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Temps de lecture estimé : 43 mn
28/10/10
Résumé:  Le soleil, la mer, une île et l'été...
Critères:  fh extracon fépilée vacances cunnilingu pénétratio -extraconj -vacances
Auteur : Patrik  (Carpe Diem Diemque)            Envoi mini-message
Plage Nette

Le soleil, la mer, une île et l’été…



Ah ! ces petits couples qui viennent en villégiature chez moi. Non, sur moi, devrais-je dire, pour être plus précis… Moi, Hvar, comme ça s’écrit et comme ça se prononce. L’île reine parmi les Dalmates qui est connue dès la plus haute Antiquité de par sa position stratégique et nautique, de par sa richesse de périodes historiques, de par ses monuments culturels et naturels et la littérature. Enfin, c’est ce qui est écrit sur les brochures touristiques…


Ah ! ces petits couples qui reviennent s’offrir une semaine ou plus dans mes paysages enchanteurs, mes rivages de rêve, ma douceur de vivre… Si je ne me fais pas ma propre pub, qui le fera pour moi ? Comme il faut passer le temps depuis des millénaires que j’existe les pieds dans l’eau, je zieute de près les nouveaux arrivés, ils sont si trognons !


Donc, mes petits couples, dont un qui me focalise : Mélanie et Lucien… ceux-là semblent être venus chez moi comme pour un second voyage de noces, elle, la mignonne, trentaine, lui, un peu plus vieux mais portant beau, peut-être trop d’ailleurs…


Le soir même, alors qu’elle est allongée, nue sur le lit, prête à le recevoir en elle, il arrive dans la chambre avec un attirail composé d’une serviette, d’un gant de toilette, d’une bombe de mousse à raser et un rasoir à double tête. Oh, je vois bien qu’elle hausse un sourcil : quand il a quelque chose dans le crâne, il ne l’a pas ailleurs ! Elle soupire un peu et décide de se laisser faire. Comme elle le lui a dit ce matin, quelque part, ça l’arrange. Et puis, c’est une expérience bonne à prendre, elle se doute bien comment ça risque de finir, elle n’est pas du tout contre, loin de là !


Et puis de toute façon, dans la Rome antique et avant, les femmes n’avaient pas grand-chose par là. Ce rituel sera poursuivi encore quelques siècles ensuite, avant d’être oublié. Et un peu plus au sud, et aussi beaucoup plus à l’est, ça perdure toujours.


La serviette mise sous ses fesses, il la masturbe un petit peu tout en répandant la mousse sur ses fins poils pubiens. Puis, sans rien dire, il la plante là, quittant la chambre. Étonnée, elle se met sur les coudes, ne comprenant pas bien ce qu’il se passe. Elle admire alors sa chatte toute blanche. Elle s’étonne de n’avoir rien dit, pas un seul mot contre, d’avoir laissé faire.


À peine deux minutes plus tard, Lucien revient avec un bol d’eau chaude. Avec un large sourire, il se positionne entre ses jambes écartées, trempe le rasoir dans l’eau et commence à tailler délicatement dans la masse blanche. Très appliqué, le regard fixé sur son objectif, il s’active du mieux qu’il peut, visiblement un peu craintif de la couper. Elle songe qu’il devrait être tout aussi appliqué quotidiennement pour elle qu’actuellement pour sa touffe ! Très vite, le bosquet du haut disparaît sous le rasoir, elle voit alors son ventre se prolonger vers son sexe. Curieux effet…


Puis Lucien remonte ses jambes tout en les écartant encore plus afin d’attaquer le pourtour des lèvres. Il remet un peu de mousse et, doucement, il commence son opération de déforestation. Il tend au mieux la peau et fait glisser adroitement le rasoir, lentement mais fermement, le nez quasiment collé dans la mousse. Mélanie n’est pas très rassurée mais elle sait aussi que son homme fera tout son possible pour éviter un geste malheureux…


Petit à petit, elle contemple le résultat de cette action menée avec délicatesse, cette peau lisse qui apparaît peu à peu, cette peau inconnue.


Les deux lames glissent à l’orée de ses lèvres, les poils tombent un à un, le clitoris est à présent dégagé. Lucien se redresse, s’essuie le front du revers de la main puis souffle :



Il prend un oreiller, le cale sous la serviette et sous les fesses afin que celles-ci soient en hauteur et bien exposées à son regard.



