| n° 14970 | Fiche technique | 36588 caractères | 36588Temps de lecture estimé : 22 mn | 17/05/12 corrigé 11/06/21 |
| Résumé: Mon père m'étonnera donc toujours... | ||||
| Critères: fh hh hbi copains vengeance hmast intermast fsodo hsodo confession | ||||
| Auteur : Goget | ||||
Cela faisait déjà deux semaines que mon père était décédé. Il avait souhaité être incinéré car, disait-il, la cérémonie était moins sinistre que celle de la mise en terre. Sous un beau soleil ou le ciel gris, un enterrement gardait selon lui un aspect rébarbatif qu’il ne désirait pas imposer à sa famille et ses amis. Et puis, il avait pu choisir la musique d’accompagnement, avantage non négligeable ! Il avait même rédigé depuis longtemps son éloge funèbre que je savais devoir me charger de lire. N’était-il pas celui qui connaissait le mieux ses qualités et défauts ?
J’ai rempli ma tâche avec sérieux mais aussi un léger détachement, comme il me l’avait demandé. Quelques pleurs, quelques rires… Mission accomplie ! Mais je fus surpris lorsqu’un vieux monsieur me succéda à la tribune. J’avais réglé les détails de la cérémonie avec le responsable des pompes funèbres, et l’intervention de ce monsieur n’était pas prévue dans le déroulement du programme. De toute façon, il était trop tard pour intervenir, et les paroles qu’il prononçait, sans se référer à des notes, prouvaient que lui aussi connaissait bien mon père, et qu’il l’appréciait beaucoup.
La cérémonie terminée, l’homme avait disparu. Il me restait maintenant à mettre de l’ordre dans ses affaires, obligation que j’avais chaque fois remise à plus tard car je n’avais pas envie de m’y atteler. Mais j’étais le seul membre de la famille apte à s’en occuper…
J’étais dans son bureau. Sur la table de travail, des factures, prospectus, brouillons de lettres jamais écrites ; bref tout ce qu’on s’attend à trouver chez celui qui a dû partir de chez lui précipitamment…
Dans le tiroir où se trouvaient les dossiers les plus importants en termes de succession, j’ai trouvé un cahier dont l’étiquette indiquait sobrement mon prénom « CHARLES ». Je l’ai feuilleté rapidement puis, les tempes battantes, je l’ai emporté chez moi pour le lire entièrement.
Voici le contenu de ce cahier.
Cher garçon,
J’ai longtemps hésité avant de finalement me décider à noircir les feuilles de ce cahier pour te raconter quelques épisodes de ma vie. La Vie, vois-tu, se plaît quelquefois à nous jouer des tours pendables… Naïvement, nous croyons la mener à notre guise alors que nous ne sommes rien d’autre que des marionnettes qu’elle agite au bout de ses doigts malicieux.
Le récit qui suit est là pour te le démontrer…
***
André avait toujours été mon meilleur ami. Enfin, depuis que nous nous étions retrouvés ensemble dans la même classe lorsqu’il avait redoublé. J’avais alors onze ans et lui douze. Il était plus athlétique que moi, toujours prêt à grimper dans un arbre ou sauter au-dessus d’un ruisseau, alors que j’étais plus réfléchi que lui. Je crois qu’il m’en imposait un peu, que j’avais une sorte d’admiration pour l’audace qu’il montrait en toutes choses et qu’il essayait de m’insuffler.
Nous avons parcouru ensemble toutes les années de nos humanités anciennes, et, notre diplôme en poche, nous avons décidé de partir en vacances ensemble. Notre première étape devait nous amener à Liège, où nous allions retrouver José, dont nous avions fait la connaissance dans des circonstances que j’ai oubliées. José avait vingt-trois ans et était l’heureux propriétaire d’une 4 CV, une espèce de gros scarabée gris qui allait nous emmener au cœur de la forêt ardennaise. Là-bas, dans un petit village, José connaissait une jeune fille qu’il disait être peu farouche, et qui avait des copines qui, comme elle, ne s’embarrassaient pas trop des codes rigides qu’elles attribuaient aux gens de la ville…
Quand nous sommes arrivés chez José, après un trajet en auto-stop qui nous avait pris quatre heures, sa mère nous a appris qu’il était déjà parti et que nous devions le rejoindre directement au village. L’après-midi étant déjà bien avancé, nous avons accepté la proposition de sa mère, c’est à dire loger sur place et nous mettre en route le lendemain matin.
