| n° 14361 | Fiche technique | 26898 caractères | 26898 4525 Temps de lecture estimé : 19 mn |
04/04/11 corrigé 12/06/21 |
Résumé: Après avoir conclu une affaire, deux voleurs se séparent pour brouiller les pistes et font d'intéressantes rencontres. | ||||
Critères: #aventure #merveilleux fh hagé jeunes couleurs prost bain forêt voyage voir nudisme fellation pénétratio | ||||
| Auteur : Skratsch Envoi mini-message | ||||
An 1572, Jour des Potiers, deuxième heure après la mi-nuit
Auberge de la Reine Bleue, Castelroche
Eredur poussa un grognement ensommeillé.
Haluna suspendit son geste, une jambe en l’air alors qu’elle enfilait une de ses bottes, et fit une grimace en poussant un juron silencieux. Elle connaissait bien ce grognement, il précédait toujours de peu le réveil de son compagnon. Elle resta immobile pendant un long moment, jusqu’à ce que le jeune homme allongé dans le lit lâche :
C’était plus un constat qu’une question, et il n’y avait pas la moindre trace de plainte ou de reproche dans la voix du guerrier. Néanmoins, Haluna y percevait une pointe de déception. Cette déception à laquelle elle s’était attendue et à cause de laquelle elle avait décidé de partir en plein milieu de la nuit sans le réveiller plutôt que de l’avertir, cette petite intonation de voix avait toujours le don de lui arracher un pincement de cœur qui rendait les choses plus compliquée.
Bien entendu, ce n’était pas la seule raison, la voleuse avait depuis longtemps acquis cette habitude quelle que soit la personne dont elle partageait la couche. Comme si se réveiller ensemble au petit matin dans des draps froissés avait pu irrémédiablement les lier, et lui faire perdre cette indépendance dont elle était si fière.
Quoiqu’il en soit, la phrase prononcée par Eredur sembla rompre un charme et la tirer de sa pétrification, elle termina d’enfiler sa botte et posa le pied au sol.
Elle ferma les yeux en se maudissant intérieurement. Elle avait la désagréable impression d’être sur la défensive, or elle ne voyait pas pourquoi elle aurait pu l’être si elle n’avait réellement rien eu à se reprocher. Eredur était un de ses amants favoris, certes, mais ce n’était qu’un amant parmi d’autres, et elle n’avait pas de remords à avoir à le traiter comme les autres. D’autant que lui-même l’acceptait sans difficulté, contrairement à certains qui se montraient trop possessifs avec elle…
Elle poussa un nouveau soupir et se redressa, passant ses doigts fins dans ses longs cheveux noir de jais pour les soulever et dévoiler sa nuque.
Elle sentit Eredur acquiescer comme si elle le voyait en face d’elle, avec cette agaçante intuition qui lui permettait de prévoir le moindre geste du guerrier comme si elle le connaissait par cœur. Quelle plaie !
Elle entendit le froissement des draps alors qu’il venait s’asseoir derrière elle, passant les jambes de part et d’autre de son bassin, se collant presque contre son dos. Son souffle chaud contre sa nuque la fit frissonner d’excitation, ce qui fit encore naître des émotions contradictoires en elle. Elle détestait autant qu’elle adorait ce genre de situation.
Sans faire le moindre commentaire, il lui enfila son bustier puis le laça, puis l’aida à mettre son gilet. Il profita ensuite du fait qu’elle se levait et s’éloignait sans se retourner pour admirer la courbe de ses hanches et de ses fesses dans ce pantalon provoquant, et laissa échapper la remarque :
Eredur conserva son mutisme et son immobilité un long moment, alors que le bruit des pas sur le pavé s’éloignait dans la rue, puis il se laissa tomber sur le lit en soupirant, le poignet sur les yeux. Elle ne l’avait même pas laissé croiser son regard avant de s’enfuir.
