| n° 14192 | Fiche technique | 16681 caractères | 16681Temps de lecture estimé : 10 mn | 22/12/10 corrigé 12/06/21 |
| Résumé: Un homme et une femme pour qui tout cela devait rester virtuel finiront par se rencontrer, sans se toucher... | ||||
| Critères: f h fplusag forêt fsoumise voir exhib noculotte lingerie fmast hmast -voyeuract | ||||
| Auteur : Eros57 Envoi mini-message | ||||
De : Contemplativa <contemplativa@xxxxxxx.com>
À : Érotine <erotine@xxxxxxx.com>
Envoyé le : Jeudi 12 mai 2011, 22 h 48 min
Objet : Et si c’était vrai…
Bonsoir Érotine,
Nous avons joué, tellement joué avec les mots. À les écrire, les tordre, les modeler, les étirer, les dévoyer…
Peut-être pourrions-nous insuffler à ces mots, ces fantasmes, un zeste de vie ? Faire chair l’idée. Éveiller le monstre. Assouvir nos désirs…
Je sais qu’une rencontre, ne serait-ce même que photographique, serait contraire à vos principes, mais j’avoue que vos mots me troublent. Et de plus en plus ces jours-ci. Je les vois partout, dans le journal, sur les affiches publicitaires, les panneaux… Ils m’obsèdent. Vous m’obsédez.
J’aimerais vous proposer une chose : exhibez-vous pour moi. Pas en mot, mais en peau… J’aimerais vous voir vous caresser, vous observer…
Bien entendu, je ne vous toucherais pas et vous pourriez porter un masque si vous souhaitez rester complètement anonyme.
Je rêve de voir la détentrice de ces mots pervers, mais ô combien voluptueux. Cette tentatrice textuelle qui donne aux mots une exquise tournure érotique. Je fulmine de ne pas voir votre bouche s’entrouvrir à chacun de vos gémissements. Je déborde en imaginant vos doigts titiller le bout de vos seins impétueusement érigés.
Je vous désire,
Contemplativa
De : Érotine <erotine@xxxxxxx.com>
À : Contemplativa <contemplativa@xxxxxxx.com>
Envoyé le : Vendredi 13 mai 2011, 08 h 23 min
Objet : Et si c’était vous…
Bonjour Contemplativa,
Vous êtes plus loquace d’habitude mais je dois bien avouer que la frénésie avec laquelle vous m’avez écrit ces quelques lignes a su provoquer en moi quelques palpitations. Il m’a même parfois semblé sentir votre queue dressée contre mon ventre.
Il me faut bien vous l’avouer, vous n’êtes pas le premier à me faire cette proposition. J’en suis d’ailleurs toujours très honorée. Vous connaissez mon credo et malgré cela vous me demandez de changer mes habitudes.
Et si c’était vous ?
Et si c’était avec vous que je me devais de franchir le pas ? Le cap ? Sauter de l’autre côté ?
J’avoue que l’idée de passer au réel me tourmente de plus en plus. Surtout lorsque je lis vos mots, lorsqu’au creux de mon ventre s’éveille une chaleur qui peu à peu grandit jusqu’à en devenir insoutenable, prend possession de tout mon corps et mouille mes dentelles.
J’accepte votre demande, mais à une seule condition : vous serez loin. Je vous conseille donc de prendre des jumelles. Je m’occupe du lieu. Donnez-moi simplement votre téléphone. Quant au reste, vos petites exigences personnelles, faites-m’en part et je verrai si je peux les satisfaire…
J’imagine déjà votre sexe impatient et quémandeur. Vous me désirerez à distance. Impudiquement, je m’offrirai à vos yeux affamés.
Érotiquement vôtre,
Érotine
De : Contemplativa <contemplativa@xxxxxxx.com>
À : Érotine <erotine@xxxxxxx.com>
Envoyé le : Vendredi 13 mai 2011, 13 h 12 min
Objet : Et si c’était moi…
Bonjour Érotine,
J’avoue être surpris, agréablement surpris, tant je m’attendais à un refus de votre part. Vous vous êtes aussi laissée prendre au jeu et vous vous demandez maintenant jusqu’où vous pourrez aller. Cette idée me plaît bien. J’aime les gens qui se testent, qui se dépassent parfois…
Comme vous avez bien deviné. Mon sexe est impatient et je m’en réjouis déjà d’avance. J’imagine votre peau délicate offerte aux rayons du soleil, vos mains parcourant votre corps… mon Dieu ! C’est plus que sublime !
Quant à mes exigences, elles ne sont pas si exigeantes que ça. Je confesserais même mon manque d’originalité. Donc, pour en revenir à celles-ci, elles seront toutes simples : des talons hauts, des bas, porte-jarretelles, une belle robe qui ait un peu de classe (sans pour autant être une robe de soirée) voire jupe et tailleur… quelque chose de très BCBG. J’aime quand sous des apparences austères se cache une panthère. Et puis bien sûr, pour continuer dans l’inoriginal et le déjà vu : sans culotte.