Nous allions évidemment passer la nuit dans la chambre de José. Étendus sur le lit, nous avons farfouillé dans la bibliothèque qui se trouvait derrière nous, et nous sommes tombés sur quelques livres érotiques de la plus belle eau… Pas d’images, non, rien que du texte, mais nous étions encore suffisamment innocents à cette époque pour que notre lecture nous mette le rouge aux joues… André n’arrêtait pas de se toucher machinalement le sexe, par-dessus son caleçon, en tournant les pages de son ouvrage, et j’avoue que je ressentais également une raideur bienfaisante au bas du ventre.
Après un certain temps, André a déposé son livre et s’est tourné vers moi :
Jusque-là, jamais nous n’avions parlé réellement de notre vie sexuelle, de quelque manière que ce soit. Mais nous nous trouvions dans une situation inhabituelle…
Trêve de balivernes ! On a enlevé le seul vêtement qu’on avait encore sur nous, notre caleçon, et on s’est préparés… André avait un beau sexe, bien proportionné, un peu plus long que le mien, qui était en revanche plus trapu. Il a calé un oreiller derrière sa tête et sa main s’est de suite mise en branle, si j’ose dire… Moi, par contre, j’avais l’habitude de me masturber en étant couché sur le ventre et en faisant agir mes reins sur le matelas. J’ai pris une de mes serviettes de bain et l’ai étalée sur le lit afin de ne pas risquer de laisser des taches suspectes sur le drap.
La tête tournée vers André, je le voyais concentré sur sa tâche, bouche entrouverte, les muscles du ventre roulant sous sa peau, ses yeux posés sur mes reins et mes fesses qui montaient et descendaient en cadence. Après deux ou trois minutes, aucun de nous deux n’était encore parvenu à ses fins lorsqu’André a suspendu son geste et m’a dit, d’une voix étouffée :
La foudre, en tombant, ne m’aurait pas plus surpris que sa proposition !
Je te rappelle que nous étions en 1962 et que nous étions tous les deux puceaux. Je n’avais pas de petite amie, André en avait une, mais, s’il fantasmait souvent sur la tenue kaki de « guide » qu’elle portait le week-end, jamais encore elle ne lui avait permis de glisser la main sous sa jupe, tout au plus l’avait-elle autorisé à lui effleurer un sein emprisonné dans son refuge de toile…
Quant aux homos, aux « pédales » comme nous disions avec mépris, ils n’étaient pour nous qu’un sujet de plaisanteries d’un goût douteux… Alors… devenir nous aussi des « pédales », qu’on reconnaissait, disions-nous, lorsqu’on les voyait marcher en se dandinant, jambes écartées…
Il insistait. J’ai fini par dire ok. On a tiré au sort, et celui qui gagnait déciderait qui allait se faire défoncer la pastille en premier lieu. Il a gagné. Il a choisi de m’enculer d’abord.
Pendant qu’il cherchait dans la salle de bains, je suis resté couché sur le ventre, les fesses surélevées, en situation d’offrande… J’étais gêné d’exposer ainsi mon cul à son regard lorsqu’il reviendrait, mais je ressentais aussi un plaisir trouble que je ne m’expliquais pas… Il est revenu, triomphant :
Il s’est mis à genoux derrière moi, les jambes de part et d’autre de mes cuisses, et a versé l’huile entre mes fesses. Il a écarté mes globes et, du pouce, a fait pénétrer le liquide dans mon anus. Mes joues et mon front étaient brûlants, j’avais des frissons sur tout le corps. Il a massé mes fesses de ses doigts puissants, mais aussi le haut de mes cuisses et, quand ses mains se sont emparées de mes hanches, je n’ai pu m’empêcher de pousser un gémissement…
Ses mouvements m’indiquaient qu’il était en train de se redonner de la vigueur en enduisant sa queue d’huile. J’imaginais son sexe brillant, huileux, et mon imagination me le rendait plus grand encore que dans la réalité.
