Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 14411Fiche technique24030 caractères24030
Temps de lecture estimé : 14 mn
21/05/11
Résumé:  Pierre retrouve Suzanne qu'il vient de séduire ; ils se découvrent plus encore dans un pub festif et s'engagent dans une relation SM faite de confidences.
Critères:  fh danser fsoumise hdomine fellation sm bondage
Auteur : Jacques Soenen  (Jacques Soenen, h 50 ans amoureux des lettres et des femmes)            Envoi mini-message
Le bar de nuit

Suzanne avait donné rendez-vous à Pierre mais celui-ci a déjà eu le temps de finir son bock d’Abbaye d’Aulne et toujours pas de Suzy. Il s’apprête à en recommander un autre quand une créature s’avance vers lui. Il ne l’identifie pas au premier regard : sa brunette de copine s’est teinte en rouge !



Elle ne prend pas la peine de répondre. Aussi bien ses vêtements parlent pour elle. Jamais Suzanne n’a porté de jean aussi serré et il est évident que sous sa courte maille de jersey qui laisse son petit nombril à l’air, elle ne porte pas de soutif.



Pierre s’exprime longuement sur sa journée de travail qu’il a besoin d’expurger, mérite cathartique de la parole adressée à un être de confiance. Ses cours de rattrapage.




Comme promis, après avoir dégusté un potjevleesch frites, Pierre emmène Suzanne dans son bar à jazz préféré.


Le caveau du Hérisson est bondé comme un pub irlandais, pas de place assise. Une déroutante formation de jazz assemble arrangements folkloriques et rythmes de fanfares. Le saxophoniste se fait le support de mielleuses mélodies empruntées aux refrains faciles mais émouvants des hits parades. Le batteur, une fille, en stretching rose fluo au mince tissu élastique martèle sa caisse claire et ses cymbales. Le trompettiste aux entrées fracassantes s’efface dès les premiers accords de la guitare solo. La voix suave d’une capverdienne donne le ton, envoûtant et entraînant.


Pierre raconte la suite de sa journée en se collant à l’oreille de Suzanne.


L’ambiance du café devient délirante. Des filles se lancent dans un concours de tee-shirts mouillés, les roberts baptisés à la bière, au champagne ou aux cocktails couleur Caraïbes. Les gorges gonflées gondolent sous les maillots trop étroits. Les garçons aux mains graveleuses plongées dans des verres de pils ou de vin de Californie, paluchent les nichons de proximité. Pierre remarque l’érection de tous les boutons tétoniques.



Tous pensent reconnaître leur langue et entament une causette festive avec notre couple. Leur groupe s’avère disparate : c’est un collectif babélique qui s’en revient du forum des langues et qui peine à se faire comprendre. Suzanne déchiffre les divers parlers qui ne sont pour Pierre que charabias. Forte de son pouvoir polyglotte, Suzanne s’improvise colporteuse des langues vernaculaires et, noctambule entremetteuse, s’évertue malignement à assortir les couples en expliquant selon son envie aux garçons ce que les filles attendent d’eux.


Une magnifique et prototypique bavaroise aux généreux appas posés sur une taille plaisante, associant un tailleur BCBG à des couettes de gamine ingénue, considère effrontément Pierre sans que ses yeux braisillants ne baissent la garde.

Suzanne lève son verre en sa direction tout en soupesant son sein gauche. La fille s’avance vers notre couple et capte Suzanne de ses yeux aguicheurs qui, prise au jeu, fait encore vibrer sa poitrine. La Teutonne examine la tignasse de Suzanne. Échange de mots crus avant qu’elle n’entame une danse lascive, laissant ses doigts couler sur son corps.


La jupe sur ses hanches, elle escalade le bar, se met à quatre pattes, balançant de la croupe, sûre de l’effet qu’elle produit. Tête renversée, sa veste est vite ouverte et envoyée dans la salle, elle s’arrache le chemisier et soupèse ses lolos mis à l’air.



Il s’est formé autour de la créature un cercle d’admirateurs qui l’applaudissent et la provoquent. L’orchestre bascule dans une musique saccadée.

La bombe sexuelle tombe définitivement la jupe et empaume ses fesses pour en écarter les globes. Accroupie, elle écarte son slip d’une main pour tremper son doigt dans sa crevasse et le porter à sa bouche sous les vivats de la valetaille, fixant insolemment Suzanne et Pierre de ses pupilles dilatées.