J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de ce manque d’originalité mais, à dire vrai, c’est plus vous que ce que vous portez qui m’intéresse. Je pense ne plus être un enfant qui joue avec l’emballage plus qu’avec le cadeau.
Je n’en dis pas plus. Laissons le réel faire. Voilà mon numéro de téléphone : 06. Xx. Xx. Xx. Xx
Sensuellement vôtre,
Contemplativa
De : Érotine <erotine@xxxxxxx.com>
À : Contemplativa <contemplativa@xxxxxxx.com>
Envoyé le : Vendredi 13 mai 2011, 20 h 07 min
Objet : Et si c’était bientôt…
Bonsoir Contemplativa,
J’entrerai directement dans le vif du sujet et ne perdrai pas de temps en digressions littéraires. Nous sommes dans le réel à présent.
Je pense que vous connaissez le sentier des perdus. Vous m’y attendrez dimanche à 11 h 30. Je vous appellerai et lorsque vous me verrez vous pourrez me demander tout ce que vous voulez…
Pour vos exigences, je crois que celles-ci seront satisfaites.
Impudiquement vôtre,
Érotine
PS : N’oubliez pas les jumelles.
***
Ni l’un ni l’autre n’étaient prêt à s’offrir à la première personne venue. Ils savaient tous deux qu’un échange, même s’il n’était qu’érotique et fugace, se devait d’être vécu pleinement. Pour en arriver là, Nicole et Marc avaient échangé pendant de longs mois. Des mots et des phrases pour décrire et partager leurs fantasmes, leurs rêves, leurs désirs, leurs envies… Et lorsque tout cela se rejoint sur une même longueur, à ce moment-là peut-être seulement, l’étape suivante doit être franchie.
Au début, leurs mots étaient timides, convenus… mais au fil des e-mails s’est tissé un lien érotique très fort, profond. Les mots, les phrases, les idées, sont devenues plus personnelles, plus ciblées… En sont surgis des pavés de désir, des paragraphes de luxure… Puis ceux-ci se sont faits plus fins, plus justes, comme si quelques mots suffisaient à ce que l’un et l’autre se comprennent et s’entraînent dans une douce, mais intense, jouissance intellectuelle et onirique.
Fatalement, on finit par se perdre à ce genre de jeu lorsque l’on rencontre un adversaire, un partenaire, de son envergure. Mais se perdre, n’est-ce pas aussi découvrir ? Prendre la contre-allée ? Goûter l’inconnu ? Il y a des choses que l’on ne découvre en soi qu’en se perdant, en s’oubliant, en s’abandonnant…
Ils étaient maintenant prêts à le faire, à se révéler. L’un à l’autre tout d’abord, mais aussi à eux-même.
Marc, même s’il en avait une vague idée, ne savait pas à quoi s’attendre. Il aimait cette idée d’inconnu, ce stress mélangé à l’excitation, cette folie douce qui s’emparait de lui. Ses pensées du samedi ne furent dédiées toutes entières qu’à cette rencontre. Il en était hanté, envoûté, dévoré…
À quoi ressemblait-elle ? Blonde ? Brune ? Rousse ? Menue ? Voluptueuse ?
Et ses seins ? Petits et fragiles ? Ou alors au contraire, lourds et imposants ?
Il découvrirait tout ça le lendemain, mais l’impatience le taraudait.
Nicole, elle, savait où elle mettait les pieds. Elle aimait avoir le contrôle, mais jusqu’à un certain point. Et c’est ce point-là qu’elle voulait atteindre avec Marc. Cet instant où ce n’est plus l’un ou l’autre des partenaires qui décide réellement, mais le désir.
Il s’était réveillé très tôt le dimanche matin. La peur de manquer le rendez-vous l’avait presque empêché de dormir. Il regardait sans cesse sa montre, l’horloge, son portable… Les minutes s’effilochaient petit à petit, telles des heures. Le poids du temps qui s’égoutte si lent et si insensible à sa soif devenait insoutenable. Il tournait en rond, faisait les cent pas, allait sur son ordinateur, relisait leurs mots et s’imprégnait de leur désir. Il fallait qu’il se gonfle à bloc pour pouvoir, après, tout donner, tout offrir… d’un coup d’un seul ; comme une overdose de concupiscence.
Il prit les clés de sa voiture et s’en alla. Il était à peine onze heures lorsqu’il arriva sur le lieu du rendez-vous. Il préférait être en avance et tapotait nerveusement sur le volant. Il regardait autour de lui s’il ne voyait rien s’agiter. Tout était calme, si calme, trop calme pour lui qui avait envie de tempête, de foudre, de foutre. L’attente, encore l’attente. Mais celle-ci ne nourrissait-elle pas son désir ? Son envie ? Ne lui donnait-elle pas une substance ? Une réalité magique ?
