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n° 16616Fiche technique143609 caractères143609
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Temps de lecture estimé : 100 mn
29/01/15
corrigé 09/06/21
Résumé:  Dans la vie, il y a les choses dont on se souvient, celles que l'on a oubliées, et celles que l'on voudrait pouvoir effacer de sa mémoire. Mais parfois, un banal accrochage en voiture peut faire voler en éclats une petite vie pourtant tranquille.
Critères:  #humour #délire #aventure #policier f fh ff fbi frousses voiture voir exhib noculotte lingerie fmast fellation pénétratio attache fouetfesse
Auteur : Someone Else  (J'essaie de sortir de l'ordinaire...)            Envoi mini-message
L'amnésique (adoucit les mœurs)



Quand on est en bagnole, qu’on a une voiture de police devant soi, un hélicoptère au-dessus et une ambulance derrière, que fait-on ? Et bien, en général, le mieux à faire dans une telle situation est de descendre du manège…

Mais en attendant, là où je suis et coincé comme je le suis, il s’agit plutôt d’un drôle de manège… Juste devant moi, une voiture de police est en travers de la route, gyrophare allumé et bloquée par une barrière donnant accès à ce qui m’a tout l’air d’être des garages privés. Derrière, et également à l’arrêt depuis quelques instants, une ambulance essaie de frayer un passage entre les voitures, toute sirène hurlante.


Ah, cela a l’air de se décoincer un peu ; j’en profite donc pour me resserrer sur la droite, vers la voiture de police, afin de faciliter le passage au véhicule de secours. Et là, soudain, tout va très vite : alors que je suis sur le point de repartir, la voiture de police en question se met à reculer brusquement, sans prévenir et surtout à une allure telle qu’il m’est impossible de l’éviter ou même de klaxonner. Et vlan, un pare-chocs, une calandre et une aile…


Pour moi, une charrette, c’est un tas de ferraille, point. Alors, c’est quasiment le sourire aux lèvres que je descends de ma chignole à la ligne désormais totalement inédite, à la rencontre de ces chers gardiens de la paix. Seulement, le zigoto à casquette ne l’entend pas de cette oreille ; et vas-y qu’il m’accuse de l’avoir percuté volontairement, qu’il était prioritaire, que je n’avais rien à faire là, et j’en passe…


Tas de ferraille ou pas, ce n’est pas pour autant que je vais laisser cet hurluberlu, tout casquetté qu’il est, défoncer ma charrette sans réagir. Du coup, d’un mot en vient un autre, puis encore un autre, jusqu’à ce que ceux d’entrave aux forces de l’ordre et outrage à agent soient prononcés. Là, je vois rouge et, pour la première fois depuis de longues années, je craque. Verdict : un bourre-pif, et un agent allongé pour le compte.

Seulement, tout comme les couilles ou les témoins de Jéhovah, les flics, ça va toujours par deux…



—ooo0ooo—



C’est donc les menottes aux poignets que je me retrouve à la maison Royco. Le commissaire veut me voir personnellement mais il est occupé, semble-t-il. Comment a-t-il pu être averti de mes exploits avant même mon arrivée ? Je l’ignore.

En attendant, c’est en compagnie d’une bande de gugusses aux mines bien sympathiques que je me retrouve au placard. L’un d’eux, pas tout à fait gaulé comme une armoire à glace mais me dépassant quand même d’une bonne tête, s’approche de moi, hilare. Je ne peux m’empêcher de serrer les fesses pendant que je le peux encore puisque quelque chose me dit qu’après m’avoir soigneusement ravagé la tronche, lui et ses copains ne manqueront pas de me réaléser le trou de balle façon porte des étoiles.



Il me faut une fraction de seconde pour capter que ce sobriquet sympathique désigne en réalité le commissaire Montrant.



Là-dessus, il me tend à serrer une main à peine plus petite qu’un porte-avion.



De toute évidence et à ma grande surprise, ce type qui ferait passer Terminator pour un enfant de chœur m’a plutôt à la bonne. Je risque :



Il éclate d’un rire qui en fissure le plafond de la cellule.



De fait, et même si je ne l’avais pas remarqué, il y a une autre cellule en face de celle où je suis, apparemment plutôt réservée aux arpenteuses de trottoir. Quoiqu’en fait d’arpenteuses, je ne serais pas plus surpris que cela si, en leur mettant la main au panier, l’on trouve deux grelots à quelques-unes d’entre elles… Mais cela ne les empêche pas de se marrer. Soudainement, j’ai l’impression qu’il n’est nul besoin d’être blonde et de déblatérer des conneries dans un téléphone pour accéder à la célébrité.




—ooo0ooo—



Deux heures. Deux heures à profiter l’incomparable moelleux d’un banc de bois, et enfin son altesse sérénissime Mongland consent à me recevoir. Inutile de dire que, toute fierté honteusement bue, je suis prêt à lui proférer mes plus plates excuses pourvu que je puisse me barrer de ce trou à rats. C’est pas qu’ils me soient antipathiques, mes lascars, mais leurs plaisanteries graveleuses commencent à me courir sur le haricot. De plus, il y a un bon moment que je ne tire plus gloriole de passer une nuit au poste, si tant est que cela ait été le cas un jour.



Ce disant, il compulse distraitement un dossier à mon nom et dans lequel je reconnais une photocopie de mes papiers d’identité ainsi que la carte grise de ma voiture.



Oui, je sais, le James Bond de la déculottade, l’Indiana Jones du baissage de froc. Mais quelquefois, il vaut mieux fermer sa gueule et passer pour un con plutôt que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet… Il a un sourire mauvais.



Il farfouille dans ma poche avant d’en extraire mon larfeuille.



Il y a deux heures encore, je lui aurais simplement claqué qu’il fallait apprendre à lire s’il avait des doutes.



Je manque de m’en étrangler.



La dénommée Mathilde est à la fois un flic en civil et une grande brune aux cheveux courts. Elle serait sans doute plutôt mignonne si, tandis qu’elle me ramène au chtard, elle ne me fixait pas avec un rictus digne d’un doberman. D’ailleurs, il ne doit lui manquer que la parole puisqu’elle ne parle pas, elle grogne.




—ooo0ooo—



De nouveau, il se passe plus de deux heures avant qu’un vague sandwich que l’on jurerait d’occasion tant il est dégueulasse ne nous soit servi, accompagné d’un sublime Château-Lapompe 1947 servi dans des timbales en plastique dont on aimerait être certains qu’elles n’aient pas servi préalablement à recueillir des échantillons d’urine.

Bah, de mémoire, l’endroit n’est pas inscrit au Guide Michelin.



C’est la douce voix du garde-chiourme Mathilde qui me sort des limbes. En temps normal, je m’insurgerais du tutoiement et du reste, mais l’heure n’est pas aux civilités. De nouveau, me voilà dans le bureau du commissaire.



Une fois de plus, il sourit sournoisement.



Là, sur le grand écran et totalement éberlué, j’assiste à quelque chose d’assez épatant : dans un premier temps, un petit jeune qui monte sur le trottoir en grande tenue de scootériste avant de s’arrêter devant une porte d’immeuble avant d’en ressortir quelques instants plus tard, cette fois en tee-shirt et tête nue. Là, le gamin monte sur son engin et repart à faible allure sur le trottoir… C’est là qu’entrent en scène Starsky et Hutch qui se précipitent alors à la poursuite du jeune.


Seulement, celui-ci n’a rien raté de ce qui se joue derrière lui, et tandis qu’il se faufile avec son engin par l’entrée réservée aux piétons avec le sourire aux lèvres, le gyrophare ambulant reste coincé à la barrière. Pendant ce temps, le gosse a tout le temps de rentrer son brêlon au garage et de claquer la porte au nez des deux condés, furieux d’avoir été roulés dans la farine.

Ensuite, malgré l’avance rapide, plus rien en se passe et personne ne ressort. Le box est très probablement relié, d’une façon ou d’une autre, au domicile du gamin. Je m’inquiète.



Je m’étrangle.



De nouveau, un regard sadique.



« Whooooh putain… » Je fais mine de ne pas comprendre.



« Merde, merde et re-merde… » Il va falloir que je m’explique, et au vu du comportement de ce cher commissaire et de sa plus ou moins adjointe, cela sent un peu, comment dire… oui, c’est ça : la merde. En attendant, je le laisse parler.



Je hausse les épaules, faussement décontracté.



Cet instant, j’aurais certes préféré l’éviter, mais cela fait des années qu’à tout hasard j’en peaufine les détails. Simplement, il va me falloir être convaincant, et je n’ai qu’une seule prise.



Il explose.



Il faisait froid en ce début d’hiver, j’étais en train de claquer sur le trottoir et tout le monde s’en foutait… Et il n’y en a eu qu’un pour me tendre la main : Michel Slotinsky. Il ne savait rien de moi, et pourtant, tel l’Auvergnat de Brassens, il m’a sauvé la vie en m’accueillant chez lui. Certes, c’était un misérable deux-pièces, mais il y faisait chaud, il y avait de quoi grailler, et c’était tout ce qui comptait.



Il a une grande gueule, monsieur le commissaire, mais je viens de lui claquer le beignet en quatre mètres sur trois. Du coup, il modifie son angle d’attaque :



Cela faisait déjà un moment que je cherchais à subvenir à mes besoins pour ne plus vivre aux crochets de Michel quand je suis tombé par hasard sur le journal financier du voisin du dessus. Étrangement, tout cela m’a semblé familier et je me suis mis à boursicoter virtuellement… Très vite, je me suis mis à faire les poubelles pour récupérer le journal en question jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais un don pour tout ce qui se passait du côté du Palais Brongniart. Alors, un soir, j’ai réussi à convaincre Michel de me prêter une centaine d’euros, une fortune pour lui qui n’avait jamais réussi à mettre deux ronds de côté mais, trois mois plus tard, je lui offrais une voiture. Six mois plus tard, nous troquions cet étron pour le sublime coupé allemand dont il avait toujours rêvé.



Avec un spécimen pareil, heureusement que la connerie ne se voit pas de l’espace, sans quoi Google Earth n’aurait plus qu’à fermer boutique.



En vérité, j’aimerais bien ne lui en montrer qu’un seul, le plus long, mais je crains que cela ne nuise quelque peu à nos relations…



S’il avait simplement consulté le compte rendu de ses subalternes, il aurait remarqué ce détail. Mais, évidemment, quand on a la science infuse… Il s’étrangle.



Je hausse les épaules.



Cette fois, la soupape de la cocotte-minute saute.



Si c’était le cas, je crois quand même que je ne serais pas celui qui a commencé.



Puis, s’adressant aux deux flics chargés d’assurer sa sécurité :



Tandis qu’on me raccompagne en cellule, je suis en train de me dire que le commissaire a choisi l’option gravier et verre pilé, garanti 100% sans vaseline. Mon avenir semble bien sombre…



—ooo0ooo—



En France, lorsqu’un type est déclaré ne pas être responsable de ses actes, on ne le colle pas en taule… Non, pour lui, c’est l’établissement psychiatrique.

Seulement, comme à une époque il était assez courant, dans les familles friquées, de faire interner le cousin Albert ou la vieille tante Ginette sous prétexte que c’était lui ou elle qui disposait du pognon ou de la clé du coffre, la loi a prévu des garde-fous, c’est le cas de le dire.

Et donc, la loi prévoit que deux psychiatres assermentés se chargent d’évaluer à quel point ton ciboulot fait de la roue libre. Faut pas croire : les histoires de fous sont prises plus au sérieux qu’on ne le l’imagine…


Mais moi, bien sûr, il faut que je fasse les choses autrement. Comme par hasard, nous sommes une veille de vacances scolaires, et les deux docteurs Maboul qui m’auscultent semblent en réalité bien plus pressés d’aller rejoindre leurs marmots que de s’occuper véritablement de mon cas. D’ailleurs, c’est tout juste s’ils ne se sont pas pointés en bermuda et chemise à fleurs !

