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Temps de lecture estimé : 24 mn
22/08/12
Résumé:  J'ai connu Carole W. lors d'un bref épisode de ma vie, mais il m'a marqué pour toujours.
Critères:  fh cunnilingu pénétratio confession
Auteur : Zahi  (Informaticien qui veut devenir écrivain)      
Carole W.

Sous la terne lumière de ma lampe économique, voici à quoi ressemble mon salon : un parquet de chêne décati et du papier peint qui commence à se décoller par endroits, dans un ton vert olive. Autre curiosité préhistorique : mon long canapé trois places en cuir vert bouteille sans pieds, sillonné de profondes rides, et même déchiré en trois endroits (des ouvertures de deux à trois centimètres dans des constellations de plis). Lui font face, comme dans une sorte d’affrontement, deux fauteuils Louis XV aux tons bordeaux et doré, en complète désharmonie. Entre eux, une table basse : des pieds en acajou et un plateau en verre parsemés de magazines et quelques livres de poche, à peine aperçoit-on dans le tas la télécommande blanche de la télé Thomson, réfugiée dans le coin d’un petit meuble aux pieds bas. Image basse définition et contraste dégueulasse, cela fait deux ans que le rouge est en panne et plusieurs touches de la télécommande ne fonctionnent plus.


Seule « délicatesse » dans cet espace de vingt-trois mètres carrés, un original qui peut avoir une certaine valeur, il m’a été offert par mes copains lors de mon installation, il y a plus de vingt ans, quand j’avais encore une vie sociale (depuis je ne les vois presque plus). C’est le portrait d’une femme nue qui prend sa douche en se frottant les fesses avec un gant de crin. Elle est ronde, tellement ronde qu’elle remplit toute la toile, avec des petites mains et d’énormes hanches, mais ce n’est pas un Botero. Je n’ai jamais vraiment aimé ce tableau, ni sa nana, mais elle est devenue une pièce essentielle de mon petit microcosme. Tous les matins je lui dis bonjour. J’ai oublié la fenêtre qui donne sur cour. Sans rideaux, elle s’ouvre jusqu’au plafond. Faite de deux battants métalliques avec des fines lamelles qui laissent passer le jour, elle est fermée.


Je fais les quelques pas qui mènent à la chambre de six mètres carrés, je jette mon cartable au passage sur le canapé et je vais me jeter sur le lit japonais sur un cadre en imitation noyer. Je vérifie l’heure sur ma fausse Rolex, je peux souffler un quart d’heure avant d’aller rejoindre Jacques au Léon de Bruxelles de Montparnasse. Ce soir, il va me présenter Carole W. une de ses nombreuses connaissances dont j’ai énormément besoin.




--oooOOOOooo--




Sur le chemin, je jette une pièce d’un euro à un clochard recroquevillé devant la grand-porte d’un immeuble du boulevard Montparnasse. Il tient d’une main une pancarte de carton brun : J’AI FAIM. Il laisse voir ses pieds boursouflés, nus dans le froid de janvier, des ongles durcis incrustés dans la chair rouge labourée, étonnant qu’il ait pu échapper à la vague de décès des sans-abris de décembre. Au restaurant, je trouve Jacques qui m’attend seul.



Jacques, parfaitement au courant, fait un petit sourire pour me calmer.



Notre serveuse est un petit trésor, c’est pour elle que nous mangeons souvent ici, mais je n’apprécie que moyennement l’endroit. À la table d’en face, il y a trois femmes qui mangent des moules et des frites, pourtant elles sont minces, l’une d’elles est même une superbe blonde dans une robe-chemise en laine épaisse anthracite, petits carreaux et gros boutons blancs. Je laisser errer sur elle un petit regard éperdu, que je renouvelle deux ou trois fois, mais elle m’ignore complètement. Nous commandons des bières en attendant Carole W.


Après sa première et grande gorgée de bière, Jacques me parle :



Carole W. arrive après trois bières, elle n’est pas seule. C’est une femme très élégante. Sous son manteau de fourrure synthétique, elle porte une veste de laine noir-uni et un jean blanc bien serré autour de sa taille. Élancée, sans rondeurs, elle fait bien ses quarante ans sous un excellent jour, ce qui confirme ce que m’en a dit Jacques. Elle nous fait la bise, et nous fait admirer son maquillage discret et ses ongles laiteux. Elle a une peau délicate, un nez fin et droit, deux lèvres pleines, et des yeux subtils, gris-vert. Celle qui l’accompagne est plus vieille (au moins cinquante ans) et moins charmante, habillée tout en noir, elle se contente de nous serrer la main, elle paraît sympathique bien que raide. Elle s’appelle Nicole. Nous commandons tous des moules et des frites et, jusqu’à ce que les plats arrivent, Jacques et Carole W. échangent de vieux souvenirs. Comme moi, la vieille en noir ne moufte pas un mot, mais je remarque qu’elle suit attentivement les moindres gestes de Carole, et qu’elle écoute tout ce qu’elle dit.