Il regarda son portable, onze heures et douze minutes. Il refit le même geste, plusieurs fois, à deux ou trois minutes d’intervalle seulement comme si son regard sur l’heure avait pu avoir emprise sur celle-ci et l’accélérer, comme s’il détenait cette puissance. L’attente languissante continuait pourtant de faire croître son impatience, percer son ventre, mais aussi… nourrir ses rêves.
Onze heures et vingt-huit minutes. Le téléphone sonna. Appel anonyme. Marc toussa, pour donner plus de sûreté et de clarté à sa voix et décrocha.
Marc déglutit en mettant le contact. Son cœur commença à se mettre en branle. Il suivit scrupuleusement les indications laissées par Nicole. Une pression chassait l’autre. Ça n’était plus l’attente maintenant qui lui tiraillait les tripes, c’était l’inconnu. Cet inconnu dans lequel il engouffrait, avide de sensations nouvelles. Il prit la bifurcation à gauche, atteignit le banc et là, tourna à droite en direction de la clairière. Il aperçu la voiture, garée à l’ombre d’un peuplier et se rangea à côté. Il ne vit personne à l’intérieur. La sonnerie du téléphone retentit. Il décrocha à nouveau.
Marc sortit du véhicule et passa derrière le break. Elle avait abaissé les sièges et installé une couverture sur laquelle elle était étendue. Une longue dame brune qui, si elle ne ressemblait pas à Barbara, avait autant d’éclat. Elle avait respecté ses consignes et portait un tailleur cintré gris, sans chemisier, sous lequel on devinait un soutien-gorge noir. Elle portait aussi, bien entendu, des chaussures aux talons aiguille vertigineux ainsi qu’une jupe longue mais fendue sur le côté jusqu’à l’indéfendable, ce qui permit à Marc de voir qu’elle avait aussi respecté les bas.
Nicole esquissa un sourire timide mais charmeur et s’exécuta. Allongée sur le côté, doucement, elle dévoila sa jambe, pour faire durer le plaisir. Une jambe longue, belle et galbée, un peu repliée. Un mollet à la taille parfaite et une cuisse ni trop fine, ni trop grosse. Avec son ongle verni, elle commença par jouer avec la lanière de sa chaussure. Elle la longeait, parfois y passait le doigt, à l’intérieur. Puis elle remonta, toujours très doucement, jusqu’au haut de son mollet puis redescendit. Après avoir agacé Marc pendant près de deux minutes à ce jeu, elle décida de prolonger sa caresse sur sa cuisse jusqu’à l’élastique du porte-jarretelle. Elle aimait voir les yeux de ce charmant jeune homme pétiller d’envie. Elle entendait son souffle dans le téléphone.
Nicole accomplit sa tâche, toujours avec lenteur et lasciveté tandis que Marc écarquillait les yeux et ne put s’empêcher de passer sa main libre contre son sexe. Précautionneusement, la belle déboutonna son tailleur en commençant par le haut. Entre chaque bouton, elle engouffrait sa main sous le tailleur, caressait ses seins au travers du soutien-gorge. Elle rendait Marc fou.
Quand le tailleur fut tombé, elle frôla sa peau, caressa son ventre. Marc n’y tint plus, il déboutonna son pantalon et libéra une queue érigée au maximum, droite, dure et fière. Cela excita Nicole encore plus qui redoubla d’ardeur dans ses caresses.
Le jeune éphèbe se plia à son ordre et Nicole commença à lécher la queue de Marc à travers la vitre, comme si cette dernière était inexistante. Il lui semblait sentir sa langue contre son gland. Caresse douce et merveilleuse.
Après quelques minutes de ce rapprochement empêché, Nicole dégrafa sa jupe et écarta les cuisses. Au-dessus de sa fente déjà bien humide se dessinait un petit triangle de poils coupés courts. Marc se délectait de cette offrande et ne put s’empêcher d’accélérer le mouvement sur sa queue lorsque Nicole commença à glisser le long de son intimité, à en écarter les lèvres pour découvrir son trésor encapuchonné et laisser se perdre un doigt en elle-même.
L’appétit lubrique de voyeurisme de l’un n’avait d’égal que la gourmandise érotique d’exhibitionnisme de l’autre.
Ils se branlaient l’un devant l’autre, séparés par la vitre, comme s’il ne fallait pas encore que la réalité tout entière les happe. Il fallait encore se laisser un répit, peut-être que plus tard s’abandonneraient-ils totalement. Nicole titillait son clitoris avec ardeur et gémissait de plus en plus. Et plus elle gémissait, plus Marc était excité.
C’est elle qui vint la première, secouée par d’incontrôlables spasmes. Son cri traversa la vitre et donna à Marc un sourire satisfait. Mais, non loin d’en avoir fini, Nicole en voulait encore. Elle se mit à quatre pattes, son cul bien remonté contre la vitre et enfonça son doigt dans la porte secrète. Là, Marc ne pu se retenir et éjacula contre la voiture. C’est son râle de plaisir à lui qui maintenant faisait sourire la belle. Elle se retourna et fit mine de lécher le sperme qui coulait.
Et elle raccrocha le téléphone.