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Temps de lecture estimé : 5 mn
14/05/11
Résumé:  Les songes d'un usager des transports en commun.
Critères:  bus train revede voir lingerie confession portrait
Auteur : Vincent      
Transport d'âmes en commun

Je crois avoir découvert le summum de l’ennui. En effet, quoi de plus assommant que d’écouter sa fiancée se plaindre de bon matin de ses collègues de travail alors qu’on n’est réveillé que depuis quinze minutes ? Personnellement je n’ai encore rien trouvé de pire, à part peut-être écouter une de mes collègues se plaindre de son copain qui ne l’écoute pas quand elle lui parle de son travail au petit déjeuner…


Voilà enfin l’heure de partir travailler, et surtout l’heure des réjouissances. Car mon trajet domicile-travail est certainement le meilleur moment de la journée. Il commence d’abord par une attente de quelques minutes sur le quai du métro, et l’occasion de regarder les jolies femmes présentes. Assis sur un siège, je profite tranquillement de leur silhouette, de leur postérieur et surtout des jolies jambes de certaines, les plus féminines, qui se mettent en robe ou en jupe pour aller travailler.


Bien sûr, on me dira que ce n’est pas bien, et que je ferais mieux de regarder ma petite amie plutôt que les autres. Mais que voulez-vous, elle a beau avoir un visage plein de charme, le manque de désir se fait sentir au quotidien, alors qu’avec toutes ces inconnues croisées aux détours des couloirs du métro, tout est possible, dans mon esprit du moins. Et puis, j’ai un penchant pour les jolies jambes, ce que ma fiancée n’a malheureusement pas. Alors, voir devant moi, tous les matins, des dizaines de gambettes plus ou moins dénudées, avec ou sans bas, posées sur des talons, ça réveille mieux que n’importe quelle douche.


Ça y est, le métro arrive, et même si je profite allègrement du spectacle, j’apprécie tout autant d’avoir un peu de place dans le métro et de pouvoir sortir facilement. C’est pourquoi je me dirige toujours vers la même porte, tous les matins, sauf bien sûr, si une « exception-exceptionnelle » est passée dans mon champ de vision.


Une fois à l’intérieur, toujours placé vers la porte pour sortir en premier et ne pas avoir à suivre un troupeau de moutons allant brouter son salaire quotidien, je profite des visages qui se trouvent à portée de vue. Je détaille les traits, j’imagine les caractères, celle-ci doit être douce, celle-là à l’air bien triste. Bien entendu, mon mètre quatre-vingt me permet aussi un petit voyage furtif de décolleté en décolleté.


Et pour ça, le principal fournisseur se trouve être les lycéennes et autres ados à la mode. Quel dommage car il suffit de regarder leur visage pour voir qu’elles sont encore bien jeunes et perdent instantanément tout plaisir visuel. Je n’ai pas d’attirance particulière pour les femmes plus âgées mais j’arrive à une période de ma vie où la limite se situe à environ 21 ou 22 ans. Les filles plus jeunes me laissent plutôt insensibles. Par contre, donnez-moi une belle trentenaire et je me réveille instantanément. Quel plaisir, au sortir de l’hiver, de profiter des chemisiers légèrement entrouverts ou bien des petits hauts au col baillant sur un soutien-gorge en dentelle. Quel plaisir dans la suggestion, dans les presque visibles, dans l’envie d’en voir plus.


Car c’est là qu’est la vraie sensualité, l’évocation sans la provocation, inspirer l’autre et laisser son imagination lui dévoiler le reste.


Voilà peut-être le moment que je préfère de mon trajet. Traverser la gare en sortant du métro pour aller prendre le tramway. Deux minutes au pas de course pour traverser 300 mètres de couloirs et croiser des milliers de personnes dans tous les sens. Une occasion inespérée pour qui veut croiser un regard. Car il faut bien regarder ! Il faut surveiller les yeux des autres pour arriver à se faufiler à travers les masses de gens en mouvement, les groupes stationnés devant les panneaux d’affichage, ceux qui ne font pas attention. Et c’est ainsi que tous les matins ou presque, j’ai le droit à un ou deux regards, droit dans les yeux, de femmes plus ou moins jolies mais après tout ce n’est pas ça l’important. Bien sûr, je préfère « accrocher » une beauté plutôt qu’une fille banale, mais la vraie séduction se situe dans le regard, celui qui dit « pousse-toi de là, je veux passer » ou bien celui qui dit « tiens, il est mignon celui-là, et il me regarde avec un grand sourire, je vais en faire autant ».


Recevoir un sourire d’une inconnue de bon matin, en plein milieu d’une gare bondée de gens blafards et ternes, c’est l’assurance de briller jusqu’au soir !


Évidemment, on finit par reconnaître certains visages qu’on croise tous les jours, comme par exemple cette jeune fille pas très mignonne mais à la fraîcheur communicative qui fait presque le même trajet que moi et que je retrouve sur le quai à attendre le tramway. Là aussi, encore une occasion d’admirer la féminité sous toutes ses formes.


Le quartier d’affaire amène son lot de secrétaires, d’avocates, de cadres, de femmes d’horizons professionnels variés. Cette fois le contact visuel est plus fugace, mais mon immobilité me permet de mieux profiter du mouvement, des déplacements, et parfois de la grâce qui transpire de certaines. C’est ainsi que j’en suis venu à détester celles qui ne savent pas marcher avec des talons, celles qui traînent les pieds, celles qui sont voûtées… La posture et l’attitude générale est presque au moins aussi importante que les kilos en trop et les formes bien placées !


Dernière partie du trajet, 25 minutes dans le tram et un bon bouquin pour ne pas s’ennuyer. Eh oui, malgré tout ce qui est écrit, je sais aussi utiliser mes yeux pour autre chose. Je ne perds pas le nord pour autant et j’apprécie toujours de me placer en face d’une jolie femme, surtout si elle porte une jupe un peu courte.


S’entame alors un chassé-croisé de regards pour arriver à déterminer si, oui ou non, elle porte un collant ou des bas. Encore mon penchant pour les belles jambes qui s’exprime. Et là, contrairement à la gare, le but est d’éviter les yeux de l’autre, car je n’ai rencontré qu’une seule fois une femme qui apprécie qu’on profite de son intimité au bout de dix minutes de présence. Mais cette histoire vous sera contée une autre fois.


Le même genre d’exercice est aussi possible pour un décolleté judicieusement placé à côté.


Fin du trajet, et presque fin des réjouissances. Les derniers coups d’œil sont pour les futures occupantes temporaires du tram, ces jolies silhouettes qui vont dans l’autre sens et qui sont si éphémères qu’elles laissent libre cours aux idées les plus douces.


Des visages et des courbes plein les yeux, je m’en vais rejoindre mon travail tranquillement, attendant avec impatience de pouvoir faire le trajet dans l’autre sens…