| n° 14712 | Fiche technique | 8914 caractères | 8914 1474 Temps de lecture estimé : 5 mn |
18/12/11 |
| Résumé: Il y a des siècles, un homme, une femme… | ||||
| Critères: f h fmast hmast aventure -aventure | ||||
| Auteur : Histochris Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : J’ai eu une belle vie Chapitre 01 / 02 | Épisode suivant |
Là, sur cette couche qui me verra mourir dans quelques jours, je repense à cette vie. Ma blessure est profonde et le moine guérisseur n’a rien pu faire. Si j’avais pu parer le coup, je serais encore debout. 45 années, c’est déjà pas mal. Le mal me ronge. Je pue et ma blessure suinte. Quelle vie !
À 15 ans, mon père m’avait déjà formé au combat. J’étais doué, j’aimais ça. La bataille, le goût bizarre dans la bouche, la force, le bruit, l’odeur des corps échauffés, suants. Après la guerre, quelle folie s’emparait de moi, de nous. Les hommes enivrés par la guerre et le vin, les femmes, ravies de voir ces corps musclés d’hommes brutaux, puissants, n’avaient plus de limites. La seule loi était celle du plus fort et j’étais le plus fort.
Heureusement, elle était là pour m’accompagner dans mon dernier voyage. Là, assise à mes côtés, elle veillait sur moi, moi qui l’avais enlevée à sa famille, après l’attaque de son village, il y a bien longtemps. Un bain de sang.
Je suis un barbare ! C’était ma vie. Une belle vie qui allait bientôt s’achever.
Sa longue chevelure noire flottait sur ses épaules.
Du haut de la colline dominant son village, dans la légère brume de ce matin d’été, je l’avais vue. Mes compagnons étaient impatients mais se contenaient car je n’avais pas donné le signal. Je regardais cette jeune femme. De loin. Je ne puis expliquer pourquoi je ressentis ce désir pour elle. Peut-être ce corps jeune, fin mais point trop. Une apparence. Perché sur ma monture, les mains croisées sur le pommeau de ma selle, où était accrochée ma masse d’armes. Bientôt elle allait servir.
Je ne la quittais pas des yeux. Mes compagnons me regardaient, personne n’osait interrompre mes pensées. J’étais le chef.
Les soldats, piétons de ma troupe, forte d’une centaine d’hommes, attendaient aussi. Sans mot dire mais avec le sourire des guerriers. Le cliquetis des armes augmentait. L’excitation d’avant le combat. Mon excitation était autre. Cette silhouette m’excitait bien plus qu’un combat qui était gagné d’avance.
Je sortis ma longue épée du fourreau et éperonnai mon destrier.
Le tonnerre commença. Ma monture prenait de la vitesse. Le grondement du galop augmenta.
Dans le village en contrebas, l’agitation ! Les cris, les courses des hommes vers leurs outils, seules défenses autorisées pour les serfs, la petite troupe armée qui s’organisait, la course des femmes vers le bois qui bordait le village. C’était bon !
Ma troupe s’élançait. Le massacre approchait. Il eut lieu, le même que les autres, cris, pleurs, odeurs, tout était pareil. Sauf cette fille.
C’est à cause d’elle que je fus clément et interrompis rapidement la curée de mes hommes. La mort avait été donnée, les corps gisaient au sol. L’endroit, si tranquille une heure avant, sentait maintenant le sang.
Je descendis de cheval, je la cherchais. Nous fouillâmes les maisons et soudain, un soldat ressortit en tenant une furie par le bras. Sans doute avait-elle lutté, car sa robe de lin était déchirée sur le devant. Je vis ses seins. Elle avait une peau mate, soyeuse et brillante de sueur. Des seins ronds, fermes. Le désir me reprit.
Je m’avançai vers elle. Sous mon heaume, les gouttes de sueur ruisselaient, brouillant ma vue.
Ses seins me captivaient. Elle allait être à moi. L’homme d’armes la jeta à mes pieds. Cette violence me choqua. Je ne dis rien car mes hommes n’auraient pas compris. Je les avais si souvent conduits dans des combats féroces, dont toujours nous étions sortis victorieux.
Je me penchai et la saisis au poignet. Mon gant de cuir gratta la fine peau de son bras, elle rugit de colère. Elle était là, debout devant moi, poitrine offerte, soulevée au rythme de sa respiration haletante. Son regard me toisait, elle m’insulta.
