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n° 14809Fiche technique24119 caractères24119
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09/02/12
Résumé:  De peur de devoir renoncer au luxe, elle choisit la luxure. Elle perdra les deux et plus encore...
Critères:  fh couleurs asie humilié(e) chantage voir init -fsoumisah
Auteur : Carmichaël            Envoi mini-message
CANTON, 1949

Yolande et Bertrand étaient bien là, à leur arrivée à Canton sur le quai de la gare. Bertrand les poussa rapidement vers la salle des Premières Classes. Mais déjà tout un peuple qui sautait par les fenêtres des wagons, qui se hélait, qui s’envoyait des paquets par-dessus les têtes, avait embouteillé le quai.


Bertrand avisa quelques hommes – de ses anciens ouvriers, pensa Muriel. Ces hommes, sans renâcler, les entourèrent aussitôt et taillèrent un passage à coups de coudes et de cris. Muriel s’accrocha au bras de Robert. Elle le sentit raide et blessée par toute cette brutalité inévitable à laquelle il n’était plus habitué.


Une voiture les attendait sur l’esplanade.

Déjà Robert et Bertrand discutaient de la situation.


Muriel quitta des yeux le spectacle de la ville à travers les vitres.



Elle ne put comprendre la réponse. Elle ne fit pas un deuxième effort pour s’intéresser. Depuis si longtemps, elle n’avait vu la ville ! Lumières, bruits, poussières l’étourdissaient dans le doux glissement du véhicule à travers ce monde échevelé et disparate.


La chambre que Yolande et Bertrand leur avaient réservée dans leur maison sentait le confort cossu, un peu démodé déjà. Robert se doucha promptement dans la baignoire et redescendit poursuivre la discussion avec Bertrand. Muriel défit les valises et rangea les affaires. Elle avait le sentiment qu’ils étaient là pour un bon bout de temps. Son bain coulait, elle vint s’y glisser.



Yolande venait d’entrer dans la chambre. Muriel, surprise, répondit trop vite et d’une voix amollie par la tiédeur du bain. Cela les amusa toutes deux. Yolande s’était assise carrément sur le lit face à la salle de bain.


Et quand Muriel pensa que déjà trop de temps était passé au bain et que Yolande ne ferait rien pour ménager les convenances, elle se décida à sortir de l’eau et à marcher toute nue vers la chambre. Yolande la regardait s’avancer.



Muriel s’enferma dans son peignoir.



Muriel ne songea pas à se vexer. Elle avait bien mis dans sa valise quelque robe du soir mais qui devait avoir passé de mode en vérité.



Muriel se trouva de nouveau nue devant Yolande. Elle se pencha vers son soutien-gorge posé sur la coiffeuse.



Et Muriel passa donc sa robe par dessus la tête. La robe tombait agréablement. Elle était légère, formidablement ouverte derrière, pensa Muriel, et largement devant, avec deux bretelles très fines. Elle l’aima aussitôt. Muriel, pour rire, montra sa culotte aussi sur la coiffeuse.



Elle fut un peu dépitée que Yolande ne fut pas dupe :



Muriel fit quelques pas dans la chambre. Elle se sentait vraiment nue, mais d’une nudité invisible, précieusement perceptible à elle seule, pas même à ses regards mais à son corps seul.



Elle ne voulait donner l’impression de passer par là où elle voulait.


Yolande prit la poire d’un petit flacon.



Elle lui vaporisa la brume d’un parfum vif et frais.



Puis elle dit en vrac :



À cette idée de la plantation du Nord, le cœur de Muriel se serra. C’en était donc fini des jours heureux : les récoltes, la jungle… Il faudrait partir. Robert perdrait sa place de géreur…



Juste avant de parler, il sembla à Muriel que Yolande l’avait regardée avec un éclat vif comme de la haine.



Et elle sortit de la chambre.



On partit sans avoir pris le dîner.


