| n° 14535 | Fiche technique | 40541 caractères | 40541Temps de lecture estimé : 21 mn | 26/08/11 corrigé 12/06/21 |
| Résumé: Descente en apnée dans la vie amoureuse d'une blogueuse sensuelle. | ||||
| Critères: fh 2couples fhhh hplusag couplus amour voir fellation | ||||
| Auteur : Olaf Envoi mini-message | ||||
| Collection : Mais où sont donc les chaussettes orphelines ? |
2 novembre
Club libertin, début de soirée
Peu de monde ce soir. Surtout des couples et quelques rares hommes seuls. Ambiance décontractée.
Marlène commence par découvrir ce qui se trame dans les différents espaces du club. Elle se laisse guider par son homme, rassurée par sa manière de s’occuper d’elle, de rester proche.
Ce premier tour d’horizon fait monter d’agréables frissons dans son ventre. Elle se sent prête à entrer dans son jeu, à partager ses envies lorsqu’il lui propose de passer dans le jacuzzi. Une tendre connivence s’installe entre eux, au fur et à mesure qu’il la prend en mains, sans impatience.
Elle s’abandonne à ses caresses. Il n’en faut pas beaucoup plus pour qu’un premier orgasme la surprenne.
Lorsque les dernières vagues s’estompent, elle inverse les rôles et s’empare de lui dans le plus profond de sa bouche.
Renversé, à moitié hors de l’eau, Philippe se laisse aller. Il profite voluptueusement de la torride fellation qu’elle lui offre, sans faire de cas du spectacle qu’ils donnent et qui ne manque pas d’attirer des regards envieux.
Déjà, quelques hommes les entourent. Certains s’enhardissent même à caresser la croupe de Marlène, qui entre et sort de l’eau suivant les mouvements de son corps.
Concentrée sur son partenaire, elle reste attentive à ses moindres réactions et ne perçoit ces attouchement que de loin.
Pour être honnête, le fait d’exciter presque involontairement d’autres hommes ne lui déplaît pas.
Elle se sent bien, heureuse d’être désirable et de faire la fierté de celui dont elle tient le plaisir entre ses lèvres.
Soudain, des effleurements particulièrement sensuels excitent les pointes de ses seins. Ils ne proviennent ni d’un des mateurs, ni de Philippe, prêt à succomber à ses coups de langue experts.
Elle interrompt brièvement sa gâterie pour regarder autour d’elle. Une femme s’est glissée à sa gauche, qu’un homme a rejointe par sa droite.
Sans doute venus ensemble à cette soirée, ils la caressent des doigts et de la langue et prennent plaisir à participer ainsi aux jeux d’un autre couple.
Ils ne restent malheureusement pas assez longtemps pour la faire décoller une nouvelle fois. Mais il s’en faut de peu, tant ils se montrent habiles.
Marlène reprend son homme en bouche. Le faisant profiter du trouble que cet agréable intermède a causé en elle, elle l’achève de quelques succions bien ajustées.
D’abondantes giclées coulent sur sa langue. Juste ce qu’elle attendait pour lui offrir le spectacle d’une longue et très sensuelle déglutition.
Il n’a plus d’yeux que pour elle. Lorsqu’il approche ses lèvres pour venir lécher les dernières gouttes qu’elle laisse s’échapper de sa bouche, elle est submergée par le désir qui irradie de tout son corps.
Il est maintenant bien à elle et rien qu’à elle. Elle se sent belle, forte, prête à toutes les découvertes, jusqu’au délicieux épuisement des sens qui ponctue ce genre d’aventure.
4 avril
Club libertin, début de soirée
Après une désagréable déconvenue quelques semaines plus tard, Marlène a hésité à retourner dans ce club pourtant réputé pour un strict respect des règles et des désirs d’autrui.
Elle n’y serait sans doute pas revenue sans l’insistance de Philippe, qui souhaite, selon ses dires, l’aider à tourner la page et lui promet de rester plus attentif à ses envies et à ses réticences.
Un peu crispée à leur arrivée, elle se laisse finalement entraîner. Comme aux débuts de leur relation, il sait l’envoûter, l’emporter dans ses désirs, dans ses délires et, par ce moyen, lui faire perdre toute inhibition.
