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n° 15623Fiche technique40100 caractères40100
Temps de lecture estimé : 20 mn
30/05/13
Résumé:  Johanna et Roméo, surveillés à leur insu par Alberto, font croire à Flora qu'ils sont désormais ensemble.
Critères:  fh ffh travail jalousie fellation cunnilingu pénétratio théatre humour -théâtre
Auteur : Gufti Shank            Envoi mini-message

Série : Roméo et Juliette - Le spectacle de fin d'année

Chapitre 02 / 03
Roméo et Juliette - Le spectacle de fin d'année - Acte II

Les personnages :


Juliette

Cassandra : la meilleure amie de Juliette

Roméo

Eloïse : la meilleure amie de Roméo

Siriac : le meilleur ami de Roméo et le petit ami de Cassandra

Flora : une collègue de Roméo

Johanna, Alberto, Conrad, Magnus, Yul : des collègues de Roméo et Flora



***



Résumé de l’acte I : Pour le spectacle de fin d’année de leur entreprise, Flora et Roméo préparent une pièce de théâtre avec leurs collègues. Juliette assiste à une répétition où Flora se montre extrêmement provocante, essayant de séduire Roméo sous ses yeux, et allant jusqu’à faire s’abandonner à elle Magnus, Yul et même Alberto, pourtant attiré plutôt par les hommes. Un peu plus tard, Roméo se confie à Johanna, et ils élaborent un plan visant à excéder et dégoûter Flora : ils vont lui faire croire que Juliette et Eloïse l’ont quitté ; le sachant célibataire, Flora se précipitera vers lui ; et il fera alors semblant de l’ignorer et de lui résister pour tomber dans les bras de Johanna, rendant ainsi Flora folle de jalousie. Juliette et Eloïse, peu confiantes dans la fiabilité de ce plan, demandent en secret à Alberto de surveiller Roméo.




***




Acte II, scène 1

Lundi 19, 9 h 10

Un salon de détente, sur le lieu de travail de Roméo

(Roméo)



(Roméo est assis sur un fauteuil, un gobelet fumant à la main. Une porte s’ouvre. Roméo adopte aussitôt un air maussade et une attitude prostrée. Flora entre.)



Flora : Ah bah, t’es là ! Je te cherchais partout. Qu’est-ce que tu fous ?


(Roméo ne répond rien et baisse la tête.)


Flora : Qu’est-ce qu’il y a ? Tu fais la gueule ?


(Roméo soupire profondément.)


Flora (amusée) : Tu n’as pas passé un bon week-end ?


(Roméo se frotte gravement les yeux en reniflant avec affectation et lève vers Flora un regard désespéré.)


Flora : Eh ben ? Qu’est-ce qui t’arrive ? C’est si grave que ça ?

Roméo (amer) : Fous-moi la paix, Flora !


(Flora hausse les sourcils et va commander une boisson sur une machine à café. Roméo soupire lourdement. Johanna entre. Elle jette un regard insistant à Roméo qui lui retourne un clin d’œil.)


Johanna (grave) : Salut. Alors, Roméo ? Ça va ? Tu tiens le coup ?


(Flora se retourne, intéressée et étonnée.)


Flora : Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?


(Johanna s’approche de Roméo et le prend doucement par les épaules dans un geste d’affection.)


Roméo (austère) : Salut Johanna. Mouais, ça peut aller…


(Il vide son gobelet. Flora lance à tout va des regards inquisiteurs. Roméo, sans un mot supplémentaire, sort, sous les yeux faussement attristés de Johanna.)


Flora : Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi il est comme ça ?

Johanna (cérémonieuse) : Je… je ne sais pas si je dois t’en parler…

Flora : Mais si, bien sûr !

Johanna : Euh… Roméo s’est fait larguer, ce week-end.

Flora (abasourdie) : Hein ? Mais… et…


(Elle pose son gobelet et s’éloigne en courant et en hurlant.)


Flora (sortant) : Roméo ! Attends !


(Johanna sourit franchement en allant commander à son tour une boisson. Elle attend son gobelet, puis s’installe sur un fauteuil. Un silence. Flora entre.)


Flora : Il n’est pas dans son bureau. Tu sais où il est ?


(Johanna secoue la tête de gauche à droite.)


Flora : Mais tu es sûre de ce que tu dis ? Il s’est vraiment fait larguer ?


(Johanna secoue la tête de haut en bas.)


Flora : Et comment tu le sais ?

Johanna : Il m’a appelée, hier.

Flora : C’est étonnant qu’il ne m’en ait pas parlé…


(Johanna hausse les épaules. Un silence.)


