| n° 14658 | Fiche technique | 26302 caractères | 26302 4615 Temps de lecture estimé : 19 mn |
18/11/11 corrigé 12/06/21 |
Résumé: Cinq histoires courtes, par cinq auteurs différents, sur le thème "agréablement égoïste". | ||||
Critères: fh couple inconnu voisins hsoumis vengeance voir exhib lingerie fmast hmast fellation pénétratio jeu #recueil | ||||
| Auteur : Collectif Antilogies Envoi mini-message Co-auteur : Herminie Envoi mini-message Co-auteur : shiva__ Envoi mini-message Co-auteur : Olaf Envoi mini-message Co-auteur : J. Deaux Envoi mini-message | ||||
| Collection : Antilogies |
La collection « Antilogies » regroupe des textes courts (si possible entre 1500 et 6000 signes) mis en ligne sur le forum de Revebebe le 30 du mois qui suit une proposition de sujet « antilogique » par un des membres.
Tous les lecteurs peuvent avoir accès au forum : Concours et jeux d’écritures – Antilogies et autres jeux (ré)créatifs – les textes ou Antilogies et autres jeux (ré)créatifs – les discussions.
par J. Deaux
La première fois que j’ai pris conscience de ta présence, c’était le lendemain de mon anniversaire.
La soirée avait été horrible, à l’image même de ma vie à ce moment-là. J’avais eu beau essayer de m’enivrer pour oublier ma solitude, elle ne m’était apparue que plus clairement et c’est à bout, épuisée par une énième crise de larmes que je m’étais finalement endormie.
Autant dire que le matin je n’étais pas fraîche, loin s’en faut. Et c’est en contemplant l’ampleur des dégâts qu’avaient provoqués mes excès de la veille dans un miroir que je t’ai aperçu. Tu étais là, devant ta fenêtre, te masturbant consciencieusement en me regardant… Je n’ai même pas réagi, trop choquée sûrement, étonnée surtout, de voir que quelqu’un pouvait éprouver un quelconque désir pour moi. Je suis restée plantée là, à t’observer à travers mon petit miroir, et n’ai pu me résoudre à m’habiller et partir travailler que lorsque je fus sûre que tu avais fini ton affaire et quitté ton poste d’observation.
Dès ce jour-là, tu as occupé toutes mes pensées. Je n’arrivais pas à me concentrer et sans cesse me revenait cette question « Est-ce vraiment moi qui ai provoqué ce désir ? ». Car, après tout, je pouvais me tromper, peut-être que tu ne me regardais pas moi, peut-être qu’il y avait une autre femme, belle elle, au même moment devant sa fenêtre… Finalement je n’y tins plus, et décidai de me poster au même endroit, mon miroir en poche, dans le plus simple appareil, attendant ton apparition.
Et tu vins. Mieux encore, dès que tu me vis, tu déboutonnas ton pantalon et entrepris de nouveau de te soulager…
Ce jour-là, sans le savoir, tu m’as offert une nouvelle vie.
Du jour au lendemain je me suis redécouverte femme, capable d’exciter un homme, femme sensuelle… Non, pas encore sensuelle, c’est ce que je réalisais. Mes sous-vêtements en coton dépareillés, mes jeans informes et mes t-shirts au col rond étaient indignes de ton désir, indignes de l’attention que tu me portais. Il me fallut alors renouveler toute ma garde-robe, troquant le coton contre la dentelle et le satin, les jeans contre des jupes, les t-shirts contre des petits hauts décolletés. La volupté de la soie qui crisse sur ma peau, le frisson du courant d’air qui chatouille mes jambes, toutes ces petites choses, jusqu’à présent inexistantes, insignifiantes pour moi, ont envahi mon quotidien en rafale, pour ton plus grand plaisir espérais-je… Mais pour le mien aussi. Chaque fois que je te voyais à ton poste, la verge en main et le regard concupiscent, mon cœur s’envolait, je me sentais vivante, enfin.