L’examen est alors rondement mené. Responsable de mes actes ou pas, ranafout’, pour eux : on verra cela en début de semaine prochaine.


Quelquefois, on se dit qu’on a touché le fond et que plus rien ne peut vous arriver. L’ennui, c’est quand l’on se rend compte que d’autres continuent de creuser sous vos pieds.



—ooo0ooo—



J’avoue : tout au début, j’ai été à deux doigts de me demander si je ne ferais pas mieux de me faire sauter le caisson. Mais cela fait désormais trois jours que je suis chez les dingos, et je commence à y prendre mes quartiers. D’ailleurs, je crois que je fais bien, puisque lorsque Mongland a confronté mon empreinte ADN à celles du fichier central, rien n’a matché. Match nul, balle au centre… sauf que, logiquement, j’aurais dû sortir, quitte à être mis sous contrôle judiciaire. Au lieu de ça, je reste coincé entre ces quatre murs.


Seul côté positif, les soignants m’ont à la bonne, et pour cause : l’amnésie est certes un trouble de la théière, mais il n’affecte ni les jugements, ni le comportement. En clair, je ne suis pas dangereux, et c’est peut-être pour cela qu’une infirmière stagiaire vient régulièrement me faire la conversation.


Ça fait du bien, parce qu’entre les vraies foldingues et celles, certes, moins ravagées mais ayant largement dépassé la date de préemption, question gonzesses, je n’étais pas à la fête.

De ce que j’en sais, elle se prénomme Jessica, et cette jolie blonde aux yeux verts devrait être intégrée à l’équipe dans quelques semaines. Bien que je ne me fasse aucune illusion sur la probabilité de la mettre à l’horizontale, je me surprends à m’en foutre complètement. Une simple amitié, dans ce genre de milieu, c’est précieux.

Je suis en train de faire ma petite sieste digestive sur un banc du parc, assis tranquillement à l’ombre du réfectoire lorsque je l’entends arriver vers moi, particulièrement guillerette.



Pendant l’espace d’une seconde, je me demande si c’est du lard ou du cochon. Jusque-là, elle ne m’avait jamais tutoyé, mais il est vrai que j’étais à peu près le seul à avoir droit à ce régime de faveur, que ce soit de sa part comme de celle des autres soignants, d’ailleurs. Par contre, j’ai surtout eu droit à un coup de décolleté ravageur qui m’a laissé sans voix. Elle est venue, j’ai vu et… J’ai été vaincu. Enfin, vingt culs, peut-être pas, mais voilà que je commence à me demander s’il ne serait pas envisageable d’aller visiter le sien… Après tout, débloquer du ciboulot dans une maison de fous, c’est assez logique. Cependant, mon pote, il va vraiment falloir arrêter de gamberger.


Tandis que je la regarde s’éloigner, je ne peux que m’étonner de la voir passer un coup de fil à l’aide du téléphone qu’elle vient de sortir de je ne sais où. Cela serait purement anecdotique si l’ensemble des soignants n’avait pas pour ordre de ne rien avoir sur eux, pas même un stylo qui pourrait devenir un objet contondant. D’ailleurs, leurs blouses n’ont pas de poches…

Bah, inutile de me poser des questions, je n’ai qu’à rêvasser et imaginer tout ce que je pourrais faire avec elle et que pourtant je ne ferai pas. Ça me fera passer le temps.



—ooo0ooo—



Tromper l’ennui, faut pas croire, c’est une activité de chaque instant… Ouvrir un bouquin, par exemple, c’est généralement un excellent moyen de passer le temps ; encore faudrait-il qu’il ne manque pas une page sur deux à la moitié des ouvrages, et que l’autre moitié ne soit pas constellée de gribouillages !

Peu importe, j’ai déjà lu ce livre il y a plusieurs années ; je crois que je parviendrai à reconstituer les passages manquants. Alors, de bites géantes en paires de couilles poilues, j’essaie de me frayer un passage jusqu’à la fin… Pour me rendre compte qu’au final, l’assassin n’était pas celui dont je croyais me souvenir. Bah, qu’à cela ne tienne ; c’est en sifflotant que je retourne à ma chambre. Dans le couloir, je me surprends à chantonner :


Ce soir j´attends Jessica

J´ai apporté du lilas

J´en apporte toutes les s´maines

Jessica elle aime bien ça…


Deux heures plus tard, j’éteins la lumière. Tout comme Madeleine, Jessica ne viendra pas. Il ne me reste plus qu’à dormir.



—ooo0ooo—




Suis-je en train de rêver ou est-ce la réalité ? Et comment m’a-t-elle appelé, la miss ? En tout cas, Jessica est bel et bien devant moi, peut-être encore plus jolie qu’à l’habitude. Je me retiens de me pincer, tant cette apparition semble irréelle.



Ce disant, elle m’attrape la main et m’extirpe du lit. À pas de loup et à la simple lumière de sa torche électrique, nous voilà en train d’arpenter les couloirs. Je reconnais la salle de repos du personnel.



Aussitôt la porte refermée, la voilà qui se jette dans mes bras et m’enfonce sa langue jusqu’aux amygdales. Tiens : à en juger par le reflet dans le miroir, sa blouse n’a pas tout à fait la longueur réglementaire, et certains boutons semblent avoir été oubliés.



« Pierrot… Pierrot… » Le diminutif de Pierre, habituellement. Sauf qu’à part Pierre qui roule, je ne connais personne de ce nom et je n’ai aucune idée de qui est ce type.



Pareil : la seule Jessica que je connaisse est celle qui a eu un bébé. D’ailleurs, depuis ce temps, Jessica Lange.(Oui, je sais, c’est lourd, mais la couche était pleine…)



Je suis certain que la plus forcenée des bigotes n’a jamais été aussi rapide à se mettre à genoux. Par contre, pour Vanessa, pas question de prière, même si la rapidité avec laquelle elle vient de sortir Popaul de sa prison de toile est assez miraculeuse. Et comme la déesse me pompe divinement, on peut dire qu’on n’en sort pas ! La tornade dure comme ça quelques minutes jusqu’à ce que, toujours sans dire un mot, elle ne se redresse que pour mieux m’expédier sur un canapé qui, à en juger par son moelleux, a connu des jours meilleurs. Là, elle retrousse sa blouse, faisant apparaître une superbe culotte de dentelle jaune au travers de laquelle se dessine un sexe totalement glabre.


La suite est finalement assez prévisible : elle écarte précipitamment la broderie pour s’empaler sur ma queue comme une furie, et nous voilà partis dans une chevauchée héroïque digne des meilleurs films de John Ford.

« Jessica, Jessica… Non, j’ai beau chercher, ce prénom ne me dit rien. » Mais, comme l’on dit, la vérité est ailleurs ; elle se situe pour ma part au niveau de mon entrejambe. J’ai beau essayer de me concentrer pour ne pas exploser trop vite et priver ma belle inconnue de son plaisir – on est gentleman ou on l’est pas, bordel – il n’en demeure pas moins qu’il ne s’agit plus que d’une question de secondes. Jessica s’en rend sans doute compte et, c’est au moment précis où je me déverse en elle qu’elle se libère en un grognement rageur. Tiens, justement, je jurerais que cette façon de grognasser ne m’est pas inconnue…

Pas le temps de réfléchir, elle s’est déjà rajustée. Câline, elle se blottit entre mes bras.



Elle s’énerve. Pourtant, en tant qu’infirmière psychiatrique, elle devrait savoir que la mémoire des amnésiques ne se débloque pas plus en claquant des doigts qu’avec un digicode ou un pied de biche.



Soudain, tout s’éclaire… Lesage, le nom qui figurait sur le second dossier posé sur le bureau du commissaire lors de notre deuxième entrevue. Et puis, je connais cette voix : c’est celle de… celle de… Comme pour mieux m’en convaincre, j’attrape les cheveux de Jessica, et la perruque me reste dans les mains. Malgré les lentilles de couleur, le doute n’est plus permis : l’infirmière n’en est en réalité pas une, puisqu’il s’agit de Mathilde, l’adjointe de ce fameux commissaire Montrant.

Cette fois, c’est moi qui explose.



Ce que miss Pétasse oublie, c’est que, contrairement à notre première entrevue, je ne la joue plus profil bas et que, surtout, j’ai les mains libres. La gifle que je lui balance en pleine tronche la projette sur le lino où elle glisse plusieurs mètres sur le cul. Je n’ai pas pour habitude de cogner les femmes, mais le coup est parti tout seul.

Je m’attends à ce qu’une alarme retentisse et à voir débouler des flics ou des infirmiers, mais rien ne se produit. Par contre, pour Mathilde, la fête est finie, et je la vois disparaître au fond du couloir.




—ooo0ooo—



Toute la nuit, je me suis attendu à voir débouler dans ma piaule une armée de types armés de camisoles de force et de tranquillisants, mais il n’en a rien été. Je n’ai même pas droit à un entretien avec un psy ou je ne sais quoi… C’est bien simple : tout se passe comme si Jessica/Mathilde était tombée dans une faille temporelle et qu’elle n’avait jamais existé. Pourtant, on n’arrivera pas à me faire croire qu’une inspectrice puisse se faire passer pour une infirmière dans un établissement spécialisé sans quelques complicités en haut lieu… C’est un asile de fous, ici, pas un asile de cons !


Mais ce n’est pas pour autant que Montrant m’a laissé tomber, et je l’apprends de la manière la plus inattendue qui soit : le midi, pendant le repas, la télé fonctionne. Certes, il s’agit d’un vieux clou tellement hors d’âge que l’on s’attend à y voir apparaître le général De Gaulle aux informations ; certes, l’écran est protégé par un grillage qui donne toujours l’impression de voir le monde derrière une cage à serins, mais il n’en demeure pas moins que c’est ma trombine qui vient d’être dévoilée. Naturellement, on a droit à un chapitre sur ma disparition, même si je remarque qu’à aucun moment il n’est question de mes exploits fliquesques ; mais, bien entendu, toute personne ayant des renseignements concernant mon identité est appelée à composer un numéro de téléphone qui s’affiche en bas de l’écran.


Peu importe, puisqu’un avocat s’occupe désormais de mon cas. Il m’a assuré que seule l’usurpation d’identité pouvait être retenue contre moi, mais que j’avais des circonstances atténuantes, que la vidéo prouverait que j’ai quasiment agi en état de légitime défense quand j’ai boxé le flicard, et que je serai dehors dans peu de temps. Espérons que tout cela soit vrai.



—ooo0ooo—



Tout comme dans le vocabulaire courant, un policier est un flic ou un condé, un avocat est parfois appelé un bavard. Il est sans doute inutile d’expliquer pourquoi… Mais il y a une autre appellation qui est parfois utilisée : celle de menteur. Et il n’est nul besoin, là encore, de s’en demander la raison ! J’en ai une parfaite illustration puisque, huit jours plus tard, je me balade toujours en pyjama bleu délavé au milieu d’une belle brochette de maboules.

Quant aux deux psychiatres censés revenir me voir, inutile de préciser que, tel sœur Anne, je n’ai rien vu venir. J’en suis tout doucement à évaluer précisément le nombre de cuillères en plastique il me faudrait subtiliser pour pouvoir creuser un tunnel entre ma chambre et le mur d’enceinte lorsque je suis appelé au parloir. Encore un coup de Montrant ?

Si c’est le cas, il doit bien se douter que ça va chier des bulles carrées…



La dame qui se présente à moi a dû être, par le passé, absolument ravissante. Même si, à vue de nez, elle doit avoir dépassé la quarantaine, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit encore d’une très jolie femme. Rousse, les cheveux bouclés et les yeux azur, le maquillage soigné, elle porte ce qui ressemble furieusement à une robe de créateur et son manteau m’a tout l’air d’être un authentique vison. De plus, il se dégage d’elle cette aura indéfinissable qui n’appartient qu’à ceux à qui la vie a réussi, ce qui n’empêche toutefois pas son visage de refléter l’inquiétude.



