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n° 14499Fiche technique54244 caractères54244
Temps de lecture estimé : 32 mn
02/08/11
Résumé:  Fakher Ben Hammouda, étudiant à New York, en manque d'argent, répondait à une petite annonce. En se pointant au 33ème étage d'une immense tour, il ne savait pas encore ce qui l'attendait. Kate et Tom allait lui dire, et Sherry sera sa première partenaire.
Critères:  fh fellation confession -filmx
Auteur : Zahi  (Informaticien, poète et branleur en deux langues.)      
Allo Doctor Fellatio

Allo Doctor Fellatio



Note de l’auteur : J’ai pensé au début intituler ce récit « Autopsie d’une pipe ». Je le dédie à celle qui m’a offert ma première pipe, et qui depuis est devenue ma femme.





Au début, il y a eu cette petite annonce dans un de ces prospectus qui souvent s’empilent dans des présentoirs publicitaires qui traînent dans les cafés et dans les couloirs des galeries commerciales. À peine deux lignes et un numéro de téléphone. On cherche des hommes, des vrais hommes, « Very real men » en anglais, c’est ainsi que c’était écrit. Juste une précision, mais elle était de taille, car écrite en gros caractères, entre 18 et 30 ans. Il fallait comprendre entre les lignes, mais je n’avais rien compris. Bien payé aussi, c’était noté « highly Paid » en gras, c’est ce qui avait retenu mon attention, puisque justement j’étais en manque d’oseille cet hiver-là. Je vivais en « survival mode » sans avoir de « survival kit », et je fouillais toutes les annonces depuis des jours et des jours dans l’espoir de dénicher un petit boulot pas trop prenant. Surtout pas veilleur de nuit comme je l’avais fait plusieurs fois, c’est un job attirant qui, au premier abord, est facile puisqu’il ne nécessite aucun effort physique, mais qui, à y réfléchir honnêtement, casse complètement le rythme biologique et bousille, lentement mais inexorablement, les études et toute la vie. Je cherchais juste de quoi gagner un peu d’argent de poche et terminer tranquillement mes deux derniers trimestres d’étude, les fameux « Last quarters ». Après, pensais-je, diplôme en main, je m’envolerai loin, je traverserai l’atlantique et remettrai pied sur la rive sud de la méditerranée, là où, certes, on ne gagne pas trop, mais où l’on vit et l’on respire l’air, la mer et le désert. J’avais juré de ne plus revenir dans cette ville verticale, bruyante, écrasante et surhumaine. Elle me dépassait, cette ville. Je n’étais pas De Niro, je ne pouvais pas y jouer le « Taxi Driver ». J’étais plutôt comme Bardamu, elle m’étoufferait et me réduirait en miettes cette ville. Corps et surtout âme.


J’avais pensé à plusieurs possibilités pour ce job. Ce qui m’aurait plu le plus, c’est de faire le serveur dans un de ces bars où l’on voyait les nanas épouser les poutrelles d’un manège tournant, se lover sur elles tout en se débarrassant petit à petit de ce qu’elles portaient, et laisser découvrir graduellement leurs appâts, en ne gardant en fin de course que leurs grandes chaussures en polystyrène aux talons de plus de vingt centimètres. Cela m’aurait bien tenté ça, je pourrais les voir, ces nanas, grandes et filiformes, charnues ou dépouillées, de toutes les races, ultra maquillées et couvertes de paillettes scintillantes sous les feux tournants et stroboscopiques des projecteurs multicolores. Collées aux barres d’acier luisantes, elles y frottent la raie du cul ou l’entre-deux seins, tout en dansant au rythme du blues ou de la salsa qui jaillit de toutes les directions au milieu des mille mains tendues, des éclats de rires graves et tranchants, des cris gras et grossiers des admirateurs saouls et jamais rassasiés. Que c’est beau tout ça. Et puis, à l’occasion, si je pouvais m’en taper quelques unes, ce serait du bonus. Surtout une black, avec ses chaussures, je n’avais jamais essayé.


Après une journée d’hésitation, j’ai appelé. À l’autre bout c’était incompréhensible, une nana à l’accent bizarre, peut-être black ou latino, ou encore cow-boy texan. Malgré mes six années d’Amérique, je n’ai pu dénicher que l’adresse et l’heure du rendez-vous. J’ai retenu aussi qu’il s’agissait de « casting ». Elle ne m’a rien demandé, ni mon nom, ni mon âge, ni ce que je faisais. Il me fallait juste retenir que j’étais « the number thirty-five ». Je ne me doutais toujours pas de ce qu’on allait me proposer, car je n’ai pas posé la question de peur de passer pour ridicule, et puis de l’autre côté, elle ne m’a donné aucune précision non plus.



--oooOOOOooo--




Alors le lendemain, j’ai pointé à l’heure convenue au 33ème étage du 7 Country Road 69, à Jersey City. J’ai sonné au 339.



J’ai entendu le petit clic de la gâche, j’ai alors poussé la porte et avancé de deux pas dans un grand salon très clair et bien aéré. Le contraste avec le gris du palier m’a laissé voir tout en flou, les premières secondes. Je me suis retourné pour fermer la porte mais j’ai vu qu’elle avait déjà pris toute seule son chemin de retour, sous l’effet d’un bras mécanique. Tant mieux.



C’était toujours la même voix, à ma gauche, derrière un bureau tendance, en verre moulé. En m’approchant d’elle, mes yeux ont retrouvé leur entière reconnaissance des formes et j’ai vu qu’il s’agissait d’une dame d’un âge respectable, certainement plus de cinquante ans, blonde aux longs cheveux châtains retenus par un bandeau, solide et bien en forme, avec des grands yeux clairs qui surplombaient des pommettes saillantes et des joues légèrement en retrait. Elle avait des traits bien marqués, un nez long et droit, des lèvres rouges et pleines en parfaite harmonie avec le reste de son visage.

Cette femme avait dû avoir un grand charme, trente ans auparavant, elle en gardait toujours trace. Par un signe de la main, elle m’a désigné là où je devais attendre, un canapé en cuir blanc, à l’assise épaisse et profonde, aux pieds en métal argenté. Il y avait trois canapés identiques, le long de trois murs du salon, j’ai alors pris celui qu’elle m’avait indiqué. Elle m’a parlé, toujours avec son petit accent bizarre, mais j’arrivais enfin à mieux la comprendre.