Mais ce n’était jamais assez, j’ai commencé à me teindre les cheveux, mettre du soin dans leur coiffure, dans mon maquillage. Les bas et porte-jarretelles ont remplacé les collants, les jupes se sont faites un peu plus courtes, assorties de talons. Dois-je le dire, tu m’as vraiment donné le goût aux belles choses.
J’aurais aimé que tu sentes mon parfum, que tu voies comme mes lèvres avaient l’air désirable, chargées de leur rouge carmin. Je voulais que tu me guettes, que toute la journée tu sois envahi du souvenir de mon image et t’impatientes de rentrer chez toi le soir dans l’espoir de m’apercevoir de nouveau.
C’est dans cette optique que j’ai commencé à me caresser sur mon lit, maintenant placé pour te faire face. Le miroir était depuis longtemps oublié, remplacé par une petite caméra sur le coin de mon balcon qui retranscrivait sur ma télé chacune des montées de ton plaisir. Combien de fois, à ton insu, ne nous sommes nous pas masturbés de concert, combien de fois n’ai-je pas attendu de te voir prendre un mouchoir avant de jouir. En même temps, je redécouvrais mon corps, les sensations de mes seins caressés, de mes tétons pincés, le délice de sentir le plaisir monter lorsque mon doigt s’approchait de ma grotte intime… Tout ce que j’avais trop longtemps délaissé, oublié, je l’ai redécouvert grâce à toi.
Bien sûr, tu n’as pas été le seul à être le témoin de ma transformation, tout mon entourage s’est posé beaucoup de questions. Certains disaient que j’avais rencontré un homme, ce qui n’était au final pas tellement faux, d’autres disaient qu’insatisfaite de mes revenus ou simplement de ma vie, je m’étais lancée dans la prostitution de luxe, ou ne sais-je quoi d’autre encore… On a également commencé à s’intéresser à moi, à me proposer des sorties, à vouloir flirter avec moi. Mais immanquablement je refusais, ne voulant pour rien au monde être absente à un de nos petits rendez-vous implicites.
Ce manège aurait pu continuer toute notre vie peut-être, si Pierre n’était pas arrivé. Pierre est tout ce que j’ai toujours rêvé chez un homme, plus même. Sans toi, lors de sa mutation dans mon service, ma vie serait devenue un enfer, je n’aurais eu cesse de pleurer mon malheur, de ne pas être à la hauteur d’un tel homme.
Mais tu m’as appris que je suis capable de plaire, de faire fantasmer un homme. Tu m’as appris que j’étais sensuelle, désirable, digne d’attention. Tu m’as appris que Pierre pouvait s’intéresser à moi. Tu as, en quelque sorte, permis même qu’il me prête attention. Car je ne sais pas si mes jeans et mes t-shirts auraient autant enflammé son imagination que mes escarpins et mes robes.
Pour nous avoir observés plusieurs fois, tu sais qu’il ne m’a pas résisté longtemps… Là encore, je te dois tout. Ton regard posé sur nous m’a donné les envies les plus folles, les plus coquines… J’ai voulu te mettre au supplice, te faire baver, peut-être simplement te faire regretter d’être toujours resté derrière ta fenêtre, sans jamais essayer de me rencontrer…
Demain, j’épouse Pierre, et dans la semaine qui vient, je déménage.
C’est pour cela que j’ai tenu à t’écrire cette lettre, pour que tu ne demeures pas ignorant de tout le bonheur que tu as contribué à faire naître. Merci à toi, illustre inconnu, merci à toi pour tout ce que tu as fait pour moi. Je ne t’oublierai jamais, sois-en sûr.
P.S. : J’ai vu la nouvelle locataire, c’est une jolie jeune fille aux seins hauts perchés et aux tenues légères…
Tendrement,
J.
oooOOOooo
par Olaf
C’est égoïste, un homme qui cherche le pur plaisir. Pour la femme, c’est très différent. Sauf lorsqu’elle est confrontée à un égoïste. Ce que l’homme n’imagine pas. Jusqu’au jour où…
J’ai su qu’il avait envie de niquer avant même qu’il entre dans notre chambre à coucher. Envie de niquer, pas envie de me faire l’amour. Toute la différence est là.