« Eh non, je ne vous reconnais pas, Madame, et croyez bien que j’en suis désolé. »



Improbable ou pas, elle continue de m’inspecter sous toutes les coutures.



Je m’exécute. Après tout, cela ne mange pas de pain.



Elle vient d’utiliser un ton cassant qui ne supporte aucune réplique. Encore une fois, je ne sais qui est cette jolie rousse, mais elle en impose.



Même si je m’efforce de ne piper mot, il n’en demeure pas moins que je suis quelque peu sur le cul.



« Et pan, dans les dents… » Il est temps pour moi de briser le silence.



En un instant, l’assistance disparaît ; une volée de moineaux. Je reste seule avec la dame. Tout en lui montrant discrètement les caméras de surveillance, je lui glisse à l’oreille :



Elle sourit, bien qu’elle soit visiblement étonnée.



Le contraste entre le ton qu’elle vient d’utiliser – ainsi que son vocabulaire – et celui qui était le sien il y a quelques instants plus tôt est saisissant.



« Euh, non merci, Madame. » J’irais même jusqu’à dire que j’en ai soupé, de ces barjots… Seulement, depuis l’épisode de la fausse Jessica, je suis sur mes gardes et je n’ai pas envie de tomber dans un autre piège de cet empaffé de Montrant. D’un autre côté, je ne vois absolument pas au nom de quoi je pourrais refuser de suivre cette dame, surtout qu’elle m’offre la possibilité de me sortir de ce trou à rats sur un plateau d’argent.



Un simple signe de sa main, et voilà le toubib et toute son escouade qui rappliquent. Encore une fois, je ne sais pas qui est cette Marie-Charlotte, mais elle n’est probablement pas n’importe qui.




—ooo0ooo—



À peine une demi-heure plus tard, c’est au volant d’un sublime cabriolet Bentley que ma belle inconnue m’emmène. À peine la grille de l’hôpital psychiatrique franchie, celle-ci s’adresse à moi. Elle parle à voix basse, comme si elle craignait d’être entendue.



Que veut-elle dire, cette chère Marie-Charlotte ? Qu’a-t-elle à m’offrir : son cul, ou son pognon ? Parce que, quitte à paraître prétentieux, je sais exactement comment me procurer l’un et l’autre.



Vu sous cet angle, je ne vois pas bien ce que je pourrais trouver à redire. Par contre, je remarque le soudain changement de son registre de langage. Je me risque :



À ma grande surprise, elle sourit.



Je ne saurais expliquer pourquoi, mais j’ai bien envie de la croire.



Elle me fait discrètement signe de regarder dans le rétroviseur.



La petite route que nous empruntons depuis quelques kilomètres est sinueuse à souhait mais, malgré tout, il m’est effectivement facile de repérer le véhicule en question, une Twingo blanche.



Si tous les hommes politiques de tous bords cessaient soudain de raconter des conneries, j’en serais moins surpris.



Je flaire le coup pourri.



Elle reste totalement imperturbable.



Encore une fois, il y a un sacré contraste entre la bourgeoise qu’elle semble être et le vocabulaire qu’elle n’utilise d’ailleurs que par intermittence.



Bah, que faire ? Elle est très consommable, Marie-Charlotte. Après tout, un petit coup de queue, cela n’engage à rien.



Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que, sans prévenir et surtout sans ralentir, Marie-Charlotte vient de s’engouffrer dans un chemin creux. La lourde voiture n’en finit pas de faire des soubresauts sur les nids de poule… Enfin, nous nous arrêtons ; et sans attendre, la conductrice déboucle sa ceinture et vient m’embrasser à pleine bouche.


Nous sommes censés être en représentation, me semble-t-il. Alors, normalement, j’aurais dû avoir droit à un patin de cinéma mais, tout au contraire, sa langue chaude vient brusquement se mêler à la mienne. Et, pendant ce temps, sa main gauche vient de faire sauter l’ensemble des boutons de mon jean… L’instant d’après, elle a fait jaillir la bête qu’elle s’empresse d’emboucher, et j’ai soudain l’impression d’être relié à une pompe aspirante ! Sa langue virevolte autour de mon sexe dressé, j’en vois des étoiles…


Tout en continuant de s’affairer sur mon sexe dressé, je la vois trifouiller l’un des boutons de la console, et la capote commence à se replier silencieusement. Puis, elle se décolle de mon engin et, après avoir rapidement retiré les brides de ses escarpins, monte sur le dossier du siège conducteur pour venir s’asseoir là où se trouvait quelques instants plus tôt la lunette arrière.


Ça, question spectacle, ils vont être servis, nos chers paparazzis ! En effet, du coin de l’œil, je constate avec amusement que Marie-Charlotte avait raison : la Twingo est bel et bien arrêtée un peu plus haut et, de là où je suis, j’aperçois même le reflet d’une paire de jumelles.


Mais, pour moi aussi, le spectacle vaut le déplacement. La belle vient de se retrousser, et si je ne suis finalement qu’à moitié surpris de voir apparaître la lisière d’une paire de bas crème et l’attache noire d’une jarretelle, je ne m’attendais pas à découvrir une ravissante petite touffe rousse libre de tout écrin. Je ne peux m’empêcher de manifester ma surprise.



Elle sourit.



En attendant – et bien que ce ne soit pas l’envie qui m’en manque – pas question pour moi de l’embrocher sans un minimum de préparation. Déjà, même si je ne connais cette Marie-Charlotte que depuis une petite heure et que je n’ai aucune idée de qui elle est et de ce qu’elle compte faire de moi, autant essayer d’être à la hauteur de ses espérances, au moins sur le plan sexuel. Pour le reste, on verra plus tard !


Alors, ôtant précipitamment cette satanée ceinture de sécurité, c’est à mon tour de m’agenouiller sur le cuir fauve pour mieux me glisser entre ses jambes. Son sexe sent délicieusement bon ; le soin qu’elle porte à sa petite personne ne se limite visiblement pas à la partie classiquement accessible de son anatomie.


Ai-je la berlue, ou l’entends-je déjà soupirer ? Pourtant, ma langue ne s’est infiltrée entre ses lèvres que depuis quelques secondes, mais déjà je sens son bassin chavirer sous ma caresse. Vais-je m’arrêter en si bon chemin ? Certainement pas, mais je m’efforce, malgré la façon dont elle vient de m’attraper la tête pour mieux la mener là où elle a envie, de ne pas entreprendre tout de suite son petit bouton. Je glisse, virevolte autour de lui, ne m’en approche que pour mieux m’en éloigner…


Bien entendu, tout cela ne peut durer éternellement, et après quelques minutes à tourner autour du pot, ma langue s’attaque enfin à ce petit organe qui n’en finissait plus de quémander. Aussitôt le contact établi, la réaction ne se fait pas attendre : ce ne sont plus des petits cris, mais de véritables hurlements que Marie-Charlotte commence à pousser ! En fait-elle des tonnes, ou est-elle sincère ? Dans le doute, autant ne plus finasser : allons-y franchement ! Je la lape cette fois sans retenue. J’ai beau essayer de varier les plaisirs en tentant de redescendre jusqu’à sa grotte d’amour, mais ses mains, désormais de chaque côté de mon crâne, me tiennent si fort qu’il m’est impossible de m’extraire de ce diabolique petit bouton…


Là-haut, le tonnerre gronde. Si ce n’est que de la simulation, elle est sacrément douée, Marie-Charlotte ! Pourtant, je jurerais que tout cela n’est pas du bidon et que sa jouissance est proche. J’en ai confirmation quelques secondes plus tard lorsque tout son corps s’arc-boute autour de ma langue et qu’elle explose en un violent orgasme qui me laisse totalement à bout de souffle.

Logiquement, s’il s’agissait simplement de donner le change vis-à-vis des deux types vissés derrière leurs jumelles, cela devrait suffire. Personnellement, cela ne me déplairait pas puisque, après tout et si elle semble être une baiseuse hors normes, il n’en demeure pas moins que je n’ai toujours aucune idée de ce que cette très chère Marie-Charlotte attend de moi dans les jours qui vont suivre.


Mais pour l’immédiat, il semblerait bien que la partie ne soit pas finie puisque, après m’avoir fait me relever du compas de ses jambes en m’attrapant par l’épaule, c’est à mon membre viril qu’elle vient de s’accrocher telle une naufragée à sa bouée de sauvetage. Elle tire, elle tire et elle tire encore… Pas la peine de résister – et cela tombe bien, je me surprends à finalement ne pas en avoir tellement envie – et c’est sans avoir le temps de dire ouf que je me retrouve enfoncé jusqu’à la garde dans son antre brûlant. « Mon Dieu, qu’elle est serrée, surtout pour une dame qui ne doit pas en être à son coup d’essai ! » Cette fois, ce ne sont pas des étoiles que j’aperçois, mais des systèmes solaires, des nébuleuses, des galaxies…


Réfléchir ? Essayer de penser ? De toute façon, il est bien connu que, chez l’homme, la Nature n’a pas prévu assez de sang pour irriguer à la fois le cerveau et le sexe. Alors, puisqu’il en est ainsi, allons-y gaiement ! Ramonage et pilonnage sont les deux mamelles de la France…


Un feu d’artifice… « Elle en voulait, Marie-Charlotte ? Eh bien, elle va en avoir ! » Je ne sais pas depuis combien d’années je n’ai pas fait l’amour avec une telle hargne. La voiture en tremble ; il me semble même qu’elle est en train de reculer, tant mes coups de boutoir seraient capables d’assommer un bœuf. Malgré la sueur qui coule désormais dans mes yeux, je peux toutefois apercevoir du coin de l’œil nos deux gugusses toujours en observation… Et apparemment, ils apprécient ! Enfin, sans doute pas autant que Marie-Charlotte qui, les ongles plantés dans l’épaisseur du cuir, s’efforce de ne pas lâcher prise tout en rugissant de plaisir. Naturellement, ce petit jeu ne peut pas durer très longtemps, et c’est après un ultime coup de reins dévastateur que j’éjacule un demi-litre de foutre tout au fond de ma partenaire. De son côté, elle en profite pour pousser un énième hurlement capable cette fois de faire s’écrouler la vieille grange tout au bout du chemin.



—ooo0ooo—



Quelques minutes plus tard, l’orage s’étant enfin calmé, c’est après avoir recapoté que nous reprenons notre route.



Elle pouffe, avant de redevenir sérieuse.



Souvent, il suffit de titiller les gens pour en apprendre beaucoup sur eux. J’espère que cela fonctionnera.



Soit ma conductrice est sincère, soit elle est une bonne comédienne.



Elle reste silencieuse quelques instants.



Marrant, mais le boursicoteur que je suis ne connais pourtant pas cette boîte.



Ah, dans ce cas, cela s’explique. Certaines entreprises évoluant dans le domaine du matériel stratégique sont certes cotées en bourse mais ne sont pas toujours accessibles au plus grand nombre.



Elle a un sourire crispé.



Elle semble profondément affectée par cette évocation. Je la laisse se reprendre.



Elle semble au bord des larmes. Même si ce n’est pas très élégant, j’en profite pour lui assener ce que je pense être le coup de grâce :



Nullement désarçonnée, elle réfléchit quelques secondes.



J’ai déjà entendu cette maxime au cinéma, mais l’entendre dans le monde réel me fait un drôle d’effet.



Si tout cela est vrai, j’avoue que cette histoire ne manque pas de sel. Reste à savoir si tout cela n’est pas une vaste fumisterie destinée précisément à m’enfumer.



Elle a alors un sourire narquois.



Ben voyons… Nous voilà dans un scénario à la Dallas. Malheureusement, certains d’entre eux ont été inspirés de faits réels.



Dans cette débauche de pourcentages, je glisse alors la question qui, elle, a au moins 100% de chances d’être celle qui tue.




