| n° 17376 | Fiche technique | 34485 caractères | 34485Temps de lecture estimé : 20 mn | 13/05/16 |
| Résumé: Mon homme invite un drôle de personnage pour une partie de poker. | ||||
| Critères: fhh couple couplus caférestau chantage noculotte lingerie hmast fsodo jeu | ||||
| Auteur : Rigolletto (Homme libre :)) Envoi mini-message | ||||
Déjà 19 h 30. Ils allaient arriver et je n’étais pas encore prête. Je me surprenais moi-même de ma nervosité. Mon mari avait déjà organisé des petites soirées poker à la maison et cela ne m’avait jamais rendue fébrile à ce point. Mais ce soir, c’était différent.
D’abord, il n’avait pas invité les personnes habituelles. Généralement, ne venaient que des gens assez ennuyeux, il fallait bien l’avouer. Des collègues de boulot sans beaucoup de charme, parfois accompagnés de leurs épouses pas vraiment sympathiques ou intéressantes. Bref, le plus souvent, je somnolais sur le canapé en les écoutant jouer et en servant de temps en temps quelques boissons ou petits sandwiches. Mon chéri m’avait bien proposé de jouer, mais je ne trouve aucun plaisir aux jeux de cartes. Peut-être un strip-poker avec mon homme, mais que si j’étais sûre de gagner à la fin, même si je perdais ! Mais jouer de l’argent pendant des heures pour le seul frisson de risquer de tout perdre, très peu pour moi. Alors je finissais avec un bouquin sur le divan à attendre que ces messieurs en aient assez. Mais ce soir c’était différent. Il n’y avait qu’un seul invité. Un drôle de personnage selon la description que j’avais eue.
Un certain Damien que ma moitié avait rencontré à une autre soirée poker, apparemment assez fort. Un individu assez trouble aussi, proche des patrons de mon homme, mais aussi un peu voyou qui vivait beaucoup la nuit. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais ma curiosité avait été piquée au vif. Le personnage ressemblait un peu à des hommes que j’avais connus avec de rencontrer celui de ma vie. Plus particulièrement, à un individu avec qui j’étais sorti. Une histoire passionnée et violente qui m’avait laissé plutôt des mauvais souvenirs, mais aussi certains particulièrement torrides que j’appelais encore aujourd’hui à la rescousse quand mon plaisir tardait à venir. Il était très beau, hongrois, sombre et j’étais totalement amoureuse de lui. Pour lui, j’avais fait des choses qui ne me correspondaient pas du tout et j’aurais pu aller encore beaucoup plus loin.
Je me souvenais d’un voyage à Lyon. Arrivés à l’hôtel, nous n’avions pas quitté le lit pendant douze heures. Puis il avait voulu sortir. Il m’avait confisqué tous mes sous-vêtements, comme un jeu. Je ne pouvais porter que ceux que je trouvais et si j’en voulais quand même un, sans l’avoir trouvé, il fallait que j’accomplisse un gage. Vous imaginez le genre du gage. Je lui avais tenu tête et j’étais sortie nue sous ma robe pour aller au restaurant, pour la première fois de ma vie.
C’était l’hiver et la robe était suffisamment épaisse pour me prodiguer un certain sentiment de sécurité, mais mon amant avait les mains terriblement baladeuses et ses caresses avaient un pouvoir excitant décuplé par l’absence de dessous. À la fin du repas, il s’était assis à côté de moi sur la banquette, en attendant les cafés, et avait commencé à me frôler la cuisse. Petit à petit, sa main était remontée jusqu’à mon sexe que rien ne protégeait et il l’avait caressé tranquillement, sous la nappe, mais devant tout le monde. J’étais trempée et ses doigts diablement habiles m’avaient rapidement arraché un petit gémissement évocateur. Deux tables plus loin, des hommes d’affaires échangeaient des regards et commentaires grivois. Ils me prenaient pour une professionnelle. Après les cafés et juste avant qu’un orgasme, déplacé en ces lieux, ne me submerge, nous avions quitté le restaurant sous les regards courroucés des femmes et envieux des hommes, personnel compris.