Lucien s’attelle alors à l’élimination des derniers poils pubiens qui folâtrent encore en bas du sexe offert. Il pousse ensuite la conscience professionnelle à venir s’aventurer dans le sillon fessier afin de faire place nette, là aussi. Puis il trempe le gant de toilette dans l’eau chaude du bol, le tord et commence à enlever délicatement la mousse et les poils coupés restants. Il repasse une deuxième fois puis une troisième et dernière. Il a, à présent, face à lui, un sexe vierge et lisse, quoique qu’un peu rougi ci et là… Puis il dépose ci et là un peu de crème pour adoucir. Il contemple alors ce nouveau fruit luisant qui s’offre à lui…



Pour toute réponse, il prend le rasoir et enfonce posément le manche dans la fente ouverte. Elle fait mine de s’offusquer :



La suite est une longue ode au sexe rasé que Lucien vénère sous toutes ses facettes maintenant complètement visibles et dégagées. Mélanie apprécie énormément l’hommage d’une langue sachant où elle va, celui des doigts farfouilleurs et sans complexe. Lucien redécouvre ainsi autrement le nid douillet de sa femme et l’attrait de la nouveauté le stimule agréablement !


C’est presque d’ailleurs la même chose, quand ces petits couples passent de la touffe au lisse. C’est d’ailleurs charmant. Perso, à ma propre image, je préfère quelques bosquets que la montagne nue. Mais chacun ses goûts ; moi, je donnerais beaucoup pour être couverte de forêts ombragées…



--ooOoo--



Dotée de sa nouvelle chatounette (comme elle le dit elle-même) ultra lisse, Mélanie en profite pour aller faire, en ville (j’en ai quelques-unes très belles), des emplettes côté maillots de bain ultra fins, voire même arachnéens… Lucien, lui, s’étonne encore et toujours du prix exorbitant de ces riquiquis morceaux de tissu parfois réduits à certains endroits à de simples ficelles. Néanmoins, comme il est doté d’un certain sens pratique, il imagine déjà sa Mélanie dedans et surtout quel spectacle elle lui offrira (dés-)habillée ainsi !



Il lui faut très peu de temps pour faire une projection du corps adorable de sa femme dans ce genre d’habit. Il en conclut très vite que celui de droite est le plus sexy et avantageux pour sa libido à lui. Mais, faut-il dire la vérité ? Car Mélanie serait peut-être tenté de choisir le maillot le plus standard, afin d’éviter d’être le point de mire des mâles du secteur. Lui-même, il est partagé entre deux pôles : sa femme rien qu’à lui qu’il ne partage pas et le plaisir diffus de montrer sa bonne fortune ! Alors, il cogite…


Mélanie se doute vite de quelque chose, elle l’interpelle :



Lucien passe sa langue sur ses lèvres :



Non, non, ce n’est pas la bonne explication, mais Lucien laisse dire. Ça arrange ses affaires. Ah, toujours le fameux désir secret des mâles : avoir la paix de la part de leurs compagnes.



Ah, non, ce n’est pas bon comme tournure des choses !



Elle le regarde, dubitative. Il lui fait un large sourire. Elle sourit à son tour.


Tout est bien qui finit bien !


Par la suite, plus d’une fois d’ailleurs, elle est sortie de l’eau, le slip carrément entre les plis des lèvres, ne laissant rien ignorer de ses charmes d’ici-bas à la gent masculine qui mate joyeusement le spectacle offert. Ça fait incontestablement partie des gentils et agréables plaisirs de mes douces plages…


Lucien se dit que, finalement, sa douce et tendre légitime a beaucoup d’agréments. Il avait un peu oublié avec le temps, l’herbe semblant plus verte dans le pré voisin…


C’est ainsi que, durant ce bel après-midi de plage du mois d’août, sans que Lucien ne lui dise rien car il est trop content de l’aubaine, elle reste quasiment le sexe à l’air pendant au moins deux heures, le fin tissu plissé à l’orée de la vulve. Elle pique un fard quand elle s’en aperçoit et qu’elle a la certitude que les hommes sont non seulement des voyeurs mais qu’ils aiment faire étalage des bonnes fortunes qu’ils ont au lit !



Mi-amusé, mi-embêté, Lucien répond :



Trop tard, elle a déjà ramassé ses affaires et file droit vers l’hôtel. Lui, il soupire bruyamment, puis s’allonge sur sa serviette, les bras en croix. Ça va faire quelques temps qu’il a compris qu’il valait mieux ne pas intervenir quand sa femme était furax, ça envenimait même les choses que d’essayer de la calmer dans ces moments-là.



Le ciel est d’un bleu immaculé, la mer si agréable, les femmes sur la plage sont belles, très belles, croustillantes même. Il y en a quelques-unes dont il aimerait beaucoup goûter la peau chaude et sucrée. Mais il manque quelque chose. Tout en soupirant, Lucien se lève, il n’a plus qu’à aller faire son mea culpa, même s’il ne se sent pas si fautif dans cette navrante histoire. Il secoue la tête, tout en soupirant. Pourtant, il aurait pu aller dire un petit mot gentil à diverses jeunes femmes affriolantes aperçues sur la plage, mais, à son grand étonnement, il n’en a rien fait. Au contraire, d’un pas lourd, il quitte la plage, traînant presque le sac sur le sol, maudissant Dieu et Diable d’avoir fait les hommes si faibles face aux femmes. Lui, surtout !


