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Temps de lecture estimé : 20 mn
07/06/13
Résumé:  L'adultère n'est pas un long fleuve tranquille : le mari d'Anne devrait le savoir...
Critères:  fh fplusag vengeance fellation préservati pénétratio attache yeuxbandés confession
Auteur : RobertAnne
Mère au foyer

Quarante-cinq ans, mariée, deux enfants, mère au foyer. Voilà le résumé de ma vie. Oh, ne pensez pas que je me plaigne ou que je regrette quoi que ce soit. Si c’était à refaire, je le referais. Je me suis mariée assez jeune et tout de suite nous avons eu notre premier enfant. Désiré bien sûr, c’était notre choix. Le second est arrivé dans la foulée ; et comme mon mari a une très belle situation, nous avons décidé que je resterais à la maison.


Et les années se sont écoulées, entre un mari aimant et mes deux fils qui me donnent bien des satisfactions. Pourtant, maintenant que les garçons font des études supérieures, la maison est un peu vide. Et, comme je ne veux pas me transformer en bourgeoise qui va de musée en musée, de cinéma en cinéma ou de sorties entre copines en shopping addictif, j’ai décidé de travailler.

D’accord, j’entends vos remarques : « C’est pas gagné, la bourge ferait mieux de rester chez elle et ne pas piquer le boulot de ceux qui en ont vraiment besoin. »

Heureusement, mon mari, Jacques, a eu une idée de génie.



Il a raison. Je suis assez à l’aise dans la matière, vestige d’une bonne éducation et de deux enfants pour lesquels j’ai refait toutes mes années de collège et de lycée.

Le statut d’auto-entrepreneur a réglé les problèmes administratifs. Merci Sarko. Pour une fois que nos énarques renoncent à compliquer les choses, il faut en profiter.

Très vite j’ai trouvé des clients, entreprises et particuliers. Soit je vais dans les entreprises pour donner des cours à plusieurs élèves, soit je reçois à la maison certains clients qui ne veulent pas se faire montrer du doigt. Dans tous les cas, mes élèves sont assez jeunes et c’est vraiment une source de satisfaction et de challenge d’être confrontée et de retenir l’attention de ce type de clients.


Il y a quelques semaines, mon mari m’a envoyé un collègue. Ce n’était pas la première fois, mais ce garçon a eu droit à une attention particulière.



Bien sûr, ce n’est pas le premier à avoir honte de sa faiblesse en français. Mais à ce point… En tout cas, rendez-vous est pris.


Lorsqu’il sonne à la porte, je crois dans un premier temps que c’est une erreur, tellement il paraît jeune. Pas du tout le look de cadre, plutôt jeune branché, pas mal fait de sa personne, d’ailleurs. Pourtant, il me confirme que c’est bien lui. L’avantage de la fiche que je lui fais remplir, c’est que son âge, sa formation, sa situation professionnelle et personnelle n’ont plus de secrets.


Bien sûr, nous commençons une série de tests pour juger son niveau. Pour un homme de 28 ans, diplômé de l’Université, ce n’est pas si mal. J’ai vu bien pire. Il insiste pourtant pour avoir trois cours par semaine. Après tout, je ne vais pas être plus royaliste que le roi et j’accepte.


Très vite, j’ai l’impression qu’Hugo – c’est son prénom – ne me considère pas seulement comme son professeur, mais aussi comme une femme et qu’il me fait une petite cour. D’un côté, je suis gênée par son attitude, et de l’autre assez fière de cette situation. Cela fait bien longtemps qu’un homme ne s’est comporté de la sorte avec moi. Oh, parmi nos relations, certains m’ont déjà fait comprendre qu’ils se verraient bien mon amant, mais je n’ai jamais donné suite.

Hugo, c’est différent. Près de vingt ans plus jeune ; je suis flattée qu’il s’intéresse à moi. Il est plutôt beau garçon et ne doit pas avoir de difficultés pour trouver des femmes à mettre dans son lit. Je sais qu’il est célibataire, grâce à sa fiche. Si mon premier mouvement est de stopper ses prétentions, je décide cependant de le laisser faire. Qu’est ce que je risque?


Le jeu de séduction est un passe-temps délicieux. À chacune de ses visite, je suis presque impatiente de découvrir ce qu’il va faire. Une épaule qui s’appuie. Une cuisse qui se colle à la mienne. Des mains qui frôlent mes bras nus. Des bonbons, des gâteaux, même des boissons pour, comme il dit, « joindre l’utile à l’agréable, faire une coupure, recharger ses batteries » ; enfin, toutes sortes de raisons qui nous font quitter notre table de travail pour les fauteuils du salon.