La strip-teaseuse roule sa culotte et la balance au milieu de l’assemblée. Une surprenante géante l’attrape au vol et l’offre à un brun ténébreux aussitôt vampirisé tandis que l’effeuilleuse ramène l’attention sur elle en s’échouant sur une table pour mieux exhiber le petit manège tortueux de ses doigts autour du capuchon clitoridien.


Insatisfaite, notre Gretchen s’en retourne sur le bar, commode perchoir, embrasse le patron hilare et, assise en tailleur, se patouille sans vergogne de tout le plat de la main, les lèvres entrebâillées, fixée par tous. Elle interpelle Pierre d’un geste de la main. Gêné d’être choisi, il s’avance cependant avec bonne volonté. Elle l’attire vers elle en l’agrippant par sa veste et saisit le stylo qui dépasse de sa pochette. Elle porte en bouche l’ustensile de bakélite, le tracasse de sa langue et se le plonge dans le sexe. Ce qui déclenche rires et acclamations.


Stimulée, elle se fiche le stylo magique dans l’anus qu’elle fait danser en jouant de ses sphincters. L’assistance scande des mains au rythme de l’agitation du bassin. La mesure s’accélère, elle beugle en se fourrageant le fondement, toute la salle épouse le tempo algorithmique de son balancement. Elle se fige et hurle un cri de guerre, le cul en surplomb, toujours farci de l’outil fétiche de Pierre. L’héroïne est applaudie à tout rompre.


Apaisée, elle se redresse, trempe le calame dans un verre de whisky, l’ingère suggestivement avant de le rendre à Pierre qui la remercie d’avoir rendu une âme au corps de son porte-plume, subtilité que notre débauchée ne comprend guère.


De toute façon l’assemblée ne lui en laisse pas le temps ; portée à bout de bras par la foule, elle devient la tête d’une farandole débridée qui ne s’achève que par l’offre d’une tournée générale du patron.

Après cette cavalcade échinante, les lumières se tamisent, la musique s’attendrit, c’est le temps des couples.


Suzanne et Pierre évoluent sur la piste.



Pierre est gêné de cette déclaration. Il ne sait que l’accueillir contre lui.



Les musiciens entament une ballade inaugurée par la trompette bourdonnante qui fait vibrer les corps et entraîne tous les queutards dans une transe lascive. Notre couple valse sur ce rythme épisodiquement ternaire, du brio conventionnel des acteurs de série B. Il la tient par les hanches dans une distance des corps qui permet aux regards de mieux s’observer. Mais à leur tour de s’échauffer. Ils dansent, soudés.



Elle le lui prouve à sa façon ; sa main disparaît dans le pantalon d’un Pierre qui reste coi, dégage du slip biroute et testicules qu’elle malaxe. Elle frotte la bite sur son ventre. Ils entament quelques mouvements de rock and roll, sans qu’elle lâche sa verge rigide. Elle aime la manipuler.


Suzanne s’accroupit et suce, les yeux levés vers lui, le cristallin canaille. Les mains de Pierre commencent à ramper sur ses seins mais Suzanne l’arrête.



À force de pomper, son rouge à lèvre s’est étalé. Pierre le lui fait remarquer. Aussi bien ce soir a-t-il été de surprises en surprises ; sa chevelure, son maquillage, ses initiatives audacieuses.



Parole malheureuse, car sa fougue l’a consacrée nouvelle attraction et ce n’est autour d’elle que sifflets, hurlements, rires gras et injonctions à persévérer, voire d’élargir à tous sa prestation. Mais elle ne s’est jamais vue dans un rôle d’hétaïre. Le cabaret lui devient insupportable.



Ils rentrent à pied. Pierre liste mille supplices qui font rire aux éclats notre Suzon. Pierre annonce finalement l’inauguration de son palan.



Depuis leur première rencontre au café philo, ils avaient assidûment communiqué, sous des prétextes littéraires. Ils s’écrivaient journellement, leurs courriers se croisaient au hasard des levées postales, en dépit du zèle des facteurs. Le quotidien se mêlait aux réflexions philosophiques et aux fantasmes qu’ils se promettaient de vivre. Ils savaient presque tout l’un de l’autre, mais il leur manquait ce qui était pour eux le plus difficile et dédaléen : se parler en direct. S’ils savaient s’écrire, ils étaient d’affligeants albatros en situation duelle. Oseraient-ils être francs ?