Jamais il ne m’avait appelé Roro, ni Bob d’ailleurs, c’était toujours Robert, et moi André, rien d’autre… Peut-être voulait-il marquer ainsi le nouveau degré d’intimité auquel nous étions parvenus ? Ou le fait qu’il jouait pour l’instant le rôle du mâle et moi celui de la femelle ? Je n’ai pas eu le temps de m’appesantir sur la raison exacte du diminutif qu’il venait de me donner…
Quand j’ai senti son gland se poser sur ma rondelle et appuyer légèrement, je me suis dit qu’il était impossible qu’il puisse franchir mon petit muscle anal ! Mais l’huile a fait son office, même si j’ai eu l’impression d’être déchiré, réellement dépucelé, quand mon anneau a cédé.
Nous n’avions qu’une idée assez vague de la façon dont nous devions nous placer pour que les choses se passent au mieux. André s’est aussitôt rendu compte qu’il serait plus confortable pour lui que je sois également à genoux au lieu d’être couché, même avec le cul surélevé. Il m’a donc tiré par les hanches en se redressant, ce qui a fait que ce n’est pas lui qui s’est enfoncé en moi mais moi qui ai absorbé sa queue, qui l’ai enveloppée dans mon conduit distendu. J’ai poussé un cri de douleur, mais je l’ai réprimé aussitôt à cause de la mère de José dont la chambre se trouvait sur le même palier.
Je devais avoir gobé un tiers du sexe d’André, et j’attendais maintenant qu’il se décide à faire le reste du boulot, je souhaitais même qu’il ne tarde plus à forcer mes chairs, et par la même occasion à confirmer la domination qu’il faisait peser sur mon corps. Impatient, j’ai tendu les reins vers l’arrière, cambrant ma croupe pour qu’il me pénètre plus facilement. Les mains crochées à mes hanches, il s’est enfin enfoncé en moi, lentement, millimètre par millimètre, une poussée implacable qui donnait l’impression de ne jamais pouvoir s’arrêter, jusqu’à ce que son pubis bute contre mes fesses.
Je pouvais visualiser la façon dont nous étions maintenant unis : chaque parcelle de la peau de son pénis épousait parfaitement mon rectum, mes muqueuses comprimaient totalement ce corps étranger accueilli avec allégresse, dont je sentais le gland palpiter à l’entrée de mes intestins…
André ressentait la même chose que moi, j’en étais sûr, et il savourait pleinement ce moment, se donnant le plaisir de postposer l’instant où nous allions entreprendre notre chevauchée…
Il a fait marche arrière, il est presque ressorti de moi, sensation intolérable, mais dont je savais qu’elle n’était que le prélude à notre accouplement, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi…
Pardonne-moi de te donner tous ces détails, mon cher fils, mais ils sont nécessaires pour que tu comprennes au mieux la suite de ma confession…
Je te dirai simplement que nous avons eu une cavalcade fantastique ! Chaque aller et retour qu’André prodiguait dans mon cul m’arrachait un gémissement de plaisir, plaisir décuplé par le bruit de mes fesses qui claquaient contre son ventre, par le sentiment de n’être qu’un jouet entre ses mains, par ce sentiment, encore une fois, de me sentir entièrement dominé par la puissance de ses coups de queue…
Mais tout cela a duré moins longtemps que tu n’en as mis à le lire, je t’assure… La jouissance – mentale autant que physique – d’André l’a fait éjaculer plus vite que nous ne l’aurions voulu, et celui qui n’a pas connu cela ne peut imaginer l’extase ressentie lorsque, pour la première fois, on sent déferler en soi le jaillissement de la semence qui tapisse les parois du rectum.
André s’est laissé tomber sur moi, m’aplatissant sur le matelas. Nous sommes restés ainsi plusieurs minutes, emmanchés l’un dans l’autre, tandis que je sentais son sexe reprendre lentement sa taille normale. Enfin, il s’est ébroué et s’est libéré de moi en roulant sur le côté, le souffle court encore…
J’ai émergé de l’oreiller dans lequel ma tête était enfouie.
