| n° 17113 | Fiche technique | 23300 caractères | 23300Temps de lecture estimé : 14 mn | 15/11/15 |
| Résumé: Bloqué dans mon appartement, je m'adonne à ma passion : la photo. | ||||
| Critères: h frousses jardin voir photofilm | ||||
| Auteur : Petit bouquet Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : Fenêtre sur parc Chapitre 01 / 04 | Épisode suivant |
Il y a une petite semaine, je me suis cassé la gueule dans les escaliers qui mènent à la cave. Des escaliers en béton, bien durs. Double fracture : tibia et péroné gauche. Deux à trois semaines avec un plâtre (en résine, heureusement), la jambe tendue, dans un fauteuil roulant.
Putain !
C’est la concierge, Sylvie Delrue, qui m’apporte à manger tous les jours. Un ange ! Je me suis arrangé avec elle : je lui donne de l’argent au début de la semaine pour mes repas (qu’elle prépare chez elle). Et, de temps en temps, je laisse un peu plus pour le « service ». Elle ne fait pas de la grande cuisine, mais ça me suffit amplement.
Immobilisé comme je le suis, prisonnier dans mon propre logement, je peux tout de même m’adonner à ma pratique favorite… la photo. Photo de femmes. Photo de jolies femmes. Photo volée de jolies femmes. Je me suis offert un téléobjectif particulièrement puissant – un Nikkor 800 mm, avec une ouverture de 5.6 –, ce qui me permet de shooter sans être vu. J’habite au deuxième étage d’un immeuble donnant directement sur un parc. L’énorme avantage de cette situation, c’est que je peux planquer mon matériel dans un coin du salon avec vue directe sur l’extérieur. J’ai placé mon appareil sur un trépied robotisé, indispensable pour ce genre de prise de vue. Je pilote le tout avec mon ordinateur portable via le wifi. Je peux donc me placer n’importe où dans l’appart et « zieuter » ce qu’il se passe dehors. J’ai acheté aussi une télécommande qui est accrochée à mon fauteuil roulant.
Mon sujet favori ? Les trentenaires bien dans leur peau. Celles qui lisent un bouquin dans l’herbe. Celles qui s’arrêtent sur un banc pour regarder la vie s’activer autour d’elles. Celles qui prennent leur temps pour traverser le parc. Celles qui surveillent leur jeune progéniture. De préférence un peu pulpeuses ; peu importe la couleur de leurs cheveux, peu importe la teinte de leur peau, peu importe leur taille pourvu que je ressente le bien-être de la femme épanouie. Nous sommes dans la période idéale pour capturer ce genre d’image… L’été est proche et les femmes sont, en général, de plus en plus légèrement vêtues. Décolletés et jupes relevées sont mes thèmes de prédilection. Oui, je suis un voyeur. La mère de famille qui se plie en deux pour ramasser un jouet par terre et qui m’offre, sans le savoir, une magnifique croupe. La femme qui lit, couchée sur l’herbe, les coudes dans le sol, et qui me montre un large décolleté… J’adore les jupes ou les robes amples qui volettent au gré du vent. J’aime aussi les jupes étroites, fendues, qui dessinent à merveille certaines courbes. Les femmes, je pense, ne se rendent pas toujours compte de ce que ça représente pour nous, les hommes. C’est fort agréable d’avoir ce genre de vision fugace.
—o–o—
À un peu plus de vingt-deux heures, le parc est vide ou presque. Ce qu’on y voit maintenant ne m’intéresse pas. Je le parcours tout de même avec mes jumelles, on ne sait jamais. Soudain, une lumière s’allume dans le bâtiment perpendiculaire, à une bonne vingtaine de mètres du mien. Je fais la mise au point, et je vois une femme. Elle n’apparaît que trop brièvement, près de la fenêtre, pour que je puisse la détailler. Ce qui m’intrigue, c’est qu’elle me paraissait… nue. J’ai peut-être rêvé ? Je n’en saurai pas plus ce soir, les lumières se sont éteintes de son côté.
Je vais me coucher. Avoir une jambe dans le plâtre, c’est épuisant.
