Vérités et Fantasmes — Part 3
Remarques
Bonjour à vous. Bienvenue aux nouveaux lecteurs, merci aux autres de suivre mon récit.
J’ai conscience que mes récits sont un peu difficiles à suivre car ils relatent une aventure qui s’est déroulée sur dix mois et impliquent quatre personnes différentes : Anne et Robert, un couple à la fois libéré et bloqué, vit en Charente-Maritime ; Martin et moi, Sabine, parisiens et amants, entretenons une relation Maître-Esclave.
Résumé des épisodes précédents :
Martin mis en contact avec Robert et Anne par l’intermédiaire de Revebebe, s’est lancé le défi de convaincre le couple de se lancer dans l’aventure de la Soumission. Sous le regard du mari, il entretient une correspondance avec Anne où ils échangent très librement, chacun argumentant pour ou contre : elle, totalement opposée, lui, fervent défenseur.
Il lui a envoyé un texte relatant certaines situations de Domination qu’il a créées et vécues avec ses Soumises du moment. Mais, devant la réaction d’Anne qu’il juge très encourageante, il leur pose une sorte d’ultimatum. Passer des échanges de mails aux liaisons vidéo.
Je reprends mon récit.
C’est après seulement plusieurs tentatives de le joindre par messagerie qu’ils ont compris le caractère irrévocable de la décision de Martin. Mais aussi, il a fait un geste. Il faut toujours laisser une porte de sortie pour ne pas crisper et bloquer les gens. C’est le B. A. BA du Maître. Il a envoyé sa photo et son nom véritable. À l’époque il ne savait pas qu’Anne avait déjà trouvé son identité à travers les métadonnées.
Je passerai très vite sur les premières liaisons. Martin m’a dit qu’il avait fallu les apprivoiser longuement pour que les paroles retrouvent la liberté des messages échangés par mails. Il faut reconnaître que d’écrire « J’aime sucer Robert » ou « J’aime lorsqu’Anne me sodomise » est autrement plus facile que de le dire à haute voix à un interlocuteur, même distant et virtuel.
Mais Martin est un as. Il leur a raconté ses aventures, parlé de sa Soumise du moment, moi en l’occurrence, pour les laisser poser des questions. De la même façon il les encourageait à tout lui dire.
Mais, ce que la messagerie unique ne permettait pas, il a pu organiser des vidéos séparément. Ainsi mari et femme parlaient encore plus librement de tout. Surtout avec Robert, que Martin sentait plus influençable. Il lui parlait de tout ce que la soumission permettait, mais aussi et surtout ce qu’il pouvait imaginer avec Anne.
Le ver était dans le fruit.
Un jour il leur a proposé un jeu, une sorte de jeu de piste. Connaissant leur hantise de garder l’anonymat dans le petit milieu professionnel qui était le leur, il avait construit un scénario qu’ils ne pouvaient pas refuser, pour cette raison au moins.
J’ai retrouvé dans les archives de Martin les directives qu’il leur avait transmises après qu’ils aient donné leur accord.
Message de Martin
D’abord le 23, en début d’après-midi, vous rendre à Bordeaux, à la boutique « À l’endroit » rue d’Anvers. Oui, cela ne s’invente pas. Avant, vous aurez choisi parmi les modèles que je vous joints, celui ou ceux qui vous plaisent. Tous sont disponibles, il suffit de téléphoner au 05 56…, de la part de Martin et indiquer la taille afin que la patronne vérifie si elle a bien votre sélection. Ne vous occupez pas du règlement. C’est un petit cadeau pour honorer votre beauté, ma chère Anne, et je suis sûr que dès que nous serons plus intimes, je serai récompensé par une présentation de ces belles pièces sur votre corps. Surtout ne vous retenez pas si d’autres choses vous plaisent. Pour Robert, je le laisse choisir parmi les modèles présents dans la boutique. Plus exactement, c’est vous Anne qui allez lui choisir.
Ah, surtout ne pas oublier de prendre aussi des masques.
Fin du message de Martin
Le message est accompagné de photos de mannequins présentant de la lingerie que je qualifierais d’osée !
Soutiens-gorge qui n’en ont que le nom et qui servent de coupes pour aider les tétons à pointer, ou pire, le triangle de tissu avec une fente qui ne laisse que cette faille comme échappatoire aux seins généreux des mannequins.
Que dire des culottes ? Rien si la parole est proportionnelle à la surface de tissu. Triangles et ficelles, tout est dit.
Mais aussi, des choses vaporeuses à souhait, véritables « miel » à l’admiration des hommes.
À la sortie de la boutique il leur a envoyé un autre message. La patronne l’avait prévenu que ses clients sortaient et avaient bien procédé aux essayages.
Message de Martin
Maintenant que vous êtes équipés, vous allez vous rendre à « La Chaloupe », rue Matteotti. Il s’agit d’un club libertin qui organise un après-midi « découverte » pour les couples et les individuels qui veulent découvrir les lieux, ce qui s’y passe, comment c’est organisé, les avantages et les contraintes.
C’est parfait pour vous, car tous les participants doivent être masqués. Vous voyez que je prends soin de vous. Pas besoin de s’impliquer. C’est comme vous voulez. Si j’ai bien compris des « animations » sont prévues. Les invités peuvent participer, ou pas. Les invités peuvent rester habillés, ou pas. Tout est libre : « Libertin, vous voyez le lien ! »
Notez que je ne vous demande pas de concrétiser avec d’autres. Au contraire, je vous demande de ne pas céder à la tentation. Vous pouvez profiter mais pas « conclure ». Ne souriez pas, vous verrez que ce n’est pas si facile dans la bonne ambiance.
Vous êtes inscrits : Anne et Robert.
Bon après-midi.
Ps. Vous me raconterez !
Fin du message de Martin
Le piège était parfait. Les missions ne semblaient pas insurmontables à ce couple.
Acheter de la lingerie coquine dans une boutique très chic est à la portée de n’importe qui. Visiter un club libertin pouvait paraître plus osé, mais ils avaient déjà l’habitude des plages naturistes. Pour le reste, la proximité, les attouchements peut-être, cela ne devait pas leur faire peur, à partir du moment que leur « quasi religieux » anonymat était respecté.
Martin attend le lendemain pour les contacter. Manifestement tout s’est bien passé et ils brûlent de lui raconter. Mais il a une exigence, que chacun lui parle en absence de l’autre.
Ils acceptent, ne voyant pas qu’ils commencent à obéir aux demandes de leur interlocuteur.
C’est Robert qui est le premier au confessionnal. Il répond à la question de Martin :
- — Qu’avez-vous fait après la boutique de lingerie ?