À l’époque, les gens simples étaient dociles, habituelles victimes des guerres entre seigneurs. Ils passaient de l’un à l’autre, c’était leur vie. Je pensais que, plus jamais, elle n’aurait d’autre seigneur que moi. Je ne voulais d’autres mains sur elle que les miennes. Je voulais que personne ne puisse soupeser ses seins, baiser ses tétons, tenir ses hanches.
Elle prit place derrière moi. Comme elle refusait de me tenir, je lançai ma monture au galop. De peur de tomber, elle finit par se soumettre et enfin, je sentis ses mains se placer sur mes hanches. Je maudis ma cotte de maille qui gâchait tout. J’avais finalement épargné son village et je sentis rapidement que mes hommes m’en voulaient. Ils n’avaient pas eu leur dose.
Je décidai cependant de rester tranquille quelques temps au château. Je n’avais pas encore parlé à cette fille. Elle restait muette et je ne savais que lui dire. Ma passion ne fléchissait pas.
Elle dormait dans ma chambre sur une paillasse, bien que j’aie discrètement ordonné qu’on ajoute une couche. Je savais que l’été passerait vite et qu’elle ne supporterait pas longtemps le dallage froid. Jamais je n’avais autant attendu avant de consommer une femme. JAMAIS !
Je dus ordonner quelques attaques durant l’été pour satisfaire mes vues politiques et surtout stimuler ma troupe qui devenait nonchalante, faute d’action. Elle m’accompagna. Elle assista à tout, à mes côtés. Je surprenais parfois ses regards vers moi. La rage du début était passée. Cela devenait autre chose. Mais elle ne me parlait toujours pas.
Octobre arriva et les premières neiges. J’avais fait retirer la couche que je lui destinais dans ma chambre. Le froid devenait pinçant. La nuit, au chaud sous mes couvertures de peau, je l’écoutais grelotter et gémir sous la morsure du froid.
Une nuit, quelque chose me réveilla. Je prêtai l’oreille. Je perçus une respiration puissante, un soupir, des frottements de tissu. La lourde porte de ma chambre ne pouvait être ouverte sans bruit.
La pleine lune délivrait une lumière blafarde et le rideau de peau laissait passer un rai de cette lumière glaciale. Je levai la tête et observai la pièce vers l’endroit où elle dormait. J’aperçus une forme mouvante.
Je compris. Le gros drap grisâtre la couvrait en partie. La couverture de peau avait glissé au sol. Elle était à quatre pattes sur sa couche de paille. Son corps bougeait. Elle murmurait des mots que je ne compris pas pendant que son corps ondulait.
Elle avait la tête tournée vers le mur et, sans le savoir, m’offrait la vue de sa croupe agitée de spasmes.
Sans un bruit, je me redressai. Sa robe de nuit avait glissé sur la terrible cambrure de son dos. J’aperçus la forme d’un sein lourd qui balançait au même rythme que sa croupe. Le drap, je voulais qu’il glisse encore pour me laisser voir ses fesses que je n’avais pas encore visitées. Son corps, depuis le premier jour, me faisait envie. Je le voyais cette nuit dans un état dont j’aurais aimé être la cause, car elle se donnait un plaisir solitaire.
C’était la première fois que je voyais ça. Mes conquêtes n’avaient jamais osé ça devant moi, ou je n’avais pas le temps. Le drap glissa. La lune éclaira un fessier rond, charnu. Une ombre séparait ses fesses. Son corps n’était qu’ombres et lumière blafarde.
Je bandais. Mon désir pour cette gueuse me tendait. En d’autres temps, j’aurais bondi pour la posséder immédiatement. Mais je voulais voir son plaisir.
Elle agita la tête en psalmodiant des mots incompréhensibles. Je vis son bras se crisper entre ses cuisses. Ses cheveux fouettaient l’air. Soudain, elle se figea. Vision du diable !
Le dos cambré comme jamais je n’avais vu. Un râle sortit de sa gorge.
Elle s’effondra, gardant la croupe levée. Lentement elle tourna la tête vers moi. Son souffle agité envahissait la chambre. Elle me regardait.
Je pris conscience de ma main autour de ma hampe. Je jouis sous ma couverture de peau. Je sentis la chaleur de ma semence sur le dessus de ma main. Je ne pus retenir un bref gémissement.
Son regard ne me quittait pas. Elle eut un sourire étrange.
Elle s’allongea. Je fis de même. Je l’entendis se tourner.
Je restai un long moment à contempler la voûte de ma chambre.