Une fois sur les quais du Rhône, mon amant insatiable avait poussé encore plus loin son avantage. Je m’étais vue m’agenouiller en plein jour, à peine abritée par un petit recoin sur la berge et prodiguer une fellation longue et savoureuse aux yeux de tous ceux qui voulaient prêter attention à ce couple immobile sur le quai. Quand je me souvenais de cela, j’avais un peu honte, mais j’en étais encore excitée. J’avais adoré cela et que d’une certaine manière j’étais fière de l’avoir fait. Puis un jour, il avait disparu de ma vie.
J’ai cru mourir de chagrin et puis j’ai survécu et j’ai rencontré celui qui aujourd’hui partage ma vie avec, ô combien, plus de joies et de bonheurs partagés. Mais la venue de ce drôle de personnage réveillait en moi des émois et des inquiétudes que j’avais oubliés. Notamment, la peur panique de ne pas être assez attirante.
J’adorais plaire. Tout le monde aime ça, soit. Mais j’étais une séductrice dans l’âme. J’aimais voir les hommes se retourner sur mon passage, j’adorais que mon chéri me dise que j’étais la plus belle, que mes collègues hommes me jettent des regards en douce pour voir sous mes jupes et essayer de deviner si je portais bas ou collants. Et d’habitude, j’étais assez sûre de ma capacité de séduction. À 37 ans, ma grande taille, ma poitrine généreuse et les kilos que j’avais perdus récemment me donnaient confiance en moi. Pourtant, ce soir, la perspective de recevoir ce Damien me déstabilisait. Cela faisait une heure que je changeais de tenues. Trop sage, trop sexy, trop chaudes, trop colorées, trop boulot… Je n’arrivais pas à me décider quand un SMS de mon homme arriva pour m’aider.
De toute façon j’avais moi aussi envie d’être très sexy ce soir, souvenirs troubles ou docilité, j’optai pour une jupe plissée noire au-dessus des genoux, des bas autofixants. (Quand mon chéri allait voir ça, il allait adorer) et un chemisier léger et par endroit un peu transparent, me permettant d’adapter mon décolleté à mes envies de la soirée. En dessous, j’étais obligé de choisir un soutien-gorge blanc, j’en pris un, un peu pigeonnant, en dentelles et un tangua blanc aussi. Je n’étais pas très satisfaite du tangua blanc avec les bas noirs, mais il était trop tard, ils allaient arriver. Je venais à peine d’enfiler des escarpins par trop hauts, mais très féminins, qu’ils sonnèrent à la porte.
La forte personnalité du Damien en question m’apparut tout de suite. Il entra dans le séjour comme s’il était chez lui et m’embrassa d’une manière assez appuyée. Il était très élégant et mon mari, à côté, avait l’air tout emprunté. On aurait dit que c’était lui l’invité. J’eus malgré tout à un baiser rapide et plein de compliments sur ma tenue.
En disant ça, Damien ne s’était pas privé de me détailler lentement des pieds à la tête sans bouger de l’entrée. J’avais l’impression que son regard perçait mes vêtements et d’être nue devant lui. Pour briser cette sensation que j’aurais voulue plus désagréable, je les invitai tous les deux à me suivre au salon. Pendant ces quelques mètres, je ne pus m’empêcher de me demander lequel regardait mes fesses ou, pour être honnête, si notre invité allait oser en la présence de mon homme, mais je connaissais la réponse à cette question.
L’apéro se déroula tranquillement. Damien parla un peu de lui. Oui, il connaissait bien les administrateurs de la boîte où travaillait Bertrand ; oui, il pourrait sans doute dire un mot en sa faveur, s’il pensait devoir le faire…
Alors que j’étais dans la cuisine en train de recharger les assiettes en petits salés, un nouveau SMS arriva :
Quel goujat, il voulait que je serve de vamp tout ça pour gratter un peu d’amitié et l’éventualité d’un petit mot à la direction… Bien sûr que je comprenais la démarche, moi-même je n’hésitais pas à raccourcir un peu mes jupes quand, au boulot, les réunions s’annonçaient difficiles. Le nombre de clients et de fournisseurs que j’avais calmés à coup de décolletés et de bottes. Bon, puisque c’était pour la bonne cause… En fait, pour être entièrement honnête, ce petit rôle d’entraîneuse soft au service de mon petit mari me plaisait un peu, au moins autant qu’il révoltait mon côté femme forte et indépendante. En plus je ne m’étais pas trompée sur le personnage que nous recevions, dans le sens où il ressemblait beaucoup à mon ancien amant. Pas forcément physiquement, mais ce qu’il dégageait.
