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n° 14000Fiche technique28521 caractères28521
Temps de lecture estimé : 17 mn
13/08/10
Résumé:  Eva veut nous faire évoluer, peut-être un peu trop vite, nous n'y sommes pas vraiment prêts.
Critères:  caférestau jalousie cérébral
Auteur : Gil.06            Envoi mini-message

Série : Ma femme change, ma vie aussi

Chapitre 03 / 06
Eva me force la main

Résumé : Troublée par ma rencontre avec Aline, ma femme Carole en parle à son amie d’enfance, Éva. Celle-ci a essayé de nous ouvrir les yeux sur notre couple.




La semaine dure, dure. Le samedi matin Carole m’avoue qu’Éva dîne avec nous, je crains le pire.

Quoi de plus compliqué dans la vie d’un couple qu’une bonne copine qui gagne très bien sa vie, qui est complètement dévergondée et qui, en plus, n’a peur de rien.


Durant toute la préparation de la soirée, Carole et moi sommes restés silencieux, chacun dans ses pensées, chacun dans ses peurs, on n’ose parler.

Ça y est, elle sonne à la porte, ni moi ni Carole ne nous précipitons pour aller ouvrir ; c’est finalement moi qui me sacrifie pour y aller.


Une tornade entre dans la maison, après m’avoir laissé deux kilos de rouge à lèvres et de fond de teint sur les joues, dans un flot de parole continu que, même une sténo ne saurait retenir, elle se retrouve dans la cuisine où le son de sa voix est à peine entrecoupé de bruits de plats et de casseroles.


Après quelques instants à contrôler ma respiration et évacuer mon stress, je passe à la cuisine où le flot des paroles s’est tu. Éva est en train de récupérer dans la casserole, le reste de chocolat fondu avec ses doigts qu’elle lèche ensuite goulûment.


Je prends la bouteille de champagne au frigo (s’il n’y a pas de champagne, Éva en demande ou fait la gueule). Je la mets dans le seau, pendant que Carole enlève son tablier et nous passons au salon où Éva se place dans le fauteuil et, regardant la bouteille de champagne que je suis sur le point de déboucher, elle nous demande :



« Tu nous emmerde Éva, prend ta jupe raz-la-moule, referme ton corsage et casse-toi de chez moi, toi et tes sous-entendus à la con ! »


Cette phrase vient de faire le tour de mon cerveau mais je ne la prononce pas et elle, de continuer :



Autant je reste figé avec ma bouteille de champagne dans une main, le bouchon dans l’autre avec les yeux qui me sortent de la tête, autant Carole pouffe de rire derrière moi.



Tout en tendant sa coupe à Éva, je me permets, comme pour lui prouver qu’elle n’a pas d’influence sur moi, de lui dire :



Le reste de l’apéro continue à l’image du début, une somme de provocations de moqueries de sous-entendus que Carole prend avec le sourire et qui me mettent dans un état de nerf proche de la crise.


Heureusement les bonnes choses ont une fin, après l’apéro, le repas. Je vais chercher les entrées avant même de m’asseoir avec Éva et Carole. Plus vite commencé, plus vite fini, ça va être mon fil conducteur de la soirée. Carole me rejoint dans la cuisine, elle me prend dans ses bras et m’embrasse collée à moi, tendrement, langoureusement. Elle me dit doucement :



Ses doigts jouent avec mes cheveux. C’est vrai qu’elle a un effet apaisant, nous laissons Éva au moins cinq minutes à nous embrasser tendrement, laissant le désir frapper à notre porte.


De retour à table, Éva se contente de regarder fixement mon sexe en fronçant les sourcils. Elle ne réussit pas à déclencher une crise d’énervement ou une réaction de ma part, je suis zen.