Quand les assiettes sont à moitié vides, Jacques détourne la discussion sur moi, en me présentant comme son meilleur ami, ce qui est faux. J’arrête alors de baigner mes frites dans la mayonnaise épaisse barbouillée en haut de mon assiette pour parler de mon cas, ce qui me prend entre cinq et dix minutes. Carole m’a bien écouté, le regard droit dans le mien, et la vieille (je trouve vraiment qu’elle est vieille bien qu’elle n’ait que cinquante ans, peut-être à cause de sa peau desséchée !) n’a pas arrêté de basculer son regard entre moi et Carole. J’avais amené tout mon dossier dans une enveloppe, mais Jacques m’a conseillé de ne pas me précipiter. Elle me demande alors de passer la voir demain à son bureau. Au dessert, elle me donne sa carte de visite.




--oooOOOOooo--




Le lendemain, je vais la voir au siège de son cabinet dans la banlieue sud de Paris. Après avoir téléphoné, une jeune assistante d’accueil m’indique son bureau. Je frappe à la porte et j’entre, je suis accueilli par ses grands yeux verts. Elle est assise derrière un bureau métallique, dans une grande salle lumineuse. Elle se lève en souriant, fait le tour du bureau puis vient me serrer la main. Me tirant d’une main tendre et humide – certainement saturée de crème adoucissante – elle m’emmène vers deux petits fauteuils dans un coin de la salle, il y a aussi une petite table basse en verre moulé.

Carole porte un ensemble veste et jupe en vert pistache, et un chemisier mauve légèrement miroitant. On se met face à face, je n’arrive plus à quitter des yeux sa peau délicate et ses lèvres tendres et pulpeuses. Elle me dit d’une voix douce :



Elle prend l’enveloppe par ses longs doigts effilés, lisses et décontractés, puis la met sur la table. Son geste est tellement élégant que j’ai cru bon de m’éclaircir la gorge pour cacher mon désarroi.



Elle se relève et revient à son bureau à pas lents, démarche chaloupée, là elle tire le téléphone tout en se penchant légèrement en avant, elle me donne le temps d’admirer les courbes éclatantes de son derrière. À mi-voix, elle demande deux cafés. Je n’ai pas cessé de regarder son fessier serré, tellement harmonieux, et lorsqu’elle se retourne nos yeux se rencontrent un instant, échangeant une étincelle. Elle revient vers moi avec un léger sourire et s’assoit en croisant les jambes.



L’assistante arrive avec les cafés sur un petit plateau en imitation nacre, puis elle s’en va en fermant la porte. Je prends ma tasse et l’approche de mes lèvres, tandis que mes yeux parcourent les jambes de Carole jusqu’à ses pieds et ses longs ongles, vernis de rouge foncé.


Un instant elle me regarde puis regarde ses pieds, et au même moment le téléphone sonne. Elle se lève à nouveau et se dirige vers son bureau. Cette fois, elle s’installe sur son siège et me fixe d’un regard lointain. Elle prend le combiné et dit de la même petite voix :



Elle fronce les sourcils en écoutant sans rien dire, puis elle raccroche le combiné doucement, prend un air gêné et dit :



Elle prend son sac à main alors que je pose mon café à moitié plein, puis nous sortons et passons devant l’assistante qui sourit en nous voyant arriver. Dans l’ascenseur qui descend au parking, je jouis d’une bonne dose de son parfum enivrant, un grand classique légèrement corsé, mais nous ne disons rien, puis dans la voiture, elle retrousse légèrement sa jupe, et j’ai la tentation de mettre la main sur la partie apparente de ses cuisses, mais je n’ose pas. Nous traversons des rues étroites bondées de monde, puis une voie rapide, enfin nous arrivons à la Porte d’Orléans.




--oooOOOOooo--




Le samedi d’après, c’est elle qui m’appelle sur mon portable vers dix heures du matin. Je venais de prendre une grande tasse de café.



