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Temps de lecture estimé : 17 mn
19/10/13
corrigé 08/11/16
Résumé:  Confidence sur mon jardin secret, mes désirs, mes fantasmes et mes expériences sensuelles (suite).
Critères:  f cérébral exhib noculotte confession
Auteur : Lisa-Lisa      Envoi mini-message

Collection : Confidences sur mon jardin secret
Mon minou est nu

Je te rappelle que si je te tutoie c’est pour créer une atmosphère de connivence, supposée ou réelle, qui me permette de m’exprimer sans trop de complexes. Dans le texte précédent j’expliquais qu’avant, j’étais sage. Et je comptais raconter ensuite ce qu’il s’était passé avant : la suite d’événements qui ont complètement modifié ma vie quotidienne. Mais je m’aperçois qu’il est encore un peu tôt car je n’ai pas terminé d’expliquer ce que je ressens et cette écriture me servant en quelque sorte de thérapie, le besoin m’apparaît d’aller plus au fond des choses pour comprendre moi-même ce que je suis.


Je ne doute pas un instant qu’il existe d’autres femmes comme moi, même si je n’ai pas lu beaucoup de textes publiés sur ce site qui évoquent ces pratiques et l’omniprésence des fantasmes dans chaque journée de l’existence. Pourtant ce besoin d’écrire qui anime forcément chacun des auteurs, comme le temps passé à réfléchir, rédiger, relire, vivre l’aventure décrite dans les cas où elle n’est pas réelle, suffisent à démontrer que de nombreuses personnes nourrissent comme moi des chimères sensuelles plus ou moins gourmandes de leur temps.


Alors, soit ! Je vais considérer que je ne suis pas une bien grosse cochonne même si, tout à fait consciente de mon addiction à la satisfaction de mes sens, cette locution me semble véhiculer une image assez proche de la réalité et la seule chose qui me permette d’en moduler le superlatif, c’est la mesure dont je fais preuve dans la réalisation de mes pratiques. Que suis-je donc ? Un cas rare, isolé ? Ou une femme dans la normalité qui laisse juste un peu trop d’espace à sa sensualité ? Pour le moment, c’est sans réelle importance puisque je ne peux avoir la réponse.


J’ai expliqué dans mon texte précédent que j’aime retirer ma culotte et la remettre plusieurs fois par jour, que je me caresse souvent en public (à condition toutefois que personne ne me voie), que j’aime faire pipi dehors, voire même dans ma culotte, que j’aime les fessées (mais depuis mes dix ans, je suis vierge en fessées), que je sors parfois seulement habillée d’un manteau ou d’une veste longue, qu’il m’arrive de conduire les seins nus, voire toute nue et que mes fantasmes prennent complètement le pas sur toute relation durable. J’ai aussi expliqué que l’élaboration intellectuelle des expériences sensuelles que je m’oblige à mener accapare près de cent pour cent de mes neurones, ne me laissant guère d’énergie pour les créations artistiques qui sont l’objet de ma profession.


Mais je n’ai pas encore tout dit. Ce n’est pas une volonté de cacher car dans les conditions où j’écris, je n’ai rien à cacher. C’est simplement le fait que je n’avais pas conscience, jusqu’à ma première contribution, d’autres désirs qui m’apparaissaient secondaires et autrement moins graves (si je puis dire) que mes autres turpitudes. Alors voilà : j’ai des fantasmes de soumission et de domination. Je parle de soumission d’une part et de domination d’autre part. En effet, je crois que j’aurais autant de plaisir à être dominée par quelqu’un qu’à dominer moi-même une autre personne.


Je parle là d’une domination douce. Pas de donjon, de Maître ou de Maîtresse, de cagoule, de lavement, de pipi, de caca, d’animaux, de latex, de suspension attachée, de pinces à linge, de brûlures de cigarette, de selle ni de cravache. Rien de sordide. Seulement des choses subtiles, suggérées dans un climat de confiance absolue. Pas d’exhibition forcée non plus, ça je m’en charge. Je ne veux pas être mise en danger face à mes amis, dans mon travail ou ma famille et je tiens avant tout à être respectée.


