| n° 16277 | Fiche technique | 40001 caractères | 40001Temps de lecture estimé : 22 mn | 28/06/14 |
| Résumé: Jessica, troublante libertine, tombe sous le charme de Maud, la femme d'Olivier, tandis que ce dernier ne reste pas insensible aux tentatives de séduction de Coralie. | ||||
| Critères: fh ff asie couple essayage fête cérébral voir nopéné init | ||||
| Auteur : Nicogarner (Homme marié aimant la littérature, l'écriture et l'érotisme.) | ||||
| Épisode précédent | Série : Divines et libertines Chapitre 02 / 03 | Épisode suivant |
Dans l’épisode précédent : Olivier est un trentenaire tranquille et rangé, menant une vie ordinaire avec sa tendre et trop sage Maud. Mais voilà qu’il retrouve Jessica, la star du lycée, celle sur qui tous les garçons fantasmaient et qui, maintenant, est une lesbienne libertine.
_________________________
Maud émerge timidement de la cabine d’essayage. Elle se sent horriblement mal à l’aise en s’observant dans la glace.
Jessica adore le cuir et elle essaie de l’influencer en lui faisant essayer une mini-jupe en cuir noir, avec débardeur en jacquard. Elle reste époustouflée devant la beauté de Maud. Elle ne l’avait jamais vue dans des fringues moulantes ou sexy, le résultat en vaut vraiment la peine. Elle est admirablement proportionnée, svelte et élancée. Plus grande, elle aurait pu faire carrière comme top-modèle sans aucun souci. Elle le lui dit tout de suite et Maud rougit de plaisir.
Elle hésite encore à s’offrir cet ensemble, osant à peine lever les yeux sur son reflet. Jessica devine là les conséquences d’une éducation puritaine ; sa mère avait apparemment un siècle de retard sur l’évolution des mœurs. Cela a laissé des traces indéniables sur sa fille, et elle compte bien l’aider à s’en défaire.
Devant son insistance, elle finit par céder. De joie, Maud sautille sur place, lui saute au cou, déposant un gros bisou sur sa joue. Sa bouche est pulpeuse, un contact frais et humide qui procure vite un frisson voluptueux à Jessica. Le parfum capiteux qui monte de ce corps splendide finit de la troubler. Confuse, elle la suit des yeux tandis qu’elle regagne la cabine. Jessica aspire à fond, repoussant ce sentiment indéfinissable qui vient de la gagner. « Jessica, ma vieille, on se calme ! » Elle a retrouvé tout son sang-froid lorsque Maud ressort. Elles inspectent les lieux, à la recherche d’un autre article « coup de foudre ». La vendeuse, qui connaît bien Jessica, les observe de loin. Elle sait très bien que sa cliente en connaît un bout sur la mode ; elle sait en conséquence rester à sa place, sans chercher à l’influencer, et encore moins à la baratiner. Jessica fouille du regard, l’œil perçant. Rien de spécial n’attire son attention. Elle paie les articles achetés et elles sortent.
Jessica est ravie de cette sortie lèche-vitrines entre filles ; elle craignait au départ de s’ennuyer mortellement, n’ayant jamais eu l’occasion de se retrouver seule avec Maud. Elle s’attendait à ce qu’elle la saoule de paroles sur l’éducation des enfants en général, la scolarité, ou autres soucis ménagers. À sa grande surprise, rien de tel. Au contraire, il s’est très vite installé une grande connivence, un esprit frivole et léger, sous le signe de la bonne humeur. Maud, contrairement à la première impression qu’elle donne, a beaucoup d’humour, elle est curieuse, énergique et pétillante. Jessica la découvre avec joie. Sans son fiancé et sans son fils, elle n’est plus la même. En plus d’être d’un naturel désarmant, elle semble se libérer totalement ; une véritable tornade de fraîcheur et de spontanéité, dont le charme opère divinement. Sa soudaine envie de changer radicalement de style vestimentaire intrigue malgré tout Jessica qui n’hésite pas à la questionner. Maud hausse les épaules.
