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Temps de lecture estimé : 9 mn
31/10/11
Résumé:  Le sac à main, volé et maltraité, continue de suivre sa destinée fatale.
Critères:  fh couple inconnu fdomine photofilm fsodo attache humour -bourge
Auteur : Samuel            Envoi mini-message

Série : Les confidences d'un sac à main

Chapitre 03 / 03
Les confidences d'un sac à main (troisième partie)

Les confidences d’un sac à main (troisième partie)




Résumé des chapitres précédents : le sac de Marie-Ange a été volé ; il est retrouvé dans un parc par deux étudiants, Diane et Jérôme. Ce dernier propose de le rendre à sa propriétaire.




Jérôme a passé une bien mauvaise nuit. Diane a vomi tout l’alcool qu’elle avait ingurgité. Ils se sont disputés jusque très tard. Il croit aussi que l’amitié de Martin est plus que douteuse. Enfin, ce samedi matin, il va rendre ce maudit sac qui lui semble la cause de tant de désagréments. Et encore il le rend parce qu’il a promis de le rendre et qu’il est un homme de parole, mais s’il s’écoutait, il jetterait ce truc en cuir dans la Seine. Il sonne. Marie-Ange lui ouvre. Jérôme ne dit pas un mot et se contente de montrer l’objet. Marie-Ange est aux anges. Jérôme est marri, car elle le fait entrer quasiment de force dans l’appartement alors que lui prétendait s’en aller le plus vite possible. Il se renfrogne dans sa mauvaise humeur quand il entend qu’on va lui préparer un café. En plus du café, il a droit au récit détaillé du vol, mais également à quelques visions étonnantes.


Marie-Ange, il vient juste de le remarquer, est habillée d’un déshabillé vaporeux comme on dit. Cela ne semble pas aussi invraisemblable, puisqu’on est le matin. Mais le soleil qui traverse la pièce fait en sorte que le déshabillé porte bien son nom. Il n’en croit pas ses yeux et s’aperçoit que le corps de la jeune femme est complètement apparent. Il n’écoute quasiment plus ce qu’elle raconte d’une voix suave. Il ferme un instant les yeux, enivré par le parfum qui enveloppe cette femme. Quand il les ouvre de nouveau un autre spectacle s’offre à lui. Marie-Ange n’a pas fait attention que son entrejambes est visible et Jérôme n’en peut plus. Il en renverse quelques gouttes de café. Aussitôt la maîtresse de maison le conduit à la salle de bain pour qu’il se nettoie.


Pendant ce temps, elle reprend possession de son sac, en constatant malheureusement qu’il a souffert : des accrocs, des taches, des coutures un peu abîmées. Elle le prend et le laisse, le regarde de près, puis de loin. Peut-elle encore vivre avec lui ? Bien sûr, elle n’a pas oublié qu’il est le compagnon de tant de virées. Mais il faut tenir son rang, son standing. Non, franchement, elle ne peut plus sortir avec ce sac qu’on dirait d’occasion. Elle le donnera à une association caritative. Il peut encore faire le bonheur de quelque dame modeste, mais coquette. Mais il ne faut pas être ingrate, pense-t-elle. Si je ne peux plus rien pour ce pauvre sac, je vais être reconnaissante envers celui qui me l’a rapporté.


Elle entre dans la salle de bain alors que Jérôme est encore en train de s’activer sur son tee-shirt. Elle s’assoit sur le siège du WC et urine très tranquillement. Jérôme la regarde ; elle lui sourit et lui explique que la nature n’attend pas. Elle avait très envie. Et elle continue en lui disant qu’elle ne résiste à aucune envie. Vous voyez, lui avoue-t-elle, j’ai eu envie d’un sac, je me suis acheté un sac. J’ai eu envie de pipi, j’ai fait pipi. Je suis comme ça. Tu trouves cela ridicule, n’est-ce pas ?


Jérôme n’est pas encore remis du tutoiement qu’elle se lève et s’essuie d’un geste élégant avec le papier-toilette. Elle l’incite à quitter ce tee-shirt pour qu’il sèche. Jérôme essaie de dire qu’il doit partir à la fac, mais il ne trouve pas ses mots. Elle s’approche du lavabo, prend un verre à dents, le remplit et intentionnellement elle le vide sur le pauvre étudiant qui voulait fuir, mais qui maintenant a une érection. Une érection que le tissu mouillé rend visible, très visible. Marie-Ange s’en amuse et le provoque. Jérôme se demande s’il ne s’agit pas d’une émission du genre caméra cachée, mais il n’a pas le temps d’y réfléchir davantage. Il se trouve en face d’une femme complètement nue dont les poils pubiens commencent à repousser. Il veut se débarrasser à son tour de ses vêtements, mais je ne sais pas si vous avez déjà essayé de vous déshabiller en étant trempé, c’est très difficile, parce que tout colle à la peau. Il s’obstine, tire sur tous les tissus, mais rien à faire.