Et tu sais quoi, fiston ? On s’est nettoyés et on s’est mis au lit. Pour rire, on s’est embrassés, avec la langue et tout, et on s’est couchés en chien de fusil, moi derrière lui, la main sur sa hanche, et le lendemain matin je me suis réveillé en tenant sa queue dans ma main, alors que lui dormait toujours…
Tu as peut-être déjà extrapolé sur la suite de l’histoire : on a retrouvé José au village, ainsi que les filles qui, entre parenthèses, étaient aussi farouches que celles de la ville, et jamais André n’est venu me rejoindre dans mon lit. Je ne le lui ai pas demandé non plus, je l’avoue… Plus jamais nous n’avons reparlé de ce qui s’était passé cette nuit-là.
***
La vie a suivi son cours. J’ai trouvé du boulot dans une banque, André est allé rejoindre un de ses frères au Canada.
Il est revenu quelques années plus tard, marié à une Canadienne prénommée Odette, une grande et belle fille qui rêvait du Vieux Continent. Moi aussi je m’étais marié, à Sophie, une belle plante chaude comme la braise, belge mais au physique brésilien… Oui, c’est de ta mère que je parle ! C’est elle qui m’a donné deux beaux enfants, toi-même et ta sœur. Mais je m’étais marié trop jeune, et j’avais encore envie de courir le guilledou !
Je ne dois pas être spécialement fier de ce que je vais te raconter maintenant, mais c’est nécessaire pour que tu comprennes toute mon histoire.
J’ai toujours eu une propension particulière à draguer les femmes des copains. Tu sais, les amis, ce sont les personnes que l’on voit le plus souvent, et on finit par bien connaître l’histoire de leur couple, avec ses bons et ses mauvais moments. Il y a donc toujours un instant privilégié, celui où la femme ne sait plus très bien où elle en est, soit parce qu’elle a des doutes sur la fidélité de son mari, soit parce qu’elle se demande si elle est encore désirable. Il faut sentir ces moments-là…
C’est alors que le copain – moi en l’occurrence – est là pour lui prêter une épaule secourable, pour écouter ses petites misères, pour lui faire comprendre qu’elle peut faire tourner la tête de beaucoup d’hommes, et en particulier la mienne, et blablabla et blablabla… Comme on connaît les horaires du mari ainsi que les disponibilités de la femme, il n’est jamais difficile d’être là au bon moment ! Et, ce qui ajoute un piquant supplémentaire à la chose, c’est de la baiser dans le lit conjugal, où l’on discerne encore vaguement les effluves de l’eau de toilette de ce cher copain…
J’avoue avoir vécu de cette façon les plus belles parties de jambes en l’air de cette période de ma vie, celle où j’étais volage…
Tu te souviens sans doute de la femme de Roger, celle de Daniel, de Christian, de Paul… Les autres, tu étais trop jeune pour t’en souvenir. Curieusement, j’ai du mal à me rappeler les prénoms des femmes, alors que je n’ai aucune peine à retrouver ceux de leurs maris…
Deux fois je me suis retrouvé avec la femme alors que le mari était dans la maison ! La première fois, on a baisé sur le canapé du salon pendant que le mari, tu sais, l’architecte, cuvait son vin dans son lit et que leur fille dormait sagement dans sa chambre. La deuxième fois, c’était la femme de Georges, l’arbitre, et lui aussi avait beaucoup trop bu. Mais nous avons décidé de rester sages ! Jeunes, très très jeunes, nous avions été amoureux l’un de l’autre, baisers, caresses, rien de plus, mais nous nous étions perdus de vue. Nous n’avions évidemment pas oublié cet amour de jeunesse, mais nous avions tous les deux tellement d’estime pour Georges que nous n’avons pas voulu le tromper… Ceci pardonnera peut-être un peu tout le reste…
Mais revenons à nos moutons…
***
Nos deux couples, celui d’André et le mien, se fréquentaient régulièrement. Nous mangions l’un chez l’autre, nous passions parfois un week-end ensemble (c’est alors que Bobonne vous gardait, toi et ta sœur), nous jouions à des jeux de société…
Un jour, tandis que nous prenions le café, la conversation a dévié vers l’échangisme. Odette et moi avions conclu que c’était une pratique qui valait la peine d’être essayée, alors qu’André et ta mère disaient que ce n’était pas leur truc… On a ensuite parlé d’autre chose. Sophie m’a évidemment dit, sur le chemin du retour, que ça m’intéressait parce que j’avais envie de coucher avec Odette, et je présume qu’André avait dû faire le même reproche à sa femme…
Deux ou trois ans plus tard, je me dispute avec ta mère, une bêtise sans doute, mais c’est ce jour-là que j’ai cassé le 33 tours de Georges Brassens que j’avais offert à ta mère à l’occasion de la Fête des Mères. J’ai quitté la maison comme une furie, sans savoir où aller, juste pour reprendre mes esprits. La voiture m’a conduit dans la direction où habitaient André et Odette. Je me suis dit qu’ils seraient les personnes les plus aptes à écouter mes doléances et que ce serait une bonne idée d’aller sonner chez eux.
