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n° 17571Fiche technique38460 caractères38460
Temps de lecture estimé : 23 mn
25/09/16
Résumé:  Il y a peu de temps encore, j'avais un fantasme inassouvi lié à ma femme : qu'un homme ait l'audace de me confier qu'il était très attiré par elle.
Critères:  couplus nopéné confession -consoler -couple+h
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
Copinage

Petit texte inspiré d’une confession que j’ai pu lire sur un certain forum, avec un zeste de ma propre expérience.

Ce texte est très soft : n’espérez donc pas de scènes faisant passer le Kâma-Sûtra pour un aimable conte pour enfants.




One, two, three



Il y a peu de temps encore, j’avais un fantasme inassouvi lié à ma femme. Que je vous explique la chose : j’aimerais me promener avec Hélène (ma femme, vous l’auriez deviné) dans les rues d’une ville, accompagné d’un autre homme, d’un complice avec qui partager bien des choses. Au cours de cette flânerie urbaine, en toute discrétion afin qu’elle n’entende pas, il aurait eu l’audace de me confier qu’il était très attiré par ma femme.


Ah, ma femme ! Une jolie brune aux yeux verts, un peu plus âgé que moi, un tantinet complexée par notre écart d’âge de cinq ans, une belle femme avec des seins de petite taille qui oublient souvent le soutien-gorge, un adorable gros popotin ainsi que quelques petits kilos superflus qui arrondissent comme il faut ses courbes, courbes que j’adore ! Elle manque souvent de confiance en elle, malgré son évident sex-appeal, comme beaucoup de femmes qui se dévalorisent face au miroir.


Hélène et Étienne, ça rime très bien et notre couple est solide, mais comme d’autres hommes, j’ai mes petites lubies et fantasmes, comme le trio évoqué au début. J’avais même un jeu de mots pourri pour qualifier tout ceci : Hélène de Trois ; je sais, ça ne vole pas haut, mais ça m’amuse. Pour ma part, je suis assez libéré mais ma femme l’est un peu moins. En effet, son éducation protestante très stricte n’aide pas beaucoup à se libérer et à entrevoir d’autres façons de vivre sa sexualité. Néanmoins, elle savait que si elle souhaitait faire l’amour avec un autre homme que moi, c’était envisageable sous certaines conditions. En effet, je ne prête pas ma dulcinée à n’importe qui ! Le marché était clair et net ; je lui avais carrément dit lors d’une discussion à ce sujet :



Elle n’avait pas répondu, prenant un air songeur. Parfois nous en reparlions, sans plus. C’était mon fantasme. C’était.


Aujourd’hui, François est avec nous. Je le connais depuis le collège, c’est dire. Nous avons vécu pas mal de choses ensemble, dont des colonies de vacances en tant que moniteurs. D’ailleurs ce fut épique, et pas toujours racontable ! Et puis, comme souvent, l’entrée dans la vie active nous a éloignés, surtout quand il a été muté à l’autre bout du pays. On faisait la fête chaque fois qu’il revenait au pays natal. C’est actuellement le cas durant cette seconde moitié du mois.



François est séparé depuis quelques mois de sa femme. J’ai toujours pensé qu’il l’avait mal choisie. Une belle femme, soit, mais assez capricieuse et exigeante. Mon ami est patient, mais sa patience avait atteint ses limites. Et il a rompu comme une branche, d’un seul coup, à la grande stupéfaction de tous. Il a demandé et obtenu le divorce sans y laisser sa chemise. Bref, il a décidé de tourner définitivement la page. Mais il n’est pas revenu pour autant par ici, son boulot là-bas étant intéressant et rémunérateur.


Nous nous baladons dans la ville, ma femme faisant souvent du lèche-vitrines. C’est le cas actuellement ; nous, les hommes, nous sommes un peu en retrait. François se penche à mon oreille :



Il se contente de sourire. Cet aveu m’étonne, je ne sais pas ce que je dois en penser, alors je laisse couler. Nous continuons à nous balader, ma femme faisant toujours du lèche-vitrines par ce beau mois de juin. Nous arrivons dans un parc. Hélène en profite pour aller sur le bord du petit lac artificiel pour y tremper ses pieds, ses chaussures en main. Moins téméraires, nous sommes assis sur le banc le plus proche. Nous la regardons. François revient à la charge :



Il se renverse sur le banc, puis il continue :



Devant nous, Hélène continue à patauger dans l’eau, chaussures en main, sa robe légère oscillant sous la brise. C’est vrai qu’elle est excitante comme ça, ma femme, mais je ne suis pas très pragmatique. François se tourne vers moi :



Je le vois arriver, gros comme un éléphant dans un magasin de porcelaine fine…



Étonné, je me penche vers mon ami :



Je rêve, ou François est en train de m’apporter sur un plateau mon fantasme ? Je sais aussi qu’Hélène aime bien François. Et si ça se concrétisait, comme il repart loin d’ici, je n’ai pas trop d’inquiétude à avoir, sauf peut-être quelques messages. Je décide d’agir illico :



Et je me sauve en riant.


