la mienne. Je sens sa chaleur à travers le mince tissu de mon chemisier et de ma robe d’été.


Là-bas, à des années-lumière le couple se caresse. La tête de Martine monte et descend sur la queue de mon mari alors que lui doit lécher la fente et chercher le clitoris pour mieux l’exciter.

On entend le bruit des succions, des grognements indistincts, preuves que chacun apporte à l’autre sa part de plaisir.


Je suis plus que troublée. L’autre nuit, j’étais une voyeuse accidentelle alors que tout de suite, je suis une perverse qui recherche cette vision, même si Hugo en est le concepteur. Hugo que je sens de plus en plus peser contre moi.


Mais Marie bondit. Le binôme se déconstruit. Elle est sur le lit. Elle s’appuie sur la tête de lit, penchée en avant, la croupe provocante, les jambes écartées.



Quel homme résisterait. En tout cas pas mon mari qui, la bite dressée, vient se placer derrière et d’un coup de reins empale celle qui le provoque.



La salope ! Une pute, une chienne. Paul la baise. Elle se tortille. Elle ondule du cul. Chienne en chaleur qui a besoin d’un mâle pour la bourrer.


Un mâle comme… Oui, comme Hugo dont je sens la pression se concrétiser. Il bande. Son sexe est plaqué contre mes fesses. Lui aussi est excité. Je dis, lui aussi, car moi je découvre une étrange chaleur entre mes cuisses. Et que dire de ma poitrine qu’Hugo caresse. Pour lui, comme pour moi, le fin tissu du chemisier n’est qu’un obstacle insignifiant. Au contraire. L’absence de soutien-gorge – ma poitrine me le permet et j’aime me sentir libre – rend mes tétons si sensibles qu’un effleurement suffit à les faire pointer.

La chambre résonne du métal de la tête de lit qui cogne le mur au rythme des poussées de mon mari. La souplesse du matelas lui fournit une « nervosité » particulière et le couple ondule des vagues formées par les ressorts.


Mais, Hugo se sent pousser des ailes. Comme je ne réagis pas à ses avances, je veux dire que je ne le repousse pas, au contraire, il soulève ma jupe. Aussitôt je sens la brûlure de sa verge qui touche ma peau. Concentrée sur ce que je vois, je n’ai pas remarqué qu’il a baissé son pantalon. Ma culotte est un bien petit rempart, surtout que les ficelles qui maintiennent mon string sont quasi évanescentes.


Il ne me demande pas mon avis. Il n’en a pas besoin. Il remarque bien sûr que je ne le repousse pas. Pire, je suis comme lui, excitée par les amants que nous voyons.


Moi aussi, je suis une salope. Je ne calcule plus. Je sens en moi un besoin, une envie, une nécessité que j’ai rarement connue.

Moi aussi, je veux qu’on me prenne. Chienne en chaleur. Comme Marie que mon mari pilonne et crucifie.

Moi aussi, je…



Je ne peux retenir ce cri lorsque la queue pénètre en moi. C’est autant Hugo qui m’enfile que moi qui vais à sa rencontre, me penchant un peu plus, me cambrant encore plus, écartant les jambes pour lui faciliter la tâche.


C’est une brûlure. Un fer chaud qui m’écarte. Un bâton d’une dureté et d’une taille inconnue. Une queue. Une bite.

Je ne me reconnais plus et c’est bon. Nul besoin de penser, de réfléchir. L’envie me dirige.


Dès qu’Hugo commence ses va-et-vient, j’ai envie de hurler, de parler comme la salope dans la chambre avec mon mari. Je voudrais lui dire combien c’est bon. Qu’il me baise, me bourre, m’utilise comme une pute prise sous une porte cochère. Mais un reste de lucidité me retient. Je mords mes lèvres au sang afin de ne rien révéler au couple qui est à quelques pas.


Mon baiseur retient ses coups. Il n’a pas la liberté de nos conjoints. Il sait que nous devons rester des voyeurs. C’est mon choix. Enfin, c’était mon choix, maintenant je ne sais plus…


C’est bon. Si bon. Il coulisse en moi. Je suis humide. Je suis chaude. Réceptive. Abandonnée. Et puis, je sens la chaleur monter encore. Je transpire de tous mes pores.


Cela monte.

Cela vient.

