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n° 13846Fiche technique13552 caractères13552
Temps de lecture estimé : 9 mn
05/05/10
Résumé:  Un homme donne rendez-vous à une femme dans une bibliothèque. Un jeu érotique où se mêleront vibrations et un inconnu au regard troublant est au menu...
Critères:  fh couplus inconnu jouet jeu humour
Auteur : Ange solaire      Envoi mini-message
Vibrations littéraires

Je poussai la porte de la bibliothèque. Aussitôt, l’ambiance particulière du lieu me saisit. Je m’étais toujours sentie comme chez moi, ici. Comme si le calme qui régnait en ce lieu avait le pouvoir de calmer mes tempêtes. La lumière si particulière parce qu’à la fois si douce et si vive… J’y venais souvent. Pour lire. Pour écrire, aussi. Parfois, je venais juste pour écouter le silence feutré. M’emplir les poumons et la tête de l’odeur des livres… L’odeur de la culture, du savoir…


Je te cherchai des yeux. « Rejoins-moi à la bibliothèque », m’avais-tu dit… Je fis rapidement le tour, mais ne te vis nulle part. Peut-être n’étais-tu pas encore arrivé. Je m’installai, comme à mon habitude, près des grandes fenêtres… Ainsi, je te verrais arriver. Un petit bruit de vibration provenant de mon sac à main attira mon attention. Je glissai ma main à l’intérieur pour en ressortir mon téléphone portable qui vibrait pour m’annoncer que j’avais reçu un message texte: « M826b ».


Je souris… Tu me donnais rendez-vous dans un rayon ? Je me levai et me dirigeai vers les rayons. Rangée des M… Personne… Je cherchai alors le bouquin… Sur la couverture, une femme nue, étendue sur le dos, un loup à la main… Le bandeau. Décidément, tu me surprendrais toujours.


Un bout de papier dépassait. Intriguée, j’ouvris le livre. Je reconnus ta calligraphie. « Retourne t’asseoir près de la fenêtre, et laisse-toi bercer par les mots… J’ai choisi ce passage, parce que je sais qu’il va te plaire… »


Rougissante, je traversai à nouveau les rayons, puis la série de fauteuils en cuir. Mon livre à la main, la couverture appuyée sur ma poitrine pour bien la cacher aux regards des gens qui, parfois relevèrent le nez lorsque je passai près d’eux, j’eus l’impression que c’était écrit dans mon front que mon choix de lecture était érotique. Je me dis que l’on devait savoir que j’avais des pensées inavouables… Chaque regard sur moi me rappelait que je suis un être sexué, un être de désirs, un être de vice… J’avais honte. Une honte délicieuse. Celle de savoir que j’allais m’adonner à ce vice dans un lieu public, devant tous ces gens… Que j’allais lire et être excitée par les mots, par l’histoire, là, devant cet homme qui me regardait passer devant lui… J’avais honte, parce que je sentais déjà mon intimité en émoi, alors que je n’avais même pas commencé à lire ce que tu avais choisi pour moi…


Je regagnai mon fauteuil, croisai les jambes et ouvris le livre… La scène choisie décrivait les ébats d’une jeune femme avec son amant qu’elle n’a jamais vu puisqu’elle porte un bandeau… Dans la marge, des notes, manuscrites… Ton écriture… « J’aimerais te prendre ainsi, te savoir aussi vulnérable… Aiguiser tes sens… Je bande… » J’assurai ma prise sur le livre, comme si c’était la seule chose qui pouvait me raccrocher à la réalité… Je dévorai les mots, rouge de honte, de confusion, mais aussi d’excitation…


Plus que la scène décrite dans le roman, tes réflexions, tes mots à mon intention me troublèrent… « Je sais que tu aimes… Que tu mouilles… Je suis certain que près de toi, je pourrais sentir l’odeur de ton désir… Que tu dois être belle, ainsi abandonnée… »


Dans la marge, soudain, une inscription étrange… « Glisse ta main sous le siège. » Je relevai la tête, pour voir si quelqu’un me voyait. L’homme charmant qui lisait le journal et qui m’avait souri, tout à l’heure, quand j’étais passée devant lui pour revenir m’asseoir, me regarda brièvement avant de m’adresser un petit sourire bienveillant et de replonger dans sa lecture.