Aussitôt arrivés au « Nuit féline », Bertrand et Robert ameutèrent les commerçants chinois qui leur étaient familiers et formèrent une tablée. Les Chinois semblaient honorer la fête des Blancs d’une présence polie mais l’air étrangement absents comme s’ils attendaient que bientôt quelque chose ou quelqu’un arrivât.


Un employé de Bertrand qui était avec des amis à une table voisine vint inviter Yolande. Il l’entraîna sur la piste. Il s’acquittait de son devoir avec déférence. Yolande jetait à Muriel des regards rieurs qui faisaient craindre à Muriel qu’à la fin le cavalier s’en aperçut.


Les hommes – Bertrand et Robert – semblaient inquiets.



La salle était très sombre. Un orchestre jouait des airs des Noirs américains. Les clients les moins tardifs avaient quitté les lieux.



Muriel n’avait pas encore réagi qu’elle se trouvait au milieu des danseurs, pressés les uns contre les autres, les visages pénétrés de fatigue, d’ennui ou de désirs. Yolande la serrait fort et guidait ses premiers pas. La musique fondit dans son corps. L’obscurité était si lourde ! Le corps de Yolande balançait tout près du sien. Elle sentait qu’elle était nue aussi dans sa robe et à chaque demi-volte, elle sentait la pointe des seins de Yolande qui frottaient les siens. C’était crissant et dur. Pour faire cesser cela, Muriel se colla à Yolande. Elle reçut l’empreinte de ce corps aussitôt son image : celle de la nudité totale de Yolande, un corps nerveux et fin, élancé et dur. Elle devinait dans les mêmes instants que Yolande recevait alors le sien tout entier et nu une nouvelle fois, captif et captivé. Il lui sembla alors que ce corps s’emplissait d’une détresse poignante mais attendue et Yolande vint mêler, comme en tombant, ses cuisses aux siennes et les y laissa avec un naturel que la musique semblait guider.


Elle n’eut pas le temps d’être émue davantage. Les Jaunes étaient partis, leurs deux hommes silencieux et graves : elles revinrent vers les sièges. On décida de quitter ce night-club et de poursuivre plus loin.



Yolande semblait étrangère à l’agitation des hommes.





Les deux hommes montèrent devant. C’est Robert qui conduisait. Muriel voyait tout près sa nuque et, dans le rétroviseur son front, ses sourcils, ses yeux. Yolande avait posé sa tête contre son épaule. « Robert ! » lança-t-elle silencieusement au fond d’elle-même tandis que le désarroi l’étreignait car Yolande lui caressait la gorge.


Jamais Muriel n’avait imaginé qu’en un de ses jours, vers le soir de sa vie, où elle se retournerait sur son existence, il y aurait les souvenirs de minutes telles que celles qui étaient en train d’advenir : la main d’une femme glissant dans son décolleté, tardant sur la peau encore si près de l’os, là où la chair va bientôt se soulever, s’enfler, lourde et ronde… Muriel réalisa qu’elle savait depuis le premier jour que ce voyage devait tout changer, et d’abord l’idée qu’elle aurait à tout jamais d’elle-même et elle se convertit très vite à cette idée avec la même malléabilité naturelle que son sein sous la paume de Yolande.


Ses bretelles étaient dégagées de ses épaules, sa tête tomba en arrière sur le dossier. Yolande caressait son cou long et dur comme un sexe d’homme. Sa robe glissait jusqu’à son ventre. La légèreté de l’air dans la pénombre ronronnante du véhicule l’engourdissait. Elle attendait maintenant, avec la curiosité de ce qu’elle allait éprouver, que cette main qui la lissait toute entière s’arrête à son sexe.


Yolande avait commencé avec une tendresse qui avait amolli Muriel à un point qui l’accablait et cependant ne l’étonnait pas. Mais soudain elle semblait accomplir un examen attentif dans ses chairs largement dégagées et pantelantes. D’un seul coup deux doigts lui arrachèrent un plaisir d’une douleur atroce et désirable. Les doigts se retirèrent. D’un sursaut sans pudeur, Muriel les rappela. Mais :



Muriel n’entendait plus qu’à peine. Elle comprenait qu’elle avait définitivement quitté la plantation et n’irait plus maintenant que vers la folie et la fureur. Elle abandonna toute pudeur. Yolande lui tira des éclats de plaisir inouïs.