***
An 1572, Jour des Potiers, première heure après la mi-jour
Quartier Aquourite, Castelroche
Eredur marchait au milieu d’hommes au teint basané vêtus de robes aux couleurs chatoyantes, en s’efforçant d’ignorer leurs regards hostiles. Il fut heureux d’être venu lui-même, déjà que les Aquourites dissimulaient mal leur hostilité envers lui, il n’osait penser comment aurait été accueillie une femme en pantalon, comme Haluna.
Ce peuple était d’un extrême raffinement, se promener dans ses rues exposait à un florilège de parfums, de musiques et de couleurs qu’on ne voyait nulle part ailleurs dans la ville ou même dans le reste du royaume, mais malgré les senteurs et les parures, ces hommes avaient un comportement plutôt rude, voire carrément fruste, quand on n’était pas des leurs. À part si on venait parler affaire.
Et c’était justement pour ça qu’Eredur était là.
À peine eut-il passé le rideau d’entrée des Mille et Un Plaisirs qu’il se mit à toussoter. La fumée des narguilés lui brûlait la gorge et les yeux, qui avaient par ailleurs du mal à s’habituer à l’obscurité ambiante. Une chose était sûre, ce n’était pas l’odeur des échoppes de parfums et d’épices qui régnait ici.
Après avoir attendu un peu que sa vue s’adapte, il s’engagea dans l’allée centrale en s’efforçant d’ignorer les corps avachis sur les coussins autour de lui et d’enjamber ceux qui s’étaient effondrés au milieu du passage, pour aller directement voir le géant hurte qui gardait la porte de l’arrière-salle.
Le hurte le toisa d’un air à la fois méprisant et moqueur mais ne décrocha pas les mâchoires. Eredur savait qu’il n’aimait pas parler à cause de sa voix aiguë, comme beaucoup d’eunuques, mais malgré son mutisme, il lui signifiait clairement par sa posture qu’il ne le laisserait pas passer pour si peu. Le jeune homme lâcha un soupir et écarta les pans de son gilet pour dévoiler un chaînon du collier qu’il portait. L’effet fut immédiat, la porte en chêne s’ouvrit presque d’elle-même devant lui.
Le couloir suivant était encore plus glauque, sombre et suffoquant que la première pièce, il évoqua tout de suite celui d’une prison au jeune guerrier qui s’efforça de chasser cette pensée et les souvenirs qui l’accompagnaient. Il savait dans quelle pièce il avait rendez-vous et entra sans frapper.
Al Quraysh était confortablement installé dans un divan miteux face à l’entrée. Une bougie éclairait la moitié de visage balafrée de son orbite vide à sa lèvre inférieure, et le vieux renard lui fit un sourire où plusieurs dents manquaient. La jeune fille qui s’occupait de son entrejambe sursauta à l’entrée d’Eredur, mais il l’attrapa par sa queue de cheval et la força à reprendre sa tâche.
Le jeune homme contempla la scène en s’efforçant de ne pas montrer la répugnance que lui inspirait l’ancien brigand et alla s’asseoir lorsque celui-ci tendit la main vers un pouf avec un sinistre sourire de bienvenue.
Al Quraysh partit d’un grand éclat de rire postillonnant.
Le vieil homme prit l’air offusqué.
Eredur soupira. Malgré le ton humoristique, il savait que son interlocuteur aurait été tout à fait capable de faire ce qu’il disait. Il préféra mettre un terme à la discussion en détachant le collier de son cou pour le déposer sur la table basse entre eux deux. Al Quraysh resta un moment à observer l’objet avec une expression telle qu’on aurait pu croire que le bijou était une vipère, puis il l’attrapa d’un geste vif et l’enfouit dans sa poche.