Jessica sourit. Elle lui fait remarquer :
Elle s’arrête brusquement devant une vitrine qui expose des sous-vêtements affriolants. Sa première attitude est de paraître à la fois gênée et fascinée. Jessica trouve cela amusant ; elle ressemble à une gosse émerveillée devant plein de bonbons, qui en meurt d’envie mais n’ose pas céder à la tentation. Maud finit par se tourner vers elle.
À son air confus, Jessica devine que c’est apparemment son cas, ce qui ne l’étonne pas trop. Elle prend un air désapprobateur et faussement maternel.
Elle l’entraîne à l’intérieur de la boutique. Elle connaît évidemment la gérante en tant que cliente fidèle ; sa marchandise est de qualité : des dessous chics pour femmes au top de la séduction, des femmes qui n’ont pas froid aux yeux pour revendiquer leur féminité. Dominique l’embrasse avec effusion. Jessica lui présente Maud ; sa beauté ingénue fait encore grande sensation. Dominique en est tout excitée :
La sonnerie de son portable vient de l’interrompre. Tandis qu’elle l’attrape, elle lance à Dominique :
Elle saisit doucement Maud par le bras et la dirige de l’autre côté du magasin. Avant de disparaître, Maud lui jette un regard amusé. Jessica lui adresse un clin d’œil complice en même temps qu’elle répond au téléphone. C’est son rendez-vous de jeudi prochain qui l’appelle : un couturier inventif et innovateur, promis à une belle carrière si elle arrive à en convaincre son rédacteur en chef. Jessica est journaliste de mode dans un magazine féminin, un métier qu’elle adore et qui lui fait gagner beaucoup d’argent. Son client l’informe d’une idée qu’il vient d’avoir pour l’interview ; elle la trouve géniale et ils mettent au point les derniers détails. Cela lui prend dix minutes. Elle retrouve ensuite Dominique qui attend avec une impatience fébrile, faisant les cent pas.
Jessica acquiesce avec confiance. Dominique connaît son métier. Elle aime les femmes, leur beauté, elle sait mettre en avant tous les signes distinctifs de leur sensualité. Dominique est une lesbienne vieillissante, délurée et mondaine, qui malheureusement évoque sous une forme caricaturale l’homosexualité féminine. Les cheveux gominés en arrière, elle affiche des attitudes masculines, dandy à l’anglo-saxonne, teintées d’excentricité. Elle est habillée d’un pantalon noir en coton, chemise rayée légèrement féminisée par le jabot, boutonnée jusqu’au haut, foulard mauve, et veste d’homme en drap de coton. Ses manières sont démonstratives, trop exagérées. Jessica reste plantée à côté d’elle devant la cabine d’essayage. Maud se fait attendre. Enfin elle écarte le rideau, elle sort la tête, lançant des coups d’œil apeurés tout autour d’elle. Jessica la rassure.
Dominique s’impatiente.
Jessica lui adresse un regard agacé. Qu’est-ce qu’elle peut être idiote, celle-là ! Pas étonnant qu’elle soit toujours célibataire ! Maud prend son courage à deux mains ; elle se risque enfin à sortir d’un pas hésitant. Jessica en a le souffle coupé, comme si on lui avait balancé un magistral coup de poing en plein ventre. Maud est littéralement craquante en body-string couleur chair, au soutien-gorge triangle et porte-jarretelles en stretch assortis. La beauté du diable dans toute sa splendeur.
Maud combat sa timidité ; elle pivote sur elle-même, s’efforçant de sourire, et c’est son corps que Jessica mange des yeux, dans l’incapacité d’en détourner le regard. Ses seins sont petits, mais arrogants. Ses fesses sont agressives, bombées et fermes, son ventre plat, ses jambes fuselées à la perfection, le tout avec cette peau dorée, éclatante de santé et de vitalité, qui transcende avec délicatesse chaque forme affriolante.