Il s’efforce de parfaire sa rééducation libertine en lui offrant un long et très caressant passage dans le coin câlin du club.
Là où les couples se retirent dans une presque intimité.
Elle se laisse bercer, étroitement allongée contre lui, les yeux fermés. Soudain, quelques caresses d’une autre nature, sur ses seins et son bas-ventre, ravivent d’agréables souvenirs et lui font deviner la présence du couple sensuel, fugitivement rencontré l’hiver passé.
L’approche est certes sans grande originalité, Marlène n’en apprécie pas moins le jeu troublant du couple d’inconnus. L’incroyable légèreté et la délicate précision des attouchements de l’homme l’excitent.
Les mains de la femme viennent harmonieusement s’ajouter à celles de son acolyte. Au point que Marlène envisage fugitivement de céder à la tentation d’un duo féminin. Ne sachant pas comment son homme réagirait, elle préfère remettre l’expérience à plus tard et ne donne pas suite à cet échange pourtant fort agréable.
Les deux couples se retrouvent un peu par hasard en fin de soirée, dans un des coins confort du club, un verre à la main.
Jean est nettement plus âgé que Wendy, sa compagne. Son formidable appétit de vie et de plaisir le rendent néanmoins séduisant, malgré une maturité physique plutôt inhabituelle dans un tel lieu.
Ils discutent en toute décontraction et s’amusent de se découvrir de nombreux intérêts communs, pas seulement sur le plan sexuel. Chose rare et contraire aux règles que Marlène a fixées avant d’accepter d’accompagner Philippe dans ce genre de soirée, ils finissent par échanger leurs adresses de courriels.
Encore troublée par ce qu’ils lui ont permis de ressentir, elle ne veut pas fermer la porte à une rencontre intime, peut-être dans un autre cadre. L’idée de s’abandonner entre les bras de la femme, accompagnée ou non des deux hommes, embrase à nouveau ses sens.
4 septembre
Billet de Marlène sur son blog intime
J’allais commencer ce billet par : « Finies les vacances, la vie reprend son cours habituel ! ». Ce serait travestir la réalité. Un mécanisme étrange semble gripper toute communication au sein de mon couple depuis quelques mois.
Au point de nous empêcher d’arriver à prendre des vacances ensemble. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Mais finalement, inconsciemment ou non, rien ne s’est fait. Quelle débâcle !
Commentaire de Bubus
Ouh là, gaffe à la routine. Liste les points positifs et les points négatifs dans votre vie, creuse, fouille et ne lâche surtout pas la rampe. La vie est trop courte pour la laisser pourrir !
Réponse de Marlène
OK, listons !
Côté pas jojo :
– plus de consensus sur des dates et un lieu de vacances
– presque plus de discussions en couple, voire d’envie de discuter
– minimum syndical au lit depuis des semaines, plus de vraie connivence
Côté positif :
– toujours autant envie de lui, de jouer avec lui, de le regarder, de le toucher, le réveiller, le baiser.
– moins il me touche, plus je suis électrique et je réagis vite à la moindre attention. Too much ?
Ceci dit, j’ai déjà connu un tel désintérêt pour mes charmes après les premières années de mon mariage. À cette époque, sans autre expérience amoureuse, je m’en suis accommodée.
Là n’est pas vraiment le problème. Mais je réalise avec de plus en plus d’acuité qu’après ce que mon homme actuel m’a fait découvrir et tout ce que nous avons expérimenté, il m’est physiquement impossible de me contenter de si peu.
J’ai besoin de cette dynamique qui rendait notre vie amoureuse si variée, si excitante.
Je ne peux et ne veux plus imaginer de relation intime sans innovation, sans nouveau plaisir, sans échange plus intense.
Il m’a appris à ne reculer devant rien. Après avoir découvert entre ses bras tant de terres inconnues, je refuse d’envisager d’autre manière de s’aimer.
Car c’est bien d’amour dont il est question. Pour moi, en tout cas. Un amour absolu, inconditionnel, qui m’a permis de transgresser tout ce qu’il m’a demandé de transgresser, pourvu qu’on le fasse ensemble et que je retrouve entre ses bras la confiance et le respect qui rassurent et apaisent, après s’être peut-être brûlé les ailes aux flammes de l’enfer.