- — Oh, que du classique. Eh bien nous sommes allés déposer nos achats à l’hôtel, puis faire une petite promenade dans le centre-ville avant un rapide dîné, bien arrosé, il faut dire.
- — Avez-vous parlé de vos achats, de la future soirée ? Enfin Robert, ne me faite pas languir.
- — Non pas vraiment. Ah si ! Anne m’a chahuté en disant que j’avais un ticket avec la patronne de la boutique. Elle ne voulait pas croire que je ne l’avais pas remarqué. Moi j’ai rien vu. J’imagine que cette blague était juste pour détendre l’atmosphère.
- — Bon, passons et ensuite.
- — Nous sommes repassés à l’hôtel pour nous préparer. Anne a longuement hésité sur la tenue qu’elle allait porter. Elle avait l’embarras du choix. Comme à la boutique, elle les a toutes repassées. Finalement nous – elle a bien voulu accepter mon avis – avons choisi l’ensemble string triangle avec le soutien-gorge corbeille-demi-sein, mais comme elle craignait de ne pas être à l’aise sous le regard des autres, elle a ajouté la nuisette. Vous avez vu, la nuisette ne cache pas grand-chose, mais c’est vrai que cela lui donnait un côté chic. Les bottes lui apportaient en plus un côté « cambré » d’enfer.
- — Et cette nouvelle séance d’essayage ne vous a pas excité ?
- — Bien sûr, mais on voulait suivre au mieux vos conseils. Alors j’ai été prendre une douche. Ce n’est pas ce que j’ai fait de mieux.
- — Vous voulez dire quoi ?
- — Non, rien. Ensuite on est allé au club. Tout était organisé, comme convenu « Robert et Anne » ont servi de sésame. Merci encore. La prochaine fois c’est nous qui payons pour vous. Vous saviez que l’entrée donnait droit à une bouteille de champagne ?
- — Oui, bien sûr. Ne me remerciez pas. Cela me fait plaisir. Alors ? La suite.
- — Eh bien, on est entré et nous sommes allés au bar.
- — Des détails ! Robert vous n’êtes pas un littéraire, cela se voit. J’espère qu’Anne sera plus généreuse dans son récit. Par exemple étiez-vous habillés ou en sous-vêtements ?
- — Habillés.
- — Comment, vous n’avez pas demandé à votre compagne de se mettre au diapason de la soirée ? Et elle non plus, pour vous ?
- — Vous êtes marrant. Je voudrais bien vous voir ! À poil sur la plage, c’est une chose. Mais dans un club, c’est différent. Les gens sont juste à côté de vous. Par exemple, pour rejoindre sa table, il faut se glisser dans des passages étroits entre les autres tables et les fauteuils, sur la piste de danse on était « touche-touche ».
- — Vous êtes resté comme cela toute la soirée ? Ce n’était pas la peine de choisir de la belle lingerie… dit, Martin, déçu de ce qu’il entendait.
- — Mais non, seulement la première heure. En début de soirée, plusieurs couples étaient comme nous. Mais, soit ils sont allés se changer, soit ils ont disparus dans les coins câlins, toujours est-il qu’après, nous restions les seuls, avec un autre. C’est vrai que l’on faisait tache, mais personne n’a fait de remarques. Super, le savoir vivre et le respect dans cette boîte !
- — Alors qui a décidé de se mettre en tenue ? Normalement chacun devait décider pour l’autre.
- — Cela s’est passé différemment. L’autre couple est venu vers nous pour bavarder. Malgré le masque on sentait bien qu’ils étaient plus jeunes et tout de suite on a compris que c’est lui qui l’avait entraînée. Manifestement elle faisait de la résistance. Nous avons expliqué que pour nous aussi, c’était la première fois. Au bout d’un moment, Anne a proposé à la jeune femme de l’accompagner pour aller chercher quelque chose dans son manteau.
- — Robert, votre histoire tourne au drame psychologique des plus soporifiques. Cela devient navrant.
- — Attendez la suite. Lorsqu’elles sont revenues, elles étaient en petite tenue, toutes les deux, et se tenaient par la main comme pour se donner du courage. Anne avec la tenue que nous avions choisie et la jeune femme en soutien-gorge et petite culotte assez sages mais d’un blanc éclatant qui tranchait sur sa peau sombre. Ah oui, j’ai oublié de vous de dire que la femme était noire, comme son copain. Belle plante, si vous me passez l’expression, petite mais bien proportionnée avec un « cul » d’enfer.
- — Donc ce n’est pas vous qui avez demandé à Anne de se changer ?
- — Eh non ! J’imagine que c’est son côté « prof » qui l’a décidée de prendre en main cette jeune femme. Après tout, elle ne paraissait pas beaucoup plus vieille que certaines de nos élèves. Eh oui, vous croyez la connaître, mais elle n’en fait qu’à sa tête.
- — Peu importe, je verrai cela avec elle. Et ensuite ?
- — Eh bien, nous les hommes sommes allés faire la même chose. En slip, tous les deux. On discute un peu et je comprends que si sa copine est timide au club, ce n’est pas la même chose en privé. Une fois, elle a accepté de coucher avec un copain à lui, mais dans la pénombre. Ils ont même fini à trois. Ce qui fait que lorsque nous sommes revenus, je la regardais d’un autre œil. Et là, le calvaire a commencé !
- — Le calvaire ! Mais de quoi parlez-vous ?
- — Vous aimez les pâtisseries ? Le vin ? La bonne chère ?
- — Mais quel rapport ?
- — Répondez-moi, vous verrez !
- — Le vin, le bon vin. Mais uniquement le bon vin, le très bon vin.
- — Bien. Alors imaginez une bouteille de Château-Lafite-Rothschild d’une grande année, juste devant vous, ouverte avec un verre rempli dans votre main. Vous le regardez, le humez, admirez sa robe, allez le porter à vos lèvres mais une main s’abat sur vous et dit :
- — Interdiction de consommer. Eh bien, c’est exactement ce que j’ai vécu et j’imagine qu’Anne aussi.
- — Bien, très bien. Je vois que nous entrons dans le sujet.
- — Sadique. Oui, naturellement nous avons dansé, chacun avec la femme de l’autre. Je reconnais bien volontiers qu’au début je ne pouvais pas détacher mon regard du couple que faisaient Anne et ce jeune homme. Souvent d’autres danseurs me les cachaient et je guidais ma cavalière pour les retrouver. De temps en temps nous retournions à notre table, car malgré le peu de vêtements, nous étions toujours assoiffés. La jeune femme surtout qui voulait manifestement se griser. Anne et le gaillard…
- — Oubliez Anne. Elle me contera tout cela. Parlez de vous, de vos sensations.