Jessica a de plus en plus chaud, et c’est par un grand effort de volonté qu’elle réussit à se détacher de sa contemplation. Dominique, elle, en est bien incapable, droite comme un piquet, bouche béante, yeux exorbités, ressemblant piteusement à un mérou que l’on vient de sortir de l’eau. Jessica espère de tout cœur ne pas avoir eu la même expression stupide. Sa voix semble venir de très loin lorsqu’elle s’exclame :
Dominique arrive à croasser péniblement :
Elle se racle la gorge, avec une telle force que l’on pourrait croire qu’elle s’apprête à battre un record de crachat. Elle reprend, d’une voix faible et extasiée :
Jessica comprend ce qu’elle veut dire. Maud est métamorphosée, une troublante lolita, ingénue et voluptueuse. Elle se dit qu’il n’est pas plus mal après tout que Maud soit inconsciente de son pouvoir de séduction : elle pourrait être terriblement calculatrice si elle le voulait, obtenant par son irrésistible charme tout ce qu’elle voudrait posséder. Maud, comme devinant leurs pensées, s’enhardit, les mains sur les hanches, prenant des poses lascives, et demandant d’une voix langoureuse :
Dominique est sur des charbons ardents, prête au viol tandis que Maud aguiche involontairement son petit monde. Jessica s’empresse d’intervenir, poussant Maud vers la cabine, lui parlant comme à une enfant capricieuse que l’on essaie de raisonner, en appuyant sur chaque mot :
Celle-ci proteste.
Jessica roule de gros yeux, grimaçant pour quémander son soutien. Mais Maud ne comprend pas, ou fait semblant de ne pas comprendre.
Jessica se retourne, surprise. Comme par magie, Dominique vient d’apparaître avec l’article en question. Maud tape des mains avec émerveillement.
Elle affiche un air faussement modeste. Tu parles ! Elle avait dû auparavant guetter chaque expression de sa cliente, repérant les articles qui éveillaient son intérêt, et maintenant elle saisit tous les prétextes pour la garder sous la main, dans l’unique but de se rincer l’œil et mieux faire connaissance. La vieille truie est aux anges, frôlant Maud à chaque occasion, faisant traîner la vente. Désespérée, Jessica assiste à la scène avec impuissance, excédée que Maud ne se rende compte de rien, avec surtout un étrange sentiment de colère, de désir possessif, comme si Maud lui appartenait. Elle repousse vite cette idée saugrenue. Leur petit jeu dure une petite demi-heure ; elle feint l’indifférence la plus totale, ne dit pas un mot lorsqu’elles se retrouvent toutes les deux dans la rue. Devant son silence, elle cède la première, entrant dans une rage folle.
Maud la surprend encore une fois en prenant un petit air malicieux. Elle claque sa langue contre son palais, et roucoule :
La colère de Jessica tombe d’un coup. Ironique, Maud se moque d’elle, et elle tombe à pieds joints dedans. Elle maudit son comportement aussi stupide qu’irrationnel. Elle n’a aucune raison d’être jalouse, cela ne lui ressemble pas… Elle qui prône l’amour libre et crie à tue-tête son désir d’indépendance, la voilà bien à ressasser des pensées aussi rétrogrades ! De bonne guerre, elle sourit à son tour.
Jessica se rebiffe un peu trop vite.
Maud ne dit rien, l’observe en coin avec amusement. Elle sort un bristol de sa poche et l’agite devant son visage, comme pour la narguer.
C’est sans réfléchir que, d’un geste vif et furibond, Jessica essaie de le lui arracher des mains. Maud est plus rapide qu’elle et le range dans sa poche.
Encore cette petite pointe de jalousie qui serre le cœur de Jessica. Imaginer Maud dans les bras de cette femme lui paraît insupportable. Du coup, elle se laisse submerger par une colère froide :
Elle fait brusquement demi-tour, accélérant le pas. Maud la rattrape en courant.
Elle lui prend la main avec une infinie douceur. Cela a un effet instantané. Jessica n’a plus de haine. C’est Maud maintenant qui la guide, sans la lâcher. Leurs doigts sont entrelacés et ni l’une ni l’autre n’osent rompre le charme, comme si un lien indéfectible venait de se lier entre elles. Des sentiments confus désarçonnent Jessica qui s’efforce vite de mettre ça sur le compte d’une soudaine et profonde amitié. De toute façon, il ne peut pas en être autrement. Maud fait partie des personnes sacrées et intouchables pour qui elle n’aura jamais de pulsions irréfléchies. Maud semble également émue par cette nouvelle complicité ; elle le dit avec sa spontanéité habituelle.