Ils laissèrent la voiture devant le Majestic.


C’était une immense salle, pleine de monde, de fumées, de musique et de bruit. Une centaine de personnes dansait dans une fosse entourée d’un balcon circulaire qui portait les tables destinées aux repas.


Sur un geste d’un groom local, ils traversèrent tout ce monde d’hommes et de femmes usés de gaieté exagérée, en tenues de soirée au luxe trop marqué. Toute la colonie blanche de Canton et, voyageurs de commerce, planteurs venus à la ville, fournisseurs de passage. Dans une fête trop excitée et trop pressée.


Ils arrivèrent aux tables de jeux. Il y régnait une tension, de celle qui précède les meurtres ou les attentats. On y sentait la peur, l’instinct farouche. Un homme, un chinois, énorme, impressionnant dirigeait le jeu.

Muriel comprit que c’était Chang. Derrière le visage massif, impavide, tranché d’un sourire figé et glacial, on devinait une autorité sans mélange. Son costume semblait de pure concession à quelque aménité sociale tant il allait mal à ce corps plein d’une force de bête.



Et elle regardait ses mains potelées, lisses comme de la porcelaine et les fuseaux des doigts qui tiraient les cartes avec une prestesse de caresse insolente et qui jouaient de l’angoisse de tous ces joueurs avides et dépravés par la lubricité de l’argent.


Chang sembla reconnaître enfin les solliciteurs. Il regarda même Yolande longuement. Il mit fin à la partie et sans ménagement se retira. Il vint vers eux quatre. Pendant qu’ils s’asseyaient, Chang sembla découvrir Muriel. Yolande ne s’était pas rapprochée de la table et regardait la salle.


Chang ne les avait pas laissé s’étendre sur des explications ou des justifications. Ne voulant rien savoir des garanties, il avait établi des chèques. Et depuis, les hommes couraient apaiser les créanciers, arrêter les mains-mises, débloquer des fournitures.



Muriel profitait de cette indépendance pour faire un peu de tourisme et beaucoup de lèche-vitrines dans les rues de Canton. D’autant plus indépendante que, depuis le matin de leur visite au Majestic – trois jours maintenant – Yolande n’avait pas reparu. Bertrand ne semblait pas y donner d’inquiétude et Muriel en avait pris son parti.


Un après-midi, Muriel crut apercevoir Yolande : elle vit passer son visage derrière les vitres d’une grosse limousine qui descendait la rue principale. Mais était-ce bien Yolande, ce visage hâve, cette bouche de sang et ses yeux agrandis qui s’étaient posés sur elle et étaient restés éteints ?


Muriel avait bien reconnu par contre, au volant, un de ces hommes qui veillaient dans le dos de Chang l’autre soir.


À son retour, la maison était vide. Muriel appela le jeune domestique indigène. Il se confondit en politesses coutumières et distantes auxquelles elle mit, pour répondre tout ce qu’il fallait d’appréciation flatteuse, de juste remerciement, de douceur convaincue, tant qu’elle sentit le jeune homme fondre.

Alors de la même voix, elle lui demanda brusquement de lui dire si Yolande avait été la maîtresse de Chang.


Le propos paralysa le domestique mais plus encore le nom du puissant marchand provoqua une terreur telle qu’il s’enfuit. Muriel ne doutait plus de la réponse.


Elle dormit mal. Elle repensait à Yolande, à son corps à la race fiévreuse, exigeante, entière et elle se forçait à l’imaginer sous l’emprise impassible et inflexible du Jaune ; sous son corps débordant de ruse et d’orgueil. « Comment cela s’est-il fait ?  » ne cessait-elle de penser.



