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n° 17051Fiche technique47298 caractères47298
Temps de lecture estimé : 26 mn
05/10/15
corrigé 07/06/21
Résumé:  Des moutons, des vaches, des sauterelles, des loups, des rhinocéros, des alpagas, des requins, et des Chinois.
Critères:  fh inconnu poilu(e)s amour fellation cunnilingu fsodo aliments humour
Auteur : Radagast      Envoi mini-message
Roide mouvie

Depuis bientôt 20 ans Sylvestre Petrucci était l’heureux père d’un marmot.

Père célibataire.

Cela étonnait nombre de personnes ; l’histoire se révélait pourtant simple.


À la fin de ses études, Sylvestre éprouva le besoin de souffler. Normal, quand on a vingt ans.

Un peu de tourisme, un peu de fêtes plus ou moins alcoolisées, et une rencontre : une superbe Suédoise répondant au doux prénom de Charlotte. Elle se faisait poursuivre par ses études d’architecture. Ils vécurent quelques mois torrides ensemble.


La blonde Scandinave succomba à son charme de beau brun ténébreux. Nez busqué, yeux bleus. Comme son nom l’indiquait, il était originaire de Lorraine. Son père, Corse pur jus, alla travailler sur le continent et épousa une Normande, inspectrice des impôts à Épinal. Double tare rédhibitoire pour la famille paternelle originaire de Calvi.


En deux temps trois mouvements, la Charlotte se retrouva avec un marmouset dans le moule ; situation qu’elle négligea dans un premier temps de signaler au père.

Lorsque le grand moment vint, elle appela Sylvestre. Ils restaient plus ou moins en relation épistolaire et téléphonique. Elle dépota du gluant et planta le braillard dans les bras de l’heureux papa. Ses études étaient terminées ; elle reprenait la route du Nord, direction Kiruna, presque sur le cercle polaire arctique.


Ses parents étaient des gens ouverts d’esprit, mais pas au point de la voir revenir avec un petit Français dans les bagages. Son père travaillait aux mines de fer, sa mère coordonnait les travaux de déplacement de la ville.


Charlotte partait rejoindre maman, un travail en poche. Sylvestre ne se voyait pas la suivre dans le Grand Nord ; il ne parlait que cinq mots de suédois : « Jag älskar dig » et « Jag älskar ditt bröst » (« Je t’aime » et « J’aime tes seins ») ; difficile à placer, même pour acheter du pain. Il ne pouvait pas laisser le cadeau à la SPA ; il se démerda comme il put. Elle avait tenu à lui donner un prénom suédois : Torsten. Torsten, comme papy. Jan Torsten Petrucci. Beau mélange…


C’est ainsi que Sylvestre débuta sa vie de père célibataire. Un peu Trois hommes et un couffin, à part qu’il réussissait l’exploit de faire les trois hommes et le couffin à lui seul !


Il trouva un boulot sympa au muséum d’histoire naturelle, section grands mammifères canidés sauvages, autrement dit le loup. Ce travail lui permit de voyager à travers l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Nord.

Ses parents l’aidèrent à élever l’artiste.


Le père et le fils s’entendaient bien ; ils n’eurent jamais de secrets l’un pour l’autre. Il emmenait son fils lors de certaines de ses expéditions. À quinze ans, le gamin avait déjà fait plus de voyages que beaucoup d’hommes adultes. Torsten connaissait ses origines. Il revit sa mère plusieurs fois, elle venait parfois passer ses vacances en France. Il apprit qu’il avait un demi-frère et une demi-sœur. Il ne se rendit en Suède que deux fois et s’y gela les noix. C’était un pur méditerranéen.


Sylvestre ramenait souvent des conquêtes à la maison, parfois pour une nuit, quelquefois pour une plus longue durée qui n’excéda jamais un mois. Toujours en toute discrétion, pour ne pas troubler son fils.