- — Mes sensations ont évolué avec les danses. Comme je le disais au début, je « surveillais » Anne et je pense qu’elle aussi ne me quittait pas de l’œil. Mais assez paradoxalement on s’habitue à tout. Au début vous pensez :
- — ma copine danse presque à poil avec un mec qui est en slip. Vous gambergez. Vous voyez aussi, les mains du mec qui jouent à descendre le long des épaules, des hanches et finissent bien plaquées sur ses fesses. Je me disais qu’il devait bander comme un Turc et comme le papier à cigarette n’est plus de mise, vous ne pouvez même pas vérifier que l’espace entre eux en accepte le passage.
Il s’arrête. Il doit revoir les images de cet instant. Il faut le relancer :
- — Robert. Continuez, c’est très bien.
- — Oui, donc je savais que le sexe de l’homme devait être plaqué contre elle et qu’elle ne pouvait pas l’ignorer. Peut-être allait-elle glisser une main entre eux pour le caresser. Vous aviez bien dit que les caresses étaient autorisées ?
- — Tout à fait. Je me souviens très bien ce que j’ai écrit.
- — Mais petit à petit je me suis décontracté. Si elle se laissait caresser, par contre ses mains ne bougeaient pas du cou du garçon. Même, lorsque nos regards se croisaient, elle me faisait un clin d’œil qui renforçait notre complicité.
- — Si je comprends bien vous n’auriez pas supporté de la voir se prêter au jeu des caresses et donc de rendre celles qu’elle recevait ?
- — Je ne sais pas. Vous savez, ce n’est pas si simple. Vous êtes à la fois excité et pas satisfait de ce que vous voyez. Allez savoir tout ce qui se passe dans notre tête ? Une chose est sûre, par contre, c’est que j’étais bien plus détaché que lors de notre première tentative. Il faut dire que l’ambiance se prêtait mieux à ce genre de situation. Tous ces couples qui dansent, presque nus, se prodiguant des caresses plus ou moins appuyées, donnent une atmosphère favorable. Cela paraît presque normal et naturel. Mais il faut dire aussi que la jeune femme s’est lâchée petit à petit et ce qui n’était au début qu’une danse relativement sage, s’est, au fil des coupes de champagne qu’elle buvait comme du petit lait, transformée en danse érotique. Elle se collait à moi, se frottant sans pudeur, allant jusqu’à me peloter les fesses. Le monde à l’envers. Anne rigolait franchement en nous voyant. Je ne suis pas de bois, ou plutôt mon sexe s’est transformé en bâton. Moi aussi je l’ai caressée, glissant mes mains entre culotte et peau pour apprécier le grain de ses fesses. Anne…
- — Laissez Anne, ne pensez qu’à vous. Elle me racontera.
- — Si, si, je continue, vous allez voir. Donc Anne nous regardait, juste à côté. Il faut dire que l’homme avait tourné autour d’elle et était maintenant plaqué contre son dos. Son sexe devait être calé contre les fesses. Ses mains la caressaient par-dessus la nuisette se plaquant sur ses seins et son pubis. Si elle vous dit tout à l’heure qu’elle n’était pas sensible à tout cela, sachez qu’elle mentirait car ses yeux avaient ce petit quelque chose qui la trahissait. Ma danseuse s’est spontanément placée dans la même position mais en plus, elle continuait de me masser la verge. Les deux femmes étaient face à face. Et, sans prévenir, ma jeune danseuse s’est avancée et a posé ses lèvres sur celles d’Anne. Ce geste a servi de révélateur. Anne a sursauté et semblé découvrir la situation. Elle s’est retournée et a dit clairsemant au garçon :
- — Allons nous asseoir ? On doit parler. Alors elle a expliqué que nous n’étions pas tout à fait libres de faire ce que nous voulions, du fait d’un « Maître » qui nous coachait.
- — Comment ? Vous êtes certain qu’elle a parlé de Maître ?
(Martin a sauté de joie lorsqu’il a entendu cela. En me faisant écouter cette vidéo, il m’a affirmé que maintenant tout était possible.)
- — Certain, cela m’a frappé. J’ai même pensé qu’elle allait un peu loin, mais certainement qu’elle voulait couper court à toute discussion
- — Donc si je comprends bien, c’est Anne qui a repris la main. Et vous dans tout cela ?
- — Vous savez, la fille me faisait bander, alors il m’est difficile de dire si le spectacle de l’autre couple y contribuait.
- — Allons, vous tournez autour du pot. Oui ou non, étiez-vous fâché, content ou indifférent à ce que votre compagne soit dans les bras d’un autre qui la caressait devant vous ?
- — Indifférent, c’est sûr que non. Qui le serait ? Ou alors il n’aime pas d’amour… Fâché, en tout cas, pas au point de faire un scandale ou d’arrêter… Content, c’est trop fort. Non, je dirais curieux. Oui, curieux, c’est cela.
- — Mon cher Robert, vous avez dû être élevé par des Jésuites. Passons. Ensuite ?
- — Eh bien, nous avons abandonné nos nouveaux amis et entrepris une visite des coins câlins.
- — Oublions ! Je verrai avec Anne.
- — Oh, je sais bien mon cher Martin, que votre centre d’intérêt est Anne et pas moi. Mais je comprends, je ferais la même chose.
- — Vous m’avez percé à jour, dit Martin en riant, rejoint par Robert, complice. Dites-moi plutôt si vous vous êtes séparés, comme convenu, et comment ?
- — Bien « Maître », dit-il en soulignant le « Maître », comme pour relativiser.
Pourtant, imperceptiblement, Robert était doucement dirigé par Martin. Sans s’en apercevoir, il lui obéissait. Bien sûr uniquement pour répondre à ses questions, mais la domination n’est pas l’ordre accompagné du fouet. Juste la suggestion.
- — Donc comme convenu nous nous sommes séparés pendant une petite heure. Nous avions gardé la même tenue. Maintenant cela semblait presque normal, surtout que dans les coins câlins, la nudité n’est pas le plus important. Moi pendant ce temps, j’ai regardé, passant d’une pièce à l’autre où les gens faisaient l’amour. Je ne vais pas vous détailler. Cela allait du couple seul, au trio et même plus. Voilà, rien de bien particulier.
- — Robert, je retire ma remarque sur votre éducation chez les jésuites. Vous mentez. Vous mentez mal. Que s’est-il passé ?
- — Mais rien, je vous assure.
- — Allons, obéissez-moi. Cela va vous soulager. Et je promets de n’en parler à personne, même pas Anne.
- — Bon d’accord. Mais j’ai votre promesse ?
- — Mais oui, allez…
- — Eh bien, à un moment j’étais sur le seuil d’une porte à regarder une femme qui était avec deux hommes.