Malgré cela, j’aimerais être contrainte, être soumise intellectuellement, obligée de faire certaines choses, avec pour limites données un laps de temps après lequel je retrouverais ma liberté d’agir. Quelque chose du genre : « De tel jour, telle heure jusqu’au lendemain sept heures, je pourrais être votre esclave. ». Il n’est pas exclu que par courrier, par téléphone, je sois également contrainte à certaines pratiques dont je doive rendre compte. Mais, de même que je me refuse une vie en couple pour pouvoir conserver ma liberté d’agir, je ne peux m’autoriser à être soumise à qui que ce soit durant la totalité de mon temps, serait-ce même par correspondance. Si j’ai autre chose à faire, il faudra que je le fasse prioritairement. Je comprends bien que ce genre de soumission n’est pas très conforme à ce que je lis ici ou là, mais j’imagine très bien en tirer tout de même de douces satisfactions.


Je donne un exemple.


Je suis avec une femme qui me domine. Je la vouvoie dans le cadre de ma soumission mais je la tutoie le reste du temps. Il faut bien comprendre que je ne suis en aucun soumise à elle dans la vie normale. Pour moi, les choses sont claires : il s’agit d’un jeu et seulement d’un jeu, pas d’un état d’esprit permanent. Nous sommes sur un banc dans un petit parc ou assises dans un musée, une bibliothèque ; bref, nous sommes dans un lieu public où se trouvent quelques autres personnes dont un homme ou une femme seule. Disons que c’est un homme. Mon amie (car il faut qu’elle le soit) me dit :


« Prends ce morceau de papier, va t’asseoir à côté de l’homme sur le banc là-bas. Tu lui dis bonjour et tu lui lis la première phrase. S’il te dit non, tu reviens. S’il veut bien, tu lis le reste ! Tu ne vas pas directement vers lui pour ne pas trop attirer l’attention des autres personnes présentes. Tu fais un petit tour rapide et tu y vas. Avant tout, tu prends aussi ton sac et ton téléphone et dès que tu es prête, tu actionnes la fonction enregistreur vocal. »


Je fais ce qu’elle me dit et je vais vers l’homme en question. Je m’assois à côté de lui. Je lui souris.



Je commence à lire à haute voix :


Dans le cadre d’un petit jeu entre amies, je suis l’esclave de la dame qui se trouve là-bas. (Tu me montres du doigt).


Je montre du doigt mon amie sur le banc.



Je regarde l’homme qui a de jolis yeux bleus.



Il m’a répondu avec ironie. Je continue mais je suis un peu troublée car les mots « je suis l’esclave de la dame » ont provoqué un délicieux frisson dans mon dos et sur ma nuque.


Dès qu’il me semblera que personne ne regarde dans notre direction, je me placerai devant vous en vous tournant le dos. Vous pourrez, si vous êtes d’accord, glisser vos mains sous ma robe…


(Pfouuu ! Je souffle et je commence à rougir)


…et baisser ma culotte sur mes cuisses.


Je reprends mon souffle, je pousse un soupir parce que ça m’excite beaucoup et, pour mieux jouir du moment, je fais une petite pause avant de poursuivre.


Je resterai devant vous et j’aimerais beaucoup que vous souleviez ma robe et que vous preniez le temps que vous voudrez pour regarder mes fesses et même entre mes jambes.


Je n’ose plus le regarder. Mon excitation commence à se manifester physiquement. Je soupire encore, je jette un regard autour de moi et je lis le reste.


Je suis à votre disposition tout le temps que vous voudrez, sauf si mon amie m’appelle.

(Maintenant, tu le regardes dans les yeux et tu lui demandes : « Acceptez-vous s’il vous plaît de baisser ma culotte et de regarder attentivement mon intimité ? » )


L’homme a un large sourire. Il me répond :





Je fais tout ce qu’il m’a dit. Je vois deux gars et une fille qui me regardent à une vingtaine de mètres mais je retire tout de même ma culotte. Ça me semble assez facile car je le fais pour un homme qui n’est pas loin et ça me rassure. Seule, j’aurais procédé autrement. J’apporte la culotte et je la pose sur le banc. Je me place devant le gentil voyeur à qui je tourne le dos et je me brosse les cheveux. J’ai le cœur qui bat un peu fort, une sorte de vide au creux du ventre mais je suis assez fière d’avoir réussi jusque-là.