Le jeune guerrier resta immobile, ses yeux bleus fixés dans ceux du vieillard, qui s’exclama :
Il sortit un trousseau de clés de sa poche et se mit à les compter, en s’arrêtant plusieurs fois pour repartir dans l’autre sens, avant de s’arrêter sur une qu’il détacha de l’anneau et tendit à son partenaire commercial. Eredur prit l’objet et constata qu’une adresse était gravée sur le côté. Il était habitué à ce genre de manies. Sous ses airs de vieil idiot vicieux, Al Quraysh avait survécu jusqu’à son âge grâce à la prudence et à la ruse. S’il l’avait attaqué directement, il n’aurait plus eu qu’à essayer chacune des nombreuses clés et des nombreuses adresses associées, sachant que probablement une demi-douzaine l’auraient conduit à une mort certaine.
Eredur hésita, mais il savait déjà que Al Quraysh ne lui aurait probablement jamais posé la question s’il n’avait pas déjà été au courant de la réponse.
Le jeune homme s’arrêta et retourna la tête vers l’aquourite, qui força soudain la fille qui s’occupait de son entrejambe à se redresser un peu pour présenter sa croupe et tira sur sa jupe pour offrir au regard du guerrier sa fente et son anus, le tout parfaitement rasé.
Eredur garda le silence quelques secondes, le regard fixé sur la vue qu’on lui présentait, puis s’efforça de détourner le regard.
***
An 1572, Jour des Potiers, quatrième heure après la mi-jour
Porte Est de Castelroche
Eredur avait du mal à se convaincre que le coffret caché dans son sac était bien rempli de pièces d’or et n’était pas piégé avec un dard mortel ou toute autre entourloupe du genre. Il s’était plus qu’à moitié attendu à ne pas survivre à sa récompense, mais il fallait croire qu’Al Quraysh se faisait vraiment vieux et honnête, ou plus probablement qu’il risquait d’avoir encore quelques services à lui rendre d’ici peu – ce qui était en fait plus probable. Quoiqu’il en soit, il était bien content que cette mission soit finie, mais il le serait encore plus lorsqu’il aurait partagé les gains avec Haluna et qu’ils pourraient fêter ça ensemble.
Mais pour l’heure, il devait retrouver son employeuse, ce qui n’était a priori pas très difficile, même s’il ne l’avait jamais rencontrée en personne, étant donné que les elfes étaient extrêmement rares à Castelroche.
Un de ses contacts à l’hôtel de ville s’était arrangé pour les mettre en relations et lui avait simplement dit qu’elle était en mission diplomatique, le jeune guerrier n’avait pas posé davantage de questions. Il cherchait du regard une personne habillée richement – comme devait probablement l’être une diplomate – et avec des oreilles pointues, lorsque quelque chose effleura légèrement son épaule.
Il se retourna vivement et faillit sursauter de surprise. Effectivement, cette personne avait des oreilles pointues, et elle donnait raison à Al Quraysh concernant son physique. Elle avait des longs cheveux blonds tressés, un visage fin aux traits délicats, une peau qui semblait lisse et douce comme de la soie, des yeux d’une étrange couleur jaune orange, de fines lèvres roses, sans oublier des jambes interminables, une poitrine ronde et volumineuse et des courbes vertigineuses.
Mais celui qui s’était lamentablement trompé sur ses prévisions, c’était bel et bien Eredur. Loin d’être vêtue d’une robe de dame, l’elfe portait des vêtements en cuir, de cerf ou de sanglier a priori, qui se résumaient à des bottes montantes, une jupe courte et fendue sur les côtés et un corsage ouvert sur le devant, ainsi que quelques bijoux en bois et en os gravés qu’elle portait en colliers, bracelets ou accrochés à ses cheveux.
Il n’avait jamais vu une femme aussi peu vêtue dans la rue, pas même Haluna qui pourtant était beaucoup moins sage que la plupart des galéniennes. Elle portait également un arc et un carquois en bandoulière et avait un sabre à la ceinture.
