| n° 14351 | Fiche technique | 27065 caractères | 27065Temps de lecture estimé : 16 mn | 30/03/11 |
| Résumé: Karen adore les films d'épouvante. Elle n'en manque pas un. Mais c'est tout autre chose quand cela se réalise... | ||||
| Critères: fh inconnu bizarre cunnilingu pénétratio fsodo | ||||
| Auteur : Bertrand D Envoi mini-message | ||||
Parmi les six salles du complexe, la quatre est la plus petite. Elle est réservée au ciné-club et suffisante pour accueillir, ce soir, la trentaine de spectateurs. Ce sont des mordus de films fantastiques, d’épouvante. On en projette un en noir et blanc, d’horreur, sous-titré, plus que cinquantenaire. Parmi ces cinéphiles, blottie dans un fauteuil, recroquevillée sur elle-même, Karen suit avec beaucoup d’attention les aventures terrifiantes du tueur psychopathe. Elle adore se faire peur, raffole de ce genre de films.
Quand le héros abat enfin le meurtrier, que le mot fin apparaît, que les lumières se rallument, elle frémit encore. Mais c’est tellement bon. Parce que dans la vie elle est une fille qui n’est pas craintive, au contraire, audacieuse et sait se faire respecter. Alors, elle adore se faire peur sur commande, sans danger, quand elle en a envie.
Sortant de la salle bien chaude, Karen boucle du mieux possible son cardigan dans le hall du cinéma, car à l’extérieur il doit faire terriblement froid. Et quand elle franchit la porte, bien qu’elle s’y attende, c’est une véritable gifle glacée qu’elle prend au visage.
Maintenant son col, elle se presse pour rentrer chez elle. Elle n’habite pas très loin, à peine dix minutes du cinéma. Elle se remémore, avec délectation, le film qu’elle vient de voir.
Les films d’épouvante sont son plus grand plaisir. Ses parents, sa sœur, ses amis se moquent de cette passion. Pourtant elle n’en manque pas un. Les meilleurs sont les anciens souvent méconnus, qui ne passent que dans cette salle. Même quand ils sont projetés à des heures inhabituelles, comme ce soir, à vingt heures.
Il souffle un mistral terrible, qui transperce et glace. La rue qu’elle suit est perpendiculaire au vent, et de ce fait relativement abritée. L’éclairage parcimonieux des lampadaires laisse de nombreuses zones d’ombre. Les passants sont rares dans ce décor sombre, qui semble propice à l’apparition d’un horrible assassin. Elle en sourit, cela lui rappelle le film.
Bientôt une rue perpendiculaire, exposée en plein vent, qu’elle va rapidement franchir afin d’éviter les rafales. Elle serre plus fort son manteau et en la traversant, jette un coup d’œil pour voir le nombre de poubelles renversées. Quelques unes par terre, répandent leurs ordures aussitôt dispersées par le vent.
Enjambant les déchets, trois jeunes arrivent dans sa direction. Ils la repèrent, l’interpellent :
Elle se dépêche, c’est une plaisanterie, probablement, ils vont partir dans le sens opposé, mais elle sent tout de même un petit frisson. Ce ne sont quand même pas des monstres comme à l’écran.
Pourtant, ils la suivent. Maintenant, elle commence à s’inquiéter. D’autant qu’ils lui lancent des propositions non équivoques.
Elle entend les pas qui s’accélèrent, se rapprochent. Affolée, elle part en courant, va tourner à droite en direction de chez elle, regarde en arrière, ils sont à peine à quelques dizaines de mètres, l’invectivant toujours. Je suis perdue, pense-t-elle. Virant très vite, elle rentre dans un bloc. Elle n’a pas temps de distinguer la nature de l’obstacle, qu’elle entend :
À cet instant, déboulent les agresseurs.
Karen s’est réfugiée derrière l’homme, se dissimulant du mieux qu’elle le peut. Elle disparaît à l’abri de la carrure impressionnante.
Se retournant, baissant les yeux vers elle, il l’interroge :
Stupéfait et surtout furieux de cette réponse, celui qui semble le chef du trio, sort un couteau, s’avance menaçant.
Heureusement, j’ai trouvé mon sauveur, pense-t-elle. Je suis tombée sur un brave type, courageux et sensé, qui n’hésite pas à prendre ma défense. Elle se sent rassurée.