Il était d’un naturel bordélique ; beaucoup de femmes en furent rebutées.

De se ramener aussi avec certaines bestioles vivantes en effrayaient beaucoup. Ce sont pourtant de charmants animaux. Il se souvenait d’une très jeune louve qu’il dut élever lui-même, donnant le biberon plusieurs fois le jour et la nuit, qui ne le quittait pas d’un coussinet. À six mois, elle était capable de couper un manche à balai d’un seul coup de dents, pour s’amuser. Adulte, elle alla dans un parc animalier, et elle lui faisait la fête à chacune de ses visites.

Le plus embêtant, c’est quelle n’admettait pas qu’une autre femelle lui tourne autour.

Femelle de n’importe quelle espèce !

Devoir aider à élever un enfant rebutait aussi les prétendantes.


Au début, Sylvestre cachait ses aventures, puis vint l’âge où il put expliquer les choses de la vie à son fils.

Bon élève, bel enfant ; Sylvestre se voyait comme un père comblé. Beau, grand et blond comme sa mère. Doté du sens de l’humour et de l’intelligence de son père comme se plaisait à répéter J.T., son surnom. Son prénom lui valut bien quelques moqueries ; il ridiculisa les moqueurs, se fit des amis parmi les rieurs. Sa carrure refroidissait aussi les plus hardis.


Il avait des amies, mais jamais rien de bien sérieux, à la connaissance de son père.

Jusqu’à ce qu’il vint demander des renseignements. Il avait un peu plus de 18 ans à l’époque, mais semblait en avoir cinq tellement il semblait gêné.



Sylvestre en resta comme deux ronds de flan. Il s’attendait à tout sauf à ça !



« Curiosité, mon cul ! Il est amoureux et veut éviter de faire une connerie en jouant au blaireau. » se dit le paternel.



Il le laissa à ses dénégations. Il ne lui en reparla plus pendant plusieurs mois.


Sylvestre se disait qu’un de ces quatre il allait se ramener avec une bichette.

Il logeait dans un petit studio, ne revenant voir son père que certains week-ends. Lequel espérait qu’il n’allait pas suivre la même voie que lui.

Sylvestre habitait une jolie maison, à la sortie d’un village. Pas très loin de la ville. Un (petit) jardin potager, un parterre de fleurs et une pelouse. Alphonse Allais disait qu’il fallait construire les villes à la campagne ; pertinente réflexion.


Par une belle matinée du mois de juin, après s’être fait rôtir le dos en désherbant ses rosiers, il buvait une petite bière. Une femme – ou plutôt une furie – envahit son espace vital. Elle avait même embouti le portail avec sa Fiat 500. Le portail résista, la voiture non.



Non seulement elle l’insultait, mais elle lui tapait dessus, cette folle.

Elle ne semblait pas trop âgée ; la fille en question devait être une gamine. Sylvestre ne faisait pas encore la sortie des écoles. D’ailleurs, cela faisait trois ou quatre mois qu’il n’avait pas ramené de conquête à la maison.



Il réussit à lui saisir les mains et à la bloquer contre lui



Il n’avait jamais frappé une femme ; pour une fois il fit une entorse à ses principes quand elle essaya de le mordre ; il la gifla, pas très fort, mais ça claqua bien quand même. Elle se calma.




Maman,

Étant donné que tu ne veux pas admettre que je suis une adulte et que Torsten et moi nous nous aimons, je vais partir et vivre avec lui. Ne cherche pas à nous retrouver.

Adieu.

Je t’aime quand même.



Jolie écriture, ronde, douce.



Elle avait de la suite dans les idées, cette bonne femme. Des ongles aussi : il avait les avant-bras et les mains griffés, et même une balafre sur la joue.

Il essayait de réfléchir vite et bien. Ce n’était pas évident avec cette tigresse qui lui jetait des regards noirs. Il comprenait maintenant les dernières discussions avec son fils.