Je ne demande pas cette intensité charnelle chaque nuit ou chaque matin. Je peux me contenter de simple tendresse. Mais j’ai besoin de savoir que cela reviendra.
J’ai surtout besoin d’un minimum d’attention le reste du temps. Sinon, je vais me dessécher.
12 novembre
Billet de Marlène sur son blog intime
Longue absence sur mon blog. J’avais besoin de toute mon énergie pour me battre contre l’usure du temps (mais est-il vraiment question de cela entre nous ?).
J’ai lutté de toutes mes forces et de tous mes charmes, j’ai inventé tous les stratagèmes possibles pour réveiller, stimuler, provoquer l’homme. J’ai essuyé avec une infinie patience refus et brimades, occultant, oubliant, pardonnant au-delà du supportable.
Nuit après nuit, câlin après câlin, je suis revenue à la charge, encore et encore. Je me suis épuisée à mener de front cette déconfiture amoureuse et mes tâches quotidiennes.
Celles qui nous font vivre, mon enfant et moi, tout autant que lui, même s’il se refuse à être mon amant, même s’il se comporte ouvertement comme si tout ce que nous représentons n’existait pas dans sa vie.
Résultat : une immense déconvenue.
Il faut que je cesse d’occulter plus longtemps le fait qu’à ce stade de désunion, il ne suffit plus d’inventer de nouveaux jeux pour reconquérir un homme. À l’évidence, un autre langage amoureux, érotique et sexuel s’impose.
Sauf que pour inventer un nouveau langage, il faut être deux.
Et là, je me sens désespérément seule. Seule dans mes désirs, dans mes fantasmes, dans mes envies, dans ma vie quotidienne même. Au point de douter non seulement de mes charmes, mais surtout de ma féminité.
Seule aussi face à mes doutes, dont je n’ose plus parler à un partenaire imperméable à toute mise au point. J’en viens presque à considérer que mon appétit charnel est anomal, excessif. Par sa passivité, mon homme arrive progressivement à me faire croire que mes exigences sont artificielles.
« Trop sophistiqués » fut d’ailleurs sa seule remarque pour qualifier les nouveaux dessous que j’ai achetés pour une de nos rares sorties en couple. Il a même carrément parlé de sorte d’hystérie latente, caractéristique de l’impatience sexuelle d’une femme désœuvrée.
Jusqu’où accepter, jusqu’à quand supporter ? Pour sauver quoi ? Et si je sombre, qu’en aura-t-il de moins ? Et ma fille, qui va s’inquiéter pour elle ? Qui va l’aimer de toutes ses forces, si je perds les miennes ?
1er janvier
Billet de Marlène sur son blog intime
Ma fille en vacances chez son père, j’ai nourri un secret espoir de redécouverte de mon homme à l’occasion de l’an nouveau. Erreur fatale… En plein réveillon, il s’est mis à me dénigrer ouvertement en présence d’amis communs.
La flamme vive qui échauffait encore mon corps à son contact s’est définitivement éteinte. Jusqu’à en perdre l’envie de le sentir près de moi dans le même lit.
Je n’ai plus de larmes. Une douleur physique s’est installée en moi, là où naissait mon désir pour lui. Tout au fond de mon cœur, j’y crois encore et l’idée de renoncer m’est insupportable. Tout au fond de mon corps, je suis vidée de moi-même et l’idée d’accepter cette situation plus longtemps m’est insupportable.
Bonne année… et merci de vos messages de soutien, malgré la direction inattendue que prend ce blog.
Quelqu’un pour parler de musique, ou de livres ?
10 mars
Billet de Marlène sur son blog intime
Le moment est venu d’accepter l’évidence.
L’homme de ma vie a habilement arrangé le naufrage de notre couple pour arriver à vivre en parallèle une vie de célibataire, sur une autre planète que la mienne. Je ne suis même pas sûre qu’il ait une autre relation. C’est peut-être ça le pire…
Le désir si fort, si varié, si indomptable que j’ai eu de lui ne sera plus jamais partagé au sein d’une telle relation. Son indifférence pour ce qui a soudé notre couple à ses débuts, fût-elle feinte ou réelle, étouffe irrémédiablement quelque chose de vital en moi.