—o–o—
Il fait déjà chaud ce samedi matin. Je reprends mon poste d’observation. Je jette un œil vers l’appart dans lequel j’ai vu cette femme hier soir. Ça ressemble fort à mon logement : salon et salle à manger vers le parc, une cuisine juste à côté. Je n’y distingue aucun mouvement. Je reporte mon attention sur le parc. Il n’y a pas grand monde. En général, j’ai plus de chance l’après-midi.
—o–o—
On sonne trois coups : c’est l’heure ! Sylvie, la concierge, m’apporte de quoi me nourrir. C’est une femme charmante, d’une bonne cinquantaine d’années. Je lui ai laissé les clés ; plus commode pour tout le monde. Elle entre et entonne son désormais habituel :
C’est vrai qu’elle dégouline, la pauvre.
Je souris à ce tour de passe-passe verbal.
Comme à son habitude, elle me fait un petit clin d’œil et s’en va aussi vite qu’elle est venue.
Je sais que Sylvie a perdu son fils unique. Je ne connais pas les raisons du décès. Du coup, j’ai l’impression qu’elle me considère comme son enfant.
Je me fais donc une salade. Et je mange seul. Manger seul, c’est se rendre compte que nous ne sommes pas si silencieux que ça. Mastication, muscles faciaux, dents qui découpent les chairs. Déglutition. Quelle tristesse de penser à tout ceci. Seul, encore et encore.
Ensuite, au lit pour une bonne sieste.
—o–o—
J’ai dormi pendant presque deux heures, d’un sommeil profond. Il me faut bien cinq minutes pour émerger. Je me sens lourd, vaseux. Dans la cuisine, je me prends un grand verre d’eau fraîche pour dissiper cette horrible sensation. Et puis je m’installe près de la fenêtre.
Elle est là ! Couchée sur sa terrasse en bikini, un livre à la main. Le soleil tape directement sur son corps.
Je me précipite (autant que faire se peut : en fauteuil roulant, ce n’est pas évident) vers mon appareil photo. Comme ma cible n’est pas du tout dans l’axe, je détache le reflex de son trépied et l’installe sur mes genoux. J’essaie de me faire le plus discret possible pour la shooter, mais c’est compliqué. Mon engin ne passe pas inaperçu. Je l’ai coincé entre l’accoudoir de mon fauteuil et ma jambe valide. Je prends quelques clichés, au petit bonheur la chance.
À première vue, c’est une femme de mon âge. Rousse, les cheveux bouclés qui lui tombent sur les épaules, un peu en chair, mais pas trop. Son bikini est orange flash… L’accord avec ses cheveux est assez comique. De temps à autre, elle lève les yeux de son bouquin. Moi, j’essaie de faire semblant de rien… Évidemment, celui qui fait semblant de rien a toujours l’air coupable. Dès qu’elle regarde dans ma direction, je détourne les yeux et, le plus discrètement possible, je prends trois ou quatre photos. Je pense qu’elle s’est rendu compte de quelque chose. Pendant plusieurs minutes, je ne fais plus du tout attention à elle. J’appuie mon avant-bras sur la rambarde du balcon et regarde du côté du parc. J’espère que, de cette manière, elle m’oubliera un peu. Le soleil arrive doucement sur moi, comme chaque jour en milieu d’après-midi. Je rentre pour chercher une paire de lunettes de soleil.
À mon retour sur le balcon, elle a disparu. Je suis déçu. Tant pis, je vais déjà regarder ce que j’ai pu faire. Je m’installe donc derrière mon ordi et je commence à créer un nouveau répertoire (que je nomme « Rousse ») et dans lequel je copie tous les fichiers d’images. J’ai un peu plus d’une centaine de dossiers de ce type. Après quelques secondes de patience, je lance l’application qui me permet de faire du classement ainsi que des retouches et je fais défiler les photos. Toutes celles qui sont trop floues ou ratées, je les jette.
Dans le tas, il y a eu deux ou trois qui sortent vraiment du lot. J’ai eu beaucoup de chance. Sur l’une d’elles, la plus réussie, elle est couchée sur le ventre, les coudes au sol avec son livre entre les mains, une jambe relevée à la verticale, le bas du bikini lui rentre un peu entre les fesses, et le haut bâille si bien que je peux deviner un téton. De ce que je peux en juger, ma voisine est canon.