À ce rythme-là, les leçons débordent largement. Et puis, moi aussi je suis entrée dans le jeu. Au début, je le recevais dans une tenue assez classique, voire austère ; de celles qu’une femme doit avoir pour bien marquer son statut de professeur. Puis, petit à petit, j’ai évolué pour abandonner les pantalons au profit des jupes et des robes avec chemisiers ou pulls associés.

Plus d’une fois j’ai surpris son regard qui s’égarait dans mon décolleté qu’un bouton malicieux rendait accessible, ou bien qui suivait le galbe d’une jambe lorsque le fauteuil profond troussait le tissu de la jupe.

Un jour, tout a basculé. Alors que nous étions assis côte à côte, nous avons tourné la tête en même temps, et après une fraction de seconde il m’a embrassée. Comme je ne répondais pas vraiment à son baiser, il s’est excusé.



J’étais troublée. Le goût de ses lèvres sur les miennes m’avait fait un effet que je n’aurais pas imaginé. L’impression de revenir en arrière, à l’époque de mon premier baiser. Je me disais aussi que j’étais une vraie garce en n’assumant pas ce que j’avais contribué à déclencher.



Et nous avons repris la leçon. Mais bien sûr, il a recommencé et je l’ai laissé faire.

À partir de ce jour, chaque leçon – que je me faisais un point d’honneur à assurer – s’est accompagnée de baisers et de caresses. Pourtant, comme nous devenions de plus en plus audacieux, je sentais monter en moi des sentiments contradictoires. La honte de me voir engagée dans une liaison qui ne pouvait se terminer que par un adultère. J’avais du mal à l’assumer après toutes ces années de fidélité. Mais aussi la promesse d’un plaisir que mon mari ne me donnait que trop rarement depuis quelque temps. Le départ d’Hugo me laissait chaque fois insatisfaite et excitée. C’est Jacques qui profitait de ce regain de ferveur ; mais pendant qu’il me prenait, répondant à mes avances, c’est Hugo que j’avais en tête.

Cette situation était ridicule. Je me comportais comme une fille qui allume un garçon mais qui refuse d’aller plus loin. À mon âge ! Ridicule ! Rétrograde ! Qui saurait, si je sautais le pas ? Pourquoi ne pas essayer ? Juste une fois ; après, j’arrête.


Je me souviens très bien de ce mardi-là. Hugo n’arrive pas à se concentrer et je lutte, entre ses bras, pour ne pas céder aux caresses qu’il me prodigue. Ses mains semblent de vrais papillons qui virevoltent sur mon corps, heureusement encore protégé par le tissu, et s’insinuent dans mes endroits les plus secrets. Je sens contre moi sa verge dressée, magnifique hommage qu’un homme peut rendre à une femme. Mais je n’arrive pas à me laisser aller et le repousse le plus doucement possible.

Déçu – qui ne le serait pas à sa place ? – il cherche à me convaincre.



Et, toujours dans ses bras, j’essaie de me justifier.



Et j’ajoute, comme si c’était un argument irréfutable :



Défense idiote qui n’a que le mérite de reconnaître que je me refuse uniquement pour des raisons accessoires.



Mais encore une fois ma raison l’emporte et, le plus délicatement possible, je m’éloigne de lui.

Ne cachant pas sa déception et montrant presque une certaine colère, il range ses affaires. Il s’absente un instant aux toilettes et nous nous séparons, non sans confirmer le prochain rendez-vous.

Le soir même, je prends ma décision. Une fois, juste une fois, pour voir… Le lendemain, je lui envoie un SMS que lui seul peut comprendre : « D’accord. ». Le jour prévu pour la leçon, je lui communique l’adresse d’un hôtel ainsi que le numéro de la chambre. À l’heure convenue, impatiente, je guette son arrivée dans le couloir, et dès qu’il m’aperçoit ses pas le conduisent vers moi.