26 mars
Billet de Marlène sur son blog intime
Je sais qu’elles sont indispensables, surtout pour une femme comme moi, que la génétique handicape dans la course à la longévité. Il n’empêche : je déteste les mammographies, les mammographes et tout le médical qui va avec… en plus, non seulement la dernière a été particulièrement douloureuse, mais les résultats sont douteux.
DOUTEUX.
Quelqu’une pour expliquer à mon toubib ce que ce simple mot peut mettre d’angoisse dans une vie de femme ? Et surtout comment prendre un peu de son précieux temps pour l’aider à encaisser le choc.
Retour à la case départ dans trois mois. Et je fais quoi avec tout ce que j’ai déjà lu sur la toile sur le sujet ? Et où je trouve le tout petit geste de tendresse, de compréhension, qui me redonnerait le courage d’attendre ?
29 juin
Billet de Marlène sur son blog intime
Maintenant, je sais ce que ressent la vache qu’on mène à l’abattoir. Exactement ce que j’ai vécu avant ma mammographie de contrôle. Petite éclaircie à l’horizon : la zone douteuse n’a pas progressé. Prochain épisode dans six mois.
C’est loin, six mois, le sein gonflé d’un kyste douteux. C’est la porte de l’hiver. Le vrai, pas celui dans lequel je passe le plus clair de ma vie.
Rassurée par la réponse du toubib, j’ai malgré tout eu le courage de me contempler dans mon miroir, ce matin. Grave erreur… entre celle que j’y ai vue et moi, il y a l’abîme creusé par mon couple en débandade.
Mon corps se transforme dans l’exacte ligne de ma souffrance. Encore quelques mois à le malmener de la sorte et je vire hideuse, la ride altière et la fesse molle.
Le fardeau de l’effondrement de mon univers amoureux est trop lourd à porter sur mes seules épaules. Il en va de ma santé, ma confiance en moi, l’essence même de ma vie de femme.
Aujourd’hui, 29 juin, je fais le choix de la raison. Puisse une fleur pousser un jour sur les décombres… Me suive qui m’aime !
12 septembre
Billet de Marlène sur une nouvelle rubrique de son blog intime, créée pour l’occasion
Chroniques d’un coma amoureux post-traumatique
Une lame de fond a dévasté mon quotidien. Rien ne m’a été épargné. J’ai longuement hésité à fermer ce blog. Les commentaires et l’amical soutien dont vous avez fait preuve, malgré mon silence, m’ont décidée à n’en rien faire.
Nous ne nous connaîtrons jamais. Vos expériences ne me servent à rien et mon vécu ne vous sera jamais utile. Vous n’en n’êtes pas moins comme le regard ou le sourire d’un inconnu dans la rue, dans un train ou à une terrasse de café. Un regard qui me rappelle que je vis et que, pour une personne au moins, j’existe, tout simplement.
Je poserai donc de temps à autre quelques réflexions dans cette chronique ou ailleurs dans le blog, par le biais de Twitter. Une manière comme une autre de ne pas rompre le fil. Une manière aussi d’archiver à chaud ce dont j’espère un jour pouvoir rire à nouveau.
16 septembre
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
N’en déplaise à mon entourage, un reste de force de caractère devait être disponible pour surnager dans la tempête.
2 octobre
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
Une fois le fond de la douleur et de la solitude touché, je veux retrouver par moi-même le courage de me reconstruire peu à peu. Mon Dieu, merci pour l’amour de ma fille et la force qu’il me donne. Et que le diable s’occupe de l’homme. Maintenant !
6 novembre
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
Il me semble avoir enfin reconstitué un léger bagage, suffisant pour ce que je veux entreprendre dans l’immédiat. Les certitudes n’y pèsent pas bien lourd. Mais je suis fière de ce que j’ai reconstruit.
18 novembre
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
Je reprends plaisir à mettre simplement un pied devant l’autre, puis à choisir une direction à donner à mes pas. La direction que j’ai envie, moi, de donner à mes pas.