Parvenus chez lui, ils ne se sentent pourtant pas pressés de se jouer leur petit scénario. Atmosphère simple, familière. Pierre lui mitonne des spaghettis al dente, Côte-rôti et musique. Pierre évoque ses années de jeunesse, l’impact de son père, sévère mais peu présent.



Ce n’est qu’aujourd’hui qu’il ose dire la haine de son enfance, la pénible attente de devenir enfin un homme, sa solitude d’enfant unique, le deuil difficile de sa mère morte dans un accident. Il dit sa distance vis-à-vis de son père veuf.



Il lâche enfin sa nostalgie de Mylène dont il ne s’est pas défait, ce qu’elle savait depuis longtemps, mélancolie camouflée derrière le paravent du cynisme.



Les propos très personnels de Pierre l’amènent à parler d’elle. Elle raconte les cachotteries qui ont présidé à sa naissance.



« Mon père est mort, je pense qu’il s’est suicidé, mais je n’ai pas vraiment de souvenirs de cette période. Ma mère a renoué alors avec un gars qu’elle avait connu durant ses études. Très amoureux, il l’a épousée et m’a reconnue.

« J’ai eu un petit frère, puis un second ; c’est à ce moment-là que le mari de ma mère s’est intéressé à moi. De très près. Maman a toujours ignoré l’inceste de son second mari, lui aussi décédé brutalement. Une rupture d’anévrisme, un jour de canicule, durant sa partie de pétanque. Je l’ai détesté, haï, pour ce qu’il m’a fait, pour son agression, pour le fait qu’il l’ait commise parce que je n’étais pas sa fille biologique. Maintenant qu’il est mort, les mauvais souvenirs se mélangent aux autres, à ma vie résistante, mais insécure. Mais c’est bien cela le problème de l’inceste, ne plus avoir de chez soi. Longtemps, j’ai eu une moto.



Suzanne lui dit le chemin pour retrouver le plaisir de la vie. « C’est la littérature qui m’a sauvée ». Pierre jure que c’est la musique et la peinture qui l’ont gardé de mal tourner.


Elle explique l’exécration de son corps qui la faisait se donner au premier mec un peu entreprenant. « Il ne fallait surtout pas que je dise non, mais c’était banal ». L’étourdissement dans les livres, dans l’alcool et l’amour. Puis cette évolution dans le milieu lesbien. « J’ai connu une centaine de filles ».

Flore enfin, sa fleur, son printemps pétillant. « À deux, on a des scènes très fortes, très cul ».


Autour d’une bière ardennaise, Pierre lui fait lecture de poèmes de Pessoa. Ils s’émeuvent du Gardeur de troupeaux et s’amusent de ses tripes à la mode Caen.



Sur ces mots, l’offerte se désaffuble, ne gardant que ce mince string bleu dont la ceinture est constituée de deux rubans lacés par des cocardes sur les côtés qui ne demandent qu’à être dénoués.



Ce qu’il fait aussitôt. Il l’amène sous l’insolite appareil qu’il vient de construire, sorte d’échafaudage composé d’un cadre massif qui supporte des chevrons horizontaux percés de trous à hauteur régulière pour y passer des cordes. Un treuil électrique coiffe l’installation.

Elle s’inquiète de cette machinerie aux effets démultiplicateurs, des roulements aux bruits lourds ; elle se rassure de la maîtrise qu’en a Pierre.



Pierre fixe une barre chromée au creux de ses genoux. La corde de chanvre qui enserre jarrets et mi-cuisses résistera à toute pression. Un mousqueton cramponne la tringle à la chaîne du treuil.

Qu’il actionne.

Ses fesses décollent du sol dont elle n’est plus solidarisée que par les épaules.

Suzanne se souvient du gymnase où lycéenne, elle excellait à la barre fixe. Comme elle aimait pirouetter dans les airs, tout comme danser ou patiner d’ailleurs.



Le palan s’enclenche et la dresse à la verticale. Elle s’équilibre de ses mains sur le parquet.

Elle a quitté le sol. Vu de profil, son corps aux muscles bandés dessine une arcade qui aurait pour clef de voûte son pubis glabre. L’impuissante pose ses mains sur sa tête comme pour annuler l’étrangeté de la position renversée.

Il balance la trapéziste entravée. Ses cheveux balayent le sol à chaque passage de la perpendiculaire.



En conquérant, il palpe le gras de ses cuisses, empoigne ses fesses, les écarte, dévoile ses orifices : l’œillet crispé de son rectum et les crêtes purpurines et brillantes, gardiennes oisives de son écrin.