Ivresse de ce baiser échangé dès la porte fermée ! La femme mariée cède la place à la maîtresse. Oubliée la retenue : je me transforme en femelle en chaleur, frottant mon corps contre celui de mon futur amant. Hugo est surpris, moi qui l’avais habitué à des simagrées. Mais il se laisse faire, guidé vers le grand lit qui nous attend. J’abandonne ses lèvres uniquement pour le déshabiller, montrant une frénésie qui le ravit mais que les boutons de sa chemise apprécient moins. En un instant il est nu. J’ai devant moi l’objet que tout homme rêve de montrer dans sa splendeur. Il peut en être fier. Je ne suis pas une experte, mais si je compare à mon mari, ce garçon est mieux pourvu par la Nature. Et encore, la chose vibre, bouge, montrant des signes de vigueur supplémentaire.


D’une pichenette, je pousse Hugo sur le lit. Aussitôt, je fais sauter ma robe pour apparaître la première fois en petite tenue qui ne cache pas grand-chose de ce que ses mains habiles avaient découvert pendant nos leçons.

J’avais choisi avec soin ma lingerie. Sexy mais pas vulgaire. De la dentelle uniquement, fine et transparente au point qu’un regard avisé pourrait constater que j’ai fait un grand ménage dans ma toison, la mettant au niveau de ce que les jeunes femmes de maintenant proposent à leurs amants. Adieu, poils. Effacé, le ticket de métro.

Salope – enfin j’essaie de le paraître – j’avance à genoux sur le lit. J’arrête mon ascension vers son sexe. Ma main le saisit pour l’éloigner du pubis. Sculpture de chair et ode à la virilité. Bâton que je parcours, palpe, ausculte. Hugo semble hypnotisé ; et dès que mes lèvres touchent son bout, il sursaute de joie. Je le suce maintenant, courant le long de la hampe pour lécher ses bourses. Il gémit. Il a gagné le gros lot. La bourgeoise n’est pas si guindée et se révèle experte.


Mais je l’abandonne et comme, surpris mais impatient, il me suit du regard, je sors de mon sac ce que j’ai apporté. Bien sûr, il est étonné ; mais comme je lui montre mon intention, il ne refuse pas. Ainsi, quelques instants plus tard, ses poignets sont immobilisés et reliés à la tête de lit. La bourgeoise a donc des fantasmes !


La récompense de sa docilité est une fellation magistrale. Je l’abandonne à nouveau et, toujours sous son regard approbateur, j’approche un foulard pour lui bander les yeux.

Sa récompense ne tarde pas. Ma bouche accueille sa queue, ma main palpe ses couilles pendant que l’autre se promène sur son corps. Rapidement, je l’amène à la jouissance, et je n’ai que le temps de me retirer pour voir le jet de sperme jaillir du mât vertical que je dirige maintenant vers son torse.

Juste le temps qu’il reprenne son souffle et je lui susurre à l’oreille :



Et en arrivant dans la salle de bain, j’ouvre le jet de la douche.



—ooOoo—



Quelques minutes plus tard, on frappe à la porte.



J’ouvre, bien sûr. Je découvre un homme entre deux âges, en costume, qui pousse la porte sans ménagement et pénètre dans la chambre. Mais, aussi surprenant, est le visiteur qui l’accompagne : mon mari ! Jacques ! Lui aussi, sans m’adresser la parole, entre en force et dit :



Il se tourne vers moi et hurle :



Je ne peux que répondre, éberluée par cette intrusion et la présence de mon mari :



Pendant ce temps, l’huissier fait le tour de la pièce, regarde dans le placard, sous le lit, dans la salle de bain. On se croirait dans une pièce de Feydeau, avec les portes qui claquent et les amants qui disparaissent.

Au même moment, on frappe à la porte. Mon mari, imaginant que c’est mon amant supposé, se précipite et se retrouve nez-à-nez avec une femme encombrée d’une valise.

Elle sursaute.



C’est mon amie Jacqueline qui vient de province et pour laquelle j’ai réservé cette chambre.

Au bout d’un moment, la tension diminue. Mon mari fait une tête de cent pieds de long. Moi aussi. L’huissier se fait tout petit. Ainsi, mon mari pensait me surprendre avec un amant alors qu’il me retrouve attendre une amie qui a réservé cette chambre.


Avant que les deux hommes quittent le lieu, je demande à l’huissier :



Et ils quittent la chambre.



—ooOoo—



Retour en arrière.



Il faut revenir à cette fameuse journée, mardi de la semaine dernière, pour vraiment comprendre la succession des scènes qui semblent incompréhensibles.