- — Des détails…
- — Elle en chevauchait un et l’autre, derrière elle, devait, soit la prendre par derrière, soit en double par-devant. Je ne voyais pas bien et je ne voulais pas déranger. Alors j’ai entendu une voix juste à mon oreille qui disait :
- — Mais je connais ce boxer et je connais son propriétaire, Robert, n’est-ce pas ? En me retournant, je me trouve face à une femme nue, un verre à la main. Ma surprise est évidente et doit se voir. Avec un petit sourire elle se penche vers moi et me dit :
- — Si je vous dis : lingerie, patronne ? Bien sûr, je réalise que c’est la patronne que nous avons vue, brune, cheveux courts. « Eh oui, c’est moi », elle ajoute. Et comme elle constate que j’ai une trique d’enfer, elle me demande :
- — C’est moi ou le spectacle de ma copine qui vous fait cet effet ? On ne répond pas à ce genre de question. Elle me pousse alors dans la pièce :
- — Entrez ne soyez pas timide. Vous avez abandonné votre charmante amie ? Je suis bien obligé de répondre :
- — Chacun est parti de son côté. Avec un sourire entendu elle affirme :
- — Elle est si charmante et, si en plus, elle porte ce que vous avez acheté, vous allez la retrouver épuisée. Mais venez vous asseoir, et elle m’installe dans un fauteuil face au lit où le trio se déchaîne. Elle reste derrière moi, me parlant à l’oreille alors que sa main se glisse dans mon boxer pour flatter ma verge. « C’est beau n’est-ce pas ? Vous avez déjà essayé avec votre amie ? Moi je viens de le faire, c’est divin ». Et sans attendre une réponse, elle s’agenouille devant moi, fait glisser mon boxer et entreprend de me branler. J’ai l’impression que cela fait des heures que je bande avec toutes ces sollicitations. Alors dès qu’elle a glissé ma verge entre ses seins et a commencé à la frotter dans son sillon, je n’ai pas pu me retenir et j’ai éjaculé. Si elle a été surprise ou déçue, elle n’a rien dit, juste me félicitant pour la quantité de sperme que j’avais balancé. Voilà vous savez tout. Je n’ai pas pu résister et le pire c’est que j’ai joui trop vite.
- — En effet, vous n’avez pas vraiment suivi mes instructions à la lettre. Mais je comprends. Par contre, vous avez bien conscience que maintenant vous m’êtes redevable. Je ne manquerai pas de vous le rappeler le moment venu. D’accord ?
- — Oui, merci.
- — Maintenant allez chercher Anne et attendez dans l’autre pièce.
Robert est tout étonné lorsqu’il retrouve Anne pour la prévenir. C’est vrai que sa liaison avec Martin a duré un long moment et elle a eu tout le temps de se faire belle. Si elle n’a pas osé mettre les dessous coquins que Martin lui a offerts, elle a cependant mis cette petite robe noire qu’elle n’a pas pu résisté d’acheter dans la boutique. On la croirait cousue sur elle tellement elle la dessine et surtout la coupe lui permet de mouler sa poitrine qu’elle trouve trop petite et offrir ses lobes au regard. Un geste un peu brusque et c’est un téton qui sort.
- — Vous êtes très belle, très excitante Anne, lui dit Martin.
Pas mécontente de son effet, elle répond.
- — Merci. Alors, Robert vous a tout conté ?
Martin répond :
- — Cela, c’est entre lui et moi, comme ce que vous me direz restera entre nous. Allez, racontez. Commencez au club.
- — Alors voilà, Robert et moi sommes entrés dans le club. À l’entrée, une hôtesse nous a proposé de passer au vestiaire, mais Robert a déclaré que nous repasserions plus tard, que nous voulions prendre « la température » des lieux. J’avoue que je n’étais pas rassurée, et qu’entrer dans cette boîte en tenue de ville était plus facile pour mes premiers pas… Nous avons traversé la salle, qui était curieusement déjà assez remplie à cette heure. La plupart des couples étaient habillés, comme nous, mais certains étaient déjà « en tenue », surtout les femmes, pour lesquelles la nuisette semblait être l’uniforme, avec ou sans sous-vêtements d’ailleurs. Les spots donnaient à leur corps des allures très sensuelles mais pas vulgaires. Nous nous sommes installés à une table libre, dans un coin reculé de la boîte et avons observé… Au bout d’un temps que je ne saurais évaluer puisque je n’avais pas mis de montre, l’assistance s’est clairsemée, car nombre de couples sont soit repartis chez eux avec un couple rencontré sur place, soit montés dans les salles de l’étage, d’où commençaient à provenir des cris de plaisir qui supplantaient parfois la musique. Nous sirotions notre champagne offert par vous, plutôt de bonne qualité, d’ailleurs.
- — Vous ne dansiez pas ?
- — Si, nous nous sommes aventurés sur la piste quelques minutes, mais je n’étais pas à l’aise, au milieu de ces couples qui étaient de plus en plus dévêtus.
- — C’est pourtant le principe des clubs, belle Anne.
- — Oui… Mais lorsque la salle s’est un peu clairsemée, Robert a repéré un couple de blacks, assez jeunes, qui nous observaient depuis leur table. Eux non plus n’étaient pas passés au vestiaire. À un moment, ils se sont levés et sont venus nous demander si nous acceptions de bavarder un peu ensemble. La fille était dans les 23/25 ans, une liane, sportive avec des cheveux mi-longs, raidis, dans une jolie robe blanche un peu décolletée, et un demi-masque sur le visage qui laissait présager des traits fins. Elle était Guadeloupéenne d’origine, alors que son copain était originaire de Guyane.
- — Son prénom ?
- — Sirya.
- — Et son compagnon ?
- — Jorge. Lui était assez musclé, mais pas de la gonflette. Environ 1, 90 m, grand et sec. Impossible en revanche de voir ses traits, dissimulés sous un masque intégral, rouge et noir… nous avons discuté du club. Sirya m’a confié que c’était Jorge qui avait insisté pour qu’elle l’accompagne en club, que ça ne semblait pas son « truc » à l’origine, mais que, finalement, elle découvrait un monde assez respectueux des désirs de chacun, là où elle avait imaginé de la bestialité. Les hommes discutaient ensemble, nous de notre côté, mais je voyais bien que nous ne les laissions pas indifférents. Sirya m’a proposé de l’accompagner aux toilettes, et nous avons donc laissé les hommes quelques instants. Arrivée près des vestiaires, elle m’a dit :
- — bon, faut pas mourir idiote, je ne vais pas faire marche arrière. Je l’ai regardée, interrogative, et elle m’a carrément sauté dessus pour m’embrasser !
- — Ça vous a surpris ?