Je sens des mains douces et chaudes passer sur mes fesses et les caresser un peu. Elles soulèvent franchement ma robe. L’une retient le vêtement sur ma taille, l’autre me caresse toujours. Je fonds. C’est un délice. J’ai les fesses dénudées et je sens la fraîcheur de l’air sur ma peau. J’aimerais que cet homme qui me mate me dise ce qu’il voit. Je voudrais l’entendre. Mes lèvres gonflent et se mouillent doucement. Je cherche en vain mon amie du regard. Où est-elle ? Mes tétons pointent. Je n’imaginais pas avoir un tel plaisir. Je voudrais bloquer le temps.



J’écarte les jambes et je continue de me brosser les cheveux.

« OUAOUUH ! » C’est moi qui me suis exclamée ! Il vient de m’écarter les fesses pour (j’imagine) regarder mon cul, enfin, mon trou, quoi ! Je me sens honteuse ! Mon sexe est trempé.



Il prend un stylo et écrit au dos de mon papier :


« En espérant revoir le minou de Mélanie, je suis à votre disposition pour ce genre de jeu. Antoine ». (Et le numéro suit).



Voilà exactement le genre de trip qui me plaît. C’est un plaisir subtil. Les sensations que j’ai eues en racontant l’histoire sont fortes. Je suis réellement mouillée, là, au moment où j’écris. Pourtant, Mélanie n’existe pas. Dans l’histoire, je suis ce personnage car je le crée, mais c’est toi qui l’incarnes maintenant. J’adorerais vivre cette expérience, même si je sais qu’il y a loin du fantasme à la réalité. Il suffirait que l’homme à qui je m’adresse pour jouer m’envoie balader, me traite de dégénérée, de grosse salope pour gâcher ma journée et m’attrister assez pour m’entraîner à pleurer. Je ne parle même pas des propositions lourdes ou salaces et des gestes déplacés dont je pourrais être victime. Et pourtant, je suis prête à tenter ce genre d’expérience compatible à la fois avec mon exigence de liberté et ma recherche d’impressions fortes.


J’aimerais aussi beaucoup avoir une esclave ! Comme un petit animal de compagnie… Une pas chiante qui ne resterait pas toujours dans mes pattes. L’idéal serait une mère de famille que je verrais une fois par semaine ou deux fois par mois. Je m’autoriserais quand même à lui téléphoner de temps en temps pour prendre des nouvelles et l’obliger à faire quelques petites choses pour éprouver sa soumission. Je pourrais lui envoyer des mails, des messages et exiger d’elle des travaux pratiques : des écrits sur son ressenti, l’étendue de sa soumission, la satisfaction trouvée dans son nouvel état, etc. On pourrait chater également une ou deux fois par semaine. Je saurais être une dominatrice attentionnée, aimante, respectueuse et n’empiéter en aucune manière sur sa vie familiale. Je pourrais d’ailleurs en faire partie. Je ne lui prendrais jamais son mari. Je n’en ai pas besoin. Je l’obligerais à me retrouver, nue sous un manteau, dans une église par exemple et, à l’intérieur du confessionnal, je lui dirais de se dénuder et de se caresser intimement en récitant une prière. Ou alors je lui donnerais une fessée en public (dans une autre ville, à l’occasion), dans un lieu public en remontant sa jupe et en l’obligeant à baisser elle-même sa culotte. Dans cette circonstance, je serais capable de faire face aux regards des promeneurs pour que ma petite esclave conserve à jamais le souvenir d’une agréable humiliation. J’ai de l’imagination et de la pratique dans la fiction lubrique.


Et les hommes dans tout ça ? Il est vrai que je me vois plus facilement dominer une femme qu’un homme. Cependant, je pense que je pourrais soumettre un homme à ma volonté, à la seule condition que ma perception intellectuelle de la soumission lui convienne. Il faudrait également qu’il m’ait expliqué franchement et clairement l’étendue de ses fantasmes. Je crois que je l’obligerais tout d’abord à écrire un rapport de trente pages sur sa sexualité. Ce serait une sorte de base contractuelle. J’agirais de même avec une femme d’ailleurs. Certaines aventures me semblent difficiles à mettre en scène avec un esclave mâle. Par exemple, pour parler du scénario de Mélanie, j’imagine mal un homme soumis aller voir une mère de famille sur un banc en lui demandant qu’elle lui baisse son pantalon pour regarder son sexe. À mon avis, le pourcentage de réussite serait faible et le risque d’embrouilles élevé.