L’instant de surprise passé, le jeune homme répondit sans pouvoir s’empêcher de loucher ostensiblement sur le décolleté de l’elfe :
Eredur se raidit. Il ne s’était pas rendu compte qu’il avait été suivi, et pourtant il pouvait se vanter d’être un des hommes les plus vigilants de Castelroche. Jusqu’où l’avait-elle suivi ? Rien dans son attitude n’indiquait qu’elle était au courant du genre d’activités illégales auxquelles il s’était livré récemment, mais l’inquiétude commençait déjà à le tarauder.
***
An 1572, Jour des Potiers, huitième heure après la mi-jour
Forêt de Maravelle
Quelques étoiles commençaient déjà à briller dans le ciel, lorsqu’Eredur se décida à lancer à son employeuse :
Eredur ne répondit que par un grognement agacé. Cette elfe commençait à l’irriter, sa nature méfiante l’avait travaillé durant tout le trajet et il y avait quelque chose de crispant dans sa manière de lui rappeler qu’elle appartenait à une race aux sens plus affutés que la sienne.
Néanmoins, il comprenait maintenant mieux pourquoi elle avait décidé de quitter la ville en pleine après-midi plutôt qu’à l’aube, et il ne fut pas mécontent de la voir s’éloigner du sentier forestier pour chercher un lieu où dormir.
Il hésita malgré tout un bref instant à la suivre ; le crépuscule ne lui permettait déjà plus de distinguer grand-chose dans les épaisses broussailles à travers lesquelles l’entraînait sa guide, et il devait donc se fier entièrement à elle, ce qui ne l’enchantait guère. Il se força néanmoins à lui emboîter le pas et finit après quelques minutes par débouler dans ce qui semblait être une petite clairière. Il entendait tout proche le bruit d’un cours d’eau, et même d’une cascade, mais tout ça se perdait dans la pénombre.
Le jeune guerrier émit un nouveau grognement, pas vraiment rassuré. L’idée de dormir avec des couleuvres et des blaireaux ne l’effrayait pas, mais l’enchantait encore moins. Il jeta néanmoins son sac au sol et partit chercher du bois pour le feu, histoire de ne pas manger cru.
***
An 1572, Jour du Frêne, septième heure après la mi-nuit
Forêt de Maravelle
Eredur poussa un grognement ensommeillé.
Il garda les yeux fermés un moment, pour profiter encore quelques instants de l’obscurité de ses paupières closes. L’air qui pénétrait dans ses poumons était frais et humide, porteur de senteurs boisées et d’autres parfums qu’il ne parvenait guère à identifier, en pur produit de la ville qu’il était. Le chant des oiseaux et le bruit de pas des petits mammifères qui couraient dans les herbes lui tirèrent une grimace, sans compter en fond sonore les perpétuelles chutes d’eaux de la cascade. Ces sonorités naturelles perturbaient ses habitudes.
Il remua un peu et poussa un grognement plus rauque. Cette nuit passée sous une épaisse couverture à même le sol inégal de la forêt l’avait laissé courbaturé et chacun de ses muscles se rappelait à son bon souvenir dès qu’il esquissait un mouvement.
Il finit par se redresser en se passant les doigts sur le visage, dans la barbe et les cheveux pour chasser la brume qui occupait son cerveau et jeta un rapide coup d’œil aux alentours.
L’elfe n’était plus là.
Il fut pris d’un bref élan de panique, avant de réaliser qu’elle avait laissé ses couvertures en désordre et ses affaires sur place. Elle ne pouvait pas être partie bien loin. Malgré tout, il n’appréciait guère cette surprise matinale et se leva, seulement vêtu de ses braies, pour jeter un regard alentours.