Un mélange de force rassurante et de folie sans limites. De ceux à qui on ne peut pas refuser grand-chose. Et cela me plaisait beaucoup, trop en fait. Tellement, que c’est avec un petit frisson que j’obéis à mon mari en déboutonnant deux boutons de mon chemisier et en faisant remonter un peu ma jupe sur ma taille. Cela changeait tout. De sexy élégante, je passais à très sexy. Nul doute que lorsque je me pencherai pour offrir les petits salés tout chauds sortis du four, une vue plongeante sur mon soutien-gorge s’offrira à celui qui voudra en profiter. Et il se pourrait très bien que la lisière de mes bas apparaisse quand je m’installerai dans le fauteuil du salon, surtout si je choisis le vert dont l’assise était un peu plus fatiguée. Une petite coupe de champagne avant de quitter la cuisine et, en piste la vamp !
Mon cœur battait plus fort en rentrant dans le salon. Je commençai par servir notre invité, politesse oblige et effectivement, son regard plongea immédiatement dans mon chemisier. Il prit son temps pour choisir le salé qu’il avala avec un sourire carnassier. Quand je me retournai pour servir mon chéri, je réalisai que de l’autre côté, ma jupe étant plus courte, il avait dû se régaler de mes jambes et sans doute apercevoir la lisière de mes bas et peut-être plus. Bizarrement, ce regard-là, pourtant légitime, me mit mal à l’aise, plus que celui de Damien sur mes seins. Je présentai donc l’assiette de friands à mon homme avec un geste idiot pour fermer un peu mon chemisier, en oubliant que m’étant retournée, le problème de ma jupe n’avait fait que changer de côté !
Sans plus trop savoir que faire de mon assiette de salés, je m’assis sur le fauteuil vert. Il voulait une vamp et bien au moins, il était servi. Je laissai ma jupe remonter sur le haut de mes cuisses et repris la conversation. Le regard de ces messieurs était de plus en plus concupiscent, mais notre invité voulait jouer au poker, c’est pour cela qu’il était venu, alors en piste.
Pendant que Bertrand installait la table de jeu, Damien insista pour m’aider à débarrasser l’apéritif. Une fois dans la cuisine, alors que je rinçai quelques verres, il s’approcha de moi, dans mon dos. Il ne me toucha pas, mais je le sentis à quelques millimètres de moi.
Il avait dit ces mots tout doucement, sa bouche frôla mon oreille, je sentis son souffle sur ma nuque et j’adorai ça.
Je piquai un fard et faillis casser un verre. Comment pouvait-il savoir pour le tangua ? Alors que j’étais tout à la surprise de cette divination, il me vola un baiser dans le cou qui fit comme un éclair électrique et quitta la cuisine.
La partie commença comme à l’accoutumée. Les hommes eurent bientôt plus d’intérêt pour les cartes que pour moi, ce qui n’était guère flatteur. Régulièrement, je passais à côté d’eux pour attirer leur attention. Mon chéri me regardait avec des yeux à la fois séduits et un peu inquiets. Quant à Damien, il me mangeait toute crue à chaque fois que je m’approchais et ce regard prédateur me faisait beaucoup d’effet. Pourtant, apparemment, il n’était pas déconcentré pour autant et il gagnait. Il gagnait même plutôt beaucoup. Ce n’était pas faute de faire ce que mon petit mari m’avait demandé. Je lui souris de manière un peu équivoque, je n’hésitai pas à jouer de mon décolleté et de ma jupe à chaque fois que je lui apportai un verre ou autre chose. À tel point qu’à son énième whisky, j’avais senti ses doigts effleurer l’arrière de mon genou. J’avais un peu sursauté et Bertrand m’avait regardé d’un air entendu, genre « continue comme ça ».