Je me suis alors installé sur le canapé et j’ai fait une inspection rapide de la pièce. Au fond, en face de la porte, il y avait une grande fenêtre qui prenait tout le mur, c’était une baie vitrée, avec une vue imprenable sur New-York. On n’y voyait que des buildings à perte de vue, et puis la mer bien sûr. Comme une carte tirée de Google earth, légèrement en biais toutefois. À peine apercevait-on Central Park comme une tâche noire entre les amas cubiques et presque réguliers de pierre et de verre, et les rues rectilignes, tracées au cordeau, dont on ne percevait ni le début ni la fin. À côté du bureau de la dame, il y avait une porte qui faisait angle droit avec la fenêtre. Je me suis douté que c’était là que je devrais entrer lorsque le « number 34 » voudrait bien sortir. Et devant cette porte, de l’autre côté de la tranche de verre, il y avait une autre porte fermée.


J’ai vécu quelques minutes de léger suspense. Pendant cette attente, j’ai continué à examiner la bonne dame qui s’était mise à lire un magazine. Son bureau transparent ne cachait rien. Elle devait me dépasser de quelques centimètres, elle mesurait au moins 1,85 m. Et puis, elle était bien habillée, sobre, une chemise blanche légèrement dentelée et un jean bleu avec petites broderies asymétriques. Les mains fines, des ongles au verni opalescent bien soignés, comme toute américaine qui se respecte. Son look et son attitude forçaient l’admiration et le respect, et ne me laissaient présager que du bien de ce mystérieux job que j’allais bientôt découvrir.


À un moment, une petite sonnerie a jailli de quelques part sur son bureau, alors elle s’est levée doucement, puis elle est entrée dans la pièce d’à côté. Par réflexe, j’ai plongé le regard derrière la porte, cherchant à voler une image de ce qui pouvait bien se passer à l’intérieur, mais elle a été tellement rapide et j’avais un angle de vue presque mort, alors je n’ai rien eu de clair ; j’ai juste conforté mon appréciation sur la taille de la nana, exactement 1,85 m sans les talons, soit deux centimètres de plus que moi.


Trois ou quatre minutes après, elle est sortie, elle m’a regardé en revenant à son bureau. Elle a dû alors remarquer que j’avais commencé à manifester une certaine impatience.



Cette fois, elle m’a fait un petit sourire ; il était radieux, mais il n’a duré qu’une seconde. Et je n’étais pas encore arrivé à déchiffrer son accent. D’un tilt, j’ai pensé aux pays de l’Est. Eh oui, ce devait être ça, car la physionomie aussi correspondait aux grandes nanas du Nord, de Russie ou d’Estonie ou d’un pays voisin. J’en étais certain.


Enfin le « number 34 » est sorti en traînant les pieds. De la manière dont il a fermé la porte, on pouvait facilement comprendre qu’il n’était pas content, ce mec. Il mesurait facilement 1,90 m, une peau mate, de courts cheveux très noirs, une bonne musculature qui se laissait deviner facilement sous ses vêtements moulants. Le gabarit d’un basketteur, ou d’un rappeur s’il avait été black. Il est sorti de l’appartement sans même se tourner vers la dame qui le suivait d’un regard et d’une moue qui trahissaient en elle une pointe de désolation ou de pitié. Certainement qu’il n’a pas été retenue pour ce job ce « number 34 », donc autant pour moi.



Je me suis levé doucement en prenant une grande bouffée d’air. Enfin l’instant crucial où j’allais savoir ce qu’on allait me demander. J’avais tellement ressassé cette question pendant deux jours que j’étais maintenant à demi-soulagé.

C’était une pièce carrée, cinq mètres sur cinq, où il n’y avait rien, ou presque. Juste un homme assis sur une chaise, son gros ventre contre le dossier, tendant des grands bras de géant devant lui, qui arrivaient presque au sol. Les cheveux roux bouclés, la face rose et boursouflée, les joues tombantes, il avait des petits yeux bleus enfoncés au regard sûr et perçant. On aurait dit un auvergnat propriétaire d’une grande brasserie parisienne. Je ne les loupe que rarement, moi, les mecs aussi sûr et déterminés, ils sont de la race des patrons, ils ont l’âme qu’il faut pour gouverner et faire souffrir, et puis aussi tant qu’à faire s’enrichir, je les emmerde ces gens-là. Il en faisait certainement partie, ce mec. Tout ce qu’il tenait dans une main c’était une fine règle de trente centimètres.



Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire par « your thing » et donc je suis resté debout, à deux mètres devant lui. Le côté fenêtre était couvert d’un rideau vénitien qui ne laissait rien filtrer, la pièce était fortement éclairée par des spots à la lumière blanche qui logeaient dans le faux plafond tout autour de la pièce. Par les mains et la gueule, j’ai signifié à Tom que je n’avais pas compris ce qu’il voulait. Il a alors pointé sa règle sur moi, juste au-dessus de la braguette, exactement au niveau de la ceinture. J’ai alors enfin compris qu’il voulait voir ma bite. Il m’avait fallu du chemin pour arriver à cela ! Oh mon Dieu, que j’étais con, me suis-je dit. C’était pourtant clair en relisant l’annonce dans ma tête. Ce ne pouvait pas être autre chose. Il voulait que je fasse du porno, ce gros petit Tom.



C’est ça, moi, Fakher Ben Hammouda, élevé dans la pure et la plus stricte tradition musulmane, qui, certes, ne faisait plus sa prière et se délectait ouvertement de whisky et de bières mais qui observait toujours scrupuleusement le jeûne du ramadhan et ne mangeait jamais de cochon. Moi, dont les parents étaient encore instituteurs à l’école la plus réputée et la plus scholastique de la médina de Tunis, dont le frère et la sœur menaient avec brio des études respectables à Lyon et à Lille, dont les racines étaient pauvres mais respectées par tous. Ce petit Tom me demandait de faire du porno. Mais qu’il aille se faire foutre ce Tom ! Pensais-je sur le champ.