François n’a pas tort, c’est en effet ce que je vais dire à ma femme, mais avec d’autres mots. Hélène lève la tête, me voyant arriver. Je lui murmure ce que je viens d’apprendre de François. Pour toute réponse, ma femme lâche un laconique :



Interdite, ma femme me regarde, bouche ouverte, puis elle articule :



Puis elle prend un air songeur, se frotte le nez, et finit par lâcher :



Elle dodeline de la tête :



Et je l’embrasse sur les lèvres. Je réalise que c’est un peu paradoxal, je remercie ma femme de me tromper ; enfin, pas tout à fait, mais c’est un peu comme… Je reviens auprès de mon ami tandis que ma femme patauge toujours au bord du petit lac. Celui-ci me regarde curieusement, et encore, il ne sait pas ce qui va suivre ! À peine assis, je rentre tout de suite dans le vif du sujet :



C’est la première fois que je vois François afficher une telle expression d’incrédulité. Au bout d’un certain temps, il finit par me demander :



Entre-temps, ma femme s’est rapprochée de nous. Elle nous fait face, évitant de trop regarder mon ami. Néanmoins, celui-ci, voulant en avoir le cœur net, lui pose la question :



Moi, j’assiste tel un spectateur à ce riche échange entre ma femme et mon ami. Ils décrocheraient à coup sûr l’Oscar du meilleur dialogue ! Tandis que ma femme s’éloigne un peu, j’explique à mon ami les conditions de ma femme. Il m’assure qu’il comprend parfaitement celles-ci.


Je leur propose de continuer notre balade.


Au début, ils se regardent presque en chiens de faïence, ne sachant pas trop quoi faire, tant la situation leur paraît incongrue. Mais cela ne dure pas longtemps car François saisit assez vite l’opportunité ; il semble voir ça comme un jeu, et tant mieux s’il y a une issue heureuse en ce qui le concerne. C’est d’ailleurs ce qu’il m’avoue assez vite en catimini. De son côté, ma femme se détend et accepte de mieux en mieux les compliments de son soupirant improvisé.


Ça se passe de mieux en mieux. François se laisse aller ; on dirait qu’il semble vouloir faire table rase sur quelque chose, peut-être son mariage, ou qu’il s’est pris au jeu. Il est vrai que ma femme en récompense, ce n’est pas rien. Je retrouve mon copain de virées, celui de nos années d’étudiants ; c’est étrange comme sensation. Il ose de plus en plus, se rapproche même physiquement d’elle jusqu’à la toucher parfois, et Hélène ne proteste pas du tout : elle semble prise aussi dans ce jeu insolite qui la met au premier plan et en valeur. Doucement, je me sens écarté, comme étranger à mon propre couple, François étant lentement en train de prendre ma place, et moi qui regarde tout, lointain, détaché.


De lieu en lieu, joyeuse, épanouie, elle se laisse séduire petit à petit.


Quelques rues plus loin, François s’empare de sa main qu’il garde dans la sienne. Elle ne cherche pas à se dégager. Maintenant, on dirait un vrai couple. Tout en parlant de tout et de rien, ils marchent en cadence, synchronisés, comme si ça faisait longtemps qu’ils étaient ensemble. Un peu plus loin, François s’enhardit un peu plus et passe son bras autour de la taille de ma femme. C’est ensuite collés l’un contre l’autre qu’ils déambulent dans la ville.


Moi, j’assiste à cette lente progression, assez surpris de la facilité avec laquelle ces deux-là jouent au couple. Il est vrai que François ne demandait que ça. Par contre, c’est ma femme qui m’intrigue : elle se prend au jeu. Peut-être se sent-elle négligée pour se prêter ainsi à ce simulacre ? Je me dis que j’ai probablement joué avec le feu…


Mais curieusement, je n’interviens pas. Je laisse aller les choses. J’écoute leur conversation qui devient de plus en plus intime.



Il la serre un peu plus contre lui.



Il s’arrête, la faisant pivoter contre lui. Elle se laisse faire. Il se penche un peu sur elle.