C’est fou ce que c’est prévisible un mec en rut. Il y a d’abord sa manière de sortir de la douche. Un truc que j’entends à sa démarche et qui laisse présager du pire.
Après, il y a sa manière de traverser l’appartement habillé de sa seule érection. Une érection inhabituelle, démesurée, une trique animale. Dans cet état, il doit se soulager, toute sa volonté est bandée vers cette seule issue. Désir de sexe à l’état pur, sans une ombre de tendresse. Pulsion brute, à laquelle doit se soumettre la femelle.
Nous voilà déjà face à face, sa verge conquérante et moi. Je ne veux pas savoir d’où lui vient ce subit besoin de copulation. Il est évident que je n’y suis pour rien. Sans doute le souvenir d’une autre femme. Qu’importe, ce sont mes orifices qu’il veut, rien d’autre que mes orifices.
Quand il est dans cet état, il porte haut les couleurs de son envie. Fier de sa voilure, il se transforme en navire de guerre, à l’heure de l’abordage. Je n’ai qu’à bien me tenir, si je veux résister à l’éperonnage. À moins de virer de bord bien avant l’assaut, toute fuite m’est impossible. Quant à la résistance, vue l’impétuosité du mâle, elle est vouée à l’échec.
Avec le temps, j’ai compris qu’il ne me restait qu’à tirer le meilleur profit de la situation. L’expérience m’a permis de faire contre mauvaise fortune bon cul. Pour autant que j’arrive à anticiper ses intensions. Son objectif est clair, baiser sans retenue et jouir à couilles déployées. Tout se joue dans la manière et l’intensité de l’assaut.
Mon apprentissage fut sans pitié. Mais, à force de cuisants échecs, j’ai découvert les gestes qui sauvent.
D’abord commencer par mouiller abondamment son gland. Car elles sont douloureusement sèches, ces bandaisons express. Dès lors que ce désir-là ne s’assouvit que dans une pénétration brutale et très profonde, mieux vaut sucer abondamment avant de tourner le dos.
C’est exactement ce à quoi je me prépare à l’instant, toute occupée à lécher le bout violacé de sa tige. J’ai posé préventivement mes mains sur ses fesses, dans l’espoir de sentir son prochain mouvement et d’éviter de me retrouver retournée sur le lit, inconfortablement perforée par son piston.
Comme j’ai haï ces baises sans tendresse. Comme je me suis dégoûtée de m’y soumettre. Il n’empêche, contre toute attente, plus le temps passe, plus je me prends à y trouver certains avantages. Pas du plaisir, certes non, mais quelques satisfactions.
J’enferme ses couilles entre mon pouce en mon index. Elles sont si gonflées que j’arrive à peine à en faire le tour. Sa pine tressaute de bonheur sous ce qui est, pour l’instant encore, une caresse. Dès que j’estime son mandrin bien huilé, je le conduit où je veux, par simple pression des doigts. Le mâle frissonne d’impatience et de douleur. Je le force à s’allonger sur le dos. Il comprend que je l’ai pris de vitesse et que toute résistance pourrait s’avérer douloureuse.
Ma prise à réussi. Il va reprendre le dessus dans les secondes qui viennent. Qu’importe, placés comme nous sommes, s’il veut s’enfoncer en moi, il ne peut que saisir mes hanches et m’asseoir sur son chibre. Je suis prête. J’ai eu le temps de me caresser pendant que je le suçais et je suis déjà bien mouillée.
Il n’est pas long à réagir. Déjà, il remplit mon ventre de sa démesure génitale. Les premières secousses sont titanesques. Je me demande d’où il tire tant d’énergie, lui qui n’en fait que rarement preuve dans notre vie de tous les jours.
Le chevauchant de la sorte, je m’offre une deuxième satisfaction. Observer la montée de son plaisir sur son visage. Parce qu’il est beau, mon animal et les éclairs de folie érotique qui traversent ses yeux ont le don de m’émouvoir, malgré la brutalité de son assaut.