Elle hésite un peu avant de se lancer :
Elle lâche la main de Jessica et se met à courir, de plus en plus vite. Elle ouvre grand ses bras, comme un oiseau qui déploie ses ailes pour prendre son envol, et elle rit à gorge déployée, sans pouvoir s’arrêter. Jessica la suit, enchantée de la voir si heureuse, étourdie et grisée par cette frivolité contagieuse qui la fait rire à son tour. Elles finissent par ralentir, hors d’haleine, échangeant un regard ravi. Leur folle poursuite les a entraînées loin des grands axes, dans une rue résidentielle, calme et sereine. Elles passent sous des érables ; un oiseau chante une douce mélodie, comme pour célébrer cette joyeuse harmonie. Jessica reprend son souffle plus rapidement et va parler lorsque Maud lui demande brusquement :
C’est si brutal qu’elle en reste sans voix. Maud, elle, est toujours hors d’haleine, mais c’est l’émotion surtout qui lui coupe le souffle. Ce qui ne l’empêche pas de relancer :
Jessica retrouve sa voix.
Maud vient de lui lancer un cri désespéré, un appel à l’aide, et Jessica ne peut pas faire la sourde oreille. C’est contre ses principes. Elle est toujours persuadée du bien-fondé de ses convictions sexuelles, à savoir que le libertinage peut réveiller des couples, renforcer une relation affaiblie par la routine et révéler des pulsions insoupçonnées. Pour elle, il est évident qu’elle trouve exclusivement du plaisir dans l’homosexualité féminine, explorant un monde qui s’ouvre continuellement sur des horizons aussi vastes qu’infinis. Un instant, elle se demande si ce n’est pas justement ça qui plaît tant à Maud.
Maud retient sa respiration, le visage cramoisi. Sa réponse tarde à venir.
Sa réflexion spontanée détend l’atmosphère, arrachant à Maud un petit rire nerveux.
Soudain, elle hésite, le souffle court.
Une boule de chaleur irradie brutalement le bas-ventre de Jessica. C’est à son tour d’avoir du mal à respirer. Plein d’images traversent son esprit à une vitesse foudroyante. Elle et Maud dans le même lit, roulant l’une sur l’autre dans la même frénésie, se mélangeant leur corps, leur souffle, leur salive, dans des étreintes à n’en plus finir… Bon sang, comme elle aimerait partager ce moment unique avec Maud, l’initiant à des plaisirs divins, la révélant à elle-même et exploitant tout son potentiel érotique ! Voilà le genre de défi qu’elle adorerait relever, et on le lui apporte sur un plateau d’argent. Elle tente de contenir son excitation pour garder les idées claires.
Évidemment, Coralie avait ce don inné de désarçonner tout être vivant sur Terre, homme ou femme. Ses origines thaïlandaises l’imprègnent d’une beauté indéniable, exotique, qui se passe d’artifices. Elle est la jeunesse, la volupté, la grâce et l’amour. Et, dans ce dernier domaine, elle fait preuve d’une imagination débordante. Pour ne pas la décevoir, il est conseillé de la suivre dans ses divagations, et même de la précéder pour la surprendre ou ne pas rester à la traîne. Souvent, plusieurs partenaires suffisent à peine à assouvir ses ardeurs, et Jessica imagine mal le pauvre Olivier se débrouiller seul avec une telle tornade asiatique. Il ne s’en remettrait jamais. Et, pire, aurait ensuite du mal à se contenter de relations fades et monotones avec sa fiancée. Coucher avec Coralie est accéder à un tel bonheur que cela laisse des traces indéniables. On en sort étourdi, ébahi, et souvent perturbé. Elle n’est donc pas surprise que son charme agisse sur Olivier. Coralie est capable de débaucher un moine tibétain pour le transformer en étalon inépuisable, de tenter l’homme le plus amoureux et le plus fidèle, comme elle est capable aussi de transformer une hétérosexuelle convaincue en lesbienne déchaînée. Personne ne peut lui résister.
