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Temps de lecture estimé : 30 mn
10/11/16
Résumé:  Elle a été Escort pour payer ses études. Personne ne le sait, sauf cet homme qui a retrouvé sa trace, dix ans après.
Critères:  fh ff fhh couple cocus hotel chantage fellation 69 pénétratio double sandwich yeuxbandés confession
Auteur : ViolaFleur      
Le passé recomposé

Juin 2016


Quelle sensation étrange ! Je suis là, mais dès que je ferme les yeux, je suis ailleurs.

Je passe de ce bureau, mon bureau, à une chambre d’hôtel.


Mon bureau où je me suis laissé entraîner par cette voix nasillarde, dans cette démonstration d’érotisme. Mais avais-je vraiment le choix ? L’homme n’a jamais parlé de chantage, mais à la façon dont il m’a contactée, la menace est évidente. Il est là-bas, au bout de cette liaison Skype en train de me regarder, de me diriger. Il a déjà obtenu que je me déshabille et me caresse devant cette lumière rouge qui matérialise la caméra. Il a même redirigé ce que la caméra filme, ce qu’il voit lui, sur mon écran. Je suis donc ma propre spectatrice. J’ai ainsi une vision différente, troublante, avec un angle différent. Mes pieds en appui sur son bureau, les jambes écartées, un sextoy à la main, et je m’active entre mes cuisses : voilà ce que je vois de moi. Voilà le spectacle auquel il m’a conduite.


Mais si je ferme les yeux, le décor change. C’est une chambre, et si je me caresse pour un homme, au moins lui est présent dans la pièce, spectateur avide et organisateur de cette mise en scène.


Il existe deux types de clients. Non, trois.


Les rapides : ceux qui, malgré la somme, veulent consommer très vite et remettre le couvert s’ils ont pris cette option.


Les lents : ceux qui en veulent pour leur argent. Qui profitent déjà de la présence de la belle fille qu’ils se sont offerte. Qui veulent d’elle qu’elle s’investisse et demandent presque toujours à se faire sucer pour déclencher une érection parfois vacillante ou l’entretenir dans une gorge gourmande.


Mais parmi les lents, il y a les « intellectuels », ceux pour qui baiser n’est que la résultante d’un long cheminement. En général, ce sont des hommes mûrs ; mais celui de mon souvenir, celui qui apparaît lorsque je ferme les yeux et qui d’un coup de baguette magique me ramène dix années en arrière, dans cette chambre luxueuse, a tout juste la trentaine. La trentaine, et beau garçon. Pourquoi un homme de sa trempe a-t-il besoin de faire appel à une professionnelle ?

Je me pose toujours la question.


Au restaurant il m’avait demandé d’aller enlever mon soutien-gorge. Et puis ma culotte. Et puis d’aller me glisser le rosebud qu’il avait amené, pour terminer avec l’œuf qu’il se faisait un malin plaisir de déclencher sans prévenir. Une fois à l’hôtel, il s’était installé confortablement. Sous sa commande, j’avais enlevé ma robe. Conservé le porte-jarretelles. Retiré l’œuf pour le prendre dans ma bouche et commencé une danse d’amour avec un sextoy vibrant, pour finir assise sur un fauteuil, les cuisses largement ouvertes en appui sur les accoudoirs et me faisant jouir sous ses yeux alors que lui se branlait et lâchait les vannes de son foutre.



Oui, c’est moi qui jouis. Je n’aurais pas pensé être encore capable de ce genre de prestation. Surtout dans ces conditions. Pas de doute que le souvenir a participé en me faisant oublier où je suis vraiment. Mais la réalité est bien présente. L’homme, l’autre, celui qui me regarde à l’autre bout du réseau semble pousser un gémissement. Même le son déformé laisse percevoir du plaisir.


Je reste un moment immobile dans cette position obscène. Comment ai-je pu avoir du plaisir ainsi ? Car je n’ai même pas simulé alors que je voulais le faire. Le souvenir ? Certainement ! Mais je me surprends à être fière d’avoir poussé mon « maître-chanteur anonyme » à la jouissance.


Il a dû se branler alors que je me caressais sur sa demande.

Il a dû penser que j’étais excitée juste de m’afficher, quasi-pute devant ma webcam. Il ne sait pas que des souvenirs ne cessent de remonter de ma mémoire. Il en est la cause indirecte : pendant ces dix années, j’ai repoussé au plus profond mes aventures, et par ses appels il m’a obligée à me souvenir.




Trois mois plus tôt


Une enveloppe ! Une enveloppe toute simple, du style demi-A4 en papier marron. Mon nom, ma fonction, l’adresse de ma boîte, et un « Personnel » tapé – comme l’adresse – en caractères machine. Rien de bien étonnant dans ce courrier, perdu parmi tout ce que je reçois chaque matin.


Si, peut-être, comme j’ai eu la curiosité de regarder après, courrier acheminé par La Poste avec un timbre collé alors que je reçois surtout des documents qui cheminent par mandataires privés ou en courrier interne. Mais dans cette enveloppe, une autre, plus petite, blanche, classique avec cette fois mon nom et mon prénom, et toujours le « Personnel ».