Voulait-il qu’on me reconnaisse dans l’un des ses films, que je sois la risée de tout le quartier des Jasmins-fanés, du district de la Gazelle et de tout Tunis ? Que mes parents ne puissent plus aller à l’école et que mon frère et ma sœur me dénigrent une fois pour toute. Ne savait-il pas ce Tom, qu’à Tunis grands et petits ne voyaient plus que du porno ? Avec les satellites et les décodeurs pirates qui ornaient toute maison qui se respecte, on se battait pour avoir sa télé à soi tout seul, alors on se la partageait en tranches horaires : les petits, puis les plus grands puis le père et parfois les grand-pères, et les femmes aussi. Et tout le monde ne voyait que ça, les chaînes pornos, par dizaines, de tous les genres, de toutes les tendances. Il y en avait même des chaînes qui s’appelaient « Bizarre » plus quelque chose, j’y avais vu dedans des chiens et des mulets bandant, et des salopes qui les astiquaient et qui se délectaient en poussant leurs bâtons dans leurs ventres. J’avais vu des nanas nager dans des bains de sperme, j’avais vu des urines chaudes et des matières fécales fumantes orner des scènes de liesses sexuelles sauvages où l’on ne savait plus qui entre dans qui, par quel moyen turgescent et dans quel trou serré ou béant. J’avais vu des bouches explosées à sang, des sphincters dilatés et déboîtés, des têtes s’introduisant dans des vagins de baleines, des cris et des vomissements, et bien d’autres choses encore qui dépassaient toute imagination et qui forçaient une admiration honteuse vis-à-vis de ces gens qui étaient toujours prêts à aller au bout de l’abominable et de repousser encore plus loin ses limites.


Par association d’idées, ces images avaient envahi mon esprit, j’ai voulu déguerpir tout de suite, j’ai voulu cracher à la face de ce Tom et partir en courant, j’ai voulu lui pisser dessus, péter devant son nez, et j’ai même pensé à d’autres effets plus originaux. Mais quelque chose m’a retenu. C’est là le tournant de l’histoire, le nœud de son intrigue, le moment où tout a basculé : j’ai voulu être sûr que c’était bien du porno qu’il allait me proposer. Comme si j’avais encore un doute ! C’était ce qu’on apprenait à l’école ça, ne jamais présupposer, toujours vérifier, aller au bout de la certitude, l’esprit scientifique en gros.



Alors Tom a froncé son front sinueux et a pincé ses lèvres sèches et éclatées au milieu, il a fait une moue d’incompréhension puis, brusquement, il a détendu son visage et a éclaté d’un rire rauque plein de malice :



And so, mister Tom m’a tout expliqué. C’était bien du porno, mais d’un type particulier. Il s’agissait de se faire tailler des pipes, et que des pipes : une suite de cinq « fellatios » pour 2000 dollars. C’était pour la fameuse série « Allo Doctor Fellatio », qu’on pouvait voir sur la non moins fameuse « Love Channel 69 ». Les conditions étaient claires, à l’américaine. Cinq séances de tournage d’une heure chaque, pas une minute de plus. Cela lui coûterait trop cher. Il a loué l’appartement, les caméras et les hommes pour son tournage et il a un timing ultra serré, le père Tom, et il a tenu à m’expliquer ça avec la précision d’une horloge suisse. Il fallait que j’en sois conscient. Time is Money, m’a-t-il dit, c’est ça le porno moderne, le management au bâton, l’efficacité opérationnelle qu’on apprenait à Harvard et à Sciences Po. Bravo Mr Tom !


Chaque séance est partagée en trois parties, m’a-t-il expliqué, un quart d’heure de préparation, de prise de connaissance avec le partenaire, de consignes, de briefing et de mise en place, puis une demi-heure de pipe, et il faudra bien la tenir la demi-heure, une éjaculation précoce ferait tout foirer. Sur ma demande ou celle de ma partenaire, il peut y avoir deux arrêts de deux minutes dans la demi-heure, pour souffler, reprendre des forces, boire ou manger une pomme. Après, au montage, il fallait faire un film de vingt minutes pour chaque pipe. Et les cinq pipes feront un film de cent minutes pour la série « Allo Doctor Fellatio ».


Puis Tom m’a récité les conditions morale et réglementaires de son job, insistant sur le fait qu’il travaillait toujours dans la plus stricte légalité, qu’il n’employait que des acteurs et actrices de plus de 18 ans, qu’il ne poussait jamais à la violence ou à la haine raciale, et qu’il s’assurait régulièrement et de l’état de santé de ses employés. D’ailleurs, a-t-il ajouté, je ne commencerais avec lui qu’après présentation d’un bilan sanguin que je devais faire tout de suite en sortant, à ses frais, quelques étages en dessous dans le même immeuble. Enfin, Tom m’a dit que le dernier quart d’heure, c’était pour se laver, se rhabiller et se dire good bye. Il me filerait 200 dollars après chaque séance réussie, et les mille derniers à la fin, lorsqu’il serait sûr que tout a réussi et qu’il a bien son film.


À la fin de son monologue shakespearien, j’ai eu l’impression que Tom m’avait tout dit jusqu’à ce que je ne puisse plus rien lui demander. Là aussi, c’est bien américain ça, c’est l’anticipation, l’empathie, c’est huilé, c’est efficace, c’est dans leurs gènes. Tom s’est alors tu, après son exposé magistral, il m’a fixé dans les yeux, attendant mon acceptation. Jusque là, je l’avais écouté sans me sentir vraiment concerné, je l’avais laissé terminer son discours ordonné et répété mille fois, qu’il récitait les yeux tantôt sur moi tantôt au plafond, comme s’il se faisait chier à rejouer un vieux disque enroué. Je m’apprêtais alors à lui dire au revoir et je réfléchissais à la manière de le lui dire lorsqu’il m’a sorti la phrase qui tue, celle qui m’a fait tout reconsidérer à l’instant même. Comme s’il avait deviné mon embarras, il a rajouté :



Il n’a pas encore fini sa phrase que je me suis senti pris dans une violente tourmente. Merde alors ! Si c’est ainsi, on ne me reconnaîtrait pas. Je pourrais à la fois gagner cet argent dont j’avais vraiment besoin, et me faire sucer par des superbes nanas, car je ne pouvais les imaginer que superbes, ces nanas de films, et tout cela sans me faire reconnaître. Cela changeait tout. Puis j’ai réalisé que mon sexe serait affiché partout dans le monde, mais que je m’en foutais qu’on le voie, mon sexe, tant qu’on ne me reconnaissait pas. Cela m’a travaillé. J’ai perdu l’ardeur que j’avais tout à l’heure lorsque j’avais décidé de quitter en fanfare, en proclamant ma consternation et mon dégoût. Tom attendait ma réponse d’un air placide, aucun empressement ne se voyait sur son visage, ni dans son attitude. Il m’a laissé le temps de réfléchir. Il a même ajouté, toujours aussi calmement, presque mécaniquement :



Alors là, je ne sais plus ce qui m’a pris, j’étais toujours tiraillé par des réflexions sur ce que penseraient mes parents et amis, si toutefois il arrivaient à savoir celui qui avait le sexe exhibé et qui se faisait astiquer en long et en large, mais, dès que Tom a fini sa phrase le mot YES est sorti de moi en dehors de ma volonté.