Durant le repas Éva ne fait aucune allusion, elle parle d’elle, de ses clients, de maisons qu’elle a vendues ou qu’elle doit vendre, elle devient humaine. Une bouteille de vin plus tard, je suis un peu embrumé et, en passant au salon pour le café, Carole propose à Éva de rester pour la nuit. Bien sûr celle-ci s’empresse de répondre :



Elle n’arrive pas à me faire démarrer, je suis content de moi, je maîtrise la situation.

Et c’est à ce moment là qu’elle dérape.



Trop tard, c’est sorti de ma bouche.



Carole tient tête à Éva, j’en éprouve une grande fierté, mais Éva ne le supporte pas et elle nous jette à la figure, énervée :



Joignant le geste à la parole, elle sort de chez nous sans même nous dire au revoir, nous laissant comme des cons sur le canapé.



Nous avons repris notre vie d’avant avec Carole, sans excès, ne voulant pas abonder dans le sens d’Éva qui nous a passablement énervés.


C’est le mercredi suivant que Carole est un peu décontenancée.



Bien sûr, sans succès.


Le lendemain, en l’appelant du bureau, je réussis à la joindre. Elle me lance un bonjour très froid auquel je réponds en lui demandant :



J’appelle immédiatement Carole pour la tenir au courant et savoir ce qu’elle en pense. Elle me dit qu’elle est OK pour que je dîne avec Éva mais pas chez Éva.

Je rappelle donc Éva :



Sans attendre une seconde de plus, elle raccroche. Les femmes ont des antennes ou sommes-nous si prévisible ?

Carole me dit qu’elle s’y attendait, elle insiste bien sur le fait qu’elle me fait confiance et qu’il faut faire attention à Éva. Durant le coup de fil suivant, Éva impose que le dîner ait lieu le soir même.


Je sors de bonne heure du bureau ce soir-là, rentre pour préparer un petit sac pour l’hôtel.

Carole est rentrée pendant que je prépare un mot. Nous nous embrassons et elle me fait promettre d’être sage.


Je suis parti. J’ai pris ma chambre au Crampegnole. Une fois douché et changé, j’ai appelé Carole et nous avons parlé de notre journée. Cette pause m’a fait du bien, mais l’heure du rendez-vous approche et je la quitte à regret.


Je m’installe au restaurant un peu avant vingt heures.


Comme à son habitude Éva arrive en retard. Il est presque vingt et une heures, j’ai déjà deux martinis dans le gosier quand elle se plante à l’entrée du restaurant.


Je suis sûr qu’elle m’a déjà vu mais elle fait l’innocente et me cherche du regard. C’est sûr que son entrée est réussie. Elle est campée sur des talons aiguilles d’au moins dix centimètres, ce qui la fait culminer à pas loin d’un mètre quatre-vingts.


Sa jupe noire est suffisamment longue pour cacher le haut de ses bas blancs, mais c’est limite, (Éva ne met jamais de collant, d’après ses dires), un chemisier suffisamment ouvert pour que le haut de ses seins soit aéré, laisse deviner la dentelle d’un soutien-gorge blanc. Ses cheveux, blonds comme les blés, (décolorés bien sûr) sont tirés en arrière et son maquillage est digne d’une couverture de mode.


Je me lève et vais l’accueillir. Elle ne bouge pas d’un centimètre quand elle me voit et ne fait que sourire. Je l’embrasse délicatement sur chaque joue, évitant de peu le contact, qu’elle recherche, de ses lèvres.

Je l’accompagne à notre table et lui tiens sa chaise, très vielle France. Je pense que tous les regards sont tournés, vers nous. Ce type de chaîne d’hôtel ne reçoit en semaine pratiquement que des gens qui travaillent, beaucoup sont seuls, et peu de femmes sont présentes.


Le garçon se précipite à notre table et nous demande si nous désirons quelque chose à boire, elle demande une coupe de champagne, je l’accompagne.


Mon téléphone vibre dans ma poche, une seule fois, c’est un SMS. Je regarde discrètement ; c’est Carole qui me demande où on en est ?

