| n° 14561 | Fiche technique | 8184 caractères | 8184Temps de lecture estimé : 6 mn | 06/09/11 |
| Résumé: Ma rencontre avec Élise ne fut pas sans émotions... | ||||
| Critères: fh plage humour -humour -couple | ||||
| Auteur : Samuel Envoi mini-message | ||||
Tout s’est passé si vite ! En janvier, je rencontrai Élise lors d’une manifestation. Elle avait eu peur. Les policiers avaient chargé et elle s’était retrouvée au milieu de la mêlée. Elle s’était mise à crier, assise sur le pavé. Je l’avais remarquée déjà. Mais c’est quand l’échauffourée s’est terminée, une bonne heure plus tard, que je la retrouvai, toujours dans la même position. Je lui donnai le bras pour qu’elle se mette debout, mais rien n’y faisait. Elle restait plantée là au milieu de la rue piétonne. Impossible de lui tirer un mot, voire même un son. Pourtant je ne renonçai pas, d’autant plus que ses cheveux noirs et ses lèvres très rouges m’avaient vraiment sensibilisé…
Un peu plus tard, elle était dans ma chambre. À peine plus bavarde, elle me dit qu’elle avait honte. Honte d’être aussi peureuse, froussarde, couarde. Elle accumulait ainsi les adjectifs pour battre sa coulpe avait d’autant plus de vigueur. Je la rassurai en lui disant que c’est toujours un peu comme ça pour nous tous lors de la première manifestation. Elle me dit que c’était la dixième manif qu’elle suivait et qu’à chaque fois, elle se comportait aussi peu courageusement. J’ai donc passé la soirée à lui expliquer que ce n’était pas pour autant qu’elle n’était pas une vraie révolutionnaire. Et puis, je l’invitai à dormir chez moi en camarade.
J’avais un lit suffisamment grand pour que nous dormions quasiment séparés. Bien sûr, elle n’avait pas de chemise de nuit, et d’ailleurs moi non plus, mais enfin ce n’était qu’un détail. Elle n’était pas contente de ses fesses et je l’assurai que vraiment ce n’étaient pas des fesses de froussarde. Elle me dit que j’étais gentil et qu’elle aimait bien aussi les miennes. Un commentaire assez flatteur sur ma verge me fit comprendre que je pouvais éventuellement tenter une caresse en remontant ma main le long de ses longues jambes. La suite ne regarde que nous. Ce qui précède aussi, mais c’est bien tard pour le regretter.
En février, alors que nous étions si bien ensemble, un événement improbable vint perturber notre hiver. Un chien était entré dans l’appartement, un chien perdu, sans collier. Élise avait hurlé. Elle avait peur des chiens à un point qu’elle préférait encore un policier. Alors je ne vous dis pas quand elle croisait un chien policier !
Elle était montée sur le lit et elle lui jetait ses vêtements pour qu’il les déchire et se désintéresse d’elle. C’est ainsi que, alerté par les cris, le voisin d’à côté est venu, soit disant pour l’aider, en fait pour se rincer l’œil. Une fille de vingt-deux ans qui saute nue sur un lit, évidemment ça vaut le détour. Puis c’est le vieux libidineux du dessus qui est descendu. Et d’autres encore. Bref, quand je suis arrivé avec mon petit bouquet de fleurs, j’avais l’air d’un con, comme le chante Brassens. Il a fallu mettre tout ce beau monde à la porte en les remerciant en plus. Quant au chien, il avait disparu. Mais j’avais la mission de vérifier partout dans la chambre pour que mademoiselle se décide enfin à descendre de mon lit. Puis, la soirée et la nuit n’ont pas suffi à calmer Élise, qui s’en voulait une nouvelle fois de sa couardise.
Mars se passait plutôt bien. Je faisais attention à ce qu’une souris ne vienne pas causer un effroi tel que mon amour reste plusieurs jours debout sur une chaise. La moindre araignée était impitoyablement châtiée. Je réussis tant bien que mal à écarter de ma fenêtre quelques pigeons. Il faut dire qu’Élise a une mauvaise vue et qu’elle les prendrait volontiers pour des vautours. Le jour de la Saint-Valentin, nous avions passé une agréable soirée après un petit repas un peu arrosé qui s’était clôturé par une partie de fumette grandiose. Nous aimions faire l’amour dans les vapeurs de haschisch. Mais de nouveau, elle se mit à hurler. Elle avait vu un rat.
Elle montra de son doigt tremblant mon pénis.
Je n’ai pas pu terminer ma phrase. Elle m’avait asséné sur le sexe un dictionnaire français-allemand assez complet en me disant de ne pas lâcher l’animal. J’en eus une fin de mois difficile.
En avril, il était clair que notre couple battait de l’aile. Si je lui disais qu’on allait s’envoyer en l’air, elle me disait qu’elle avait le vertige. Si je lui proposais de faire l’amour dans un lieu insolite, elle était crispée à l’idée d’être surprise. De mon côté, j’étais surpris d’être crispé. Il était hors de question de trouver un espace favorable en pleine nature, étant donné le nombre de bêtes sauvages qui courent encore nos contrées. En voiture, même à l’arrêt, c’était dangereux. Une fois, pour rire, j’avais évoqué l’idée d’une partouze à Rouen. Elle me regarda avec de grands yeux craintifs. Puis, elle me dit :
Enfin vint mai. Pour tout vous dire, j’étais très fatigué. Parce qu’en dehors des hurlements, des cris, des appels au secours, il y avait tout de suite après de longues séances de repentance et de culpabilisation. Élise s’affublait de tous les noms les plus infamants de la création pour mériter mon apitoiement. Et c’est au bout de la nuit après une infinie patience que je la baisais sauvagement, presque par vengeance.
En juin, c’étaient les examens, et elle craignait de les rater, de ne plus rien savoir, d’avoir tout oublié même le jour de la session. Elle passa cette épreuve le cœur battant. Les professeurs qui corrigeaient les copies perdirent un dixième à chaque œil tant l’écriture était tremblotante. Mais elle obtint une excellente note. De mon côté, j’y suis allé confiant et je me suis fait recalé. Il n’y a pas de justice. Il faut dire aussi qu’elle avait mieux travaillé que moi.
En juillet, tout allait être plus détendu. Les vacances, le soleil, l’examen qu’elle avait dans la poche, tout incitait Élise à une certaine décontraction. Nous sommes allés quelques jours au bord de la mer. Et elle reprenait vie rapidement. Elle m’étonnait même parfois. Elle se mit complètement nue dans les dunes, me fit l’amour sans que rien ne vienne interrompre son orgasme. Je me disais que toute maladie peut trouver une évolution favorable sans être obligé d’avoir recours aux psychiatres, rebouteux et autres cocktails pharmaceutiques. Nous étions logés près de la plage. Une nuit, elle me sortit du lit, me prit délicatement par le sexe et m’emmena en face de la mer. Elle me fit ensuite une fellation sous l’eau. Et c’est à ce moment-là que des explosions se produisirent. Elle releva la tête et cria :