Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 15829Fiche technique22632 caractères22632
Temps de lecture estimé : 13 mn
07/10/13
Résumé:  J'étais un homme sans histoire, grâce à elle j'ai découvert ma véritable personnalité.
Critères:  hsoumis fdomine humilié(e) nopéné -hsoumisaf
Auteur : Gérald      Envoi mini-message
Ma bien-aimée

Quand elle pénétra dans la pièce, mon regard fut de suite attiré vers elle. Elle dégageait je ne sais quoi de magique, une présence forte, son sourire franc, son allure fière, tout en elle était à la fois affirmé et harmonieux. Il y a des personnes comme ça qui illuminent de leur présence sans que l’on sache véritablement pourquoi. Elle n’avait pourtant rien d’exceptionnel physiquement, de taille moyenne, ses cheveux châtains coiffés en arrière, le front bien dégagé, la tête droite. On ne pouvait pas vraiment deviner son corps car elle portait élégamment une robe large et tombante.


Sans en demander l’autorisation, elle sortit un paquet de cigarettes de son sac, l’ouvrit lentement tout en scrutant méticuleusement la salle faisant l’inventaire des personnes présentes. Elle porta la cigarette à ses lèvres et de l’autre main ouvrit un briquet chromé qui résonna en cliquant. Elle tira sur la Marlboro rouge ; un long nuage de fumée s’évapora de ses lèvres charnues.


Jacques se dirigea vers elle pour lui faire la bise. Ils restèrent un moment tous les deux à discuter. Je les voyais sourire et m’approchai d’eux.



Régulièrement nous organisions à tour de rôle des soirées entre amis, ce soir-là c’était Chantal qui recevait. Le rituel était simple, nous nous retrouvions à une dizaine, amenions chacun quelque chose, mettions tout ça sur la table et faisions un apéritif dînatoire toujours très animé. Roger avait invariablement de bonnes blagues à raconter et il le faisait fort bien, ensuite nous mettions de la salsa et la partie danse était lancée. Je dois dire que je déteste la salsa et que je ne sais pas danser mais j’étais heureux de retrouver mes amis pour ces soirées de détente bon enfant.


Ça faisait plus d’un mois que Brigitte et moi avions rompu. Tout le monde l’appréciait, elle était jolie, très souriante, très disponible, très tout… Mais je m’emmerdais avec elle… Alors j’étais là comme un félin à guetter celles qui pouvaient me paraître consommables, j’en avais marre de me caresser tous les soirs, à 35 ans on a besoin de concret.



Nous passâmes la soirée à discuter. Par chance elle n’appréciait pas elle non plus la musique sud-américaine et était soulagée de pouvoir échapper à ces déhanchements ridicules.


Nous nous revîmes dans la semaine, je l’avais invitée au restaurant espérant conclure. Que nenni, rien à faire, j’avais essayé de l’embrasser dans la voiture mais elle m’avait gentiment repoussé précisant qu’elle ne se sentait pas encore prête pour une aventure et qu’elle n’était de toute façon pas fille à se donner facilement.


Loin de me décourager, cette difficulté ne fit qu’attiser ma flamme, je m’étais mis dans la tête de la séduire et comme on dit au club des poètes « de me la faire ». Nous nous sommes revus à la soirée suivante chez Julie et la semaine d’après je l’invitai au cinéma. C’était un film d’horreur et, comme un adolescent, faisant mine d’avoir peur je prenais sa main et la serrais dans la mienne. Elle par contre devait être réellement effrayée car elle me serrait plus fort encore, je sentais ses ongles s’enfoncer dans le creux de ma main. Quand nous sortîmes elle s’en excusa, je lui dis que ce n’était rien et qu’au contraire je prenais ça comme un signe de confiance.


Ce soir-là, je réussis à l’embrasser.


Je savais maintenant pourquoi elle portait toujours des robes amples, elle était disons, plutôt gironde, des hanches larges, des fesses volumineuses, un minou touffu. Avantage de l’inconvénient, elle était dotée d’une poitrine plus que généreuse, inconvénient de cet avantage, le poids de ses seins faisait qu’ils n’étaient pas vraiment fermes si vous voyez ce que je veux dire… Mais peu importe, je ne recherchais pas Miss Monde, je voulais juste une femme pour m’assouvir.


Ce fut chose faite dans la voiture, sur le parking discret du supermarché du coin. Elle soufflait et émettait des râles fort satisfaisants à mon goût car preuves de mon savoir-faire.