Il aborde le hall de l’hôtel. Sur au fond, vers le bar, il entend une certaine animation. En voilà au moins qui ne s’embêtent pas ! Heureux hommes, d’après les voix qu’il perçoit. Toujours aussi enthousiaste d’aller se repentir, il traverse à pas lents le vaste hall, les voix se faisant plus distinctes.


C’est alors qu’il stoppe sur place, lâchant tout, les bras ballants.


Là-bas, au bar, dans la lumière tamisée, entourée d’une nuée d’hommes très serviables et très captivés, seins nus, un simple collier autour du cou, sa femme !



--ooOoo--



L’explication fut orageuse. Très ! Il y eut une belle animation dans l’hôtel. Pourtant, ce n’est pas la première fois que j’assiste à ce genre de scène, mais celle-ci restera dans les annales ! Incontestablement. À un certain moment, la situation dégénéra tellement qu’un grand Allemand s’interposa pour séparer ces deux-là !


Revenus dans leur chambre, sans mot dire, ils se jetèrent l’un sur l’autre, et firent l’amour avec grand fracas et fureur, l’hôtel subit alors une seconde animation pas piquée des vers ! Ah ! la nature humaine !



--ooOoo--



Elle redescend, laissant son mari complètement épuisé sur le lit. Elle n’était pas tout à fait calmée. Ce crétin, ce con ! Même s’il est un très bon amant, trop même ! Elle ne sait d’ailleurs pas lui résister quand il pose ses mains sur elle… Bon, c’est vrai qu’elle avait un peu abusé en se baladant presque nue, un string riquiqui et un collier pour seuls vêtements… C’est en remontant dans sa chambre qu’elle avait vu ces hommes dans le salon et qu’elle avait eu alors l’idée.


Pourquoi justement cette idée, elle ne pouvait pas le dire. Néanmoins, elle avait bien discuté sous les regards admiratifs et ravis de ces hommes. Un d’ailleurs sortait du lot, à la fois enthousiaste et réservé, cet Allemand qui parlait bien français, ce Gert comme il s’était présenté. Le même qui s’était interposé quelques minutes plus tard quand Lucien s’était pointé totalement furax !


Au même moment, surgissant d’un autre couloir, un grand homme s’avance. Justement lui, Gert. Sans savoir bien pourquoi, elle rougit. Il s’arrête à sa hauteur et lui demande :



Ils se séparent, chacun allant dans la direction opposée.


Ils ne vont pas tarder à se croiser plusieurs fois par la suite, ça, c’est moi qui en suis sûre, j’ai des milliers d’années d’expérience, vous pouvez me croire. Sans bien comprendre pourquoi, Mélanie se retourne, le regardant s’éloigner. Un doigt sur la bouche, elle s’interroge sur cet homme, sur ce quelque chose qu’il a de différent. Son regard doux et sans critique ? Peut-être… Dans les minutes et les heures qui suivent, il est clair et net que le regard des autres hommes qui se pose et se posera sur elle est nettement dissemblable, un mélange d’envie et de condamnation.


Sans parler de celui de leurs femmes !



--ooOoo--



Mélanie et Lucien évitent d’aller manger en bas, la tension est trop palpable, l’exploit de cette fin d’après-midi étant trop présent dans les esprits. Ils se firent servir dans leur chambre.


Fidèle à ses petites habitudes, profitant de la nuit déjà tombée, Mélanie part quand même faire son tour rituel d’avant dodo. Lucien, lui, n’aime pas ce genre d’activité physique, il préfère la compagnie du petit écran, surtout les chaînes d’information en continu. Dommage pour lui, mon ciel est très beau ce soir, comme souvent. C’est l’avantage des îles un peu éloignées des côtes. La voie lactée se dessine fort bien par-dessus les têtes. Mélanie flâne en bordure de mer, la plage est déserte ou presque.



Surprise, elle se retourne prestement.



Il regarde la mer. Elle en fait de même. Elle se sent apaisée face aux vagues, à côté de cet inconnu. Beaucoup plus haut, dans mon ciel limpide, les étoiles scintillent. Un silence apaisant les entoure. Une petite brise taquine fait voltiger légèrement quelques mèches. Il rompt le silence :



Il tourne la tête vers elle, il lui sourit. Elle se sent un peu troublée, sans savoir pourquoi. S’approchant un peu plus d’elle, il répond quelques temps après d’une voix posée :



Sans dire mot, il capture sa main, et amorce un pas de danse. Elle se laisse aller. Ils valsent ainsi quelques secondes.