Flora (se reprenant) : Enfin, n’importe ! Ça m’arrange bien, tout ça… Maintenant, plus d’obstacle entre lui et moi !


(Elle va reprendre son gobelet et le vide d’un trait.)


Johanna (avec une lourde hésitation) : Je… je ne sais pas si je dois me mêler de tout ça, mais…


(Flora la regarde vivement.)


Johanna : J’ai cru comprendre qu’il t’en voulait… que c’était en partie à cause de toi.


(Flora écarquille les yeux d’étonnement, avant d’éclater de rire.)


Flora : Bah, c’est rien, j’ai l’habitude…


(Elle jette son gobelet, puis se recoiffe vaguement et rehausse sa poitrine.)


Flora (sortant) : Bon, je vais voir ce que je peux faire…






Acte II, scène 2

Lundi 19, 18 h 40

L’appartement de Juliette et Roméo

(Roméo, Eloïse)



(Eloïse et Roméo sont nus ; la jeune femme est debout, penchée en avant s’appuyant sur la table ; elle hurle. Roméo, debout derrière elle, la tient par les hanches et la défonce à toute allure.)



Eloïse : Aaaaahhh ! Ouiiiii ! Aaaaahh !


(La porte s’ouvre, Juliette entre, vêtue d’un tailleur et portant un petit sac à main.)


Juliette : Quel raffut ! Vous savez qu’on vous entend partout dans l’immeuble ?

Eloïse : Aaaaaahhhaaaaa ! Hmmmmm !


(Juliette dépose son sac et sa veste.)


Juliette : Vous auriez pu m’attendre, au moins…


(Elle s’approche d’Eloïse et l’embrasse à pleine bouche, étouffant un instant ses gémissements.)


Roméo : Sa… aaa… lut ma puce !


(Elle l’embrasse également.)


Juliette : Eh, tu gardes un peu de forces pour moi, hein ?


(Roméo répond quelque chose, mais sa voix est couverte par les hurlements d’Eloïse.)


Juliette (glissant deux doigts dans la bouche de la jeune femme) : Chut ! J’ai rien entendu !

Eloïse (suçant) : Hmmm ! Hmmmm !

Roméo (entre deux gémissements, répétant) : T’inquiète pas, je vais te faire ta fête après !


(Il continue de défoncer Eloïse, qui couine de plus en plus fort.)


Juliette (retirant soudain ses doigts de la bouche de la jeune femme) : Aaaïe ! Putain, mais tu m’as mordue !


(Eloïse, beuglant de nouveau à pleins poumons, se crispe bientôt dans un ultime hurlement et se déhanche encore par à-coups avant de s’effondrer sur la table devant elle.)


Juliette : Ah, quand même ! Je commençais à avoir les tympans douloureux…


(Roméo continue toutefois d’assener de profonds va-et-vient à sa partenaire épuisée. Juliette écarte leurs bassins et repousse le jeune homme.)


Juliette (se saisissant de son sexe tendu) : Non, non, non ! Ça va, elle a eu sa dose. Le reste, c’est pour moi.


(En le tirant par la queue, elle va jusqu’au canapé. Eloïse demeure dans la même position, exténuée. Juliette propulse quasiment Roméo sur l’assise et se déshabille en hâte sous ses yeux avides pendant qu’il se masturbe lentement en l’attendant. Une fois nue, elle vient s’agenouiller au-dessus de ses cuisses et s’empale sur sa verge rigide dans une longue plainte. Elle se déhanche ensuite brutalement, oscillant des fesses, et son partenaire accompagne ses mouvements par de puissants coups de bassin.)


Juliette : Aaaaaahhh ! Hmmmmm ! Ouiiii !

Eloïse (se redressant) : Eh ben, ça valait le coup de me faire chier parce que je faisais du bruit…


(Souriante, elle regarde un court instant le couple qui s’ébat sur le canapé. Une sonnerie de téléphone retentit.)


Eloïse (amusée) : Juliette, ton téléphone !

Juliette : Hmmmm ! Aaaaahhh !


(Eloïse va prendre le téléphone dans le sac de Juliette et décroche.)


Eloïse : Allô ? … Non, c’est Eloïse. … Ah, salut ! … Euh… non, je peux pas te la passer, là. … Oui, c’est elle qui fait tout ce bruit. … Ah, alors, raconte. … Attends, attends, j’entends rien. (Se retournant) : Juliette, essaie de gueuler moins fort !

Juliette : Aaaaaahhh ! Ouiiiii !


(Eloïse s’approche du couple enlacé et enfonce sans ménagement trois doigts dans la bouche de la jeune femme.)