Tout en parlant de rien avec Éva, je lui envoi un SMS lui signifiant que tout va bien et qu’elle vient d’arriver. C’est vrai que je suis habile et discret avec mon téléphone portable, c’est bien pourquoi Éva me dit :



Comme un enfant pris avec la main dans un sac de bonbon, je lui tends mon téléphone. Elle le manipule quelques secondes et se lève en me disant qu’elle va se repoudrer le nez.


Ses talons claquent sur le sol, les regards se tournent tous vers ses jambes pour remonter vers ses fesses et je dois l’avouer, mon regard aussi.


Quand elle revient je la regarde fixement, qu’elle est belle. Je décide de me laisser aller sachant qu’elle va provoquer mais ne fera rien qui puisse blesser Carole.



Ma réponse se limite à une moue accompagnée d’un mouvement de tête montrant ma désapprobation. Néanmoins le repas reste agréable et à la fin du plat, je relance ma question, objet du dîner.



Je n’ai pas fini de dire ces mots que la brune est debout et que l’homme exprime en s’étirant, sa fatigue et se lève. La blonde reste seule, quelques minutes, puis quitte la salle.



Soudain, elle attrape ma main sur la table et se redresse, me serrant fort la main, la bouche ouverte comme si elle avait vu un fantôme derrière moi. Je l’interroge du regard mais dois attendre qu’elle se relâche pour me répondre. En soufflant, elle me dit que Carole l’a surprise.



Mais ma main est de nouveau écrasée et je me demande si elle simule ou pas.

La situation commence à m’exciter, mon sexe est à l’étroit dans mon pantalon, j’ai chaud. Je tente de me concentrer et son pied se met à caresser ma cheville. Après quelques secondes, je recule mes pieds. Mais elle a gagné, j’aurais dû bouger immédiatement.


Non contente de son succès, son pied est maintenant sur ma chaise, sans appuyer, elle vient à la rencontre de mon sexe.



Sa réaction est alors d’appuyer très fort avec son pied sur mon entrejambe. Elle me fait bander.


Le garçon arrive pour nous débarrasser et nous proposer un dessert, me regardant droit dans les yeux, elle lui répond :



Il nous récite sa dictée, je prend comme elle et dès qu’il s’est effacé, elle bouge son pied d’avant en arrière puis appuie de plus en plus. Elle me dit alors :



Cette fille est folle à lier, me dis-je.


Pour me mettre encore plus mal à l’aise, elle retire son pied pendant que le serveur pose nos desserts, avec un manque de discrétion forcé.



Tout en léchant sa cuillère à glace avec délectation, elle se lance dans un de ses monologues sans fin :



Sa langue lèche le dessous de sa cuillère d’une manière appuyée.



Sa cuillère est pratiquement entière dans sa bouche. Elle la ressort lentement, en serrant bien les lèvres dessus. Elle ferme les yeux sensuellement pour dire :



J’entends le vibreur de mon téléphone.



Je ne trouve rien à répondre, aucune réponse ne me convient, soit j’abdique soit je la provoque, il faut que je trouve un moyen de fuir. Ses ongles griffent mon avant bras, son souffle est court, elle mord sa lèvre inférieure, elle me simule une montée d’excitation, moi je simule le fait de ne pas être excité.


Elle se lève et me tend la main. Pourquoi suis-je debout la main dans la sienne ? Je bande, mon pantalon est déformé, elle regarde la bosse et sort à peine sa langue comme pour s’humidifier les lèvres.


Nous allons vers l’ascenseur, son bras est maintenant derrière mon dos, je ne suis qu’un pantin dans ses mains. L’ascenseur arrive, elle me pousse contre le fond, sa langue est dans ma bouche, sa main dans mon pantalon. Mes mains ont remonté de ses cuisses à ses fesses, c’est sûr qu’elle porte des bas et, soit elle a un string, soit elle n’a pas de culotte. Je masse ses fesses, elles sont fermes. Son genou appuie sous mes couilles, encore quelques secondes et je vais…


Non ! L’ascenseur s’arrête. En moins d’une seconde, elle s’est retournée et sa jupe a repris sa place, mon sexe, lui, est hors de mon slip et distend mon pantalon. Des personnes attendent l’ascenseur à notre étage, je suis obligé de me coller à elle pour rester discret.