Puis ils s’arrêtent, se regardant les yeux dans les yeux. S’inclinant lentement, il porte la main de Mélanie à ses lèvres et y dépose un chaste baiser.



Un dernier sourire et il s’éloigne. Comme il y a quelques heures à peine, elle le regarde s’éloigner. Un doigt sur la bouche, elle s’interroge à nouveau sur cet homme, sur ce quelque chose qu’il a assurément de différent. Elle laisse ses pieds la guider dans une marche sans but réel sur le sable, avant de se décider de retourner à sa chambre.



--ooOoo--



La nuit fut calme, Lucien étant trop hors service de son exploit de fin d’après-midi. Et puis, ils avaient à dormir, à récupérer. Au petit matin, il était parti très tôt à la pêche au gros. Ahurie, Mélanie avait sévèrement râlé : il avait, purement et simplement, oublié de lui en parler. Aller à la pêche, il savait faire ; aller en ballade main dans la main, c’était déjà moins ça ! Tu parles d’un second voyage de noces !


Dépitée, elle préfère laisser tomber. Décidément, rien ne change vraiment !


Restée seule, elle se décide pour la piscine et y fait quelques longueurs pour la forme. De retour dans la chambre, elle se change. Elle choisit une petite robe rouge, c’est voyant, mais au point où elle en est, autant se faire plaisir… Elle se regarde dans le miroir. Pour sa trentaine, elle n’est pas trop mal. Bon, il y a mieux, elle en a su, hélas, quelque chose, il y a peu de temps, mais dans l’ensemble, elle ne se plaint pas : il y a nettement pire, c’est certain ! Instinctivement, elle croise les mains sur son ventre, elle grimace aussitôt : son plus grand regret…. Elle secoue la tête, il faut malheureusement s’y faire. Puis, elle descend au bar se choisir quelque chose à boire avant d’aller prendre son petit-déjeuner.


C’est alors qu’une grande ombre la couvre. Elle se retourne immédiatement.



Il la couve d’un regard appréciateur, ça la trouble un peu. Il la devance, lui servant un jus d’orange qu’il lui tend ensuite. Elle lui répond avec un ravissant sourire, il a comme un choc au fond de la poitrine.



Toujours son regard. Il hésite un peu, puis se lance :



Il la regarde, surpris. Sirotant son jus de fruit, elle lui demande alors :



Elle manque de s’étrangler. Elle tousse, puis se reforme une contenance :



Puis le temps passe, un verre, puis un autre. Elle parle avec plaisir. Tout d’un coup, il demande :



Et il lui explique en quelques minutes sa vie, son enfance, ses études en chimie, ses deux ans en France, puis un mariage raisonnable et deux enfants un peu turbulents mais joyeux. Un cancer qui emporta sa femme en moins de deux mois. Trois ans à tenter de s’en sortir. Quelques conquêtes féminines. Et maintenant des vacances pour se changer les idées.



Elle hésite un peu, puis se lance :



Il rit joyeusement :



Un portable qui sonne, il s’excuse puis décroche ; il écoute beaucoup plus qu’il ne parle. Il incline la tête et annonce, l’air visiblement dépité :



Il se lève, immense sous le soleil qui chauffe déjà beaucoup, quelques pas, puis d’un seul coup, il se retourne, pose ses deux mains sur les accoudoirs du fauteur de jardin d’une Mélanie assez surprise, son visage très proche du sien. Un large sourire :



Il l’embrasse furtivement sur le front. Puis s’éloigne à grands pas, laissant derrière lui une femme assez confuse, mais intimement ravie.



--ooOoo--



Sentant distinctement certains regards sur sa nuque et son dos, Mélanie décide de se mettre sur une table en retrait. Quelle idée d’avoir fait ça hier ! Le seul point positif de cette sombre histoire est Gert. Quoique… la séance d’hier avec Lucien fut très torride ! Néanmoins, c’est quand même cher payé !


Elle soupire, et croque sans enthousiasme dans sa tartine grillée. Elle sent bien que, parfois, on la regarde en biais. Bah, dans quelques jours, elle sera loin d’ici. Tout au plus, on parlera dans les années à venir d’une touriste qui se baladant dans le plus simple appareil tout en aguichant tous les mâles des alentours. Une légende en plus.


Moi, des légendes, je peux en raconter depuis des siècles et pour des siècles, mais personne ne sait plus écouter mes paroles dans le bruit des roseaux ou l’agitation des feuilles… Plus personne, ou si peu…


Elle soupire à nouveau, elle se sent très lasse. Son second voyage de noces part en queue de poisson, indubitablement ! Elle aurait bien dit quelque chose d’autre, mais c’était nettement moins élégant !