Là, comme si j’avais pris conscience de ma décision, j’ai pensé à revenir dessus, mais je ne suis pas arrivé non plus à me décider. Et alors, devant Tom, mes mains tremblantes ont entrepris la lourde tâche de desserrer la ceinture, de déboutonner le jean, de laisser tomber le pantalon, de crocheter le slip et de le faire glisser de quelques centimètres vers le bas. Mon sexe, alors en extrême timidité, apparut enfin, rangé de biais sur mes deux bourses contractées.



Il ne pouvait pas louper ça, le père Tom. Un circoncis ne pouvait être que juif ou arabe, c’était une marque indélébile. Il y avait aussi des blacks et quelques français de souche, mais ceux-là, il savait déjà que je n’en faisais pas partie. Et puis cela fait du bien d’être circoncis, pensais-je sur le champ, et je le pense toujours. Il y a en premier lieu le côté santé, c’est plus propre, ça garde moins de saloperies. Mais il y a aussi le côté sexe, ça rend le gland plus résistant, la circoncision, et par suite, plus apte à rallonger le coït, au grand bonheur des dames aux culs enflammés. C’est ce qu’on m’a enseigné depuis longtemps à l’école et dans la rue, c’est la raison profonde de cette prescription divine : il faut bien les satisfaire ces dames, il les aime aussi le bon Dieu. Alors c’est normal que les français aussi se soient mis à se faire couper le prépuce, en masse, surtout lorsqu’ils ont appris que c’était remboursé par la sécu. J’ai lu un article la dessus.


Sur le coup, encore une fois, je n’ai rien compris à la dernière phrase de Tom, le « let’s see it at work », mais cette fois-ci, j’allais rapidement le deviner. Il a sorti de sa poche un petit gadget, de la taille d’un flash disk, et l’a pincé entre deux gros doigts. Deux secondes après, la porte s’est ouverte et la dame de l’accueil est entrée en affichant un grand sourire qui a embelli généreusement sa charmante figure. En venant vers moi, d’un geste de magicien, elle a ouvert son chemiser et exposé deux seins imposants, en totale harmonie avec son corps. Arrivée devant moi, elle les a fait balancer légèrement, juste devant mon nez, me faisant admirer leur parfaite tenue, leur blancheur de neige et leurs tétons rosés. Et puis, une de ses mains a enveloppé mon sexe en entier, doucettement et avec grande attention. Le sang chaud m’a jailli rapidement entre les cuisses et mon membre, flasque et endormi l’instant d’avant, se retrouvait déjà doté d’une bonne érection. Elle a glissé encore légèrement ses doigts tendres et dociles sur la fine peau tendue, allant d’un bout à l’autre, et il ne m’en fallait pas plus pour me retrouver à ma raideur extrême. Me sentant bien dur, elle a tendu l’autre main à Tom dans un geste ample et théâtral de pin-up girl. Il lui a passé la règle en plastique. Elle m’a mesuré le sexe, versant haut, du ventre jusqu’au bout.



Je le savais que j’avais une belle queue, mais je ne la pensais pas appréciée à ce niveau. De toute façon, il paraît la juger à sa juste valeur, Tom, c’est certainement un grand connaisseur, et je pourrais bien faire plusieurs choses avec cette queue, que je m’étais dit sans trop réfléchir. En un instant Kate a rendu la règle à Tom, a refermé son chemiser, et s’est dirigée vers la porte. Tom l’a suivie des yeux jusqu’à ce qu’elle ait fermé la porte derrière elle, puis il s’est adressé à moi de nouveau.



Je devais commencer trois jours plus tard à la même adresse. Ensuite, je devais enchaîner deux autres jours puis reprendre les deux derniers tournages la semaine d’après. Enfin Tom m’a donné quelques conseils. Il fallait bien manger, du steak surtout, dormir tôt, ne pas boire ni fumer, faire l’ascète en gros, c’était ça le porno ! Bravo Tom. Il y avait aussi les 2000 dollars, j’ai hésité un instant à négocier, car j’ai compris que j’avais quelques atouts, mais je me suis dit que ce serait pour la prochaine série. Je m’étais déjà inscrit dans la durée.

Pour cette fois, j’avais hâte de retrouver des belles filles, des blondes de l’est. Je les imaginais de la beauté de Kate, en plus jeunes et plus fraîches, et puis dans les cinq, il devait bien y avoir une black, c’était sûr et certain. Je suis sorti sur cette pensée et j’ai attendu avec impatience le jour J. J’avais emporté le contrat signé par Tom et sur lequel je devais apposer ma signature avant la première séance. Et ne pas oublier le bilan sanguin.



--oooOOOOooo--




Bien sûr j’ai retrouvé Tom et Kate, mais il y avait beaucoup plus de monde. Le salon d’accueil grouillait de gens, immobiles et en mouvement, assez pour donner de cette petite pièce l’impression d’une boutique de fringues en début de soldes. Et, pour mon grand plaisir, la plupart c’était des petites bébêtes, assez dénudées, de celles que j’aime, celles qu’on ne voit qu’à la télé, affichées en ornement derrière les présentateurs et les invités, et puis bien sûr, dans les films porno, ces fameuses « babes » plus belles que des poupées.. J’avais l’impression de réaliser un rêve. Tant de beauté en même temps, c’était suffoquant. Et puis, malheureusement, il y avait aussi des mecs, au moins trois, droits et bien sapés en sportwears. C’est l’un d’eux qui m’a intercepté le premier, dès que je suis entré, Kate discutait debout avec deux blondes sculpturales et Tom sortait d’une pièce et allait vers l’autre en ayant l’air très préoccupé.