Il respire un grand coup, il semble chercher ses mots. C’est ma femme qui lui tend un commencement de perche :



Il pose son front contre celui de ma femme, puis il se lance :



Un certain silence s’installe entre eux. Moi, je regarde ailleurs, tout en les surveillant du coin de l’œil. J’ai l’impression d’assister au tournage d’un film. Je me demande pourquoi je suis si passif. Mais c’est Hélène qui vient de me fournir une explication : je sais que je n’ai finalement pas grand-chose à craindre. Hélène est résolue à rester ma femme, et François habite très loin à cause de son boulot qu’il aime énormément. Et la concrétisation de mon fantasme a un prix…



Se redressant un peu, il sourit.



Il se penche complètement sur elle et la regarde profondément dans les yeux. Elle lui rend son regard tout en lui souriant tendrement. Puis arrive le moment le plus émouvant de mon fantasme : ils s’embrassent, simplement, naturellement.


Ça y est, je suis dedans. Dedans ou dehors ? Mon fantasme se concrétise ; j’en éprouve une immense satisfaction, mais c’est comme si j’assistais à un film, ou plutôt à une pièce de théâtre. Pourtant je suis le mari, ma femme se fait courtiser, se fait embrasser, là, sous mon nez, et ça ne me fait rien d’autre comme sensation que le grand plaisir du début accompli de mon fantasme. Quasiment comme si je dégustais un bon repas, acte éphémère, mais qui sous-entend quand même un plaisir d’esthète, de gourmet. Décidément, ce n’est pas tout à fait ce que j’aurais cru, mais je suis néanmoins comblé par ce qui se déroule sous mes yeux.


La suite de notre balade en ville est plutôt picaresque : nous allons dans différents quartiers de la ville ; soit c’est lui qu’elle embrasse fougueusement, soit parfois c’est moi, mais jamais les deux en même temps, de manière à respecter les bonnes mœurs (on est quand même en ville !). Quand Hélène m’a embrassé peu de temps juste après son premier baiser avec François, devant mon étonnement, elle a simplement répondu :



La chose qui me transporte le plus, c’est le fait que les passants peuvent croire maintenant que ma femme est en réalité en couple avec François, et que moi je ne suis que le copain de ce couple. Sauf s’ils nous ont vus dans une autre rue tandis qu’Hélène s’occupait aussi de moi. Ils ont, à présent, tous les deux l’apparence d’un vrai couple. C’est alors que je me rappelle l’avertissement d’Hélène…




Home, sweet home



Puis le soir tombant, un peu fatigués, nous rentrons à la maison. À peine arrivée, ma femme part se changer dans notre chambre. Nous, les hommes, sommes dans le salon, assis l’un à côté de l’autre. Passablement excité, en effervescence, François me confie :



François opine du chef. Il semble chercher ses mots, puis il se lance :



Mon ami semble très songeur, c’est flagrant, d’autant que je le connais plutôt bien. On dirait que ça turbine à fond dans son cerveau. Puis il se lance :



Ah oui, carrément ! Quelque part, ça ne m’étonne pas plus que ça. Si j’avais été à sa place, je pense que j’aurais pensé comme lui. Je suis à la croisée des chemins, et je ne sais pas trop quoi faire. Offrir ma femme à mon ami me tente, d’autant que je pense, que j’espère que tout ira bien et que mon fantasme ultime sera ainsi concrétisé. Mais d’un autre côté, ce n’est pas une mince affaire : on passe à une autre dimension, et il s’agit quand même de mon couple !

Alors je biaise ma réponse :



Pour toute réponse, je me contente de sourire. C’est alors que ma femme fait son entrée dans le salon. Aussitôt, François la complimente sur son changement de robe. Il faut dire qu’elle a choisi un vêtement plus léger et assez court, ce qui permet d’imaginer bien des choses malgré les motifs floraux. Voyant tout ça, je me dis au passage que ce jeu de flirt plaît décidément beaucoup à Hélène et qu’elle semble avoir décidé de le poursuivre en soirée. Un bref coup d’œil à mon ami me confirme que lui aussi a compris la même chose. Et il ne se gêne pas de dévorer du regard ma femme qui lance :



Ma femme sourit, puis s’adressant à moi :



Sur ce, ma chère femme part dans la cuisine. Se levant d’un bond, François lui emboîte aussitôt le pas. Il n’y a pas à dire, il essaie de profiter des moindres occasions ! Il est vrai que son temps parmi nous est limité et qu’il repartira bientôt. Quelques instants plus tard, j’entends une vague conversation, puis comme un petit cri. Intrigué, je m’approche, prenant soin qu’on ne me voie pas. C’est alors que j’entends :



Puis plus rien. Je risque un petit coup d’œil : ma femme et mon ami sont à présent enlacés et s’embrassent. Je constate au passage que François a les mains très baladeuses et qu’il vient de retrousser la robe légère, mettant à nu le beau cul de ma femme. Alors que je m’apprêtais à revenir au salon, je l’entends murmurer :



Je l’entends pouffer de rire. Peu après, j’entends des baisers sonores ; je ne cherche pas à vérifier où ceux-ci se sont appliqués. Je retourne m’asseoir dans le salon. Je prends une revue que je commence à lire distraitement en attendant que ça se calme un peu dans la cuisine.