- — Un peu oui, même si c’était loin d’être déplaisant. Nos masques s’entrechoquaient tandis qu’elle me roulait un patin d’enfer. Je lui ai dit :
- — puisque tu sembles motivée, et que je ne pense pas faire marche arrière non plus, on va s’encourager l’une l’autre. Et je l’ai entraînée aux vestiaires. Nous avons enlevé nos robes. Elle portait dessous un joli ensemble blanc qui mettait bien en valeur sa petite poitrine et ses fesses musclées.
- — Ensuite, je l’ai prise par la main, nous avons traversé la piste de danse pour rejoindre nos hommes, qui nous ont regardés arriver avec un certain étonnement.
- — Et ensuite ?
- — Ça a donné des idées aux hommes qui sont allés se changer aussi. Lorsqu’ils sont revenus, nous sommes partis danser, Robert avec Sirya et Jorge avec moi.
- — Racontez-moi ça en détails…
- — … eh bien, pour tout dire, je n’en ai plus de souvenirs précis. Jorge a entamé un slow, s’est collé à moi, et là, j’ai cru défaillir en sentant son sexe dur contre le mien. Ses yeux m’hypnotisaient, et je sentais que mon sexe s’humidifiait au fur et à mesure de la chanson.
- — Et Robert ?
- — … je ne saurais pas vous dire… je ne faisais plus attention qu’à Jorge et à ce sexe long et dur qui ondulait sur mon mont de vénus. À un moment, Jorge m’a fait pivoter, et je me suis retrouvée avec le sexe de Jorge le long de mes fesses, face au couple de danseurs composé de Sirya et de mon Robert. Curieusement, alors que je pensais qu’une boule de jalousie me serait montée à la gorge, je ne ressentais que de l’excitation… Les mouvements de bassin de mon cavalier n’avaient plus rien d’équivoque, et si je n’avais pas eu de string barrant le passage, il m’aurait pénétrée sur la piste. Alors Sirya a elle-même pivoté devant Robert pour adopter la même position que moi. Elle ondulait face à moi, frottant ses fesses sur le sexe tendu de Robert, comme une chatte noire en chaleur. Alors, elle s’est penchée vers moi et m’a embrassée sur la bouche, un petit bisou, furtif et humide : ça m’a fait immédiatement redescendre sur terre à ce moment-là !
- — Ah ? le charme était rompu ?
- — Disons, pas exactement ! Je me suis remémorée vos consignes :
- — des caresses, oui, mais on ne va pas plus loin
- — … et si je n’avais pas émis ces consignes ?..
- — … je crois que je me serais volontiers laissée gagner par l’exotisme ambiant et nous aurions fait l’amour Jorge et moi, à l’étage. Je pense que Robert aurait fait de même avec Sirya !
- — Votre récit vous excite, belle Anne ?
- — … j’avoue que oui, et tout autant que vous, à ce que je constate…
- — J’en conviens, répond Martin, mais je ne sais si c’est votre bouche qui me raconte vos turpitudes ou votre corps mis en valeur par cette tenue plus que suggestive. Vous permettez que je me caresse tandis que vous poursuivez votre histoire.
- — Eh bien, nous franchisons bien des barrières aujourd’hui ! Oui : j’apprécierais de vous voir vous branler tandis que je vous raconte ma nuit.
- — Vos désirs sont des ordres, dit-il en empoignant son sexe dur pour lui imprimer un mouvement de va-et-vient lent et ample… Et vous, belle Anne, saurez-vous rester les mains sur les cuisses dans cette situation ?
- — Martin, vous êtes un coquin ! Vous voudriez que je me caresse devant l’écran ? Nous transgressons toutes mes règles !
- — Vos règles ne sont pas les miennes !… Allez, continuez votre histoire !
Ses mains restèrent obstinément rivées à ses cuisses, même si son regard en disait long sur son envie de rompre ce serment qu’elle s’était fixée elle-même et qu’elle semblait regretter déjà !
- — Nous sommes retournés à notre table. Ils semblaient un peu perdus de ma réaction. Nous leur avons parlé de vous, de vos consignes, de nos jeux d’une manière générale, et du fait que nous vous raconterions tout lors d’un échange Skype. Ils sont semblés intéressés par notre relation, mais n’ont pas insisté lorsque nous avons dit que nous nous en tiendrions à ce jeu de danses, tout au moins ce soir-là. Jorge nous a laissé une carte avec un numéro de portable griffonné dessus, puis ils sont repartis.
- — Et vous ?
- — Robert voulait que nous visitions l’étage, comme vous nous l’aviez demandé, même si ce n’était qu’en voyeurs. J’ai accédé à cette demande. Il m’a demandé si je ne voyais pas d’inconvénients à nous séparer pour l’exploration des lieux, et j’ai une nouvelle fois accepté, respectant encore vos souhaits…
- — Et alors ? Que s’est-il passé ?
- — Vous imaginez bien qu’une femme seule et court vêtue ne laisse pas indifférent dans un club libertin, malgré tout le respect des autres participants. Au hasard de mes pérégrinations dans l’étage, car c’est finalement plutôt grand comme surface, à chaque halte que je faisais pour regarder un couple ou plusieurs faire l’amour, des hommes seuls, mais aussi quelques femmes, me faisaient des avances plus ou moins fines. J’ai dû repousser quelques mains baladeuses, plus ou moins timides… Enfin, je suis arrivée à l’entrée d’une chambre où une femme se faisait entreprendre par deux hommes dans une semi-obscurité. Face à eux, un couple les observait. La femme était assise aux genoux de l’homme et le masturbait entre ses seins. Alors que je les observais plus attentivement, l’homme releva la tête, et malgré l’obscurité, je reconnus Robert. Lui m’a-t-il vue ? Reconnue ? Est-ce fait d’être surpris par moi, est-ce l’action de cette femme sur son sexe, toujours est-il qu’à ce moment, il éjacula de longues salves de sperme sur ses gros seins.
- — Qu’avez-vous fait ? Robert avait rompu le pacte…
- — J’ai quitté l’étage et je suis retournée au vestiaire pour me rhabiller. Je l’ai ensuite attendu au bar.
- — … et ?
- — Je l’ai attendu, il est redescendu. Il n’a rien dit…
- — Et vous ?
- — Rien non plus. J’attendais notre visio-conférence pour vous en parler. Vous a-t-il confessé avoir joui entre les seins d’une autre femme hier ?
- — Ma chère, acceptez que mes conversations avec vous et avec Robert restent un secret.
Ce que Martin et Anne ne savent pas, entièrement plongés dans leur conversation, c’est que Robert est entré discrètement dans la pièce. Sans un bruit, il s’installe pour profiter de leur échange et surtout pour les regarder. Caché dans un angle mort, il voit parfaitement Anne, mais aussi son écran dans un reflet du miroir.