Il se tient bien droit face à elle, il lui semble si grand !



Il part se servir sur le buffet. Il s’assied, avec en main, une assiette pleine de charcuterie et de jambon qu’il attaque sans tarder. Mélanie le regarde étonnée :



Puis ils parlent de tout et de rien, de mille détails divers, sans autre but que de continuer la conversation et de faire en sorte qu’elle rebondisse encore et toujours. L’assiette se vide peu à peu, inexorablement. Mélanie croise ses doigts puis pose son menton dessus.



Il se contente de repousser l’assiette vide. À son tour, il croise les doigts pour poser son menton dessus.



Il se contente de la regarder plus encore, comme pour voir derrière elle. Mélanie a complètement oublié où elle se trouvait, c’est comme si elle était seule au monde avec cet homme. Un fin sourire, il continue :



Incrédule, elle hausse les sourcils, se calant posément sur le dossier de sa chaise ; d’une voix cassante, elle lance :



Il respire avec force, son regard perçant brille d’étrange façon :



Elle se lève, en évitant d’exploser, voulant rester maîtresse d’elle-même. Ces hommes, pas un seul pour racheter les autres ?



Sans se démonter, la fixant toujours, Gert poursuit de sa voix calme :



Contre son gré, elle obéit machinalement. Une fois assise, elle se dit alors que ce Gert est nettement plus dangereux qu’il en a l’air. Même Lucien n’aurait pas aussi bien réussi ! Sans quitter son impassibilité, son vis-à-vis continue :



Malgré elle, Mélanie pouffe nerveusement. Il s’en étonne :



Interdite, elle le regarde :



Et sans arrière-pensée, ils passent la matinée ensemble à se balader parmi mes petits sentiers parfois abrupts, parlant de tout et de rien, jusqu’au repas de midi. Je les surveille avec amusement, ces deux petits êtres humains. C’est toujours très divertissant, cette sorte de danse qu’ils font entre les deux sexes. C’est avec un petit pincement au cœur qu’ils se séparent.



--ooOoo--



Lucien est toujours devant la fenêtre, les bras croisés depuis son retour dans la chambre. À son retour de pêche, vers treize heures environ, lui et Mélanie ont rapidement mangé tous les deux, Lucien sans parler ou si peu, lui qui est intarissable sur la moindre sardine pêchée. Le soleil est au plus haut dans le ciel, mon ciel bleu et pur, mais ces deux-là s’en moquent un peu… Lui, il boude. Sa femme s’active ci et là, faisant un peu de rangement, une activité comme une autre en attendant la suite. Fatiguée, elle se jette sur le lit, les bras en croix :



Elle se relève d’un coup et persifle :



Il serre les dents. Il sait qu’il ne peut rien rétorquer. Néanmoins, il tente quand même de prendre le dessus, l’orgueil du mâle bafoué est quelque chose de puissant et d’illogique :



Pour toute réponse, il se mord les lèvres. Elle bondit alors sur ses pieds, pose la main sur la poignée de la porte :



La porte claque sur elle. Instinctivement, Lucien se ronge les ongles, se disant qu’il a un peu tiré sur la corde en quelques années de mariage. Surtout juste après leur réconciliation. Mais Dieu que cette Stéphanie est chaude ! Une pure merveille au lit !



--ooOoo--



Totalement énervée, elle marche droit devant. Un bon quart d’heure après, elle s’arrête puis elle s’assied sur un tronc d’arbre. Doucement, elle se calme. Cet endroit lui dit quelque chose. Elle s’aperçoit alors qu’elle est déjà venue ce matin avec Gert. Décidément, les hommes lui bouffent la vie !


En y resongeant, elle a tout simplement refait le même chemin qu’il y a quelques heures, comme ça, machinalement. Elle jette un coup d’œil aux alentours, en murmurant :



Mais personne ne vient, nous ne sommes pas dans un roman de gare avec un auteur tout-puissant, capable de vous sortir de son chapeau des dei ex-machina… Quoique c’aurait pu être amusant ; je songe alors à tous ces destins qui auraient pu être modifiés avec un tout petit rien… Elle décide alors de changer d’itinéraire, la marche à pied lui fera du bien, elle lui permettra de se vider la tête, elle en a bien besoin actuellement !



--ooOoo--



Du haut de son balcon, Gert voit au lointain une tache rouge. Aussitôt, il songe à la robe de Mélanie. D’ailleurs, il lui semble bien que ce soit elle, sur le chemin qu’ils ont emprunté ce matin. Il se rue dans la chambre, fouille sa valise et en ressort une paire de jumelles.


Aucun doute, c’est bien elle, toute seule dans le petit bois qui longe la plage. Il se demande s’il doit aller la rejoindre, puis il décide de la laisser tranquille, même s’il meurt d’envie d’être avec elle.