Quelle minutie, j’étais justement cinq minutes en avance. Le mec qui m’a parlé m’a laissé et a rejoint presque en courant Tom dans la pièce de droite. J’ai avancé alors naturellement vers Kate, la seule que je connaissais. Très vite elle m’a présenté ses deux convives :



Toutes les deux, grandes, blondes, avec des larges bouches pulpeuses. La première pensée qui m’était venue, c’était naturellement qu’elles avaient toutes les deux ce qu’il fallait pour une pipe d’anthologie. Mais elles étaient loin d’être pareilles, ces deux gonzesses. Premièrement il y avait l’âge, Sherry était plus accomplie, je dirais dans les vingt-cinq, presque comme moi. Helen était plus jeune, pas plus de vingt, mais pas moins de dix-huit si je m’en tenais aux paroles de Tom. Puis le physique différait aussi, Sherry avait plus de rondeurs, une poitrine plus fournie, plus encore que celle de Kate, et des hanches de sirène. Mais tout en harmonie, pas un gramme de trop. Toutes les deux étaient en jean et tee-shirt serrés, elles parlaient avec un accent bizarre, comme Kate, et elles ne disaient que des évidences, elles ne pouvaient pas dépasser les mots simples de tous les jours.


Elles se connaissaient certainement avant, il y avait une certaine complicité dans leurs regards et puis, régulièrement, elles échangeaient des mots dans une langue exotique qui, à ce que j’avais constaté, n’était pas celle de Kate, qui ne les comprenait pas non plus. On n’avait pas dépassé les « What do you do ? », « Where do you live ? » et « how did you got this job ? ». Mais c’était suffisant pour que je comprenne que pour Sherry ce n’était pas la première fois, elle était plutôt du genre connaisseuse. Helen, c’était peut être sa première, mais je n’étais pas si sûr. J’avais hésité à poser la question à Sherry sur son pays d’origine, et finalement c’est Tom qui m’a appelé et je suis allé le rejoindre dans la pièce où j’avais eu le casting. Il m’a serré la main à la porte et m’a laissé entrer, puis il s’est arrêté un moment balayant du regard le salon. J’ai compris qu’il me cherchait la bonne partenaire.



Sherry alors m’a rejoint dans la pièce et Tom a fermé la porte. Le décor n’avait pas trop changé par rapport à la dernière fois. Il n’y avait toujours presque rien, à part deux caméras plantées sur des trépieds, près du rideau de la fenêtre, toujours bien étanche. En face, dans un coin, un fauteuil en cuir blanc, comme les canapés du salon. Tom m’a fait signe de me déshabiller tout entier, Sherry, elle, devait garder sa culotte et ses chaussures. On allait filmer direct, nous a dit Tom, sans préparatifs. J’ai compris là aussi la méthode de Mr Tom, il s’agissait d’être efficace, sans fioriture, à l’américaine. Il devait rouler sur l’or ce Mr Tom.


Ainsi, quelque part en Amérique, au 33ème étage d’une tour géante de New York, Fakher Ben Hammouda, étudiant en dernière année de « Computer Science », allait se faire tailler une pipe par une blonde de l’Est, pulpeuse et généreuse, une vraie « Gorgeous babe ». Qui aurait pu dire cela, il y a vingt-cinq ans, lorsque la sage-femme l’avait tiré du ventre de sa mère en psalmodiant ces mots purs et sains qui ne lui souhaitaient certainement pas ce qui allait lui arriver dans quelques minutes. Qui aurait dit ça au cours de sa vie simple, austère et conventionnelle, passée à la madrasa, l’école primaire, le collège, le lycée où il a eu le bac avec une mention honorable, et enfin la New-York University. Qui aurait dit cela encore quelques jours auparavant, lorsque dans sa piaule, Fakher Ben Hammouda se masturbait la bite en admirant les nanas en train de tailler des larges pipes à des mecs poilus sur la « Love Channel 69 ». ». Il n’en revenait pas Fakher Ben Hammouda. Je n’en revenais pas.


Débarrassé de mes fringues, je me suis mis là où Tom me l’avait indiqué, entre les deux caméras sur trépied. Un technicien est alors venu régler les angles de prise. À la fin de sa manipulation, les objectifs pendaient à quelques centimètres de mes tempes, comme s’ils allaient voir avec mes yeux. Je me suis campé sur mes jambes légèrement écartées, Sherry est venu se mettre à genoux devant moi, sa tête à la hauteur de mon sexe. Sa main gauche s’est appuyée sur ma cuisse droite, tendrement avec des imperceptibles caresses. L’autre main est restée suspendu en l’air. Il est certainement inutile de répéter que depuis que Sherry s’était déshabillée, j’avais bandé instinctivement et instantanément comme un âne. Tom a crié :



Il n’y a eu ni « Moteur, Action », ni coup de clap. Sherry a pris ma queue dans sa droite et sans attendre, a englouti le gland dans sa bouche. Je la voyais opérer d’en haut, une vue en plongée. Je voyais ses cheveux épais et ondoyants, couleurs de paille éclatante sous le soleil, retenus par un fin bandeau, rangés de côté et derrière elle, laissant le champ aux caméras pour prendre toute la largeur de son visage. Je voyais aussi ses yeux aux paupières légèrement bleutées et relevées par un fard d’une extrême noirceur, appliqué sur ses cils redressés et allongés. Je voyais le nez, la bouche au travail, la grande langue effilée et sa texture blanche et légèrement rugueuse, les bras soutenant ses mains qui s’agitaient, et les grands seins magnifiquement déployés. Enfin, légèrement derrière elle, je voyais traîner par terre les extrémités de ses jambes, terminées par des pieds chaussés, toujours et indéfiniment, par des grands et imposants talons blancs.