Pendant que Martin joue avec sa verge, la caressant d’une ou de ses deux mains, Anne quitte sa robe pour apparaître totalement nue, la coquine n’ayant rien dessous, pour s’allonger sur la moquette, prenant bien soin de réorienter la caméra afin que son partenaire de fantasme puisse la voir au mieux. Très vite elle se caresse jouant avec ses seins et cajolant son petit clito, interrompant parfois la caresse pour le frapper délicatement de la paume.
Martin se branle tout doucement de ce spectacle. Ils se regardent.
- — Martin, je dois vous faire une confession. Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit concernant la soirée.
- — Quoi, vous aussi avez fait un écart ?
- — Non, pas comme Robert, mais j’ai bien failli, devant la vision que j’ai eue dans une des pièces alors que je déambulais seule.
- — Racontez-moi, mais continuez de vous caresser.
- — Une femme était seule avec trois hommes, dont un noir avec un sexe imposant. Lorsque je suis arrivée, elle les suçait, à genoux, alors qu’eux, restés debout, lui présentaient leur verge déjà bien gonflée. Alors qu’elle embouchait les queues des deux blancs, celle du noir ne dépassait pas le gland. Au bout d’un moment de ce petit jeu les hommes ont demandés grâce. Un des blancs s’est allongé et la femme est venue s’embrocher alors que l’autre, se glissant par-dessus eux, est venu la posséder par derrière. J’ai été surprise de la facilité avec laquelle cette queue a pris possession de son cul. Manifestement elle n’était plus vierge de ce chemin depuis longtemps… Et vous Martin, avez-vous déjà possédé une femme avec un autre homme, un par-devant, l’autre par derrière ?
- — Pas encore, ma douce Anne, mais bientôt je vais réaliser ce rêve de tout homme.
- — Oh, vraiment ! Vous me raconterez ?
- — Mais vous serez la première informée, ma chère. C’est avec vous et Robert que je vais le faire. Nous n’avons pas encore décidé qui sera devant et qui sera derrière.
- — Martin, ne rêvez pas tout haut. Je continue. Pendant que la femme branlait de la main la bite noire, les deux blancs la bourraient avec ardeur. Assez rapidement celui qui l’enculait a joui et a éjaculé en elle. C’est alors que ce que je croyais impossible s’est produit sous mes yeux. Le noir est venu prendre la place et c’est sa queue démesurée qui a investi le cul de la femme et ce, avec une facilité déconcertante, comme la bite du commun des mortels. Si je n’avais pas vu de mes yeux ce prodige, je ne l’aurais pas cru. Je ne vous dis pas les cris dans la pièce des trois amants. Le blanc a joui à son tour et le black est venu juter sur le visage de la coquine.
- — Vous étiez seule avec eux ?
- — Non, mais la pièce était très petite et je me suis retrouvée devant, poussée par les voyeurs arrivés plus tard.
- — Et ils ne vous ont pas attirée à eux
- — Si bien sûr, ils m’ont invitée, mais j’ai résisté.
- — Tout ce spectacle ne vous a pas troublée ?
- — Bien sûr que si.
- — Et par hasard, votre main ne se serait pas glissée vers votre chatte, comme ce soir, pour vous satisfaire.
- — Un peu.
- — Allons, vous étiez toute humide et excitée par les danses avec ce jeune noir. Je suis sûr qu’il vous a suffi de quelques effleurements pour jouir.
- — Ah, Martin, vous connaissez bien les femmes.
- — On le dit. Maintenant dite-moi comment est votre fente.
- — Humide, bien sûr.
- — Alors, je veux que préleviez avec un doigt de votre liqueur et vous alliez la porter à votre bouche.
Anne obéit. On la voit pointer son index dans son vagin et le porter à sa bouche. Elle regarde Martin qui la regarde. Il lui dit :
- — Je ne vois pas bien, vous êtes trop basse. Levez une jambe et écartez un peu plus. Ne soyez pas prude. Je connais tout de vous par les photos que vous m’avez envoyées.
Robert, spectateur attentif assiste au spectacle offert par sa femme à leur correspondant. Lui aussi est troublé. Il bande.
Maintenant ils se regardent et se branlent doucement. Ils se regardent, mais ne se voient pas. Chacun est dans son monde, ses fantasmes. Ils jouissent chacun de leur côté. Anne se rhabille, Martin referme sa braguette. Anne est gênée de s’être laissé entraîner. Elle va couper la liaison.
- — Au revoir, dit-elle.
- — Attendez, un instant. Merci pour votre confiance et ce cadeau. Vous êtes si belle. Mais n’oubliez pas que vous me devez un gage.
- — Un gage, mais pourquoi ?
- — Parce que vous aviez oublié de me raconter une partie de votre aventure.
- — Ah, bon, si vous voulez !
- — Non, non, ne prenez pas ce gage à la légère. Vous avez maintenant une dette envers moi. Je peux vous demander ce que je veux…
Anne sourit. Manifestement elle n’y attache pas une grande importance. Mais Martin insiste :
- — Un gage. Oui et vous ferez ce que je vous demande. Comme Robert d’ailleurs qui m’en doit un.
- — D’accord, d’accord, dit Anne impatiente de couper.
Vous imaginez la joie de Martin. En deux jours, tout son travail depuis de longs mois, débouche sur des résultats, qu’il m’avoue inespérés. S’il n’a eu aucun doute pour la mission à la lingerie, le résultat dans la boîte dépasse ses espérances. Il pensait qu’ils n’en feraient que la visite et que déjà Anne en tenue coquine déambulant dans les locaux aurait suffi à son bonheur.
Mais ce n’était rien devant le nouveau statut qui devenait le sien. De simple « partageur de textes », il était passé au niveau de confident, puis avec les missions confiées, de « conseiller es sexualité ». Anne avait même prononcé le mot de « Maître » et ce n’était pas une erreur de langage. Les demandes de Martin semblaient presque naturelles à ce couple, sinon pourquoi accepter de tout lui raconter et surtout accepter de se caresser devant lui. D’accord, lui avait fait de même mais c’était pour servir d’alibi à Anne.
Ainsi il avait raison dès le début et moi, Sabine, suis en train de perdre le pari que j’ai osé engager avec lui.
Ce que j’apprécie dans cette aventure c’est le doigté avec lequel il avance.
Cependant, je saurai plus tard, que Robert, mais surtout Anne, n’étaient pas si innocents et aveugles aux avancées de leur correspondant. Mais eux aussi ont étés surpris de la facilité avec laquelle ils avançaient dans cette relation. Désirs conscients ou inconscients, à la limite, peu importe.