J’ai ouvert tout cela sans réfléchir, machinalement, comme je le fais tous les matins, après cependant avoir répondu aux mails qui demandent toujours des réponses rapides. En dépliant les deux feuilles, j’ai tout de suite compris que j’avais un problème. Les deux feuillets A4, placés côte à côte, donnaient l’impression d’un écran. Certainement deux copies d’écran, légèrement zoomés afin que l’expéditeur – mais surtout la destinataire – puisse en voir chaque détail.


Dix ans. Dix années effacées par la main malveillante de celui ou celle qui m’a envoyé cette lettre. Pourtant Dieu sait que j’en suis fière, de ces dix années passées ! Vous connaissez beaucoup de femmes, issues de l’immigration, comme on dit, bien que née en France, mais dans une cité, dans une banlieue qui déjà à l’époque avait disparu du radar de la République et qui occupe mes fonctions ? Cadre ! Oui, femme cadre à trente ans. Vous en connaissez beaucoup qui, à cet âge, sont mariées avec deux enfants et qui essayent tant bien que mal de concilier travail et vie de famille ?


Eh bien moi, je suis fière de ce que j’ai fait. Je ne l’ai pas fait seule. D’abord, mes parents, d’origine africaine, qui ont décidé de jouer le jeu de l’intégration. Moi, bien entendu, qui ai tout fait, par mon travail et le reste, afin d’obtenir le diplôme qui m’a ouvert à la vie active. Mon mari, surtout, qui dès le début a compris combien la réussite comptait pour moi. Mon mari que je néglige depuis trop longtemps, totalement phagocytée par ma carrière. Mais heureusement qu’il est à mes côtés pour s’occuper de nos deux enfants, deux filles, deux magnifiques exemples d’un croisement de continents.


Mais avec ce que j’ai sous les yeux, mon passé me rattrape. Pour intégrer l’école, pour payer les frais, le logement, les déplacements et tout le reste, j’ai du « improviser ».


La bourse ! Une misère dans cette école de riches. Qui pouvait m’aider ? Eh bien moi. Moi, je me suis aidée toute seule ! J’ai payé de ma personne, comme on dit. Et heureusement, ma personne avait une valeur marchande. Une fille black, bien roulée, pas trop idiote, si elle accepte certaines choses peut gagner de l’argent.


Oui, j’ai fait Escort. Deux années. Je n’ai aucun problème personnel avec ce que j’ai fait.

Chaque jour, je me rends compte que ce que j’ai appris « sur le tas » et dans des conditions si particulières a été une vraie école de la vie : la sexualité, le contact intime avec autrui vous apprennent bien plus que n’importe quel bouquin de sociologie.

Je n’ai aucun problème, mais je ne suis pas idiote au point de savoir que les autres – ma famille d’abord – pourraient avoir une lecture plus restrictive de cette période de ma vie.


Mais comment ? Oui, comment l’expéditeur a-t-il eu connaissance de mon ancien blog dont il vient de m’expédier une copie ? Je sais qu’Internet est un dédale où des lustres après on retrouve encore trace de faits que l’on pense oubliés, mais là !

Aussi, comment a-t-il fait la liaison entre ce blog et moi, alors que sur les photos mon visage était soit caché, soit flouté ?


J’ai la réponse – enfin, un début de réponse – 48 heures plus tard. Mon téléphone sonne. « Numéro masqué » me dit mon écran. Je ne réponds pas, mais aussitôt on me rappelle. Je décroche. Il est toujours possible que ce soit un collègue en extérieur ou un familier non enregistré.



Aussitôt je comprends que j’ai affaire à mon expéditeur. Depuis sa réception, je ne cesse de me torturer l’esprit. J’ai mille questions à poser, mais soudain la peur m’assaille.



Un rire me répond.



J’essaie de me défendre, mais il a compris.



La colère me prend.



Mais il a coupé.


Le lendemain, j’attends avec angoisse son appel. J’ai passé une nuit terrible alors que Paul, mon mari, dormait du sommeil du juste. Si j’étais obligée de lui parler de ma « période Escort », comment réagirait-il ? Mal, bien évidemment. Comment accepter que sa femme se soit vendue, même pour une bonne cause ? Et même s’il acceptait, comment pardonner le fait que je ne lui ai pas fait confiance et que ce mensonge est entre nous depuis dix années ?

Non ! Au matin, j’ai décidé de tout faire afin que notre vie ne soit pas détruite par cette révélation.



Deux fois par semaine ? Mais pendant combien de temps ? Juste pour m’entendre parler de mes clients ! Mais je ne vois pas quoi lui dire. Mais il reprend :



Je reste un moment silencieuse. Bien entendu que je me souviens de mon premier client. De lui et des suivants, d’ailleurs. Je m’en souviens comme si c’était hier. Finalement, il suffit de penser à cette époque.