Juliette (suçant) : Hmmmm ! Hmmmm !

Eloïse (au téléphone) : Non, non, vas-y, je t’écoute.

Roméo : C’est… c’est qui ?

Eloïse (à Roméo) : T’occupe ! Et allonge-toi, plutôt, j’ai envie que tu me lèches.


(Roméo lui jette un regard étonné mais se laisse choir en arrière ; Juliette continue de se dandiner au-dessus de son bassin et de sucer la main d’Eloïse.)


Eloïse (au téléphone) : Non, non, pas toi. Attends…


(Elle enjambe le canapé et s’agenouille par-dessus de la tête de Roméo, puis attire contre le sien le visage de Juliette, qui continue de gémir, et porte le téléphone entre leurs joues.)


Eloïse (au téléphone, soupirant) : Hmmm ! Vas-y, on t’écoute…






Acte II, scène 3

Lundi 19, 18 h 55

L’appartement d’Alberto

(Alberto)



(Le jeune homme est assis dans un fauteuil, un téléphone collé contre l’oreille.)



Alberto : Juliette ? … Ah, salut Eloïse, c’est Alberto ! … Est-ce que Juliette est dans le coin ? … C’est elle que j’entends hurler comme ça ? … Ben, putain… Bon, dis, j’ai fait ce que vous m’avez demandé. … Eh ben, pas grand-chose ; effectivement, Johanna a fait croire à Flora que vous aviez largué Roméo, et du coup elle a passé la journée à lui courir après tandis qu’il passait la journée à… Allô ? … Euh… tu veux que je rappelle plus tard ? … Bon, donc je disais qu’elle avait passé la journée à lui… Hein ? Qui ça, moi ? … Euh… est-ce que… tout va bien ? … C’est vous qui gémissez comme ça ? … Ben, euh… okay… Donc, je disais que Flora avait passé la journée à courir après Roméo et que lui avait passé la journée à l’envoyer promener. Et surtout, Flora a bien vu qu’il se confiait à Johanna et vraiment pas à elle, et ça aussi, ça l’a bien fait chier ; c’était parfait !


(Un silence.)


Alberto : J’ai rien compris ; dis à Juliette d’arrêter de crier comme ça !


(Un silence.)


Alberto : Non, je ne crois même pas qu’ils aient fait semblant d’être ensemble, et je ne les ai pas vus s’approcher plus que ça.


(Un silence.)


Alberto : Oui, je les surveille de près, ne t’en fais pas. Mais c’est assez amusant, je dois dire.


(Un silence.)


Alberto : Okay, je vous rappelle demain. Bonne soirée… et bonne bourre, alors !


(Il raccroche.)


Alberto : Eh ben, y en a qui s’emmerdent pas, au moins !


(En soupirant, il déboutonne son pantalon et glisse une main entre ses jambes.)






Acte II, scène 4

Lundi 19, 19 h 05

L’appartement de Juliette et Roméo

(Juliette, Roméo, Eloïse)



(Tous trois sont toujours sur le canapé, Roméo allongé sous les corps endiablés des deux jeunes femmes qui se trémoussent en couinant au-dessus de lui.)



Juliette : Aaaaaaahhh ! Ouiiiii !

Eloïse : Hmmmm ! Aaaaah !

Roméo (d’une voix étouffée) : Mrrrmmmffff !


(La sonnerie du téléphone retentit de nouveau.)


Eloïse : Encore ?

Juliette : Laisse, on s’en fout !


(Mais Eloïse attrape le téléphone qu’elle avait abandonné sur le dossier du canapé et regarde l’écran.)


Eloïse : Ah, tiens, c’est Flora !

Roméo (sursautant) : Où ça ?

Eloïse : Eh ! Fais gaffe, t’as failli me faire tomber !


(Juliette prend le téléphone des mains d’Eloïse et le lance sur la table basse.)


Juliette (reprenant ses déhanchements) : Qu’elle aille au diable, celle-là !

Eloïse (regardant entre ses jambes) : C’est bon, Roméo, tu peux t’y remettre…


(Le téléphone sonne encore un peu avant de s’éteindre. Les trois jeunes gens reprennent leurs ébats et gémissent à nouveau. La sonnette de l’appartement retentit.)


Juliette : Oh merde ! Ça devient chiant, là ! Pas moyen de baiser tranquilles ! T’y vas, Eloïse ?

Eloïse : Hein ? Pourquoi moi ?

Juliette : Parce que t’as déjà joui, toi !

Eloïse : Mais j’ai encore envie ! On s’en fout, on n’a qu’à dire qu’on n’est pas là !


