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Temps de lecture estimé : 24 mn
22/10/12
corrigé 11/06/21
Résumé:  Paul, divorcé puis veuf, mène une vie dissolue puis découvre l'amour.
Critères:  fh extracon hotel collection intermast cunnilingu pénétratio fdanus nostalgie -consoler -extraconj
Auteur : Bleuet

Série : Le Stage -

Chapitre 03 / 03
Soif d'amour

Résumé des épisodes précédents :

Sabine a séduit René, son voisin et collègue de travail, mari de Julie et père du bébé Margaux. Par hasard, Jacques, le mari les surprend. Le DRH, avec lequel Sabine pratique la promotion canapé, veut envoyer les deux collègues en stage. Le mari apprend de Judith, épouse du DRH l’inconduite de Sabine. Le double cocu décide de se séparer de l’infidèle. René hésitait à aller en stage : le mari l’oblige à rester l’amant de Sabine. Il accumule ainsi les preuves qui faciliteront son divorce. Tenté par Julie, qui n’obtient de son mari, épuisé par Sabine, que peu d‘amour, Jacques, l’infortuné cocu, résiste, mais se rapproche de Judith, la femme bafouée du DRH, en instance de divorce. Ils auront le même avocat : Georges. Hélas Judith épouse Georges, avocat gay. Sabine relance son ex-mari et trompe avec lui Sébastien qu’elle compte épouser. Judith quitte Georges et s’installe chez Jacques : ils projettent de vivre ensemble et deviennent enfin amants.








Luc, l’amant caché mais très jaloux de Georges, a facilité le divorce de l’avocat et de Judith. Dès le jugement nous pourrons convoler. En attendant, nous sommes amants. Judith a insisté pour que j’accepte par testament devant notaire d’hériter de tous ses biens. Ma situation professionnelle me met à l’aise, je ne voyais pas l’utilité de ce testament avant un contrat de mariage. Elle a tenu absolument à me donner ce gage d’amour. Pourtant depuis que nous avons emménagé ensemble, des gages d’amour, elle m’en a donnés au lit. Une créature aussi frêle, aussi délicate physiquement et moralement a complètement renversé mon a priori sur les relations amoureuses.


Sabine m’avait habitué à des turbulences, à des excès, à des nuits agitées. Son tempérament, surtout dans les premières années, m’avait appris à devenir ardent et endurant. Depuis notre divorce, elle m’était revenue pour quelques parties de jambes en l’air d’anthologie, malgré son remariage avec Sébastien.


Quand Sébastien était défaillant ou quand elle avait le blues, elle débarquait, me flattait, me disait que j’étais unique et exigeait de rafraîchir ses souvenirs. C’était « un coup » comme disent les buveurs de comptoir. Sa fougue amoureuse m’avait consolé de la défection de Judith. Divorcé, je n’avais plus de raisons de me montrer jaloux : tout ce qu’elle m’offrait désormais était don gratuit, sans obligation. J’étais célibataire et amant, c’était une situation plus enviable que marié et cocu.


Pendant ce court intermède et les trois ou quatre premiers mois de sa grossesse, nous nous sommes conduits, lors de nos rencontres, comme des jeunes mariés. Sabine avait des coquetteries de pucelle, jouait à la prude, refusait de montrer son minou, faisait la scandalisée quand j’envoyais une main dans son entrejambe en feu, poussait des cris d’orfraie si j’introduisais un doigt, criait au viol lorsque ma verge franchissait ses lèvres gonflées d’envie puis s’accrochait à mes épaules, soulevait son ventre en feu et me clouait sur son corps en m’emprisonnant entre ses jambes et ses bras tremblants de plaisir, crispés par l’orgasme ravageur.


Judith mit définitivement fin à ces séances mémorables avec Sabine en venant habiter chez moi. Et je n’eus rien à regretter, au contraire. Je savais qu’elle serait une compagne sincère, fidèle, un soutien indéfectible. Je découvris avec bonheur que cette petite femme était habitée par le démon de l’amour. Dès le premier coït, elle m’imposa l’image d’une amante résolue, sans tabous, prête à me rassasier. Comme elle sortait d’une difficile cohabitation avec son mari gay, elle montra une fringale de tendresse touchante, un besoin de sexe émouvant et presque éprouvant. Cupidon lui avait décoché une nouvelle flèche et je devins le seul homme capable de soigner toutes les blessures de son passé. Nous nous aimions et tout naturellement nous faisions l’amour.