La baie vitrée était ouverte ; elle entra dans le salon comme chez elle.

Dix minutes plus tard elle ressortait.



Sur ces fortes paroles elle se jeta de nouveau sur lui toutes griffes dehors ; il lui bloqua les bras. Elle lui flanquait des coups de pied. Elle essayait de lui zlataner ses raisons de vivre. Il crut entendre rugir une panthère.



Essoufflée, elle se calma.



Le ton étant tellement impératif qu’elle ne tenta pas de répliquer. Il ne tenait pas non plus à ce que cette folle étripe son fils.


Quelques coups de téléphone, un formulaire de demande de congés, et le tour était joué.

Il fit une valise rapidement et la glissa dans la voiture.

Il passa tout de même un coup de fil à ses parents. En retraite, ils coulaient des jours heureux en Corse. Et ils n’avaient pas de nouvelle du Viking.



Elle le regardait, et il la voyait pour la première fois hésitante.



Sylvestre traînait un peu derrière elle, et l’air de rien l’observait.

Une petite brune, yeux noisette, petits seins sous un tee-shirt moulant, jolies petites fesses serrées dans un leggins, elle tenait du modèle réduit. Ses ballerines ne la rehaussaient pas non plus. Lui qui était porté sur les grandes blondes aux yeux bleus et à forte poitrine, elle n’entrait pas dans son type de prédilection.

Elle lui jetait des regards en douce. Il la vit même rougir alors qu’elle se choisissait des sous-vêtements. Il ne se sentait pas à l’aise non plus. Un mec seul se baladant dans un rayon de lingerie féminine, ça faisait tout de suite louche.



Fallait qu’il arrête de faire de l’humour à deux balles, elle risquait de mal le prendre.



Il programma son GPS et ils partirent après avoir fait le plein de carburant.


Il allait bientôt revenir dans cette région, ses protégés s’étant invités dans le coin. Ils y semaient le souk. Il venait en repérage, en quelque sorte.


Une chose que nul n’avait prise en compte, c’était l’incroyable état des routes lozériennes. Tant qu’ils roulaient sur l’autoroute, pas de soucis. Quand ils en sortirent, la galère commença : le GPS qui devenait fou et les perdait, des routes étroites, sinueuses, au revêtement pire qu’inconfortable qui explosaient les suspensions. Il comprit dès lors les paroles d’un ami qui lui disait qu’en Cévennes on ne calcule pas l’itinéraire en kilomètres mais en heures de route. Ces chemins ne devaient avoir guère changé depuis que la bête du Gévaudan y avait fait des siennes. Il ne s’étonnait pas non plus que les loups se soient installés ici ; ils pouvaient s’y ébattre peinards.

De plus, madame Astier lui faisait la gueule, comme s’il était responsable de la fugue de leurs rejetons. Pas une parole ; elle regardait la route, l’air buté.


Ils pensaient arriver en début d’après-midi. À 19 heures, ils étaient encore à 10 kilomètres. Heureusement, il faisait beau.

Aussitôt arrivés ils allèrent au gîte. Il était occupé, mais pas par les fugueurs : par un couple d’Allemands.



Sylvestre l’avait saumâtre, mais devant son air égaré il évita d’en rajouter une couche. Ils demandèrent aux Teutons si à leur avis le gîte avait été occupé avant leur arrivée. Réponse négative. Les deux énergumènes n’étaient pas venus ici.


Ils étaient crevés, il se faisait tard. Il proposa à miss Marple de manger et passer la nuit ici, à l’hôtel.


Le meilleur restau du coin étant La Truite Enchantée, ils réservèrent le repas du soir et deux chambres. Là, gros os : il ne restait qu’une chambre de libre, une chambre avec un lit pour deux personnes.

Il n’avait jamais vu un visage se décomposer de cette façon. D’abord l’incompréhension, puis la stupeur, et enfin la confusion.



Parfait gentleman, il se sacrifiait pour protéger sa pudeur.


