| n° 15924 | Fiche technique | 14306 caractères | 14306Temps de lecture estimé : 9 mn | 26/11/13 |
| Résumé: Le ménage arrangé de Laurence et Alban bat de l'aile et l'offre qui leur est faite de rejoindre un phalanstère ne résout rien. | ||||
| Critères: fh ff grp conte | ||||
| Auteur : Ulysse Envoi mini-message | ||||
Laurence contemple un moment le corps inanimé de Julio et passe dans la salle de bain ; face au miroir où elle peut se contempler tout entière, elle s’examine avec attention, et même, aussi, avec bienveillance : aucun défaut à signaler, si ce n’est le désordre de sa toison pubienne, qu’elle aime voir bien peignée. Elle déteste les chattes nues, et sa touffe d’un noir brillant est l’objet de tous ses soins. Son corps, gavé de jouissance, est comblé de satisfaction. Si bien qu’elle se caresse. Les seins aux tétons si sensibles, d’abord, oblongs, encore vigoureux et redressés, malgré ses quarante ans et ses deux grossesses, comme des projectiles prêts à partir. Ensuite, le ventre plat, les fesses bien rondes, et, enfin, remontant ses mains le long de la face interne des cuisses, les lèvres de sa fente ; jusqu’à se provoquer un petit râle de plaisir en insistant sur le bourgeon d’amour. Elle passe sous la douche, et revient se vêtir dans la chambre. Julio est toujours inconscient et respire à peine. Laurence lui prend le pouls : 35. C’est encore faible mais mieux que tout à l’heure ; il va reprendre conscience dans quelques minutes.
Elle a hésité à appeler le SAMU. Déjà, il a fait, un mois plus tôt, en pareille circonstance, un malaise vagal, mais plus léger. Il n’a pas vu de médecin, malgré ses conseils. C’est décidé, elle ne recommencera à le voir que s’il se fait faire un bilan cardiaque. Sinon, elle mettra un terme à une relation qui dure depuis trois mois. Julio Hernandez lui a donné satisfaction, mais, comme il s’agit d’une relation purement physique, inutile de se prendre la tête. Elle n’a aucun problème pour lui trouver un remplaçant. Jusque-là, elle était passée par un site de rencontre, mais elle a suffisamment de sex-appeal pour emballer directement un ou plusieurs jeunes mâles dignes de s’ébattre avec elle.
Les inconvénients du Net, estime-t-elle, ce sont les indiscrétions possibles des navigateurs, fournisseurs d’accès et casseurs de codes. Elle ne veut pas avoir affaire à des connaissances bien sûr, pas même à des connaissances de connaissances… Elle n’attend de ses partenaires de baisade que la puissance virile et le savoir-faire. Sans qu’elle n’ait rien à donner, elle, que sa propre expérience.
Julio, enfin, reprend conscience. Elle l’aide à se remettre en état de quitter l’hôtel. D’abord le rhabiller. Son sexe ratatiné la fait sourire.
Et elle lui annonce sa décision. Sans plus de ménagement. Et s’en va.
Elle rentre chez elle avec un léger retard et Alban, rentré avant elle a dû faire manger Aude et Kevin, ce qui n’est pas un grand exploit car Kamila, la nounou berbère, a tout préparé avant de partir.
Sa liberté était menacée parce que je suis en retard d’une demi-heure ! Bon sang, je rêve… Mais Laurence garde sa réflexion pour elle. Inutile de jeter de l’huile sur le feu ; à ce jeu, personne ne gagnerait. Elle va dire bonsoir aux bouts d’choux qui, comme d’habitude, lui font fête. Elle leur lit un épisode de l’histoire en cours,
En effet, se dit Laurence, avec eux, on ne sait jamais à quoi s’attendre, sauf que pour débuter, elle doit être prête subir les assauts de Liz la dévoreuse. À part ça, la tournure que prendra la soirée dépend des invités. Avec Alban non plus, elle ne sait d’ailleurs pas à quoi s’attendre ! La sortie qu’il vient de faire, alors qu’il savait parfaitement que Laurence venait de son cinq à sept bihebdomadaire, est, selon elle, inacceptable. Son retard est exceptionnel, alors que lui-même s’octroie des absences, ou des retards, bien plus fréquents et jamais justifiés. Ils sont mariés depuis six ans et n’ont pas encore décidé de se séparer, bien qu’ils soient sans aucun autre lien que leurs enfants : chambre à part, ne baisant que de façon occasionnelle depuis la naissance de Kevin.
Laurence et Alban ont voulu procréer. Laurence car, bizarrement, elle pensait qu’en tant que femme, elle ne pourrait s’accomplir sans connaître et l’amour et la maternité. Prenant de l’âge sans voir venir l’amour, elle opta pour la maternité sans amour. Alban, quant à lui, tenait à engendrer pour transmettre l’entreprise héritée de son père et un patrimoine conséquent venant surtout de sa mère. N’ayant pas non plus encore rencontré l’amour, il décida de procréer sans amour.