C’était simple, sans retenue, naturel. Le plus souvent elle menait le jeu, recherchait les occasions de se livrer à des fantaisies folles. Tantôt il fallait gravir le grand escalier de sa maison, elle à quatre pattes devant, moi obligé de me contorsionner derrière elle, accouplé, verge glissant dans son vagin trempé. Si je lâchais prise il fallait retourner à la case départ. Tantôt il fallait descendre le même escalier, moi sur les fesses et elle empalée sur ma hampe et riant des déséquilibres risqués. Tout était jeu, plaisir, redécouverte ou invention. Elle adorait enserrer mon cou de ses deux bras, venir coincer mes hanches entre ses cuisses et se laisser glisser sur mon vit pointé vers sa vulve : pendant l’intromission elle dévorait ma bouche, ensuite je devais lui faire revisiter la maison dans cette position.


D’autres fois ses cuisses imposaient à ma bouche le sillon de son sexe à réjouir pendant que tête en bas elle se gavait de ma verge d’homo erectus : je devais déambuler d’un miroir à l’autre. Après il fallait essuyer les traces de cyprine mélangée au sperme que nous avions répandues sur le parquet ciré ou sur les tapis. Certaines nuits je me réveillais, sucette grossissante dans sa bouche, puis elle se frottait à moi comme une chatte et venait se poser sur moi, rivet avalé par son sexe gourmand et elle s’endormait ainsi.


Sur son lieu de travail, qui aurait deviné le volcan qui couvait dans cette digne responsable ? En société c’était une délicieuse et flatteuse présence pleine de dignité à mon bras. Mais à la maison, c’était une bombe incendiaire ou une câline adorable. Au retour de notre voyage de noces, pour son travail, elle fit un déplacement professionnel vers Paris. Sa voiture glissa sur une plaque de verglas. Je fus appelé pour reconnaître le corps déchiqueté. Je vous épargne l’étalage de ma douleur, l’impression de vide, le sentiment d’injustice.


Une fois de plus je noyai mon chagrin dans le travail. Les misères de ma vie privée nourrissaient les succès de l’entreprise que je dirigeais. Lors de mon divorce discret, certaines langues bienveillantes avaient laissé entendre que Sabine avait eu raison de me quitter si je ne la satisfaisais pas au lit. Au cours de nos ébats adultères d’après jugement, Sabine m’avait rapporté en riant ces propos d’une certaine Françoise, commerçante bien connue qui tenait une maroquinerie.



Elle finissait toujours par exprimer des regrets tardifs. Et je me sentais obligé de voler sexuellement au secours du brave Sébastien, en calmant les prurits de mon ex. Au lit j’apportais à Sabine le complément de frissons et de sperme nécessaires à son bon équilibre, avec la satisfaction de n’avoir plus de contrainte. Elle avait fait retirer son stérilet et n’aurait plus osé exiger un préservatif.


Trop tard hélas.


Au décès de ma regrettée Judith, les mêmes gentillesses avaient fleuri.



Sabine était venue me rapporter ces rumeurs au garage et prétendait avoir révélé que notre divorce n’était pas le résultat de cette prétendue impuissance. Loin de là, avait-elle expliqué, j’étais son meilleur coup. Cette publicité gratuite eut un résultat incroyable.



Le vendeur vexé me transmet le message. Je jette un œil. Françoise, la langue de vipère, la colporteuse de ragots.



Elle commence son essai. De belle voiture, elle passe à directeur séduisant, bel homme, apprécié dans la profession et par les commerçants de la ville, promis à un bel avenir, auquel le syndicat dont elle est vice-présidente offrirait un poste de choix. Mais il faudrait un entretien. Je suis disponible pour l’entendre. Nous pourrions dîner ensemble. Son mari supporter du club de foot de la ville rentrera très tard cette nuit d’une réunion arrosée à la bière, la flamberge en déroute.