Je viens de résister encore une fois aux assauts d’Hugo et en suis presque fière. Ainsi, il n’est pas écrit que les femmes – celles à la maison en particulier – cèdent aux tentations. Enfin, pas pour aujourd’hui du moins ; on verra pour plus tard…


Pendant qu’Hugo s’absente pour aller aux toilettes, son smartphone émet le dring caractéristique des SMS. Je connais ce bruit : j’ai le même. Le texte s’affiche. Par réflexe, je regarde et découvre :


Où en êtes-vous ? Il faut conclure. Je sais que ma femme est prête. Il me faut le rapport d’adultère avant le 15. Débrouillez-vous !


Je n’ai pas vraiment le temps de réfléchir qu’Hugo revient. Il essaie à nouveau de me convaincre de devenir sa maîtresse alors que mon esprit travaille à cent à l’heure. Je fais un terrible effort pour ne rien laisser paraître de ma découverte, et c’est le plus tendrement possible que je le chasse par un « Peut-être… » qui ne lui ferme pas la porte.


Après son départ, une tempête se déchaîne dans ma tête. Toutes les hypothèses me ramènent à une seule explication et elle paraît invraisemblable : mon mari m’a envoyé Hugo pour me séduire. Le constat d’adultère n’a qu’une seule explication : il veut me quitter et éviter la pension alimentaire.

Les hommes nous prennent pour des cruches, ou au moins pour des handicapées de la techno. Il m’est facile, le soir même, alors qu’il dort à poings fermés – j’ai veillé à le fatiguer par des demandes sexuelles prolongées – de lire dans son smartphone comme dans un livre ouvert. Je comprends qu’il a une maîtresse, une jeune maîtresse de 25 ans, qu’il lui promet de me quitter et qu’il a mis ce plan inique au point pour éviter de me verser ce que je peux demander si l’on se sépare.


Je passe par tous les stades, de la colère à l’abattement. Mais finalement, après une nuit d’insomnie aux côtés de cet homme qui est prêt à donner sa femme à un autre pour la discréditer, je décide de prendre mon mari à son propre jeu.

Vous comprenez maintenant le SMS « D’accord. » et le rendez-vous à l’hôtel en précisant le numéro de la chambre. Je sais que mon mari va profiter de ces informations pour faire procéder au constat par un huissier. Ce que j’espère – mais cela paraît évident – c’est qu’il va attendre un moment après l’heure fixée pour être bien certain de nous surprendre au lit, coupables désignés.


Donc je guette Hugo dans le couloir depuis le pas de la porte, l’entraîne aussitôt dans la chambre et lui joue le grand jeu. Ainsi, il ne remarque pas que ce n’est pas la bonne chambre, pas celle dont j’ai donné le numéro.

Mon ardeur à le sucer endort sa méfiance et c’est sans malice qu’il accepte ce qu’il considère comme un fantasme de ma part. Ainsi menotté, aveuglé, il se dit que même si mon mari arrive maintenant, il aura eu sa part de plaisir. Il attend patiemment. Le bruit de la douche fait diversion pendant que je remets ma robe et me glisse discrètement dans le couloir.


La vraie chambre est deux portes plus loin et je m’y précipite. Je n’ai pas longtemps à attendre les coups sur la porte, annonciateurs de mon mari et de son huissier.

Lorsqu’ils entrent, ils découvrent une femme seule. Pas la moindre odeur caractéristique qui pourrait faire penser que des corps en sueur viennent de s’ébattre. Et, cerise sur le gâteau, l’arrivée de mon amie qui attendait mon SMS pour venir nous rejoindre et faire son entrée, digne de la meilleure comédienne. Quel alibi !

Lorsque les deux hommes partent, de candidate épouse infidèle, je suis devenue femme au-dessus de tout soupçon avec un mari qui l’accuse à tort.


Je retourne dans la chambre où Hugo commence à s’impatienter. Il a réussi à faire glisser son bandeau et me voit donc revenir. Je lui explique la situation. La surprise est totale.

J’avais prévu de le libérer en lui disant de surtout bien raconter à mon mari que sa femme l’avait sucé. Petite vengeance et juste retour des choses. Mais, au lieu de cela, comme il rit de ce tour que j’ai joué, je me dis que je pourrais en profiter un peu.