Odette m’a ouvert la porte. Je suis entré en expliquant aussitôt que je m’étais disputé avec Sophie et que… Elle m’a répondu qu’elle aussi s’était disputée avec André, la veille, et qu’il n’était pas rentré de la nuit…
On a décidé de se venger. C’était samedi, on s’est dit qu’on allait sortir en boîte, danser et boire des Cuba Libre, et rentrer quand on voudrait…
Nous sommes allés à Anvers, pour ne pas risquer de tomber sur des connaissances au cours de notre virée. On a bu, on a dansé des rocks, des salsas et des slows, et puis on s’est dit qu’à notre retour on allait être accusés de Dieu sait quoi, et qu’on ne pourrait de toute façon pas leur cacher que c’est ensemble qu’on avait disparu. Alors on a décidé d’aller à l’hôtel, pour baiser ! Si on ne le faisait pas, ni André ni Sophie ne nous croirait, donc autant assumer…
Crois-moi si tu le veux, mais c’est exactement comme ça que ça s’est passé : ce jour-là, on est partis pour danser et s’amuser, rien d’autre, et c’est seulement ensuite que nous avons pris la décision de coucher ensemble !
On a pris une chambre dans un hôtel de rendez-vous, la chambre japonaise, on s’est déshabillés et on a fait l’amour. J’ai appris à ce moment que, dès que nous avions fait connaissance, Odette avait envisagé de tromper son mari avec moi. Cette idée aussi m’avait effleuré l’esprit, mais André était quand même mon meilleur copain… et puis l’occasion ne s’en était jamais présentée…
On a d’abord essayé de jouer les amoureux, mais nos caresses et nos baisers se sont rapidement transformés en étreintes fougueuses. Odette aimait sucer et lécher, ce que ta mère ne faisait pas. J’ai donc été sucé et léché comme jamais je ne l’avais été : les aisselles ( !), les bourses, le sexe, mais aussi l’anus, zone qui l’attirait particulièrement. Elle m’a demandé de lui faire les mêmes choses, et j’ai accédé à son désir avec empressement vu que moi aussi j’aimais tous ces jeux de langue.
Comme je m’y attendais, après m’avoir fait l’offrande de son vagin, elle m’a invité à la prendre dans le cul. Mais, entre les deux, nous nous étions beaucoup léchés afin de nous préparer comme il se doit à cette pratique que nous appréciions tous les deux. J’ai cependant décidé d’utiliser avec elle la méthode que j’utilisais avec ta mère (Dieu ait son âme !). Odette mouillait beaucoup, elle aussi, ce qui fait que je lui ai demandé de me laisser faire, de me faire confiance. Je l’ai prise à nouveau par le vagin et, une fois ma queue bien lubrifiée par ses sécrétions, je me suis retiré, j’ai retourné Odette sur le ventre et l’ai pénétrée aussitôt entre les fesses. Je suis rentré comme dans du beurre, et les cris qu’elle a poussés m’ont prouvé qu’elle appréciait hautement cette technique.