—ooo0ooo—



Tandis que nous venons de franchir les grilles de ce fameux manoir, je ne comprends pas bien. Certes, la maison est belle, vaste et parfaitement entretenue, mais nous sommes à des kilomètres de ce que j’avais imaginé.

Un vieil homme, le dos voûté, sort sur le pas de la porte. Marie-Charlotte s’arrête auprès de lui et baisse ma vitre. Le visage du type s’éclaire.



Naturellement, je lui adresse un sourire amical tandis qu’il me serre la main. Nous repartons.



Elle éclate de rire.



« Deux kilomètres ? Elle a pété un boulon, mémère ? »

C’est en voyant apparaître le fameux manoir que je réalise que c’est plutôt moi qui débloque… En vérité, en fait de manoir, moi j’appellerais plutôt ça un château. Peut-être pas Versailles, mais dans le genre pavillon de jardin, ça se pose là.



Elle explose.



Soudain, il me semble indispensable de mettre les choses au point.



Elle a un sourire narquois. Pour elle, c’est simple : je réponds à l’appât du gain. Il me faut dissiper le malentendu.



Cela peut paraître surprenant, mais je n’ai jamais voulu voir les choses en grand. J’aurais pu amasser une fortune à la Bourse, mais je n’en ai jamais ressenti le besoin. Une belle voiture, un bel appartement, des voyages où je veux et quand je veux, cela me convient très bien. Et comme, en plus, j’ai un certain nombre « d’amies » qui, pour autant que je les emmène aux quatre coins du monde, sont toujours prêtes à me tenir chaud sous la couette, je n’ai vraiment pas à me plaindre.

Elle se ravise.



Sur l’immense perron et au bras de Marie-Charlotte, je me retrouve face à une dizaine d’hommes et de femmes, tous vêtus d’un uniforme impeccable.



Tout ce petit monde se fend d’une courbette digne d’une chorégraphie de la Star Ac’.



L’un d’entre eux, un grand brun aux tempes grisonnantes et à la cinquantaine bien tassée s’avance alors.



Machinalement, je lui tends la main. Il reste interdit quelques instants, avant de se raviser et de me la serrer chaleureusement tandis qu’une salve d’applaudissements retentit. Il me paraît alors difficile de ne pas prendre la parole.



Si je veux être crédible, il serait bon de savoir comment le vrai Dubreuil se comportait avec son personnel. Était-il, comme je m’efforce de l’être moi-même, plutôt respectueux d’autrui, ou était-ce – comme trop souvent chez les friqués – un vrai con avec ses subalternes ?

Je n’en sais rien, mais mon amnésie a toutes les chances de devenir l’explication la plus plausible à toutes les bizarreries et autres étrangetés qui ne vont pas manquer de se produire.



Bien entendu, je lui emboîte le pas dans l’immense escalier de marbre. Tandis que nous arrivons sur le palier, elle se retourne et s’adresse à une petite brune plutôt mignonne mais que je n’avais pas véritablement remarquée jusque là.



Puis, à mon adresse :



Je souris.



Ont-elles conscience, toutes les deux, qu’en matière de thé, je suis une buse finie ? Bah, pour cela comme pour le reste, je vais m’efforcer d’approfondir mes connaissances.


Le canapé de cuir bordeaux dans lequel je suis a dû, à lui seul, être responsable de la mort d’une bonne douzaine de vaches. Le reste est à l’avenant : meubles Louis XVI, tapis épais à en égarer sa montre, et tout cela se trouve dans une pièce à peine moins grande qu’un terrain de football.



Elle sourit.



Des fois, je me demande si j’ai bien la lumière à tous les étages. Elle poursuit :



Elle reste pensive quelques instants avant de reprendre :



Décidément, cette femme est la contradiction née.



Elle n’a pas tort, en vérité.



Le chef d’une entreprise de cette taille qui se soucie de ses salariés, c’est assez inhabituel. Elle poursuit :



On frappe alors à la porte. L’attitude de Marie-Charlotte change alors du tout au tout. Elle redevient souriante, presque futile. Personne ne pourrait se douter de l’importance de notre conversation.



Revoilà donc la petite brune de tout à l’heure et, cette fois, j’ai tout loisir de la détailler. La trentaine, brune aux yeux noisette, un petit nez retroussé et une allure résolument friponne. Pourtant, tout cela m’avait totalement échappé à l’étage au-dessous. L’ivresse de l’altitude vous ferait-elle ouvrir les yeux ? Mais, pour le moment, elle est surtout encombrée d’un plateau grand comme une table de ping-pong sur lequel la moitié de l’argenterie de la maison a dû être déposée. Marie-Charlotte lui sourit.



Puis, se tournant vers moi :



J’adore le plan de l’épouse qui propose à son mari de renouer avec sa maîtresse après de longues années. De plus, c’est présenté comme si cela coulait de source… Si je n’étais pas déjà assis, j’en serais, une fois de plus, sur le cul.



Dans les yeux de la dénommée Vanessa, je lis tout un tas d’émotions. De la honte, de la fierté, de l’amusement, des regrets, peut-être même un peu d’amour et pas mal de coquinerie, aussi. Je persiste à me demander si c’est du lard ou du cochon.



Cette fois, c’est officiel : je suis à la rue. Réfléchissant à mille à l’heure, j’essaie de pas sombrer corps et biens.



Est-ce un sourire qui vient de s’afficher sur le visage des deux femmes ?



Marie-Charlotte acquiesce.



Là-dessus, elle s’éclipse silencieusement. Je fulmine.



Quelque chose me dit qu’elle s’attendait à cette question et qu’elle en avait longuement préparé la réponse.



Con, je crois bien que je n’en ai pas que l’air, mais aussi les paroles.



Elle manque de s’étrangler.



Évidement, mademoiselle suit ses études dans l’une de ces universités huppées où les frais de scolarité nécessitent une carte bleue avec refroidissement liquide.



Je n’ai pas encore fini ma phrase qu’elle est déjà en ligne. Je note au passage que si, dans la jet-set, il semble être assez tendance de se faire fabriquer des coques de portable incrustées d’or et de pierres précieuses, le sien est certes un modèle haut de gamme mais tout ce qu’il y a de plus classique, ce qui dénote que son état d’esprit est peut-être celui qu’elle prétend avoir. Quelques mots en anglais, un second appel, et elle raccroche.




—ooo0ooo—



C’est quoi, l’expression consacrée ? Je crois que c’est « Se remettre d’une nuit agitée »… Une fois les domestiques rentrés chez eux ou dans leurs appartements, Marie-Charlotte a tenu à me faire personnellement visiter son château, en me précisant que la semaine qui s’annonçait risquait d’être la plus longue de sa vie mais que, pour le moment, elle voulait tout oublier.


Et ça, pour oublier, on a oublié. Elle m’a sucé dans la bibliothèque, devant quelques milliers de livres anciens. À l’aide de ma langue, je l’ai fait jouir une première fois sur la table de la salle de réception, prévue pour accueillir des centaines de convives. Je l’ai prise à même le parquet au beau milieu de la salle de bal, après avoir pris soin d’illuminer l’endroit de ses dizaines de lustres de cristal. Elle a tenu à m’offrir ses reins dans la chapelle tout en faisant mine de s’en remettre à tous les saints. Ensuite, elle a tenu à me faire visiter la salle de torture, bien que je doute qu’il n’y en a jamais eu dans un château datant de la Renaissance comme celui-ci. Elle aurait aimé que je sorte le martinet, mais je me suis contenté de lui offrir deux orgasmes successifs après l’avoir attachée sur une croix de Saint-André. Et pour finir, elle a tenu absolument à ce que je me répande sur son visage dans le carrosse doré de la châtelaine tout juste restauré.

Quand, totalement à bout de forces, nous nous sommes enfin lovés dans l’immense lit à baldaquin, il devait être plus de trois heures du matin. Épuisé autant par les émotions que par l’insatiable appétit de mon hôtesse, j’ai sombré dans les limbes.



—ooo0ooo—



C’est la bonne odeur du café frais qui me sort des bras de Morphée. La vue qui s’étale devant moi au travers des fenêtres est remarquable ; elle donne sur le parc et porte à des kilomètres. Cependant, tout cela n’est rien en comparaison du sourire que m’adresse Vanessa, rayonnante.



Tandis qu’elle sourit, je jette un œil sur ma montre. Dix heures.



C’est à dire à la Défense. Bigre, hélicoptère ou pas, ce n’est pas la porte à côté. À mon avis, l’hélico en question ne doit pas être un vague coucou d’aéro-club.



Ah d’accord… Pendant les travaux, la vente continue.



Je griffonne quelques mots et une adresse sur le bloc-notes de la table de nuit.



Le temps de tourner la tête, je l’entends déjà courir dans l’escalier. Et je n’ai pas encore trempé mon croissant dans ma tasse de café que déjà retentit le grondement caractéristique d’un bicylindre italien et des graviers qui volent. On sait ce que l’on veut, dans cette maison.

Nouveau grattement à la porte, voilà Vanessa qui revient.



Elle sourit, le regard aussi amusé que gourmand.



Je suis sur le point de lui demander de m’en dire un peu plus lorsqu’elle me coupe :



Déjà, elle a tourné les talons.



—ooo0ooo—



Immense bureau de marbre situé au dernier étage d’une des tours les plus hautes de la Défense, silence de cathédrale : l’endroit est conforme à ce à quoi je m’attendais. Même Edgar ressemble également à l’idée que je m’étais faite de lui : petit, rondouillard, le cheveu rare mais le regard vif. Aussitôt arrivé, il se précipite pour me serrer la main avant de me donner une chaleureuse accolade.



Il a un drôle de vocabulaire, monsieur le directeur général.



De toute évidence, ce type-là n’est pas uniquement que le numéro deux de la boutique. J’essaie d’en savoir un peu plus.



Pendant une fraction de seconde, il paraît quelque peu décontenancé. Il me serre de nouveau la main.



Ce qui explique ce tutoiement pour le moins singulier dans ces hautes sphères. Autant ne pas tergiverser.



Ça, c’est le moins que l’on puisse dire.



Je m’attendais à cette remarque depuis pas mal de temps. Je brode.



L’époque où Michel Slotinsky m’a recueilli.



Résigné, il hausse les épaules.



De plus, si j’en crois Marie-Charlotte, il n’y pas grand danger qu’elle finisse un jour à la rue. Je profite de ce qu’il a le dos tourné pour coller à l’envers de son bureau le petit truc que Christian, le motard, m’a rapporté. Il s’agit d’un petit micro espion, et s’il est assez loin de ceux de James Bond, il devrait toutefois me permettre d’entendre sur mon téléphone l’ensemble des discussions qui suivront mon départ. On n’est jamais trop prudent.



Bigre… Même si le trader amateur que je suis sait qu’il y a le même rapport entre le chiffre d’affaires et les bénéfices qu’entre l’honnêteté et la réussite, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit tout de même d’une belle performance.



Je saisis alors la balle au bond et ajoute, avec un sourire :



Mon interlocuteur vient de se rembrunir. Il réfléchit quelques secondes, puis reprend.



Il insiste sur le « que ».



D’une certaine façon, cela ne me surprend pas vraiment. Les sièges de la Bentley peuvent en témoigner, et je suis bien conscient que les techniques utilisées pendant le festival auquel j’ai eu droit hier soir ne s’acquièrent pas davantage par correspondance que dans les écoles. Il poursuit :



Il sourit.



Il sort alors de son bureau un énorme bouquin. Visiblement, il s’agit d’un manuscrit.



Ça, par contre, je ne le savais pas. Après le battement d’une aile de papillon qui pourrait déclencher une tornade à l’autre bout du monde, voilà que l’on m’annonce qu’un coup de bite malencontreux aurait pu couler un empire.