Elle fut réveillée dans sa chambre, déjà pleine d’éclats de lumières dansant au plafond avec les ombres venues de la rue, par un remue-ménage inaccoutumé. C’étaient des serviteurs, des passants, de la police, sur la terrasse, le perron au pied de la maison.


Yolande s’était jetée de la terrasse de la banque Benson and Tate.


On l’enterra dans le petit cimetière européen de la Colline. Brève cérémonie avec un petit nombre de relations et deux ou trois domestiques dont le jeune homme de la maison, le visage défait et douloureux.


Muriel, abattue, restait comme devant un mystère. La conduite de Yolande était maintenant éclairée d’un tragique rayon et lui faisait un devoir de savoir et de comprendre.


Un après-midi, elle se présenta à quatre ou cinq boîtes – bouges même – pensa-t-elle. Sans succès. Enfin à la porte d’un tripot entre les docks et le Marché, on lui fit signe d’entrer.


Chang était assis au fond d’une arrière-salle, au milieu de commerçants mandchous aux vêtements de caravaniers qui jacassaient dans une langue trépidante. Elle eut voulu attendre à l’écart dans le passage mais se retrouva assise auprès de Chang. Des hommes jouaient des pièces d’or et d’argent dépareillées et souvent très anciennes. La massivité imperturbable de Chang excitait le désir de fêler cette puissance de richesse et les nomades misaient sans retenue. Aucun d’eux n’avait levé les yeux sur elle.


Elle comprit qu’ils la tenaient pour sa maîtresse. Et devant cette Blanche venue là, dans une salle de jeu, assise sans vergogne et muette à côté du maître, ils affichaient un respect collectif, obséquieux mais qui déguisait l’envie féroce qu’ils portaient à cet homme flanqué impudemment d’une femelle qui attendait avec une impatience impavide. Cette idée n’offusquait pas Muriel. Elle y trouvait une fierté étrange et neuve.


À la nuit, la grosse limousine les déposa au port face à la deuxième ville, celle des sampans amarrés.


Avec une agilité étonnante pour son poids, Chang évoluait : on passait d’une embarcation à l’autre. Un clapotis huileux frappait les coques de bois. On entendait des familles dormir. Ça sentait l’urine et le riz froid, la vase et l’encens.


À l’entrée d’une cabine, Chang appela. Un homme ensommeillé passa une tête, aussitôt effrayée, et replongea dans la case. On entendit des pas et bientôt, devant Muriel, passèrent trois enfants poussés par leur mère. Chang arrêta le père et lui fourra des billets dans les poings.


À la proue, trois hommes jouaient aux cartes. Ils levèrent les yeux vers Chang et se turent. Muriel le suivit dans la case. Il laissa la pièce dans l’obscurité et s’allongea aussitôt au fond de lourds coussins. Sa voix semblait reposée, débarrassée de son tranchant, comme feutrée par les tapis qui couvraient tout.



Muriel obéit. Jamais elle ne s’était sentie aussi loin. De chez elle, de Robert, d’elle-même, de sa propre vie. Ces instants lui semblaient ne se rattacher à rien qui compte. Elle était nue dans les ténèbres mais la moiteur du lagon continuait à la vêtir.



Il était à genoux ; elle en fit de même devant lui. Il la saisit. Elle rencontra son corps comme un esquif une montagne.


Elle perçut un cri aigu et aussitôt réalisa que ce cri avait été le sien : Chang l’avait pénétrée d’un coup. Il soufflait contre elle mais le balancement de ses reins était long, d’une élasticité étonnante. Muriel, soulevée, balançait, pénétrée toujours davantage.


Il avait trouvé son rythme : puissant et souple.


Muriel fondit. La peau de Chang était moelleuse et rassurante, elle s’y plaqua des mains, des seins, des lèvres et trouva tout naturellement la position qui l’enlevait du contact du sol et le portait au plus profond d’elle.


Si profond même que le souffle vint à lui manquer. Son cœur étreint d’une angoisse hors d’haleine lui pinçait. Elle perdit les sens.