Il est persuadé de me posséder à sa guise et ça l’excite au plus haut point. Je lui laisse cette illusion. En jouant sur la profondeur et l’amplitude de ses élans, je garde la liberté de décider de mon propre plaisir. Ce sera quand je veux, comme je veux, pauvre pantin !
En plus, cette position me laisse les mains libres. Du bout des doigts, je pince violemment ses tétons. Surpris, il hurle de douleur. Son regard étonné me donne des idées pour retourner la situation à mon avantage. Je lui lâche un chapelet d’insultes salaces, le traitant de mauvais coup, avant de me redresser pour expulser son corps étranger de ma vulve.
Dépité, alors qu’il était sûr de donner le meilleur de sa virilité, il hésite une fraction de seconde sur la suite à donner à cette rebuffade. J’en profite pour observer sa queue qui palpite dans le vide. Putain ce que j’aime cette tige de chair, de préférence juste avant qu’elle gicle. Malgré tout ce qu’il m’impose dans ces moments-là, elle continue à me faire craquer.
Une fulgurante envie monte dans mon ventre. Les rôles sont inversés, il va falloir qu’il assure. Sa petite femme, si douce, se transforme en furie, assoiffée de sexe. Je lui crache à la figure que ces préliminaires me fatiguent et qu’il est temps de me planter, maintenant et bien profond.
Salope jusqu’au bout des seins, je me retourne pour lui présenter ma croupe. Je ne crains plus rien. Il est trop obnubilé par mes exigences, qu’il sait dépasser ses possibilités viriles. Rien n’est plus déstabilisant qu’une femelle qui exige la totale et le décrit en détail.
Il approche son braquemart de mes fesses. Je le sais se demander avec inquiétude s’il est encore assez bien bandé pour me pénétrer d’une seule poussée. Je le provoque en grognant d’impatience. Cela suffit à le faire débander un poil. La pénétration n’en sera que plus supportable.
Intimidé par mon déchaînement sensuel, il commencerait presque à faire preuve de prévenance à mon égard. Il me perfore, certes, mais d’une manière lente et régulière. Un régal.
Je sens son membre au fond de moi. À chaque mouvement de ses reins, sa pointe frôle ma matrice à travers la paroi de mon intestin. Des milliers de bulles explosent au fond de mon ventre. Je me laisse aller et jouis en hurlant.
S’il ne réagit pas, il sait que je risque de lui échapper en retombant sur notre couche. Il s’arrime à mes hanches et s’agite désespérément entre mes fesses. Magnanime, je le laisse se faire du bien. Quelques minutes plus tard, il se vide en moi. Ses chaudes giclées me procurent un petit rab de volupté.
Assommé de plaisir, il s’écroule contre mon flanc, le souffle court. Je me redresse sur un coude pour le contempler. Une vague de tendresse monte en moi. C’est égoïste un homme qui cherche le pur plaisir. Mais le mien a quand même quelque chose de particulier. Un petit plus que j’aime engloutir. Si cela me permet de lui apprendre les règles du bien-baiser, je ne vais pas nous en priver.
oooOOOooo
par Herminie
Allez, une histoire vraie, dont certaines phrases ne sont même pas d’Herminie !
René à…
24 octobre 1823
René à Cordelia
Mon amour, tu pars pour Dieppe. Pars donc, loin de Paris et du monde ! Je t’y retrouverai après-demain, et avec la mer pour témoin, tu verras si je sais t’aimer !
Un millions de baisers, de caresses et de serments d’amour, belle adorée
24 octobre 1823
René à Juliette
Les rois m’ont empêché de vous écrire hier. Ne m’en voulez pas, je vous en prie ! Ne partez pas, je vous en supplie ! Que ferais-je sans vous ? Vous n’imaginez pas comme les affaires de l’Europe pèsent sur moi depuis la chute de Cadix ! Je suis bien las et il me prend vingt fois par jour le désir de tout planter là ! À mon retour, dans quelques jours, si vous le voulez, j’irai dans votre petite cellule de l’Abbaye-aux-bois, prêt à affronter toutes vos rudesses et à demander humblement pardon, bien que je sois innocent de toutes les fautes dont on m’accuse.