Rendez-vous est pris dans un hôtel restaurant de renom, statut social oblige. Pendant le repas le malheureux Arthur, son mari, est décrit comme un velléitaire sans envergure. Il l’a déçue et sans la poigne de sa femme il aurait bu le bouillon. Elle ne sait pas si elle va le supporter longtemps encore. L’apéritif, la bonne chère et le bon vin aidant, ses confidences tournent à une sorte d’appel au secours : il lui faudrait un homme comme moi pour redresser son commerce et pour la rendre heureuse. Je suis seul et s’il s’agit de lui donner du bonheur, je veux bien louer une chambre. Après la table, elle va pouvoir vérifier ce que je vaux au lit.


Ce paragraphe résume plus d’une heure de minauderies, de sous-entendus, de suggestions subtiles qui aboutissent à l’étage. Celle-là, j’ai décidé de me la payer et de lui faire ravaler ses moqueries sur mon manque d’appétit sexuel, cause de mon divorce. Galant, j’aide au déshabillage de cette chère, très chère Françoise. Ses dessous de marque ont-ils été choisis pour m’éblouir au cas où elle me mettrait le grappin dessus ? Ce n’est pas impossible, elle parade en soutien-gorge pigeonnant et en string débordé par des bourrelets affirmés. J’avais de l’acné, je m’intéresse à ses vergetures sur le ventre, les seins et les cuisses, je regarde avec insistance, je ne dis rien. Je sais, c’est bas. Je plaide les circonstances atténuantes. Il y a quinze ans, s’était-elle gênée pour pointer mon acné ?



Effectivement, c‘est trop visible. Je n’ai pas la cruauté de parler des traces physiques, des bourrelets disgracieux et autres peaux d’orange. Je caresse le corps offert, mains sur les hanches. J’apprécie la masse des seins lourds mais fermes, je dépose gentiment un baiser sur chaque aréole, ma langue gifle les tétons épais, mes lèvres les font gonfler. Mes mains redescendent sur les flancs, franchissent les hanches, saisissent la ficelle du string, le font descendre, lentement. Elle ne proteste pas, consent, curieuse de voir mes réactions. Le pubis se dégage, le string délaisse la fente où il se réfugiait et tombe. Je m’agenouille pour libérer les pieds. Devant moi pas un poil, juste des points noirs témoins du rasage. C’est un retour à l’enfance, à la période pré-pubère. Le bassin s’est élargi, présente une plage large, propre à un accueil confortable et dans le V du sexe, entre les cuisses lourdes, un I au corps irrégulier fuit de la proéminence du clitoris vers le sillon des fesses.


J’envoie mes deux mains par l’extérieur accrocher l’arrière des deux colonnes et, sans permission, je vais embrasser le haut de la fente. Mon mouvement a surpris la femme en attente. Son pied droit a reculé, a élargi l’accès au sexe, ma langue et mes lèvres ont suivi à la conquête de la vulve au parfum aigrelet et agréable.



J’insiste, elle cède le passage. Je lèche, je laisse courir ma langue, la pointe s’immisce entre les grandes lèvres. Elles accumulent du sang, gonflent, laissent apparaître les petites lèvres collées. L’attaque fait reculer Françoise, ses cuisses écrasent mes doigts contre le matelas, elle part en arrière, des deux mains amortit sa chute sur le lit. Je suis, en ventouse, sur la fente qui s’ouvre comme une grenade mûre. Elle est femme qui se donne, je suis prédateur. Cette cramouille grasse et baveuse m’enivre, je la dévore et je lape les premiers jets de cyprine qui viennent lubrifier la porte accueillante. J’avais renoncé à l’attendre, elle s’offre.



C’est un démarrage au quart de tour. Les genoux s’élèvent, les pieds battent l’air, le ventre est agité de sursauts, les mains battent la couverture. Que de misère, que d’envie, que de besoin d’amour derrière le fard des visages les plus fiers ! Elle est à la fête, se livre à ma langue fouineuse, les petites lèvres s’ouvrent sur le puits mystérieux du vagin si inaccessible autrefois quand nous étions jeunes et abandonné en toute confiance aujourd’hui :



C’est une déclaration d’amour en camaïeu, avec toutes les nuances du mot aime qui s’appliquent à la chose, à l’acte, à son résultat le plaisir et à celui qui le donne. J’y suis, cela réussit, j’y reste. J’apporte mes doigts pour étaler les chairs roses du sexe, pour titiller gaîment le clitoris épanoui, pour creuser le conduit et pour y débusquer les points sensibles. Je les trouve : Françoise se démène, se secoue, fait des bonds, rit que c’est bon, pleure qu’elle en veut encore, avoue que ça fait une éternité…


Elle m’attendait : je suis là, elle est à moi. Le plaisir fort la fait divaguer, ses divagations me poussent à accentuer les mouvements de mes doigts dans sa fleur et de la fleur je vais du bout de l’auriculaire inquiéter la rose dans son renfoncement, au milieu du rempart des fesses pointues. Car la largeur du bas du dos bien nourri se termine par deux fesses attendrissantes en pointe, presque maigriottes.