J’avais décidé de jouer franc jeu avec eux. Ne pas chercher à me faire passer pour une experte et devoir supporter des demandes que je ne pouvais ou ne voulais pas satisfaire. Cela avait très bien marché. Si bien marché que chaque client – au moins au début – se faisait un plaisir d’initier cette jeune femme et de payer pour cela. Où va se nicher le désir et les fantasmes des hommes…



Pendant de longues minutes, je relate à cet homme ce qui s’est passé. Tout ce qui s’est passé, car ma mémoire se déroule comme un tapis où chaque mot en entraîne un autre, une image une autre, une sensation une autre.


Et cela est devenu presque une routine. L’homme m’appelait ; je lui parlais. Chaque fois, il demandait que je lui raconte un moment de ma vie d’Escort. Ma première fois. Car il y a eu de nombreuses premières fois. Avant, j’avais eu des amis et je n’étais pas innocente, mais à une Escort on demande beaucoup.


Très rapidement j’ai apprécié de relater mes souvenirs. Je n’avais jamais vraiment pris le temps d’y penser, avec le recul du temps. Pendant, c’était impossible, bousculée que j’étais par ma vie d’Escort et mes cours.


Au début, il m’était difficile de donner des détails, autant pour la situation que le langage qu’il me fallait utiliser. Mais l’homme prenait un malin plaisir à me faire appeler un chat un chat, et même le décliner : sexe, verge, bite, queue, mandrin, tige, couilles, fellation, sucette, pipe, etc.


Il voulait tout savoir. Ma première sodomie. Ma première fellation complète. Ma première fois devant la femme de l’homme. Ma première fois avec la femme de l’homme. Mon unique fois avec deux hommes. Mais aussi tous les jeux que ces clients pouvaient mettre en place en me réservant toute une soirée. Les sorties au resto ou dans la rue avec juste une robe sans lingerie. Ou bien juste avec un manteau et rien dessous. Les jouets sexuels. Les yeux bandés. Attachée, mais uniquement avec un client régulier.


C’est par cette progression qu’il m’a amenée sur Skype. Devant mon refus, de peur d’être filmée en train de raconter des horreurs, il m’a proposé de me masquer. Il a même retrouvé un masque ressemblant à celui que j’avais sur mon blog. Et de fil en aiguille, rendez-vous après rendez-vous, j’ai accepté de me caresser devant lui. J’ai longtemps refusé, mais il m’a promis que ce serait la dernière fois et que je n’entendrais plus jamais parler de lui. Je sais ce que valent les promesses d’un maître-chanteur, mais je me suis dit que je pouvais toujours essayer.


Pour ce Skype, j’avais pris soin de « banaliser » ce que la caméra pouvait montrer. Juste un fauteuil, moi bien sûr, et un mur nu. Je ne suis pas idiote au point de laisser des objets qu’une vidéo aurait permis d’identifier et de relier à moi.




Retour à juin 2016


Je commence à me rhabiller, honteuse de m’être laissée emporter ainsi. À l’autre bout du réseau, l’homme doit faire de même.



Regretterai ! Ainsi, il pense tenir sa promesse. Merci, oh merci mon Dieu !

Mais j’entends distinctement un téléphone sonner. C’est chez l’homme.



Pourtant je l’entends dire « Allô » et commencer une conversation avec son correspondant. Il a dû oublier de couper le son. D’une oreille distraite, alors que je termine de m’habiller sans cependant enlever mon masque – toujours prudente malgré sa promesse – je suis la discussion. La voix, qui est pour moi toujours nasillarde, prend petit à petit une consistance, une présence qui m’interpelle. C’est surtout que, de l’autre côté, on parle horaires, aménagement des enseignements. Mais lorsque l’homme dit « Non, les soirs je dois être libre pour récupérer mes enfants. Maryline rentre bien trop tard… »


Maryline. Enfants. Horaires de cours.

C’est mon mari ! C’est Paul !


Non, ce n’est pas possible ! Et pourtant, maintenant attentive, chaque parole échangée de l’autre côté me le confirme : c’est bien lui. Dissimulé derrière cette voix nasillarde, c’est mon mari qui, depuis des mois, se fait passer pour un maître-chanteur. C’est à lui que je me suis confiée. Pire, c’est devant ses yeux que je me suis comportée comme une salope.

Mais pourquoi ? Pourquoi ?

Plongée dans ma colère et ma honte, je n’ai pas remarqué que la conversation a cessé.



Et furieuse, je coupe mon ordi.


Ce soir, je rentre de bonne heure. J’ai été de toute façon incapable d’être efficace tellement je ne pouvais cesser de penser à ce qui m’arrive. La honte. La colère. Mais aussi l’angoisse. Ainsi, Paul savait ! Mais pourquoi ne pas m’en avoir parlé ? J’aurais tout accepté pour me faire pardonner. Mais de cette façon… Me mener en bateau. Le salaud, il devait se régaler de me voir dénudée devant un inconnu ! Et si c’était pour divorcer ?