Pour ma part, j’ai un physique moyen. Pas beau, mais pas moche non plus. Je ne sais pas comment font les autres mecs pour se trouver des copines à la pelle – mis à part lors de ma période « décadence », où rien n’était sérieux. Ça a toujours été un mystère pour moi. Je n’y arrive pas. Cela fait plusieurs mois maintenant que je suis célibataire. Alors je fantasme en imaginant ce genre de femme dans mon lit.
Par contre, il faudrait que je trouve un moyen plus indiqué pour pouvoir faire des photos d’elle en toute discrétion. Un jeu de miroir, peut-être ? Si je prends le miroir en pied qui se trouve dans ma chambre et que je le place tout près de la porte-fenêtre, ça devrait pouvoir le faire. Malheureusement, je ne peux pas faire ce déménagement maintenant, dans mon état. À moins que je ne demande à Sylvie ? Ou à son mari ? Oui, oui, très bonne idée. Je dois juste trouver une excuse valable, sans quoi ils vont se poser des questions. Et ce n’est pas bon pour mon image dans l’immeuble. Non, finalement ce n’est pas une si bonne idée que ça. Je dois me débrouiller seul. Je suis tellement enthousiasmé par cette fantaisie que je me dois de m’activer immédiatement. Je vais donc jusque dans ma chambre et j’analyse la façon dont je pourrais déplacer ce miroir. Par chance, il est muni de roulettes. Je vais pouvoir le tirer. Alors… comment faire ? D’abord, il faut le positionner à la verticale, qu’il prenne le moins de place possible. Ensuite, avec mon pied valide j’accroche le pied du miroir et je recule doucement. Ça fonctionne, mais ça va me prendre du temps.
Après quinze bonnes minutes d’efforts, j’y suis arrivé. Mais je suis en nage. Je vais devoir prendre une douche. Lorsque j’ai acheté l’appartement, j’ai complètement refait la salle de bain. J’ai viré la baignoire et j’ai installé une douche à l’italienne. On peut y tenir à deux, ou à trois en se serrant un peu. L’autre avantage, dans mon état, c’est que je n’ai aucune difficulté à me doucher seul. Un sac-poubelle pour protéger le plâtre, me voilà sous les bienfaits de l’eau fraîche. Quel bonheur après autant d’agitation ! Je pense maintenant que je vais pouvoir photographier cette rousse avec plus de facilité. Les dernières photos me reviennent à l’esprit, et mon pénis en est tout ému. Je ne peux m’empêcher de me palucher, et il ne me faut que quelques minutes pour atteindre la jouissance. Ce n’est pas un grand orgasme… je n’en ai jamais connus via la masturbation, et c’est quelque peu frustrant. Tant pis, je m’en contenterai. J’en ai ras le bol de cette vie. Seul. Toujours seul. Il serait temps, à vingt-neuf ans, que je me trouve une femme. Une femme qui partage ma vie. Ça me manque.
La nuit est tombée depuis un moment. Avant d’aller me coucher, je me rends sur mon balcon. Yes ! La rousse est attablée à la salle à manger. Il me semble qu’elle est au téléphone. Parfait ! J’éteins tout chez moi et j’essaie de placer au mieux le miroir. Je prends mon PC portable sur les genoux, j’active la vue directe et je commence à réaliser mes réglages. Après quelques modifications d’angle du grand miroir, j’arrive à avoir quelque chose de tout à fait acceptable.
Je prends plusieurs clichés pour peaufiner mes réglages. Lorsque je zoome, je me rends compte qu’elle n’est vêtue que d’un tee-shirt clair assez grand qui lui couvre à peine le haut des cuisses. De temps en temps, en fonction de sa position sur la chaise, je peux apercevoir un bout de culotte blanche. Rhaaaaaa, lovely ! Il y a pas mal de papiers sur la table et elle prend des notes tout en continuant sa conversation. Après avoir raccroché, elle continue d’écrire un moment. Elle se lève et me tourne le dos en s’étirant, levant les bras en l’air. Je vois son magnifique derrière couvert par un shorty blanc qui lui rentre entre les fesses. Putain, que c’est beau (et inespéré) ! Je la mitraille, littéralement.