(On tambourine contre la porte d’entrée de l’appartement.)


La voix de Flora (étouffée) : Juliette !


(Juliette et Eloïse s’immobilisent immédiatement. Roméo continue à se démener sous elles.)


Eloïse (regardant entre ses cuisses) : Chhhut !

La voix de Flora (étouffée) : Juliette ! Eloïse ! Ouvrez ! Je sais que vous êtes là, je vous ai entendues !

Juliette : Merde, c’est Flora !

Roméo (caverneux) : Hein ?


(Eloïse abandonne sa place en soupirant.)


Eloïse : Qu’est-ce qu’elle vient nous faire chier ici, celle-là !


(Juliette s’extirpe d’au-dessus de Roméo et descend du canapé.)


Eloïse (à voix basse) : Roméo, va te planquer !


(Roméo, un instant hagard, se lève et sort vers la chambre avec son sexe tendu.)


Juliette (amusée) : Bon, je vais ouvrir, alors…

Eloïse (affolée) : À poil ?

Juliette : Bah… elle nous a entendues, autant qu’elle sache pourquoi…


(Eloïse se précipite sur ses vêtements et tente d’enfiler en hâte sa culotte pendant que Juliette ouvre la porte d’entrée, dévoilant Flora.)


Flora : Ah bah, ça va, on s’ennuie pas, ici ! Dis donc, ça sent le fauve…

Juliette : Qu’est-ce que tu veux ?

Flora : Je ne te demande pas si je vous dérange…

Eloïse (ajustant sa culotte) : Tu nous déranges !

Flora (soupçonneuse) : Vous baisiez juste toutes les deux ?

Eloïse : Qu’est-ce que c’est que cette question à la con ?!?

Juliette (insistant) : Qu’est-ce que tu veux ?

Flora : Juste discuter une ou deux minutes.

Juliette : Bon, ça ne te dérange pas si on continue, alors…


(Elle s’approche d’Eloïse et l’embrasse passionnément sous les yeux consternés de Flora.)


Flora : Euh…

Juliette : Vas-y, on t’écoute.


(Elle caresse ardemment la poitrine et l’entrejambe d’Eloïse. Flora soupire profondément.)


Flora : C’est vrai que vous avez largué Roméo ?

Juliette (exagérément) : Qui ça ?


(Elle passe une main dans la culotte d’Eloïse.)


Flora : Du coup il est libre, c’est parfait. Ça ne vous fera donc rien de savoir que j’ai passé la journée entre ses bras…

Eloïse (à Juliette) : Aïe !!! Tu me fais mal !

Juliette (avec difficulté) : Non, on s’en fout !


(Elle pousse Eloïse jusqu’au canapé et les deux jeunes femmes s’y affalent en se caressant vivement.)


Flora : Hmmm, c’est formidable ! Je vais pouvoir désormais profiter de sa grosse queue autant que je voudrai, alors… Et sans la moindre retenue…


(Juliette continue de caresser Eloïse en faisant mine de ne pas avoir entendu Flora. Celle-ci les observe quelques secondes, puis s’avance vers le canapé avec un sourire et, abaissant sa main sur les fesses de Juliette, lui enfonce profondément deux doigts.)


Juliette : Hmmmmm ! (Tournant la tête vers Flora) : Mais… qu’est-ce que…

Flora (agitant vivement ses doigts) : Elle ne va pas trop vous manquer, sa grosse queue ?

Juliette (partagée) : Hmmmm ! Arrête, Flora !


(On entend Roméo grogner derrière la porte de la chambre. Flora tourne la tête, fronçant les sourcils.)


Flora : Il y a quelqu’un ?


(Elle va ouvrir la porte de la chambre et y entre pour jeter un œil sous les regards inquiets d’Eloïse et Juliette.)


Flora (revenant) : Non, j’ai dû rêver. Bon, allez, je vous laisse à vos gouineries ; moi, j’ai mieux à faire…


(Elle s’éloigne vers la porte d’entrée de l’appartement.)


Flora : Si vous cherchez Roméo, vous savez où le trouver, hein…


(Elle sort. Juliette s’arrête immédiatement et se redresse.)


Juliette (archi-froidement) : Roméo !


(Il entre, penaud, toujours nu, mais son sexe dégonflé.)


Juliette : Tu as entendu ?

Eloïse (tâtant son entrejambe avec déception) : Eh ben ?

Roméo (désolé) : Euh… ce… c’était plus fort que moi… de la voir vous caresser, comme ça…

Eloïse : Pffff ! Et en plus, elle t’a entendu.