À vous, à vous !
24 octobre 1823
René à Delphine
Chère marquise, chère Reine des roses,
Je vous avais promis de vous rendre visite dans votre domaine normand de Fervaques à l’automne. Eh bien, voici l’automne et j’arriverai dans deux jours chez vous. Vous pourrez discuter à loisir du bon vieux temps avec votre vieil ami,
Tout à vous.
28 octobre 1823
René à Cordelia
Ange de ma vie, lien de mon cœur, Cordélie,
La voiture me ramène vers Paris. Laisse-moi te raconter une petite histoire qui nous fera revivre ces merveilleux instants d’éternité volés au monde.
Il y a longtemps, dans un pays lointain, une haute forteresse dominant l’océan, battue par les vagues et les vents dont le mugissement fait sonner les antiques pierres et s’adoucit lorsqu’il se mêle à la voix gémissante des arbres et des bosquets du jardin clos. Une blonde princesse habite le castel. Ses boucles sont d’or, son teint est semblable à l’albâtre dont les rayons de lune révèlent l’éclat, sa bouche de corail et ses dents de perle. Dans ses yeux se reflète la mer et le ciel ensemble, au gré des humeurs de la belle.
Les galants de tous pays se pressent sous les remparts pour l’admirer et aspirent à sa main.
L’un d’eux – un simple vicomte – sait piquer sa curiosité. Sans se déclarer trop vite, il envoie en ambassade deux fidèles : le seigneur Digital et le seigneur Lingal.
Ils entrent au château, franchissant le pont-levis et pénétrant dans la première cour. La princesse leur a lancé un défi : ils doivent la trouver, où qu’elle se cache, ainsi, le Vicomte la rejoindra pour un entretien particulier.
Le seigneur Digital explore en premier tous les coins et recoins, avec tact et discrétion, sa présence sait se faire opportune, il ne méprise pas les détours qui lui sont parfois réclamés par les gens du château, car il espère découvrir la cachette de la princesse. Dans le même temps, le seigneur Lingal se répand en paroles aimables, il ajoute quelques délicates attentions et les douceurs d’une langue habile. Leur mission est délicate mais non difficile, aussi prennent-ils tout leur temps. Ils parcourent les chemins de rondes, cours et courtines, salles et chambres, couloirs et escaliers jusqu’à la chambre de la dame des lieux. Ils trouvent porte close : une suivante, dans la chambre voisine, conserve précieusement la clé.
Le seigneur Digital dit à son compagnon :
« Dites-moi, Lingal, allez voir la demoiselle de compagnie, et essayez d’obtenir la clé, je suis sûr que vos talents d’orateur nous obtiendront ce que nous désirons. Je vous attends là, à la porte. »
Lingual trouve la suivante et engage la conversation avec elle. Il est si aimable et si délicat que la demoiselle veut le retenir à tout prix. Il prodigue ses caresses les plus douces mais elle attend plus, la coquine. Il la presse davantage, la pousse dans ses retranchements, elle soupire :
« Ne m’en veuillez pas Seigneur, ma… maîtresse m’a… demandé de m’assurer que vous étiez les parfaits ambassadeurs d’un galant parfait. »
Le seigneur Digital attend à la porte de la princesse et colle son oreille tout contre car il a perçu quelques mouvements à l’intérieur, des froissements d’étoffe.
En effet, la princesse peut suivre à travers la mince cloison la séparant de la chambre de sa suivante, tout le déroulement des négociations rapprochées et juger de l’éloquence de l’ambassadeur; à entendre les soupirs de son amie, une langue bien placée fait son petit effet et la princesse est prête à rendre les armes en se découvrant. Sa chambre lui parait soudain fort vide, un vide vertigineux qui s’agrandit sans cesse dans son esprit et réclame d’être comblé par un Vicomte compatissant, ou à défaut un de ses compagnons. Elle est trop timide pour le réclamer elle-même, mais le seigneur Digital s’enhardit et pousse doucement la porte.