Il assiste à mon nouveau déshabillage, robe et dentelles cette fois-ci. Je m’étonne moi-même de ne pas être mal à l’aise, ainsi nue devant cet homme, nu aussi, qui me détaille avec des lueurs dans le regard. Je lui plais, c’est évident. Je ne suis pas qu’une cible à atteindre, mais aussi une femme encore belle avec des fesses fermes, des hanches arrondies et une poitrine généreuse. La preuve, c’est sa verge qui n’est plus cette chose molle alanguie sur son pubis.

Je n’ai pas besoin de me forcer pour venir sur lui. Ma chatte est le plus doux des bâillons qu’il s’empresse d’explorer. Je suis littéralement assise sur son visage. Sa langue et ses lèvres sont les plus tendres des explorateurs. Je ne doute pas qu’il trouve la place humide, toutes ces émotions m’ayant finalement amusée et excitée. Tout à l’heure, le sucer a été un plaisir, même si cela faisait partie de mon plan. Rien que d’y penser me fait frémir. Je me balance lentement sur lui pour qu’il joue avec mon sillon, suçant et happant mon clito jusqu’à lécher ma rondelle en passant par une langue qu’il darde le plus loin possible dans mon vagin. J’ai devant moi la vision de sa propre excitation. La verge est maintenant redevenue un fier mandrin qui demande des caresses. Il me suffit de me pencher pour le prendre entre mes lèvres.

Un instant, chacun caresse l’autre. C’est si bon. Mais je veux plus maintenant. Je me redresse, et sans qu’il me soit nécessaire de formuler la question, Hugo me dit :



Des capotes bien sûr. Il y a longtemps que je n’ai plus utilisé cet objet, mais c’est comme le vélo : on n’oublie pas. J’en déroule une sur le pieu de chair. Voilà, mon amant est prêt. Voir cet homme allongé, immobilisé, à ma merci me fouette les sens. Les menottes, maintenant, me paraissent bien autre chose que des outils utilisés pour la réalisation de mon plan. Ce sont maintenant des accessoires érotiques dont je ne soupçonnais pas la puissance.


Pendant que j’affronte le regard d’Hugo, ma main guide son pieu vers ma fente. Je sens le gland écarter mes lèvres, et il me suffit de fléchir lentement les genoux pour venir m’empaler sur lui. J’avais oubliée combien les sexes des hommes peuvent être différents.

Je n’ai pas toujours été une femme mariée ; et même si j’ai connu mon mari assez jeune, j’avais eu le temps de découvrir les plaisirs du sexe avec des garçons. Jacques aussi était expérimenté, et tout de suite nous avons eu une vie sexuelle très dense avec des fantaisies. C’est seulement depuis quelques mois que sa flamme s’est atténuée, et j’en connais maintenant la raison.


Je suis maintenant littéralement assise sur lui. Chaque millimètre de son beau mandrin est en moi et j’en ressens la présence majestueuse alors qu’il explore des recoins oubliés. Pas de doute, il est mieux monté que mon mari ; mais la taille n’est pas tout.

Hugo regarde. Hugo me regarde. Je vois ses yeux qui semblent me découvrir, lueur qui glisse de son manche disparu dans cette fente dont les plis cachent mon petit bouton à mes seins généreux et lourds. Je le défie, amant réduit à l’immobilité, en plaçant mes mains en coupes, réceptacles de mes seins. Je suis fier d’eux, que les maternités et l’âge n’ont pas flétris ou affaissés en mamelles qui offensent la vue. Il faut dire qu’ils font partie de ma sexualité. Combien de fois ai-je accueilli la verge de Jacques entre mes lobes pour lui proposer un fourreau que son sperme vient lubrifier ? Combien de fois m’a-t-il fait jouir juste en les caressant et pinçant mes tétons entre ses doigts ? Ils sont l’objet de toute mon attention, et chaque jour je m’oblige à des exercices qui sont censés leur garder une fermeté suffisante pour contrecarrer les lois de la pesanteur.


C’est moi qui joue avec eux. Je vois bien à son regard qu’il voudrait pouvoir participer. Quelle frustration de ne pas pouvoir profiter, caresser ce que ses mains, par un long travail d’approche, ont gardé en mémoire et que le cerveau a imaginé ! Mais non, ce sont mes mains qui caressent mes seins, mes doigts qui tirent sur les tétons, mes doigts encore qui tordent avec délice les pointes érigées par toute cette excitation. Mais je le distrais…


Je commence la douce dance de l’amour, celle qui fait qu’un vagin s’empare, enveloppe, comprime puis libère, abandonne le sexe tout entier, tendu vers un seul but : revenir, dilater et occuper jusqu’à l’orgasme. Il donne aussi de petits coups de reins, apportant sa contribution à notre plaisir.

