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Temps de lecture estimé : 10 mn
30/04/15
Résumé:  Une aventure ephémère, mais troublante...
Critères:  #confession fh couleurs extracon grossexe poilu(e)s campagne nudisme
Auteur : Elodie S      Envoi mini-message
De la rivière à l'évier




Je regrette d’avoir mis cette courte robe d’été. Stéphane a beau m’ouvrir la voie dans la végétation luxuriante à coups de pied… et de glacière, ronces et orties me meurtrissent les jambes. Inès et Saïd, qui me suivent, sont en pantalon et ne souffrent pas des tourments de cette flore agressive.

Après une dizaine de minutes de cheminement malaisé dans cet environnement hostile, nous atteignons enfin le but de notre expédition : la rivière. Le courant est vif, mais l’eau est claire. Steph nous a vanté ce petit coin de paradis, et son charme est effectivement réel. La rive de notre côté est en pente douce, alternant galets et sable fin ; la berge paraît plus prononcée sur l’autre versant. Au milieu d’un ample méandre, un îlot assez large de sable fin émerge. C’est là que mon homme a décidé de nous emmener pique-niquer.


Ce week-end a été planifié il y a quelque temps. Steph voulait me présenter un de ses camarades du CHU, Saïd, carabin tunisien venu faire un stage de thérapie intensive en France. Il est venu accompagné d’Inès, une infirmière du service de réanimation où ils opèrent.

Nous déposons notre barda pour nous mettre en tenue, mais, au moment où je veux enfiler le petit deux-pièces fuchsia que je viens d’acheter en solde, Steph me lance d’un ton péremptoire :



Je ne suis pas particulièrement prude, mais il aurait pu me demander mon avis avant ! En plus, j’avais envie d’essayer mon petit maillot, dont c’était la première sortie… Nous nous retrouvons donc en tenue d’Adam et d’Ève pour entreprendre la traversée qui nous mènera à l’îlot de rêve. Chaque homme a une glacière dans une main et tient sa compagne de l’autre. Le lit de la rivière est couvert de galets glissants, et j’ai de l’eau au nombril. Elle est fraîche, et le courant qui file entre mes jambes me donne de sensuels frissons.


Je regarde le couple qui patauge devant nous. Inès est assez grande, mais bâtie comme un garçon : taille peu marquée, pas de hanches, fesses plates, petits seins avec de gros tétons proéminents et sombres. Comme s’il avait deviné mes pensées, Steph me lâche la main, descend la sienne de ma taille à ma hanche pour finalement m’empaumer une fesse d’un geste propriétaire en me susurrant à voix basse :



Il a toujours eu d’étranges manières pour me complimenter !



Je regarde le dos de Saïd. Il est grand, solidement charpenté (il a sympathisé avec Steph à la section rugby du CHU) et a des poils très noirs sur le dos, et même sur les fesses. Moi qui imaginais tous les hommes glabres de ce côté-là…


Nous atteignons notre atoll. Les hommes déblaient branches mortes et cailloux pour que nous puissions y déployer les serviettes. C’est alors que je découvre Saïd côté pile, et que je manque de m’étouffer. Il est velu comme un singe, et le seul bout de peau visible est celui de son sexe. Mais quel sexe ! Il pend, long, gros, obscène, et se balance au rythme de ses pas. Le gland, clairement visible, fait une tache brunâtre sur son corps noirci de poils. Par comparaison, celui de Steph, sous l’effet de l’eau froide, est court, tout recroquevillé, pointant presque vers le haut. Je me demande s’il est circoncis…

C’est alors que je croise le regard de Saïd : il a clairement vu je le fixais et arbore un sourire entendu. Je détourne les yeux et pique un violent fard comme une ado prise en faute. Heureusement, les autres n’ont rien vu.


Je sors le ravitaillement pendant que les hommes débouchent le rosé. Nous avons l’impression d’être des Robinson Crusoé perdus au bout du monde, et l’ambiance est joyeuse. Les plaisanteries de carabins me font pouffer de rire, et Inès – visiblement habituée – n’est pas la dernière dans ce registre gaulois. Évidemment, mon regard accroche souvent l’appendice viril de Saïd, qui me paraît l’agiter exprès tout près de moi, mais je détourne les yeux à chaque fois en évitant les siens.