_________________________
Coralie exhale un gros soupir, fronce son joli petit front d’un air pensif, puis finit par secouer énergiquement la tête en déclarant d’un air convaincu :
Maud finit son verre d’un trait, assez vite pour que l’on ne remarque pas sa main qui tremble.
Elle en a appris beaucoup sur certaines pratiques de tous ces couples libertins qui, autour d’elles, semblent amoureux et complices, soudés par un lien indéfectible. Elle est presque convaincue du bien-fondé de cette sexualité non-conformiste, ce qui l’étonne de sa part. Elle est littéralement fascinée par tout ce qui l’entoure et tout ce qui se dit.
La polémique entre l’homme et Coralie dure depuis une bonne demi-heure, où chacun reste farouchement campé sur ses positions et ne fait pas avancer le débat d’un pouce. Coralie a trouvé un interlocuteur aussi tenace et obtus, un bourgeois branché, pseudo-intellectuel aux idées bien arrêtées. D’emblée, Maud ne l’a pas aimé, et les minutes qui ont suivi n’ont fait que confirmer cette première impression. Elle laisse son regard se fixer sur le chèvrefeuille qui grimpe sur la pergola, suit distraitement les branches qui se croisent et s’entrecroisent au-dessus de leur tête. En l’absence de leur hôtesse, trop occupée à se faire culbuter dans une des chambres de sa villa, c’est Jessica qui les a reçus tous deux pour les installer sur la terrasse, au fond du jardin, près d’un massif d’orangers du Mexique, dont les odeurs entêtantes leur chatouillent agréablement les narines.
Maud se laisse griser par ce parfum délicieux, prenant sans le savoir une expression heureuse. La soirée a très bien commencé, sous les meilleurs auspices, surtout lorsque Maud s’est aussitôt laissé imprégner par l’ambiance électrique, ce qui l’a plongée dans des sentiments contradictoires, entre malaise et une inavouable excitation. Les invités, pour la plupart, étaient charmants, originaux, faisaient preuve d’esprit, sans le moindre complexe.
Deux femmes, jeunes et superbes, rayonnaient d’une beauté provocante, un peu vulgaire, et apparemment côtoyaient souvent Jessica et Coralie dans le contexte libertin. C’est ainsi qu’elle avait appris le métier de l’une d’entre elles – une volcanique brune italo-américaine – fière d’être call-girl et strip-teaseuse, et cela l’avait choquée un peu ; mais à discuter avec des gens qui sortaient de l’ordinaire, elle s’était sentie elle aussi un peu marginale, vivante, et surtout audacieuse. Cette sensation était exaltante, comme une joyeuse ivresse, ce qui mettait sa sensibilité à fleur de peau. Jessica, au départ, avait été aux petits soins avec elle, dévouée et attentive, faisant attention de mettre également Olivier à l’aise, et Maud avait trouvé cela très flatteur, comme un prince et une princesse qui ont droit à toutes les marques d’attention. Et puis, la tenue qu’elle portait, pantalon noir en stretch et top soutien-gorge à paillettes, sans bretelles, au décolleté plongeant, avait fait grande impression. Elle s’était fait violence pour s’habiller un peu osé, mais elle en était largement récompensée. Apparemment, elle pouvait être sexy sans porter des ensembles ultra courts ou tape-à-l’œil. Du coup, Jessica n’avait cessé de la complimenter, et une complicité s’était vite instaurée, un troublant jeu de séduction auquel elles se prêtaient avec ravissement.
Le charme avait été brisé lorsqu’Olivier l’avait attrapée par la taille pour ne plus la lâcher, gardant un œil jaloux sur ce qu’il considérait comme sa propriété alors que d’autres hommes lui tournaient autour sans s’en cacher. Maud en avait été agacée, terrassée ensuite par un sentiment de jalousie quand Jessica avait filé avec une autre femme pour rire à gorge déployée, l’enlaçant d’un peu trop près. Tout cela était confus, cette attirance qu’elle voulait refouler, ce genre de conflit intérieur qu’elle n’avait jamais eu à affronter parce que son existence avait été jusqu’ici un modèle de conformité et de droiture. Désorientée, Maud s’était retrouvée sous la pergola à écouter Coralie débattre avec cet homme prétentieux, « Monsieur-je-sais-tout-et-j’ai-la-science-infuse » ! La femme de ce dernier, une petite rousse moulée grossièrement dans un ensemble transparent, esquisse un petit sourire indulgent et s’adresse à Maud :
Maud le dit sur un ton tellement faux et hypocrite qu’elle ne sait plus où se mettre. Elle se lève brusquement. Olivier, qui n’avait cessé de lui tenir la main sous la table, tente de la retenir.