Oh, mon dieu, est-ce que cela serait…


Je jouis. Oui je jouis. Un orgasme. Une vague terrible. Un tsunami. Je tremble. Mes jambes ne me portent plus. Je vais m’effondrer et basculer de l’autre côté. Mais plus rien ne compte que cette joie. La porte du paradis est franchie. C’est la seule qui compte.


Je suis à genoux. Hugo a réussi à me garder. Il est toujours en moi. Il a compris que ma jouissance était si forte que je ne me contrôlais plus. Heureusement que je n’ai pas crié, le goût de sang dans ma bouche m’apporte la preuve que mes lèvres se sont sacrifiées.


Il me prend encore. C’est si bon. Ma grotte lui est ouverte. Je suis bien, encore sur un nuage. Je veux que maintenant mon amant jouisse aussi. Je me penche un peu plus. Me voici, la tête sur la moquette, cambrée au maximum afin que ma croupe lui fournisse un angle différent. Au moins ma recherche du plaisir aura faite de moi une experte.


Je ne vois plus ce qui se passe à côté. Mais la vue n’est pas indispensable. Les amants parlent. Est-ce une impression, mais Hugo me baise au rythme des coups dans le mur. Mais oui. Quelle perversité ! Nous sommes synchrones. Hugo accélère aussi. Je sens une nouvelle chaleur. Mais pourquoi ? Ce n’est pas possible. Ma main va trouver mon petit bouton. Il est érigé. Sensible. Demandeur. Je me caresse. Combien de fois ai-je dû me contenter de ce plaisir solitaire, succédané aux jouissances si rares.


Mais là, je suis une chienne prise dans le sas d’une chambre d’hôtel, mon mari qui s’envoie en l’air juste à côté. Qui annonce qu’il va jouir. Que sa maîtresse encourage de se retenir encore un peu le temps de…

Il jouit. Mon amant crache sa semence en moi, au fond, tout au fond de ma grotte. Chaque giclée est accompagnée par une poussée. C’est bon. J’ai la fulgurance de penser qu’heureusement que je prends la pilule. Mais le plaisir revient. Moins fort. Moins envahissant. Mais plus long, contrôlé par ma main.


Je ne sais combien de temps je suis restée prostrée dans cette position. Mais Hugo me souffle à l’oreille.



Nous fuyons sans bruit. Nous retrouvons la musique et la foule. Pourtant, assise à notre table je ne cesse de penser. Je sais qu’Hugo me regarde, mais il a la délicatesse de ne pas parler. Ce sera notre secret. Je pense. Je réfléchis. Il ne me faut pas longtemps pour reconstituer le puzzle.


Ce qui vient de se passer.

Ce que j’ai ressenti hier au sauna en les voyant.

Ce que je ressens lorsque Paul me fait l’amour alors qu’il vient de quitter les bras d’une autre.

Ce que j’ai ressenti les rares fois ou pendant ma vie de femme la jouissance est venue.


Un point commun. La libido. La perversité d’imaginer, de voir, mon mari ou mon copain du moment dans les bras d’une autre. Même la fois où j’ai découvert mon copain avec un autre garçon.

Ainsi c’est cela. Je suis perturbée au point où il me faut des situations particulières.



Hugo est étonné de cette question. Pourtant il réfléchit avant de répondre.



Je vais continuer, mais nos conjoints reviennent.


Après le « nous vous avons manqué ? » et la réponse au « vous étiez où ? » avec le pieux mensonge « dehors pour prendre l’air », Paul m’invite à danser.


En me levant, je constate que j’ai totalement oublié de faire un brin de toilette. Je sens l’humidité de ma liqueur et du foutre d’Hugo. Il est trop tard et je ne peux que prier pour que ma jupe n’en soit pas marquée.

Nous dansons. Paul est très tendre. Il me complimente dans le creux de l’oreille. Que je suis belle. Qu’il m’aime. Que je suis désirable.


Le « Si on montait dans notre chambre » est l’aveu de son envie de moi. Ainsi l’homme qui baisait Marie il y a moins d’une demi-heure me revient. Un peu comme d’habitude. Sait-il que son comportement est une vraie signature, la preuve qu’il vient de coucher avec une autre ? Mais quelle preuve d’amour ! Bien sûr j’accepte.


Nous saluons nos amis. Notre départ est bien évidemment reconnu comme tel. « Ils vont baiser ». Et eux ? Est-ce qu’Hugo a envie de Marie ? Et elle ?