J’évitai de lui susurrer au coin de l’oreille un « Alors heureuse ? » malvenu mais n’en pensais pas moins.


Les semaines passèrent et nous étions devenus un vrai couple, à la grande satisfaction de nos amis d’ailleurs qui nous trouvaient bien assortis. Trois mois plus tard nous décidions qu’elle viendrait habiter avec moi, mes sentiments s’étaient transformés, j’appréciais sa culture, sa vivacité d’esprit, son intelligence, je ne m’étais jamais ennuyé une seconde avec elle. Elle semblait satisfaite elle aussi et nous avions trouvé bête de payer deux loyers alors que nous étions si bien ensemble. Pour autant nous ne nous étions pas projetés sur le long terme, nous nous étions dit : « On verra bien. ».


Sortir avec une fille c’est une chose, vivre avec elle c’en est une autre et je m’étais bien vite rendu compte que c’était une limace bordélique. La cuisine c’était pas son truc, hormis ses spaghettis bolognèse qui étaient délicieux (merci monsieur Panzani). Mais on ne peut tout de même pas se régaler de pâtes tous les soirs. Étant donné que je ne suis pas non plus un maître queux, du moins dans ce sens-là du terme, c’était bien souvent des plats tout faits au menu. Cette vie de pataud me convenait de moins en moins, j’en avais marre de cette fille qui ne foutait rien à la maison. Alors, ce qui devait arriver arriva. Un soir où nous étions tout simplement installés devant la télévision absorbant une série insipide je pris mon courage à deux mains et lui lançai un :



Sa réponse me surprit, je m’attendais à la voir tourmentée.



Et une discussion s’engagea longue et argumentée au terme de laquelle nous décidâmes de mettre fin à cette relation non satisfaisante ni pour l’un ni pour l’autre.

Cette nuit-là, je fus tourmenté et dormis très mal alors qu’elle roupillait tranquillement. Le lendemain je me rendis nerveusement au boulot, nous avions convenu qu’elle demanderait à Irène de l’héberger le temps de trouver un appartement. Le soir le dîner fut calme.



Elle alluma une cigarette et ne répondit pas de suite, elle réfléchit longuement, souffla une volute de fumée puis me dit :



Je fus un peu surpris mais me levai et m’exécutai. Je le posai près d’elle sur la table basse.



Sans dire un mot de plus je me levai et allai lui chercher son verre.



Je réfléchis un moment ne comprenant pas ce qu’elle entendait par « efforts », je lui répondis simplement.



Elle refusa d’en dire plus et je m’endormis ce soir-là sans autre discussion, j’étais fatigué de cette journée et n’aspirais plus qu’à une douce nuit réparatrice.


J’étais plongé dans un sommeil profond quand je sentis sa main me secouer doucement l’épaule, j’entrouvris les yeux la questionnant du regard.



Elle rabattit le drap et écarta les jambes.



Sans plus de commentaires, je me positionnai et entamai un cunnilingus long et fastidieux pour moi. Elle mit du temps à jouir et quand enfin elle râla de plaisir elle se retourna et sans dire un mot s’endormit de suite. J’étais perplexe et je restai longtemps à me poser des questions avant de succomber au sommeil.


Le lendemain matin elle ne dit rien et nous allâmes chacun à notre travail. Le soir elle rentra tard, vers 22 h, ce qui ne lui était jamais arrivé.



Elle réfléchit encore puis me regarda droit dans les yeux.



Elle avait pris un ton autoritaire, agacé, presque agressif. Elle se leva, souleva sa jupe et enleva sa culotte, elle se rassit et écarta les jambes.



Sans dire un mot je m’exécutai à nouveau, je n’avais jamais connu pareille situation, j’étais rouge de honte et pourtant je bandais comme un âne… Cette fois-là ce fut plus rapide et lorsqu’elle fut assouvie elle s’étendit sur le canapé puis alluma une cigarette. Expirant un long filet de fumée elle me parla doucement.



Une fois de plus je fis ce qu’elle me demandait sans vraiment savoir pourquoi j’acceptais une pareille situation. C’est vrai que je tenais à elle, mais je trouvais sa manière d’agir exagérée et humiliante pour moi. J’étais un homme entreprenant et dynamique dans mon travail et dans la vie, j’avais connu pas mal de femmes et c’était toujours moi qui décidais de tout. Comment cette femme, même pas vraiment belle, pouvait-elle se permettre d’agir comme si j’étais son larbin ?



Elle me coupa net la parole.