Sherry a alors entrepris un va-et-vient dans sa bouche, ce qu’il y a de plus normal pour une pipe. Elle a fait entrer et sortir ma queue dans une succession de mouvements doux et continus, mais avec des variantes et un raffinement que ne pouvaient effectuer qu’une grande experte en la matière. Alors, tantôt elle me prenait la moitié de la queue à l’intérieur, puis la ressortait avec un claquement, tantôt elle collait ses lèvres sur le gland, lui donnait un grand baiser appuyé, puis le retenait furtivement à la porte de sa bouche ouverte afin de l’enrouler par un coup de langue coquine et contorsionnée qui épousait le gland, le balayait, puis finissait par tracer à l’aide du bout de sa langue, un trait sur le bord, là où le gland rejoint la hampe, le terminant par une tape sur le frein saillant. Tout ceci se faisait furtivement, même pas en un clin d’œil, on dirait un éclair ; c’était une vraie pro, cette Sherry. Tantôt aussi, elle parcourait tout le sexe de ses lèvres et de sa langue, de haut en bas ou de bas en haut, lui imprimant un léger coup de dent qui ne faisait aucun mal mais qui agrémentait la sensation en lui donnant une empreinte différenciée, comme le ferait un brin de piment corsé dans une sauce déjà bien épicée. En accompagnement des délices buccaux, elle faisait aussi remonter sa main le long de la tige, lui donnait une légère pression et la branlait doucettement et continuellement, sans aucun répit.


Elle alternait tous ces mouvements avec plus ou moins de variantes et de prolongements, de manière continue et aléatoire. C’était impossible pour moi de prévoir ce qu’elle allait faire. Bouche, langue et main étaient continuellement en mouvement, elle ne retenait aucun souffle. À un moment, elle a ramené l’autre main au secours de la première, et avec les deux, elle a pris la base de mon sexe en tenaille coulissante qui s’est mise à accompagner les mouvements des lèvres et de la langue. De temps en temps, elle me regardait de ses grands yeux qu’elle voulait doux et rêveurs, tout en continuant ses tâches alternées, et parfois elle ouvrait la bouche et émettait un léger souffle, comme si elle voulait chuchoter quelque chose, à moi ou à la caméra. Puis elle baissait les yeux et revenait à l’objet de son admiration, mon sexe, qui n’était plus qu’un jouet entre ses mains. J’entendais aussi les petits sons qui sortaient de sa bouche, ces espèces de vibrations involontaires qui suivaient les mouvements et qui en augmentaient les effets. Elle rajoutait aussi des petits soupirs par-ci par-là, plus ou moins prolongés, plus ou moins inspirés et musicaux. On est resté ainsi quelques minutes, cinq ou six, peut-être plus, je n’en savais plus rien. C’était Tom qui surveillait le timing.


Soudain Sherry a dressé la tête, a reculé légèrement son torse et m’a jeté un regard de tigresse, comme si elle me promettait quelque chose de grandiose, ou qu’elle me défiait. Ses mains toujours bien serrées à sa base, ma queue s’est présentée droite devant elle, à dix centimètres de sa bouche. Elle a craché sur elle à quatre ou cinq reprises, des grands crachats chauds et visqueux, avec le son chevrotant et sec qui va avec. Le liquide a dégouliné de haut en bas ; elle l’a alors recueilli et à l’aide de sa main, l’a fait remonter le long de la tige, l’enduisant en entier de cette substance qui en d’autres occasions, m’aurait paru bien dégoûtante, mais qui en ce moment précis était chaude et envoûtante. Après quelques coups de branlette, de plus en plus rapides et serrées, elle a sorti sa grande langue palpitante et l’a amenée se poser sur la peau fine et tendue à l’éclatement du gland. Les mouvements de la main continuaient toujours, sans cesse.


Puis soudain, avec cette faculté qu’a Sherry de rendre ses gestes imprévisibles, elle a retiré ses mains et a englouti dans un geste rapide et précis le maximum de mon sexe dans sa bouche. J’ai senti le bout de ma queue buter sur son palais et se tenir dans un couloir dur et serré. Remarquant qu’il lui restait encore quelques centimètres à avaler, elle a retenu son souffle et a poussé sa gorge en avant, engloutissant ce qui restait de mon engin centimètre par centimètre, jusqu’à ce que ses lèvres soient venues chatouiller mes bourses. Elle était alors complètement concentrée sur son sujet, elle ne me regardait plus. Il me semble même qu’elle avait fermé les yeux.


C’était la première fois qu’une nana arrivait à me faire cela, je ne pensais pas que c’était possible. Généralement elles étouffaient déjà à la moitié et s’excusaient de ne pas pouvoir aller plus loin. Une fois une petite de la fac avait même rendu ce qu’elle avait dans le ventre lorsque j’avais buté sur son palais. Mais Sherry, cette fameuse Sherry que je ne suis pas prêt d’oublier, s’est maintenue ainsi de longues secondes, émettant un son étouffé, un genre de gargarisme qui partait du plus profond de sa trachée et se mourait petit à petit le long de sa gorge et dans sa bouche. C’était moi qui n’en pouvait plus de la pression mortelle qu’elle m’exerçait. Heureusement, elle a fini par retirer sa bouche avant que j’aille crier au secours. Elle a respiré un grand coup, puis elle est revenue pour tout reprendre de nouveau, avec la même force et le même appétit. Mais toujours, et j’avais enfin compris que c’était une règle chez elle, elle allait jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême rupture, comme si elle se déplaçait sur une gouttière au dernier étage d’un immeuble parisien et qu’elle arrivait toujours à maintenir son équilibre et à s’arrêter là où il fallait et quand il le fallait.


Après quelques minutes de gorge profonde, Sherry a repris ses mouvements alternés, mais cette fois avec plus de force et de profondeur. Sa gorge enfin bien dilatée, elle engloutissait le tout à chaque coup, et en sortant, elle reprenait dans la foulée des lèvres, ses branlettes avec les deux mains dans des glissades de plus en plus effrénées. Et sans oublier de cracher régulièrement, chaque fois qu’elle sentait que l’enduit arrivait à manquer. C’était simple et fluide, tous ses outils naturels, bouche, langue et lèvres, mains, doigts et ongles, travaillaient en parfaire concordance, dans une succession harmonieuse et parfaite, jouant sur ma pine une musique douce et envoûtante. Je ne sais pas si un ange, de préférence féminin, pourrait me faire pareil au paradis.


En ce qui me concernait, malgré les bouffées de plaisir qui m’avaient assailli de tous les cotés, je n’avais toujours pas senti de fatalité. En effet, je m’étais vidé deux fois le matin avant de venir, avec mes propres mains et le secours d’une savonnette. J’avais tellement peur de l’éjaculation précoce que je m’étais dit qu’il valait mieux faire ainsi avant. Alors maintenant, au bout de plus d’un quart d’heure que Sherry jouait avec ma pine à n’en plus finir, et comme je n’avais encore senti aucun fourmillement, j’ai eu crainte de l’effet inverse, car il allait bien falloir que je la vide, cette carotte, moitié sur son visage, moitié sur ses seins, c’était aussi inscrit dans le contrat.