Décidément, cette femme ressemble de plus en plus à une énigme. Baiseuse émérite, chef d’entreprise et meneuse d’hommes exceptionnelle, et malgré tout follement amoureuse d’un mec responsable d’une paire de cornes capable de l’empêcher de passer sous l’Arc de Triomphe.



Dans le couloir, je compulse rapidement l’ouvrage qu’Edgar vient de me remettre. Chaque page est pour moi une gifle en plein visage ! Je ne sais qui était ce journaliste et qui l’a renseigné, mais c’est tout juste s’il ne connaît pas la couleur de la layette que Claude Dubreuil portait le jour de son baptême. En même temps, cela accrédite que ce bouquin est authentique, et non un torchon créé de toutes pièces à la sauvette dans l’unique but de m’enfumer… Personne, pas même une multinationale, n’aurait pu réunir une telle palanquée d’informations sur moi en aussi peu de temps, ma trombine n’étant apparue au public qu’il y a trois jours. De plus, l’ouvrage a été tapé à la machine, et le papier n’est pas de première jeunesse.


En face des ascenseurs, il y a un bureau où une ravissante hôtesse chargée de renseigner les visiteurs me lance un sourire responsable à lui seul de la moitié du réchauffement climatique.



Tiens, c’est curieux, le dix-septième étage, cela me rappelle étrangement quelque chose.



Elle s’étonne.




—ooo0ooo—



Je ne suis pas dans l’ascenseur que j’entends grésiller mon biniou. C’est beau, la technologie… Edgar est visiblement – ou plutôt audiblement – en ligne avec Marie-Charlotte.

L’ami Edgar a gobé le poisson et certainement un bon bout de la ligne : il n’a aucun doute sur mon identité. Pour lui, je suis Claude, son ami d’enfance et ce n’est pas le seul point positif, puisqu’il ne mentionne à aucun moment la remise d’un quelconque colis, synonyme pour moi d’un traquenard.

Par contre, ils appréhendent mon entrevue avec la fifille Dubreuil qui, d’après le portrait que l’on m’en a brossé, oscille entre la reine des emmerdeuses et l’impératrice des chieuses.


Bah, on verra bien… De toute façon, ils ont raccroché.



—ooo0ooo—



Qui dit boursicoteur dit journaux financiers, et qui dit journaux financiers dit encarts publicitaires parfaitement ciblés. Bref, une demi-heure plus tard et une copie du manuscrit sous le bras, je suis dans les locaux de White Chapel, une agence internationale de détectives privés renommée dans le monde des affaires. Ici, pas de grand brun ténébreux en imper couleur de muraille et sentant l’alcool dans un burlingue enfumé, mais un immeuble bourdonnant d’activité.



Chapeau : je ne me suis pas présenté, et l’homme en face de moi sait pourtant qui je suis. Je m’en étonne.



Oh, pas grand-chose, si j’ose dire. Vérifier que les faits qui sont relatés dans ce bouquin sont avérés ou pas. Un bon moyen de savoir qui j’étais et si je ne suis pas en train de faire enfumer en grande largeur par Marie-Charlotte et consorts. Et, à ce sujet, réunir un maximum de renseignements sur l’amoureux transi, l’épouse modèle et la fille prodigue me semblent indispensables…



Dans ce genre de situation, la tradition voudrait que l’on réponde « pour avant-hier » mais je préfère passer mon tour.



Tandis que je ressors du bâtiment, je cherche un moyen de pouvoir consulter ce fameux manuscrit, et de préférence sans que personne ne regarde au-dessus de mon épaule. Et contre toute attente, c’est de mon estomac qu’émane la solution.


C’est donc devant un banal kebab que je me lance dans la lecture du chef-d’œuvre. Si, comme c’est probable, je suis surveillé, ils doivent bien se marrer, là-haut. Je suis potentiellement l’un des hommes les plus riches du monde et je déjeune dans un restaurant turc…


La lecture de l’ouvrage ne m’apprend pas grand-chose qui puisse m’être utile, à l’exception de quelques détails concernant mon ex-épouse et fifille. Si d’aventure cela est vrai, il me semble que mon entrevue avec Patricia va être assez réjouissante.



—ooo0ooo—



Dans l’hélico, je me suis permis par correction d’appeler Vanessa pour l’informer de mon retard. Celle-ci en semble fort surprise ; il semblerait que s’excuser n’était pas dans les habitudes du vrai Claude Dubreuil. Un vrai con ? C’est bien possible, et ce que je viens de lire à son sujet n’est pas souvent flatteur. Mais, même si cela rendrait mon personnage plus crédible, je refuse d’avoir ce genre de comportement. Finalement, cela peut être pratique, l’amnésie.


La demoiselle m’attend tout près de l’héliport, situé à une centaine de mètres tout au plus de l’entrée du château. Je m’étonne donc de la voir au volant d’une voiture de golf.



Elle sourit.



Bigre ! Cela m’était totalement sorti de l’esprit.



Dans le torchon du journaliste, il est souvent question d’un mystérieux pavillon de chasse dont personne ne sait à quoi il ressemble. Par contre, on a une idée assez précise de la nature du gibier qui était chassé.


Cela fait un bon quart d’heure que nous zigzaguons au milieu des frondaisons lorsque la route se met soudain à s’élever avant de déboucher sur une immense clairière. Là, à une bonne centaine de mètres et surplombant la plaine, apparaît un chalet de rondins… Ce serait donc cela, le fameux pavillon de chasse dont il est si souvent question ? Si l’ensemble ne se démarque pas par sa taille, il n’en demeure pas moins que la façade, intégralement constituée de panneaux de verre, doit offrir un sacré panorama lorsque l’on se trouve à l’intérieur. Je note, même si la saison ne s’y prête pas, la terrasse ainsi que la piscine aux dimensions visiblement prévues pour deux. Ce pavillon est un vrai petit nid d’amour, en fait.


Quelques pas sur la terrasse, et avant même d’en avoir franchi le seuil, j’ai une vue assez précise de l’agencement du lieu. En haut, c’est clair, une mezzanine où se trouve probablement le paddock. À droite, face à la baie vitrée, une table, deux chaises et un canapé de toile écrue. Derrière ce petit coin repas, et le surplombant de deux marches, une kitchenette avec vue sur le parc. À gauche de l’entrée, ce qui m’a tout l’air d’être l’accès à la piscine et également à la salle de bain qui me semble bien, elle aussi, être intégralement vitrée. Vanessa s’amuse de ma surprise.



En fait de promeneurs, j’aperçois une biche et son faon dans le lointain. Et à la lisière du bois, sur la droite, quelques familles de lapins doivent avoir élu domicile. On peut difficilement faire plus bucolique. J’attrape Vanessa par la manche.



Elle sourit.



Visiblement très émue, elle poursuit.



Une petite cuisine en surplomb et donc, logiquement, une rambarde pour séparer la pièce. Et, tout aussi logiquement, un poteau de bois pour soutenir la dite rambarde sur laquelle Vanessa vient de s’appuyer. Là, j’assiste à un petit manège assez inattendu : un pied sur la première marche de l’escalier, l’autre sur la seconde, elle retrousse sa jupe, faisant apparaître une paire de bas top mais surtout une admirable paire de fesses. Comme Vanessa porte en plus des talons hauts, le tableau est assez réjouissant.



Elle tourne alors la tête vers moi.



Quelque part dans cette affaire, il y a un côté logique puisqu’il semblerait que Claude Dubreuil ait servi la même salade à Marie-Charlotte.



Je me rapproche alors d’elle et, sur le ton de la confidence, lui glisse à l’oreille :



Elle s’insurge :



Décidément, il s’en passe de belles dans les hautes sphères !



Sa réponse est désarmante :



Sympa et inédit, ça, comme thérapeutique. Faudra à l’occasion demander leur avis aux spécialistes de la débloque et, pourquoi pas, se renseigner auprès de la Sécu pour savoir si elle est prête à dégager un budget pour financer le projet.



Bon, en fait, Vanessa est ravissante, et la perspective de la prendre est très loin d’être une corvée. Alors, puisqu’elle semble tellement y tenir, je m’agenouille derrière elle et, écartant avec douceur ce magnifique cul offert, je m’empresse de lui administrer une feuille de rose de derrière les fagots. Ma langue glisse sur le petit œillet, et celui-ci se met alors à palpiter comme s’il était soudain animé d’une vie propre…


Vanessa se cambre encore un peu plus comme pour mieux s’offrir à ma caresse, tandis que j’entends son souffle devenir plus présent. Cependant, dans cette position de guignol, il m’est difficile de continuer longtemps ce cirque sans m’essouffler, et c’est pourquoi je décide cette fois de passer à la vitesse supérieure en glissant un doigt à l’intérieur de sa rosette, puis un second. La réaction de ma vertibaiseuse ne se fait pas attendre, mais n’est pas vraiment conforme à ce à quoi je m’attendais.



Seulement, moi, j’ai encore l’épée au fourreau… Elle tourne la tête, s’en rend compte et, sans me laisser une seconde de répit, s’agenouille devant moi et d’un geste précis dégaine mon arbalète qu’elle s’empresse d’engloutir tout au fond de sa gorge. Mon Dieu ! Si Marie-Charlotte est et reste une experte à ce jeu, je crois que je lui ai trouvé un challenger !


Elle se débrouille d’ailleurs tellement bien que, bien que je ne me sois pas totalement remis de mes cavalcades nocturnes avec Marie-Charlotte, le couvercle de la gamelle est bien près de sauter. Il me faut donc la décoller de mon sexe avant que le vase ne déborde….


Le message reçu cinq sur cinq et, toujours sans dire un mot, Vanessa reprend la pose, appuyée sur le balustre. Cette fois, pas hésitation : je présente ma queue débordante de salive sur l’entrée de son rectum aussi détrempé et, d’un coup de reins, j’entre en elle. C’est délicieux…


Quelques allers et retours ainsi que pas mal de gémissements plus tard, l’inévitable se produit et je me vide tout au fond de ses reins. Vanessa a apprécié, c’est certain, mais de là à jouir… Il me faut très vite réparer cette injustice et, malgré la sueur qui me coule encore dans les yeux, je l’attrape par la main pour l’emmener jusqu’à la salle de bain. L’endroit est véritablement insolite puisqu’à quelque chose près, il dégage une vue sur 360° et la sensation que l’on éprouve est assez curieuse, mélange de plaisir et de gêne.


Puisque ma partenaire ne semble absolument pas s’en émouvoir, autant faire de même.

C’est à mon tour de m’agenouiller devant elle mais, cette fois, pas question de réjouissances buccales puisque c’est aux brides de ses escarpins que je m’attaque, avant de me débarrasser de ces derniers en les lançant un peu plus loin, hors de portée de la douche. Puis c’est au tour de ses bas de glisser sur sa peau. Je les enroule soigneusement autour de ma main avant d’aller les déposer soigneusement sur l’unique meuble de la pièce. C’est alors au tour du zip de son uniforme de descendre lentement, et sa robe tombe alors sur le sol.


C’est la première fois que je vois Vanessa nue, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est splendide. Des petits seins aussi menus que haut perchés, un ventre quasiment plat et un mont de Vénus où quelques poils épars ne parviennent pas à cacher son adorable sexe. La prenant par la main, je l’invite à se glisser sur le côté. Je me penche alors pour ramasser sa robe qui va aussitôt rejoindre ses bas. Tandis que je me déshabille à mon tour, elle me regarde avec des yeux ronds.



Dans un coin, tout près de la vitre qui nous sépare de l’extérieur, il y a la douche proprement dite. L’eau est délicieusement tiède. J’invite ma belle à se glisser sous le jet bienfaisant et, toujours sans un mot, commence à la savonner doucement. Je serais bien incapable de définir le parfum capiteux de ce gel, mais il est tout simplement exceptionnel.