25 novembre
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
Un jeune inconnu m’a offert un très charmant sourire, ce matin. Qu’a-t-il bien pu lire sur mon visage ?
28 novembre
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
Long et très agréable rêve, qui me laisse comme un goût de bonheur au réveil. Un goût de désir aussi. Sans objet particulier. Juste quelques frissons intimes. De quoi suis-je encore capable ?
2 décembre
Billet de Marlène sur son blog intime
L’homme de mon rêve n’avait pas de visage. Une page blanche à écrire ? Deux visages occupent en réalité mes pensées et provoquent d’étranges sensations, quelque part entre mon cœur et mon ventre. Là, où un manque commence à se manifester.
La jeunesse de l’un me séduit et me donne envie d’une renaissance sensuelle. La maturité de l’autre me rassure et me tente, pour accompagner ma convalescence sentimentale.
Je sais la fougue et les élans du jeune homme. Comme je sais encore les mains caressantes de l’autre, rencontré dans des circonstances particulières.
Quelqu’une connaît-elle la meilleure manière de réussir une première rencontre après un divorce et une séparation dévastatrice ? Il est trop tôt pour aimer à nouveau, je crois.
Juste être moi, sans concession, sans faux-semblant, avec l’envie d’inviter à m’accompagner dans la redécouverte de mes intimes pulsions.
J’ai envie. Envie d’envie, envie d’envie d’homme. Envie d’envie d’homme qui me fasse jouir, et cueille le souffle du plaisir sur mes lèvres. Pour commencer.
Commentaire de Loft
Choisissez ensemble la mélodie, donne le tempo et laisse-toi emporter par ses impros. Jeune ou moins jeune, quelle importance ?
Commentaire de Lilou
Essaie de lui faire confiance pour une heure au moins. Puis pour la soirée, s’il s’en montre digne. Puis pour la nuit, selon vos désirs. Peut-être même pour les jours qui suivent, si entente et humour et douceur et tendresse et talents culinaires / ménager / musicaux / artistiques / humains / d’écoute (et j’en passe).
Après, les semaines, les saisons et peut-être même les années peuvent s’ajouter les unes aux autres, tout simplement.
Commentaire de Jeff
Suis tes émotions, rien que tes émotions, toutes tes émotions.
20 décembre
Billet de Marlène sur son blog intime
Le jeune inconnu qui m’avait offert un très charmant sourire, il y a quelque semaines, n’est plus vraiment inconnu… Je retrouve entre ses bras l’envie de prendre et de donner.
Mais voilà, avec ces émotions, renaissent les premiers doutes. Quelles couleurs de dessous pour exprimer ma féminité, mes désirs, les élans qui font battre mon cœur ? Comment me déchiffrera-t-il ?
Commentaire de Loft
Si cela m’était accordé, je me souhaiterais la simplicité de l’écru pour un premier rendez-vous et les douceurs hésitantes qu’il laisse supposer.
Puis le rouge pour une deuxième visite, qui confirmerait un commun accord d’indécence, de liberté d’être soi-même, dans l’oubli de ce qui n’est pas juste l’autre.
J’offrirais alors le bleu-vert pour inviter à une troisième rencontre, toute de murmures et de confidences, jusqu’à ce que le sommeil nous emporte, étroitement enlacés, sereins, apaisés, proches comme jamais avec une autre, enfin, aussi loin qu’il me semble pouvoir me souvenir…
Après, j’aurais le secret espoir que la douceur de mes mains suffise pour longtemps à habiller les nuits d’une si troublante amante.
Heureux homme qui a touché ce bonheur du bout des doigts !
6 février
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
Sortie de route, cinq points de moins à mon permis de confiance. Mon oiseau de paradis s’est envolé. J’ai mal comme une chienne. Douloureuse preuve que je vis à nouveau, d’une certaine manière.
9 février
Message de Marlène sur son blog intime
Désirer, c’est sans doute accepter de se confronter aux pulsions de l’autre. Les laisser envahir le corps et le cœur, jusqu’à perdre pied sous la violence du choc des sens et des émotions.
Désirer l’autre, c’est accepter de ne pouvoir sortir d’apnée que par son souffle salvateur.