Cela ne semble pas impressionner le gars qui hausse les épaules. Brusquement l’agresseur s’avance et lance un coup de couteau dans sa direction. L’homme se protège du bras, mais la lame lui entaille la main. Il reste un instant immobile, puis dit :
Et il s’avance lentement vers son agresseur, les bras levés. Karen est affolée. Il est blessé, alors il m’abandonne ! Ils vont me violer, peut-être me tuer !
Brutalement, l’agressé saisit les oreilles de son adversaire et d’un coup de crâne lui fait exploser le nez. Le sang jaillit, le gars s’écroule.
Le gars est à terre, les mains sur son nez, le couteau à côté de lui. L’inconnu ramasse la lame et tranquillement s’avance vers les autres.
Il s’avance le couteau levé. Le gars menacé lève les bras pour se protéger. D’un coup de pied dans les bijoux de famille, il l’envoie à terre. Le troisième prend ses jambes à son cou, abandonnant ses deux copains.
Calmement le gars se baisse, le couteau à la main, vers le premier agresseur. Karen craint le pire, qu’il le poignarde. L’homme à terre replie son bras sur son visage. Mais son défenseur met seulement son pied sur la lame du couteau et la brise net. Sa main saigne. Il s’essuie calmement sur le blouson immaculé de son agresseur, lui prend son écharpe et s’en fait un pansement.
Tenant son pansement de la main valide, il se met en marche. Craintive, elle s’accroche à son coude. Elle a son sauveur, son héros, comme dans le film. Tout se termine bien. Mais cette fois-ci, ce n’était pas du cinéma. Pour une fois, elle a eu réellement peur.
Quand on vit véritablement ça, en direct, c’est autre chose qu’au ciné ! Heureusement que ce type était là. Mais il a dit qu’il sortait de l’asile. C’est un… Elle n’ose pas même penser le mot qui provoque sa colère. Pourtant il a l’air gentil. Il aurait pu partir, m’abandonner, mais il m’a défendue. C’est vrai qu’il est drôlement costaud et mon agresseur qui l’avait énervé a drôlement dérouillé. Pourvu qu’il ne fasse pas une crise avec moi.
Arrivé devant son immeuble, elle a ouvert et l’a conduit jusque chez elle.
En pleine lumière, elle le contemple vraiment pour la première fois. Une belle bête comme dirait sa copine Fanny. Très grand, plus d’un mètre quatre-vingt-cinq, bâti en force. Il a une gueule un peu particulière, dure, mais qui se détend quand il sourit. Il ne faut surtout pas l’énerver ou le contrarier. Il quitte son blouson, relève sa manche. Il a des avant-bras énormes, ses mains sont de véritables battoirs !
La plaie saigne beaucoup moins. Elle éponge l’écoulement de sang avec du coton puis désinfecte.
Elle lui fait ensuite un pansement, puis lui demande :
Ça va, il est calme, je vais le gâter. Elle sort les aliments, il pique un peu de tout, mangeant lentement. Pendant ce temps, elle lui prépare son café. Il est calme et gentil, mais, au fond d’elle-même, elle n’est pas tellement tranquille, que va-t-il faire, partir ou bien…
Karen appréhendait qu’il lui demande ça. En temps normal, elle n’est pas opposée à une partie de jambes en l’air, surtout avec un beau gars comme lui. Mais aujourd’hui ! Pourvu qu’il ne veuille que baiser, qu’il ne soit pas trop brutal. Et surtout que ce ne soit pas un détraqué sexuel. Mais non, il a l’air gentil. Et puis, à Dieu vat ! J’espère qu’il ne sera pas trop violent. Après ce qu’il a fait, je ne peux qu’accepter, sinon il est capable de se déchaîner.
Elle le prend par la main et l’amène dans sa chambre. Karen est tendue, une boule à l’estomac. C’est un sentiment à la fois terrifiant et délicieux, peut-être ne me maltraitera-t-il pas ? Lentement, elle commence à se dépouiller. Assis sur la chaise, il la regarde, l’admire mais ne bouge pas. S’allongeant nue sur le lit, craintive, elle l’attend. Lui aussi se déshabille, vient se coucher à côté d’elle.
Il l’embrasse doucement. Elle est surprise. Il fouille sa bouche, cherche sa langue, c’est un expert. Pourvu qu’il continue comme ça ! Puis, il se relève, descend vers les seins. Va-t-il les mordre ? Non, au contraire, il les câline, aucun homme ne l’a jamais aussi bien traitée.