J’aurais espéré de sa part une réaction plus virile, mais tant pis, j’en avais pris mon parti, ce soir je faisais l’allumeuse et à sa demande … alors, autant jouer le jeu.
Le passage suivant, les doigts recommencèrent à m’effleurer, mais cette fois-ci je ne sursautai pas et pris mon temps pour vider le cendrier. Ce n’était pas désagréable du tout en fait, au contraire, et le regard de mon chéri rajoutait à l’excitation de la situation. Aussi quand le SMS arriva je n’étais ni surprise ni choquée :
La belle affaire, faire quoi, j’allais pas lui rouler une pelle ou lui faire un strip-tease dans le salon. Ma jupe arrivait déjà à mi-cuisses, même debout on voyait presque la dentelle des bas et si j’ouvrais plus mon chemisier autant l’enlever et me balader en soutif… Il exagérait… en même temps, tout ça me rappelait des souvenirs très excitants et je ne pouvais nier que mon trouble était bel et bien présent au creux de mon ventre. Jouer l’hôtesse un peu aguicheuse m’amusait assez et surtout en présence de ce personnage mi-fascinant, mi-inquiétant. OK, alors comment faire plus sans se balader à poil ? Ou en soutif… ou sans soutif ! Pas chiche.
Dans la cuisine, j’enlevai rapidement le sous-vêtement en question. Problème, pas de glace pour voir le résultat… Par endroit mon chemiser était transparent, par endroit il ne l’était pas. Il était plus souvent opaque que transparent, mais quand même c’était sûr que cela allait se remarquer. En même temps, c’était le but ! Prenant mon courage à deux mains, je sortis de la cuisine et retournai au salon. La réaction ne se fît pas attendre. En soi, la tenue n’était pas obscène, car en plus j’avais refermé un bouton, mais j’avais oublié les lumières. En effet, le salon était éclairé par de multiples petites sources lumineuses telles des abat-jour ou des petites lampes de chevet sur des tables basses et, quand je passais devant un de ces points lumineux, mon chemisier devenait vraiment transparent et offrait une magnifique vue de ma poitrine. Pire encore, quand je compris cela, que je m’offrais presque plus que nue aux regards de mon mari et de cet inconnu troublant, cela m’excita et mes tétons durcirent de manière assez apparente. Légèrement au début, puis le frottement du tissu de mon haut s’ajouta au processus. Pour finir de mettre mes sens en émoi, mon homme se leva pour prendre des cigarettes et me servir une autre coupe de champagne. Il me glissa à l’oreille :
En temps normal, j’aurais eu en horreur qu’il me traitât de salope, mais au moment où il me disait ces mots mon regard croisa celui de notre invité et ce que j’y ai vu était une salope effectivement, mais toute-puissante et qui tenait dans le creux de ces mains les deux mâles présents, le mouton, comme le lion… enfin pour le lion ce n’était pas sûr, mais peut-être… J’adorais ça.
Bertrand se colla contre moi et je sentis une queue raide dans son pantalon, prouvant si besoin était la véracité de ses dires.
La partie reprit. À chaque fois que je passais près de la table, les deux hommes caressaient maintenant ouvertement l’arrière de mes jambes. Le second bouton du chemisier avait été de nouveau ouvert après une nouvelle coupe de champagne. J’étais pompette. Je savais que cet état décuplait ma libido et dans une mesure équivalente, effaçait nombre de mes inhibitions. C’est grâce à ce bête stratagème que parfois mon homme me faisait faire ce qu’il avait envie et dont finalement moi aussi j’avais envie.
