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Temps de lecture estimé : 12 mn
19/08/15
Résumé:  Premiers émois avec ma tante.
Critères:  fh fplusag oncletante grosseins vacances plage pénétratio init -inithf
Auteur : GillesP      Envoi mini-message
Ma première fois

C’était en juillet 1978, le 14. Je n’ai pas grand mérite à me souvenir précisément de cette date, puisque majeur depuis quelques jours, je n’avais pas eu à demander la permission de me rendre la veille au soir au bal. Les autres années j’allais au bal du 14 juillet, mais je demandais sagement la permission. Cette année-là, j’avais juste informé de ma sortie mon oncle et ma tante chez qui mes parents m’avaient accompagné le week-end précédent.


Mes cousins et ma cousine comme ils étaient plus jeunes que moi, furent placés sous ma responsabilité, responsabilité limitée car le bal se situait sur la place principale d’Arcachon située pratiquement sous les fenêtres de la maison familiale.


Fier de ma jeune majorité, j’avais profité ce soir-là de ma fraîche émancipation pour boire plusieurs bières qui bien qu’agrémentées de grenadine m’avaient montré combien il pouvait être périlleux de monter les escaliers quand les marches semblent onduler. J’étais ainsi rentré sous l’œil goguenard de la cousinade, quelques heures avant de me retrouver avec la langue pâteuse et la tête lourde. Sur le coup des deux heures du matin, je déambulais dans le couloir hésitant entre la destination cuisine et son verre d’eau ou les toilettes pour une fatale révérence au-dessus de la cuvette. C’est dans la cuisine que ma tante me trouva et me lança l’air amusé :



Son irruption me fit presque sursauter, ce qui continua d’amuser la sœur de mon père. Elle se servit un fond de verre de Marie Brizard et s’assit à la table de la cuisine m’invitant par la force des choses à en faire autant.



Ces phrases à l’apparente banalité étaient chargées de bien plus de sens qu’il pouvait y paraître. D’abord parce qu’elle m’interrogeait au sujet de ma cousine de quelques mois ma cadette, une brune avec des yeux de braise et un caractère bien trempé qui était réputée pour ses colères mémorables. Elle régnait sur ses deux jeunes frères, deux sportifs de quinze et seize ans, taillés comme des joueurs de rugby, sport qu’ils pratiquaient à merveille d’ailleurs, déjà familiarisés avec les troisièmes mi-temps, ils avaient ingurgité leur bière sans grenadine et sans éprouver mes difficultés.


Ma cousine Stéphanie déployait donc ses colères, même si j’avais toujours été épargné par ses foudres, j’étais, je crois, le seul à qui elle décochait quelques sourires. Elle ne me laissait pas indifférent, mais, marqué par une éducation catholique presque janséniste de la part de ma mère, je n’avais jamais tenté autre chose que de lui répondre par des sourires appliqués, probablement plus empreints de timidité que de charme. La fin des années soixante-dix connaissait les succès des films de Russ Meyer et de Fellini, que j’avais vus en cachette pour certains et ma cousine Stéphanie comme sa mère présentaient les même voluptueuses courbes sur le bas de leur cou que les actrices que j’avais admirées dans ces films.


Pour être complet dans la description de ma relation avec ma cousine, il me faudrait encore préciser, une confession qui me laisse un sourire amusé aujourd’hui mais qui me culpabilisait de façon excessive à l’époque tant j’étais marqué au fer rouge par l’éducation maternelle. La confession que je dois au récit, c’est qu’à dix-huit ans, je passais tout juste du stade des masturbations avec pour modèle les actrices des films sus cités, aux masturbations avec pour modèle quelques amies de ma mère et justement ma cousine Stéphanie, cela bien entendu dans le plus profond des secrets.