Ce n’est pas possible, je rêve. Il s’occupe de mon con, et même de mon cul où sa langue pénètre, on ne m’avait jamais fait ça, c’est délicieux. Il est vraiment formidable. Mais, c’en est trop, je veux qu’il me baise.
Prenant la tête occupée sur son clitoris, elle le ramène jusqu’à elle. Il se couche sur le côté, la fait pivoter se plaçant dans son dos. Son sexe vient s’insérer entre ses fesses, s’y attarde. Attention ! Elle le saisit pour le mettre en bonne place. Elle est surprise, un peu effrayée en prenant l’organe, il est en proportion de l’homme, au-dessus de la moyenne. Mais il la pénètre lentement, attentif à ses réactions. Pendant ce temps une main se pose sur le pubis et un doigt vient taquiner son clitoris. Il a glissé son autre bras sous la tête de Karen, comme un oreiller et saisit un sein, le pince délicatement entre deux doigts. Puis, très doucement il la laboure. Tout son domaine érotique est sollicité. Pendant plusieurs minutes, elle est bercée par la cadence de l’organe qui la pénètre, c’est merveilleux. Elle sent monter en elle une houle qui la remue, et soudain, elle éclate, en gémissant, c’est trop bon !
Il arrête son balancement, reste immobile, puis après quelques secondes, se dégage. Elle est au paradis, se sent merveilleusement bien dans ses bras, rassurée. Quel formidable amant ! Mais dans son dos, elle sent la barre qui n’a pas fléchi.
Le cri a jailli dans un réflexe, inconsciemment. Je ne peux pas ! J’ai toujours refusé qu’on me le fasse, les copines disent toutes que c’est douloureux, horrible. Il va m’exploser. Mais par ailleurs, si je le repousse, il risque de se déchaîner, et me tuer.
Lui reviennent en mémoire les mots qu’ils lui lançaient :
Je vais y passer. Impossible d’y échapper. Oh, et puis ce sera fait, pense-t-elle.
Il a repris des caresses, surtout entre ses fesses. Sa langue à nouveau se glisse dans son trou. Puis il introduit un doigt bien salivé, le fait coulisser. C’est plutôt bizarre. Puis un deuxième. C’est supportable, pas trop douloureux pour l’instant, pense-t-elle, mais avec son énorme engin ! Puis il se replace derrière elle. Ça y est, le moment est arrivé. Il commence par la baiser en levrette un moment en lui excitant le clitoris de la main. Le plaisir revient, oubliant ses craintes, elle mouille.
Voila le moment critique. Des deux mains, elle ouvre au maximum son entrejambe. Il enduit l’anus de crème, en introduit avec son doigt. Puis l’énorme pal se présente.
Elle essaie de ne penser à rien, seulement au doigt qui l’excite par-devant. Une violente mais brève douleur, arrêt, le gland est passé. Puis lentement elle le sent s’enfoncer en elle.
C’est presque la vérité, elle supporte ce suppositoire avec moins de mal qu’elle ne le craignait. Une main est revenue sur son bassin, un doigt excite son bouton, un autre, replié la pénètre par-devant. L’autre main a repris la caresse sur le sein. Elle qui s’inquiétait terriblement de cet acte, la voila enculée jusqu’à la garde et elle ne souffre pas trop.
Immobile, il continue la caresse sur le devant. Elle sent revenir le plaisir, un plaisir douloureux. Puis il se met en branle lentement, oh, que ça fait mal, ça brûle ! Heureusement, la crème facilite un peu le mouvement. Quelques minutes, elle commence à supporter. Arrêt, enfoncé à fond, son ventre plaqué contre ses cuisses, il lui semble sentir en elle se répandre la semence de son partenaire. Puis lentement, il se retire.
Elle a plongé dans le sommeil.
La sonnerie du réveil tire brusquement Karen de son sommeil, elle tend le bras pour l’arrêter. Brusquement elle réalise qu’elle n’est pas seule. Elle se tourne, personne. Il doit être dans la salle de bain. Elle bondit, rien. Ni dans la cuisine, pas de mot d’au revoir. Elle est surprise, déçue.
Est-ce que j’ai rêvé ?
Oh non, elle sent un échauffement à l’arrière qui lui rappelle les moments chauds de la soirée. Il est parti.