Il a l’heureuse surprise de constater qu’elle n’est pas fermée comme il l’a d’abord cru et qu’elle s’ouvre largement à son passage.
« Finalement, » pense-t-il, «comme je le dis toujours, c’est facile, il suffit de mettre le bon doigt, au bon endroit, au bon moment. »
Il se glisse à l’intérieur de la chambre, et de joie, la princesse tombe en pâmoison.
Cher Ange, tu devines que le Vicomte s’est bientôt rendu maître du château, que la dame lui a livré toutes les clés et lui a découvert les endroits les plus secrets, du verger enchanté au bosquet de roses, de la fontaine de jouvence à l’alcôve des mystères et qu’ils ont goûté aux joies de l’amour en contemplant l’océan briser ses flots aux pieds des murailles infrangibles.
Il me tarde de te retrouver, de te respirer à nouveau et de te redire combien je t’aime !
À toi, à toi, toujours !
29 octobre 1823
René à Delphine
Chère marquise, je ne comprends pas un mot de ce que vous dites dans votre dernier billet. Vous me faites une histoire invraisemblable, que tout le monde raconte ici, mais qui n’a pas le sens commun : j’allais à Fervaques. Hélas ! La voiture a brisé sur le chemin, et un malheur n’arrivant jamais seul, une estafette envoyée à ma poursuite a fini par me rejoindre : le roi me rappelait. Croiriez-vous que je ne suis pas découragé et que, malgré ma mésaventure, si vous prolongez votre séjour à Lisieux, je ne renonce pas à aller vous voir ?
Je ne vous oublie pas, vous êtes dans ma vie au nombre de mes souvenirs les plus doux et les plus impérissables.
29 octobre 1823
René à Juliette
Ainsi vous êtes partie ! Ce soir, je me suis rendu à notre heure à votre petite cellule. Je vous y ai attendue, seul, et vous n’y étiez pas. Ne pouviez-vous m’attendre un peu et retarder votre départ ? Il vous est bien facile de vous passer de moi. Moi, j’avais tout quitté pour venir à vous.
Non, vous êtes partie pour l’Italie, mais vous reviendrez bientôt, et vous me retrouverez tel que j’ai été et tel que je serai toujours pour vous. Ne m’accusez pas de ce que vous faites vous-même. Je vous aime de toute mon âme, et votre injustice ne pourra m’en empêcher.
François-René Vicomte de Chateaubriand
Pair de France
Ministre des Affaires étrangères pour Louis de Bourbon, Roy de France
oooOOOooo
par Shiva__
Robert c’est mon héros, mon doudou. Je l’aime. Il est beau comme un premier de classe. Et de la classe, il en a mon Robert ! Surtout quand il est prêt aux aurores le lundi matin pour faire sa tournée de la semaine. Il est aussi beau que Benoît Poelvoorde dans « Les Portes de la Gloire » avec son pantalon à pinces, sa chemise à carreaux bien repassée comme il faut, son nœud papillon et sa jolie veste.
En même temps, c’est pas bien compliqué, il fait le même métier : du porte à porte, de la vente à domicile d’accessoires du bonheur ! Il vend des aspirateurs. Pas n’importe lesquels hein ! Ce sont de vrais robots télémachinchose, qu’on programme et qui vous suppriment tous les moutons de la maison. « Bobonne n’a plus qu’à regarder son feuilleton préféré, pendant que l’appareil s’occupe du boulot ! Plus fidèle que votre homme et plus indépendant qu’un sextoy !», comme il dit, mon Robert.