—o–o—
Je suis devenu accro à cette femme. Dès que je me lève, j’allume mon portable et vérifie si la rousse est chez elle par miroir et téléobjectif interposés. Merde… elle n’est pas là. Je vais mettre un peu d’ordre dans mes photos. En plus, j’aimerais réaliser quelques diaporamas. Ça prend pas mal de temps, si on veut un bon résultat. Et du temps, j’en ai ! D’autre part, il fait moche aujourd’hui : pluie et vent sont annoncés. Je consacre donc une partie de la journée à mon ordi.
J’ai fait deux slideshows… Un spécial « décolletés » et un spécial « jambes ». En général, je montre le sujet en entier et je floute le visage. Impossible de reconnaître qui que ce soit.
—o–o—
Tiens ? Elle n’est pas seule ce matin. Il y a deux hommes et une femme. Les deux mecs sont plutôt baraqués et ont la tête quasi rasée tandis que la femme, blonde, est assez menue. Cette dernière est au téléphone. La rousse, « ma » rousse, a une drôle de ceinture autour de la taille, mais je n’arrive pas à distinguer exactement ce que c’est. Ça gesticule pas mal entre eux. La blonde raccroche, parle aux trois autres et tous quittent l’appartement rapidement. Intrigué, je vais m’installer à la fenêtre pour voir ce qu’il se passe. Les deux gars se ruent dans une Renault Laguna foncée qui démarre en trombe tandis que les deux nanas marchent d’un bon pas vers le bout du parc. Je les perds rapidement de vue. Toute cette scène n’a pas duré plus de trois minutes. Je n’ai même pas pensé à prendre des photos. Je suis perplexe. Perplexe et curieux. Qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne le saurai sans doute jamais.
—o–o—
Cela fait quelques jours que je ne l’ai pas vue. Je me demande si je la reverrai un jour. Sensation bizarre de vide. Comme si j’étais un drogué en manque – enfin, je suppose que ça doit être bien pire. Par contre, j’ai vu à plusieurs occasions une VW Golf qui rôde. On ne peut pas la louper, elle est « tunée ». Blanche, une espèce d’aileron à l’arrière, des vitres teintées, des jantes brillantes. En général, il y a deux personnes dedans, parfois trois. Je trouve ça bizarre… Les hommes qui se relaient n’ont pas l’air commode. Genre brutes épaisses dont la lumière ne doit pas être allumée à tous les étages. Bon, je n’y prête pas trop attention, mais je photographie tout de même la voiture, avec la plaque bien visible.
—o–o—
Mon regard est attiré par une femme qui arrive au loin. Je fais la mise au point et je la canarde. Ah ! C’est la nouvelle voisine du troisième, Natacha. Elle est mignonne, celle-là, mais pas très sympa. Je l’ai déjà croisée à plusieurs reprises et elle m’a à peine adressé la parole. Une pouffiasse BCBG, fausse blonde, qui se la pète un peu trop. Elle est toujours habillée sexy, mais aujourd’hui, c’est assez osé. Une robe noire, assez transparente à fines bretelles qui lui arrive juste en dessous des fesses. Bandante. Simplement bandante. Dommage qu’elle soit aussi peu agréable.
Elle passe devant le magasin de Momo, le marchand de fruits et légumes et… Hé ! Elle a volé un truc sur l’étalage ! Quelle sale conne. Elle mérite une bonne raclée. À peine deux secondes plus tard, je vois Momo sortir en courant de son magasin et il rattrape vite fait ma voisine. Je ne les entends pas, mais ça gesticule pas mal. Il a sans doute vu le chapardage. Quelques badauds viennent voir ce qu’il se passe. Elle lui rend ce qu’elle lui a pris et s’en va, toute penaude, la tête baissée. Bien fait, tiens. Je jubile intérieurement. Et je ne me suis pas gêné pour immortaliser toute la scène. J’ai fait une petite dizaine de photos. Je pourrais la faire chanter. Quoique… ce n’est pas vraiment mon genre. Mais je garde ça dans un coin de ma mémoire.
—o–o—
J’ai rendez-vous chez le médecin dans une demi-heure. Visite de contrôle. J’ai appelé un taxi en décrivant mon handicap. La téléphoniste m’a répondu, très gentiment :
OK, je prends. Je suppose que ce sera une fourgonnette. Pas vraiment mon genre, mais pas vraiment le choix non plus.