Juliette : Roméo ! Tu as entendu ce qu’elle a dit ? Qu’elle avait passé la journée dans tes bras ! Que je savais où te trouver si j’avais besoin !

Roméo : Mais laisse tomber, c’est des conneries !

Juliette : Bien sûr !

Roméo : Mais si, je te promets que c’est des conneries ! Elle a passé la journée à me courir après, oui, mais j’ai passé la journée à l’envoyer chier.

Eloïse (pensive) : Ouais, c’était probablement juste un test.

Juliette : Mouais… Ben ça m’emmerde, ce genre de test !


(La sonnerie du téléphone retentit de nouveau. Juliette prend l’appareil et regarde l’écran.)


Juliette (agacée, tendant le téléphone à Roméo) : Et ça ?!? C’est encore un test ?

Roméo : Euh…

Juliette (décrochant, sèchement) : Allô !

Eloïse : C’est qui ?

Roméo : Johanna.

Juliette (froide) : Salut. Si, tu me déranges un peu, mais tant pis…

Eloïse : Bon, c’est fini, alors ? Je me rhabille ?

Juliette (au téléphone) : Ah bon ?

Roméo : Passe-la-moi !

Juliette (s’éloignant vers la chambre) : Eh ben, elle sort de chez nous à l’instant. Je crois qu’elle voulait savoir où était Roméo.


(Elle sort. Eloïse ramasse ses vêtements et se rhabille. Roméo soupire et fait de même.)


Roméo : Je crois que le plus simple serait que Flora vienne habiter avec nous, tu ne crois pas ?


(Eloïse le regarde, sidérée.)


Roméo : Bon… okay, j’ai rien dit. C’était une blague.

Eloïse : Ha ha ha ! Très drôle ! Et on pourrait proposer à Johanna aussi, non ?

Roméo : Euh… oui, pourquoi pas, si vraiment tu insistes…

Eloïse : Pfff !


(Juliette revient.)


Juliette : Eh ben ? Pourquoi vous vous êtes rhabillés ?






Acte II, scène 5

Mardi 20, 10 h 20

Un salon de détente, sur le lieu de travail de Roméo

(Roméo, Johanna)



(Johanna et Roméo discutent devant une machine à café.)



Johanna : Bon, il est temps de passer à la phase deux de ton plan, non ?

Roméo : Comment ça ?

Johanna : Eh ben, maintenant que Flora est convaincue que tu es célibataire…


(On entend s’ouvrir la porte.)


Johanna : Attention ! Voilà quelqu’un !


(Elle se précipite sur Roméo et l’embrasse à pleine bouche en le serrant contre elle. Magnus entre.)


Roméo (se dégageant de l’étreinte de la jeune femme) : Euh… est-ce que…

Magnus : Ah, excusez-moi, je ne savais pas que…

Roméo : Non, non, non, il n’y a rien ! Ce n’est pas ce que tu crois…

Johanna : Oui, on croyait juste que c’était Flora…


(Magnus hausse les sourcils et va commander un café. La porte s’ouvre de nouveau. Johanna se jette encore sur Roméo et l’embrasse passionnément. Alberto entre.)


Alberto : Euh…

Roméo (se dégageant) : Ce n’est pas ce que tu crois. On répète pour le spectacle de fin d’année.

Magnus : C’est Flora, qui va faire la gueule, quand elle va savoir ça.

Johanna : Oh oui ! Elle avait raison ! Roméo est un amant exceptionnel !


(Alberto regarde intensément Roméo. Celui-ci détourne les yeux en soupirant. Flora entre. Johanna se jette dans les bras de Roméo et l’embrasse vigoureusement.)


Flora : Mais… Roméo ! Qu’est-ce que tu fais !

Magnus (s’asseyant) : Ah ! Ça va commencer à devenir intéressant !

Alberto : Oui, j’en connais qui vont être ravies…

Johanna : Oh, Roméo ! Je t’adore !

Roméo (se dégageant) : Euh…

Flora : Roméo !

Johanna (à Roméo, lui prenant la main) : Tu viens ?


(Elle sort, le tirant après elle.)


Flora : J’hallucine ! Qu’est-ce qu’il peut bien lui trouver, à cette greluche ?!?

Magnus : Bah, faut reconnaître qu’elle est mignonne…

Flora : Pffff !


(Alberto sourit.)






Acte II, scène 6

Mardi 20, 18 h 40

Une rue

(Roméo, Johanna, des passants)



(Johanna et Roméo traversent la scène en marchant.)



Johanna : Ne te retourne pas, mais je crois qu’elle nous suit toujours.


(Flora entre derrière eux.)