Pour réussir, il faudrait tricher en envoyant l’esclave, sans qu’il le sache, vers une actrice connivente ce qui permettrait de compliquer le scénario pour lui donner un tour a priori inattendu. Donc, pas de problème avec un esclave, mais ce n’est pas ce que je recherche. J’ai vraiment envie d’avoir une esclave à moi.


Et le dominateur ? Tout d’abord, il faut que je sois claire. Quand je pense à ma soumission éventuelle, j’envisage de l’être à une femme. Les femmes m’excitent plus que les hommes et, même si je n’ai encore pas eu de relation homosexuelle, je l’ai cependant suffisamment fantasmée (cette hypothétique relation) pour être tout à fait prête à cet exercice ! (On pourrait même dire que je trépigne.) Donc, quand je parlais plus haut de ce que j’accepterais comme épreuves, j’imaginais qu’une femme m’y forçait. Sous la contrainte d’un homme, ce serait plus compliqué. Pour moi, les hommes n’ont pas beaucoup de crédit. Je ne veux pas dire par là qu’aucun homme ne mérite ma confiance, mais il me semble difficile de trouver un homme dont je puisse être sûre. Trop souvent, le sexe d’un homme passe avant son cerveau. Je respecte les hommes, mais accepter de me soumettre à quelqu’un suppose une confiance absolue. Il n’est pas question qu’un an plus tard on me lâche et qu’on raconte tout sur moi.

Dans l’acte d’amour, j’aime être soumise à l’homme. J’apprécie cette force qui contraint. J’aime être soulevée, empalée sur un sexe dur, pliée vers l’avant en levrette, forcée, pénétrée, comblée. J’aime les bras qui protègent, l’épaule qui soutient. Oui, j’aime la force de l’homme, j’aime son sexe, mais c’est l’esprit de l’homme que je crains. Je crois qu’un homme reste toujours amoureux de lui-même. De son propre plaisir.



L’illustration me semble facile. C’est une caricature bien sûr ! Je les appellerai Léo et Léa. Ça commence comme ça :



Léa se met gentiment en position, ses petites fesses en l’air. Une semaine plus tard, c’est la même chose. Mais Léo lui a offert des sous-vêtements : porte-jarretelles, bas noir en résille, culotte fendue ou à lacets, corset. Gentiment, Léa se déguise en jolie prostituée.

Quelques semaines passent, puis,



Léa, qui n’a encore jamais sucé, trouve finalement la pratique excitante mais elle y met un terme qui frustre un peu Léo.

Il revient à la charge régulièrement :



Que fait Léa ? Soit elle répond qu’il n’en sera jamais question, soit elle s’exécute, ce qui n’empêche pas l’arrivée de la suivante, inévitable !



Léa va-t-elle bouder son plaisir si Léo passe sa langue sur les petits plis de son anus, titille d’un doigt leur épicentre et l’enduit d’un onguent adéquat ? Inoubliable souvenir…

Les années passent, et puis :



Léa, qui a regardé les quinze jours passés la sélection de films innocemment téléchargés par Léo (Bye Bye Blondie, Black Swan, Sex Crimes, Vicky Cristina Barcelona, Basic Instinct, Bound et La vie d’Adèle) n’a plus qu’une envie : se faire lécher le minou par Nathalie Portman. À défaut, elle s’initie avec Delphine (qui est aussi une petite cochonne).

Une fois, deux fois, trois fois et puis…



Il suffit de demander. Léa, trop heureuse de légitimer ses tendances saphiques, motive Delphine qui ne se fait pas prier.

Laissons passer quelques mois…



Là, Léa a un peu de mal à avaler sa salive. Elle est surprise et se fait désirer, histoire de laisser croire que cette idée ne l’a jamais effleurée. Elle laisse Léo revenir sur le sujet, une fois, deux fois, trois fois en posant toutefois des questions, histoire de laisser la porte ouverte.