Je m’étais assise non loin de la table de jeu, face à Damien et essayai de l’imaginer nu. Je me demandai s’il embrassait bien. Bien sûr qu’il devait très bien embrasser. Un autre petit frisson me parcourut l’échine en pensant à ce baiser. Je jouai machinalement avec le pendentif de mon collier qui plongeait entre mes seins, comme Faye Donaway dans l’affaire Thomas Crown, la première version avec Steeve McQueen. De temps en temps, son regard coulait sur moi, suivait mes doigts, mon décolleté, se perdait sur mes cuisses. Je me sentais chatte. Dès qu’il me réclamait pour un verre d’eau gazeuse ou une cigarette j’ondulais vers lui, me penchais plus que de raison pour lui allumer sa cigarette. Il prenait alors tout son temps pour mater mes seins qui pendaient lourds, fermes et libres dans mon chemisier largement ouvert. Sa main se porta même une fois sur mes fesses quand je m’éloignai de la table, sans que ça me dérange. Bizarrement cela m’amusait moins de faire la même chose avec mon petit mec. De toute façon, ma mission était claire, allumer l’invité et j’aimais ce petit jeu, de plus en plus.
Sauf, que cela ne marchait toujours pas et soudain je réalisai que les clefs de mon 4x4 étaient sur la table. Damien réclama alors une pause.
Le choc fut violent. Ma voiture et 30 000 euros, c’était la grosse catastrophe.
Le ton de ces dernières paroles était glacial et je compris que ce n’était pas une plaisanterie.
Les yeux de Bertrand ne laissèrent aucun doute quant à sa réponse :
Mon homme tirait une drôle de tête, il était évident qu’il n’était pas très à l’aise avec tout ça, mais dans le même temps il n’avait pas l’air si surpris que ça. En tous les cas, il ne faisait rien pour arrêter le jeu.
Le petit mari en question avait la tête baissée et je me dis que c’était bien fait pour lui. De toute façon, j’avais envie d’obéir à cet homme troublant et l’idée que je le fasse bander lui, me titillait depuis un moment déjà, alors 31, 32…
Dans la chambre, j’enlevai chemisier, tangua et jupe. Je mis un string noir et un porte-jarretelles assorti. Avec un peu de difficulté, vu l’heure et le champagne, j’enfilai une nuisette en dentelle transparente qui arrivait sous mes fesses et ne cachait absolument rien de mes seins devenus maintenant très sensibles. Puis, prise d’une pulsion subite, je changeai aussi de chaussures pour des talons hauts. Je me regardai dans la glace et fus extrêmement fière de ce que j’y vis. Cet homme me plaisait beaucoup et j’avais très envie de faire l’amour. Mes mains frôlèrent un peu mes seins et mon sexe. Je me sentis humide. Depuis un moment en fait, mais encore plus comme cela… Je n’aurais jamais eu le courage de m’habiller comme ça spontanément, même pour faire une surprise à mon chéri… c’était trop vulgaire… mais tellement beau… J’imaginai des mains d’hommes sur mes bas et des lèvres pulpeuses sur mes tétons.
Quand j’entrai dans la pièce, un silence lourd se fit immédiatement. Je pouvais sentir le poids de leur désir comme un brouillard épais et collant qui était dans toute la pièce. Bertrand avait mis une musique douce comme pour m’habiller un peu malgré ma tenue. Mauvaise idée !
D’autorité, il prit ma main et se colla à moi pour un slow. Il n’avait aucun geste déplacé, mais dans cette tenue, c’était inutile. Chacun des petits mouvements qu’il faisait pour suivre la musique étaient comme une caresse érotique. Ses mains étaient larges et douces sur mes hanches. Sa belle bouche à quelques centimètres de la mienne. Sans sentir son sexe, je savais qu’il bandait et il savait que j’étais trempée. Quand la musique prit fin, trop tôt, mon pseudo-mari ne demanda pas sa danse et la dernière main fut distribuée sur le tapis vert. Très vite, je compris que c’était foutu.
Le ton de mon mec était mielleux et suppliant presque surjoué. Entre les deux hommes, je commençais à préférer vraiment l’invité.
Voilà, on y était, il allait vendre mes charmes pour de l’argent, ou plutôt une chance de ne pas tout perdre. J’étais tellement peu surprise et excitée que je ne dis rien. Pas plus que lui. Le silence ayant scellé le deal, Damien s’installa sur le canapé et tapant sur ses cuisses appela son trophée avec autorité. Au dernier moment, Bertrand sembla vouloir dire quelque chose, mais se retint.