On se donne rencart à seize heures à l’Opéra. Je fume une clope et, me trouvant nerveux, j’ingurgite un whisky sec. À quinze heures, je me regarde dans le miroir de la salle de douche, puis je me rase (c’est exceptionnel pour un samedi). Je prends une douche pour me rafraîchir puis je bois un autre whisky avant de sortir attraper une rame de métro.


Lorsqu’elle ôte son manteau, elle apparaît dans une robe de tricot de laine avec des bandes de faille de soie sur les côtés, couleur beige et des taches marron. Son corps est resplendissant, magnifiquement moulé, c’est la première fois que ses seins me paraissent aussi opulents. Dehors, il commence à neiger en petits flocons, un serveur vient prendre nos commandes, je reste sur le whisky.



Mon whisky et son capuccino arrivent. En buvant, nous abordons mon dossier qu’elle ressort de son grand sac à main. Nous en discutons pendant deux bonnes heures et à la fin, je me sens épuisé, je prends un autre whisky. Je suis inquiet car elle ne m’a pas donné son avis, elle n’a fait que demander des précisions. Elle allume une cigarette et me dit :



Je ne réagis pas, la tête retournée, les yeux sur mon verre. Ma main est tendue sur la table, il se peut qu’elle tremble, elle pose sa main dessus.



Sa main s’attarde, je m’encourage à l’observer longuement dans les yeux.



J’achève mon whisky.



Je hèle le serveur pour un autre whisky, elle prend un martini, je lui refais mon CV en accéléré, cela me fait chier.



Les boissons arrivent.



Sa peau sensible et ses lèvres pleines sont tout ce que je vois. Elle me demande :



J’allume une autre clope en la fixant du regard.



Elle lève ses mains et défait une épingle. De belles mèches lui tombent sur les épaules, sa beauté éclate à nouveau. Silence. Elle achève son martini et s’excuse pour aller aux toilettes. Elle revient après quelques minutes avec ses cheveux remis en arrière.



Nous quittons le bistrot et nous avançons dans Paris ; elle est garée à dix minutes. Arrivés à la voiture, elle me demande :



Je ne cache pas ma surprise, et j’accepte en acquiesçant de la tête.

La radio passe une musique douce, elle change de chaîne et nous avons droit à un journal d’infos, puis à la météo. Nous ne parlons pas. Elle habite au sud de Paris, en banlieue proche, dans un immeuble assez récent ou bien retapé à neuf. Nous entrons dans un immense espace en parquet luisant, avec des tapis persans. Il y a deux salons et une grande table entourée de sièges. Je la suis jusqu’à un canapé en cuir blanc sur des pieds en inox, jonché de petits coussins en cuir de couleurs dégradées allant du blanc au noir.



Elle disparaît au fond dans un grand couloir derrière une porte coulissante, puis referme la porte. Je remarque une bibliothèque assez garnie juste derrière moi, les étagères en verre armé et les panneaux en inoxydable. Il y a des bouquins de plusieurs formats, soigneusement rangés. L’étagère du milieu comprend des volumes imposants de grands bouquins d’art et de tourisme, je peux lire « GIOTTO », « LES IMPRESSIONNISTES », « LA CALIFORNIE » et plein d’autres titres qui jettent. Il y aussi une étagère de livres de poches et une autre de volumes moyens. Tout en haut, il n’y a que deux photos qui se font écho dans des cadres aluminiums, une petite fille, la sienne j’imagine, et un jeune homme radieux (Claude ?). Je me fixe sur son grand sourire un instant puis je reviens m’affaler dans le canapé. En face, il y a un grand tableau avec un alignement de disques jaune et ocre qui vont en se rétrécissant jusqu’au milieu de la toile puis, d’un coup, le mouvement s’inverse. Cela fait bizarre aux yeux, mais c’est chaud et charmant.

Carole W. revient après une demi-heure en chemisier de soie rouge et une petite jupe en soie ou en satin, de la même couleur. Elle se met à côté de moi :



Elle se lève et va tirer le tiroir d’un petit meuble blanc sous le grand tableau, puis ramène une bouteille de whisky et deux verres.



Nous finissons nos verres et nous nous regardons.