Ma main dans celle de Paul, je refais le chemin que j’ai fait avec Hugo. Mais dès la porte de notre chambre ouverte, Paul m’entraîne vers le grand lit. Le nôtre aussi est habillé de métal. Il m’embrasse, me cajole, me caresse. Ma poitrine est son premier champ d’exploration. Ma jupe est tirée avec empressement. Ma culotte une simple formalité. Je suis maintenant nue, alanguie sur le lit pendant que Paul se déshabille. Il bande. Quelle plus belle preuve ! Je ne l’ai pas touché et rien que par ma présence je l’inspire. J’écarte les jambes, prête à recevoir mon mari. J’ai dans un coin de mon cerveau tout ce que j’ai vu et ce que j’ai fait moi aussi. Il approche. Il va me prendre.


Mais il s’agenouille. Il plonge vers mon intimité que je lui offrais pour ses assauts. Mais c’est sa bouche et sa langue qui m’assaillent. Il est trop trad. Il va remarquer. Voilà, il paraît étonné. Replonge, doutant de ce qu’il envisage.



Il se lève. Son visage exprime la surprise. Nous nous regardons. Je ne vois que surprise et étonnement, pas la colère. Je baisse les yeux, me sentant coupable.



Il s’allonge à mon côté. Je lui tourne le dos. Il me prend dans ses bras. Nous ne faisons plus qu’un. Son sexe est encore dur, mais je sens qu’il se relâche.



Je raconte. J’avoue tout. Hier. Ce soir. Ma faiblesse. Ma complicité avec Hugo, jusqu’à la honte d’avoir été voyeurs des ébats de Marie et lui, il y a une heure à peine. Paul ne parle pas. C’est seulement lorsque j’arrête mon monologue, car je n’arrive pas à avouer ce qu’il a deviné en découvrant ma chatte encore grasse du sperme de mon amant.



Un long silence s’installe.



Je vais lui dire. Je sais que mon aveu va le perturber. Apprendre qu’un amant d’un soir a réussi là ou lui n’arrive que très rarement.

J’avoue. Avec des mots choisis, j’essaie de lui décrire ce que j’ai ressenti et aussitôt ma découverte. Ma libido compliquée. Expliquant que ce sont les circonstances qui m’ont apporté la jouissance.



Je me tourne. Maintenant je suis face à lui. Nous nous regardons. Nulle colère dans son regard.



Voilà ce que je lui dis dans un souffle. Des paroles à peine prononcées, juste articulées. Il me répond :



C’est moi. Oui, c’est bien moi qui parle. Ce ne sont pas juste quelques mots pour rassurer et faire plaisir à mon mari, non j’ai envie.


Ma main descend pour rencontrer sa verge. Elle n’est pas raide, mais réagit aussitôt à mes caresses. Quelques secondes et c’est un bâton que je tiens dans ma main.


Je me soulève. Je monte sur lui. Je suis sa cavalière. Mais dans mon cerveau malade, c’est Marie qui le chevauche. C’est Marie que je vois en fermant les yeux. C’est elle qui ondule, se tortille, oscille autour de la cheville de chair qui la soude à Paul.



Des mains caressent mes seins. Des mains puissantes. Des mains qui compressent mes globes pour en faire exulter les tétons. Des tétons que maintenant Paul tord avec ses doigts.

Et moi. Eh bien moi, je me baise sur lui. Avec lui. Par lui. Chaque coup de reins est un bonheur. Chaque ondulation fait que la bite frotte des parois sensibles.

Mon clitoris est une bombe à retardement. Quelques secondes de caresses et il ouvre les vannes. Je jouis.


Oui, l’orgasme est encore de retour. Aussi fort que tout à l’heure. Résultat de pensées perverses, de visions malsaines, d’une libido que je commence à comprendre.

Je m’effondre sur mon mari. Il m’embrasse. Il me cajole.



Son bonheur fait plaisir à voir. Il est heureux pour moi. Nous nous embrassons fougueusement.



Il me guide, mais nous n’allons pas loin. Il me fait installer sur le lit, comme sa maîtresse tout à l’heure.

Je m’agrippe au métal. Nul besoin de m’en dire plus. Ma croupe est une offrande.



Sa queue est un pieu qui me transperce. Son ventre claque déjà sur mes fesses. Qui baise-t-il. Moi ? Marie ? Mais quelle importance ? Lui aussi est excité par mes aveux, par tout ce que cela implique. Sa puissance est en moi. Pense-t-il comme moi que sa queue laboure une chatte déjà remplie du sperme de mon amant ? Je suis une grande malade. Cette idée m’excite. J’en frissonne. C’est bon. Délicieux. Délicieusement obscène.