Elle s’en veut d’être agressive, consciente que l’absence de Jessica lui met les nerfs en pelote. Elle se rattrape par un sourire.
Coralie rassure à son tour Olivier.
Cette dernière réflexion n’est pas pour le rassurer. Inquiet, il suit sa fiancée des yeux alors qu’elle disparaît à l’intérieur de la majestueuse villa qui domine la baie de Cannes. Coralie tente de le distraire.
Un léger sourire narquois étire les jolies lèvres de l’eurasienne.
Elle ne cesse de l’observer d’un regard fixe et insistant. Olivier s’en trouve paralysé, le cœur battant soudainement plus vite. Bon sang, comment une telle femme pouvait exercer une telle fascination ? Et comment un si beau visage pouvait dégager d’un coup une telle perversité ? Ses grands yeux en amande sont en parfaite harmonie avec le doux ovale de son visage, ses traits sont sensuels, pimentés par une bouche chaude et généreuse. Ses cheveux noirs comme du jais rebondissent sur ses épaules, luisants, comme animés d’une vie propre, avec la même vitalité qui semble émaner de tous les atomes de son corps. Olivier a du mal à garder la tête froide. Il en bafouille :
Olivier tente de dissimuler son malaise. Il a l’impression d’être sur des charbons ardents, jouant avec le feu avec la plus irrésistible des tentatrices. Coralie dégage une telle aura de sensualité dans ses gestes, ses postures, qu’elle semble rayonner d’une force sulfureuse, ce qui la rend encore plus envoûtante. Et elle, d’une beauté à couper le souffle dans son kimono en soie qui, volontairement écarté sur le haut, laisse ses seins découverts. La ceinture qui l’enserre met admirablement en valeur sa taille souple et évasée.
Encore plus troublé, la gorge sèche, il n’arrive plus à parler, de peur d’articuler un croassement autant inaudible que ridicule. Avec la souplesse d’un serpent, elle se lève et lui tend la main.
Sa voix douce est comme une caresse. C’est dans un état second qu’il saisit sa main et se laisse guider à l’intérieur de la villa. Il croise plein de monde sans les voir, comme aveugle, comme si c’était quelqu’un d’autre qui se laissait entraîner dans une chambre. Une porte claque, et il se retrouve sans savoir comment collé contre un mur, enlacé par Coralie qui se colle étroitement à lui. La chaleur de son corps et ses formes affriolantes lui provoquent instantanément une érection incroyable qu’il ne peut maîtriser. Un dernier sursaut de conscience le fait réagir.
Celle-ci n’a qu’à se hisser sur la pointe des pieds pour le faire taire. Ses lèvres humides et chaudes ont une infinie douceur, et il est impossible de ne pas répondre aux délicieuses sollicitations de la langue qui s’est déjà habilement faufilée entre ses dents. Olivier y répond malgré lui et découvre aussitôt qu’elle embrasse divinement bien, avec un art consommé à rendre n’importe quel homme fou de désir. C’est dans cet état qu’il se retrouve rapidement, lui mordant presque sauvagement la bouche alors qu’elle ne cesse de le provoquer en l’embrassant voluptueusement, ondulant en même temps des hanches contre lui. N’ayant jamais échangé un baiser aussi long et aussi fougueux, il doit s’écarter un instant pour reprendre son souffle. Le désir qu’il lit dans ses beaux yeux en amande lui donne le vertige. Il voit s’entrouvrir ses belles lèvres sensuelles et respire en même temps son parfum capiteux. Il comprend alors qu’il est un homme perdu. Jamais aucune femme ne lui a fait autant d’effet, et ce n’est pas son kimono qu’elle ouvre lentement, dévoilant son corps complètement nu, qui lui fera reprendre ses esprits…
À suivre…