Ce n’est qu’alors qu’il aperçut une forme pâle émergeant de la surface de la mare et se déplaçant lentement, faisant à peine ondoyer l’eau. N’laëlynja atteignit un rocher et posa les mains dessus pour se redresser. Le jeune homme sentit le sang affluer à son visage et dans d’autres parties de son corps, alors que son regard dérivait le long de cette croupe divine, de cette chute de reins agrémentée de deux charmantes fossettes, de cette poitrine ronde et nue qui provoqua dans la sienne un concert de tambours, que ses yeux suivaient le chemin que parcouraient les gouttes d’eau sur cette peau lisse et uniformément pâle qui paressait si soyeuse.
Il n’y avait pas la moindre imperfection sur ce corps onirique, pas plus de bourrelets que de traces de côtes, pas la moindre cicatrice. Lorsque l’elfe se tourna vers lui, Eredur constata que sa pilosité en dehors des cheveux, des cils et des sourcils se limitait à un triangle pubien qui lui donna moins l’impression d’être régulièrement entretenu que de pousser naturellement de manière parfaitement ordonnée. Un rire cristallin s’éleva dans l’air matinal et il s’arracha de la contemplation de cette entrejambe pour remonter vers le visage de la créature de rêve, mais sa vue sembla se brouiller si bien qu’il ne parvenait plus qu’à apercevoir que son magnifique sourire et ses yeux jaunes.
Avant d’avoir pu songer à répondre, Eredur avait de l’eau jusqu’aux chevilles et sentit un froid glacial l’envahir qui eut un effet immédiat sur son excitation.
Les lèvres de N’laëlynja s’étirèrent en un large sourire qui dévoila la blancheur de ses dents.
À moitié rassuré, il se pencha pour défaire les lacets de ses braies, puis les retira et les laissa au bord de la mare, avant de s’enfoncer dans l’eau en se retenant de crier. Le seul avantage qu’il voyait à un tel froid, c’était qu’au moins l’elfe n’avait pas surpris son érection.
Cependant le seul fait de se remémorer l’excitation ressentie quelques instants plus tôt suffit malgré la température à faire revenir un début de durcissement, et les choses ne s’arrangèrent pas lorsque la diplomate se rapprocha de lui en nageant. Le seul fait de deviner ce corps nu à portée de bras du sien faisait se bousculer dans son esprit un flot de pensées décousues et il devait faire un sacré effort pour se retenir de tendre la main.
Cette manière de parler comme s’ils n’étaient pas un homme et une femme superbe nus à moins d’un mètre l’un de l’autre dans une clairière isolée de tout témoin faillit le faire exploser de désir. Il essayait de se remémorer ses plus horribles souvenirs pour se calmer, lorsque des doigts fins et délicats vinrent caresser sa barbe brune et ses épaules musclées.
Il s’étrangla de stupéfaction et écarquilla les yeux devant cette demande directe. Il n’avait jamais vu un homme et encore moins une femme aborder une potentielle conquête de manière aussi franche et rapide, et pourtant les elfes avaient la réputation d’être prudes et puritains. La délicieuse créature éclata de rire devant son expression et ajouta :
Elle colla soudain sa poitrine contre le torse musclé du jeune homme et murmura, ses lèvres effleurant son menton :
Eredur ne pouvait pas résister davantage. Tout en se traitant d’idiot pour ne pas avoir cédé plus tôt, il attrapa l’elfe par la taille pour la coller contre lui et l’embrasser fougueusement. Tout en répondant à son baiser, envoyant sa langue à la rencontre de la sienne, elle enroula ses jambes autour des hanches du jeune homme et, sans préliminaires, s’empala sur son membre qui avait retrouvé toute sa vigueur.
Ses doigts parcouraient son dos et ses biceps, suivant les contours de ses muscles et de ses cicatrices, et elle dévorait les lèvres de son amant en se déhanchant contre lui. Répondant à cet appel du corps, il commença à la pénétrer à coups de reins d’abord lents et profonds, puis de plus en plus vifs alors qu’il prenait la mesure du rythme qu’elle lui imposait.