Nous sommes allongés l’un contre l’autre. Si elle avait voulu jadis, nous aurions vécu ensemble. Elle avait été la première à émouvoir l’adolescent gauche. Dans le fond, elle est encore bien conservée, consommable. Autrefois et aujourd’hui se confondent, je la regarde. Dans ses yeux se mêlent joie et surprise, plaisir d’être là et désir de connaître l’avenir. Je me penche sur sa bouche, elle s’offre au baiser. Jeune j’en rêvais, mon rêve s’accomplit à retardement. Le désir de vengeance s’est évanoui. Une femme me veut, je la veux. Je l’ai aimée d’un amour naïf de jeunesse. Je lui donne mon amour d’adulte. Comme elle, j’oublie le mari amateur de foot, de bière et de jeunettes. Nous sommes ensemble pour faire l’amour. J’ai réveillé ses sens endormis, la belle au bois dormant s’intéresse au bois durci en bas de mon ventre. Elle se met en mouvement, saisit la branche verte encore, et raide, la presse dans ses mains actives. Nos lèvres continuent le travail de sape, cherchent à soumettre la bouche, s’attrapent, se lâchent, deux contre une, deux contre deux, salive abondante en renfort.


À mon tour de paresser sous les caresses. Françoise se meut, s’inverse, embouche mon gland décalotté, lui dit des mots doux, l’enrobe de salive et l’enfonce jusqu’au fond de sa gorge. Arthur la néglige-t-il ? Peut-être, puisqu’elle le dit. Mais tailler une pipe ne s’oublie pas, elle en fait la brillante démonstration dans ce va-et-vient interminable de ses lèvres sur le braquemart réjoui par cette résurrection de la chair. Parfois sa bouche se retire et sa langue tournoie autour du pivot de la joie, agace les bourses, les prête à la bouche gloutonne qui apprécie le volume de chaque couille en fête. Mes sens n’ont pas oublié. Le deuil, la solitude ont laissé intactes les sources du plaisir.


Au-dessus mes yeux, elle étale tout le bas de son corps. Je l’aplatis sur ma figure et je repars en exploration linguale dans les plis humides. Quand mon index se fraie un chemin dans le petit rond de sa rose, elle hésite sur ma queue mais repart sans protester dans la succion de mon pieu. Le geste ne la révolte pas. Je ne suis pas le premier audacieux à forcer le passage étroit du bout du doigt, d’une phalange, d’une deuxième, de la troisième ! Ça chatouille, ça entre, ça s’enfonce, ça doit être bon, le doigt doit bouger, le doigt tourne en vrille, le doigt fore fort, le doigt immobile comme l’axe imaginaire de ce corps vaincu, montré du doigt, le doigt admis qu’elle veut garder dans son cul en folie.


Elle tourne la tête, m’interroge des yeux. J’acquiesce à sa façon. L’heure est venue. Je ne veux pas faire cadeau de ma poudre aux oiseaux. L’acte sera complet. Françoise m’attend. Ses jambes dessinent un grand M majuscule. Sa vulve a pris du volume, un liquide huileux transparent baigne les abords du vagin, le clitoris joue à cache-cache dans l’attente des frottements suivants.



L’ordre est clair. Je suis obéissant. J’aime me soumettre dans ces cas-là ! J’empoigne mon désir brandi, je le pointe sur la cible épanouie, je franchis le seuil et je plonge dans le conduit profond, d’un trait. La bouche, les yeux de Françoise se sont ouverts tout grands, elle a émis un râle de surprise et s’est refermée en serrant la tige qui l’a envahie. Ses pieds sont venus frapper mes reins, ses cuisses ont pris mes hanches en tenaille.


