| n° 14016 | Fiche technique | 10278 caractères | 10278Temps de lecture estimé : 7 mn | 20/08/10 |
| Résumé: Une parenthèse de tendresse extra-conjugale. | ||||
| Critères: fh amour pénétratio -extraconj | ||||
| Auteur : Libertin72 Envoi mini-message | ||||
Ce matin-là, Jean s’est réveillé avant que le réveil ne se manifeste. Il est 5 h, il sort doucement de la couche conjugale après avoir reréglé le réveil pour sonner deux heures plus tard.
Vite ! Une douche très chaude pour finir de dissiper les brumes du sommeil, puis la rapide inspection de son apparence physique dans la glace en s’essuyant. À 40 ans, sans être beau, l’ensemble est plutôt agréable à regarder et Jean s’octroie un clin d’œil. Après avoir enfilé prestement les vêtements préparés la veille, Jean avale une tasse de café debout dans la cuisine et, vite, referme sans bruit la porte de la maison. Ce matin, Jean est pressé… Depuis plusieurs semaines, Jean est pressé tous les matins.
Il fait un froid de canard en cette fin novembre. Jean gratte frénétiquement le pare-brise de sa voiture dont le moteur chauffe au ralenti. Tant pis, pas le temps de dégivrer tout, il va se contenter d’une fenêtre approximativement dégagée. Au jugé, il sort en marche arrière de l’allée et, bien plus vite que ne le lui permet raisonnablement la visibilité, il prend la direction du centre-ville. Ce matin Jean est pressé…
Il gare sa voiture devant une boulangerie et entre acheter des croissants. En franchissant d’un pas vif la centaine de mètres qui le sépare de sa destination, un triste sourire déforme sa bouche, Jean pense à sa femme…
Il revoit la soirée d’hier.
Comme à son habitude, Jean a passé la soirée dans son bureau, connecté sur internet pour des dialogues sans fin avec des inconnues, mais surtout avec Elle…
Dans un flash, il revoit sa femme alanguie devant la TV, sur un fauteuil du salon, quand il est sorti du bureau. Pas besoin de voir l’écran pour savoir ce qu’elle regarde, la bande sonore est constituée de gémissements pour le moins suggestifs. De plus la main de sa femme distend la dentelle d’un string dévoilé par un déshabillé minimaliste qui laisse entrevoir ses formes épanouies.
À l’entrée de Jean, un murmure presque suppliant lui demande de la rejoindre. Aussitôt qu’il est à sa portée, sa femme s’attaque à son pantalon puis au caleçon qui se retrouvent bien vite à ses chevilles. Tout en continuant de maltraiter son pauvre string qui semble bien près de la capitulation, tant les mouvements de sa main sont amples et rapides, sa femme lui gobe le sexe, le lèche, l’aspire tout en lui caressant les testicules de sa main libre. Après quelques minutes d’application, l’érection de Jean semble suffisante à sa femme qui s’interrompt pour se débarrasser de ses dentelles et se mettre à quatre pattes sur le fauteuil en lui enjoignant de la prendre. Malheureusement, la maigre excitation de Jean, encore plus déconcentré par le « oh non ! » désespéré de son épouse, est retombée et il n’a plus qu’un sexe flasque à présenter malgré les coups de poignet qu’il s’administre pour lui redonner un peu de vigueur.
C’est donc de la main qu’il tente, sans grande conviction, de donner du plaisir à cette femme qui se tortille sous ses doigts, frustrée du sexe attendu. Au bout de quelques minutes de ce traitement, elle émet enfin une sorte de couinement étranglé, signe d’un triste orgasme. Après l’avoir fusillé d’un regard noir en récupérant ses dentelles éparses dans le salon, sans écouter ses maigres excuses mêlant les soucis, la fatigue et le travail, elle le plante là, toujours aussi ridicule avec ses chaussettes dépassant des vêtements en tire-bouchon à ses pieds, en et lui lançant un cinglant :
Là, ce matin, sur ce trottoir balayé d’un vent glacé, il secoue la tête en soupirant. « Quelle tristesse ! »
Il s’arrête devant une porte, la clé est dans sa main. Il est 5 h 45, Jean est pressé. Il entre, il fait très sombre, il traverse un couloir, et gagne la cuisine. Vite, faire du café, Jean est pressé. Pendant que le café coule, chercher un plateau, le sucre, laver des tasses, sortir des serviettes en papier. Enfin ! La cafetière s’arrête, prendre le pichet isotherme, déposer le tout sur le plateau, éteindre la lumière avec le coude, traverser le séjour, gravir l’escalier avec le seul éclairage de la rue filtrant par les fenêtres. Chut ! Pas de bruit ! Ce vieil escalier grince horriblement, tant pis, ce matin Jean est pressé.