Quelques pages plus loin, François revient tout guilleret avec un bol de petites saucisses dans une main et deux sauces dans l’autre. Enjoué, il pose le tout sur la table basse puis s’assoit à mes côtés. J’en profite pour lui affirmer :



Un peu troublé, il me dévisage, cherchant à me sonder pour savoir s’il n’a pas commis un impair. Je le rassure bien vite :



François pioche une petite saucisse dans le bol.



Entre-temps, ma femme survient, un plateau entre les mains.



Hélène pose le plateau sur la table basse. François comme moi avons droit à une belle vue dans l’échancrure de son décolleté ! Puis elle se redresse, se plaçant de côté :



Intrigué, François se tourne vers moi.



François devient songeur.



Puis il lance son bras pour agripper ma femme par la taille et l’attirer à lui. Puis Hélène se retrouve assise sur ses genoux sans qu’elle ait bien compris ce qu’il lui arrivait. Et il la tient fermement afin qu’elle ne s’échappe pas. Le rouge aux joues, ma femme ne sait plus quoi dire. Son ravisseur en profite pour lui expliquer :



Toujours assise sur les genoux de son geôlier, Hélène me regarde intensément.



François la couve du regard, et moi j’attends sa décision. Il y a des moments-charnières dans une vie, et nous sommes tous les trois en train d’en vivre un. Je vois bien que ma femme hésite, qu’elle est partagée, qu’elle voudrait bien mais qu’elle tergiverse, qu’elle lutte intérieurement. C’est François qui casse le silence pesant par une remarque totalement hors propos :



Assez troublée au tout début, ma femme s’offusque quelques secondes plus tard mais elle reste néanmoins assise.



Et là, ma femme ne sait plus quoi dire et elle rougit de plus belle, ce qui lui va bien. Sentant une carte à jouer, j’interviens dans l’échange :



Puis elle se lève. François ne tente pas de la retenir.


Puis la soirée se poursuit. Je sentais bien qu’au début ma femme était un peu mal à l’aise, mais très vite nous avons su lui faire oublier l’enjeu. Elle s’est ensuite détendue. François a continué ses compliments, ses petits gestes envers elle, la frôler, la caresser, glisser parfois furtivement sa main sous sa robe. Quelquefois, elle a protesté pour la forme. Occasionnellement, elle s’est contentée de rire un peu. Souvent, elle n’a rien dit, se contentant de sourire.


Il est tard, à présent. Hélène est à nouveau sur les genoux de mon ami, sa tête sur son épaule. Languissante, elle se laisse aller, s’abandonnant aux caresses de François. Le temps semble comme suspendu, figé. C’est François qui rompt la quiétude du moment :



Son câlineur poursuit :



Puis ils se taisent, savourant l’instant présent. Moi, comme tout à l’heure en ville, je me sens étranger, comme de trop. Je sais à présent ce qu’il va se passer dans quelques instants. Mon fantasme ultime prendra définitivement fin car il sera sans doute concrétisé. C’est à la fois si simple et si compliqué. Je préfère ne pas trop y penser.


Ce moment vient trop tôt à mon goût. François se décide. Il tourne la tête vers moi.



Sortant de sa demi-torpeur, ma femme intervient. Elle s’adresse à son soupirant :



Lentement, elle se lève ; j’en fais de même. Nous sommes face à face à nous regarder, elle, ma femme, moi, son mari. François se lève à son tour, un peu en retrait. Délicatement, Hélène pose sa main sur ma joue. J’aime son contact si apaisant. Elle me sourit un peu tristement.



Hélène pose son autre main sur la joue de François. Lumineuse, elle nous sourit.



Nous ne répondons rien : les paroles sont parfois inutiles, d’autant que j’ai la gorge nouée ; François aussi, sans doute. Quant à elle, délicatement, elle nous embrasse tous les deux, chacun à tour de rôle, langoureusement, un long baiser plein d’amour et de don.


Puis, se détournant de moi, elle prend la main de François et elle se dirige avec lui vers la chambre d’amis.