Nous mangeons encore des moules et des frites et, entre les bouchées, elle me raconte sa vie, assez morne à la croire, surtout côté sentiments. Son mari, Claude, est un garçon charmant de son âge, ils se sont connus à l’école et ils ont passé quelques agréables années ensemble mais, quand le succès est arrivé, il a pris ses distances et depuis, chacun mène sa vie à part. Un grand classique. Je la regarde fixement, et décèle dans ses yeux de la vraie déception, des espoirs déçus, un certain désenchantement. Elle mastique, avale avec difficulté. L’émotion la submerge, elle s’essouffle et parle avec difficulté, elle bafouille. Je tente de changer le sujet :



Je baisse les yeux sur mon assiette, je n’ai plus le moindre appétit. Les frites baignées dans la mayonnaise et le trait de moutarde tiré sur le rebord de l’assiette commencent à me donner la nausée, et les moules qui nagent dans leur marmite en fonte ne font pas mieux. Elle n’a pas mangé grand-chose non plus, nous quittons le restaurant.

Au bistrot, je prends encore deux whiskies, elle fait pareil. L’alcool commence à faire son effet, je ne vois plus que ses cuisses. Soudain, comme dans un rêve, le restaurant paraît s’éloigner, l’entourage et le décor se dissolvent, le bruit devient un lointain écho. J’ai mal à la tête, j’avale une aspirine.



Sous l’effet de l’alcool, j’ai du mal à articuler. Elle baisse la tête, peut-être de timidité, je rapproche mon fauteuil et l’enlace d’une main.



L’idée m’avait effleuré, mais j’avais honte du désordre de mon appartement, et de sa taille.


Nous voilà chez moi, sur le canapé vert avec des trous. Elle m’approche sa bouche, j’y colle la mienne et sens la pulpe de ses douces lèvres. Je mets une main sur un sein, je le pétris longuement, elle respire profondément, j’inflige le même traitement au deuxième sein. Elle me colle au corps et, par un doux basculement, elle dépose un genou entre mes cuisses, ainsi se rend-t-elle compte que je ne bande pas.


Elle prend un peu de distance, et souffle avec douleur. Je veux dire quelque chose, j’ouvre la bouche, mais je n’ai pas pu articuler. La journée a été rude, pleine de maladresse, j’ai trop bu de whisky.



Catherine c’était ma femme, je me rends compte de la gaffe. Elle s’éloigne encore d’un coude, avec des yeux ouverts et un visage terni. Je veux lui expliquer que c’était une gaffe due à mon piètre état, mais l’emprise de l’alcool m’en empêche. Je me sens épuisé, je me tais.



Au fond de moi, je suis ravi qu’elle parte, je me lève avec elle. Elle prend son sac à main et me demande la salle d’eau. Deux minutes après, elle en sort en s’étant recoiffée et ayant retouché son maquillage. Elle a remis du parfum aussi, ce qui m’enivre, je me sens mieux.



Je mets ma main sur son bras, elle se rapproche, je l’embrasse.



Elle me colle au corps, et palpe mon engin avec sa cuisse, mais rien n’a changé. Elle s’éloigne d’un pas.



Puis elle met une main sur mon visage et palpe mes joues.



Je la vois disparaître dans la cage d’escalier, je rentre et ferme la porte.




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Le lendemain je me réveille à dix heures, je prends rapidement mon café, je donne un coup de balai et je range le salon. Puis je frotte au détergent la douche, la cuvette de toilette et le lavabo. Après, je me mets à la cuisine, je lave le tas de vaisselles et je mets un peu d’ordre dans le frigo. Vers midi, je prends une douche et je me rase, puis je change les serviettes et je les mets à sécher.


Vers treize heures Carole m’appelle, elle me dit :



Je me verse un cognac et je me mets sur le canapé, bien content d’avoir fait le ménage. À travers la fenêtre, je vois un bout de ciel nuageux. Après un quart d’heure, elle sonne. Dès qu’elle entre, je l’entoure d’un bras, elle m’écarte délicatement :



En avançant dans le salon, elle déboutonne son manteau de cachemire tout trempé, je le saisis pour l’accrocher à la fenêtre. Elle porte un pantalon serré en chamois marron et un chemisier jaune à manches courtes, des escarpins à talons hauts, elle a un cul superbe.



J’entre dans la cuisine (quatre mètres carrés avec le frigo) et je mets en marche la machine à café sur le micro-onde, lui-même sur un petit meuble jaune de chez Ikea. Je reviens m’asseoir à son côté et l’enrouler d’un bras. Je tente de l’embrasser mais elle résiste.