La maison est silencieuse. Pas un bruit. J’appelle « Maryse ? Pauline ? » C’est Paul qui me répond :



La peur fouille mon ventre. Je suis entrée en colère, mais la voix de mon mari me transforme en femme coupable.

J’entre dans le salon. Il y a des bougies. Une bouteille et des verres sur la table basse. On dirait un dîner en amoureux comme nous le faisions avant. Avant que je bosse comme une malade. Avant…



Bien évidemment que nous avons à parler. Mais la seule question qui me vient à l’esprit c’est :



Paul ne répond pas. Il s’approche de moi. Il s’assied. Me prend les mains.



Il m’enlace. Il m’embrasse. Il me caresse. Et quelques minutes plus tard nous sommes nus sur le canapé et faisons l’amour.


Le champagne est tiède alors que nous émergeons de notre bulle. Il y a bien longtemps que nous n’avions été en si parfaite harmonie. Paul a été d’une vigueur renouvelée deux fois. J’ai participé à ses renaissances. J’ai accumulé les orgasmes. Magique.


Alors que nous reposons, toujours lovés l’un contre l’autre, je ne peux m’empêcher de penser que ce moment est plus que des retrouvailles. Paul a raison : l’intervention du maître-chanteur a été comme une piqûre de rappel. J’avais jeté un voile de vertu sur mon passé. Même ma sexualité était bridée. Je ne prenais aucune initiative, de peur de paraître trop expérimentée à mon mari. Heureusement, Paul ne manque pas d’imagination.


Et lui ! Il a avoué par le « Moi aussi, d’ailleurs. » avoir été excité par les aveux qu’il m’avait extirpés. Et dans les moments que nous venons de passer sur ce canapé, il a été un amant différent qui m’a donné tant de plaisir tout en prenant le sien.



Il ne continue pas.



J’ai fait comme « IL » m’a commandé. J’ai demandé la chambre réservée à mon nom. Je suis montée. J’ai soigneusement refermé la porte derrière moi, et après une rapide visite de la salle de bain pour me rafraîchir, j’ai ouvert la première porte de séparation avec l’autre chambre. Et je suis là, tournant le dos et envoyant le SMS convenu : « Je suis prête. »


Il n’a pas fallu bien longtemps pour que mon « maître-chanteur » n’exige, sous peine de tout révéler à mon mari, que je vienne dans cet hôtel et que je procède exactement comme il me l’a demandé. Bien entendu, malgré la voix nasillarde qu’il a conservée pour la mise en scène, je sais que c’est Paul, mon mari, qui est derrière tout cela. Mais nous n’en parlons pas à la maison, comme si tout était encore un secret.


J’entends une clé dans une serrure, et un déplacement d’air m’apprend que la deuxième porte s’ouvre. Je brûle de me retourner, mais « IL » m’avait bien recommandé de ne pas bouger. De toute façon, je ne verrais rien, car juste après avoir envoyé le SMS, j’ai mis le masque qu’on m’avait livré au bureau. Un masque qui me rend totalement aveugle, si ajusté que je ne vois même pas un filet de lumière.


Des mains vérifient que j’ai bien obéi et que je suis totalement aveugle. Des mains me prennent par les épaules et me conduisent dans l’autre chambre. Je sens son souffle derrière moi. Une odeur. Paul a changé de parfum. Décidément, il est totalement dans son rôle et a été jusqu’à se glisser dans le personnage du maître-chanteur.


Des baisers dans le cou. Dans la nuque. Sous l’oreille, et des lèvres sucent mon lobe. C’est délicat. Tendre. Je frissonne. Aurais-je réagi de la même façon si je ne savais pas que c’est mon mari, mais un autre ? « IL » tire sur la fermeture Éclair de ma robe. Le seul bruit de la pièce est celui de la maille métallique qui se sépare. Ma robe tombe à terre. « IL » s’en saisit, et je soulève les pieds pour ne pas la piétiner.


Le silence. Rien ne se passe. « IL » doit regarder. Pourtant, « IL » sait ce que je porte sous ma robe, puisque c’est « LUI » que m’a envoyé l’ensemble. Un blanc vaporeux, dentelle, qui laisse passer le sombre de ma peau pour mieux contraster encore. Et puis une main. Une autre. Elles sont douces. Sur mes épaules, puis passent derrière pour dégrafer mon soutien-gorge. Les doigts qui se saisissent des bretelles pour leur faire passer l’arrondi de l’épaule et la pente vertigineuse des bras semblent éthérés. Pourtant, lorsque mes seins en découvrent la chaleur, j’en frissonne à nouveau. « IL » survole ma poitrine, effleure le grain de ma peau, titille mes tétons d’une paume délicate. J’aime cette façon de ne pas y toucher, caresses si peu appuyées et pourtant si présentes. Je n’ai pas besoin de voir pour imaginer que mes seins gonflent et que mes tétons pointent. D’ailleurs « IL » s’en saisit et les tord doucement.