Je ne vois pas d’alternative. Sauf que, désirer à ce point, n’est-ce pas tout simplement aimer ? Me suis-je mélangée à lui au point de ne plus faire la différence ? Avais-je à ce point soif de volupté ? Ou d’amour ? Ou d’être acceptée, imparfaite, incomplète et pourtant entière dans mes élans ?
Le vide que je ressens ces jours est-il le juste prix pour une telle illumination des sens ?
S’il te plaît, pose quelques mots sur la béance que ta fuite ouvre en moi. Accorde-moi ce cadeau d’adieu, pour que je puisse comprendre.
Ai-je perdu depuis trop longtemps l’habitude de lâcher mes émotions ? N’ai-je pas su me partager assez bien ? N’ai-je pas compris tes impatiences ?
Ou alors, au contraire, l’envie de jouir de ton corps a-t-elle été si débridée ? Mes désirs de femme trop longtemps sevrée sont-ils trop intenses ? Aurais-je inspiré la peur de ne pas pouvoir assumer ?
Another one bites the dust. Mais là, de la poussière, j’en ai plein la bouche, et le cœur, et le ventre. J’ai mal à ma confiance en l’homme.
10 mars
Message Twitter de Marlène sur son blog intime
Vu mon état, l’homéopathie offre-t-elle des chances de guérison ?
Peut-être est-il temps de soigner l’homme par l’homme.
De m’offrir à nouveau, libérée de toutes contraintes que pourrait m’imposer l’homme. Si doux, si émouvant soit-il. À prendre ou à laisser. Me prendre ou me laisser.
12 mars
Courriel de Marlène à Jean
Bonsoir, Jean
Une longue traversée du désert m’a empêchée de prendre contact plus tôt. Après tant de larmes, de frustrations et d’errements de toutes sortes, le souvenir de tes caresses si sensuelles et si respectueuses s’impose à moi.
J’y vois un signe du destin, même si je suis incapable de comprendre ce qui le motive. Même, et surtout, si je n’ai pas envie de comprendre ce qui le motive.
Veux-tu bien me permettre de redécouvrir cela avec toi, juste cela, pour commencer ?
Marlène
Réponse de Jean à Marlène
Hello, douce blonde,
Wendy, qui était avec moi au club, m’a quitté il y a quelques mois. Je ne suis pas sûr d’être dans de bien meilleures dispositions que toi. Sans parler des avaries que la vie nous réserve.
Mais si tu me prends par la main, je tiens absolument à vivre cela avec toi, de la manière qu’il te plaira.
Viens quand tu veux, je commence déjà à t’attendre.
Jean
Réponse de Marlène à Jean
Je prendrai ta main. Je viendrai. Il me plaira, j’en suis sûre. Ne serais-ce que d’être tout près de toi. Ce vendredi après-midi, si tu es libre.
J’ai si envie et si peur à la fois.
Marlène, blonde. Douce ? À toi de voir.
14 mars
Appartement de Marlène
Tant d’émotions tournent en boucle dans la tête et dans le cœur de Marlène depuis son retour de chez Jean.
D’abord l’instant de leurs retrouvailles. Apparition au coin de la rue de cet homme chaleureux et souriant, dont elle n’avait plus qu’un souvenir physique assez vague.
Ses bras qui s’ouvrent tout grands et se referment sans l’emprisonner, sitôt qu’elle vient contre lui. La bulle rassurante ainsi créée autour d’eux. Les premiers baisers, dans son cou, qui la font chavirer et lui donnent envie de le suivre, en confiance.
Ensuite sa manière si attentive de caresser ses seins et d’y détecter d’emblée l’enflure douteuse.
La douceur de sa main, posée sur sa poitrine entre deux embrasements, comme s’il voulait la protéger contre le mal, l’accompagner dans son inquiétude.
Un partage d’une intensité inconnue jusqu’alors avec un homme.
Puis le feu qu’il allume dans son ventre, dès les premiers baisers. Petite flamme qui danse au gré de ses hésitations, de sa crainte de ne plus savoir les gestes qui excitent, les attitudes qui séduisent et les caresses qui donnent du plaisir à un presque inconnu.
Feu qui grandit au fur et à mesure qu’elle découvre le corps de l’homme, que renaît en elle l’envie de s’offrir à ses regards gourmands.
