| n° 17030 | Fiche technique | 10903 caractères | 10903Temps de lecture estimé : 7 mn | 19/09/15 |
| Résumé: Ils se rencontrent, ils se plaisent, ils s'aiment et une belle rousse fait irruption... | ||||
| Critères: fh cunnilingu | ||||
| Auteur : Igitur Envoi mini-message | ||||
Elle rêve, bouche bée. Ses lèvres entrouvertes exhalent une légère vapeur qui virevolte un instant avant de disparaître. Je suis seul à la terrasse de ce café, un stylo à la main, un carnet devant moi, un peu hypnotisé par le tee-shirt rouge qu’estampent ses tétons tendus. Mon regard vagabonde de ce torse excité à cette bouche alanguie.
Du pouce, elle tripote l’écran de son smartphone. Moi, je ne sais choisir le destin du stylo : la dessiner, l’écrire ? Contourner de ma pointe le galbe de ce sein dont le coton suit la gracieuse courbe. Faire danser les noms, les verbes, les adjectifs autour de cet ovale de ses lèvres et du bout de sa langue qui parfois s’aventure brièvement au soleil.
Finalement mon stylo s’adonne à la reproduction des formes de son corps. Œil lascif, bouche voluptueuse, seins dénudés et ventre plat extrapolés.
Soudain, la voilà qui violemment assène à la table un coup de téléphone et laisse l’objet pour mort au pied de son verre vide. Je lève les yeux, elle me regarde bouche close, lèvres serrées, l’œil mauvais. M’aurait-elle deviné ? S’offusquerait-elle des esquisses que ma plume gribouille ?
À tout hasard, sans me décontenancer, je lève mon verre vide et propose :
Volte-face, elle sourit et accepte. Je commande et souris. Elle excuse son geste :
Son rire est moins crispé.
Et là, deux solutions : mentir et tout cacher, avouer et tout casser. Il n’y a pas encore grand-chose à casser de cette histoire.
Je montre le carnet.
Et son regard, enfin, amusé, plein d’interrogations, remonte jusqu’au mien.
Ici un résumé pour ne pas te faire perdre ton temps, lecteur lubrique : nous échangeons des morceaux choisis de nos curriculum vitae, nous parlons de tout, nous parlons de rien, sans équivoque, pendant un temps certain.
Le soleil ayant laissé place à la faim, je lui propose de poursuivre à la table d’un restaurant. Elle hésite, bouche bée. J’en profite pour butiner un peu ses lèvres. Ça la convainc. Enfin c’est comme cela que j’interprète la venue de sa langue qui dessine de tendres volutes contre la mienne.
Je passe mon bras autour de ses épaules pour la guider jusqu’au restaurant. Ils ne servent pas de lapin. Salle discrète, tranquille, lumière tamisée. Long baiser avant d’entrer. Apéritif. Pendant tout le dîner nous nous caressons pudiquement, nous nous embrassons discrètement, nous poursuivons des conversations sur tout, sur rien, non sans maints sous-entendus. La suite s’annonce érotique.
À la fin du repas je me pose la question cruciale : chez elle ou chez moi ? Mais, avant que je ne la formule, elle pose sa main sur ma cuisse, et dans la conversation cette réplique sans appel :
Chemin tranquille, bras dessus, bras dessous. Pour atteindre son sixième étage, ascenseur très étroit et très lent. Sa tête sur mon épaule, mes doigts sur son postérieur ganté de jean, globes ronds et charnus séparés par un long sillon vertical propice à cacher quelques rendez-vous avec le bonheur. Soupirs. Ah, plaisir, quand tu t’annonces…
Ô correcteurs intègres, tant de phrases sans verbe, oui j’en prends la licence et continue ici cette petite histoire simple. Avant cette interruption, l’ascenseur s’apprêtait à accoster au sixième étage et je me réjouissais par avance de la débauche sexuelle à laquelle ma partenaire semblait prête à se laisser aller. Je reprends.
Pendant qu’elle ouvre la porte j’adopte une pose distinguée, calme, respectueuse, loin de l’impétueux désir qui bouillonne en moi et m’aurait naturellement incité à me conduire comme quelque animal en rut. Grand bien m’en prend ; à peine la porte s’ouvre-t-elle qu’apparaît une superbe rousse à la tignasse de lionne, longiligne, gracieuse, mais qui jette sur moi un regard surpris et méprisant,
Elle m’a glacé. La chambre heureusement présente tout le confort, des WC au frigo, du cabinet de toilette à la machine à café. Le nécessaire pour ne pas sortir de tout le week-end et risquer de croiser encore la lionne aux yeux verts.
Sitôt la porte fermée, nous nous enlaçons avec une sorte d’urgence, nous débarrassant mutuellement de nos vêtements comme s’ils étaient envahis par de terribles fourmis rouges à la brûlure mortelle.
Nos désirs trop longtemps contenus s’expriment soudain avec violence.