Cette fois il y a un cocu de plus sur cette terre. Arthur n’aura pas besoin de le savoir. Quinze ans, je n’attendais plus et pourtant je suis planté dans ce ventre immobile qui savoure la présence de mon pénis à l’arrêt, à l’affût du prochain tressaillement de la matrice enveloppante. Et alors je partirai à l’assaut, je vais la besogner, la fourrer, la bourrer, la bousculer, lui faire regretter les années de retard, la foutre, noyer son ventre, inonder ses entrailles, lui mettre le feu, lui montrer que je ne suis pas impuissant, que j’en ai deux et que je sais m’en servir. Il faudra qu’elle implore, qu’elle crie pitié. Je veux entendre enfin l’aveu de sa reddition, je veux qu’elle répète sans fin les « Je t’aime », les « Je t’aimerai toujours ». Elle est la femme de trente ans dans sa plénitude et s’il reste un coin à remplir, je m’en charge.


Mais de son côté elle veut me montrer ses dons et m’accorder le don complet. Comme deux compétiteurs nous « allons tout donner ». Dans mon ventre les humeurs grouillent, la sève entre lentement en ébullition, mes nerfs se tendent, s’agacent, font mal. Je bouge, je sors ou presque et j’y retourne, c’est trop bon, j’y prends goût. J’entame la valse lente du mâle dans la femelle réceptive, je monte et je descends, me lève et m’abats, fuis et reviens, et encore et sans fin, toujours prisonnier des membres infatigables et du désir d’orgasme de la femme, esclave de mon instinct et de mes pulsions.


Françoise est en joie, elle le chante sous moi, elle le murmure à mon oreille. Je fonds d’amour en elle, je remue, je harcèle, c’est long, c’est bon, c’est lent ou ça court. Nous sommes liés, collés sexe dans sexe, inséparables. Ça y est :








Formidable ! Françoise, toujours prête au déduit, est vite devenue envahissante. Une oasis dans le désert est la bienvenue lorsqu‘on a soif. Une longue enfilade d’oasis n’a plus le même charme. Françoise aussi souvent, matin ou soir, la situation me semble de moins en moins intéressante. Les retrouvailles avaient été émouvantes, avaient remué les souvenirs de jeunesse, j’avais oublié les déceptions, j’avais accepté de coucher avec une femme adultère après avoir maudit l’infidélité de ma première femme. Je vivais dans une sorte de désert sentimental et pour étancher ma soif, à l’apparition de Françoise, je m’étais montré moins regardant sur mes principes. Mais au lieu d’une maîtresse mariée, au lieu d’une femme partagée avec un mari, j’aurais préféré rencontrer une femme libre. Faute de grives on mange des merles. Françoise est là, je prends ce qui vient, mais l’enthousiasme du début ne résiste pas au désir de trouver une situation plus sereine.


Son commerce respectant le repos du lundi, Françoise se présente à ma porte dès le lundi matin, croissants en main pour le petit déjeuner, avec l’espoir d’obtenir une passe rapide avant de recevoir chez elle un grossiste. Pour ne pas me retarder elle arrive sans impedimenta, comprenez sans bagage inutile qui retarderait le déshabillage. La petite culotte est dans ce sac à main plein de surprises, le sien, qui sert pour les démonstrations à ses clientes de la bourgeoisie locale :



En veine de confidences ma maîtresse me cite une liste de coquines de la ville et des environs, toutes grandes utilisatrices de ce type de sac à main et de ses accessoires. Certains de ces accessoires sont mis en rayon dans son arrière-boutique à l’abri des regards de ses clients mineurs. Je ne suis pas au bout de mes surprises. Les parangons de vertu y côtoient les plus délurées. Les maris à cornes seraient légion, je me sens moins seul. Maigre consolation d’avoir fait partie d’un tel troupeau par la grâce de Sabine.



Donc Françoise arrive cul nu sous sa jupe ou sa robe, elle trouve toujours un objet à ramasser, qu’il traîne ou qu’elle le fasse tomber, et s’abaisse, jambes droites et écartées, tissu tendu sur la croupe et remonté, orientée de manière à me montrer que son divertissoire est propret, bien intentionné, en attente d’un câlin et réclame sa dose de sperme énergisant. La vue de son fessier me trouble, la fente exposée attise la tentation irrésistible d’y porter un doigt : un doigt sur la rose ou un dans la foufoune ? À cinq doigts par main j’ai vite réglé le débat et sous la caresse multiple Françoise s’ouvre pour se livrer à toutes les formes d’explorations, elle s’ébroue, s’offre en gloussant de satisfaction.