Jusqu’à l’embrasement de tous ses sens, sous ses doigts magiques qui déposent d’inattendues caresses au plus secret de sa féminité. Plaisir partagé, lorsque s’évanouissent les derniers doutes.
Un feu d’enfer, sans doute, mais surtout un brasier qui réchauffe et fait revivre. Regarder l’homme en désir à la lumière de ces flammes et s’offrir à lui, emportée par cette satanée tendresse qui balaie tout sur son passage.
Tout cela et des dizaines d’autres sensations partagées la poussent à lui envoyer un bref message pour lui faire part de ce qu’elle ressent à l’instant.
Après longue réflexion, un mot suffit.
Texto de Marlène à Jean
Encore…
Réponse de Jean à Marlène
Demain, même heure, même lieu, si tu n’as pas peur que je tombe raide dingue de la femme délicieuse que tu es et de tout ce que tu m’as offert.
Réponse de Marlène à Jean
On en parle demain. Pour la femme délicieuse, ma fille te ferait changer d’idée en un clin d’œil.
15 mars
Appartement de Jean
Cialis ou pas Cialis ?
Jean fait sauter la petite pilule jaune dans sa paume, la fait disparaître et réapparaître, à la manière d’un prestidigitateur.
Il est loin le temps où il pouvait passer une nuit entière à satisfaire sa femme, sans faiblir.
Oubliée la certitude de turgescence, la virile réponse au moindre contact épidermique. Depuis ce jour maudit où sa compagne l’a quitté, aucune autre femme n’est arrivée à le réveiller comme elle savait le faire.
Il n’y a vraiment rien de plus incorrect que de quitter un homme en emportant la clé de ses érections.
Performance ou authenticité ?
Avec la pilule, il est sûr de pouvoir honorer Marlène dès la première caresse. Mais est-ce bien ce qu’elle désire ? N’a-t-elle pas avoué dans un souffle ne pas être sûre d’être prête pour une relation si complète ?
Intense, si, mais complète ?
Sans la pilule, il prend le risque de l’authenticité et de la défaillance. Pourtant, hier, dès qu’il a découvert ses parfums de femme, tout son corps a réagi et n’a faibli qu’à l’approche du sommeil.
Un peu en avance à leur rendez-vous, Marlène ne lui laisse pas le temps d’hésiter plus longtemps. Il remet discrètement la pilule dans sa boite, avant de lui faire visiter sa maison, ce qu’ils n’avaient pas pris le temps de faire la veille.
La jeune femme découvre avec plaisir les différents espaces de la maison et comment Jean les a décorés. Elle se laisse guider, rassurée par sa manière de s’occuper d’elle, de rester proche.
Ce premier tour d’horizon fait monter d’agréables frissons dans son ventre. Elle se sent prête à entrer dans son jeu, à partager son désir, déjà bien évident, lorsqu’il lui propose de passer sur la terrasse.
Une tendre connivence s’installe entre eux, au fur et à mesure que Jean la prend en mains, sans impatience.
Elle s’abandonne à ses caresses. Il n’en faut pas beaucoup plus pour qu’un premier orgasme la surprenne. Lorsque les dernières vagues de volupté s’estompent, elle inverse les rôles et s’empare de lui dans le plus profond de sa bouche.
Jean se laisse aller à son tour, allongé lascivement sur une chaise-longue. Il profite voluptueusement de la torride fellation qu’elle lui offre, sans faire de cas du spectacle qu’ils risquent de donner et pourrait attirer les regards d’un voisin.
Concentrée sur les réactions de son partenaire, elle ne remarque pas qu’ils sont observés.
Quelques minutes plus tard, elle se met à trouver Jean étrangement passif et interrompt sa gâterie pour suivre son regard. Elle réalise alors qu’un homme s’est installé au balcon de la maison d’en face et sacrifie déjà avec frénésie au culte d’Onan.
Qu’importe, l’envie de donner du plaisir à son amant est trop forte. Pour être honnête, le fait d’exciter presque involontairement un autre homme ne lui déplaît pas.
Un sentiment nouveau.