Quand je m’assis sur les genoux de cet homme, mon cœur battait la chamade. Ma tenue, l’heure, l’alcool, tous les efforts que j’avais déployés pour le séduire, la peur, se mélangeaient dans un désir sourd d’arriver à une conclusion avec ce type. Mais ce salaud prenait son temps et savourait son moment.
Quelle prétention, quel connard, quelle belle bouche… Bien sûr que j’avais envie de l’embrasser. Lui attendait, faisant aller le bout de ses doigts sur mes cuisses, dans mon dos, sur mes bras. Puis il s’aventura sur mes seins. Là, je fus soudain consciente du regard de mon compagnon sur la scène. Il nous regardait avec des yeux fous de désir et non de colère. Paradoxalement, au lieu de me gêner, ce regard m’excita encore davantage. Damien caressait maintenant doucement ma poitrine qui est déjà sensible naturellement, mais en l’état était électrique. Je sentis que mes tétons irradiaient directement leurs plaisirs vers mon bas-ventre. Mon sexe était de plus en plus humide, j’avais peur d’inonder ses cuisses. Comme s’il lisait dans ses pensées il me dit à l’oreille, mais de telle manière que Bertrand entende :
Disant cela, il empoigna mon sein gauche et je ne pus retenir un gémissement de plaisir.
Il parlait trop, je pris sa tête entre mes mains et l’embrassai passionnément et profondément. C’était libératoire. Enfin. Mon désir et mon plaisir montèrent d’un cran immédiatement. Sa langue se mélangeait à la mienne dans un ballet délicieux. Effectivement il embrassait bien. Pendant notre baiser, il me prit fermement la main et la baissa jusqu’à… mon string. Il voulait que je me caresse. Il savait que j’en avais envie depuis un moment. C’était d’une perversion terrible, surtout avec Bertrand qui était en train de nous regarder à deux mètres de là, mais encore une fois j’obéis à cet homme. Mes doigts commencèrent ce ballet que je connaissais si bien et qui pouvait m’amener au plaisir en deux ou trois minutes. D’abord à travers le tissu puis rapidement directement sur mon sexe. Sa langue, mes doigts… je me sentis brûler de l’intérieur. Mais la situation était trop forte, trop excitante, trop perverse pour que je puisse jouir ainsi. D’autant qu’au bout de quelques secondes, Damien nous fît se lever et se plaqua contre mon dos.
D’un mouvement rapide, il me pencha sur la table de jeu, ramena un bras derrière moi et s’accroupit au niveau de mes fesses. C’était cela son baiser, le cochon ! Avant même que je ne pense autre chose, je sentis sa langue dans mon sexe qui ne demandait que ça. J’adorais avoir la chatte léchée dans cette position. Il devinait tout de moi. Doucement il relâcha sa prise et au fur et à mesure que ses coups de langue entraînaient plus de gémissements, le compas de mes jambes délicieusement gainées de noir s’écartait.
Bertrand, toujours assis à la table de jeu était médusé, mais sa présence m’excitait terriblement. À quelques centimètres de lui, mon visage haletait de plaisir sous les caresses de cet autre homme, tout ça pour une carte en plus.
De l’autre côté de la table, des doigts avaient rejoint la langue et les ondes de plaisir se recouvraient les unes les autres pour me faire monter vers l’orgasme tant attendu. Dans un même mouvement, Damien jouait avec mon clitoris, me pénétrait de ses doigts, me léchait l’anus. Tout se mélangeait délicieusement. Plus le plaisir montait, plus je m’accrochai aux rebords de la table. Au bout de quelques minutes de ce traitement, toutes ces sensations se mirent à converger pour faire une énorme et unique vague de plaisir qui explosa avec une violence à laquelle je ne m’attendais pas.
Après quelques secondes de silence, sans perdre ni son avantage ni le cours du jeu, Damien se redressa :
Bertrand sembla sortir d’un rêve et changea sa carte. Sa mine livide ravit notre invité toujours derrière moi. Encore perdu.
Sans que Bertrand puisse le voir, en disant cela, Damien me caressait toujours doucement l’entrejambe et l’anus. Je redescendais petit à petit de mon orgasme, mais compris parfaitement ce qui m’attendait.