Quand nous sommes rentrés, je l’ai déposée près de chez elle. J’ai aperçu la voiture d’André garée près de chez eux. Il était évidemment hors de question de nier être partis ensemble : nos conjoints s’étaient sûrement téléphoné ! Nous avions mis au point notre plan de défense : les boîtes où nous avions dansé, où je m’étais garé, etc. Elle et moi nous en sommes toujours tenus à notre récit, quoi que puissent imaginer André et Sophie…
Tu me diras, cher fiston, que je ne te raconte ici que des histoires sans intérêt, des coucheries par-ci par-là… Tu aurais raison s’il n’y avait pas la suite qui, à mon avis, en fait tout le sel…
***
L’année suivante, Odette est tombée enceinte. André et Odette m’ont demandé d’être le parrain du petit Marc, ce que j’ai évidemment accepté. J’ajouterai que je n’ai plus eu de relations intimes avec Odette après notre nuit de débauche à Anvers. Nos couples continuaient à se fréquenter comme par le passé, sans que quiconque reparle de notre escapade.
Le petit Marc, malheureusement, était atteint d’une maladie dont j’ai oublié le nom et qui risquait de lui être fatale à court terme. En effet, à l’âge de trois ans il a rejoint le Paradis, après avoir lutté courageusement pendant sa trop courte existence. Odette et André ont essayé de concevoir un autre enfant mais, en dépit de leurs efforts, ils n’y sont pas parvenus. Ils ont donc décidé de se faire examiner pour savoir où se situait le problème. Les examens ont déterminé qu’Odette ne présentait aucun problème l’empêchant d’être mère, mais ils ont démontré aussi que, sans aucun doute possible, André était stérile ! Il s’en est suivi une discussion orageuse au sein de leur couple, et André a fini par faire le rapprochement entre la nuit où Odette et moi étions allés « danser » et la date de naissance du petit Marc… Oui, mon garçon, tu as eu un demi-frère pendant trois ans !
Odette n’a rien pu faire d’autre que d’avouer qu’elle et moi avions eu des relations charnelles lors de notre folle équipée…
J’ai appris son aveu au milieu de la nuit, quand André est venu sonner avec insistance à notre porte. Il devait être trois heures du matin. Sophie est allée répondre à l’ouvre-porte et m’a dit qu’André voulait absolument me parler. Craignant un problème grave et urgent, et sans me douter un seul instant du but réel de sa visite, je l’ai invité à monter. Aussitôt la porte de l’appartement ouverte, il s’est jeté sur moi et m’a flanqué un terrible coup de poing. J’ai trébuché jusque dans le salon, puis je suis tombé à la renverse et ma tête a cogné le bas du meuble à alcools.
J’ai perdu connaissance.
J’ai appris plus tard que, pendant que j’étais évanoui, André avait raconté toute l’histoire à Sophie et que celle-ci (paix à son âme !), folle de rage, s’était jetée sur André, non pour le punir de m’avoir frappé, mais pour se venger d’Odette et de moi, et que la meilleure façon serait de baiser ensemble, de préférence sous mes yeux !
Ils ont donc attendu que j’émerge de mon évanouissement pour se livrer, à quelques pas de moi, sur le tapis du salon, à une séance de baise qui hante encore ma mémoire ! Elle s’est donnée furieusement, et lui l’a prise avec sauvagerie. Leurs ahanements, leurs grognements faisaient penser à un viol, mais je n’aurais pu dire qui violait l’autre… J’ai voulu me relever et intervenir mais André m’a repoussé du pied avec violence, m’ordonnant de ne pas bouger si je ne voulais pas qu’il m’assomme de nouveau. Je suis resté coi. À vrai dire, leur fornication avait quelque chose de majestueux dans sa bestialité, et puis ta mère était toujours si belle lorsqu’elle faisait l’amour, qu’elle prenait son plaisir… C’étaient les mains d’André qui lui pétrissaient les cuisses et les fesses, mais moi aussi je sentais sous mes doigts le grain de sa peau, le velouté de sa chair…
J’ai quand même senti le rouge de la honte me monter au visage quand il lui a dit que, puisqu’Odette m’avait offert son cul, il n’était que justice de faire de même, et que ma douce Sophie s’est alors aussitôt couchée sur le ventre en écartant ses fesses des deux mains, comme elle le faisait avec moi quand elle me présentait son œillet. Il l’a fourragée avec enthousiasme, et je dois à la vérité de dire que ma tendre Sophie montrait aussi beaucoup d’ardeur à se faire défoncer de la sorte.