Laurence et Alban se choisirent avec soin, en passant par une agence, après examen attentif des pedigrees de chacun, de façon à écarter, autant que faire se pouvait, la survenue de tares génétiques. Il devait aussi y avoir entre eux une attraction suffisante pour parvenir au but souhaité. Il y eut deux naissances car Laurence voulait deux enfants, et parce qu’Alban voulait au moins un garçon. Une histoire somme toute bien prosaïque… Mariage de raison de facture moderne ! Mais les enfants étaient beaux et ne souffraient apparemment pas de la situation. Et le mariage était indispensable pour assurer leur avenir.
Il était entendu entre eux que, une fois la progéniture assurée, il n’y aurait plus d’obligation relationnelle entre eux et qu’ils seraient libres de se choisir des partenaires à leur convenance. Le programme s’accomplissait. Non sans quelques heurts dans la vie courante.
Germain occupe la deuxième position dans l’affaire d’Alban : alternateurs et autres équipements électriques pour les constructeurs d’automobiles du monde entier. Une affaire qui marche, car ils n’ont pas loupé le virage informatique. Liz (Elizabeth) une amie de jeunesse de Laurence qui rencontra Germain à leur mariage. Elles se voient quotidiennement car elles se sont associées pour créer un atelier de stylistes (deux employées en plus d’elles-mêmes) pour répondre aux besoins de créateurs de prêt-à-porter hors « grande couture ».
À cette époque, elles vivaient ensemble et, entre elles, elles retrouvaient la tendre douceur de l’amour. Et lorsque le besoin d’un homme se faisait sentir, l’une comme l’autre partageait volontiers l’amant d’un soir qu’elle trouvait convenable et propre à satisfaire chacune des deux amies.
En peu de temps, elles collectèrent les subsides nécessaires pour commencer. Elles avaient imaginé des sous-vêtements, des robes et des ensembles modernes et coquets qu’elles faisaient coudre par des professionnelles et présentaient elles-mêmes, sur leur site et dans des présentations de modes. Le succès ne tarda pas et elles s’attachèrent rapidement une clientèle fidèle ce qui leur permit non seulement de conquérir leur indépendance mais aussi d’engager deux collaboratrices expérimentées qui finalisaient avec succès les ébauches qu’elles esquissaient.
C’est alors que Laurence se chercha un père pour les enfants qu’elle se voulait et c’est à son mariage avec Alban que Liz et Germain tombèrent follement amoureux l’un de l’autre.
Chacune des deux femmes savait tout de l’autre. Laurence, en particulier, savait ce que Germain s’apprêtait à dévoiler au cours de la soirée. En fait, ils ne seraient que trois couples : Stéphane et Ludivine, d’autres amis, devaient les rejoindre dans la soirée. Stéphane, Germain et Alban étaient des condisciples de l’École Centrale de Paris où s’étaient liée entre eux une de ces amitiés capables de résister au temps et aux destins parfois divergents des protagonistes : si Germain et Alban travaillaient ensemble, Stéphane était devenu chef des services techniques de la ville.
Avant de se mettre à table, Liz entraîna Laurence dans sa chambre : les deux femmes étaient depuis leur adolescence des amantes fidèles. Et même exclusives, car aucune des deux n’entretenait d’autres relations saphiques. En somme, une amitié amoureuse de jeunesse durable ! Un des cinq à sept de Laurence était consacré à Liz…
Tout en parlant, les deux amies se sont dévêtues et se caressent tout en douceur ; l’acmé sensuelle sera pour plus tard. Pour l’instant seules de tendres caresses et baisers suffisent.
Elles reviennent assez vite prendre l’apéritif avec les deux hommes ; mais déjà Stéphane et Ludivine sont arrivés.
Les Nitoles ? Une belle demeure en pierre dans les collines de l’Ouest. Stéphane et Ludivine, avec deux autres couples – Pierre et Adriana, Gaël et Nicole – s’y sont installés et vivent là en communauté complète. Ils partagent tout. Depuis dix ans, ils ont retapé une belle maison bourgeoise tombée en déshérence. Les enfants nés pendant ce temps (sept en tout) sont de père incertain, mais cela semble être sans conséquence ; le père officiel est le mari de la mère, voilà tout !
Liz demanda pourquoi Laurence et Alban ne pouvaient pas se joindre à la communauté.
Laurence et Alban se consultent du regard. Alban dit que son avis est identique. Ils ne sont pas contre une soirée échangiste avec leurs amis des Nitoles, comme cela est déjà arrivé, sans être, pour autant, prêts à concubiner à dix. Ce n’est même pas une question de contribuer aux charges de tous au prorata des revenus de chacun, non ! C’est d’être plus ou moins contraints de devoir honorer chacune de nos amies.
Liz, interpellée par les réticences de Laurence, et d’Alban demanda :
Ludivine, approuvée par Stéphane, reconnaît que la question ne s’est vraiment pas posée au groupe des six, puisqu’ils font l’amour entre eux depuis toujours, ou presque.
Pour Laurence, la cause est entendue :
Et, ce disant, elle laissa sa robe tomber à ses pieds.
Cette fois encore Germain et Stéphane en furent éblouis, mais Liz fut la plus prompte à entraîner son amie sur un divan.