C’est le souffle qui sort de mes lèvres. Souffle et respiration qui s’accélèrent. Ma sensibilité est à fleur de peau. Mais les mains abandonnent ma poitrine. Elles descendent le long de mon ventre pour passer le mince élastique qui retient les rubans où sont accrochés mes bas. Elles ignorent le porte-jarretelles qu’« IL » voulait que je porte pour découvrir le triangle qui cache à peine mon intimité. Triangle que seules quelques ficelles retiennent. Des ficelles qui se dénouent pour me laisser nue devant son regard.


Son regard, mais pas seulement, car alors que ses mains se plaquent sur mes fesses, je sens une chaleur près de ma fente. Une chaleur, avant-garde d’une bouche, de lèvres et d’une langue qui partent à l’aventure.


Ainsi, « IL » est à mes genoux et me suce. C’est bon, délicat, excitant. Combien de fois Paul m’a caressée de cette façon ? Des centaines. Mais ici, tout est différent. Dans cette chambre, aveuglée, avec la consigne de ne rien faire alors que j’ai une envie folle de saisir sa tête pour mieux la guider, tout est différent.


« IL » aspire mon clito pour mieux le sucer. « IL » lape ma fente et n’hésite pas à pousser vers mon petit trou. Je n’ai pas le droit de bouger, mais mon corps ne m’obéit pas et je fléchis les jambes pour mieux m’ouvrir à ses caresses. Pourtant je sens qu’« IL » me quitte, mais c’est pour me faire reculer un peu afin que je découvre le bord du lit et que je m’y allonge.


La caresse reprend. C’est bon de se faire lutiner par l’homme de sa vie ! Un homme si généreux et confiant… Un homme qui me suce divinement, poussant mes cuisses pour avoir accès au plus profond de ma fente. Sa langue est un serpent qui ondule. Ses lèvres étreignent mon bouton pour l’extraire de sa protection. Un bouton que je sais assez grand pour attirer la caresse des hommes. Mais ce n’est pas tout. Les mains sont de la partie. Elles vont. Elles viennent. Elles survolent, s’arrêtant un instant sur mes seins, caressant une hanche, repoussant une cuisse, fouillant ma grotte de leurs doigts, insinuant un index ravageur dans mon cul.


Je ne résiste pas. Je suis sa chose. Mais une chose au centre de son désir. La chaleur m’envahit. Je brûle à chaque caresse. Je me tortille pour aider mon amant. Le plaisir dure, dure… On dirait qu’à chaque fois que la jouissance est prête à me submerger, « IL » ralentit ses caresses. Quel bonheur ! Quelle sensibilité ! Lui aussi doit être transcendé par ce jeu de rôle. Jamais il…

Voilà. Voilà. Cette fois, « IL » continue sans défaillir. La jouissance est là. Elle me submerge. Je gronde.



Je coule. Mon jus doit submerger les lèvres qui me sucent. « IL » a raison : depuis combien de temps n’ai-je pas joui de cette façon ?


« IL » reste un long moment, attendant que ma jouissance s’atténue.

« IL » me quitte.


Je sens son souffle près de mon visage. Je sens ses lèvres qui viennent m’apporter le cadeau de ma propre jouissance. Pas de baiser fougueux ; juste une caresse et sa langue attirant la mienne hors de son écrin. Quelques secondes de cette tendre bataille, et je suis à nouveau abandonnée. Pourtant le lit bouge.


C’est agréable, mais aussi frustrant d’être aveuglée ainsi. Jamais nous ne l’avions fait, Paul et moi. Peu de mes clients m’ont demandé cette faveur.


Oui, le lit bouge. Autour de ma tête, le matelas s’enfonce. Que fait-« IL » ? En une fraction de seconde, j’envisage la suite. Me donner son sexe à sucer ? Se mettre en 69 ?


Ma tête est doucement calée entre ses cuisses. « IL » me chevauche, c’est évident. Bientôt je vais découvrir sa queue tendue. « IL » doit bander fort.


La pression se fait sentir. Une chaleur. Une humidité. Un sexe humide… Mais… Un sexe de femme ? C’est une femme qui me propose sa chatte. Est-il possible que depuis mon entrée dans cette chambre ce soit une femme qui s’est occupée de moi ? Mais où est Paul ? Suis-je seule avec elle ? Ai-je appelé sans m’en rendre compte, ou bien mon mari a-t-il pris l’initiative de me rassurer ?



La voix se matérialise par deux mains qui s’emparent de mes chevilles. Des mains puissantes. Comment ai-je pu me laisser abuser et croire que c’était les siennes avant ? Paul est délicat, mais maintenant je comprends que seule une femme a pu avoir cette approche. La femme qui me couvre le visage. La femme qui attend des caresses. Qui est-elle ? Une maîtresse de Paul ? Une Escort, louée pour satisfaire le fantasme de mon mari ? Un fantasme qu’il doit partager avec beaucoup d’hommes. Une sorte de « candaulisme soft ».