Damien s’était penché sur moi et murmurait ces mots à mon oreille. Je sentais maintenant sa queue dure sortie de son pantalon qui frottait contre mon sexe ouvert et gonflé. Je le voulais en moi.
La première carte, celle de Damien, fut retournée, un 9 de carreau. Le soi-disant mari tourna l’autre et la jeta sans même la montrer.
Et d’une seule poussée, il se planta en moi. Comme c’était bon enfin de le sentir dans mon ventre. Il me pilonna tout de suite comme j’aimais, fort pas trop vite, mais sans fioritures. Droit au but. Il me connaissait par cœur, finalement. Le plaisir remonta vite, poussé par la régularité et la force des pénétrations de cette queue qui avait tout gagné.
Je réalisai alors que j’attendais ça depuis un long moment. Depuis que j’avais accepté d’ouvrir les deux boutons de mon chemisier et de remonter un peu ma jupe. Depuis que j’avais pensé à retirer mon soutien-gorge. Et vraiment beaucoup depuis que j’avais accepté de m’habiller comme une catin pour cet inconnu. N’y tenant plus, mon couard de mec avait sorti sa bite lui aussi et se masturbait frénétiquement à quelques centimètres de mon visage. Je ne reconnaissais ni le membre ni son porteur, mais cette vision étrange mélangée aux coups de boutoir que je recevais déclencha peu à peu ma jouissance.
Mon merveilleux amant me laissa respirer quelques secondes et plaça son gland contre mon anus. Je pouvais refuser, je le savais. Je pouvais me relever et dire non. Mais au lieu de cela, à ce contact, les dernières barrières qui me restaient s’effondrèrent. Sentant cela, son membre encore dur comme rarement je l’avais senti, s’enfonça lentement dans mon cul. J’eus l’impression de me faire sodomiser pour la première fois et la sensation fut d’une puissance inattendue. L’impression d’un abandon total, d’une reddition absolue, d’être pénétrée jusqu’à la moelle des os. Je frissonnai comme si j’étais gelée, mais j’envoyai mes fesses toujours plus en arrière pour qu’il me prenne plus profondément. J’avais parfois le souffle coupé par la force de cette sensation quand il me quittait et m’envahissait à nouveau. Ce n’était pas vraiment du plaisir, mais un don complet de ma plus profonde intimité qui me m’électrisait.
Je glissai une main vers mon clitoris et le malmenai jusqu’à ce que ce plaisir-là rejoigne mes reins profondément envahis et qu’ils déclenchent, si ce n’était un orgasme, une énième vague de plaisir qui m’ébranla des pieds à la tête. La seconde d’après, je le sentis jouir violemment dans un cri rauque et se répandre dans mes fesses.
Quand j’ouvris les yeux, l’homme assis devant moi avait également joui et semblait bizarrement très satisfait de sa soirée. Le soi-disant Damien, mon vrai mari en réalité, me couvrait de baisers avec des gestes d’une infinie douceur.
Très délicatement, il me releva et me prit dans ses bras pour me déposer sur le canapé. Je frissonnais encore un peu, il posa un plaid sur moi.
Il alla discuter avec le soi-disant Bertrand quelques instants puis le ramena à la porte.
De retour dans le salon, Madame s’était endormie. Il rangea la pièce sans bruit, plia la table de jeu et la remisa au garage puis fît couler un bain chaud pour la femme de sa vie. Quelques instants après, elle ouvrit les yeux et comme il l’avait pressenti, voulut se laver. Le bain était prêt et elle y resta au moins une heure. En peignoir, elle le rejoignit pour une dernière cigarette avant d’aller se coucher.
Il était surpris de cette réponse.
Le très léger fard qu’elle piqua en disant sa plaisanterie dévoilait combien elle avait adoré ce jeu de rôle, sans vouloir l’avouer vraiment. Elle savait qu’il l’avait parfaitement compris, mais il ne rajouta rien et ils restèrent un moment silencieux, perdus dans leurs pensées. C’est aussi pour ça qu’elle l’aimait.