Et hop ! Un beau soir, direction le club privé ! Léa est remplie. Léo est vidé. Ils sont heureux. Les semaines passent, on se fait des copains, des copines. Léo et Léa se tapent tout ce qui bouge et leur niveau de besoin sexuel augmente rapidement.


Maintenant, pour trouver satisfaction, il n’y a plus d’échappatoire ! Il faut un Maître pour Léa. Léo regardera. Un Maître de donjon habillé de cuir avec un vrai fouet qui va mettre un bâillon sur la bouche de Léa, des cordes autour de ses seins, des petits coups de fouet sur ses fesses tandis que de petits diablotins vendront jouir où ils peuvent et la couvrir de sperme.


Léo va se tourner vers d’autres voies. C’est la quarantaine, il se rend compte qu’il n’a encore pas sucé et se demande si ça ne serait pas le moment.

Justement, Juju, le mari de Delphine, fait du judo.



Bien sûr, elle acquiesce. Léo traîne sa libido sur les tatamis où Juju lui offre sa plume.

Les semaines passent. Il sent qu’il n’est pas encore allé au fond des choses…



En fait, Léo part dans un petit coin de France rejoindre Léon, un plan-cul-internet qui lui refait l’intérieur.


Pensez-vous que cette rapide évocation du cycle libidineux des hommes soit terminée ? Des fois, oui… des fois, non ! Ensuite il peut y avoir la soumission.



Oui, j’ai oublié de dire, Léa a un amant. Ça me fait penser que j’ai aussi oublié l’éjaculation faciale. À placer après la sodomie…

Et puis Léa s’enhardit. Elle prend le dessus en parlant à Léo :



Les rôles s’inversent… J’abrège : contraint par Léa, Léo suce Kevin, porte une cage de chasteté ou s’habille en jupette, enfile une petite culotte et demeure aux ordres de sa femme dont il devient le jouet. De temps en temps, Léa sodomise Léo au moyen d’un équipement adapté. Léo, encagé, est heureux. Il a le droit de se masturber toutes les quatre semaines.



Bien sûr, j’exagère. Je l’ai dit, c’est une caricature. Mais il faut lire les fantasmes racontés sur ce site ou ailleurs pour se convaincre qu’il existe dans mes raccourcis un fond de vérité. Ce n’est pas moi qui les ai écrites, ces histoires. Écoutons des hommes : « Ah, non, non, au grand jamais je n’imaginais que j’allais prendre un jour une bite dans mon cul ! » Ou alors : « Quelle énorme surprise quand je vis Damien approcher son sexe de ma bouche, mais que pouvais-je faire ? » (On se le demande !) Ou encore : « Je suis cent pour cent hétéro mais ses caresses ne me laissaient pas indifférent… »


Je ne porte pas de jugement. Ni sur les femmes, ni sur les hommes et leur sexualité. Dans mon raisonnement, il importe peu que certains aient besoin de couches-culottes, de fessées, de biberons, de tutus roses, de godes ou de cages de chasteté. Les femmes aussi, et ce n’est pas moi, avec mon imagination débridée, mes envies de fessées, mes désirs d’exhibition, mes rêves de soumission qui vais me permettre de juger. J’ai simplement cherché à illustrer le fait que l’homme se laisse bien trop vite entraîner sur la pente de ses fantasmes et ne sait pas maîtriser les sources de son plaisir. La force physique et morale qui lui permet de dominer le genre humain lui laisse sans doute penser que tout lui est permis. C’est bien le cas. Mais le pire ennemi de l’homme, c’est lui-même et, mené par son sexe, il n’est plus maître de sa sexualité, il en est l’esclave et n’est donc capable ni de constance ni de mesure.


Et les femmes ? Elles sont sans doute moins exposées à ce risque. C’est mon opinion et, bien sûr, je suis prête à en discuter. Mais le fait est là : il me serait difficile de me soumettre à un homme, à moins qu’il n’ait une parfaite conscience de cette pente douce vers laquelle il pourrait tendre à se laisser couler. Il vaudrait mieux encore qu’il l’ait remontée à l’envers (cette pente), de la soumission à l’homosexualité et qu’il ait exploré les facettes de ses désirs pour savoir ce qu’il est, ce qu’il souhaite et qu’il puisse enfin… donner au lieu de prendre ou recevoir.