C’est Robert qui, voyeur caché, à compris le chemin parcouru avec Martin lorsqu’Anne s’est caressée sans pudeur devant lui. Elle n’a même pas été gênée alors qu’elle découvrait qu’il avait assisté à la scène. Il faut dire que l’érection de Robert valait un long discours et qu’une fellation plus tard, le pardon était accordé.
Martin a laissé passer quelques jours, le temps que le couple fasse sien le chemin accompli, puis les a invités pour une liaison assez tardive le samedi soir.
- — Bonsoir mes amis. Remis de vos émotions ?
- — Bonsoir Martin, vous allez bien ? Pourquoi si tard ?
La plupart du temps, c’est Anne qui parle. Robert, comme beaucoup d’homme, est moins bavard.
- — J’avais un rendez-vous. Ce qui explique ma tenue négligée.
C’est vrai qu’il ne porte qu’un tee-shirt et un short.
- — Rendez-vous galant, coquin ! Et qu’avez-vous fait de la belle ?
- — Elle dort, dans la chambre. Mais ce n’est pas le sujet. Je suis resté sur ma faim la semaine dernière.
- — Ah bon, pourtant, je pensais que nous avions fait certaines choses… rétorque Anne avec un regard vers Robert.
- — Vous savez Anne, dans l’érotisme le visuel compte autant que les actes. Je veux que vous alliez chercher la lingerie achetée dans la boutique et que vous la passiez devant moi.
- — Mais…
- — Il n’y a pas de mais possible. Vous me devez un gage, j’en demande l’usage. C’est la règle. Vous la connaissez. Obéissez !
Anne hésite un instant, regardant Robert pour avoir son soutien, mais il ne dit rien. Elle se lève et finit par quitter le salon.
Pour connaître la suite, je vous propose de lire ce que Robert en a écrit. L’œil du compagnon est toujours affûté.
Robert
Depuis une semaine, je suis sur un nuage. Passons sur notre journée à Bordeaux, un délice. Passons sur le spectacle d’Anne se masturbant devant un amant virtuel. Mieux, le bonus c’est la semaine que la femme qui partage mon lit m’a fait vivre. Chaude, chaude de partout. Pas nécessaire d’être devin pour comprendre que Martin l’émoustille et c’est moi qui en profite.
Quel chemin parcouru en quelques mois. La « Croisée anti domination » perd ses repères sous l’assurance de Martin. Moi j’ai toujours été attiré par ça, et je m’amuse de voir ma compagne se débattre dans la toile d’araignée que notre ami tisse autours d’elle.
Ce soir encore, il joue…
Pendant son absence, partie chercher la lingerie, Martin me demande, comme à un complice.
- — Robert ! Vous êtes bien d’accord avec moi, n’est-ce pas. Ma demande ne vous choque pas ?
Je ne peux que répondre « Oui ». Si Anne accepte, pourquoi devrais-je m’en mêler ? D’autant que leurs jeux m’apportent toujours un bonus.
Le spectacle qu’Anne nous offre est digne des meilleures. C’est avec naturel, comme si se dévêtir en public était normal chez elle, qu’elle se prête au jeu des essayages.
Elle me tourne le dos, faisant profiter notre ami de son anatomie. J’ai une très belle vue sur son petit cul, surtout lorsqu’elle se penche pour changer de culotte. Ce qu’elle porte sur elle ne suffirait pas à faire assez de tissu pour essuyer un rétroviseur de voiture.
Martin s’est réinstallé dans son fauteuil après avoir baissé l’éclairage dans son bureau. Il lui demande bouger, de se changer. Elle obéit. Tous deux sont dans leur trip.
Mais je remarque comme une porte qui s’ouvre derrière Martin. Je ne dis rien car je pense qu’il va le remarquer, mais non, il est subjugué par Anne. Je suis sûr qu’il bande et si c’est le cas, j’en serais fier. Fier que ma douce face à d’autres ce qu’elle produit chez moi.
La lumière s’allume dans son bureau. Il sursaute et au même moment une silhouette apparaît.
- — Mais, je vous cherche partout. Qu’est-ce que vous faites ? C’est qui celle-là ?
La silhouette est maintenant une jeune femme en nuisette, vêtement qui fait concurrence à celle d’Anne. Le Martin doit être un adepte de la belle lingerie et il aurait bien tort de s’en priver surtout lorsqu’elle est portée avec tant de grâce par la belle Liane d’Afrique dont le visage remplit maintenant l’écran. Elle s’est rapprochée pour regarder Anne, pour l’instant figée et intriguée.
(La silhouette, c’est moi, Sabine. Martin veut m’introduire dans le jeu et il a trouvé ce subterfuge. Vous remarquerez que je le vouvoie, c’est la convention de la Soumise. C’est pour cette raison que dès le début, il a refusé le « tu » que le couple proposait. Mais comme je joue un rôle, je me permets des mots que jamais un Maître n’accepterait).
- — Vous me laissez toute seule pour aller voir des filles sur internet ? Goujat.
- — Mais je croyais que tu dormais.
- — Goujat. C’est qui la blondasse en face ? Elle peut nous voir aussi ?
- — Bien sûr.
- — Ah ! Et c’est qui, eux ?
- — Tu sais je t’ai déjà parlé de mes enseignements de contrôle de soi, de domination ! Eh bien, c’est un couple que je coache. Nous en sommes au stade de la domination et de l’exhibition pour qu’ils soient totalement désinhibés. Elle, c’est Anne et lui c’est Robert.
Puis un peu plus fort.
- — Anne, Robert, une amie vient de me rejoindre. Nous allons continuer.
Martin reprend sa place, comme tout enseignant qui vient d’être perturbé pendant sa classe.
Il invite la femme, qui cherchant du regard un siège, finit par s’asseoir sur le large accoudoir du fauteuil.
Le ton a changé. Il est entré dans la peau de son personnage, mais l’a-t-il vraiment quittée.
Anne joue le jeu. Elle reprend ses essais. Elle a d’ailleurs apporté également les dessous que je lui avais offerts pour un anniversaire de notre rencontre.
La femme se penche à l’oreille de Martin. Ils chuchotent un instant.
- — Robert approchez. Anne déshabillez-le.
On change de registre. Je ne suis pas prévu dans le menu. Je cherche un moyen de me défiler mais je vois Martin, qui de son côté, enlève la nuisette de son amie. Anne aussi a remarqué. Nous comprenons que la présence de la Liane noire change la nature de la soirée et que Martin, sans une parole, nous en fait la proposition.