Elle éclata de rire.



J’hésitai un moment puis je prononçai ces mots mécaniquement.



J’avalai ma salive, j’étais pâle, mes tempes bourdonnaient. J’avais presque envie de partir en courant, d’échapper à cette folie et pourtant une émotion intense m’envahissait, je bandais, j’étais en train de me rendre compte que je le désirais profondément ce rôle de serviteur. Elle avait raison, ce devait être ma nature véritable mais inavouée car à l’opposé de mon éducation et de mes valeurs acquises. J’ai eu pourtant le courage de répliquer timidement.



Elle s’arrêta de parler et m’observa, l’air placide et détendu, un petit sourire amusé au coin des lèvres. Je la regardais inquiet.



Tout se passa comme elle me le dit et effectivement, les jours suivants elle fut affectionnée me tapotant fréquemment les joues pour montrer sa satisfaction. J’avais le droit de lui faire l’amour pratiquement tous les soirs. À la maison je m’occupais de tout, ménage, cuisine, etc. Souvent le soir je devais lui masser les pieds pendant qu’elle regardait la télévision en fumant. Elle était gentille mais autoritaire. Il y avait un point sur lequel elle était intransigeante. Elle aimait beaucoup être sucée et j’avais une consigne immuable à respecter. Étant donné que je me réveillais toujours avant elle le matin, je devais me lever silencieusement et préparer son café, ensuite je devais le poser délicatement sur la table de nuit, puis très doucement, en prenant mille précautions, je devais écarter ses jambes, puis je devais entamer un cunnilingus d’abord léger puis de plus en plus rapide et profond au fur et à mesure de la montée de son désir, elle, gardait les yeux fermés et émettait des petits râles de plaisir. Quand elle arrivait au bord de l’orgasme, elle me tenait la nuque bien appuyée pour que ma langue entre profondément en elle puis elle jouissait bruyamment. Une fois assouvie, elle dégustait son café silencieusement.


Ce rôle me convenait à merveille. Une fois passée ma gêne, je trouvai mon équilibre et mon bonheur ainsi. Quand nous sortions entre amis par contre, je redevenais celui que j’étais avant elle, un gars sociable, ouvert et qui aimait blaguer.


Mais un jour je me suis manqué… Je rentrais du travail et j’étais très contrarié, mon chef de service m’avait convoqué et cherché des disputes pour une erreur que je n’avais même pas commise et je ne supporte pas l’injustice.



Un grand silence suivit, elle me regardait sévèrement. Je me rendais compte que je venais de commettre une grosse bévue.



Je sentis le sang monter à mon visage et je réalisai la gravité de ma faute.



Elle m’observa, le regard sévère.



Je me levai silencieusement la tête baissée et revins un moment plus tard, deux tasses chaudes sur un plateau. Je la servis et m’assis à côté d’elle.



L’air calme elle prit sa tasse et but tranquillement.



Elle ôta ses chaussures.



Je m’exécutai, ensuite je préparai le repas, ensuite je débarrassai tout, ensuite elle se coucha, ensuite j’écrivis mes lignes, ensuite je me couchai. Je me glissais sous les draps silencieusement quand je sentis une tape sur ma tête. J’entrouvris les yeux.



Je fis ce qu’elle me dit de faire… Le matin au réveil elle m’appela.



Je montai sur le lit et me positionnai tout contre elle. Elle mit sa main devant mes lèvres et je compris ce que je devais faire. Je la lapai consciencieusement.


À partir de ce jour-là les choses devinrent encore plus claires, je ne me manquais plus et pris un immense plaisir à vivre auprès de ma bien-aimée. Elle fut elle aussi très affectueuse, me caressant fréquemment pour montrer sa satisfaction.


J’étais éduqué…


Cette idylle dura quelques mois et puis elle finit par être mutée à Perpignan conformément à ses désirs. Nous fêtâmes ce départ au restaurant avec du champagne. J’étais profondément triste, elle aussi l’était mais pas pour elle, pour moi car elle avait bon cœur. Je lui demandai si nous allions nous revoir, elle me répondit que non, que nos chemins se séparaient définitivement. Après son départ je pleurai souvent seul dans mon lit.


Puis je finis par retrouver mes habitudes d’avant elle, je savais qu’il n’y aurait plus jamais d’autre Alice.


Je rencontrai Christiane, une jeune femme bien-sous-tous-rapports, tout ce qu’il y a de classique et nous nous mariâmes.


Je n’entendis jamais plus parler d’Alice.