Vanessa se laisse docilement faire, visiblement sans deviner quelles sont mes intentions. Ce n’est que lorsque je me glisse derrière elle et que mes caresses deviennent plus précises au niveau du sillon de son sexe qu’elle comprend subitement. Oui, tu vas jouir, ma fille… Je n’ai d’ailleurs pas à insister très longtemps, son bouton d’amour m’a tout l’air d’être hypersensible et la donzelle particulièrement réceptive à ce genre de caresse.



En vérité, je ne sais absolument pas si elle a compris un traître mot de ce que je viens de dire. Concentrée sur la montée de son plaisir, les yeux mi-clos, l’ensemble de son corps tangue au rythme de mes doigts qui vont et viennent de sa caverne intime à son bouton d’amour. Cela ne dure que quelques minutes, jusqu’à ce qu’un terrible orgasme la terrasse. Elle accueille la délivrance avec un hurlement de bête à en faire trembler les vitres. Tiens, est-ce une coïncidence, ou la harde de sangliers qui se promenait tous près de nous l’a entendue ? Quoi qu’il en soit, elle vient de disparaître dans le sous-bois. Vanessa paraît honteuse de son plaisir.



Je ne vois pas bien pourquoi il conviendrait de s’excuser d’avoir pris du plaisir mais, tout sourire, je saisis la balle au bond :



Cette fois, plus de chichis. J’expédie promptement l’ensemble de nos vêtements par terre et, attrapant Vanessa par la taille, je l’assieds sans ménagement sur le meuble sur lequel j’avais déposé ces foutues fringues. Nue, assise et les jambes écartées, mon sexe à quelques centimètres de sa grotte d’amour, je pense que l’invite est assez explicite.



Qui ne dit mot consent ; et ça, pour le sentir, elle va le sentir… D’un trait, je m’enfonce en elle jusqu’à la garde et commence aussitôt à la pilonner frénétiquement. Elle crie, elle braille, elle grogne, elle geint au rythme de mes coups de reins, mais rien n’y fait : je ne ralentis pas la cadence.


Tout cela ne dure naturellement pas très longtemps puisque, pour la seconde fois en moins d’une heure, je sens la sève monter de mes reins et je me déverse en elle. Comme pour faire bonne mesure, c’est le moment précis que Vanessa choisit pour jouir elle aussi, tout en poussant un cri peut-être encore plus terrible que le premier.


Nous restons comme ça, enlacés, soudés l’un a l’autre, mon sexe toujours au fond du sien. Elle ne dit plus rien, et c’est à ce moment que je sens quelque chose de chaud couler sur mon épaule. Des larmes ; ses larmes.



Ses sanglots repartent de plus belle. Comme, dans la salle, il y a un canapé, je la prends dans mes bras et vais la déposer dessus. Puis, de nouveau, je la prends dans mes bras. Elle se calme.



Le ciel me tombe sur la tête.



J’essaie toutefois de cacher mon désarroi.



Comme pour mieux noyer le poisson, je hausse les épaules.



Le temps d’aller et de revenir, elle est de nouveau en larmes.



Cette fois, je souris.



C’est à son tour de sourire.



Je l’embrasse sur le front.




—ooo0ooo—



Même si l’alerte semble levée, il me semble bon d’en avertir Marie-Charlotte. Seulement, elle est toujours à Singapour, et je n’ai aucune idée du décalage horaire. Je préfère prendre le risque de la réveiller… Pas manqué : c’est une voix pâteuse qui me répond.



La perspective ne semble pas l’émouvoir plus que cela.



À l’autre bout du fil, je l’entends éclater de rire.



Puis, après un silence mais toujours sur le même ton :



Après un autre éclat de rire, elle redevient sérieuse.



À peine un quart d’heure plus tard, j’entends gratter à ma porte. Gagné, c’est Vanessa.



Elle sourit.



Décidément, elle a de la suite dans les idées, cette petite…


Tandis qu’elle s’endort dans mes bras, je me demande avec un sourire si je ne vais pas plutôt faire le nécessaire pour rester au château en tant que Claude Dubreuil, quitte à confier la gestion de « mon » entreprise à ma charmante épouse. Je ne sais si ma santé y résistera, mais qu’importe… Quant à ce pauvre Edgar, je suis désolé, mais cela fait dix ans qu’il se la met sur l’oreille ; il pourra bien attendre encore quelques années de plus.



—ooo0ooo—



C’est le grognement de mon téléphone qui me fait émerger des vapes. Un coup d’œil circulaire : Vanessa n’est pas là. Est-elle partie prendre une douche ou a-t-elle simplement repris son service ? Je m’inquiéterai de la chose plus tard, puisque je viens de recevoir une rafale de mails provenant de White Chapel. Je leur avais demandé de m’envoyer les infos au fur et à mesure qu’ils les obtiendraient, et je ne suis pas déçu.


Beaucoup de détails sans grande importance, comme la preuve que les photos de Claude Dubreuil en plein action avec une certaine Vanessa n’ont pas été prises aux Maldives mais aux Seychelles. À côté de cela, du très lourd concernant notamment mon premier mariage et la naissance de Patricia. Je n’ai pas fini de tout lire en détail qu’une demoiselle que je connais désormais assez bien entre dans la pièce, m’apportant mon petit déjeuner. Je lui fais signe de s’asseoir sur le lit, ce qu’elle refuse. Je m’en étonne.



Je réfléchis quelques instants.



Bien entendu, le voyage sera plus long, mais cela me donnera le temps de lire mes mails en détail sans être dérangé. Et puis, même si je m’apprête à offrir une nouvelle séance de radada à Vanessa, cela me permettra de dormir un peu pendant le trajet. Et de cela, j’en ai bien besoin !



—ooo0ooo—



Il est quasiment dix-huit heures quand j’arrive en gare de Genève-Cornavin. Je me rappelle être venu ici sous le patronyme de Michel Slotinsky et, autant que je m’en souvienne, la gare n’était pas à ce point fliquée… Est-ce parce qu’une huile quelconque va débarquer, ou y a-t-il des risques d’attentats ? Je n’en sais rien, mais les quais sont blindés d’uniformes.


Quel accueil ! Je n’ai pas posé le pied sur le sol helvétique qu’une armée de condés me saute dessus et me menotte. Qui a dit que les Suisses étaient lents ? Eh bien, je les invite à venir vérifier si c’est vrai.


Déjà je suis emmené lorsque je reconnais un visage, même si je ne l’ai vu jusque là qu’en photo : Patricia. Elle est accompagnée d’un type en uniforme de parade, et elle porte un gilet pare-balles.




—ooo0ooo—



On aura beau dire et beau faire, rien ne ressemble plus à une cellule qu’une autre cellule, qu’elle se situe en France, en Suisse ou même probablement au Maboulistan inférieur. Tout comme les bureaux, d’ailleurs… Par contre, spécialité suisse, c’est un commissaire de gendarmerie qui s’adresse à moi.



Naturellement, c’est Patricia qui vient de hurler. Le commissaire reprend :



Je hausse les épaules. Il me paraît difficile de dire le contraire.



Je souris. L’occasion est trop belle.



Comme ils ne m’ont pas enlevé les pinces depuis la première seconde de mon arrestation, y compris en cellule, personne n’a pris la peine de me faire les poches. J’explique donc à mon interlocuteur le cheminement pour accéder à mes mails, et celui que je compte bien lui faire lire.



D’après le bouquin du journaliste et confirmé par White Chapel, il semblerait que Claude Dubreuil filait le parfait amour avec celle qui n’était pas encore son épouse depuis pas mal de temps lorsqu’elle a décidé de partir en mission humanitaire pendant un an. Infirmière de son état, la cause aurait pu être honorable si, en plus de l’avoir laissée seule et quasiment sans nouvelles pendant des mois, elle n’était pas tranquillement rentrée la bouche en cœur avec un polichinelle dans le placard. Bon prince, mais surtout raide dingue de cette nana, Claude Dubreuil avait quand même accepté de l’épouser et, surtout, de reconnaître la petite Patricia.


Leur histoire a duré grosso-modo cinq ans avec quelques hauts et pas mal de bas, jusqu’à ce que sa chère et tendre reparte sans prévenir en opérations, laissant la gamine seule avec son père adoptif. Seulement, la belle semblait avoir une fâcheuse tendance à confondre Médecins sans Frontières et Infirmières sans Culottes, si bien qu’elle était à nouveau sur le point d’accoucher lorsqu’elle est rentrée deux ans plus tard. Un gamin est né de père inconnu mais, pour Claude Dubreuil, il ne fallait tout de même pas dépasser la dose prescrite ; et c’est ainsi qu’il a proprement éjecté la mère et son marmot, tout en lui laissant la possibilité de venir voir Patricia quand elle le voudrait.

Malheureusement, elle n’est jamais revenue et a totalement disparu des écrans radar quelques mois plus tard.



Blanche comme un linge dans une pub de lessive, Patricia est en train de se livrer à un numéro de claquettes assez exceptionnel.



Il est temps pour moi d’intervenir.



Touchée mais certainement pas coulée, Patricia repart à l’attaque :



Quasiment un an après la séparation de sa femme, Claude Dubreuil avait réussi à étouffer l’affaire des photos prises aux Seychelles mais, flairant la pompe à fric, le journaliste responsable des clichés avait décidé de pousser ses investigations plus loin afin d’écrire un livre. Pour donner de la substance à son ouvrage, il avait interviewé toutes les personnes ayant approché de loin ou de près le chef d’entreprise, dont une certaine Patricia Dubreuil dont les relations avec son père étaient déjà houleuses.


Par dépit, par vengeance ou par bêtise, elle avait raconté toute l’histoire, de son adoption jusqu’à son demi-frère disparu en même temps que sa mère. Et, pour faire bonne mesure, elle lui avait confié quelques photos de famille où elle apparaissait avec un gamin à la peau franchement métissée dans les bras.



Tandis que Patricia, silencieuse, nous rejoue A Whiter Shade of Pale, le commissaire, impassible jusque là, entre dans une rage folle.




—ooo0ooo—



Encore une fois, s’il paraît que les Suisses sont lents, il faut croire qu’ils ne le sont pas dans tous les domaines, et j’en ai une parfaite illustration lorsque je remonte dans le train. Trente-six heures se sont écoulées depuis mon arrivée à Genève, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation a évolué. Pour moi, pas de souci : je n’ai pas d’autres bagages que Patricia, que j’ai réussi à faire libérer bien qu’elle trimballe avec elle sa mise en examen pour plusieurs chefs d’inculpation.


Elle a pour consigne de se présenter tous les deux jours au consulat helvétique, ce dont je me suis porté garant. Par contre, bien entendu, notre relation est loin d’être au beau fixe.



Seul point positif, elle me considère comme son père.



J’oserais même dire mieux que moi, vu que je n’en ai aucun souvenir.



Elle ne sait plus où se mettre.



Elle pleure. Grand bien lui fasse, elle pissera moins.



—ooo0ooo—



Lorsque je franchis le seuil du château, Marie-Charlotte m’attend en haut de l’escalier. Elle est rentrée la veille mais, décalage horaire oblige, elle a toujours les traits tirés. Elle n’a qu’un regard méprisant sur sa belle-fille.



Je souris.



Ça, pour parler, nous parlons, confortablement installés dans l’immense canapé. Patricia nous fait face et, naguère si hautaine, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même.



L’intéressée esquisse un très léger sourire.



Elle se jette à mes genoux, les yeux pleins de larmes.



Je la regarde, implorante, et c’est à cet instant que je décide d’être cruel. À salaud, salaud et demi !



Elle tombe des nues.



En substance, Marie-Charlotte avait été contactée par un petit émirat qui désirait que ses forces armées soient équipées du système mis au point par Claude Dubreuil. La seule exigence de l’Émir était que, quitte à payer le prix fort, ses voisins n’en soient jamais dotés afin de conserver le leadership de cette petite partie du golfe, et surtout protéger les frontières de son minuscule État.