Sherry a continué alors que, pour ma part, je suis resté à l’observer, comme si je n’étais pas concerné par cette superbe nana qui jouait avec ma bite. Car la pensée de ne pas pouvoir éjaculer m’avait légèrement perturbé. À un certain moment, Sherry s’est attardée sur mes bourses, elle les a enchâssées entre ses doigts, et avec une petite pression, elle a fait jaillir les boules sous une peau tendue sur laquelle saillaient les granularités qui entourent les racines des poils. Puis, elle les a longuement léchées, mes bourses, à coups de langue et avec une abondance de salive, puis elle les a prises une à une entièrement dans sa bouche, à plusieurs reprises, toujours dans cette alternance fluide et continue pour laquelle elle était experte. Et de sa manière fine et délicate, chacune des boules a reçu à l’intérieur de sa bouche son lot de massages et de tendresse. À chaque fois, elle les sortait lentement de la bouche, en retenant quelques poils chanceux entre ses dents, qu’elle tirait doucement avant de les lâcher et les laisser se rouler en boucles, puis émettait le petit claquement des lèvres qui signalait la fin d’une étape et le début d’une autre. Elle leur a parlé aussi, je ne sais pas ce qu’elle leur a chuchoté. En même temps, et je se ne sais pas si cela sert de le répéter, ses mains continuaient à coulisser le long de mon sexe, avec de délicieuses pressions sur la hampe et sur le gland. Là, enfin, j’ai commencé à sentir quelque chose se mijoter. Sherry m’a encore regardé droit dans les yeux et a dû s’apercevoir que j’étais enfin prêt à la conclusion, au « Final Act ». Elle s’est alors redressée légèrement et a ramené ses seins de façon à les serrer contre mon bas-ventre, de ce fait ma queue s’était trouvée dans le lit douillet que formait son entre-deux seins, le bout arrivait au niveau de sa bouche et elle continuait à la marteler à coup de lèvres et de langue.


Alors, je ne sais pas si c’est sous la pression d’un désir frénétique ou du temps qui s’écoulait, Sherry a changé de rythme et de comportement. Tout d’abord elle n’étouffa plus ses soupirs, elle y allait de bon cœur, c’était devenu presque des gémissements. Elle a repris tous les mouvements, tout ce qu’elle savait faire, mais de manière accélérée, avec frénésie, presque avec folie. Pantois et sentant se rassembler en mois la force nécessaire pour achever cette interminable pipe qui commençait, je l’avoue, à me fatiguer, j’ai observé de ma position les contorsions de sa bouche, les battements de ses joues, la crispation de ses muscles faciaux. J’ai vu son cou se tendre et sa jugulaire bondir, comme si elle voulait exploser. J’ai vu ses mains s’agiter dans des mouvements désespérés, à la vitesse de la lumière, avec leurs muscles en vibration, leurs nervures saillantes, leurs ongles au blanc laiteux. J’ai vu ses bras s’alourdir et refléter un certain état de fatigue. Là, elle était à la limite de me faire mal, sans toutefois atteindre cette limite et sans basculer dans le désagréable. Comme toujours, elle me menait au bout.


C’est ainsi qu’elle m’a achevé, au bout d’une longue branlette avec sa main droite, où j’ai senti ma queue enduite par ses crachats continus se dissiper sous la chaleur montante due aux frottements lourds et serrés sans fin. Je ne sais plus comment j’ai eu l’état d’esprit de crier « Oh Yeh », trois fois, comme me l’avait demandé Tom. Enfin voilà mon jus, ma crème, ma semence bénite, source de tout plaisir et de toute fertilité, qui avait jailli, jaune et visqueuse, chaude comme une coulée de l’enfer, dans une longue série de jets discontinus. C’était Sherry qui avait guidé le tuyau, arrosant tantôt sa figure, tantôt ses seins, car moi je n’y pouvais plus rien, je ne pensais qu’à ce plaisir extrême qui m’a assailli et qui m’a vidé. J’ai laissé des traces partout, il y avait même des petites gouttelettes qui s’étaient accrochées aux pointes de ses cils fardés.


Lorsque plus rien n’est sorti, j’ai pensé que c’était fini, mais Sherry ne l’entendait pas de cette oreille. Elle a repris la carotte dans sa bouche et l’a introduite toute entière, il est vrai que sa tâche devait être plus facile maintenant qu’elle était flasque et vidée, néanmoins elle était toujours aussi longue et aussi gonflée. Puis, la pinçant à la base entre l’index et le majeur de sa droite, elle remonta doucement et la bouche et la main, tout en serrant et en maintenant la pression de sa pincette. C’était une manière de la vider une fois pour toute, de l’assécher et de recueillir les dernières gouttes qui restaient suspendues à l’intérieur. Une fois arrivée au bout, elle m’a libéré d’un mouvement bref et sec, accompagné d’un petit claquement des lèvres, puis elle a penché légèrement sa tête, a basculé d’un ample balancement tous ses cheveux derrière elle, puis m’a regardé droit dans les yeux avec un grand sourire. Elle m’a alors sorti sa grande langue goulue sur laquelle j’ai pu admirer mes dernières gouttes de sperme. Ses yeux étaient lourds et graves, pleins de lueurs de satisfaction, je dirais même d’admiration. Tout en me fixant, elle a rentré la langue, refermé les lèvres et a fait un petit mouvement de la tête en arrière. J’ai vu alors une onde qui a pris son origine au menton, en dessous de la bouche, puis qui s’est propagée le long de la trachée pour se dissiper entre les clavicules, à la naissance de la gorge. Elle a avalé. Là aussi, c’était une première pour moi. Je ne pouvais que m’en réjouir de cette gorgée dont j’étais l’origine, bien qu’elle m’ait toujours apparue bizarre et inexplicable cette satisfaction des hommes alors que, finalement, ils sont complètement passifs et ne sont pas vraiment partie prenante.