Je prépare mes affaires sur mes genoux. Mon dossier médical, mon smartphone et mes clés. Lorsque j’arrive dans la cage d’escalier, j’entends du bruit en haut. L’ascenseur est occupé. J’appuie tout de même sur le bouton d’appel. Lorsque les portes s’ouvrent, c’est la Natacha qui se trouve là.
Je souris. C’est rare qu’elle m’adresse la parole.
Je ne sais pas pourquoi, mais ça sonne très faux. Je m’en fous et j’entre dans la cabine en marche arrière. Elle doit se mettre sur le côté. Elle porte une robe très courte. Comme je suis assis, je peux admirer ses jolies cuisses. J’ai presque envie de les toucher. Malheureusement, nous sommes déjà au rez-de-chaussée. Je lui demande alors :
Elle se place derrière moi et me conduit à travers le hall d’entrée.
J’appuie lourdement sur ce dernier mot.
C’est comme si ces mots lui arrachaient la gueule.
Pour toute réponse, la donzelle me tourne le dos et se casse. Une vraie connasse. Juste envie de la punir, pour qu’elle comprenne un peu ce que c’est. Je ne sais pas, moi… la baiser violemment sur le capot d’une bagnole. Mais bon… ça reste du domaine du fantasme.
—o–o—
La visite de contrôle se passe bien.
Je quitte le médecin après lui avoir serré la pogne. J’aime bien ce gars. Il doit avoir mon âge. Il est toujours souriant, toujours de bonne humeur. Je devrais peut-être lui proposer de travailler avec moi, histoire d’avoir un médecin pour soigner « nos » SDF.
—o–o—
La voilà ! Je ne l’espérais plus. Je replace vite mon Nikon dans l’axe du miroir et je m’installe sur le balcon, l’air de rien. J’ai ma télécommande sur le genou et déclenche de temps en temps. Elle prend une chaise et s’installe elle aussi sur sa petite terrasse, une tasse à la main. Son petit-déjeuner sans doute. Je croise son regard et lui fais un petit signe de la main. Et… elle me répond. J’ai l’impression d’être un gamin. J’suis tout excité. Ce matin, ma rousse est habillée simplement d’un top blanc, sans manches, larges bretelles, et d’un short en jean. Elle est assise face à moi. Je shoote dès que je peux. Je jette de temps à autre un coup d’œil vers elle. Elle a placé maintenant ses pieds, l’un sur l’autre, sur la rambarde. Je déclenche, nerveusement. Lorsque je regarde encore de son côté, elle me fait, à nouveau, un petit signe de la main auquel je réponds.
Elle se lève et rentre dans son salon, et j’ai l’impression qu’elle appuie son déhanché. Lorsqu’elle est au fond, un peu dans la pénombre et toujours dans mon axe, elle se retourne et je la distingue nettement enlever son top… Elle ne porte pas de soutien ! Elle fait un tour sur elle-même et puis disparaît de ma vue.
Qu’est-ce qu’elle me fait ? Est-ce à moi que c’est destiné ? Bordel, j’en bande. Ça n’a duré qu’une ou deux secondes. Je suis abasourdi. Il me faut un peu de temps pour revenir sur terre. Heureusement que j’ai pensé à shooter un max.
Je rentre chez moi et m’installe derrière l’ordi. Fébrilement, je copie les nouvelles images sur mon disque dur. Je passe en revue les événements des vingt dernières minutes. Je jette, je retouche. Les dernières prises de vue sont fort sombres. Grâce au système RAW, j’arrive tout de même à développer quelque chose de potable. Notamment celles où elle enlève son haut. Ses seins sont absolument magnifiques. J’imagine mes mains s’en emparer, les empaumer… Ils ont, à mon avis, juste la bonne taille. Sur une des dernières, on dirait qu’elle me lance un « au revoir » de la main. Est-ce qu’elle sait que je fais des photos d’elle ?
Dès que j’ai terminé, je lance un backup sur mon disque externe. Ce serait con de perdre tout ça !
Je me pose, évidemment, une série de questions : a-t-elle intentionnellement fait ce petit strip-tease ? Pour moi ? J’espère le savoir bientôt…