De temps à autre, il retourne sur le balcon pour observer sa promenade. Une bonne heure plus tard, il la voit revenir vers l’hôtel. Il décide alors de forcer un peu le hasard en allant au-devant d’elle. Advienne ce qu’il pourra !


Et c’est comme par hasard qu’ils se rencontrent dans le grand-hall, près des salons. Il l’invite le plus naturellement du monde à prendre un café, un thé ou une boisson fraîche. Elle en a bien besoin, elle accepte. Ils se retrouvent assis dans l’un des nombreux petits salons, ils parlent un peu de tout, puis soudainement, elle se lève. Il l’interroge du regard, elle écarte une mèche de son front :



Le temps passe, lentement, doucement. Ils parlent toujours de diverses choses. Mélanie se doute de plus en plus que le hasard n’y est pour rien. D’ailleurs, lors de son retour, là-bas au lointain, elle voyait bien un homme souvent sur son balcon. Elle n’en mettrait pas sa main au feu ou à couper, mais elle aurait bien juré que c’était Gert.


D’ailleurs, il lui semble bien que son compagnon n’a pas tout à fait la conscience tranquille. Ça l’amuse de le voir si transparent. Il semble même tourner autour du pot. Un nouveau couloir inconnu, personne sauf eux.


Elle s’adosse au mur :



Elle rougit, elle se reprend aussitôt :



Elle prend une grande respiration, elle regarde le sol quelques instants, puis plante son regard dans le sien :



Elle a un petit sourire étrange :



C’est à son tour d’avoir un petit sourire étrange quand il répond :



Elle rougit à nouveau. Un certain silence. Il se gratte la tête, dubitatif :



Elle lui adresse un regard éloquent. Il se trouble encore plus. C’est elle qui reprend :



Elle incline la tête, puis se décolle du mur auquel elle était adossée depuis quelques minutes. Elle réfléchit, lèvres pincées, mains crispées, soupesant d’avance les mots à dire. Elle amorce un premier pas :



Elle entame un second pas :



Elle commence lentement à marcher, il suit le mouvement. D’un coup, elle s’arrête net, se tourne vers lui et le questionne :



Un bref sourire charmeur, et elle continue son chemin sous l’œil surpris de Gert. À présent, d’un même pas, ils avancent posément dans le couloir, vers la lumière du dehors. Perturbé, il se racle la gorge, très perplexe :



Elle le coupe, un large sourire :



Il s’arrête instantanément, lui saisissant brusquement le bras :



Il baisse la tête un court instant, puis la relève :



Elle recule d’un pas, main sur la bouche :



Elle lui prend la main, s’approche de son corps :



D’un pas décidé, elle s’avance dans le couloir, le tirant par la main. Après un escalier, un autre couloir, ils arrivent devant une porte, celle de la chambre de Gert. Elle tremble un peu, il la regarde fixement, frémissant :



Il ouvre la porte, puis délicatement, il la soulève sans effort du sol dans ses bras. Étonnée, elle se laisse faire et s’accroche à son cou. Il dit alors d’une voix calme et profonde :



Alors il l’embrasse passionnément, elle répond de même, sans retenue.



--ooOoo--



Lui non plus, de son côté, Lucien n’est pas resté inactif. Ça va faire un certain moment qu’il a repéré une splendide jeune femme qui vient souvent faire quelques longueurs dans la piscine. Il y a bien quelques hommes qui tournent autour, mais rien de bien méchant en concurrence ! Il se dit qu’il a donc toutes ses chances. C’est alors qu’il songe à sa femme : il y a bien des points communs entre l’inconnue et sa Mélanie. Et quelques années d’écart, peut-être dix. N’empêche que sa femme à lui, reste plus qu’agréable à fréquenter et à regarder, il sent souvent le regard jaloux des autres hommes, et il en est flatté. Mais, aussi beau soit le gibier obtenu, la future proie a toujours plus d’attrait…


Une autre façon de dire que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin, surtout quand la voisine est aussi craquante ! Les hommes – pardon – certains hommes ne changeront jamais, j’en sais quelque chose, depuis le temps que j’existe et que je les observe.


Alors Lucien prépare son plan d’attaque.



--ooOoo--



Une heure plus tard, essoufflée, allongée voluptueusement sur le ventre, ses mignonnes fesses sous le nez de son amant, Mélanie demande malicieusement :



Amusée et ravie de la situation, elle rit, tandis qu’il continue à la couvrir de petits baisers très appuyés sur son magnifique petit cul qu’elle expose impudiquement à ses lèvres :



Elle s’accroupit alors, projette sa main derrière le cou de son soupirant assouvi et rapproche ses lèvres des siennes, gourmande :



Elle l’embrasse férocement. Ils roulent tous les deux dans les draps défaits, s’étreignant à nouveau passionnément, sans retenue. Il est à présent sur le dos, elle est allongée sur lui, tel un drap de satin, toute aussi douce et soyeuse.