Il me faut encore ajouter dans l’appréciation du sens des phrases anodines de ma tante, une autre information. Pour la première fois, quelques jours avant ce 14 juillet 1978, anagramme du fameux 14 juillet 1789, j’avais osé regarder une femme dans les yeux en éprouvant un désir et cette femme n’était autre que la mère de Stéphanie, ma tante Catherine, celle-là même avec qui j’entamais une conversation sur le coup des deux heures du matin. Comment les choses s’étaient-elles présentées ? De façon fort sage avec le recul, mais ô combien érotiques pour le gamin que j’étais avec son peu d’expérience.


Ma mère et elle discutaient sur la plage ou plus exactement allongées dans de petites marmites d’eau, témoins éphémères de la marée descendante. Ces marmites étaient gorgées d’eau chaude dans lesquelles les deux quadragénaires allongeaient leurs formes pas encore quinquagénaires en discutant face à face et donc couchées sur le ventre. J’étais allongé à côté de ma mère qui était engoncée dans un maillot de bain noir une pièce, probablement conseillé par le Vatican ou à défaut le vicaire de la paroisse que je voyais au moins une fois par semaine rendre visite à mes parents. Je pouvais contempler la poitrine généreuse de ma tante face à moi. Bien sûr, son anatomie était masquée par le soutien-gorge vert bouteille de son maillot de bain, mais celui-ci était tout à fait pigeonnant vu qu’elle suivait les saintes écritures avec beaucoup plus de distance que sa belle-sœur.


Je pouvais donc me délecter du spectacle qu’elle m’offrait aussi discrètement que ma timidité de l’époque me le permettait. Ajoutons à cela que la tante relevait périodiquement ses orteils à la verticale de ses fesses afin de s’asperger d’eau et je pouvais remarquer la contraction périodique de ses fesses, ce qui à un ou deux mètres de moi constituait presque ce qu’on n’appelait pas encore un peep show. Ce délicieux manège avait définitivement achevé de prononcer mon impossibilité à me relever pour les suivre à la baignade quand elles décidèrent de quitter leur flaque pour rejoindre un des chenaux si caractéristiques du bassin à marée basse. Quand elles revinrent, j’étais toujours cloué au sol, atteint de priapisme. Quelques vingt minutes plus tard, lorsque nous nous levâmes pour regagner la maison familiale, je dus user de contorsions pour ne pas dévoiler mon état. Mais ce fût peine perdue, ma tante jeta sur mon anatomie un regard furtif mi-curieux, mi-amusé.


Au moment où je discutais avec ma tante Catherine dans cette nuit d’insomnie, mes pensées se trouvaient donc embuées par la soirée mal emmanchée avec ma cousine Stéphanie que je n’avais pas réussi à inviter à danser par timidité. Je me trouvais dans la posture ridicule que de celui qui trouve les musiques du 14 juillet pas assez à son goût. J’étais ainsi avec ma tante dans un état entre deux, avec le souvenir honteux d’une érection mal dissimulée.


À ce moment de la soirée, il me faut préciser que rien dans l’attitude de ma tante ne pouvait me laisser présager de la suite de la nuit. Ajouté à cela le fait que son mari, mon oncle Jean, était d’un naturel autoritaire qui n’invitait pas spécialement le jeune homme timide et mal assuré que j’étais à envisager d’autre issue à la soirée qu’un retour à la case lit de la chambre des garçons sans passer même en rêve par la case madame ma tante.


Oncle Jean, comme nous l’appelions, était banquier. Pas un banquier petit et chauve comme Bernard Blier savait les incarner au cinéma de l’époque, mais un banquier élégant, bel homme mais imbu de lui-même, cassant et peu amène humainement parlant. Il n’empêche qu’il avait épousé la sœur de mon père, dont le récit laisse déjà entrevoir qu’elle était une belle femme. Non seulement elle était belle, mais avec le recul je peux ajouter que son charme était renforcé par le fait qu’elle était fantaisiste dans l’âme sous quelques aspects de bourgeoise plus conventionnelle.