Sur le palier, il dépose son plateau sur une console. Fébrilement, il se déshabille et pose ses vêtements sur une chaise. Il est nu, il frissonne, il est pressé. Encore une porte qui grince un peu, il la referme du talon après être entré dans la pièce. Il reste là, debout, immobile, son plateau à la main. Il écoute, il entend dans la rue les voitures qui emmènent les travailleurs matinaux au boulot. Un réveil lumineux indique 6 h 5. Déjà ! Jean est pressé. Ses yeux s’accoutument à l’obscurité, il devine la masse sombre d’une commode ; à la lumière qui filtre des volets, il voit une chaise, une armoire dont la glace brille doucement. Il est nu, il a froid. Ah ! Le lit ! Doucement, avec mille précautions, il pose le lourd plateau sur le plancher. Il s’approche du lit, il se glisse sous la couette.
Il sent la chaleur du lit, d’un corps qui y repose. Ses yeux, maintenant totalement accoutumés à l’obscurité, perçoivent une masse de cheveux blonds sur l’oreiller, une épaule dévoilée par le drap. Elle est là, paisible, profondément endormie, le dos à la porte. Jean retient sa respiration pour mieux entendre le souffle de la femme endormie. Il s’approche doucement d’elle, se soulève sur un coude pour mieux la regarder. Il avance la main pour effleurer son épaule mais se ravise aussitôt « non, tu as les mains gelées ». Il reste ainsi de longues minutes, s’imprégnant de son parfum, guettant le rythme de sa respiration pour déceler une amorce de réveil. Ce matin, Jean n’est plus pressé, Jean a tout son temps.
Dès que son corps s’est réchauffé, il s’approche très doucement de la femme endormie, se colle contre son dos, « tiens, elle porte sa chemise de nuit de soie ; elle devait avoir froid… » sourit Jean au contact électrisant du tissu. Sur l’épaule dégagée par une fine bretelle, il dépose un baiser très doux, deux, cinq, vingt qui remontent dans le cou, à la base de l’oreille. La femme dort toujours profondément mais (est-ce un effet des baisers ?) ses fesses dénudées par la chemise trop courte viennent se loger contre le ventre de Jean. Elle se tortille doucement, ondule des hanches pour s’emboîter plus étroitement contre le corps de son amant.
Le sexe de Jean se dresse entre les fesses de la femme endormie ; impatient, il cherche son chemin, se tend pour glisser entre les globes offerts. De la main, Jean guide doucement sa verge entre les cuisses jusqu’à toucher les lèvres encore fermées. Il reste là, sans bouger, laissant son amante endormie se caresser sur sa verge par des ondulations de plus en plus amples. Lui se contente de légères pressions sur la hanche à travers la soie, comme pour l’encourager dans ses mouvements de bassin. Puis sa main caresse le ventre, remonte jusqu’aux seins qui pointent à travers le tissu. C’est au moment où les lèvres, déjà gonflées, se sont ouvertes, que la femme commence à s’éveiller. Même si elle lutte encore pour prolonger la torpeur de la nuit, Jean n’en peut plus d’attendre et il commence, presque malgré lui, de lents allers-retours contre ce sexe maintenant détrempé, poussant de plus en plus loin en avant, son gland qui vient maintenant caresser le clitoris
Ce matin, Jean a oublié que les montres ont des aiguilles.
Enfin, dans un grand bâillement, la dormeuse s’étire en se retournant pour venir se blottir contre la poitrine de Jean
Alors, joignant le geste à la parole, elle bascule son amant sur le dos et vient s’asseoir sur son ventre en saisissant la verge avec laquelle elle se caresse le clitoris puis qu’elle fait aller et venir entre ses lèvres, la laissant entrer de quelques millimètres de plus à chaque passage. Enfin, n’y tenant plus, par des mouvements très lents de hanches, elle s’empale très doucement sur le membre tendu jusqu’à ce que le choc presque douloureux des deux pubis interdise toute progression.
Jean l’a saisie par les hanches et, projetant son bassin vers le plafond, se cloue en elle, la cloue au ciel. Puis Jean retombe doucement vers le lit et alors commence la danse lascive des deux amants. La chemise de nuit a, depuis bien longtemps, rejoint le sol de la chambre et la femme caresse le torse de Jean de ses seins tout en faisant de larges mouvements de reins, cambrée au maximum pour sentir toute la longueur de la verge frotter sur son clitoris à chaque aller-retour. Puis, rejetée en arrière, empalée au maximum, elle ondule des hanches, excitant au maximum le clitoris écrasé entre les pubis.
Une fois, deux fois, dix fois, qu’importe… Elle inonde Jean de son plaisir, gémit sa tendresse, monte vers le plafond, redescend.
Ce matin, pour Jean, la terre s’est arrêtée de tourner et le temps est figé dans la seconde présente.
Quand enfin Jean capitule et laisse exploser son plaisir, c’est enlacés, serrés dans les bras l’un de l’autre que son amante l’accueille, prolongeant les soubresauts de l’orgasme de son ami par de profonds mouvements du bassin.
Oh non, la terre tourne, les aiguilles aussi…
Un dernier baiser, la douche, le froid, la voiture, le bureau…
Ce matin, Jean devrait être pressé, mais ce matin Jean est sur un nuage, à 10 000 km du quotidien.