Johanna : Écoute, tu sais ce que nous allons faire : pour lui donner le change, tu vas me suivre jusque chez moi.


(Ils sortent. Flora les suit, discrètement, et sort à leur suite. Alberto entre.)


Alberto (marchant derrière eux) : Hmmm… c’est louche, tout ça…






Acte II, scène 7

Mardi 20, 18 h 55

L’appartement de Johanna

(Roméo, Johanna)



(Roméo est assis dans un canapé et soupire. Johanna va-et-vient dans la pièce.)



Roméo : Honnêtement, je ne sais pas si elle nous a suivis jusque-là, quand même…

Johanna : On ne sait jamais ; il faut parer à toute éventualité.

Roméo : Mouais. Bon, ben je vais appeler Juliette.

Johanna : Okay, je te laisse tranquille quelques minutes.


(Elle sort vers une pièce attenante. Roméo prend son téléphone. Un silence.)


Roméo : Allô ? Juliette ? … Oui, dis, je suis avec Johanna, là, on a été suivi par Flora. … Mais si, je te jure ! … Oui, évidemment, t’inquiète pas ! … Okay. … Je rentre dès que possible. … À plus.


(Il raccroche.)


Roméo : Johanna ?

La voix de Johanna : J’arrive !

Roméo : Dis, je ne vais pas traîner, quand même, il y a Juliette qui…


(Il s’interrompt lorsque Johanna revient en sous-vêtements.)


Roméo : Euh…

Johanna : Je me suis mise à l’aise, ça ne te gêne pas ?


(On frappe à la porte.)






Acte II, scène 8

Mardi 20, 19 h 00

Une rue, devant un immeuble

(Flora, Alberto)



(Flora est plus ou moins cachée derrière un poteau et semble épier une fenêtre. Plus loin, derrière elle, Alberto est caché derrière un autre poteau et l’épie aussi.)



Flora : J’y crois pas ! Il m’a ignorée pour me préférer cette petite cruche !


(Elle soupire, puis sort de sa cachette pour s’avancer vers l’entrée de l’immeuble. La sonnerie du téléphone d’Alberto retentit. Flora sursaute, regarde derrière elle tandis qu’Alberto décroche en hâte, puis elle hausse les épaules et entre dans l’immeuble.)


Alberto (à voix basse) : Allô ? … Oui. … Ah, salut Juliette ! … Eh ben justement, je suis devant chez elle, là. J’ai suivi Flora qui les avait suivis. Je crois qu’elle est verte ! … Mais non, t’inquiète pas ! Il ne fait pas de connerie, c’est juste pour donner le change.






Acte II, scène 9

Mardi 20, 19 h 05

L’appartement de Johanna

(Roméo, Johanna)



(Johanna, en sous-vêtements, se dirige vers la porte d’entrée et l’ouvre.)



Johanna (naïve) : Ah, tiens ! Salut Flora !

La voix de Flora : Euh… je te dérange, peut-être ?

Johanna : Non, du tout, entre.


(Flora entre en considérant curieusement Johanna en culotte et soutien-gorge, puis a une moue d’agacement en apercevant Roméo, assis dans le canapé.)


Flora : Ça va, Roméo ? C’est pas trop dur, ta rupture ?


(Johanna revient vers le canapé et s’assoit sur les genoux de Roméo qu’elle embrasse passionnément. Roméo hésite un court instant, puis referme ses mains sur les fesses de la jeune femme.)


Flora : Pfff !

Johanna : Tu veux boire quelque chose, Flora ?

Flora : Euh… non, merci. Je voulais juste euh…


(Johanna se frotte à Roméo avec suggestion en le couvrant de baisers, et passe une main entre les cuisses du jeune homme.)


Flora : Raaaaahhh !


(Elle sort, furieuse, en claquant la porte.)


Roméo : Ha ha ha ! Bien joué, Johanna !


(Johanna continue à se frotter à lui et à le caresser.)


Roméo : Euh… c’est bon, là, tu peux arrêter, elle est partie.

Johanna : On ne sait jamais, peut-être qu’elle nous épie par la fenêtre.

Roméo : Ben… on pourrait peut-être juste fermer les stores, dans ce cas, non ?

Johanna : Non, ça paraîtrait suspect.


(Elle s’agenouille devant le canapé entre les jambes de Roméo et le masse fermement entre les cuisses.)


Roméo : Non, Johanna, ce n’était qu’une mise en scène…


(Elle déboutonne le pantalon du jeune homme.)


Roméo : Johanna, je crois que…


(Elle sort le sexe presque tendu de Roméo qu’elle contemple avec envie.)