Mais Paul veut sa part. Il a dû bander en nous regardant, savourant la méprise à laquelle ils ont veillé, lui et sa complice, à me conduire. Son sexe est contre ma chatte. Une pression, et il s’enfonce dans un océan de liqueur jusqu’à ce qu’il vienne buter. Je sens ses couilles contre ma raie.



Il a raison. C’est bon. J’oublie le subterfuge pour n’en garder que les constituants.

Cette chatte inconnue est délicieuse de fraîcheur. Moi aussi je sais ce qu’il faut faire pour donner un plaisir particulier à une femme. Pendant ce temps, mon mari me baise. Une seconde, la pensée qu’il aurait pu inviter un autre homme aussi et que c’est cet autre qui me bourre. Mais non.



Comment répondre, le visage soudé à l’intimité de la femme ? Un grondement suffira. De toute façon, il a la réponse à la façon dont je cherche sa queue, poussant mon ventre à sa rencontre.


Pendant combien de temps me baise-t-il avec une ferveur de jeune adolescent pour sa première fois ? Mais un adolescent qui sait se retenir. Pas de ceux qui se sont payé une Escort et qui jouissent au bout de quelques secondes.

Je suce. Je lèche. On me laboure. C’est bon. C’est bon. J’ai la satisfaction d’entendre la femme gémir de mes caresses et couler sur moi.



Il vient, et c’est ma grotte qui le reçoit. Une grotte déjà humide, mais vite submergée par la semence de Paul.


Le soir à la maison, les enfants couchés, mon esprit vagabonde. Je vois bien que mon mari aussi est perdu dans ses pensées. Mon Dieu, combien sont lourds de sous-entendus nos regards échangés ! Mais Paul a demandé – et il a raison – que nous construisions une barrière entre ce que nous vivons à l’extérieur et notre vie de couple. C’est difficile. Oui, c’est difficile de ne pas lui dire combien j’ai apprécié ce moment. Une fois que notre trio a repris ses esprits, on m’a reconduite sans un mot dans ma chambre. La porte fermée, j’ai pu enlever mon masque et découvrir dans la glace de la salle de bain mon visage ravagé par le plaisir et les traces de la femme.


Je me demande si la femme qui me donne la clé ne se doute pas de quelque chose, mais j’ai perçu de l’intérêt et une drôle de lueur dans son regard lorsqu’elle m’a souhaité « un bon séjour ». Pourtant, depuis quelque temps elle doit être habituée. Depuis que son hôtel accepte de louer certaines chambres en journée, grâce à une application récemment mise sur le marché.


Il faut dire que cette expérience a ouvert de nouveaux horizons. Mon maître-chanteur ne manque pas d’imagination. Bien entendu, les séances Skype continuent, Paul ne se lassant pas de m’entendre raconter certaines de mes aventures avec des clients. Parfois je dois travailler avec un plug en permanence. Mais c’est avec plaisir que j’ai reçu l’ordre de retourner dans cette chambre d’hôtel. Que va-t-il inventer ? Quel fantasme veut-il exaucer ?


Comme l’autre fois, j’attends avec ce masque parfaitement étanche. Entendre la porte s’ouvrir m’émeut encore. On me prend par la main. Cette fois, je fais attention, et c’est une main puissante, une main d’homme.

On me laisse seule, mais aussitôt la voix nasillarde m’ordonne :



Malgré la déformation, j’ai appris à reconnaître l’intonation de mon mari, son phrasé, son vocabulaire. Maintenant je me demande comment j’ai fait pour me laisser abuser au début de notre relation de maître-chanteur.



On me caresse, mais je sais que c’est lui. Il est si près que la voix nasillarde est doublée par sa propre voix.

Il m’a expliqué comment il procède : un micro relié au smartphone dont une application déforme la voix ou un son. Si le smartphone est près de l’auditeur, c’est lui qu’on entend. Mais dans cette chambre, alors qu’il me caresse, j’entends le maître-chanteur et Paul. Il doit remarquer l’impossibilité de continuer ainsi, car il me laisse quelques secondes, et lorsque je l’entends à nouveau, c’est par sa voix non déformée.



Il regarde. Il est tout près, car j’entends sa respiration. Aussi, pendant que je me caresse la poitrine, lui explore mon corps.



Sa main saisit la mienne pour la porter sur mon pubis, la poussant sous le tissu de mon string.

Je n’ai pas besoin qu’il me précise. Mon bouton est mon complice.

J’entends distinctement le « clic » répété et caractéristique de photos prises.



Le ton est vif. Le tutoiement renforce l’ordre.

Je m’exécute, interrompant un début de plaisir.



Je me penche. J’entends distinctement les photos prises. Il doit avoir matière à commentaire. Est-ce que Paul me les montrera ?



Une main caresse mes fesses, vérifie la présence du plug que j’ai mis tout à l’heure, tire sur la fine ficelle qui pend de ma chatte, seul lien avec l’œuf qui tient compagnie à ce qui me remplit le cul.