Je me penchai pour passer ma main sous le fauteuil… Je tâtonnai un petit moment, puis ma main finit par heurter une petite boîte. Je m’étirai pour la saisir. Discrètement, je la remontai pour la poser sur mes cuisses. Regard aux alentours. Personne ne me regardait, mais il me semblait que l’homme souriait… Peut-être lui attribuais-je ce sourire à mon intention puisque je lui trouvais un charme fou…


Je soulevai le couvercle. Du papier de soie. Je l’ouvris. Froissement. Un petit carton. Ta calligraphie, encore… « Mets-le. Là. Maintenant. » Je soulevai le petit carton pour découvrir un objet magnifique. Lisse. De forme ovoïde. J’allais poser mes doigts sur l’objet lorsqu’il se mit à vibrer. Surprise, effrayée que quelqu’un ait entendu, je remis prestement le couvercle sur la boîte que je tentai tant bien que mal de cacher…


Mon téléphone vibra. Un autre message texte: « Mets-le, allez… Je te regarde… » Quoi? Tu étais là tout ce temps? Je regardai partout autour de moi, mais mon téléphone vibra à nouveau. « Ne me cherche pas pour rien, tu ne me trouveras pas. Allez, mets-le, je ne te le demanderai pas une autre fois.» Soit tu étais là et m’espionnais, soit tu avais une quelconque façon de me voir…


Je posai mon sac sur mes genoux. Ce minuscule bout de cuir parviendrait-il à dissimuler ce que je m’apprêtais à faire? Parce que je savais pertinemment tu ne m’aurais pas autorisée à me rendre à la salle de bain. Je me tortillai sur mon siège discrètement, pour faire remonter ma jupe haut sur mes cuisses. Discrètement, je fis remonter le tissu de mon vêtement très haut, jusqu’au-dessus des bas. Ma main frôla la dentelle de mon string. D’un doigt, je l’écartai suffisamment pour permettre à l’objet de passer.


Il était froid, sur mes lèvres chaudes. Je fermai les yeux une fraction de seconde, pour goûter à l’indécence de la situation. J’étais à la bibliothèque, une main sous la jupe, en train de faire pénétrer un œuf vibrant entre mes lèvres… Je mouillais abondamment.


Vibration. Du téléphone, encore… « Reprends ta lecture, maintenant… » Je repris le roman qui était posé sur mes genoux. La jeune femme faisait l’amour avec son amant. Tu avais écrit, dans la marge. « Je t’aveuglerai comme ça, moi aussi. Je te posséderai plus intimement encore. Les yeux aveugles, tu m’enfermeras au fond de toi et tu sentiras chaque centimètre de ma queue qui te pénétrera, à l’image de celle de l’homme qui force le cul de la jeune femme… »


Vibration… Je dus me concentrer très fort pour ne pas jouir tout de suite… Je dus laisser échapper un léger feulement, parce que cette fois, j’en étais certaine, l’homme assis dans le fauteuil, là, tout près, souriait… Lorsque je croisai le bleu de son regard, une nouvelle secousse se fit sentir…


Soutenir son regard… Ne rien laisser paraître de l’excitation, de l’orgasme qui menaçait de m’emporter… Rien à faire… C’est le regard vrillé aux yeux bleu acier de l’homme assis à quelques fauteuils du mien que j’avais joui, emportée par un tourbillon de sensations toutes plus intenses les unes que les autres… J’avais tâché de garder un visage impassible, mais quelque chose avait dû se lire sur mon visage puisque l’inconnu me dévorait des yeux. Savoir qu’un pur inconnu me regardait et qu’il savait – parce qu’il ne pouvait pas ne pas savoir, vu la façon dont il me regardait – avait décuplé mon plaisir et j’avais dû vraiment faire un effort démesuré pour ne pas laisser sortir ces gémissements qui me brûlaient la gorge…


Les vibrations cessèrent, me laissant reprendre lentement pied dans la réalité. Mon inconnu bougea un peu sur son fauteuil. Je pris soudainement conscience de ce qui venait de se passer. J’étais à la bibliothèque, au milieu des gens ! Je baissai abruptement les yeux, rouge de confusion. Il m’avait vue… Pire, il m’avait peut-être vue quand j’avais remonté ma jupe pour faire glisser l’œuf dans mon intimité… Et il s’était régalé de mon plaisir montant, de ma difficulté à le contenir… Il devait trouver le rouge sur mes joues délicieux. Cette réflexion n’arrangea pas mon teint, puisque je sentis mes joues s’empourprer de plus belle…