Je me cambre. J’ondule. Oui, je suis une salope. Il fut un temps où on me traitait de salope et de chaude du cul alors que je n’étais qu’à la recherche du plaisir.


Je sens que Paul joue avec mon cul. Il me tend un pouce au bord des lèvres. Je le suce longuement, mimant une fellation, le gobant jusqu’à la paume.

C’est ce pouce qui force le chemin de mon cul. Ce cul que j’ai offert depuis longtemps à mes amants, pensant en faire un allier dans ma quête du plaisir. Mais sans succ…


La queue remplace le pouce. Hugo force mon cul. Jamais il n’a été si brutal, cherchant toujours à m’apporter le plaisir. Je crie, surprise et clouée par la bite qui me déchire. Mais mon mari ne m’écoute pas. Il m’encule profond. Il encule sa femme qui vient de lui avouer l’avoir trompé et surtout avoir joui par un autre. Peut-être qu’aussi il pense que mon cul est, lui, vierge de la semence de mon amant.


C’est fort. Violent. Mais c’est bon. La douleur, plus liée à la surprise qu’à un conduit trop étroit, s’éloigne. Ne reste que la bestialité de l’acte. Mon mari a-t-il déjà enculé une autre femme que moi ? Lorsqu’il me prend à son retour, la bite qui me bourre a-t-elle exploré des contrées plus sauvages ?


C’est bon. J’aime cette force. J’aime me sentir avilie, dominée par mon « mâle de mari ».


Enfin il vient. Il m’inonde les entrailles. Son foutre me brûle. C’est agréable. Il continue un moment, brassant sa propre liqueur.


Plus tard. Au lit, dans une obscurité complice qui libère la parole nous parlons.

À l’homme qui vient de me posséder sans ménagement j’avoue l’étrange sensation ressentie. À l’homme que j’ai vu baiser notre amie, j’avoue la découverte du plaisir apporté par cette vision.

Lui, avoue que, s’il se sentait coupable de baiser d’autres femmes, il imaginait que c’était moi qu’il faisait crier de plaisir et aussi combien il aimait me prendre à peine sorti de la chaleur d’une autre femme.


Le lendemain, il est évident qu’Hugo a parlé à sa femme. La façon dont elle me sourit est une preuve. Alors me vient l’envie subite de me confier. Je n’ai jamais parlé de mes interrogations et de mes recherches à personne. Marie me paraît si proche qu’elle devient ma confidente. J’apprécie la façon dont elle a de m’écouter et surtout de ne pas me juger. Elle est sincèrement heureuse qu’elle et son mari aient été les déclencheurs de ma découverte.


La journée se passe délicieusement. Je suis heureuse et comme libérée.


Le soir, le dernier soir avant le retour en France, nous fêtons nos vacances, notre rencontre, ma sexualité naissante. La piste de danse est le témoin privilégié de ma liberté. C’est moi qui entraîne Hugo et qui me frotte à lui. Je me frotte à lui et Paul n’est pas en reste avec Marie. Nous nous regardons. C’est bon, cette complicité nouvelle.


C’est moi qui propose que nous allions dans notre chambre pour un dernier verre. Le clair de lune sur la terrasse est un aimant. Tout naturellement je suis avec Hugo pendant que Marie se lance dans la séduction de mon mari. Tout paraît si simple. Assise sur les genoux d’un homme qui me caresse sans gêne, alors que nous regardons nos époux se caresser et se dévêtir, je me sens bien. Sentir la verge d’Hugo gonfler alors que moi je me sens « toute chose » est le début du bonheur.


Ils vont faire l’amour devant nous. Nous allons regarder, et puis, après… Mais Marie quitte mon mari. Elle fait les quelques pas qui nous rapprochent.

Elle est face à moi. Nue, à l’aise. Elle me tend la main. Pas un mot, mais une lueur dans le regard, un sourire furtif sur les lèvres. Je me lève, quitte les bras de mon amant. Je suis encore habillée, mais les quelques boutons détachés de mon corsage me font paraître plus débraillée et plus provocante que la nudité assurée de Marie.


Paul est derrière elle, à quelques pas. Lui aussi fait débraillé, la chemise enlevée, la ceinture détachée, la braguette négligée. Il regarde.



Ces quelques mots s’adressent plus aux hommes que moi.