J’aurais tant aimé qu’il reste, qu’il me baise, et même qu’il m’… Mais il ne m’a pas laissé ses coordonnées. Je voudrais tant le revoir pour le remercier, à ma façon. Mais c’est vrai, il est retourné chez les cinglés. Il ne s’est pourtant pas évadé puisqu’il y revient aujourd’hui ? Quand je me souviens avec quelle brutalité il a traité ces voyous. C’est probablement pour sa violence qu’il est soigné. Il est terrible quand on l’énerve ou quand on le traite de fou et se déchaîne. Mais pour l’amour, il est très doux.
Toute la journée, elle a pensé à son aventure, à ce plaisir douloureux qu’elle a ressenti. Il faut que j’en parle à Fanny. En sortant du travail, elle passe chez sa copine infirmière. Elles se connaissent depuis l’enfance, se confient leurs secrets, se disent tout.
Tout d’abord elle lui raconte en détail son agression, jusqu’au moment où l’un des agresseurs a traité de fou son gars.
Karen raconte tout, et même la perte de son dernier pucelage.
Elles ont encore discuté un moment avant de se quitter.
Je voudrais bien retrouver mon inconnu, se dit Karen, le remercier. D’abord il m’a défendue malgré trois assaillants. Et puis, il m’a marquée, par sa façon de me baiser, et surtout la suite. C’est le meilleur amant que je n’aie jamais connu. Dans ses bras, je ressens des sentiments contradictoires et que j’aime, j’ai peur et je suis bien. Il est malade, mais si je le retrouvais, s’il voulait rester avec moi, je le soignerais, le guérirais. Je vais en parler à Fanny, à l’hôpital, elle pourra se renseigner sur les malades et connaître son identité.
Quand Karen a expliqué ce qu’elle voulait, sa copine s’est récriée :
Karen a essayé de convaincre sa copine pendant plusieurs jours. Fanny, agacée, mais également curieuse de connaître cet homme, a cédé. Elle lui fait une proposition :
Trois jours plus tard, elles sont allées attendre la copine en fin de service à treize heures, à l’hôpital.
Karen reste dans la salle d’attente pendant que Fanny pénètre dans le service. Inquiète, elle l’attend un long moment. Son amie ressort avec les autres infirmiers qui ont terminés leur journée.
À sa mine, Karen comprend qu’elle n’a pas le renseignement. Elle ferme les yeux, désespérée, elle ne le retrouvera pas. La copine de Fanny essaie de la consoler.
Mais Karen reste prostrée.
Karen sursaute, se redresse et manque tomber. L’homme la rattrape en souriant.
Elle ne peut dire un mot, simplement elle reste figée devant l’infirmier qui vient de lui parler : c’est lui !
Karen a levé la tête et regardé son sauveur. Il n’avait pas menti, il sortait bien de là et y retournait tous les jours. Il avait simplement oublié de lui préciser que c’était en tant qu’infirmier.
Thierry et Karen se sont retrouvés. Elle lui a expliqué ce qu’elle avait déduit de son comportement lorsqu’il l’avait défendue. Ils en ont ri tous les deux. Cette fois-ci, elle lui a cédé sans crainte et avec beaucoup de plaisir.
Ils vivent ensemble depuis plusieurs mois, parfaitement heureux. Malgré son physique impressionnant, utile en psychiatrie, c’est le plus doux des hommes. Et elle apprécie particulièrement sa façon de faire l’amour, de toutes les manières.
Fanny voit souvent son amie. Karen lui a expliqué ses sentiments pour Thierry, surtout quand ils s’aiment, de toutes les façons. Fanny lui confie qu’elle aimerait bien avoir sa chance, faire comme elle, perdre son dernier pucelage. Mais elle a peur de la brutalité des hommes.
Karen en a parlé à Thierry. Ce dernier lui a proposé une solution. Karen a tiqué, puis après réflexion a finalement donné son accord. Ils vont inviter Fanny à dîner.
Quelques jours plus tard, rencontrant sa copine, Karen lui dit :
Le samedi suivant, Fanny est venue chez les amoureux. Au cours du repas, Karen dit à Thierry :
Fanny devient rouge pivoine, comprend qu’elle s’est fait piéger, ne sait où se cacher.
Tous deux éclatent de rire, Fanny ne sait où se mettre.
Il était tard, comme le lendemain elle était de repos, ils lui ont proposé de rester chez eux, ils avaient de la place, leur lit est très grand.
Le lendemain, Fanny est partie très heureuse, bien qu’un peu gênée. Thierry l’a un peu meurtrie, pas dans son orgueil, certes non, mais beaucoup plus bas, en un endroit en principe interdit.