Après tant de mois de sevrage érotique, elle se sent enfin bien, heureuse du désir qu’elle inspire, de l’abandon de celui dont elle tient le plaisir entre ses lèvres.
Marlène reprend Jean en bouche pour mieux le faire profiter du trouble que cet intermède a causé en elle.
Elle l’achève de quelques succions bien ajustées. D’abondantes giclées coulent sur sa langue. Juste ce qu’elle attendait pour lui offrir le spectacle d’une longue et très sensuelle déglutition.
Il n’a plus d’yeux que pour elle. Lorsqu’il approche ses lèvres pour venir lécher les dernières gouttes qu’elle laisse s’échapper de sa bouche, elle est submergée par le désir qui irradie de tout son corps.
Il est maintenant bien à elle et rien qu’à elle. Elle se sent belle, forte, prête à toutes les découvertes, jusqu’au délicieux épuisement des sens qui ponctue ce genre d’aventure.
Appartement de Jean, quelques heures plus tard
Étroitement enlacés, les amants émergent d’un bref sommeil. Jean regarde tendrement Marlène. Depuis longtemps, sans doute.
Il disparaît dans sa cuisine pour revenir quelques minutes plus tard avec un plateau chargé d’un en-cas. Il lui laisse avaler les premières bouchées, avant de s’enhardir à poser une première question.
Elle pose ses doigts sur ses lèvres, pour couper court à d’autres questions. Dans l’état dans lequel elle se sent, elle n’aurait de toute façon pas de réponse cohérente à lui offrir.
Ce type est désarmant. Immature, comme la plupart des mecs dès qu’il s’agit de leur santé, mais désarmant quand même.
Surtout, malgré ce qu’il a traversé, il offre ce surplus de vie, de désir, de liberté affective dont Marlène avait perdu l’habitude depuis si longtemps.
C’est envoûtant et inquiétant à la fois. Troublant aussi, ce parallélisme des angoisses, entre son vécu d’homme et le sien de femme.
Après tant d’émotions partagées, ils ne vont pas pouvoir occulter plus longtemps quelques questions inéluctables.
Elle chasse ces pensées trop raisonnables d’une secousse de la tête. Le regard inquiet de Jean la fait à nouveau chavirer. Elle ne peut se retenir de le caresser, puis de sucer goulument l’objet de ses doutes.
Son corps réagit immédiatement. Il la retient pourtant. Il veut profiter de cet état de grâce qu’elle lui fait vivre. Rester en désir, comme il dit, pour garder ce bouillonnement au fond du ventre, jouir de cette sensibilité extrême de son membre, prolonger l’excitation qu’elle sait si agréablement entretenir.
Ils prennent tout leur temps pour faire la tendresse. Se découvrir mieux, se tatouer de traces sensuelles indélébiles.
Gavée de plaisir, le cœur gonflé de nouvelles émotions, elle part au petit matin. Il faut qu’elle retrouve un peu de solitude, un peu de sérénité, avant d’aller récupérer son enfant chez son père.
Jean promet de ne rien attendre, d’être simplement là pour elle, pour eux. Puisse-t-il dire vrai. Pour que la confiance renaisse. Le reste suivra, au jour le jour.
17 mars
Appartement de Marlène
En rentrant d’un après-midi entre nanas avec sa fille, Marlène découvre un paquet-cadeau sur le seuil de sa porte. La demoiselle, déjà fine mouche pour ses dix ans, insiste pour qu’elle l’ouvre devant elle.
Marlène résiste, mais elle sait au fond d’elle qu’il est trop tard pour reculer.
La petite peste s’imagine bien que le présent ne vient pas d’une simple connaissance. Elle commente joyeusement les qualités et la coupe des ravissants dessous bleu-vert qu’elle découvre en même temps que sa mère.
Puisse-t-elle un jour ressentir un peu de ce qui étreint son cœur à l’instant. L’intensité, l’apaisement, la plénitude. Mais de grâce, sans tout ce qu’elle a dû traverser pour en arriver là.
Quand à Loft / Jean, qui savait donc presque tout d’elle par son blog dès leur premier rendez-vous, il ne perd rien pour attendre.
Et ce ne sont pas les idées d’insoutenables tortures qui manquent…