Marie-Ange, qui cache à peine son fou-rire, l’aide et le calme. Ce n’est pas si souvent qu’elle peut faire l’amour avec un jeunot. Elle se met à rire en pensant : si je devenais cougar, quand je serai dans la quarantaine ? Mais pour le moment, elle réussit enfin à descendre le pantalon et le slip du garçon qui se trouve un peu ridicule. Son tee-shirt en haut des bras dont il ne peut se débarrasser et le reste au bas des jambes. Marie-Ange, au lieu de le libérer, le laisse ainsi et s’empare de son sexe. Elle le trouve sympathique, d’une bonne couleur, d’une douce odeur, d’une peau satinée et d’une forme attrayante. Elle le caresse avec une adresse consommée ; le membre donne déjà des signes de congestion. Elle prend dans sa main les testicules qu’elle soupèse comme au marché les figues fraîches . Jérôme se dit que si elle continue et qu’elle lui effleure l’anus, elle va tout prendre tout de suite et qu’il se retrouvera piteux comme un garçon qui a mangé toute sa part de tarte alors que les autres n’ont pas encore commencé parce qu’ils attendent la maîtresse de maison.


Mais Marie-Ange a de l’expérience et en voyant quelques mouvements saccadés de la verge, elle comprend vite la situation. Cependant la position empêtrée du jeune homme l’amuse. Alors que Jérôme croit qu’elle va enfin le libérer, elle prend le tee-shirt et l’attache fermement à un anneau pour accrocher les serviettes et les sorties de bain. Désormais l’étudiant a tout à fait la figure de Saint-Sébastien, celui du tableau de Pierre et Gilles. Nu, les mains attachées en hauteur, le regard inquiet et deux flèches plantées dans le flanc. C’est trop beau, elle veut prendre une photo pour montrer à ses amis peintres. Avec son rouge à lèvres, elle lui fait des petites plaies sur le ventre. Malheureusement Jérôme n’est pas étudiant en art et il n’apprécie pas comme il le devrait cette évocation culturelle. Elle lui explique que ce tableau date de 1987 et qu’il est exposé à Zurich : C’est incroyable, mais tu as exactement la même expression. J’en suis toute retournée.


Le jeune homme se demande s’il est modèle pour une artiste déglinguée, esclave d’une maîtresse sado-maso ou tout simplement victime d’une dévote dévouée au culte de Saint-Sébastien. Enfin, je rapporte un sac, se dit-il, et je me retrouve dans un… cul de sac ! Bien sûr, il est lui aussi excité par la situation, mais d’une part il est à deux doigts d’éjaculer (déjà culer…) et d’autre part il n’aime pas trop être entravé par une dépravée. En plus, elle l’appelle désormais Sébastien et le flashe sur tous les angles. Elle pose enfin son foutu appareil et s’approche. Elle lui tourne le dos et se fait pénétrer sans autre formalité. C’est elle qui donne le rythme avec son bassin. Jérôme essaie aussi de faire un effort pour montrer qu’il a de la ressource, mais en tendant ses fesses en arrière pour donner de l’ampleur à son mouvement, un porte-serviettes ventouse lui entre dans le fion. À partir de là, le lecteur le sait déjà, Jérôme ne se contrôle plus et un grand jet de sperme éclabousse les chevilles de la dame.


Elle n’en tiendra pas trop rigueur à Sébastien, le délivrera et le raccompagnera après une bonne douche. Il demande si ce ne serait pas possible de se revoir parce que… quand même… franchement… la prochaine fois… Mais Marie-Ange lui dit qu’il n’y a aucune raison valable pour ce faire puisqu’elle a pris des photos et que cela lui suffit. À la porte, elle lui glisse un bisou dans le cou et un billet de 20 euros dans la main : comme vous le voyez, j’ai plus d’un tour dans mon sac.