J’ai chaud, j’ai très chaud. J’arrive devant sa porte, sors la carte qu’elle m’a donnée. Alors que je tente d’ouvrir sa porte, sa main me masse les couilles en passant sa main entre mes jambes.


J’ouvre enfin la porte, la tiens pour la laisser passer, elle m’embrasse, son genou m’immobilise de nouveau, mais je résiste. Mon cerveau marche au ralenti, mon cœur est en mode compétition, il faut que je trouve une issue. Je la repousse doucement mais fermement et m’échappe jusqu’à ma chambre que j’ouvre en quelques secondes.


Je me précipite dans la douche, mais ça ne suffit pas, il faut que je me soulage ; en quelques mouvements j’éjacule. Je m’assois au fond de la baignoire. Il faut que je fasse le point mais je suis trop fatigué pour ça.


Le téléphone de la chambre sonne, ça doit être Carole, sans même me sécher, je cours dans la chambre.



J’entends simultanément Éva dans le téléphone et au travers de la cloison.



Je raccroche furieusement, mais elle continue plus fort au travers de la cloison :



Puis le téléphone re-sonne.



Je raccroche et laisse le téléphone décroché.

Elle frappe plusieurs coups au mur, que je laisse bien sûr sans réponse.


Ma nuit fut plus qu’agitée. Je transpire, je fantasme, je vois Éva en train de me sucer. Je me vois la prendre par derrière, elle me demande d’y aller plus fort, encore et encore. À trois heure du matin, je suis en sueur, je me décide, j’enfile un short, prend sa carte et la mienne, ouvre sa porte.


Dans la pénombre, je la vois, nue ; à plat ventre sur le lit, elle est belle, j’ai envie de me jeter sur elle. Son cul est parfait, je ne peux détacher mes yeux de son corps, mes yeux commencent à s’habituer à l’obscurité. Je suis figé me demandant que faire, l’embrasser doucement dans le dos, ou commencer par des caresses légères en essayant de ne pas la réveiller, ou commencer par l’attacher comme elle me l’a demandé. J’aperçois que je me masturbe doucement en la regardant.


Mes yeux s’habituent de plus en plus à l’obscurité, une petite lumière clignote sur le bureau. Je regarde : mon portable. Je reprends contact avec la réalité, je suis en train de me toucher en regardant Éva nue sur son lit. Je prends mon portable et je sors. En refermant doucement la porte, j’ai cru entendre un petit bruit.


Où suis-je, mon téléphone sonne, je suis dans un lit, je l’attrape, décroche, Carole au bout du fil, la voix tremblante.



Ligne coupée. Quelle galère. Programme du jour : aller vite voir Carole. Non, pas possible, elle sera déjà partie. Si, elle sera là. Non !


Autre programme : prendre une douche, petit déjeuner, boulot, retour de bonne heure, bouquet de fleur. Non, bouquet de fleur, ça fait coupable. Que lui raconter ? Tout ? Ce que je veux ? J’en sais plus rien.


Dur le réveil ! J’ai des envies de meurtre. Nouveau programme : prendre la clef d’Éva et aller lui trancher la gorge. Non, là je commence à déraper.


J’ai opté pour la douche, petit déjeuner. À la salle de restaurant, Éva est installée, je crois que c’est la première fois que je la vois sans maquillage, avec des lunettes.


C’est clair qu’elle a une salle gueule ce matin. J’ai pitié d’elle. Je prends un jus de fruit et un café et je me pose en face d’elle.



Comme je me leve pour aller me chercher à manger, elle se lève aussi et me dit :



Avant que j’aie pu dire non, elle est déjà loin.


Une longue journée commence.