Lascivement, elle se frotte à lui, sur sa large poitrine, sur son ventre, sur son sexe à nouveau dressé, tout en l’embrassant voluptueusement et le mordillant sensuellement. Elle oscille, elle ondule, jouant de ses seins aux pointes dures qui zèbrent la peau de son amant, de leurs masses soyeuses qui s’aplatissent contre lui, épousant les reliefs du torse taillé à la serpe. Et elle sait pertinemment qu’il fait son possible pour se contenir, pour ne pas craquer. Alors elle en abuse, elle joue avec ses sens, se faisant toute douce, lascive, possessive, une adorable démone dans l’enfer sucré-salé des jeux pour adultes.


Infernale, elle se redresse, mettant ses genoux de part et d’autre de son amant, puis en un lent mouvement calculé, à la limite du sadisme mental, elle frotte alors ses lèvres intimes toutes humides sur le ventre de son vis-à-vis, elle ondule délicatement du bassin, laissant petit à petit une trace humide sur le corps frissonnant de son homme fou de désir pour elle, son homme, son jouet, sa chose.


Lui se contient du mieux qu’il peut, elle sait qu’il ne suffirait pas de grand-chose pour qu’il cède, alors elle joue sur le fil du rasoir, guettant ses réactions, son visage, ses yeux pour savoir jusqu’où aller. Elle décrit de larges cercles humides, se frottant impudiquement, sans réserve, comme pour marquer son territoire.


Puis, assurément, elle avance doucement son pubis rasé vers le visage de son homme-objet, frôlant les poils du torse carré, jouant avec les boucles soyeuses, les détrempant. Elle serre les lèvres, ne pas céder, elle non plus. Résister pour mieux se lâcher ensuite.


Ses lèvres intimes s’approchent lentement mais sûrement d’autres lèvres plus voraces. Quelques centimètres encore les séparent, quelques centimètres qui se réduisent. Il regarde fasciné cette fente toute douce, lisse, comme pure, qui vient s’offrir à lui.


Quelques centimètres encore, il sent ses parfums secrets, ses effluves fluentes, son ventre délicat juste au-dessus de lui, ses jambes douces sur ses oreilles. Quelques centimètres qui deviennent ensuite des millimètres. Il admire cette grotte finement dessinée dans laquelle il a déjà plongé avec délectation et dans laquelle il voudrait toujours être niché. Ses plis, ses espaces, ses volumes, ses courbes, oui, tout connaître et toujours en profiter quel que soit le moment et le lieu…


Puis, posément, elle pose son sexe détrempé sur la bouche ouverte de son homme, pour qu’il l’honore à sa façon, la goûte, la sublime. La langue agile se fraye déjà son chemin parmi les fins plis de la vulve et leurs sucs blancs. Elle soupire d’aise, il savoure de convoitise !


Dix fois, cent fois, mille fois peut-être, cette langue viendra la déguster, la laper, la dévorer. Cette bouche épousera ses formes, l’aspirera, la videra. Dix fois, cent fois, mille fois et même plus, des soupirs de satisfaction, de bonheur mourront sur ses lèvres imbibées, mille fois asséchées, mille fois inondées.


Le plaisir monte en elle, puissant, furieux, il brûle son ventre, bloque sa respiration saccadée, un bien-être intense, douleur et plaisir confondus. Une dernière vague, un dernier cri, elle se relève précipitamment à la grande surprise de la bouche qui la dévorait, puis après un ultime califourchon, d’un puissant coup de reins, elle s’empale profondément sur la barre d’acier et de chair de son amant. Comme folle, elle s’active, ondule, tangue, serre, comme pour s’en emparer définitivement. Il serre les dents, il agrippe voracement ses seins qui dandinent impudiquement sous ses yeux, Elle crie, elle rugit, ses seins capturés, son vagin rempli, son désir qui lui déchire le ventre, un vaste tourbillon, un autre cri. Elle s’élève plus loin encore dans la lumière, envahie de la barre érigée d’un autre corps, inondée de ses propres flots et de cette onde qui jaillit en elle, qui pulse et explose en même temps qu’elle, complètement, absolument, définitivement.



--ooOoo--



Deux corps enlacés, repus, fourbus… le temps immobile, l’atmosphère suspendue, le jour tamisé, rien ne bouge sauf deux poitrines qui respirent…


Elle se redresse un peu :



Elle se cale sur son oreiller, les yeux perdus dans le vague :



Elle se tourne vers lui :



Pour toute réponse, il l’embrasse voluptueusement, elle se laisse aller, glissant sur l’oreiller, lui offrant à nouveau son corps. Il en profitera encore et encore, elle jouira encore et encore, à leur plus grande satisfaction…


Avec l’étrange impression que leur faim ne s’assouvira jamais.