Une petite fête se déroulait dans les rues ; un genre de banda passait dans les ruelles, jouant et chantant. Obsédés par leur recherche, ils avaient oublié le 21 juin, accessoirement le jour de la fête de la musique.

Tout en sirotant une bière et un jus de fruits, ils écoutaient les musiciens et regardaient les passants, attablés à la terrasse d’un bar. Le Tarn chantait joyeusement près d’eux.



Il lui raconta sa vie de père célibataire, la relation de confiance établie avec son fils. Le coup de foudre avec Charlotte, son départ. Il était toujours en contact avec elle. Il lui fit part d’une de ses idées : que J.T. et Marie soient partis en Suède.

Il lut l’affolement dans son regard.



Elle dit cela sur un ton sans appel.

Madame devait avoir des toiles d’araignées dans la moniche.


Lors du repas, ils discutèrent de choses et d’autres ; il apprit ainsi qu’elle avait 38 ans.



Il la sentit un peu rassérénée. Un amoureux pouvait faire des conneries, pas être dangereux.



Bien ce qu’il disait : une véritable miss Marple.



Il lui expliqua son travail.



Elle avait touché une corde sensible ; elle s’en rendit compte.



Il venait de donner un cours d’écologie vite fait.


Le soir commençait à tomber ; ils firent un petit tour dans le village. Le Pont de Montvert by night n’est guère animé, bien qu’aujourd’hui il restait quelques promeneurs. La fraîcheur s’installait. Nathalie mit un gilet sur ses épaules.



C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent dans la chambre, tout intimidés. Il la laissa utiliser la salle de bain en premier, faire sa toilette et se changer pour la nuit. Il regardait à la fenêtre quand elle revint. Il évita de l’observer, mais alors qu’elle se glissait dans le lit il eut la vision fugace d’une jolie jambe en partie cachée par un long tee-shirt.

Il se lava, passa un caleçon et revint. La chambre était sombre ; il ne savait pas si elle dormait. Il se coucha le plus doucement possible.



Elle s’était calée sur le bord du lit. Le plus loin de lui.



Il n’avait pas envie de lui répondre par la négative et déclencher une nouvelle crise.


__________________



Il était 9 heures lorsque Sylvestre ouvrit un œil. Il n’arrivait plus à savoir où il se trouvait.

Surtout que quelqu’un semblait collé à son dos : il possédait un troisième bras sur le ventre, et deux pieds étaient glissés entre ses jambes. C’était une femme. Qu’avait il bien pu faire hier soir ?

Tout lui revint lorsque la personne en question se réveilla aussi.



Il lui sembla discerner un peu de confusion sur son visage.



Avant de pénétrer dans la salle d’eau il eut de nouveau la joie de voir une jolie cuisse sortie de sous la couette.


Il avait oublié combien une femme pouvait mettre de temps à faire sa toilette, enfiler une robe et se passer quelques traits de maquillage sur les yeux et les lèvres.


À 10 heures 30 ils terminaient le petit déjeuner sur la terrasse alors que la patronne préparait les tables pour le repas de midi. Ils gênaient un peu.

À 11 heures ils se mettaient en route et entamaient une dispute qui allait durer deux jours.


Entrer en Lozère semblait compliqué ; en sortir relevait d’une épreuve digne des travaux d’Hercule. Quelle route choisir pour rejoindre les Vosges ? Elle proposait Clermont Ferrand et l’A75 ; lui, le Puy, Lyon et l’A6. Seul problème : sortir de Lozère. Il conduisait, il décidait. Provoquant la grande colère de sa passagère.


Il était 19 heures tapantes lorsqu’ils atteignirent Mâcon. Épuisés.


Il lui était déjà arrivé de voir une femme en rogne ; mais là, il côtoyait la championne toute catégories. Elle était furax. Ils étaient pressés et venaient de faire à peine 300 km en 8 heures.