Moi, elle me tient par la main et je la suis. La baie vitrée franchie il fait tout de suite plus sombre. La lune n’est plus qu’un éclairage indirect.

Elle me laisse un instant. Je la suis des yeux. On dirait qu’elle cherche quelque chose. J’entends les tiroirs dans le meuble de l’entrée. Paul et Hugo n’ont pas encore franchi le seuil de la chambre, ils attendent. Enfin, elle revient. Elle porte un foulard découvert dans mes affaires. Elle se place face à moi. Le foulard est tendu entre ses mains. Elle l’approche de mon visage, de mes yeux. Pourquoi un foulard ? Que veut-elle ?



Voilà ce qu’elle me dit alors que le tissu en deux tours et un nœud derrière la tête me prive de la lumière.

Quel drôle d’idée ! Pourtant maintenant, elle aussi connaît mon handicap enfin vaincu par une libido qui nécessite justement que je puisse regarder.


Pourtant je ne dis rien. Qu’est-ce que je risque ? Paul est juste à côté.


Pendant quelques secondes, rien ne se passe, si ce n’est une impression de mouvements dans la pièce. Et puis des lèvres viennent au contact des miennes. Aucun doute, ce sont celles de Marie. Des lèvres de femme, des lèvres parfumées par son rouge à lèvres. Le contact est délicat, mais pendant ce temps je sens que l’on touche mon corsage.


Mon corsage, mais aussi ma jupe. Si c’est Marie qui dégrafe les boutons, qui s’occupe de ma jupe ? Qui, aussi, le même peut-être, tire lentement sur ma culotte ?


Je suis nue, seule dans cette obscurité qui exacerbe mes autres sens. Des chuchotements, des bruits de tissu, d’un zip qui bruisse, de vêtements qui tombent. Mais aussi des respirations, des souffles chauds, des baisers délicats qui me surprennent à chaque contact.


Dans le cou. Juste sous l’oreille, un lobe aspiré et sucé. Sur un sein. Sur l’autre. Un téton enveloppé d’une langue agile. Sur mon nombril. Mes hanches. Mes cuisses. Mon ventre. Mon pubis. Seule mon intimité est épargnée alors qu’instinctivement j’attends. Une chaleur cependant. Un souffle chaud sur mes petites lèvres et qui me fait comprendre par la fraîcheur dégagée que je suis humide. Transpiration ou début de désir ? Qu’importe, c’est bon. Je suis une statue de chair.


Je tremble. Mes jambes faiblissent, mais on me guide. Derrière moi, le lit et la couche ou je m’allonge. Alors je suis une proie. Bouches, lèvres, langues, mains m’explorent, me caressent, m’excitent. Très vite j’abandonne le jeu de devinette de « Qui est qui », « Qui fait quoi », « Qui me fait quoi ».

Ils sont trois et je suis le centre de leur monde.


Elle a raison. C’est plus que troublant.


Enfin une bouche atteint ma fente. Je gémis aussitôt à son contact. Marie ? Hugo ? Paul ? Je m’ouvre à la caresse. C’est bon. Il me déguste. Je sais maintenant que je suis humide, que je ruisselle, que la salive vient se joindre à mes sucs pour préparer le chemin.


Le lit bouge. Bientôt je me sens enveloppée. Le contact surprend. C’est Marie. La fente de Marie qui vient sur moi. Une fente, elle aussi bien humide, preuve que l’organisatrice est aussi troublée.

Je la suce. Je la lèche. Mes mains caressent ses fesses. Ma langue pénètre au plus profond de sa féminité. Je gémis des caresses que je reçois, mais aussi de celles que je donne. Son clitoris est comme un petit téton. J’arrive à le piéger entre mes lèvres et le pomper comme une petite bite. Des mains s’emparent des miennes et me guident vers sa poitrine. Ses seins sont des offrandes et j’en suis la prêtresse.


Longuement je la caresse. Longuement on me suce.

On me suce, mais des doigts explorent mes intimités.

C’est bon. Terriblement bon.


Il y a avant et après. Je comprends maintenant cette frénésie pour le sexe, de certaines femmes. Je les enviais, suspectant des joies inconnues. Maintenant je sais. Déjà hier. Déjà cette nuit. Et maintenant. Chaque geste est un plaisir. Il suffit de se laisser aller. La route est tracée. On me donne du plaisir et je le transmets à Marie.