Elle s’enferme dans la salle de douche et je reviens à la cuisine, l’eau commence à bouillir et le café dégouline noir et épais. Je débarrasse la pizza de l’aluminium et j’arrache un petit bout, elle paraît délicieuse, mais je n’ai aucune envie de manger. Quand la cafetière se tait, je verse deux tasses que je ramène sur un plateau avec du sucre en morceaux, je dépose le tout sur la table basse et je plonge dans le canapé, les yeux rivés sur la porte de douche. Lorsqu’elle sort, la fragrance de son parfum me frappe aux nasaux, et s’asseyant à côté de moi ses effluves flottent devant mon visage, mêlés à ceux du café chaud et de mon cendrier plein.


Avant de prendre sa tasse, elle enlève ses chaussures et pose ses pieds sur la table basse. Je rive mes yeux sur ses ongles vernis en rouge foncé, et m’aperçois qu’elle fait pareil, avec un regard attristé. Je me mets à genoux et prends l’un de ses pieds entre mes mains, et constatant sa fraîcheur, je le frotte doucement pour le réchauffer.



Je rapproche ma tête pour prendre un de ses orteils dans ma bouche et je mets à le sucer doucement. Du coin de l’œil, je la regarde et trouve qu’elle me suit attentivement, alors que son visage est vide de toute expression. Je lèche les orteils un à un, ainsi que les interstices, puis je remonte par la langue sur le pied, et je butte sur le pantalon. Je me redresse sur mes genoux et je tire vers moi ses pans, elle résiste puis m’aide à soulager l’élastique qui le retient à ses hanches Une seconde après, je le tiens entre mes mains.


Lentement je lève les yeux vers ses jambes blanches et brillantes, je les caresse de la paume de ma main, puis je mets la tête entre elles. De la langue, je caresse ses genoux et ses cuisses. Son goût est frais et enivrant, comme si elle venait de prendre une douche. Un peu plus haut, je rencontre un bout d’étoffe brodé de dentelle, je le lèche un coup et je le tire en bas, sa petite toison apparaît, taillée avec soin et magnifiquement dessinée. Je mets ma langue dessus, je la fais entrer, elle bouge et écarte légèrement les jambes. Me parvient son goût salé, j’enfonce ma langue tout excité. Elle appuie de ses mains sur ma tête, j’accélère, je me barbouille un bon moment, jusqu’au nez. Elle jouit, j’ai mal à la bouche, j’écarte la tête alors qu’elle ondule des hanches. Lorsqu’elle se calme, je la doigte longuement, elle jouit à nouveau. Je m’éloigne et me mets à son côté épuisé alors qu’elle ferme les yeux. Deux minutes après, elle ramène ses pieds sur mes jambes, palpe l’entre deux cuisses, toujours rien.


Elle se redresse avec peine et remet son pantalon. Elle prend un grand souffle et me demande une cigarette. J’en allume une et la lui donne, et j’en allume une autre pour moi, et remarque soudain que ses yeux sont pleins de larmes. Elle se rassoit à mon côté en projetant de la fumée, et dit d’une voix basse, à peine audible :



Je l’enlace d’un bras, la ramène vers moi et la serre contre ma poitrine, puis je sirote ses lèvres. Elle palpe encore le bas de mon ventre puis se lève.





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Mardi, dix-sept heures, mon portable sonne, je décroche et découvre une voix féminine que je ne reconnais pas.



On se donne rendez-vous à la porte d’Orléans, dans un petit bistrot que je connais.

Elle porte un ensemble en tweed, strict et chic. Lors de notre dîner ensemble, j’avais su qu’elle était directrice d’une agence bancaire. Elle commande un café, moi un martini.



Je ne dis rien jusqu’à l’arrivée de mon verre, je l’ingurgite d’une lampée et m’éclaircis la gorge. Je la regarde étonné. Elle me répète son injonction, plus autoritaire cette fois-ci.



Elle avait allumé une cigarette, elle l’éteint, puis elle prend son café d’une main.



J’observe du regard ses mains solides, avec des ongles soigneusement manucurés, nacrés ; elle paraît tranquille et sereine, sûre d’elle-même, un peu maternante.



Soudain elle flanche, elle regarde dans sa tasse avec hésitation.



Elle devient livide, puis fait un sourire de lendemain de défaite.



Elle se redresse en me regardant d’un air serein, comme si elle était sûre de ma soumission, et me dit en partant :



Je la suis des yeux se frayer son chemin entre les petites tables du bistrot, puis je paye l’addition et je quitte.




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Vendredi, mon boss m’apprend que je dois passer un mois aux USA, du côté de Denver, et que ce sera à partir de lundi. Le samedi matin, une angoisse me prend quand je pense à mon dossier, j’appelle Carole et je la préviens. Je lui propose de faire un point, et comme je prépare ma valise en urgence, elle me propose de passer chez moi.