La découverte de nos nudités, le contact de nos peaux, les parfums capiteux de nos désirs qui se mêlent ramènent un peu de calme. Seules nos lèvres et nos langues s’agitent encore un peu vivement les unes contre les autres.
Silence, caresses, gestes lents, mes mains à la rencontre du modèle des esquisses de naguère. Je ne me suis pas trompé sur ces seins en inventant leurs courbes ; entre mes doigts, ce galbe-ci est bien celui-là. « Le modèle est l’émotion que la main éprouve dans la caresse. » a dit Rodin. Son buste a la sensualité d’un Rodin.
Elle s’allonge. Je reste debout à regarder son corps alangui. À faire mentalement le dessin de son anatomie. Elle a les yeux clos. Elle attend, sereine, la caresse de ma bouche, le ruissellement de ma langue sur sa peau, la chaleur de mon torse sur son torse, et mon corps abandonné à ses bras. Elle m’attend. Je l’espère et j’ai plaisir à prolonger ce temps suspendu. Elle ouvre les yeux. Nous nous regardons, immobiles. Elle étendue. Moi debout. Chacun discerne le désir de l’autre. Il enfle et déborde, comme la houle enfle et submerge le quai aux marées d’équinoxe. Elle émet un petit soupir qui dit « Viens, laisse le désir guider tes gestes sur mon corps. »
Je m’approche sans hâte. J’effleure son sein du bout des doigts. Son cou. Son visage. Son bras. Son ventre. Ses cuisses. À chaque caresse, un frisson d’approbation. Lorsqu’elle cesse, soupir réprobateur. Houle de désir toujours plus ample.
Arrivé aux chevilles, je m’agenouille et ma bouche et mes mains s’emparent de ses pieds. Je les enrobe. Je les savoure. Parfum de plage de sable fin. Puis monte le long de sa jambe un mélange erratique de caresses, de baisers, de lapements de sa peau. Saveurs de fruits en salade, parfums de fleurs des prés. Le sommet des cuisses s’annonce, fragrances chaudes, touffeurs envoûtantes. Je retiens mes ardeurs. Les lèvres entrouvertes, luisantes, le bouton rose prêt à se déployer, bonheur convoité.
Je m’approche, lape le creux des cuisses, le bas du ventre, au plus près, sans jamais y toucher. Délicieux supplice où le désir exulte, et pour elle, et pour moi. Plus mes cajoleries s’approchent, plus le désir la crispe. Elle se cabre et arque son corps pour essayer d’attraper avec son sexe ma bouche qui se dérobe. Jusqu’où pourra-t-elle supporter le supplice ? On ne le saura jamais. Je cède le premier. Ses lèvres à pleine bouche s’entrouvrent et déversent le nectar concentré, perles de désir. Je déguste. Piments et agrumes, amande miel, ivresse.
Sous ma langue le clitoris roule, roule, roule. Je le caresse. Je le presse. Je le lape. Je l’aspire. Je le pousse. Je le tire. Je l’incarcère. Je le libère. Je le croque. Elle sursaute, pousse un cri, tout petit. Je le gobe. Je le masse. Je le pétris. Je le frotte. Je l’enveloppe. Roule, roule, roule.
Trop de verbes ? Mais j’agis. L’action est le domaine du verbe !
J’agis tant et si bien (?) qu’un orgasme déferle. Elle se tourne, se retourne, se cabre, se crispe, gonfle dans un gigantesque soupir ses poumons, ses muscles se tendent, et dans une ultime crispation de plaisir elle expulse violemment tout cet air en lançant un énorme cri de bonheur. Jusqu’à cet ultime cri libérateur j’étais moi aussi tendu, attentif à la montée de son plaisir, concentré sur les réactions de son corps. Et maintenant je suis haletant comme elle, heureux de l’avoir accompagné, flatté un peu de l’intensité du cri.
Et soudain la porte s’ouvre violemment. La rousse éclairée seulement par la lampe de l’entrée derrière elle, dans un déshabillé transparent, apparaît dans une nudité nimbée. Longues jambes fines, ventre plat, fesses rondes, fin duvet pubien, petits seins pointus, peau rosée constellée d’éphélides, chevelures flamboyante.
Et ma brune dans un geste rapide et emphatique fait voler au-dessus de nous le drap léger dont je m’étais couvert en hâte, exhibant à sa colocataire mon anatomie et surtout la tension de désir qui venait de redoubler à la vue de cette alliciante apparition.
Et quoi, vicieux lecteur, que t’imagines-tu ? Penses-tu vraiment que toutes les femmes ne pensent qu’à sauter au paf et se délecter de mon corps d’Adonis ? Je suis heureux ce soir d’avoir trouvé un jolie brune, gentille, drôle et prête à partager quelques délires érotiques avec un « mec qui est trop » ; alors…
Nous continuons à faire l’amour tranquillement et sans bruit, à discuter, à rire pendant deux jours. Le lundi chacun retourne à sa vie. Rendez-vous au prochain lapin.
J’aurais pourtant bien aimé goûter les saveurs épicées d’une rousse…