Elle se lâche de tout son poids, le ventre rentré, scrutant la pièce qu’elle redécouvre à l’envers. Curieuse vision où ce sont les rayonnages des étagères qui prennent le plus d’importance, chaque livre ou bibelot semblant vouloir s’en expulser.


Entre ciel et terre, le moindre de ses mouvements fait vriller la corde. Suzanne tournicote, relève la tête, se démantibule, enrage, bave comme une petite folle, combat perdu qui l’épuise et la laisse pantelante, ce qu’elle refuse en sollicitant ses muscles qui travaillent en vain.


Il rassemble sa chevelure pour y fixer un élastique et à l’aide d’un brin de raphia, tresse ses cheveux barbaresques en une queue de cheval domestique. Ses yeux le lorgnent. Le résultat n’est pas trop mal.

Pierre enserre une cordelette à la base de la coiffure qu’il attache à son gros orteil pour la maintenir cambrée. Immobilisation suprême. Plus une seule fibre musculaire ne peut se détendre.

Mais l’assemblage, pour excitant soit-il, causerait trop de courbatures et il la délie. Son buste retombe comme un linge trempé.


Ne gardant que sa chemise ouverte, en appui sur ses jambes, Pierre s’apprête à la fouetter. De son bras roulant, il imprime des oscillations au martinet, sa victime encaisse les lanières qui meurent sur sa peau en un son chaud. Elle lève la tête au ciel au temps de l’impact.

Les serpentins couvrent l’ensemble d’une fesse. Il cingle rapidement. Elle balance sa tête au rythme des calottes, appréciant les égratignures du cuir mordant qui la répare de la vie, l’abdomen palpitant. Chaque atteinte la fait se cabrer et dresser sa chatte. Elle se contracte, tente de se faire carapace, mais son épiderme n’est qu’hypersensibilité, sismographe qui amplifie les stimuli.

C’est au tour des nichons d’être étrillés. Les masses laiteuses sont attaquées à cœur. Secouées, elles reprennent leur place avant un nouvel assaut.


Retour sur la croupe colorée. Des stries s’y gravent. Elle éructe de gutturaux jappements, sonorisation duplicative des volées devenues régulières. Elle le sonde, avant de baisser son regard vers le sol. C’est l’abdication aux coups qui attisent les terminaisons nerveuses et dilatent artères et veines, prémices de la transe jouissive qu’elle prend à ce jeu.


Son corps hoquette, ses reins se congestionnent. Démissionnée, flottante, elle n’émet qu’un petit râle à chaque impact pour économiser l’air. Le sang lui monte à la tête. Sa mine écarlate est comme le cœur d’une comète flamboyante qui se disperserait dans ses mèches rougeoyantes.

Un filet de salive s’étire de sa gueule ouverte. Le corps de Suzanne, raide et comme vidé, ne respire que par les palpitations de son diaphragme.


Elle le voit bander, il bande parce qu’elle frémit. Un nouveau tour de manivelle et la voilà pile à la hauteur de sa bite qu’elle boit de son mieux. Satisfait, il soulève sa tête d’une main, caresse sa bouille empourprée et l’étreint à pleine bouche. Succulent plaisir d’être embrassée enfin. Elle laisse la langue de Pierre envahir son palais.


Mais la pause est courte.


Il fait courir un glaçon sur sa fesse qui chairdepoule. Poursuite sur sa colonne vertébrale où se mêlent détente et surprise. Promenade sous les aisselles tièdes avant le frigorifique bouchonnage de sa rose inquiète qui se recroqueville sous le contact du glaçon.

En guise de réparation, il entame sa botte préférée ; il lui broute le minou de sa langue fondante. Elle y succomberait, mais elle fait le choix d’une jouissance complice.



Détachée, elle donne toute sa mesure, imposant à la bite impétueuse la cadence d’un piston de locomotive à vapeur.



L’amazone s’est retournée et lui présente son dos, viole de gambe ensorcelée par un air exotique de Marin Marais. Il tire sur sa tresse, rêne commode pour renforcer les impulsions alors qu’en appui sur les mollets de Pierre, elle tangue des hanches pour exciter son amant.

Suzanne se penche pour observer son antre où la bite est totalement enfournée et d’où n’émergent que les roustons dont elle pourrait être porteuse.

Mais elle veut s’épanouir plus confortablement et verse sur le côté ; il la pénètre en lui enveloppant les seins.


Ils s’éteignent à l’unisson.