Que c’est bon de l’entendre gronder sous mes caresses. Que c’est bon de lui laisser guider ma bouche dans ses replis et retrouver à chaque fois son petit bouton, plus gros, plus dur, plus sensible.

Et je goûte pour la première fois de ma vie à ce jus de femme. Celui que j’offre en même temps à celui qui me lèche. Elle ruisselle. Je coule.


Comment expliquer ? Impossible. Les mots manquent. Jouissance. Plaisir. Orgasme. Jus. Liqueur. Cyprine.

Quelle importance ?

Mon corps le sait. Mon cerveau le reconnaît et pourtant il ne lui est pas encore familier.

Nous jouissons. Merci mon Dieu. Celui de l’amour. Qu’il soit unique ou multiple !


Le répit est de courte durée. J’imagine que nos hommes aussi veulent leur part. On me guide. Je suis une aveugle consentante. Je sais maintenant ce que Marie voulait dire.


Qui me prend les épaules ?

Qui m’invite à me lever ?

Qui me fait découvrir le corps d’un homme, Hugo, Paul, allongé à mes côtés ?

Qui m’invite à venir sur lui ?

Qui guide ma main vers une verge dure comme le bois ?


Je sais pourquoi personne ne parle. Je comprends pourquoi l’anonymat est un bonus, un supplément pour une libido en construction. J’ai beau palper le membre majestueux, impossible de savoir s’il est à Paul ou Hugo. Dieu sait pourtant que la bite de Paul n’a aucun secret pour moi. Cette bite que j’ai manipulée, regardée, branlée, sucée, gobée, enfournée dans mon ventre, reste inconnue alors que je suis aveugle.

Mais c’est un délice de m’asseoir sur elle. Elle m’envahit. Elle m’occupe et chaque mouvement la rend plus présente.


Paul ? Est-ce Paul que je chevauche ? Je devrais le savoir. Je devrais le reconnaître. Il y a peu de temps, c’est lui que je chevauchais. Ici. Sur ce même lit. Et je n’arrive pas à…


Deux mains m’emprisonnent la tête et aussitôt je sens sur mes lèvres une tige chaude. Un gland où tout de suite je découvre cette fameuse petite goutte qui perle, signe d’une excitation bienvenue. Mais j’ai à peine le temps de penser à l’inédit de cette situation, une queue dans la chatte, une autre à la porte de ma gorge, que le mandrin fraye son chemin.


Hugo ? Paul ? Peu importe ! Marie doit regarder. Je vais lui montrer que…


Mes mains bien en appui sur les fesses de l’homme, son mari peut-être, je le gobe jusqu’à ce que les couilles viennent buter. Combien de queues ai-je gobées ? Combien d’hommes ont été mes jouets avant qu’ils me possèdent, ne m’apportant que le plaisir de les dominer. Aujourd’hui c’est différent. Je ne suis que plaisir.


Il se baise dans ma gorge. Je ne vois pas, mais je sais que la salive ruisselle de mes lèvres, formant des filets que la bitte tricote, voile éphémère, mais si « sexe ». Comme le bruit qui me paraissait « déplacé » avant, gargouillis infâme, mais aujourd’hui source d’excitation et carburant de ma libido.


Va-t-il jouir dans ma gorge ? Il peut s’il en a envie. Paul sait, lui, que cela ne me dérange pas, même que je le poussais à se libérer ainsi, m’évitant la possession laborieuse.

Mais c’était avant ! Qu’ils crachent ! Qu’ils jutent ! Qu’ils m’inondent ! Tout est maintenant plaisir.

On me caresse. Marie ? Hugo ? Paul ?

J’ondule sur cette tige alors qu’une autre me bloque.

J’ai chaud. Je gronde. Je gémis.


« Ne parle pas la bouche pleine » est une remarque si convenue qu’elle apparaît déplacée en ce moment.


Pourtant ! Oui, pourtant, j’aimerais tant pouvoir dire. Pouvoir expliquer. Pouvoir hurler, crier à la face du monde que je suis bien. Que le plaisir est enfin mon ami, mon complice.


Quand je pense que beaucoup de femmes font la « bégueule » pour la baise. Que d’autres ne savent pas le bonheur qu’elles ont de jouir spontanément.


Moi, j’ai gagné ce droit.


Ma chatte ruisselle et attend le foute de mon amant.

Ma bouche est une « gorge profonde » où un autre va déverser sa liqueur.


Je veux tout. J’accepte tout. Et si mon mari le veut bien, ce ne sera qu’un début…