Invariablement nous nous retrouvons sur le canapé du salon, je fouine du museau dans son losange de chairs rose clair suintant déjà de sécrétions enivrantes et toutes voiles dehors je pousse mon dard en forme de figure de proue dans le port accueillant de son con généreux, j’envahis son adorable chatière et y baguenaude en touriste émerveillé. Cocu, divorcé, veuf et de nouveau célibataire, devenu cynique dans l’épreuve, je reçois avec joie ces plaisirs accordés par une femme mariée insatisfaite.


L’adultère est devenu mon pain habituel, je fornique, tu forniques, nous forniquons avec bonheur. Sur la table, seins écrasés, Françoise attend avec impatience le toucher de la tête de nœud sur sa minette, tortille les fesses pour sentir l’assaut sauvage et rit de bonheur en sentant coulisser la queue dans son trou. Pour m’encourager elle pousse des cris sauvages et me prie de la violer.


Quand j’arrive au travail vers 9 heures, les bourses soulagées, service rendu à la femme callipyge, je suis d’excellente humeur. Comme son mari est engagé dans le monde sportif, chacune de ses réunions vespérales donne lieu à une union extra-conjugale à mon domicile. Arthur n’est pas aussi sportif en chambre qu’en assemblée. Ainsi lorsqu’il s’installe à la buvette, je pénètre dans sa salle des fêtes de Françoise. Elle adore l’étude des positions du kamasoutra, m’apporte des dessins et nous imitons les acteurs. Elle fait preuve d’une souplesse exceptionnelle et d’une endurance rare, semble aimer les stimulations érotiques et se livre à des acrobaties récompensées par l’émission de mon liquide séminal. Je commence à la féliciter pour les efforts qui aboutissent à une nette amélioration de ses lignes.



C’est touchant de se savoir aimé à ce point. Son mari encadre-t-il une équipe en déplacement : c’est une nuit d’amour complète faite de jeux, de cabrioles pleines de fantaisies, d’amusements renouvelés où nous nous épuisons dans une traque folle de la jouissance. Les feux de l’amour sont rallumés, la passion nous dévore. Et pourtant il me reste en bouche une sensation d’inachevé. J’ai une belle maîtresse, nous nous emboîtons avec précision, nos accouplements sont merveilleux. Que demander de plus ?


Aujourd’hui, elle arrive toute excitée :



Son malheureux deuxième mari a été abasourdi, comme assommé de les voir gigoter comme deux chimpanzés en rut dans les draps en désordre. Dans sa chambre le bébé hurlait dans son petit lit mais la mère s’envoyait joyeusement en l’air, assourdie par l’explosion de son orgasme. Comme aveuglée par la volupté, elle avait continué à subir la saillie de son amant devant son conjoint cloué de stupéfaction sur le seuil de sa chambre. René la défonçait, torse en sueur collé aux deux seins enfin chirurgicalement remodelés. Seules ses fesses en mouvements rapides s’élevaient afin de frapper à chaque retombée le pubis tendu pour recevoir le choc de l’homme contre son corps en folie ; les jambes de la femme frappaient l’air, ses pieds cherchaient un appui sur le dos presque immobile dans sa partie supérieure. René avait passé ses deux mains sous les épaules de Sabine, s’accrochait solidement pour mieux pénétrer en bas la moule décorée d’un halo de sperme d’une précédente éjaculation.


Quand enfin le voisin épuisé avait retiré son goupillon du bénitier débordant de sperme et s’était couché sur le dos pour récupérer, il avait reconnu le cocu rouge de colère dans l’encadrement de la porte. Sabine savourait son orgasme, les yeux clos, cuisses ouvertes et tremblantes après l’effort, et son index tournait sur le clitoris abreuvé de sécrétions intimes pour lui arracher un dernier frisson. Le minou bâillait encore, ses bords roses, irrités par les frottements des sexes, se contractaient autour d’un œil noir taché d’une grosse larme de foutre. Le hurlement de douleur et de fureur de son mari la surprit dans cet état bienheureux d’après l’amour et la colla au drap humide de transpiration, interdite de stupeur, foudroyée, incapable de bouger ou d’émettre un son.