Marie-Charlotte s’y était engagée ; les contrats avaient été signés, le matériel livré, et l’argent versé. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce que notre Émir se rende compte quelques semaines plus tard que son voisin direct venait de s’équiper du même matériel ! Il fallut deux mois pour trouver comment cela avait été possible. En fait, via une nébuleuse de sociétés off-shore, d’intermédiaires et de holdings en tout genre, Marie-Charlotte s’était fait enfumer et avait livré par erreur le matériel incriminé à ce voisin plutôt envahissant. Par bonheur, Claude Dubreuil avait dès le départ conçu son système pour qu’il ne puisse être opérationnel contre un pays allié. Quelques manipulations plus tard, l’Émirat voisin revenait à la case départ et une crise avait été évitée.



Autant Patricia que moi, nous ne voyons pas bien quel rapport tout cela peut avoir avec mon idée de punition. Nous laissons donc Marie-Charlotte poursuivre.



Certaines nations ont de charmants usages… Parce que cent coups de « vrai » fouet, c’est, dans l’immense majorité des cas, la mort au bout d’abominables souffrances.



Si je suis quelque peu estomaqué, Patricia, elle, ouvre des yeux comme des soucoupes.



Patricia et moi restons sans voix. Elle poursuit :



La distance qu’elle montre alors entre ses deux index nous laisse à penser que le type disposait d’un engin absolument hors normes.



Elle éclate de rire.



Nous sommes tous deux suspendus à ses lèvres.



Patricia blêmit.



J’interviens :



Je sais à quel point elle peut haïr sa belle-mère, alors que la réciproque est inexacte.



L’intéressée n’en croit pas ses oreilles.



Si Marie-Charlotte est écroulée de rire, Patricia est effondrée.



Je ne suis pas bien certain que tout cela soit très moral, mais je n’en ai que faire. Après tout, cette petite conne n’a eu aucun état d’âme à m’accuser de ne pas être son père, et n’en avait que faire que je finisse à l’ombre. Par contre, Marie-Charlotte continue d’être pliée en deux… Entre deux rires, elle parvient toutefois à articuler :



L’Osiris est le système de surveillance vidéo HD qui couvre tout le château. Je le sais : c’est Vanessa qui m’en a parlé lorsque nous étions en escapade dans les bois… Et en clair, il va m’être possible d’assister à la punition de Patricia. Une fois de plus, la nuit va être courte !



—ooo0ooo—



Comme bien souvent, les piaules du personnel de maison sont situées sous les toits. Mais ici – et cela reflète assez bien l’état d’esprit qui semble être celui de Marie-Charlotte – ces chambres sont loin d’être un trou à rats. De l’espace, de la lumière, des meubles de qualité, un petit coin cuisine… Je ne peux pas assurer que tous les personnels de maison du monde soient logés à la même enseigne. Vanessa apparaît.

Là, oubliant allègrement le protocole, elle me saute au cou.



Elle se blottit dans mes bras.



Je souris.



Difficile de décrire l’expression de son visage à cet instant, mais il reflète autant le désir que la sincérité.



Cela lui fait l’effet d’une douche froide. Je reprends :




—ooo0ooo—



Le cœur de l’installation vidéo est situé au second étage, et je suis surpris que l’endroit ne soit finalement que peu sécurisé. À l’intérieur, une chiée d’écrans de toutes sortes, reliés à des caméras à très haute définition et disposées visiblement aux points névralgiques du château. Et, sur l’un d’eux, je reconnais la chambre de Marie-Charlotte.



Elle poursuit d’un ton coquin :



Puis, redevenant professionnelle :



Reste à savoir sur quels critères tout ce fourbi peut déterminer s’il convient ou non de basculer dans le mode alerte, sauvetage ou je ne sais quoi. Mais après tout, Claude Dubreuil a bâti sa fortune sur des logiciels high-tech et du matériel électronique de haute volée ; il n’allait pas confier sa propre sécurité aux bidouilleurs du coin.


Mais pour le moment, mes préoccupations sont toutes autres. White Chapel m’a confirmé ce que je sais déjà : les relations entre la belle-mère et sa bru ont toujours été extrêmement tendues.

C’est donc avec une relative inquiétude que je m’installe dans le fauteuil de contrôle. Quelques trifouillages de Vanessa plus tard, les principaux écrans diffusent le même programme, celui qui se joue dans la chambre de Marie-Charlotte.


Si, lors d’une tentative de conciliation à Miami, elles en étaient même venues aux mains, elles en sont cette fois au corps à corps puisque Patricia vient de basculer sa belle-mère sur l’immense paddock. Elle plonge sa tête entre ses jambes ; il faut dire que l’opération est d’autant plus aisée que, comme à son habitude, le sexe de Marie-Charlotte est libre. Tiens, je crois bien que je ne vais pas tarder à apprendre si ma chère fille se plie, elle aussi, aux saines habitudes de la maison, puisque je viens de voir apparaître la lisière de ses bas. Elle se penche en avant ; je vais savoir, ça ne va pas tarder… Eh bien non, elle porte une sorte de culotte brésilienne de dentelle rouge.

Comme on pouvait s’en douter, il s’agit d’un modèle de marque, mais je ne suis pas bien certain que tout cela serve véritablement à quelque chose : l’ensemble est si transparent que je peux affirmer que Patricia n’est pas une vraie blonde et que son abricot est totalement épilé.


À l’autre bout, si j’ose dire, elle vient d’attraper les petites lèvres de Marie-Charlotte comme pour mieux accéder à son petit bouton qu’elle lèche et suce avec avidité. Pas la peine d’activer le son : l’expression du visage de sa belle-mère est assez explicite et son bassin assez remuant pour savoir qu’elle y prend beaucoup de plaisir. Finalement, je ne crois pas que j’aie vraiment besoin de m’inquiéter…


Mais si je me fais du souci, ce n’est apparemment pas le cas de tout le monde, à commencer par Vanessa. Elle s’est tranquillement assise dans l’un des fauteuils de ce bureau et, un pied sur la console de contrôle et la jupe largement retroussée, elle est tranquillement en train de faire coulisser son index au fond de son sexe, les yeux rivés sur le grand écran. Je la foudroie du regard.



Je souris.



Son regard est plein d’incompréhension.



Si, dans un premier temps, Vanessa est hésitante, cela ne dure que quelques minutes à peine avant qu’elle ne parte dans une branlette furieuse, à moins que ce ne soit une furieuse branlette.


Naturellement, je n’en perds pas une miette, même si je continue d’observer les écrans du coin de l’œil. Et vas-y que je me masse le clito, et vas-y que je me mets deux doigts, et vas-y que je m’écarte la chatte jusqu’à plus soif, le tout accompagné de gémissements qui ne laissent aucun doute sur la réalité de son plaisir. Comme, par-dessus le marché, rouge comme un drapeau de manifestant sans que je ne puisse déterminer si c’est de honte ou de plaisir, son regard ne cesse d’aller et venir entre l’écran et le mien, j’avoue que cela me donne une trique d’enfer. Pour le moment, l’urgence est ailleurs, mais quelque chose me dit qu’elle ne va pas regretter d’être venue, la petite.


Sur l’écran, les choses viennent d’évoluer. Je ne sais à quel moment cela s’est produit, mais les deux femmes sont désormais quasiment nues. Patricia ne porte plus que ses bas, Marie-Charlotte n’ayant de plus que son porte-jarretelles. Comme les deux femmes, sans que je ne sache pourquoi, on conservé toutes deux leurs escarpins, j’ai véritablement le sentiment de mater l’un de ces pornos-chics dont la toile n’est pas avare… Et ce n’est pas de voir la première, le cul en l’air et la tête dans les coussins, se faire pratiquer une formidable feuille de rose par la seconde qui va me calmer.


Et tout cela s’ajoute aux gémissements de Vanessa… « Les couilles prêtes à exploser », vous dites ? Heureusement qu’il ne s’agit que d’une expression, sans quoi une bonne partie du château serait déjà en ruines.


Un cri. Non : en fait, ce n’est pas un cri mais un véritable hurlement qui vient de ponctuer la jouissance de Vanessa dont le corps continue encore et encore d’être secoué de spasmes. Comme là-bas, sur l’écran, Marie-Charlotte vient également de prendre son pied, il ne me semble plus indispensable de continuer la surveillance. Par contre, malgré le phénoménal mandrin de concours que je trimbale, mon cerveau n’est pas totalement déconnecté.



Bien qu’elle soit en train de se rhabiller et qu’elle ne sorte qu’à peine de l’orgasme qu’elle vient de se procurer, Vanessa reste quand même professionnelle :




—ooo0ooo—



Après ? Eh bien, comment dire… Il n’y avait qu’une vingtaine de mètres entre Osiris et la carrée de Vanessa, mais c’était quand même infiniment trop. C’est au beau milieu du couloir et à même le parquet que je l’ai punaisée comme un forcené. Ensuite, je l’ai barattée avec une telle violence sur sa table de cuisine que j’en ai ébréché le coin du plateau de verre contre le mur. Pour le reste de la nuit, à mon avis, ma queue a dû passer en pilotage automatique et je ne me souviens plus de rien.


Par contre, au réveil, j’ai deux messages n’émanant pas de White Chapel : deux rendez-vous, l’un à onze heures chez Maître Rousseau, et un autre vers midi trente avec Edgar et le conseil d’administration. L’horaire inhabituel a été dicté par l’urgence, mais celui-ci sera au grand complet.


Moi, tout je que j’en vois pour le moment, c’est qu’il va me falloir pas mal de café pour émerger et que mon cerveau soit à la hauteur de ce que je vais lui demander. Contrairement aux filles qui semblent être en train de s’offrir le repos du guerrier, ou plutôt des guerrières, enlacées dans les bras l’une de l’autre sur l’immense lit à baldaquin, il va me falloir être opérationnel. Et vite.



—ooo0ooo—




Bien évidemment, j’ai fait appel à un cabinet indépendant pour essayer d’y voir plus clair dans cette nébuleuse. Certes, j’en sais désormais plus, et quels sont les points à vérifier ; mais ils m’ont également rappelé que même les plus grands chefs d’entreprises aux commandes des plus grandes multinationales et conseillés par des armées de juristes et d’avocats ont quand même réussi quelquefois à se faire mettre façon sable, résine et pomme de pin… Et le tout sans n’avoir rien vu venir.


Bref, ils ne peuvent rien garantir. Autant jouer la confiance. Après tout, moi, je n’ai quasiment rien à perdre…



J’ai un sourire goguenard.



Ça, pour évoluer, elles évoluaient, c’est même le moins que l’on puisse dire. Il reprend :



À voir sa tronche, quelque chose me dit qu’elle est essentiellement horizontale, sa sympathie.



Il a un signe évasif.



Donc, si je comprends bien, l’avant-veille de la date butoir. Cela me convient parfaitement.



L’homme de loi s’offusque.




—ooo0ooo—



Il est quatorze heures pétantes lorsque je pénètre dans le bureau de ce fameux conseil et, à ma grande surprise, tout le monde se lève et se presse de m’applaudir. Je ne sais si c’est la coutume chez Dubreuil Technologies, mais cela fait toujours plaisir.

Logiquement, Edgar m’a déjà passablement défriché le terrain. Du coup, autant taper directement dans la butte.



Lorsque je ressors de ce fameux conseil d’administration, je suis ovationné. Tout cela n’aura duré qu’une petite heure et demie. Jusque là, tout roule. Reste à savoir quelle sera la réaction des deux intéressées lorsqu’elles apprendront la nature de mes modifications.



—ooo0ooo—



Normalement, et compte tenu de ce qui s’est passé cette nuit, je m’attendais pour le moins à ce Marie-Charlotte ou Patricia viennent me faire un compte rendu de la soirée, mais elles sont toutes deux absentes. Je croise Vanessa.