***
Mais je dois en venir à la partie la plus pénible de cette malheureuse histoire !
Non content de s’être étalé sur le ventre de ta mère pour lui fouailler le sexe, non content d’avoir exigé, et obtenu, qu’elle lui fasse cadeau de ses fesses, et de l’avoir ramonée avec la brutalité d’un soudard aviné, il a encore poussé l’abjection plus loin ! Il a soudain abandonné Sophie, qui semble-t-il était pourtant en train d’avoir un de ses plus beaux orgasmes, et il s’est approché de moi. Il m’a pris par le cou et m’a traîné à côté de ma chère épouse (il faut dire que j’étais encore un peu dans les vapes), et m’a dit que, comme sa queue était maintenant parfaitement lubrifiée, il n’aurait aucun mal à me faire subir le même sort qu’à ta mère, en deux mots : m’enculer ! Il a arraché mon slip et s’est couché sur moi. Avant que j’aie eu le temps de dire « ouf ! », sa queue gluante s’était enfoncée en moi jusqu’à la garde et me pilonnait avec acharnement. André me tenait par les cheveux pour tourner mon visage vers Sophie, qui me regardait, les yeux écarquillés. Mon sexe frottait sur le tapis du salon, où mes hanches cognaient sans relâche sous les coups de boutoir de mon vieil ami.
Les coups de queue qu’il me donnait avec jubilation éveillaient en moi les souvenirs des vacances de nos dix-huit ans, quand il était parvenu à faire l’impasse sur la seconde partie de notre accord. Il m’avait possédé sans rien me donner en échange… Il est vrai que depuis je m’étais tapé sa femme, mais ce n’avait pas été en guise de revanche de ma part, rien d’autre que, l’occasion faisant le larron, une séance de baise entre personnes qui se connaissent bien, et je trouvais la punition qu’il m’infligeait disproportionnée par rapport à mon forfait ! C’est avec délectation qu’il a déchargé dans mes entrailles avant de se relever et de se rajuster, ses jambes écartées de part et d’autre de mes cuisses meurtries… Il s’est penché vers Sophie et a posé ses lèvres sur les siennes puis nous a quittés sans dire un mot.
Je te passe les détails de la conversation entre ta mère (la sainte femme !) et moi, et la nuit glaciale qui l’a suivie… Mais aussi l’atmosphère tendue de notre couple durant les semaines suivantes…
Les choses ont fini par se tasser…
André et Odette se sont séparés, puis ils ont divorcé. J’ai continué à fréquenter Odette pendant quelques années, jusqu’à son retour dans sa patrie d’origine.
Ta mère et moi avons également divorcé une dizaine d’années plus tard, comme tu le sais, mais sans qu’il y ait de rapport avec cette triste histoire.
***
Un jour, je me trouvais dans un petit restaurant de la banlieue, et je lisais tranquillement mon journal en attendant d’être servi, lorsqu’une silhouette s’est arrêtée devant moi. J’ai levé la tête : c’était André ! Je craignais qu’il ne me flanque son poing dans la figure comme lors de notre dernière rencontre, mais il me regardait paisiblement, le sourire aux lèvres. Rassuré, je l’ai invité à s’asseoir et lui ai offert un verre. Bref, nous avons partagé notre repas dans ce resto où lui venait tous les jours de semaine, l’entreprise où il travaillait se trouvant à deux pas. Il avait maintenant quarante-cinq ans, mais je voyais toujours le jeune homme que j’avais connu auparavant.