À sa décharge, ils avaient tout eu. Des troupeaux de vaches en goguette et une transhumance de quelques milliers de moutons, ainsi que des tracteurs chargés de foin. Puis des files de camions dans les traversées de villages et des bouchons sur l’autoroute. Et pour couronner le tout, une crevaison.

Bien évidemment il n’avait pas de roue de secours, juste une roue galette.


Il crut même qu’au comble de sa colère elle allait lui flanquer la manivelle sur la tête. Elle se contenta de trépigner au milieu de la route. Deux vaches Aubrac aux longues cornes la regardaient, intéressées. Alors que Sylvestre était toujours accroupi à côté de la voiture et que Nathalie terminait sa danse du scalp, elle se rua sur lui et escalada les épaules masculines en hurlant.



Sur le bitume, une grosse sauterelle se baladait et agitait ses antennes vers ces drôles de bestioles.



Il secoua la tête en serrant le dernier écrou.


Ils n’avaient mangé qu’un sandwich maigrelet acheté à prix d’or sur une aire de repos tandis qu’il faisait réparer son pneu. Impossible de se traîner à 80 km/heure pour le restant du trajet.

Alors qu’elle mâchouillait son jambon-beurre, Nathalie continuait de râler.



Sur ces fortes paroles, elle éclata en sanglots. Il n’était pas fier de lui mais ne fit pas d’excuses.

Il possédait lui aussi un doctorat ès tête de cochon.


Ils étaient tous deux sur les nerfs.


Après avoir failli emboutir un camion, il sortit à Mâcon. Il leur fallait dormir. Malheureusement il s’y déroulait ils ne savaient quel festival d’œnologie, et tous les hôtels affichaient complet. Tous sauf un. Le plus sélect. À 210 € la chambre, la dispute passa au second plan. « Le Château de la Barge : beau nom pour passer la nuit avec une hystérique ! » se dit-il.

Ils allaient de nouveau dormir ensemble. Cela devenait une habitude.

Un repas dans une pizzeria, et au dodo.



Le regard noir de sa compagne de voyage l’incita à ne pas pousser la plaisanterie.


Cette fois il regardait un peu mieux cette chipie venir se coucher.



Réponse de la bergère au berger.

Sur ces fortes paroles ils se tournèrent le dos et sombrèrent dans le sommeil sans se souhaiter une bonne nuit.


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Le lendemain matin, une agréable sensation lui chatouillait le ventre. Il rêvait qu’il serrait contre lui une sublime créature, un bras passé par-dessus sa taille, ses doigts posés sur un sein.



Sylvestre se réveilla en sursaut.



Effectivement, sa grosse bébête hissait les couleurs. Elle avait faufilé la tête dans la braguette du caleçon. Après s’être retourné, il se dirigea vers la salle de bain, se déplaçant en crabe, les mains devant lui pour cacher tant que possible le machin en question.

Pour la première fois il la vit sourire. À ses dépens, mais sourire tout de même.


Ils reprirent la route très vite cette fois. À 10 heures 30, presque un exploit.

Elle semblait incapable de se préparer sans un minimum de cérémonial.


Alors que se préparait un orage redoutable, le petit chalet fut en vue en milieu d’après-midi. Malheureusement vide. Personne n’y avait habité depuis l’hiver dernier, quand Sylvestre et Torsten y étaient venus skier.



Ils achetèrent quelques victuailles à l’épicerie du village. Alors qu’ils revenaient, les vannes du ciel cédèrent. Les quelques mètres séparant la voiture du chalet suffirent à les tremper jusqu’aux os.

Cette dernière avanie acheva la malheureuse Nathalie. Elle craqua. Pleurant, gémissant, hurlant sa peine aux cieux, s’accusant de tous les maux, se traitant de mauvaise mère.



Après, tout devint confus.


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Une créature à ses côtés venait d’émettre un râle à côté duquel un T-Rex aurait eu la voix de Pavarotti.