Il m’embrasse. Baiser possessif. Langue pénétrante. Je reconnais son odeur, son parfum, même ce goût d’anis qui provient des bonbons pour chasser l’odeur du tabac. Pendant un long moment, il m’enlace. J’ose moi aussi l’envelopper de mes bras. Un couple, un vrai couple, uni dans le quotidien comme dans ces extras qui embellissent notre sexualité. Je remercie finalement le « corbeau » qui, il y a des années, pensait faire du mal en informant mon futur mari. J’aimerais presque le rencontrer pour le remercier.


Mais l’homme me pousse sur le lit. Il me guide en me parlant doucement.



Je sais son fantasme. Il m’a attachée sur le lit. Ainsi il réalise ce qu’un de mes clients réguliers aimait me faire, m’immobiliser ainsi avec des liens plus imaginaires que réels. J’avais refusé d’être vraiment attachée. Les nœuds des cordes étaient factices. Une tension suffisait à me soustraire. Mais Paul, s’il a appliqué ce fantasme, m’a véritablement attachée.


Un silence dans la chambre. Un silence rompu par le « clic » de l’obturateur. Le coquin se régale de ce spectacle. Mais rompu aussi par le bruissement de vêtements qui tombent.

Le lit bouge. Un peu comme l’autre fois, mais très vite je sens qu’il me chevauche. Tout bouge. Un sexe effleure mes lèvres. Une bouche survole mon ventre.


Il s’est placé en 69. Je le suce de mon mieux alors qu’il me lèche. Sa queue est rigide. Son gland force le passage de mes lèvres. C’est plus lui qui se baise dans ma bouche que moi qui le suce. Pendant un long moment, nous nous caressons. C’est bon. Il me domine de toute sa virilité, de sa puissance d’homme, profitant d’une esclave volontaire. Sa langue est agile. Elle m’explore du cul au clito. Ses lèvres jouent avec moi. Je me tends vers lui du mieux que m’en laissent mes liens. Il joue avec la ficelle, la tirant de ses dents pendant qu’il fait tourner le plug, me rappelant dans cet instant combien je suis prise. Mais prise par des objets. J’ai envie de mieux, de vivant, d’une belle bite bien chaude.


Mais il bouge. Je suis toute brûlante. Il va venir. Je l’attends. Je sens qu’on glisse un coussin sous mes fesses pour m’offrir encore plus.



Je mets un moment pour comprendre. D’ailleurs je sens qu’entre mes cuisses le matelas bouge. Je sens que l’on tire sur la ficelle pour extraire l’œuf. Je sens une bite se frotter à ma fente, jouer avec mon clito.



C’est plus un hochement de tête qu’un véritable oui.

L’homme m’envahit aussitôt. Sa queue me fouille, mais c’est délicieux. Il s’active pendant que Paul commente à mes oreilles. C’est pervers, mais excitant.



C’est tout ce que je sais dire.


Et puis je sens qu’on me retire le bandeau. Quelques secondes pour m’habituer, et je découvre le visage de l’homme. Son visage. Son corps. Et lorsqu’il se retire, j’entrevois la grosse bite qui me possède. Et puis, juste à côté, Paul, nu lui aussi, sa bite dressée comme un mât de chapiteau. Il ne cesse de mitrailler la scène.


Je me laisse aller. Maintenant je ne suis plus que plaisir, ondes bienveillantes qui me traversent. L’homme me couvre littéralement. Ses bras sont des poteaux qui le soutiennent. Sa bouche caresse mes seins. Ses coups de reins sont violents. Sa queue me laboure, mais c’est si bon…


Et ce regard. Le regard de mon mari qui cherche à capter toute la scène. Une grimace fugitive, une ride de plaisir. La sueur qui suinte du corps de mon amant. La puissance et la beauté de cette bite que j’entrevois toujours alors qu’il m’abandonne pour mieux replonger.

Et ce qui ne se voit pas. Le plug que la bite fait bouger à chacun de ses mouvements. La chaleur de mon ventre. Le jus que mon plaisir distille.


Il est beau. Il est jeune. Il est noir. Paul a choisi un homme de ma race pour notre première fois. Je sais, ô combien, mes clients appréciaient ma diversité. Je comprends que mon mari ait voulu ce spectacle. Où l’a-t-il trouvé ? Un correspondant du net ? Un Escort ? Peu importe. C’est un magnifique cadeau. Un cadeau que j’aimerais pouvoir caresser, envelopper, embrasser et me lover contre lui. Ses yeux brillent. Il sourit. Bien sûr, il voit que je le détaille.

Il se laisse tomber sur moi. Il m’embrasse. Il m’écrase de tout son poids. Sa bite n’est plus propulsée que par des coups de reins ravageurs. C’est bon !


Et Paul qui mitraille. Paul qui me sourit. Je suis couverte par l’amant qu’il m’a choisi.

Soudain je n’en peux plus de tant de bonheur. Mon plaisir arrive et je m’y noie. Vagues successives délicieuses. Coulées de mon jus qui viennent s’ajouter à toutes nos liqueurs. Ma jouissance est son déclencheur. Une dernière possession, profonde, repoussant encore plus mon plug, et sa semence m’inonde. Il crache son foutre, accompagnant chaque giclée d’un léger coup de reins comme si chaque goutte qui sort de ses couilles lui enlève toute force.