Si j’étais soumise à un homme, j’aurais toujours la crainte qu’un jour ou l’autre il ne tienne plus compte de mes besoins, de mes désirs, de mes envies pour y avoir substitué les siens qu’il considérera prioritaires ; et comme l’homme ne parle pas, ne partage pas ses craintes, ses faiblesses, ses doutes, le changement d’attitude intervient subitement, sans que rien n’y prépare. Ce n’est pas ce que je cherche. Je veux être soumise à quelqu’un de constant, respectueux, réellement amical et généreux et, pour être tout à fait honnête, je serais bien plus excitée si cette personne était une femme.


Pour en finir avec ces « secrets » qui me pèsent, je pourrais parler de jouets. J’en ai plusieurs mais, pour ne pas en devenir esclave, je les utilise peu. J’aime beaucoup mon œuf vibrant télécommandé mais, seule, le plaisir de l’utiliser est réduit. J’aime bien mon téléphone aussi. Lorsque je sais que je vais être appelée par un homme qui me plaît, il n’est pas rare que je le coince entre mes cuisses au contact de mon minou. Je regrette d’ailleurs d’avoir dû changer d’appareil. Le précédent était très compact au point d’entrer… Humm ! Bon, passons. J’ai donc quelques jouets mais à peine de quoi faire un paragraphe avec, tu vois !


Bon, et bien voilà. J’ai parlé de tout. Mais, après m’être relue, je vois que j’ai tout de même un peu fait l’impasse sur mes exhibitions en voiture. Mes délires m’envahissent souvent quand je commence à être fatiguée. Pour ne pas m’endormir au volant, je me force à penser à des scènes sensuelles. Rapidement, je suis complètement immergée dans mon fantasme au point de perdre contact avec la réalité. J’ai presque trop honte pour le dire, mais combien de fois me suis-je surprise dodelinant de la tête, la bouche ouverte, un doigt sur la langue, mimant une longue et torride fellation que j’étais supposée pratiquer ? J’ai honte de le dire mais, plus encore, j’ai eu honte de le vivre quand je me suis aperçue que les deux occupants masculins d’un véhicule voisin bloqué comme moi dans un embouteillage me dévisageaient, interrogatifs. Que faire alors ? Ralentir le mouvement ? Faire mine de me ronger un ongle ? Modifier légèrement mon expression en refermant un peu les lèvres, en faisant mine de fredonner quelque chose et, surtout, en évitant absolument de croiser leur regard. J’ai fait tout cela bien sûr mais sans imaginer les avoir persuadés de ma totale innocence.


Un jour, je retire ma culotte en conduisant. Je trouve très malin de poser ma culotte sur le tableau de bord, bien en évidence. Je me dis que c’est un geste osé et je suis fière de moi. Je n’y pense plus. Je sors de la ville, ça commence à rouler et j’allume une cigarette. Je baisse les deux vitres avant pour ventiler. Ma culotte se met à bouger. Avant que j’aie pu l’attraper, elle virevolte dans l’habitacle. Il y a plus urgent que de mettre la main dessus car la file dans laquelle je circule ralentit. À ce moment, ma culotte décide de sortir prendre l’air. Pfuiiitt ! Elle passe devant moi sans me saluer et sort par la fenêtre. Elle croyait sans doute s’amuser longtemps mais ce n’est pas le cas car, en même temps que je freine, je la vois se poser mollement sur la chaussée, petite tache rouge à une dizaine de mètres…


Je me demandais où partaient mes pensées. J’ai l’impression de manquer de concentration, comme si j’avais une sorte de fuite dans mes idées. Je ne suis plus très productive et je viens juste de comprendre pourquoi. Je pense très fort à l’employée de poste que j’ai vue avant-hier. Je ne sais pas pourquoi je pense à elle. Elle m’a parue sympa et il y a peut-être quelque chose de plus. C’est indéfinissable. Comme quelque chose d’inexploré. Une sorte de territoire vierge et nouveau. Je vais retourner la voir et ensuite, promis, juré, je raconterai ce qu’il s’est passé… avant.




(Nouvelle correction : 11/2016)