Ainsi par exemple, elle portait un de ces chignons très classique, chignon d’un blond vénitien teint de toute pièce qui mettait en avant ses yeux de braise semblables à ceux de sa fille Stéphanie. Elle agrémentait souvent le tout d’un rouge à lèvres carmin qui tranchait avec le côté sage du reste de son visage. Elle était d’une ossature fine, aussi bien niveau des poignets et des jambes, mais elle arborait une belle paire de seins qu’elle mettait en valeur par des soutiens-gorge en obus comme on en voyait encore à cette époque-là. Elle s’habillait par contre de façon décontractée, en pantalons, en pulls, en chemises qu’elle nouait sur le ventre et si on aurait pu penser qu’avec son galbe une paire de talons hauts aurait été du plus bel effet, c’est en chaussures basses, fréquemment en espadrilles qu’elle se promenait. Si son mari arborait de belles voitures allemandes qui collaient bien avec son statut, c’est dans une Méhari qu’on la voyait se balader sur le bassin. Telle était ma tante, mélange de classe et de simplicité, gaie malgré une vie de couple qui, je ne le savais pas encore, était chancelante. Moins de deux ans après cette soirée, le couple allait être amené à se séparer, laissant le banquier épouser une femme plus jeune et de l’avis de tous moins amusante que l’était ma tante Catherine.


Ma tante avait toujours le sourire aux lèvres et toujours une expression imagée à la bouche. Elle ne rechignait pas à nous railler sur nos hypothétiques frasques amoureuses. Il n’était pas rare de la voir faire rire ou plutôt glousser ma mère en lui racontant des histoires de canaille. Elles passaient ainsi des heures au téléphone ensemble, la frivole racontant à la catholique les complexes de sa fille au sujet de sa poitrine trop développée ou les tâches suspectes qu’elle retrouvait dans les slips de ses garçons. Ma mère me relatait parfois un peu gênée ces détails dont ceux concernant ma cousine s’amoncelaient dans le terrain de mes fantasmes.


Cette même tante Catherine extirpa d’un frigo un reste de far breton que nous dégustâmes, moi par thérapie, elle par gourmandise. C’est un peu grâce à un morceau de flan qui tomba dans l’échancrure de sa robe de chambre que les choses basculèrent. Elle ponctua l’incident d’un « nom d’un chien », injure populaire à l’époque et ouvrit son peignoir d’éponge blanc qui ne cachait rien d’autre que la nudité de sa poitrine. Mon regard ne se détacha pas de son sein découvert, ce qui provoqua en réponse la fermeture de sa robe de chambre. Pour la deuxième fois en quelques jours je dévoilai

mon intérêt pour ma tante qui par ce geste de repli montrait peut-être une gêne, du moins pouvais-je le supposer.


Puis elle rouvrit son linge de façon moins naturelle que la première fois. Elle sourit en ponctuant le geste d’un « je ne peux quand même pas le laisser comme ça ». J’avais bu, les barrières de la timidité s’étaient estompées, j’ai, sans réfléchir saisi le morceau de far pour le reposer dans mon assiette. Il en restait, j’ai essuyé avec mes doigts la dernière trace. J’ai donc touché ainsi ma première poitrine et quelle poitrine ! Mais là encore, ma maladresse, la honte que je sentais poindre dans mon dos pour ma hardiesse et le silence qui s’installa pesaient sur mes épaules, mi chape de plomb mi douche glacée. Les secondes qui suivirent durèrent une éternité. Des images de conversation téléphonique entre ma tante et ma mère au sujet de mes gestes déplacés, de mes regards obliques, de mes érections maladroites, hantaient ce qu’il me restait d’esprit. Autant mes yeux avaient été rivés sur cette poitrine pendant quelques secondes d’éternité, autant ils plongeaient maintenant vers le sol vers les nimbes de la honte !