Johanna : Hmmm ! Tu joues rudement bien la comédie, toi aussi…


(Elle referme ses lèvres sur le gland de Roméo.)






Acte II, scène 10

Mardi 20, 19 h 15

Une rue, devant un immeuble

(Alberto, des passants)



(Alberto, debout dans la rue, se déhanche pour tenter d’observer à travers une des fenêtres de l’immeuble.)



Alberto (sautant) : Non, pas la peine, je vois rien…


(Flora entre, provenant du hall de l’immeuble. Elle s’immobilise en apercevant Alberto sauter une fois encore.)


Alberto (embarrassé en l’apercevant à son tour) : Ahaha… mais tiens ! Qui voilà…

Flora : Que… qu’est-ce que tu fais là ?

Alberto (mal à l’aise) : Euh… je… Mais, et toi ! Qu’est-ce que tu fais là ?

Flora (mal à l’aise) : Euh… je… je venais voir… comment s’appelle-t-elle, déjà… notre collègue, tu sais, la gamine, là… Julianna !

Alberto : Johanna.

Flora : Oui, c’est ça, Johanna. J’avais un truc à lui demander pour le boulot.

Alberto (amusé) : C’est Roméo, le truc à lui demander ?

Flora : Euh… je… que…

Alberto : Te fatigue pas, je sais qu’il est là avec elle. Et je sais que tu l’as mauvaise…

Flora (explosant) : Ah, putain ! Tu peux même pas imaginer ce que ça me fait chier qu’il se réfugie dans les bras de cette petite mijaurée !


(Alberto se retient pour ne pas rire.)


Flora (agacée) : Je suis montée pour en avoir le cœur net, et je les ai trouvés là en train de baiser devant moi ! Je ne comprends pas ce qu’il peut bien lui trouver !

Alberto : Tu veux dire que… ils étaient vraiment en train de… ?

Flora : Comment peut-il rester insensible à mes charmes et succomber à cette misérable petite bécasse inexpérimentée ?

Alberto (à part) : Mais tu es vraiment sûre qu’il la… euh… qu’ils…

Flora : Je sais bien ce que j’ai vu, va…


(Elle s’éloigne en maugréant.)


Alberto : Euh… bonne soirée, Flora !


(Il attend qu’elle sorte.)


Alberto : Bon, d’un côté c’est rigolo, mais d’un autre côté…


(Il prend son téléphone, compose un numéro et attend quelques secondes.)


Alberto (au téléphone) : Salut Juliette, c’est Alberto. … Oui, je suis encore devant chez elle, là. Je viens de voir Flora, elle était franchement dégoûtée, c’était rigolo. … Comment ? … Euh, non, je ne crois pas… enfin, je… euh… … Je… je vais aller vérifier, quand même… … Oui, oui, elle est partie. … Ben, non, il est pas encore sorti. … Oui, je te rappelle. … À tout’ !


(Il raccroche et range son téléphone en s’éloignant vers le hall de l’immeuble.)


Alberto : Pfff, j’aurais jamais dû accepter ça…






Acte II, scène 11

Mardi 20, 19 h 20

L’appartement de Johanna

(Roméo, Johanna)



(Johanna, en culotte, est toujours agenouillée aux pieds de Roméo, assis dans le canapé, et le suce allègrement.)



Roméo (entre deux gémissements) : Hmmm… Johanna, je crois que… Flora ne nous voit plus, là… Hmmmm ! Tu… tu devrais arrêter…


(La jeune femme accélère ses mouvements de va-et-vient autour du sexe gonflé.)


Roméo : Je… Hmmm ! Tu…


(On tambourine à la porte.)


Johanna (retirant ce qu’elle a dans la bouche) : Slrrrrp ! Tu vois… j’ai bien fait de continuer, elle n’était pas encore partie…


(Elle se lève et se dirige vers la porte d’entrée.)


Roméo (se rhabillant en hâte) : Attends, tu ne vas quand même pas ouvrir comme ça !

Johanna : Si, au contraire ! Et toi, ne range surtout pas ton bel engin !

Roméo : Oui, mais je ne sais pas si…


(Johanna ouvre la porte et pousse soudain un hurlement de stupeur en tentant de se cacher le corps. Alberto crie à son tour en apercevant la jeune femme presque nue. Il entre en trombe et vocifère une fois encore en apercevant Roméo ranger péniblement son sexe encore tendu.)


Alberto : Putain, j’hallucine ! Mais qu’est-ce que vous foutez, là !?

Roméo : Euh… je…

Johanna : Je… euh…

Roméo (se reprenant) : Mais, eh ! Qu’est-ce que ça peut te foutre, d’abord ?! On peut quand même baiser tranquilles, non ?