Nous avons évoqué de vieux souvenirs et, la nostalgie aidant, nous avons décidé de garder le contact. Nous avons même ri de nos mésaventures conjugales passées ! Je l’ai invité chez moi, où j’habitais seul depuis notre divorce. Après le pousse-café, nous avons continué à parler de ce qu’avait été notre vie durant les quinze dernières années. Il a fini par m’avouer, un peu gêné, qu’il avait gardé un souvenir très vif de ce qui s’était passé cette nuit-là, de ce qu’il avait fait à Sophie, et à moi ensuite… J’ai dû reconnaître que, moi aussi, je repensais souvent à la façon dont il m’avait pris sous les yeux de mon épouse, et à l’analogie avec notre nuit dans la chambre de José…
Tu auras déjà deviné, cher fils, ce qu’il advint ensuite : nous nous sommes retrouvés au lit, quelque peu embarrassés d’abord, mais la nature ensuite a suivi son cours, et le matin nous a trouvés épuisés par une nuit où nous nous sommes donnés l’un à l’autre avec une frénésie, je n’ose pas dire une passion, que nous ne soupçonnions guère…
Nous avons donc vécu ensemble depuis lors, dans cette maison de banlieue où toi et ta sœur n’êtes venus que rarement, et nous avons réussi à faire en sorte que vous ne soyez pas au courant de notre liaison.
Voilà, cher Charles, je voulais que tu en saches un peu plus au sujet de certains épisodes de ma vie, et de celle de ta mère (quoique dans une moindre mesure), ce qui te fera mieux comprendre pourquoi je ne me suis jamais permis de juger la façon dont tu t’es comporté tout au long de ta propre vie…
Oui… je connais tous les détails, les moindres faits et gestes de ton existence dépravée, de quelle façon ignoble tu as trahi la confiance de tous ceux qui t’aimaient, tes petites et grandes lâchetés, tes compromissions… Bref, tu sais de quoi je parle et je ne m’étendrai pas plus sur le sujet…
À propos, ne te donne pas trop de mal à consulter les documents concernant ton héritage. Je me suis arrangé pour que la plus grande partie de ma fortune prenne une direction autre que celle de ta poche, et tu ne bénéficieras que du minimum prévu par la loi.
Oh, j’oubliais ! J’ai vendu tous mes biens, et cet argent a mystérieusement disparu… La maison aussi… Ça fait quelques années que je paie un loyer au nouveau propriétaire…
Il y a quand même quelque chose que je désire te léguer : sur la cheminée de mon bureau, il y a un trophée, une grande coupe dorée que tu as toujours connue là. J’y tiens parce que c’est un « Prix du Fair-Play » que j’ai gagné lors d’un tournoi de hockey, et je désire qu’elle reste dans la famille. La coupe originale était dorée, mais j’en ai fait faire une copie en or massif au début de ma fortune. Caprice de nouveau riche, je sais !
J’aimerais que tu conserves cette coupe comme une précieuse relique.
Je te remercie de m’avoir lu jusqu’ici, mon garçon, et je ne t’embrasse évidemment pas…
Ton père
J’avoue que la lecture de ce cahier m’a causé un profond malaise, surtout la fin. Il ne me laissait donc rien, le vieux salaud ! Je pensais pourtant avoir tout fait pour qu’il ne sache rien de la vie que j’avais menée… Moi qui m’attendais à un superbe héritage, je me retrouvais Gros-Jean comme devant. J’étais seul héritier puisque ma sœur avait perdu la vie dans un accident de voiture une dizaine d’années auparavant. Et tout ce qu’il me laissait, c’était cette coupe, la relique comme il disait ! J’allais aller la chercher, sa relique ! Mais elle ne trônerait pas sur ma cheminée, ça c’est sûr ! Je n’allais pas me gêner pour la faire fondre et la vendre au poids, sa coupe !
Je suis retourné chez lui pour mettre mon projet à exécution. Quand je suis entré dans le bureau, je l’ai vue sur la cheminée qui semblait me narguer… Une coupe du fair-play, lui !
Je me suis emparé de son trophée. Elle était lourde, la garce ! Elle devait bien faire dans les cinq kilos… Quand je suis parvenu à la soulever du socle sur lequel elle était posée, il m’a semblé entendre un cliquetis, puis le murmure d’un tic-tac… J’ai déposé la coupe sur le plancher et me suis mis sur la pointe des pieds pour voir de quoi il s’agissait… Un cadran électronique était enchâssé dans le marbre. J’ai vu défiler les chiffres rouges dans la petite fenêtre…
Pendant que les secondes s’égrenaient, il m’est revenu en mémoire que mon père avait fait fortune dans le commerce des explosifs…
…7…6…5…4…3…2…1…