| n° 14410 | Fiche technique | 13872 caractères | 13872Temps de lecture estimé : 8 mn | 20/05/11 |
| Résumé: La création de machine à plonger dans les livres permet aux utilisateurs d'avoir accès aux textes les plus superbes pour les vivre ! | ||||
| Critères: fh pénétratio conte -sf | ||||
| Auteur : Gerbod Envoi mini-message | ||||
Je ne veux pas être en retard. Ainsi, en ce beau et ensoleillé matin de printemps, par une allée fleurie et délicatement parfumée, je marche à bonne allure, non sans une certaine anxiété, vers le RIBN (Réseau International des Bibliothèques Numériques) car pour la première fois, j’entreprends une PDL (Plongée Dans un Livre). Au dessus des arbres, le bâtiment dessiné par un architecte chinois, apparaît. Il est d’allure futuriste, non pas tant par sa forme ronde, sans fenêtre, avec un toit d’aspect asiatique, ressemblant au Temple du Ciel à Pékin, mais par la matière avec laquelle il est constitué. En effet, entre des piliers en aluminium sombre et ciment blanc subtilement dessiné de veines de bois, il est recouvert d’une matière blanchâtre, reflétant variablement la lumière en fonction de la position du soleil, ce qui lui donne des couleurs changeant tout au long de la journée.
Le visiteur entrant dans la bibliothèque doit s’habituer à la lumière tamisée, irréelle, provenant de partout, semble-t-il, par le revêtement du bâtiment, et la présence d’eau qu’il ne voit pas mais entend car, doucement, elle court avec sa musique caractéristique conférant à l’ensemble un effet reposant et calme propice à la lecture. Le grand hall d’entrée est de forme circulaire, en face de l’entrée la banque d’accueil, à droite le large passage vers la principale salle de lecture, sur ce côté, un escalier et les ascenseurs transparents comme dans certains hôtels, montent aux étages supérieurs, et à gauche des machines comme celles qui se rencontrent dans le métro ou le quai des gares pour les abonnés du RIBN, car ici tout peut se faire sans l’aide du personnel. Bien en vue, il y a un grand tableau numérique affichant les conseils du jour, le rôle des bibliothécaires et surtout les chiffres de fréquentation, de livres ouverts, le nombre de personnes actuellement présentes ici et celles connectées à travers le monde.
Ici, pas de livres, tout est dématérialisé, toutes les plus grandes bibliothèques du monde se sont rassemblées pour constituer ce système qui contient, sous forme numérique, presque toutes les connaissances écrites, anciennes ou contemporaines, de l’humanité. Pour utiliser le RIBN, il existe de multiple points d’accès situés dans presque toutes les grandes villes et pour ceux qui ne peuvent se rendre dans ces bibliothèques spéciales, il est possible avec un abonnement d’obtenir les livres par internet.
Ce jour, j’utilise le service développé après « l’affaire Eyre ». En effet les chercheurs ont industrialisé et sécurisé la découverte de l’Oncle de Thursday Next : le système de « Plongée Dans les Livres ». Seuls les centres RIBN possèdent ces instruments modernes car ils nécessitent, en plus de la dématérialisation, de recourir au manuscrit primitif. Le réseau international permet d’avoir accès à un grand nombre de manuscrits originaux, dans la langue originale mais aussi dans des traductions référencées.
Après être entré dans le bâtiment et allé vers les bornes, je place ma carte d’abonné dans la fente prévue à cet effet, elle est happée. Sur l’écran apparaît rapidement la demande d’un mot de passe. Je tape mon mot de passe de huit caractères alphanumériques sur un petit clavier à droite de la machine. Il apparaît alors mon nom et dessous « Vous avez aujourd’hui à 10 h une séance de PDL ». Je glisse un doigt sur cette phrase et la machine me demande « Voulez-vous avoir les informations nécessaires pour la réalisation de la séance ? ». Je pose mon index sur « Oui ». Sur l’écran, on me demande d’abord de « signer numériquement la charte de bonne conduite et de respect du texte ». Je retape mon mot de passe sur le clavier. Cette mesure est encore prise, bien que les dernières versions de la technique ne permettent plus de transformer les textes comme du temps de la première machine, qui avait fait la une des grands journaux. Après avoir validé la charte, un petit bout de papier ressemblant à un ticket de carte bancaire sort. Je le prends, il y a inscrit le numéro de la salle, où elle se trouve dans le bâtiment, l’heure du rendez-vous et un mot de passe.
Aujourd’hui, c’est décidé, je rencontrerai une amoureuse de la littérature dont les traits dépeints avec tant de grâce ont marqué mon âme et mon imagination. Mais voilà, laquelle choisir ?
S’il eut été possible de modifier le récit, trop platonique à mon goût, c’est vers l’exquise, la douce Roxane du grand Cyrano que mon choix se serait porté sans conteste. Mais voilà ! Aussi, je décidai de trouver une autre personne plus proche de ma recherche actuelle. Comme je venais de revoir le film « les liaisons dangereuses », c’est vers ce roman épistolaire que mon choix s’est orienté.
Je me dirige vers la salle SPL24 au premier étage, accessible par un large escalier recouvert d’une substance douce, légèrement molle et totalement insonore. Un long couloir dissimulé par la « lumière » apparaît avec des portes numérotées de chaque côté. Je cherche ma porte, la trouve et entre dans une salle de petites dimensions, carrée, à lumière tamisée contenant « l’instrument » dont les seules parties visibles sont un clavier, un écran intégré et un fauteuil avec au-dessus une sorte de sombre casque à sécher les cheveux des coiffeurs pour dame.