Selon la rumeur les cris de Sébastien avaient ameuté le quartier et les voisins avaient vu René fuir en tenue d’Adam vers sa maison toute proche poursuivi par un homme rendu méconnaissable par la colère. Sébastien avait la réputation d’un brave type placide. Le voisinage avait craint pour la vie de l’intrus débusqué. Le plus cocasse était la course des deux protagonistes autour de la maison aux portes fermées. L’un déguerpissait avec une main en guise de feuille de vigne sur ses attributs recroquevillés et l’autre tentait de l’attraper en gesticulant et en proférant des menaces de mort. Alertée par les vociférations du poursuivant, Julie apparut sur son balcon, vit passer son mari tout nu puis l’enragé lancé à ses trousses, constata la présence des voisins et voisines hilares et se retira.


De guerre lasse, Sébastien retrouva son calme et rentra chez lui. René se réfugia dans sa haie. Enfin Julie lui balança une valise qui s’éventra en touchant terre et quelques vêtements lancés à la volée pour cacher sa nudité. Devant les témoins amusés l’infidèle n’insista pas pour rentrer et partit, la queue entre les jambes selon les plus observateurs. Une heure plus tard, Sébastien jeta sa valise dans sa voiture et démarra sans tenir compte des supplications éplorées de la femme qui ambitionnait de passer pour une épouse modèle.


L’histoire est un éternel recommencement. Françoise se tord de rire pendant son récit. Elle s’aperçoit un peu tard du trouble qui m’envahit. Le pauvre Sébastien a réagi plus dignement que moi jadis, il a trouvé immédiatement la réplique qui s’imposait. Sans doute aimait-il Sabine autant que je l’avais aimée, mais il a su mettre fin dans l’heure à la comédie amoureuse de la nymphomane. Et si Arthur, l’époux de Françoise, l’éternel absent, cachait sous son air débonnaire une rage comparable, n’aurais-je pas un jour intérêt à courir très vite pour fuir sa colère ? J’en évoque l’éventualité, Françoise réalise tout à coup la similitude des situations, mesure subitement l’étendue du possible désastre. Elle était arrivée toute gaie pour baiser : Notre coït se déroule poussivement, manque d’élan ; elle jure qu’elle m’aime, cherche à s’en persuader, veut obtenir une promesse de mariage pour le cas où son époux la chasserait.


Si mon statut actuel d’amant me convient faute de mieux, pourquoi me marier et qui plus est avec une femme peu respectueuse de ses engagements ? Je ne veux pas être un second Arthur. J’ai assez donné ! Elle sent mes réticences, m’accuse d’égoïsme, pleure de me voir aussi peu décidé alors qu’elle s’est donnée sans calcul. Pendant que sur le bidet elle nettoie à grande eau son zigouigoui requinqué par ma dernière salve, elle menace de mettre fin à notre liaison et s’en va, toilette intime terminée, sans un regard pour l’ingrat.


La visite de Sabine ne tarde pas.



Je ris ! La marmite se fiche du chaudron, elle ose juger son complice récidiviste.



Elle rit, ne m’en veut pas ; je dois être blessé d’avoir été rejeté par Françoise pour insuffisance :



Tout y est, même l’appel à la fibre paternelle. C’est une maladresse d’essayer de me prendre par les sentiments. J’aspire à une vie calme, je ne veux plus m’inquiéter de son infidélité, soupçonner, surveiller, préparer une nouvelle séparation. Cela m’a fait horreur dans le passé. Je me suis senti sale quand j’ai préparé le divorce, je ne vais pas recommencer.


La contre-publicité de Françoise auprès de ses clientes n’a pas l’effet escompté. Au contraire, des dames mariées de bonne renommée ont fait monter mon chiffre d’affaires en achetant des voitures afin de pouvoir flirter avec moi. Je n’ai pas toujours voulu comprendre leurs avances ; œillades ou cuisses dénudées m’ont laissé apparemment de marbre. Les plus attrayantes ont obtenu quelques rendez-vous très chauds sans lendemains, histoire de rétablir ma réputation.