Mais elle posa sa main sur ma jambe. Elle me sourit. Sa main posée n’avait rien de sexué. Elle ajouta souriante mais non mutine :



La tante se servit un deuxième verre de Marie Brizard non sans m’en avoir proposé. J’avais perdu sa main sur ma jambe qui m’avait fait belle impression. Ma gorge se nouait, je me suis levé pour aller remplir mon verre d’eau une deuxième fois puis me suis assis à nouveau à la même place, c’est à dire au bout de la table de la cuisine non loin de sa chaise elle aussi en bout de table. Une fois assis, j’ai vu que l’ouverture de sa robe de chambre était devenue béante aussi bien en haut, dévoilant une partie de sa poitrine qu’en bas, dévoilant assez haut ses jambes. Je n’en voyais pas plus qu’à la plage et à tout réfléchir plutôt moins mais l’érotisme n’est pas dans la quantité et le suggéré était là. Ses jambes croisées laissaient son genou supérieur imprimer un mouvement à sa jambe… Son regard n’était plus tout à fait le même, il laissait deviner de la buée, des vapeurs de Marie Brizard et je crois bien du désir.


Elle ajouta :



L’inexpérience, la timidité, la peur m’empêchèrent de prendre les devants. Mais quels devants prendre ? Et puis la situation si elle était troublante ne provoquait plus l’effet que ma tante m’avait fait sur la plage. Des idées noires me traversaient la tête : si je ne parvenais pas à bander ? Me parlait-elle de ses envies ou des envies en général ? Perdu dans pensée je la vis finir son verre d’un trait, puis se lever et se diriger vers la porte de la cuisine.



Me levant dépité, je passe près d’elle, elle ferme la lumière, met la main sur mon épaule et me tend la joue dans la pénombre éclairée par une petite lampe trônant au fond du couloir. Elle ponctue la bise par un « bonne nuit, beau jeune homme ». Ma joue s’appuie sur la sienne et reste curieusement collée, elle retire sa joue et appuie sa bouche sur mon autre joue sans la retirer. Sa poitrine vient s’amarrer doucement à mon torse et bientôt mon sexe gagnant en assurance s’appuie contre son ventre. Son baiser aux effluves de Marie Brizard se transforme en chuchotement :



Sa main agrippe ma verge ou plutôt la bosse que fait ma verge… elle appuie, serre, tire, palpe… Ma main palpe un de ses seins, puis s’insinue sous sa robe de chambre. Ses pointes sont érigées. Elle pousse ma tête sur sa poitrine. Je la tête fiévreusement.



Le cabanon était une petite pièce indépendante au fond de la cour, aménagée en salle de jeu pour les enfants. Nous avons traversé la cour, moi devant, elle derrière moi me tenant le bras. Arrivés dans l’aire de jeu, elle m’embrasse, me lèche les lèvres et la langue. Puis, pour la première fois une femme ouvre ma braguette, prend mon sexe dans sa main et le masturbe comme j’aime le faire mais avec plus de délicatesse et plus de variations. Elle caresse mes testicules. Je la laisse faire, épanoui, enivré et heureux. Si j’étais un chat, je ronronnerais. Elle s’assied sur la table et positionne ma verge tendue entre ses cuisses écartées. Je pousse, je tire, je ramone, je fais ce que je n’ai jamais fait, mais que j’ai maintes fois imaginé. Mes mains s’agrippent à sa poitrine, je la pétris en continuant les mouvements de mon bassin. Je sens une douceur infinie autour de ma verge. J’accélère. Je sens sa respiration suivre la cadence. Elle jouit, je la suis. Je suis comblé.


Il me faudra peut-être donner une suite à ce récit car nous avons eu quelques « revenez-y » espacés dans le temps et dont certains fleurissent encore les balcons de ma mémoire. À l’heure qu’il est, je m’achemine vers la soixantaine, j’ai appris hier que ma cousine Stéphanie était en train de divorcer, elle que j’ai toujours regardée avec beaucoup de sentiments mais que je n’ai jamais pu, su ou voulu approcher.