Lentement, oui, le plus lentement possible, je me baise sur lui. Une minute, dix minutes, une heure ? Le temps ne compte plus. Ce qui compte, ce sont mes jouissances avant qu’il ne puisse plus se retenir. Quelle frustration de ne pas pouvoir sentir le sperme inonder ma grotte, crème chaude qui explose dans un tourbillon de plaisir !

Longtemps, je reste sur lui, allongée, femelle dominatrice mais qui demande pourtant la tendresse d’un baiser ou de bras protecteurs.


Je détache les menottes. La salle de bain me permet de reprendre mes esprits. Il faut rentrer. Affronter mon mari. Affronter ? Pourtant, je ne suis coupable de rien ! C’est lui qui a tout organisé pour me conduire à ma perte.

Hugo s’est rhabillé. Nous allons nous séparer, maintenant rattrapés par la réalité. Je lui demande – j’exige – qu’il contacte mon mari pour lui dire tout ce qui s’est passé. Je veux que Jacques ressente dans sa chair ce qu’il a planifié.


Je vais partir. Hugo vient d’accepter tout ce que je lui demande. Il s’excuse pour le stratagème, qu’il regrette maintenant, d’avoir joué au séducteur sous les ordres de mon mari. D’ailleurs, il ne travaille pas du tout dans la même entreprise. En réalité, il est photographe et c’est seulement la proposition généreusement rétribuée qui l’a lancé dans cette aventure.

Au moment de fermer la porte de la chambre, il me retient et, droit dans les yeux, demande :



Comme je ne réponds pas, il insiste.



Dans l’ascenseur, je repense à ses paroles. Moi aussi j’ai aimé ! Et alors ? Une fois et c’est tout. Mais, Dieu, que c’est bon de se sentir désirée…



—ooOoo—



De retour chez moi, mon mari m’attend. Heureusement, la présence des enfants dans la maison nous oblige à de la retenue. Sinon, je pense que des paroles irrémédiables auraient été prononcées.


En résumé : mon mari m’accuse d’adultère. Hugo a tenu sa promesse et a fait son rapport.

Évidemment, je l’accuse de me tromper mais surtout d’avoir essayé de discréditer la mère de ses enfants pour aller vivre avec une jeunette. J’insiste sur le démon de midi et la peur de vieillir qui rend les hommes de la cinquantaine débiles et prêts à tout pour montrer leur virilité.


Chacun reste sur ses positions.

Je refuse de divorcer. Petit moment mélo où je glisse que je l’aime encore.

Il refuse de quitter sa maîtresse.

Je confirme que s’il reste avec elle, alors je me sens libérée de toute obligation concernant ma fidélité.

Cette affirmation le trouble. Manifestement, il n’avait pas envisagé toutes les conséquences de ses actes.


Statu quo : nous restons ensemble. Chacun vit sa vie, mais dans la discrétion pour conserver un foyer familial pour les enfants, même s’ils sont assez vieux pour comprendre. Mais, comme je ne lui fais plus confiance, j’exige une preuve qu’il ne recommencera plus son entreprise pour me discréditer. La seule idée que j’ai trouvée, ce sont des photos avec sa maîtresse, bien sûr dans des situations qui montent bien leur relation.


Nous convenons que moi aussi je lui donnerai des photos. Ainsi, chacun aura une emprise sur l’autre. Situation absurde, mais que j’accepte car je suis persuadée – même s’il refuse de le reconnaître – que sa liaison n’est qu’une passade.



—ooOoo—



Les semaines passent. Chacun s’accommode de cette situation. Bien sûr, je revois Hugo, ne serait-ce que pour que nous fassions des photos. Excuse bidon qui ne fait que confirmer que j’aime faire l’amour avec lui.


Échange surréaliste des photos entre Jacques et moi. Chacun a déposé sur la table une dizaine de tirages papier de ses turpitudes avec sa maîtresse ou son amant.

Elle est belle, la salope ! Je comprends l’attirance qu’elle exerce sur mon mari. Par contre, les photos ne sont pas terribles, mais pourtant suffisamment explicites pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur leurs relations.