Je me lève et Anne joue la séductrice. Il est facile de se laisser emporter par elle et bien vite, je me retrouve à poil, la queue déjà bien raide de ses caresses. Bien sûr, je ne l’oublie pas et mes doigts recueillent déjà la récompense qui suinte de sa chatte. Je ne suis pas certain d’en être l’unique cause.
Martin a déjà une main qui disparaît entre les cuisses sombres alors que son propre caleçon a disparu pour laisser voir une main noire qui étreint la queue avec les couilles et le gland, qui tranchent sur la main d’ébène.
Voilà un ordre qui n’est pas nécessaire. Naturellement Anne l’aurait fait. Elle s’agenouille et sa bouche remplace la main.
- — Plus près de la caméra !
Ce n’est plus Martin qui parle, mais la Liane.
La fille veut se régaler du spectacle. Pas de problème. Ma bite doit remplir maintenant son écran et les lèvres d’Anne devenir des monstres qui s’évertuent à faire disparaître de la terre ma malheureuse verge gonflée de bonheur.
En retour nous avons la vision de la fille penchée en avant pour regarder son écran, avec une paire de sein à damner un saint. Magnifiques lobes qui résistent à la loi de la pesanteur, cônes magiques terminés par des pointes que j’aimerais tester pour vérifier que le chocolat noir est un aphrodisiaque. Mais des mains viennent nous gâcher le spectacle. Mains blanches sur peau noire. Le fantasme absolu.
Martin est maintenant plaqué contre elle et j’imagine que sa verge fait sentir sa présence. Mais il ne reste pas, on le voit disparaître derrière et nul doute que maintenant c’est sa bouche qui explore les sillons sombres de la belle. Mais certainement que les mains qui ont abandonné la poitrine, participent à la revue de détail car le corps de la femme sursaute par moment.
Liane est transcendée et son visage montre un mélange de bonheur et de souffrance avec des gouttes de sueur qui coulent de son front. Nous profitons de ce moment pour nous asseoir, Anne venant sur moi avec ma queue qui trouve le chemin naturel de son fourreau.
Martin réapparaît et nous voyant, nous fait un discret signe de la main avant de s’éloigner et revenir avec un sachet qu’il déchire pour rapidement recouvrir sa verge du plastique protecteur.
C’est nous qu’il regarde lorsqu’il pousse sa queue et d’un coup de rein pénètre la Liane.
Pas nécessaire de traduire, le sourire de Martin parle pour eux. J’imagine qu’il n’est pas mécontent de nous montrer son savoir-faire. Jusqu’à maintenant tout était virtuel. C’est le regard d’Anne qu’il cherche.
Elle décide d’entrer dans le jeu.
- — Oui Maître.
- — Vous voyez ce que nous faisons ? Dites-moi !
- — Vous êtes avec une femme et vous lui faites l’amour.
- — Ça vous excite ? Et vous Robert ?
Nous confirmons.
C’est drôle de voir le regard de la femme alors qu’il lui donne une petite tape sur la fesse.
- — Mais, continue-t-il, elle va se faire un devoir de répondre favorablement à une demande de votre part, en échange du spectacle que vous lui offrez.
Anne hésite puis dit.
- — Je voudrais qu’elle me décrive tout ce que vous faites.
Et elle insiste :
Et elle renforce sa demande en reprenant ses mouvements de va-et-vient.
Ma compagne est aussi manipulatrice que Martin. À ce petit jeu, on ne sait pas lequel gagnerait. À ma grande surprise la Liane ne refuse pas et se lance.
- — Il me baise. Je sens son membre en moi, il vibre, il respire… C’est bon… Il glisse et me prend à fond…
Et alors on peut la voir tirer un bras en arrière et elle enchaîne :
- — Ses couilles sont pleines… Ah… elles frappent mon clito… Et toi Anne ?
- — C’est bon. La queue de Robert me dilate.
Martin a accéléré sa cadence et sa maîtresse est maintenant bousculée.
- — Que vous êtes belle ! Maître, quel bon goût !
La belle plante ne répond pas au compliment, les sens sont exacerbés par le frottement des sexes et des épidermes en sueur. Nous aussi sommes bien partis et le spectacle nous inspire. Anne toujours provocatrice demande :
- — Oh, Maître, j’ai votre permission ? dit-elle en se soulevant pour libérer ma queue de sa grotte.
Martin, même s’il ne sait pas ce qu’elle veut, réplique aussitôt.
- — Oui, mais je veux te l’entendre dire.
- — Oh, mais vous savez bien !
- — Anne, obéis-moi !
- — Je peux me faire prendre par derrière, par le cul, Maître ?
- — Oui, répond Martin.
Je me charge d’ouvrir ses fesses pendant qu’elle guide mon pieu vers son anus. Toute cette mise en scène m’a excité au plus haut point et ma bite est gonflée comme jamais.
Elle descend lentement poussant des soupirs de plaisir comme si c’était une première fois.
- — C’est bon… C’est bon… Mon Robert est énorme ce soir… Merci Maître…
Et s’adressant à la fille :
- — Tu aimes toi aussi la sodomie ? Et elle ajoute sans attendre la réponse : Tu es trop jeune ! Tu ne sais pas ce qui…
Et, laissant sa phrase en suspens, elle commence ses montées et descentes sur mon bâton d’amour.
La Liane défiée dans son amour-propre de jeune femme libérée, ne peut pas laisser cette dominée en rut sans réagir.
Tout en tendant ses deux bras en arrière pour se saisir de ses fesses et les écarter dans ce geste que certains jugent vulgaire, elle demande :
- — Maître, prenez-moi par le cul !
Ce n’est pas un cri de douleur qui accueille le conquérant et ponctue chaque charge en avant. Non c’est une musique que nous les hommes aimons tant entendre sortir des lèvres de nos maîtresses pendant que nous officions en elles.
Toutes deux rivalisent dans l’accompagnement de leur plaisir et les miaulements de chattes en chaleur ne sont rien à côté.
Anne qui s’est prise à son propre jeu me baise avec une intensité et une ardeur qui m’amènent très vite à juter en elle, heureusement juste après sa propre jouissance.
Pendant ce temps, tel un marathonien, Martin a trouvé son rythme, insensible aux orgasmes qu’il déclenche chez sa maîtresse. On le voit sûr de lui et maître de ses sens, digne de ces hardeurs qui ont un parfait contrôle de leur éjaculation. Il épuise sa partenaire et enfin on le voit s’extraire du cul que l’on imagine en feu, pour calmement enlever la capote et gicler son foutre sur les reins cambrés et luisant de sueur.
C’est lorsque les jets de sperme d’étalent pour former de grandes traînées blanches que me revient à l’esprit le fantasme décrit dans la soirée au club. Traînées blanchâtres sur peau d’ébène.
[à suivre]