Pendant tout le temps de notre plaisir, Franck a calé son visage contre mon cou. Tous les hommes sont des enfants au moment de leur jouissance. Mais c’est un homme qui se soulève, qui, après un dernier baiser sur mes lèvres, me libère. Il est descendu du lit. Sa verge est grasse de nos liqueurs, mais a déjà perdu de sa dureté. Encore gonflée de sang, elle retrouve l’assise des couilles.


Paul, lui, a toujours une érection de malade. Il s’approche de l’homme et lui confie l’appareil photo. C’est drôle de les voir côte à côte. Blanc et noir, domino magnifique.

Mais Paul monte sur le lit où je suis toujours entravée.



Et il se place. Et il me prend. Sa queue est en moi.



Il commence à me baiser.



Il s’active.



C’est vrai que j’entends. J’entends, mais je ressens aussi.


Quelle perversité ! Rêver de glisser sa queue dans le foutre de l’amant… Décidément, Paul se découvre plein de mystères, d’envies, de fantasmes. Mon passé lui permet toutes les audaces.

Et moi ? Mais moi, j’aime. J’aime voir mon homme ainsi, organisateur de nos séances, spectateur et acteur en même temps. Plus tard, j’aimerais moi aussi devenir organisatrice et suivre son exemple.


Il grimace de plaisir. Sa queue est un bâton d’amour. Je sens que mon corps vient à l’unisson de mes pensées. Il me laboure avec passion. Lui aussi transpire de ses efforts. Lui aussi, j’aimerais pouvoir l’enlacer, mais lui avec tendresse, tissant une bulle d’amour autour de nous.


Il me quitte. Je sens qu’il s’empare de mon plug. Il doit le tirer, car je sens mon anus s’élargir sous la contrainte. Il joue avec un instant, et puis le retire. Un grand vide. Mais vite rempli, car déjà Paul y pousse sa bite. C’est un boulevard que le plug a laissé.


Paul glisse ses genoux sous mes fesses, forçant mon bassin à monter, proposant mon cul à sa bite conquérante. Il m’encule. Il est tout en moi. Je suis son esclave, sa chose. Mais je souhaite à toutes les femmes d’avoir un maître si bon.


Son rêve s’exauce. Il m’encule après avoir brassé le foutre de mon amant. Il glisse dans mon cul comme jamais auparavant. Je sens sa queue gonfler mes entrailles. Je crains lorsque sa queue me quitte, mais je sais au déclic que Franck doit saisir au vol ce moment fugitif où l’anus reste ouvert, bâillant d’envie, œil sombre aguichant la bite avant de se refermer doucement si rien ne se produit. Et chaque fois Paul, dans une perversité folle, attend que mon cul se referme un peu avant de replonger, forçant l’anus à se rouvrir. Chaque fois est une nouvelle fois. Chaque fois le gland se frotte à l’anneau qui l’étrangle, caresse plus efficace qu’une branlette ou qu’une possession.


Mais tout à une fin. Mon cul est brûlant. J’ai joui comme jamais, mais nous ne sommes pas les seuls à être excités par nos actions : Franck rebande déjà. J’ai sous les yeux cette verge noire, imposante, qui m’a déjà donné du plaisir.

Et Paul jouit. Il m’inonde le cul avec son sperme, pompier volontaire après avoir été incendiaire.


Quelques minutes plus tard, nous reposons sur le lit. Paul m’a détachée et je suis lovée contre lui. Franck est un peu à l’écart et regarde les photos sur l’écran de l’appareil. Il bande toujours. Je montre d’un signe de la main la belle érection à mon mari.



Il m’écoute. Au fur et à mesure que je lui parle, que je lui explique mon envie, je sens sa verge reprendre vie.


Ni oui, ni d’accord, ni non ! Paul s’empare du masque abandonné par terre. Je retrouve la quiétude de l’obscurité. Un silence, mais de ce silence j’entends tout de même une conversation à voix basse entre les hommes.


Le matelas bouge autour de moi. On me guide. Je sais ce qu’on veut de moi. Je m’accroupis. La bite est là qui m’attend. Je m’installe sur elle. Je descends. Elle entre dans mon vagin dégoulinant du foutre de mon amant. Je me penche, prête pour le sacrifice que je me suis imposé. Moi aussi j’ai des envies. Des mains s’emparent de mes hanches. Une queue avance. Une queue pousse à la porte de mon cul. Lui aussi est lubrifié et volontaire.


Voilà. Tout est en place. Je suis prise par mon homme et mon amant. À moi maintenant de les guider pour réaliser mon fantasme.

Mais qui est sous moi ? Mais qui m’encule ?

C’est aussi cela, le plaisir.


Putain, que c’est bon ! Une seule fois au cours de mon expérience d’Escort j’ai goûté à ce fruit particulier. J’avais oublié, mais deux hommes dans cette chambre rendent la chose envisageable.