Hélas, je réussis trop bien dans cette réhabilitation. Je suis victime de l’effet boule de neige. Pour préserver leurs chances certaines ont conclu l’achat d’une auto comme on prend une assurance. Devant une poitrine provocante, sous l’effet d’un parfum envoûtant, je connais parfois des tentations très fortes : je pourrais tirer un coup avec une honorable mère de famille, visiter la chagatte d‘une blonde, saluer et remplir le trou disponible d‘une fausse rousse aux hanches larges, voler de minette brûlante en moule baveuse et, je dois l’avouer, il m’arrive de succomber. Heureusement la vue d’un sac à main acheté chez Françoise me met en garde contre ces bourgeoises jamais heureuses, en quête perpétuelle de changement, munies de leur nécessaire de toilette pour effacer les traces de sperme et les remugles de sueur. Elles aimeraient goûter au fruit défendu, se faire prendre, confirmer ou infirmer les propos de la femme d’Arthur, m’accrocher à leur tableau de chasse et m’ajouter à leur collection d’amants. Je me réserve le tri.


De la déclaration claire et précise aux gestes osés les plus effrontés, des parties de peau dévoilées aux mains égarées sur mon pantalon, je dois à Françoise une expérience étrange, la sensation bizarre d’être l’objet d’un pari. C’est flatteur en un sens de se sentir désiré, mais c’est aussi la source d’une détestable misogynie. Toutes ces femelles m’énervent à force d’indécence. Si ça continue, je vais craquer et me les faire l’une après l’autre sans distinction. Belles ou moches, je ne choisirai plus. Et tant pis pour les maris négligents. C’est une question d’organisation. J’ai une belle maison, mon métier justifie des rencontres pour l’étude des budgets : cela peut se faire au lit. Mon imagination débloque : À la suivante de ces dames !



Elles me rendent fou ces nanas inassouvies en quête de changement. J’en divague quand j’y pense. Je sais me tenir, je ne maîtrise pas mes fantasmes.


Et puis est apparue celle que je n’attendais plus. Trop de plaisir n’est plus du plaisir, trop de femmes libidineuses dévaluent le sentiment d’amour. J’en ai marre de faire trempette, marre de sucer des abricots parfois trop mûrs ou de céder à des timides maladroites ou à des dévergondées prétentieuses, marre de faire des efforts pour révéler des frigides désespérées… Un soir, je suis seul à la maison. On sonne, j’ouvre : Elle est là, me regarde, l’air sombre. Margaux sa fillette se cache dans la gabardine de sa maman. Elle veut savoir pourquoi je n’ai rien dit à l’époque, pourquoi j’ai laissé ma femme dévoyer René, son mari, pourquoi je ne lui ai pas exposé la vraie raison de mon divorce, pourquoi je lui ai demandé de patienter jusqu’au retour de René cette fois où elle me déclarait son amour. J’ai droit au récit de la faillite de leur union, à la lente descente en enfer, accélérée par une fausse couche et elle raconte en pleurant la dernière trahison de son mari surpris dans le lit de cette truie de Sabine.


Elle répète avec haine, La Truie ! C’est une salo… une briseuse de ménage, une peste, une méchante langue, incapable de faire le bien, acharnée à détruire lamentablement, faux-cul, abonnée aux coups bas, une vieille peau obsédée de sexe, incapable d’amour.


Je la fais asseoir, tente de trouver des paroles de consolation, tiens sa main pour la calmer. Elle se redresse et spontanément se jette à mon cou, m’embrasse avec tendresse. L’enfant s’endort sur le canapé du salon, nous la couchons dans une chambre. Le baiser reprend. Je ne me défends plus. Cette femme que j’ai voulu respecter, mon ancienne voisine, la jolie femme de cet imbécile de René, si jeune encore, vient se donner à moi. Ce n’est pas un caprice, une passade. J’ai fait un tour complet de la gent féminine, mais cette fois je peux lui rendre son baiser sans remords : nous sommes libres tous deux, les infidèles se sont perdus, un coup de foudre nous unit. Au fond de moi, je l’avais convoitée, un peu pour me venger. Mais cette fois je le sais, c’est elle que j’aime, Julie si heureuse d‘être acceptée, Julie qui veut bien de moi. Nous serons heureux. Vite au lit.


Rideau ! C’est trop beau pour être étalé.