Je m’assois dans le confortable fauteuil, touche le clavier. Sur l’écran il m’est demandé le mot de passe fourni au moment de la prise de rendez-vous. Puis, un dialogue s’installe :
Je réponds :
La machine recherche quelques secondes et me demande si c’est le livre de Choderlos de Laclos. J’appuie sur la touche « Oui ».
Je peux soit donner la réponse, soit rechercher le bon moment. Aujourd’hui, je connais la réponse :
Un message apparaît :
En effet, pour éviter des accidents, très rares mais toujours possibles et qui ont dû se produire avec des appareils moins perfectionnés, le logiciel étudie le texte des cinquante ou cent pages suivant le début choisi, pour repérer tous les épisodes d’incident, accidents, scène de guerre ou de bataille car il n’est pas encore possible de pénétrer un livre dans ces moments particuliers et dangereux. Le nombre de pages est calculé pour correspondre à une durée de plongée d’une heure, temps limite d’utilisation de la machine.
Comme il n’y a pas de problème dans ces pages car les affrontements entre les personnages apparaîtront plus tard, à la fin du récit, l’écran affiche :
Je réponds « Non » puis :
Et la liste des différents intervenants apparaît :
– Cécile
– Mme de Merteuil
– Mme de Touvel
– Mme de Volanges
– Valmont
–…
Je clique sur « Valmont ».
L’écran note alors :
J’enclenche le bouton. La lumière diminue d’intensité, le casque descend de quelques centimètres pour se mettre autour de ma tête. Mes yeux ne voient plus rien, un son de cascade se fait attendre, d’abord très loin puis de plus en plus près pour devenir assourdissant et enfin je suis devant la porte de Cécile de Volanges. Il n’y a pas de doute, ma plongée commence.
Je sors de la poche du gilet la petite clé que la jeune fille m’a donné cet après-midi. J’ouvre la porte. Dans la pièce, il existe une douce clarté provenant d’un clair de lune passant à travers les lattes écartées des volets. Je devine Cécile dormant sur son lit. Je m’approche en l’appelant doucement. Elle se redresse et dit après m’avoir reconnu :
Je la prends dans mes bras, et dépose un baiser sur ces lèvres pincées.
Elle se recule et dit :
Je la resserre dans mes bras et l’embrasse de nouveau. Elle se défend mollement, tout en desserrant légèrement ses lèvres.
En la tenant toujours serrée, mon bras libre explore lentement son corps. Les protestations étant faibles, je m’aventure plus avant. Ainsi la main descend le long du flanc, arrive sur la cuisse, rencontre la bordure en dentelle de la chemise de nuit, passe dessous et remonte sur la peau soyeuse. J’entends ou plutôt devine au travers des baisers quelques petits :
Ma main glisse entre ses cuisses, découvre la fente virginale, recherche le bouton d’amour que l’index trouve facilement. Ce doigt tourne doucement, sans appuyer, sur ce monticule clitoridien qui grossit.
Cécile rapidement se met à respirer vite, puis halète. Je poursuis mon action en accélérant si bien qu’en quelques minutes, elle égrène un petit gémissement caractéristique de la jouissance féminine, ferme ses cuisses emprisonnant ma main et devient toute molle pendant quelques secondes.
Je la dépose sur le dos, lui ôte sa légère chemise de nuit. Dans la pénombre, je discerne sa peau blanche, ses seins en forme de pomme avec des petites aréoles à peine visibles, plus sombres, son visage d’ange avec les yeux fermés et la bouche entrouverte sur l’éclat de ses canines. En déplaçant mon regard vers le bas du lit, j’entrevois un ventre légèrement bombé et duveteux, la tache plus sombre de ses poils blonds, les cuisses rondes et les petits pieds si mignons quand ils se découvrent au-dessous des robes.
Mes mains caressent lentement ce corps. Sous leur action, Cécile renaît et sourit.
Je m’approche et dépose un long baiser auquel elle répond gentiment.
Je m’allonge près d’elle et nous parlons des plaisirs de l’amour. De tout ce qui l’attend dans sa vie de femme. Sur ses seins, mes mains agacent les tétons dressés, puis je me glisse sur elle en lui écartant les cuisses. Mon sexe orgueilleux cherche la fente chaude et humide. À genoux, je relève ses jambes, embrasse doucement la peau douce de son mollet et entrevois sa jeune fente dont les lèvres, plus sombres, dessinent une corolle qui guide mon sexe à l’entrée de sa grotte secrète. Je pousse lentement, Cécile présente une moue douloureuse, je m’étends et l’embrasse doucement tout en poursuivant ma lente pénétration. Je suis maintenant au bout, je ne bouge plus, j’attends que les chairs se distendent. Lorsque j’ai l’impression que la douleur est moins vive, je remue lentement sur quelques centimètres. Quel plaisir pour mon vit que ce vagin serré, je ressens chaque millimètre pénétré !
Cécile de nouveau se met à respirer plus rapidement. Je poursuis mon action en accélérant et en augmentant la longueur de la pénétration. Elle halète et comme la première fois, pousse un gémissement traduisant son orgasme, me serre les hanches avec ses cuisses et devient encore toute molle.
« Le sexe lui fait beaucoup d’effets », me dis-je. « Maintenant, il est temps de penser à vous, Vicomte ».
Je me mets sur mes genoux, la retourne tout doucement, admire ses belles fesses rondes et douces, la soulève un peu pour la mettre à bonne hauteur et replonge dans son sexe chaud et humide qui m’accueille volontiers et plaisamment, j’accélère et suis tout prêt à jouir lorsqu’un affreux et important bruit de cascade résonne dans mes oreilles effrayées, puis s’éloigne.
Le casque se relève, la lumière doucement revient, la séance est finie ! Une heure, ça passe trop vite. Sur l’écran je lis :
Avant de sortir du RIBN, je m’arrête au bureau des rendez-vous pour en prendre un autre rapidement !