En l’attendant, j’ingurgite trois whiskies secs et je me jette sur le canapé. En entrant elle enlève son imperméable, elle porte une jupe cramoisie et un pull kaki avec une grande ouverture du col dans laquelle apparaît un chemisier de la même couleur. Elle met son sac à main et l’enveloppe de mon dossier sur un fauteuil et se met sur le canapé. Je me mets à son côté. Ses cheveux sont libres, et ondulent sur ses épaules, comme je les aime.



Je lui en allume une et j’en prends une. Elle me dit après une bouffée :



Nous en discutons une bonne demi-heure, puis elle remet les papiers dans l’enveloppe, sans me donner de réponse. Me sentant nerveux, je prends une clope et la fume en la regardant droit dans les yeux. Elle me paraît belle et bizarre à la fois.



Elle prend un air nerveux.



Elle s’énerve.



Je souris largement et elle fait de même. Je lui dis :



Elle parle sans conviction, mais elle me paraît douce et délicieuse. Sa crise à fait rougir sa peau ce qui la rend succulente, j’ai envie de la manger, déguster. Elle laisse traîner sa main entre mes cuisses. Là, elle sent quelque chose.



Je la regarde de biais, en levant un sourcil.



Elle me pousse d’une main et me dit :



Puis elle se penche sur moi et colle sa joue contre la mienne.



Je mets ma main droite sur l’ouverture du col de son pull-over, je remonte aux clavicules, puis j’avance sur la base de son cou. Je sens sa chair lisse, je m’attarde.


Elle chuchote :



Tout en parlant, elle bascule sa tête en arrière pour me laisser admirer son cou et, ne pouvant résister, je l’entoure par mes deux mains. Elle ferme les yeux, tout son cou se couvre de rose, ainsi que son menton et ses joues. Je sens au toucher sa peau tendre et souple, je serre légèrement mes mains autour de sa nuque.


Elle me dit doucement :



Je sens soudain que je bande à l’extrême. Sans lui lâcher le cou, de ma main gauche je libère mon pantalon, puis je tire sur sa jupe qui dégringole par terre. Après, je me pousse sur elle, ma main gauche retourne à son cou que je serre maintenant avec les doigts des deux mains, et de plus en plus je me retrouve enfoui dans son corps, mon sexe au plus chaud de sa nymphe.


Un étrange éclair jaillit dans l’espace de la chambre et s’empare de tout mon corps et tout mon être. Mes doigts continuent à lui serrer la nuque dont je sens les muscles et les nerfs tendus, alors que mon corps remue sur elle.


Je la pilonne furieusement, la tête entre ses seins, barbouillée de ma bave. Elle se débat, elle plante ses ongles dans ma chair, mais elle ne peut rien sous mon poids et mes mains solides. Je relève la tête avec souffrance, je vois son minois endolori. Ses lèvres poussent quelques soupirs. Je vois son visage et son cou qui deviennent livides, mais je ne fais rien pour la soulager. Des flammes géantes dansent devant mes yeux, mon eau bouillante risque de déborder. Chaque pression supplémentaire de mes doigts sur sa nuque devient un pas de plus vers la catastrophe annoncée : le volcan furieux de l’absolue jouissance.


Mais je ne la tue pas, et je ne jouis pas. Elle réussit à trouver la force pour me repousser avec violence. Puis elle libère son cou de l’étau de mes doigts. Elle se remet debout en me regardant avec horreur, alors que je me rabats sur un fauteuil, essoufflé, en tremblotant. Elle passe sa main sur sa nuque et bouge ses lèvres, mais sa voix s’est éteinte dans sa gorge. Et sans prendre attention à son état, elle remet sa jupe, prend son manteau et son sac à main et se dirige vers la porte, puis elle sort dehors et se précipite dans les escaliers.


J’entends ses pas qui descendent les marches. Puis je me redresse lentement, j’essuie mes vêtements et je ferme la porte.


Le soleil s’est déjà couché, et la nuit a rapidement envahi l’espace. J’allume la lumière et je vais au bureau où je prends la bouteille de whisky et je me mets à boire au goulot. Je cherche ma boîte de cigarettes que je trouve par terre à côté du fauteuil. J’allume une clope et je la porte à ma bouche d’une main qui tremble, je la fume entièrement avant de l’éteindre dans le cendrier.


Je sens un souffle de froid, je mets ma veste et j’allume une autre clope que je fume sur le fauteuil.