Alberto : Je croyais que c’était juste un rôle de composition pour faire chier Flora…

Roméo (étonné qu’il soit au courant) : Quoi ? Comment ça ?

Alberto : En tout cas, je ne sais pas si ça va amuser Juliette et Eloïse…

Roméo (embarrassé) : Hein ? Mais…

Alberto : Je ne devrais pas te le dire, mais elles m’ont chargé de te surveiller ! Et tu vois, elles avaient raison !

Johanna : Euh, elles ne sont peut-être pas obligées de…

Roméo : Oui, ce n’est peut-être pas nécessaire de…

Johanna : D’autant que ce n’est qu’un accident…

Roméo : Oui, nous jouions un rôle, c’est tout…

Johanna : C’était juste parce qu’on pensait que c’était Flora…

Alberto (amusé) : Oui, j’imagine que tu te forçais à bander, Roméo…


(Il regarde intensément Roméo, puis Johanna, puis à nouveau Roméo.)


Johanna : Tu ne vas rien leur dire, hein ?

Alberto (souriant avec dépravation) : Hmmm… je crois que ça va dépendre de vous…


(Il baisse soudain son pantalon, dévoilant son sexe légèrement gonflé.)


Alberto : Tu sais que je t’ai toujours trouvé très séduisant, Roméo ?

Roméo (dépité) : Oh, merde !

Johanna (soupirant discrètement de soulagement) : Ouf…






Acte II, scène 12

Mardi 20, 19 h 35

L’appartement de Juliette et Roméo

(Juliette, Eloïse)



(Les deux jeunes femmes sont assises l’une contre l’autre dans le canapé et regardent nonchalamment la télévision.)



Juliette (observant une pendule) : Je sais pas ce qu’ils foutent ! Je crois que je vais rappeler Alberto.

Eloïse : Mais t’en fais pas, ils doivent juste boire l’apéro ou un truc du genre.

Juliette : Je sais pas, j’ai un drôle de pressentiment.


(La sonnette de l’appartement retentit. Les deux jeunes femmes se regardent, étonnées. Juliette se lève et va ouvrir.)


La voix de Flora : Salut.

Juliette (d’une voix très froide) : Bonsoir.

Eloïse (à part, soupirant) : Décidément… ça devient une manie, de venir nous faire chier…

La voix de Flora : Je peux entrer ?

Juliette : Qu’est-ce que tu veux ?

La voix de Flora (sincère) : Vous présenter mes excuses.


(Juliette, étonnée, s’efface pour laisser entrer Flora. Eloïse, surprise, se lève pour lui faire face.)


Flora : Salut, Eloïse.


(Juliette referme la porte et revient vers le canapé.)


Eloïse : Euh… salut…

Flora : Je suis désolée, pour hier. Je dois vous avouer que j’ai vraiment cru que vous essayiez encore de vous payer ma tête.


(Un silence. Juliette et Eloïse l’observent sans comprendre.)


Flora : J’ai pensé que vous étiez toujours avec Roméo et que vous aviez monté un bobard pour… euh… pour me faire croire que… que…


(Un silence.)


Flora : Enfin, n’importe ! Je me suis trompée. Et je vous présente mes excuses.


(Un silence. Juliette et Eloïse se regardent, étonnées.)


Juliette : Euh… c’est… c’est gentil, mais… mais… euh… qu’est-ce qui… qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

Flora : Je l’ai suivi ! Je les ai suivis, comme je n’y croyais pas ! Comme je me refusais à croire qu’il avait pu… enfin que… Enfin, n’importe ! Je les ai suivis, jusque chez elle ! Jusque chez cette petite peste !


(Un silence. Flora a le regard dans le vague. Juliette et Eloïse sont pendues à ses lèvres.)


Flora : Et là, je les ai trouvés en train de baiser !


(Juliette se fige brusquement dans un mouvement crispé ; Eloïse soupire en levant les yeux. Flora semble perdue dans ses pensées.)


Juliette (verdissant) : Je… euh… je vais m’asseoir…

Flora (relevant la tête) : Ça ne va pas ?

Eloïse (pour donner le change) : C’est que… la rupture est encore fraîche, et…

Flora (compatissante) : Oui, je… je suis désolée, je n’aurais pas dû vous en parler. Mais… mais, voilà, je suis… je suis désolée.


(Elle s’éloigne et sort de l’appartement. Juliette pleurniche en se crispant par spasmes. Eloïse s’assoit à côté d’elle et la prend dans ses bras.)




(À suivre…)