C’est son slogan pour penser à moi. J’adore « les Feux de l’Amour ». Alors, à chaque fois qu’il vend une de ces machines sophistiquées, c’est un peu grâce à moi. Moi, je sais qu’il n’a pas besoin de ça pour penser à moi, parce que tous les soirs on se retrouve sur not’p’tit écran à nous. On se met le feu virtuellement sur nos 17 pouces, avec nos 10 doigts. C’est toujours un feu d’artifices pour moi. Et des artifices, je n’en manque pas. Tantôt écolière, tantôt infirmière, je suis sa bourgeoise, sa pute de luxe, sa poule, sa cochonne (je m’appelle Peggy, ça n’s’invente pas !). Bref, je suis sa pin-up Arthur de Pins et il fait toujours ce qu’il veut de moi. J’aurais voulu être actrice.
Pourtant, l’autre soir, j’étais toute bien apprêtée en frous-frous, boa, tanga dentelle et jarretelles, escarpins, lèvres carmin, cils allongés, regard de braise, et tout, et tout, … Tout était prêt pour une nouvelle ascension virtuelle fusionnelle. Mais quand j’ai branché la connexion, même en faisant tout bien comme il faut et comme il m’a écrit (au cas où j’oublierais), eh bien y’avait pas mon Robert ! L’écran, il est resté tout noir, comme le ricil qui s’étalait sur mes joues humides, quelques minutes plus tard. J’arrivais pas à lui téléphoner et notre fixe de la maison n’a jamais sonné. Le salaud !
Alors, quand il est rentré vendredi de sa tournée, je l’attendais encore vexée. Le bourguignon mijotait, pendant que les rondelles de carottes roulaient à chaque fois que la lame du couteau s’écrasait sur le billot. Mes nerfs, il fallait que je les passe. Et encore plus quand les pneus de notre Espace ont freiné dans les graviers de la cour. J’étais très, très, contrariée. Il devait s’en douter Robert, parce qu’il avait l’air tout couillon, passé le paillasson.
Il avait l’air tout penaud, mais je n’étais pas dupe. Alors, je l’ai attiré dans notre chambre et je l’ai ligoté tout nu en « X » aux montants de notre lit à baldaquin. Il était raide, il grognait comme une bête en cage ! Je lui ai fait un strip-tease juste assez langoureux pour qu’il bave encore plus. Une envie folle de me toucher, de me caresser, montait en lui. Il ne pouvait toucher que des yeux et de la langue. Pas un mot : interdiction de parler.
Je me suis approchée féline, avant de l’enjamber, frôlant son torse virilement poilu du bout de mes petits seins bien ronds et bien durs (ils sont à toi, mais pas tout à fait). Je les trempais entre ses lèvres, comme un biscuit dans du chocolat chaud. Je me frottais à lui, je l’excitais par des allées et venues de son entrejambe à sa bouche. J’ondulais, je le fouettais avec mes cheveux. Je sentais ses orteils trembler, ses muscles contractés sous les paumes de mes mains qui s’emparaient de son corps brûlant.
J’étais toute excitée de pouvoir décider du où, du quand et du comment prendre mon plaisir. Des jouets j’en ai plein les placards, mais pas d’aussi grands, pas d’aussi vivants. Je les avais sortis pour rien, l’autre soir, je comptais bien me rattraper à ma manière. Cette fois, il était physiquement là, mais je ne voyais pas mon Robert. Je voyais là juste un sextoy extraordinaire pour moi toute seule !
J’aime surtout sentir sa queue veinée dans mon four tout chaud et bien humide. C’est pour ça que je me suis empalée dessus : pour m’offrir une chevauchée fantastique ! Je n’ai pas parcouru beaucoup de kilomètres, j’étais bien trop excitée par cette première fois « sans les mains ». J’ai joui très fort d’un orgasme à la fois clitoridien et vaginal. Ça me réussi de me prendre le bec avec mon amoureux ! Je me suis retirée alors que Robert n’était pas loin de franchir la ligne d’arrivée lui aussi. Il n’a pas bien compris, mais tant pis ! Après avoir déposé un baiser du bout de mes lèvres sur son grand chauve à col roulé, je suis retournée surveiller ma popote. Je l’ai laissé gémir et râler seul avec sa bite infidèle, tendue vers le ciel, qui s’agitait et le souillait.
Mon bœuf bourguignon, il était temps de l’arrêter. Cuit à point, il avait fini de mijoter.