Hugo a fait bien mieux. Le modèle – moi en l’occurrence – ne peut pas rivaliser avec la jeunette, mais c’est compensé par la touche du photographe professionnel. Nous nous sommes beaucoup amusés pour les faire, et c’est en voyant le visage de mon mari qui les découvre que je réalise la crudité de certaines. Il me regarde sans rien dire, comme s’il cherchait sur les photos la femme qui lui fait face.


Étrangement, cette situation se reporte sur l’ambiance de la maison. En bien, je veux dire. Les garçons se rendent bien compte que tout est plus serein, mais j’imagine qu’ils mettent cela sur le compte d’une complicité retrouvée entre les parents. C’est vrai que Jacques et moi sommes plus décontractés. S’il veut s’absenter – pour manifestement rejoindre sa maîtresse – il n’a plus besoin de construire un mensonge ridicule. Il le fait en précisant uniquement la durée de son absence. Il lui est même arrivé de partir un week-end.


Dire que je suis indifférente à ses départs serait faux. Mais je gère, et Hugo me sert de soupape. Agréable soupape, d’ailleurs, qui petit à petit passe du statut d’amant à celui d’amant et confident. Hugo, en fin psychologue, et a compris avant moi que je suis toujours très amoureuse de mon mari. Nos rencontres, chez lui, sont toujours très chaudes. Comme il est agréable de ne penser qu’à son plaisir ! De se laisser aller ! De ne pas avoir peur de ses pulsions ! D’oser des gestes, des caresses, des positions inédites sans tabou ni sans la peur de choquer… Nous avons ajouté bien d’autres jouets et accessoires aux menottes de la première fois.


Mais aussi, le confident qu’il est me réconforte et me soutient dans la reconquête de mon mari. C’est lui qui m’encourage dans cette voie. Avec lui, j’ai jeté aux orties mes vêtements de « vieille » et j’ai renouvelé ma garde-robe.

Je ne sais pas si c’est cette métamorphose qui en est la cause ou bien le fait que Jacques se sente en compétition avec un autre, toujours est-il qu’il me regarde d’un autre œil. Alors que nous partagions toujours le même lit, nos relations se résumaient à un « Bonjour, bonsoir. » depuis le fameux jour du constat. Eh bien, il a entrepris un retour en grâce que je ne lui ai pas refusé, bien sûr. Hugo avait raison : rien ne stimule plus un homme s’il se sait en compétition, même si lui-même a déjà engagé son départ.


Donc, je me suis retrouvée avec deux amants : Hugo, l’officiel, et Jacques, mon mari qui ne ménageait pas sa peine pour mon plus grand plaisir. C’est comme s’ils s’étaient donné le mot ou comparaient leurs exploits. Avec Jacques, la routine qui s’était installée dans notre couple a fait place à plus de spontanéité et de fantaisie. Que du bonheur !



—ooOoo—



Un soir, mon mari me dit :



Une main m’écrase le cœur. Il part. Il va rejoindre sa jeunette. Je bredouille :



Que dire d’autre ? J’ai fait de mon mieux. On ne lutte pas contre le temps qui passe !



Une lueur au fond du tunnel.



Il n’arrive pas à parler, les mots semblent bloqués dans sa gorge.



Et comme un enfant qui avoue une bêtise et qui veut se faire pardonner, il vient se blottir dans mes bras.



Nous n’avons même pas fait l’amour. Non : juste un couple qui se retrouve et se satisfait d’être ensemble après une longue absence.



—ooOoo—



Épilogue :



Et Hugo, pensez-vous ?

Chut, ne le dites pas. J’ai dit à mon mari que j’avais, moi aussi, cessé ma liaison. Mais la vérité n’est pas de ce monde.


Après tout, j’ai une longueur de retard en infidélité. Et c’est si bon… Femme infidèle, je suis !

Que les lecteurs et lectrices fidèles me jettent la première pierre.


Mais si vous aviez goûté à la montée d’adrénaline qui vous submerge lorsque vous revenez à la maison et que votre mari vous demande si la journée s’est bien passée alors que vous sortez des bras de votre amant, vous seriez comme moi, addict au plaisir.

Ne plaignez pas mon mari ; enviez-le, plutôt : je le cajole, je le bichonne. Et ses nuits sont des feux d’artifice !


Une seule chose me dérange : je n’arrête pas d’imaginer ce qu’une femme peut ressentir lorsque les deux hommes de sa vie – mari et amant – se retrouvent pour former une partie à trois. Est-il possible que la jouissance soit deux fois plus forte, si deux sexes vous possèdent ?