J’ai droit à des compliments pour mes sandwichs, et une fois restaurés, nous décidons avec Inès de parfaire notre bronzage intégral pendant que les garçons décident d’entreprendre la construction d’un barrage à l’aide de galets et de branchages. Les rayons du soleil sur ma peau me grisent, et je ne tarde pas à plonger dans une petite sieste réparatrice facilitée par le rosé bien frais. Peut-être est-il aussi la cause du rêve troublant qui agite mon sommeil, où j’assiste, passive, à l’accouplement bestial d’Inès et de son Tunisien dont l’énorme mandrin la pénètre bestialement…

Les cris des hommes qui jouent au rugby dans l’eau derrière notre dos m’arrachent des bras de Morphée. J’ai dormi pendant une bonne demi-heure. Inès lève la tête de sa revue et me glisse :



Je suis son regard et découvre avec stupeur deux pêcheurs d’une vingtaine d’années confortablement installés sur la rive face à nous, nous détaillant sans vergogne. Je resserre brutalement les cuisses et tente de m’enrouler dans ma serviette, mais Inès me retient :



Décidément, j’ai du mal à m’habituer au langage hospitalier. Il est vrai que les deux garçons ne semblent pas particulièrement intéressés aux mouvements de leurs bouchons. Ma voisine continue :



En rechignant et en m’efforçant de garder les cuisses serrées, je décide de les ignorer et de me plonger à mon tour dans une revue en tournant le dos à nos jeunes mateurs. Mais du coup, nos deux joueurs de water-rugby sont dans mon champ de vision. Des images animalières me traversent l’esprit en contemplant Saïd : en cachant son visage, on pourrait le prendre pour un gorille, tant il est velu. Et lorsqu’il s’avance avec l’eau à mi-cuisses, son sexe évoque la trompe d’un éléphant s’abreuvant à l’onde pure ! Bref, ma lecture n’est pas passionnante…


Steph siffle la fin du match et nous levons le camp. Pour me consoler de ne l’avoir essayé plus tôt, j’enfile mon bikini fuchsia (il me va à ravir) et m’enroule dans ma serviette en guise de paréo. Bien m’en prend : le trajet retour dans la jungle épineuse est bien moins douloureux que l’aller, mes jambes sont presque protégées.


Arrivés dans la maison de la grand-mère de Steph, nous nous changeons, et il insiste pour visiter le potager. Avec raison ; c’est une merveille : de multiples légumes, artistiquement alignés, s’épanouissent sous nos yeux. Nous ramassons radis, tomates, salades, herbes aromatiques pour une méga salade. Mon homme nous répartit ensuite les rôles pour le dîner : Saïd doit préparer le barbecue, moi la salade, et les deux autres vont au bourg acheter saucisses et merguez.


Je m’installe devant l’évier et m’attelle à la tâche. Par la fenêtre, j’admire le parc de la grand-mère de Steph. J’y aperçois tout à coup le reflet d’une haute silhouette qui s’approche dans mon dos, et deux mains viennent se poser sur mes hanches. Je voudrais crier mon désaccord, mais les mots étrangement se bloquent dans ma gorge. Saïd ! Il me domine de plus d’une tête, qu’il incline vers mon cou, puis pose ses lèvres sur ma nuque. Je devrais m’insurger, le repousser, et pourtant je reste étrangement passive. Il me mordille la nuque, de plus en plus fort, et de langoureux frissons descendent le long de ma colonne vertébrale ; sa bouche migre vers mon oreille, dont il pince le lobe entre ses dents, puis revient vers mon cou. Ses dents sont maintenant plus agressives ; il me mord sans ménagement. Je reste plusieurs minutes immobile, victime presque consentante de ses caressesbuccales.


Avec une infinie lenteur, ses mains entrent en mouvement et descendent sur mes hanches vers le bas de ma robe. Il en saisit l’ourlet, qu’il remonte vers mon ventre, puis glisse ses doigts sous l’élastique de mon panty qu’il fait doucement descendre sur le haut de mes cuisses. J’ai le souffle agité et tente de le maîtriser. Je constate avec étonnement qu’il arrête son geste, attend quelques instants comme pour s’assurer de ma passivité. Sa main s’incruste alors sous la dentelle le long de mes fesses, effleure mon petit trou, se pose sur mon périnée. Des ondes traversent mon bas-ventre, je ferme les yeux. L’effet de la palme de ses doigts irradie toutes mes terminaisons nerveuses. Il les bouge à peine, mais je réagis au moindre frémissement. Puis il reprend vers l’avant sa sensuelle migration, se faufile sur mes lèvres intimes sans même s’y infiltrer et atteint mon mont de Vénus, où il s’immobilise.