L’après-midi même, Marie-Ange se rend à Emmaüs pour offrir ce sac aux personnes en grandes difficultés parce que la crise les a précipitées dans le malheur (elle a suivi une émission à la télévision et elle comprend bien le problème). Une espèce d’abbé en civil la reçoit en sautillant sur ses espadrilles, noires comme il se doit les espadrilles. Oui, Madame, susurre-t-il, c’est un objet qui fera un heureux ou plutôt une bienheureuse. Après un dernier regard à cet objet, qui fut le complice de tant de passions et le témoin de bien belles empoignades sexuelles, elle s’en éloigne avec la nostalgie d’une mère ours qui laisse ses oursons au zoo parce qu’elle ne peut plus les nourrir tant la nature s’est dégradée. Le compagnon d’Emmaüs se dit alors : Et si j’offrais ce sac à ma compagnonne ? Elle serait heureuse comme une Sainte Thérèse qui a trouvé un trèfle à quatre feuilles ! Elle n’a jamais eu qu’un cabas pour transporter des pommes et des noix le plus souvent. Une vraie paysanne…


Mais il est interrompu dans ses réflexions par un couple de mendigots qui lui demande combien coûte le sac en question. Alors, le préposé aux bonnes œuvres se souvient qu’il est là pour soulager la misère et que finalement un cabas c’est bien plus commode. Il cède l’ancien objet de luxe à un prix dérisoire et les deux pauvres s’en saisissent avec un tel entrain qu’il est reste pantois. Arrivé dans leur triste masure, la femme pose le sac sur la table en bois brut et tous les deux s’assoient sur le lit pour le contempler.



Raymond prend la chaise et la fracasse contre la table ; il casse les deux malheureusement. Mais enfin, il y a de quoi faire un vrai bon feu. Rosemonde se dit que c’est triste pour la table, mais il aurait pu la jeter contre le mur et rien ne dit que le mur aurait résisté. Raymond craque une allumette et une belle flamme jaillit aussitôt dans le sinistre foyer. Rosemonde fait son strip-tease en fonction de la chaleur qui monte. Comme la pièce est petite, elle est vite nue. En fait, elle n’est pas vilaine la garce, se dit le garçon. Les privations l’ont empêchée de grossir et ses seins ont tenu bon. Les fesses aussi. La voilà avec son sac à la main, fière comme la reine d’Angleterre avec son chapeau. Mais Raymond n’est pas au bout de ses fantasmes. Le seul livre qu’il n’ait jamais lu c’est Tintin au Congo et il se souvient de ces images d’Africains en pagne avec un chapeau haut de forme et des négresses avec un sac à main. Alors, il prend un vieux morceau de bois carbonisé et il noircit la peau de sa femme.


Elle se laisse faire par amusement, mais elle se demande bien comment elle va ensuite se débarbouiller. Rosemonde est bientôt complètement recouverte de suie noire, avec le sac qu’elle porte maintenant comme Noami Campbell (oui, il dit toujours Noami au lieu de Naomi). Il a toujours voulu se faire une Noire. Il n’a jamais pu. Les prix pratiqués sont inaccessibles pour une partie de la population qui est rejetée dans les affres de la précarité (ils l’ont dit à la télévision). Alors, il baisse à son tour son froc et il prend dans ses bras Noiremonde, comme il l’appelle désormais. Tous les deux tombent à même le sol chauffé par l’âtre qui donne tout ce qu’il a.


À moitié noirs et à moitié blancs, dans des étreintes qu’ils n’ont jamais imaginé connaître, les deux malheureux s’envoient en l’air. Pas comme d’habitude, en vitesse, pour ne pas attraper la crève, pas à la sauvette, parce que Raymond a les testicules qui le démangent, ou parce que Rosemonde est trop triste à l’idée de ne rien manger depuis trois jours. Non, une bonne partie de jambes en l’air sans risque de prendre froid, sans penser au lendemain qui grince. Il s’agit quasiment d’un acte mystique, d’une cérémonie où toutes les positions sont essayées à défaut d’être adoptées. La sodomie finale est d’une grande beauté et semble un cadeau divin à Rosemonde qui avait toujours refusé ces galipettes de bourgeois. Elle hurle de plaisir, éjacule comme elle n’a jamais su le faire et ils s’effondrent tous les deux dans un orgasme comateux.


Le feu lui ne s’arrête pas et, se propageant aux draps du lit, mange tout : la maison et ses occupants inconscients ou trop heureux d’en finir d’une si belle façon. Les pompiers ne retrouveront que les armatures d’un sac en cuir de vachette pleine fleur de chez Lancaster.