Il agrippa ses fesses et commença à les caresser avec douceur tout en se servant de cette prise pour s’enfoncer plus directement en elle. Elle posa sur les siennes ses doux pieds de princesse qui, tout en le massant sensuellement et lui procurant par là-même un plaisir inattendu, le forcèrent à accélérer encore le rythme. Il n’avait jamais connu une fente pareille, elle était à la fois étroite, accueillante et chaude. Il aurait pu même la qualifier de moelleuse.
Après plusieurs minutes d’étreinte passionnée, N’laëlynja finit par rompre le baiser et plongea un regard brûlant de désir dans celui d’Eredur qui ne put plus s’en détacher, captivé et hypnotisé. Elle remonta une main sur ses pectoraux, qui alla se perdre dans une forêt de poils, tout en enroulant l’autre autour de sa tête, puis se hissa pour enfouir le visage du jeune homme dans sa poitrine.
Tout en continuant de la pénétrer, il croqua dans ces seins offerts comme dans des pommes gorgées de jus, fit tourner un de ses tétons roses sous sa langue, frémit lorsque les ongles de son amante s’enfoncèrent dans son torse pour y tracer cinq sillons parfaitement parallèles.
L’elfe se cambra soudain et bascula la tête en arrière pour pousser un rugissement de plaisir. À la voir ainsi, pliée en deux par la jouissance, ses traits si purs contrastant avec la féminité sauvage de ce corps tendu comme un arc qui continuait pourtant de se déhancher contre lui, ses yeux clos, comme endormie, alors que quelques centimètres plus bas ses lèvres de princesse laissaient échapper le plus primaire et primal cri d’orgasme qu’il ait jamais entendu, il serait sur l’instant venu en elle à son tour si elle n’avait posé ses doigts sur son scrotum pour stopper l’apothéose de son extase.
Et, tout frustré qu’il fut, malgré l’excitation qui menaçait de lui faire perdre raison, le guerrier acquiesça et laissa la frêle créature se séparer de lui et le prendre par la main pour le guider au pied de la cascade.
N’laëlynja se pencha alors en avant, posant ses mains sur le rocher devant elle. L’eau ne lui montait plus que jusqu’à mi-cuisses, ses jambes légèrement écartées, et Eredur pouvait désormais parfaitement voir ses fesses et sa fente. Elle se retourna à demi et posa ses doigts de part et d’autre de son vagin pour en écarter les lèvres, tout en intimant :
S’il avait été capable de résister à une telle demande, le jeune homme ne l’aurait sûrement pas fait. Il posa ses mains sur ses hanches et s’enfonça en elle de tout son long, commençant à aller et venir, à nouveau doucement d’abord, mais très vite l’excitation et le rythme que lui imposait son amante le forcèrent à se montrer plus fougueux, jusqu’à la brutalité.
Chaque fois qu’il s’enfonçait en elle, elle était projetée en avant et l’eau de la cascade se déversait sur sa poitrine tandis qu’elle poussait un gémissement aigu. Ce fut cette fois moins long, le plaisir accumulé lors de leurs précédents ébats n’ayant pas trouvé son point culminant, mais une fois encore ce fut elle qui jouit la première dans un feulement passionné auquel l’humain ne put résister. Dans un grognement rauque et victorieux, il jouit en elle avec passion.
***
An 1572, Jour du Frêne, septième heure après la mi-nuit
Auberge de la Roue Brisée
Haluna se réveilla dans un sursaut. La soirée avait était désagréable, elle avait mal dormi et sentait la nausée d’une gueule de bois qu’elle allait devoir se traîner toute la journée. Dans un geste inhabituel chez elle, elle resserra le bras que son compagnon d’un soir avait passé autour de son cou tout en laissant aller sa tête contre son torse. Elle pesta intérieurement en se rendant compte qu’elle venait de commettre ce qu’elle considérait comme un signe de faiblesse. Il lui manquait quelque chose, et elle détestait cette sensation.