Vanessa et moi étions convenus que, si je la tutoierais lorsque nous sommes en privé, je continuerais de la vouvoyer le reste du temps. Elle, par contre, refuse catégoriquement de me tutoyer, quels que soient l’endroit ou la situation.



Mais à quel jeu jouent-elles encore, les deux nénettes ? C’est le cœur battant que je traverse à grands pas le couloir qui même à la fameuse salle. Je m’abstiens de cogner à la porte ; l’effet de surprise n’en sera que meilleur.


En fait de surprise, c’est moi qui reste bouche bée.


Patricia est nue en plein milieu de la pièce. Ses chevilles, enserrées dans des bracelets de cuir noir, sont reliées à des anneaux dans le sol distants d’une bonne cinquantaine de centimètres. Ses poignets, quant à eux, sont également enserrés dans des bracelets de cuir reliés à des chaînes qui se perdent dans l’obscurité et qui la maintiennent les bras levés. Tout son corps est luisant, sans que je ne puisse affirmer s’il s’agit de sueur ou d’huile destinée à éviter les éventuelles plaies dues aux coups de martinet que Marie-Charlotte, tout aussi nue que sa victime, est en train de lui administrer.


Je suis sur le point d’intervenir, fou de rage, lorsqu’un détail me saute au visage : Patricia est certes en train de se faire corriger, mais son sexe qui ne cesse de palpiter tel un poisson hors de l’eau, est trempé. Un filet de mouille s’écoule même le long de sa jambe… Qu’importe, j’arrache le martinet des mains de Marie-Charlotte.



La réponse ne vient pas de là où je m’attendais.



Marie-Charlotte hausse alors les épaules dans un signe d’impuissance.



Décidément, ce qui se passe dans la tête des gens en général et des femmes en particulier m’échappera toujours. Cela dit, je ne suis déjà pas bien certain de savoir ce qui se passe dans la mienne…



J’ai à peine rendu le martinet à sa propriétaire que déjà les coups reprennent de plus belle, cinglant un sein après l’autre. Encore une fois, je ne sais s’il s’agit d’une convention entre les deux femmes, mais Patricia n’évite pas les coups, reprenant tout au contraire ce qui semble être une position établie où elle présente sa poitrine en avant comme pour mieux accueillir la caresse des lanières de cuir.


Combien d’allers et retours ? Je ne saurais dire, mais assurément une vingtaine avant que ceux-ci ne cessent soudain. Alors, sans un mot, notre rouquine change alors d’instrument. Exit le chat à neuf queues, elle vient de sortir de la pénombre un énorme vibrateur qu’elle pose directement sur le sexe de la suppliciée. Celle-ci, qui était pourtant restée silencieuse lorsqu’on la tourmentait, pousse aussitôt un cri strident tandis que son bassin devient incontrôlable. Malgré les chaînes qui restreignent ses mouvements, elle s’efforce tout de même de se coller le plus possible à l’objet de plaisir que, bien entendu, Marie-Charlotte s’ingénue à lui mettre légèrement hors de portée.


Malgré la position, malgré les traces rouges du martinet et malgré tout le reste, le plaisir de Patricia monte et monte encore, jusqu’à ce qu’elle soit à deux doigts de l’orgasme. Là, et comme cela se pratique souvent dans ce genre de jeu, la bougresse retire la tête de cet engin diabolique du bouton d’amour de Patricia qui se retrouve pour je ne sais la combientième fois sur le bord du quai. Elle en hurle de frustration tandis que les coups de martinet reprennent de plus belle avec, pour cible principale, ses seins.


Elle grimace, grimace et grimace encore, mais aucun son se sort de sa bouche. Par contre, lorsque les lanières s’aventurent sur une autre partie de son corps, elle manifeste ouvertement sa désapprobation. Bien que ce soient a priori les parties les plus sensibles, seuls les coups portés sur sa poitrine ou sur son sexe offert trouvent grâce à ses yeux.


Une petite vingtaine de coups plus tard, Marie-Charlotte ressort sa machine infernale et, de nouveau, Patricia est à quelques secondes de quitter le pas de tir lorsque le compte à rebours s’arrête. Je ne sais pas depuis combien de temps elles jouent à se faire peur, mais quelque chose me dit que la belle-fille ne va pas tarder à véritablement péter un câble…


Nouvelle rasade de coups, nouvelle séance de vibrateur ; mais cette fois, Patricia ne semble plus marcher dans la combine. Malgré le feu qui lui dévore probablement le ventre, elle s’efforce de rester stoïque et, en quelque sorte, de retenir son plaisir. De cela, bien entendu, Marie-Charlotte en a parfaitement conscience, aussi s’amuse-t-elle à en rajouter en collant l’engin contre l’abricot luisant de sa victime, quand bien même cette dernière cherche cette fois à l’éviter.


Tandis que Patricia ne cesse de se tortiller, Marie-Charlotte me sourit.



De fait, si les parties stratégiques de son corps sont rouges comme des pivoines, aucune d’entre elles ne porte de véritables marques. Tout en n’étant pas expert dans ce genre de petit jeu, je sais que le choix du matériel est crucial si l’on veut que, précisément, tout cela ne reste qu’un jeu.



L’intéressée secoue négativement la tête mais, au fond d’elle, cela lui importe peu. Tout ce qu’elle veut, c’est éviter cet engin conçu pour le plaisir mais qui lui cause pour le moment tant de tourments.



Tout en se tournant vers moi, elle a un regard faussement sadique.



Le regard implorant de Patricia en dit bien plus que tous les discours du monde. Elle veut jouir, jouir à tout prix, et plus rien n’a d’importance. Par contre, la perspective de rester encore une fois en rade sur le chemin de l’orgasme la terrifie. J’interviens :



Tenant toujours son terrible instrument en main, elle se plaque alors tout contre Patricia qui n’a d’autre choix que de reculer jusqu’à l’extrême limite de ses chaînes. Là, fermement immobilisée, sa tortionnaire de charme lui colle l’engin entre les jambes alors qu’il lui est désormais impossible de s’y soustraire… Va-t-elle encore rester en plan ?


Seulement, pour Patricia, les choses ne sont pas aussi simples. Après avoir été plusieurs fois à deux doigts de l’orgasme, après s’être efforcée de l’éviter par la suite, il lui est maintenant difficile de se libérer suffisamment l’esprit pour y parvenir. Physiquement bien sûr, ce genre de jeu, indépendamment du martinet, est épuisant. Mais le pire est moralement puisqu’à aucun moment elle ne peut être certaine de ne pas encore une fois devoir se la mettre sur l’oreille…


Ce n’est qu’après de longues minutes de sollicitations que les premiers soupirs parviennent jusqu’à mes oreilles mais, à ma grande surprise, ils ne proviennent pas que de Patricia. En effet, Marie-Charlotte a profité de la situation pour coller son propre pubis sur celui de sa victime, et le vibrateur est donc en train de remplir son office sur deux clitoris au lieu d’un seul. Et, de ce que j’en entends, leur jouissance est proche, toute proche…


Si le cri de libération de Marie-Charlotte fait trembler les murs, celui de Patricia pourrait bien les lézarder. Et cette longue plainte ne cesse pas ; tout son corps est tétanisé, elle tremble de tous ses membres. Cela dure, dure, dure de longues secondes, sans que rien ni personne ne puisse l’arrêter…


Totalement à bout de souffle, Patricia s’écroule enfin, sans que son corps ne cesse totalement d’être toujours secoué par les vagues du plaisir. Je m’avance pour la détacher ; elle s’effondre dans mes bras. Juste à côté de cette fameuse salle de torture, il y a une chambre et un lit dans lequel je dépose Patricia. Elle a le regard ravi et épuisé de l’athlète qui vient de s’écrouler en arrivant première sur la ligne d’un triathlon olympique.



Le temps de me retourner, elle dort.

Aussitôt la porte refermée, je me mets en quête de Marie-Charlotte à qui j’ai quelques explications à demander. Manque de chance, elle est au téléphone. Quelques mots en anglais ; elle me regarde avec amusement puis, mettant sa main sur le combiné :



Décidément, j’en aurais vu de belles, dans cette maison.



—ooo0ooo—



Trois jours plus tard, le contrat est signé. J’ai dû m’exprimer sur les modifications que j’avais souhaité y apporter, mais elles ont été acceptées quasiment telles quelles. Mission accomplie.

Naturellement, nous allons fêter cela dignement mais, pour le moment, nous sommes de retour au château. Exactement comme je m’y attendais, notre voiture n’est pas encore arrêtée que Vanessa est déjà là, une enveloppe à la main.



Faussement surpris, je saisis la lettre qu’elle me tend.



Derrière moi et malgré leur sourire, les deux femmes s’efforcent de rester impassibles.



Marie-Charlotte intervient alors :



Vanessa ne perd pas le nord.



J’en reste comme deux ronds de flan. Sur le chemin du retour, Marie-Charlotte, Patricia et moi avions extrapolé sur les réactions de Vanessa, mais cette éventualité n’avait pas été évoquée.



Cet instant, je l’appréhendais depuis le jour où Marie-Charlotte est apparue à l’hôpital psychiatrique. Une respiration, et je me lance :



Tandis que Vanessa ouvre des yeux ronds. Marie-Charlotte prend la parole :



Cette fois, c’est moi qui suis totalement scié. Ma mâchoire manque de se décrocher.



Comme je n’en suis plus à une surprise prés, c’est Patricia qui répond :



Je tombe des nues.



En fait, ces deux balles n’auraient été que le bouquet final après quelques réjouissances assez sympathiques. Entre autres, il était fortement question de s’attaquer à une certaine partie de mon anatomie qu’il avait l’intention de transformer en boucles d’oreilles pour les offrir à Isabelle.

Il est temps pour moi de rétablir la vérité :



D’habitude, c’est lors d’une panne que l’on prétend avoir été trahi par sa bite. Moi, c’est sous une autre acceptation, mais le résultat est le même.



Je souris.



Elle se marre.



« Tiens, là encore, cela me rappelle quelque chose. »



—ooo0ooo—



Quelques mois se sont écoulés depuis la fameuse signature et, après avoir officiellement divorcé de Marie-Charlotte, je suis parti m’installer avec Vanessa dans le pavillon de chasse qui avait abrité nos premières amours.


Au final, elle n’a pas tellement eu à insister pour que je lui passe la bague au doigt. Du coup, les quelques dizaines d’invités qui ont eu la bonne idée de se rendre aux Maldives ont droit à deux mariages pour le prix d’un ; le mien avec Vanessa, et celui d’Edgar avec Marie-Charlotte.

Cette dernière est radieuse. Je profite que Vanessa est en grande discussion avec Patricia et sa nouvelle copine et que nous sommes donc seuls pendant quelques instants pour l’apostropher :



« Mongland ? Comment pourrais-je l’oublier ? »



Étonnant, en effet.



Aux dernières nouvelles, personne n’était au courant de l’affaire Mathilde/Jessica puisque je ne l’avais jamais mentionnée à qui que ce soit. Je souris.



Ça, c’est bien mon avis. Elle s’approche de moi, somptueuse dans sa robe de satin blanc.



Elle semble préoccupée.



Je grimace. Tout cela ne me dit rien de bon. Je décachette, et je lis.


Bonjour Frédéric,

Je tenais à vous féliciter pour le travail que vous avez accompli. Non seulement vous avez sauvé mon entreprise, mais vous avez réussi à réconcilier mon ex-épouse et ma fille, ce à quoi j’avais renoncé bien avant de partir en Afghanistan.

Veuillez ne parler de moi à quiconque, surtout pas à votre charmante épouse et encore moins à mon ami Edgar ou à sa nouvelle conjointe. Comme vous, j’ai eu beaucoup de mal à disparaître, et je tiens désormais à ma tranquillité.

Soyez heureux.

Claude Dubreuil (le vrai)


Tout en déchirant soigneusement la lettre, je souris à Vanessa. Si l’on m’avait dit qu’un simple accrochage en voiture aurait pu me mener jusque là…