Elle reprit conscience, étendue sur le sol, comme jetée. Elle ne se souvint pas qu’il eût éjaculé. Avait-elle succombé trop tôt pour lui apporter sa satisfaction Elle se sentit pleine de honte. Elle rampa vers Chang.


Il fumait, dans une pipe, une braise entêtante. Là, une mèche trempant dans l’huile faisait un halo. Elle recherche de sa verge. Avant qu’elle eût sa réponse, une main s’empara de son poignet.


Il la fit mettre debout à ses côtés et sa main monta en elle. Sa précision était chirurgicale et sa petite boule roulait dans le gras de deux phalanges aplaties.


Muriel se rappela Yolande. C’était la même opération mais ici plus nette et moins apprentie. Au vrai plus savante et professée. Une dextérité insolente et presque distraite, sûre de ses effets.


Muriel n’y tenait plus. Elle céda doucement au rythme de ces strictions lancinantes qu’elle renseignait par des gémissements sur le pathétique de son état autant que sur l’exactitude de leurs manœuvres et qui, sans pitié, poursuivaient et se guidaient sur cette plainte pour ne plus la lâcher tant que monterait cette poignante mélopée.


Muriel connut l’étrange mystère de la douleur.


Tous ses muscles criaient d’élans et de contorsions inouïes et chaque nouvelle posture rendait la souffrance glorifiée et puis familière et lancinante. Son corps lui semblait le fourreau ajusté de la douleur elle-même. Dès lors chaque stridence la moula dans toutes les figures du plaisir.



Elle libéra sans mal ses journées : Robert négociait encore.


Chang n’était pas facile à trouver. Elle se heurtait sans cesse à des valets ironiques qui l’abusaient d’indications contradictoires. Têtue, elle courait des heures entières. Elle était prise de la volonté enfiévrée de le surprendre, de l’assaillir, l’arracher à ses occupations du moment, tarauder son esprit, le captiver d’excitation et, détournant le cours de son temps, le voir reconnaître l’urgence qu’il avait de ce corps qu’elle lui offrait.


Mais ce n’était jamais cela : comme si tout était prévenu, réunions et entretiens s’écartaient de lui et il l’accueillait comme une solliciteuse aux abois.


Elle se jetait dans l’amour avec boulimie mais seule. Car jamais Chang ne la suivait dans son délire. Il lui faisait l’amour avec une lenteur scrutatrice et bienveillante aussi longtemps qu’il fallait pour qu’elle perde tout espoir de contrôle.


Elle s’avouait alors que cela était bien. Humble et reconnaissante, elle ne voulait rien d’autre. Elle se jetait dans les contorsions les plus folles que lui dictaient les élancements des plaisirs qu’il lui faisait.


Mais quand elle revenait à la maison, elle se disait qu’elle avait échoué, qu’elle n’avait pas su encore une fois envahir Chang de ce sentiment où il eût enfin convenu qu’il était comblé au delà de toute dette.



Robert avait trouvé un financement. Muriel ne demanda pas par qui. Muriel comprit qu’au fond pour elle ça valait pour un congédiement avec remerciements, et un titre de transport pour un retour à la plantation. Elle savait qu’elle n’y reviendrait pas. De ce qu’elle vivait ici, elle ne pouvait plus se passer.


Dans l’après-midi même, elle fit appeler par le jardinier le jeune domestique de la maison.


Elle était nue quand il entra dans la chambre. Elle n’eut pas la réponse à ce qu’elle cherchait : interloqué, apeuré, il se montra si maladroit qu’elle ne put décider si Yolande l’avait initié ou pas. Elle avait mimé tout de même tous les branles forcenés des accès au plaisir.


Elle lui remit les clefs et le volant et lui désigna le petit cimetière, là-bas sur la colline. Il resta à la grille.


Sur le caveau où quelques fleurs achevaient de faner, Muriel s’ouvrit les veines.




CARMICHAËL