Je me suis encore rappelé la consigne de Tom de ne pas bouger une fois qu’elle m’avait lâché. Ça sert au moins à ça, de faire des études d’ingénieur et de management, on vous apprend à ne jamais oublier les consignes. Sherry s’est enfin redressée et a fait quelques pas en arrière jusqu’à un pas du mur du fond. Un des cameramen qui pointaient derrière moi depuis le début s’est mis à la poursuivre, à quelques pas devant elle, la prenant au format portrait. Avec ses mains, elle a enduit ses seins et son visage du sperme qui s’y était accroché, avec des petits mouvements lents et tournoyants propices aux plus fines caresses, comme elle savait les faire à la perfection. Puis elle a introduit les doigts un par un dans sa bouche, elle a sucé chacun jusqu’au bout des ongles vernis puis elle a avalé ce qu’elle a pu y récolter, avec cette même minuscule onde mécanique qui lui faisait onduler la gorge et lui servait à exhiber son geste. Elle a fini par un clin d’œil et un bisou dans l’air à une dizaine de centimètres de l’objectif. Bisou où elle a tendu les lèvres en avant, formant un petit bec d’oiseau, puis elle a ouvert et fermé sa grande bouche resserrée avec un petit claquement sourd. Tom est alors sorti du coin dans lequel il n’avait pas bougé depuis une demi-heure en applaudissant, il a avancé vers moi en criant :



Il s’est retourné après vers Sherry pour lui dire la même chose et lui faire une petite bise sur la bouche. Dans le tohu-bohu qui s’en était suivi, où j’avais entendu répéter au moins dix fois le mot bravo, un homme avec un petit chariot est entré dans la salle, il nous a distribué serviettes humides et bouteilles d’eau. Alors que je m’essuyais la bite, Sherry s’est approchée de moi et m’a fait un petit bisou sur la joue. Le torse et le visage lubrifiés par ma semence, sa peau miroitante et son grand sourire radieux, dans lequel j’ai cru déceler un petit brin de satisfaction naïve, et puis aussi nettement de l’admiration, m’ont fait un petit déclic et j’ai senti que ma queue cherchait à se redresser à nouveau. Dans un brin de folie, une « Irresistible Impulse », j’ai voulu me la taper, cette Sherry, tout de suite et devant tout le monde. Une pipe c’était bien, mais j’aurais voulu aussi l’embrasser dans sa bouche de déesse, malaxer de mes propres mains, son corps à la fois ferme et moelleux, découvrir enfin sa chatte mouillé, m’en asperger jusqu’à la lie, et puis la défoncer, oui la défoncer, simplement, comme tout homme occupe une femme. Cela s’appelle faire l’amour. J’allais même tendre une main sur son sein encore enduit d’une légère couche de ma semence lorsque Tom nous a rejoints :



Je me suis rhabillé et Sherry a couru dans l’autre pièce où, selon ce que j’avais compris, elle devait se doucher et se refaire une beauté. Elle avait certainement d’autres scènes à faire pour le fameux « Allo Doctor Fellatio » ce jour-là, la pauvre. En sortant, j’ai fait la bise à Helen et à Kate qui m’a remis mon enveloppe. J’ai failli l’ouvrir et compter le pognon comme devant le caissier d’une banque, car les mecs comme Tom ne m’inspiraient généralement pas une grande confiance, mais je m’étais abstenu par respect des merveilleuses créatures qui se dressaient devant moi. Alors que j’étais un pied dedans et un pied dehors, j’ai appelé Helen qui, avec la fraîcheur des ses dix huit ans, s’est précipitée avec un grand sourire d’ange. Je lui ai alors demandé son numéro de téléphone en chuchotant dans son oreille, et sans aucune hésitation, je dirais même avec un grand plaisir, elle me l’a donné en chuchotant également dans mon oreille. Dès que j’ai entendu la porte se fermer derrière moi je l’ai enregistré sur mon mobile.



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Sur le chemin du retour, tout enveloppé par les tintements stridents, irréguliers et vraiment chiants du métro de New York, j’ai réfléchi un peu à ce que je venais de vivre. D’un côté je m’étais dit que c’était une expérience agréable et utile, avec à la fin un peu de ce pognon dont j’avais vraiment besoin. Moralement, j’étais arrivé à la confortable conclusion que je n’avais rien à me reprocher. Mais d’un autre côté, j’étais envahi par la désagréable pensée que j’avais mis les pieds dans un monde interlope duquel j’allais avoir du mal à sortir. L’argent facile, trop facile même, conjugué avec un plaisir intense et instantané. N’allais-je pas m’enliser petit à petit et me laisser ensevelir doucettement dans une machine infernale, de la même manière qu’un mec simple et normal s’enfonce dans la drogue ou dans l’alcool.


J’ai vu défiler devant moi des images embrouillées et réentrantes de plusieurs extraits de films et de documentaires sur les milieux de la prostitution et du porno, généralement associés à la violence, à la drogue, à la dépendance, où cela se termine généralement mal, dans un hosto pour désintoxication ou dans une prison morne et surchargée où les simples et honnêtes comme moi se font exploser au propre et au figuré par des caïds délinquants de toute tendance, sans oublier ceux qui finissent à la tombe pour diverses causes du fait d’hommes ou de microbes.


Alors, j’ai rassemblé mon courage, tout ce que je pouvais avoir de courage, pour me dire que le fric ne fait pas tout, qu’une honnête femme préfère mourir plutôt que de se nourrir de ses fesses, et j’ai décidé de couper court avec Mr Tom. Oui, il va se faire foutre Mr Tom, avec Sherry et Helen aussi, et Kate par dessus le marché.


Mais malheureusement mon enthousiasme s’est vite affadi et est retombé à néant, car je me suis rappelé que le père Tom avait mis dans son fameux contrat la clause qu’il me fallait pour écarter toute velléité de désertion, car il n’était pas bête le père Tom. Cette clause stipulait en gros que si je rompais mon engagement de manière volontaire et sans raison valable et démontrée, il me ferait supporter toutes les « fees » de son tournage. Imaginez cela en Amérique, c’est en milliers de dollars que cela devait se chiffrer, si ce n’était pas en millions. J’ai su alors que je n’avais pas le choix, il me fallait revenir au 7 Country Road 69, à Jersey City, terminer ma série de cinq pipes à 200 dollars pièce. Sinon, c’est l’autre face de l’Amérique, les « law courts », les « attorneys » du père Tom qui allaient se faire un plaisir de me déchiqueter dans les longs couloirs de la honte, exactement comme dans les films. Oh mon Dieu !


Après m’être calmé, j’ai pensé au numéro de Helen. Et dans le métro, j’ai commencé à lui écrire un message.