Nous restons tous deux parfaitement cois, l’espace d’une minute ; l’atmosphère semble lourde. Ses lèvres se reposent sur mon cou, il se déplace un peu sur le côté et pose sa main libre sur mon buste. Je vois enfin une partie de son corps, et les poils qui recouvrent le dessus de ses doigts. Ils ouvrent deux boutons de mon décolleté, s’infiltrent dans mon soutien-gorge et extraient mes seins, non sans mal, de leurs bonnets. Il en saisit une pointe qu’il pince et triture de plus en plus fort tandis qu’il mord avec vigueur la peau de mon cou. Ces traitements virils me troublent profondément, et je sens mes lèvres qui sourdent et s’ouvrent à la caresse ; mais le grand Tunisien, actif avec ses dents et la main sur mes seins, laisse l’autre figée sur ma féminité. Un peu malgré moi, j’écarte les cuisses autant que je peux, entravée par mon shorty…

Il murmure d’une voix rauque à mon oreille :



Dun geste autoritaire, il me lâche le sein et fait glisser mon shorty vers le bas. Je soulève une jambe pour l’aider. Je devine qu’il descend son jogging, et sens contre mon sexe son membre érigé. Il s’accroupit légèrement et, beaucoup trop lentement à mon goût, me pénètre peu à peu. Je me sens humide et accueillante à sa pénétration. Il progresse inexorablement en moi ; mes chairs se distendent : il est gros, il est long… Tellement long que, sous sa lente poussée, je me retrouve sur la pointe des pieds, les coudes au bord de l’évier, courbée en avant. J’ai l’impression qu’il me remonte l’utérus tant il s’enfonce en moi, et je profère d’étranges sons. Une fois ses bourses contre mes fesses, il s’arrête puis se retire avec la même exaspérante lenteur ; il sort complètement, me laissant une désespérante impression de vide. Nouveau temps mort, puis il reprend son va-et-vient cruellement lent avec une maîtrise inconnue pour moi, plus habituée aux étreintes rythmées. Je ne résiste guère à ce traitement nouveau, me contracte, me relâche, l’inonde et m’affale vers l’avant dans l’évier.


Je reprends connaissance en l’entendant me susurrer :



Je ne réagis même pas aux propos incongrus. Il me soulève sans difficulté, telle une poupée de chiffon, et me retourne face à lui, assise sur le plan de travail. Il tire sur ma robe pour dénuder complètement ma poitrine, la regarde l’air gourmand, ôte son tee-shirt et me soulève les cuisses pour les poser sur ses larges épaules. Mon shorty pendouille de manière grotesque à une de mes chevilles, étendard ridicule de mon abandon coupable. Cette fois-ci, je l’ai de face, avec son dru manteau de poils. Et l’homme qui m’avait fait l’amour avec tant de douceur, à presque me laisser languissante, se mue brutalement en fauve en rut. Il me pistonne avec fureur, m’envoyant sous ses coups me cogner contre le bord de la fenêtre, m’attirant ensuite vers lui pour mieux glisser en moi. Il ahane, il grogne, il rugit, me pourfend. Nous partons tous les deux dans une apothéose totale ; sa semence gicle en moi, je l’inonde de mes sucs. Il retombe sur moi, nos corps anéantis. Je suis conne un fœtus, écrasée par son corps qui me plie, les seins comprimés par les genoux qu’il m’écrase.


Le bruit d’une voiture nous sort de la torpeur. Je sursaute, ramasse à la hâte mes vêtements épars et file honteusement me cacher dans ma chambre. J’ai à peine le temps de me redonner un look normal ; Stéphane me hèle au sujet du repas, s’étonnant du retard pris dans la confection du dîner. Je prétexte un malaise dû à trop de soleil.


Tard, dans l’intimité de la nuit, quand mon homme me câline, je fais le strict nécessaire et simule un orgasme. Mon corps a trop donné et reçu !



Je n’ai jamais revu Saïd. Quelques semaines après notre aventure, il est parti suivre sa formation dans un CHU de la région parisienne. Mais je ne l’ai pas oublié, et, parfois, il me manque.