Une femme s’époumonait depuis la cuisine :



Sylvestre ouvrit difficilement un œil. La lumière lui perforait le cerveau. Il était au pieu, à poil. Une femme lui serrait la queue. Sa main posée sur un sein, leurs jambes entremêlées.


Nathalie se leva en criant et partit vers la salle de bain, enroulée dans le drap.

Il plaqua un oreiller sur son service trois-pièces quand une jeune femme entra dans la chambre. La copie conforme de Nathalie, en châtain clair, et avec quelques taches de rousseur sur le nez. Et le même gabarit de poche.



Quelque temps plus tard, les deux enfants faisaient du café très fort et engueulaient leurs parents. Ils avaient passé quelques vêtements. Bizarrement, ils étaient tout empégués.

L’orage n’avait laissé derrière lui que des feuilles hachées par la grêle et le vent. Ils sirotaient leur café installés sur la terrasse. Le ciel sans nuages se reflétait dans le lac.



Nathalie suivait les principes de Napoléon : la meilleure défense, c’est l’attaque. Mais elle tomba sur un os.



Ils se faisaient l’effet deux gamins qui prenaient une remontrance de papa et maman. Le monde à l’envers.



Marie confirma la chose. Il y avait bien la trace des fesses de sa mère dans la farine !



Les hommes ont toujours été sensibles à ce genre de compliment, contents de savoir leur sucre d’orge de taille respectable mais aussi que les femmes sont satisfaites de leur façon de l’utiliser.



Il était un peu déçu quand même. Elle remarqua son dépit.



Elle dit ce dernier mot tout bas.

Dans la cuisine, ils entendaient les enfants râler et discuter.



À ce moment sa fille passa la tête par la fenêtre et cria :



Sylvestre avait la bouche de plus en plus sèche.



Il hocha la tête, affirmatif.



Dans la cuisine, Jan murmurait :



Heureusement, les deux parents n’entendirent rien de cet aparté.



Rougissante, elle semblait presque regretter de l’avoir avoué.

Sylvestre avait la voix enrouée lorsqu’il lui dit : « Tout le plaisir était pour moi. »

Pour libérer un peu la tension, il tenta de reprendre la conversation :



Il pouvait voir des traces de dents.



Il repensa aux toiles d’araignées.



Elle semblait tout intimidée en le confessant.



À ce moment-là, Marie sourit en les voyant partir vers la salle d’eau et secoua la tête.



Il lui sembla percevoir de l’admiration dans la voix de son fils.

Avant d’entrer dans la salle d’eau, il lança à Jan :



Il oublia vite ces propos sibyllins alors que Nathalie l’enduisait de savon.

Dans son idée, la douche n’était qu’un prétexte. Avec le gel douche, elle entendait bien continuer ce qu’elle avait entrepris la veille.



♥♥♥♥



En cette Saint Valentin, Torsten et Sylvestre se soutiennent mutuellement et braillent une chanson paillarde : « La petite Natahalie m’avait bien promis trois poils de son… » Ils entrent dans la chambre en titubant quelque peu.



Une infirmière bien gentille les fait asseoir de force dans des fauteuils.



C’est bien beau de jouer à la Bête des Vosges qui fait « Ahoouu ! », mais il peut y avoir des conséquences.



Nathalie et Sylvestre sont heureux de vous annoncer la naissance de leur petite Sandra Lou, le 14 février en la maternité de Saint-Dié des Vosges.


Marie et Jan Torsten sont heureux de vous annoncer la naissance de leur petit Garou le 14 février en la maternité de Saint-Dié des Vosges.



Sylvestre, contre toute attente, est devenu papy et papa le même jour.



Sylvestre gît, avachi à côté du berceau de sa fille, tandis que Torsten ronfle déjà comme un A380 au décollage. Avant de sombrer lui aussi du côté obscur de la cuite, Sylvestre a le temps de murmurer :