--ooOoo--



Momentanément repus, main dans la main, ils sortent prendre l’air. Le soleil brille, la brise est douce, mille bruits de feuilles bruissantes, de vagues clapotantes dans l’air. Ils avancent sans but précis, constellant leur cheminement de multitudes de petits bisous, tels deux adolescents en amour d’été qu’ils sont redevenus. Moi, j’aime bien voir des amoureux, ils sont si trognons, et ça me change de toute cette morosité ambiante !


Un groupe de touristes passe devant eux.



Mélanie le questionne du regard, il répond :



Et il l’embrasse, la plaquant sur un arbre ; elle se laisse faire avec plaisir, ses ongles agrippant le dos de son amant. Puis, fébrilement, ils reprennent le petit chemin, suivant de loin le groupe qui les précède.


Soudain, le groupe s’arrête, une des personnes montre une toute petite bifurcation. Il est vrai que je possède des tas de sentiers qui sillonnent mes collines. Mélanie demande :



C’est à son tour de l’embrasser fougueusement, le plaquant contre un arbre, à l’abri des regards indiscrets. Comme elle il y a quelques minutes, il se laisse faire avec plaisir.


Puis suivant le groupe, ils s’engagent à leur tour sur l’étroit chemin qui mène vers une petite crique dont j’ai le secret, un endroit abrité, un petit havre de paix pour ceux qui en éprouvent le besoin. Malheureusement, il arrive parfois que ça ne se déroule pas comme prévu…


Des grands éclats de rire retentissent. Intriguée, Mélanie presse le pas et débouche sur un petit promontoire qui surplombe la crique et sa minuscule plage. Plus bas, une jeune femme tente, tant bien que mal, de se couvrir, tandis qu’un homme plus âgé essaye de faire bonne contenance. Mélanie serre les poings, cet homme, elle le connaît très bien puisque c’est le sien.


Calmement, elle se tourne vers Gert et lui dit d’une voix faussement posée :



Gert jette un œil au fond de la crique, puis se retourne, inquiet, vers sa compagne :



À la fois surpris et ravi, il répond :



Elle pose un doigt sur ses lèvres :



Puis ils s’embrassent avant de se séparer. Gert s’éloigne, presque à reculons, elle lui sourit, agitant la main, puis elle se retourne sans plus un regard et s’engage d’un pas ferme sur le petit sentier qui descend vers la crique.



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Mélanie est assise sur le lit, face à un Lucien qui fait les cent pas dans la chambre. Il cherche visiblement comment se sortir de ce mauvais pas. Se faire surprendre ainsi, c’est une malchance infernale !


C’est sa femme qui rompt le silence :



Il baisse les bras, il est impossible de nier les faits, c’est trop flagrant. Et avec, en prime, plein de gens autour ! Lucien se dit qu’il aurait dû consulter son horoscope de la journée, ce ne devait pas être sa bonne journée ! Il se décide à répondre :



Il se racle la gorge :



Elle se lève, les yeux fixés sur les siens :



Il laisse fugacement échapper un sourire de satisfaction. Elle le foudroie du regard :



Elle s’affaisse sur une chaise, comme vidée. Il se tait, il attend. Elle lève la tête vers lui :



Elle se lève à nouveau, passe devant lui, qui la regarde inquiet. Elle s’arrête à la fenêtre, croise les bras face à la mer. Un bref silence, puis elle reprend :



Elle se retourne, le regardant sans ciller :



Elle soutient son regard possessif :



Elle passe devant lui, sans le voir, il reste bouche bée. Calmement, elle ouvre la porte, le regarde une dernière fois et affirme :



Puis la porte se referme sur un Lucien pétrifié qui sent bien que la corde est définitivement cassée. Il s’emporte alors, manquant de tout vouloir casser. C’est son reflet dans le miroir qui lui fait admettre qu’elle lui offre, au final, la meilleure solution. Lentement, il s’approche de la grande glace, il voit bien que l’homme aux tempes argentées qui est devant lui ne sera jamais fidèle, mais qu’il finira sans doute seul, abandonné, sans elle.


De rage résignée, il pose son front sur le miroir, immobile. À sa grande stupéfaction, une larme vient s’écraser au sol.



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Un an plus tard durant un été très doux, une terrasse en pleine ville, deux femmes qui bavardent d’un café et d’un thé.



Celle-ci lève les yeux vers le ciel bleu, songeuse. Sur les chardons ardents, désireuse d’en savoir plus, son ancienne camarade de lycée reprend :



Ébahie, Danielle la regarde, les yeux écarquillés :