Mon téléphone vibra… « Le rouge te va à merveille… » Encore une fois, je regardai autour de moi… Tu devais bien être quelque part… Après tout, ces trucs vibrants ne se télécommandaient pas de bien loin… Rien à faire, j’avais beau regarder, tu n’étais nulle part en vue… Je te répondis, dans l’espoir d’entendre sonner ton téléphone, même si je me doutais bien que tu avais activé le mode silencieux… « Tu n’as pas honte ? Abuser d’une femme faible et sans défense comme moi ? Et en public, de surcroît ! »


Silence. Je n’entendis que le froissement d’une page qu’on tourne… Mon inconnu avait repris son journal et semblait à nouveau absorbé dans sa lecture. J’en profitai pour le détailler un peu plus. Il était franchement bel homme. Des cheveux bruns et assez courts qui encadraient un visage à la mâchoire très masculine. Des lèvres roses qui, vues d’ici, me semblaient incroyablement douces… Bien habillé… J’ai toujours eu un faible pour les hommes qui portaient le costume… La veste était ouverte et laissait entrevoir une chemise orange brûlé… Monsieur savait choisir les bonnes couleurs pour mettre ses atouts en valeur… En effet, le contraste avec le bleu de ses yeux était saisissant. Il les releva un moment, ses yeux, et son regard croisa le mien. J’eus envie de baisser les yeux, mais à quoi bon ? Je soutins son regard une longue minute, jusqu’à ce que l’œuf se remette à vibrer…


Je fermai les yeux, comme si c’était la seule manière de contenir tout le plaisir que je sentais à nouveau monter en moi. La vibration dura un long moment, puis s’arrêta. Lorsque j’ouvris à nouveau les yeux, mon téléphone affichait ce message: « Reprends ta lecture… Surtout, n’arrête pas de lire… »


Je serrais les cuisses. Involontairement, je me tortillais un peu sur mon fauteuil… Accrochée à mon roman comme à une bouée qui m’empêchait de me noyer dans un flot de plaisir et de déraison, je me concentrais pour ne pas exploser encore, mais rien n’y fit, les vibrations de l’œuf, l’indécence de la situation et la présence de l’inconnu eurent raison de moi une autre fois. Mes doigts s’agrippèrent à l’accoudoir du fauteuil et je laissai le plaisir m’envahir, me submerger, puis m’emporter…


Les vibrations cessèrent à nouveau… Lorsque je relâchai ma prise sur le cuir du fauteuil, l’empreinte de mes ongles y demeura. Je déposai mon roman sur mes cuisses. Je me saisis de mon téléphone pour t’écrire que je n’en pouvais plus, que tu devais cesser de me torturer ainsi, mais je vis que tu m’avais devancée: « Z102a ».


C’était donc là que tu te cachais ! Enfin, j’allais pouvoir te faire payer… Je me levai, ajustai un peu ma jupe, passai rapidement devant l’inconnu, espérant que le parfum du désir qui coulait entre mes cuisses ne me trahirait pas davantage…


Je me rendis dans la dernière rangée de livres, tout contre le mur, mais tu n’y étais pas. Un peu déçue, j’entrepris de me rendre tout au fond pour chercher le bouquin que, encore une fois, tu m’envoyais chercher. Z102a…. C’était là, tout en bas du dernier rayon, celui qui longeait le mur… Je me penchai pour mieux voir. J’eus beau chercher, je ne le voyais pas. Par contre, un petit papier collé sur le mur attira mon attention. Encore ton écriture… « Tu as ma bénédiction. »


Ta bénédiction ? Ta bénédiction pour quoi ? Un peu en colère, je pris mon téléphone et t’écrivis un message pour éclaircir ce mystère. Je l’envoyai et quelques secondes plus tard, j’entendis vibrer derrière moi. Je n’eus pas le temps de me retourner que, enfin, tu étais là… Ton corps à quelques millimètres du mien, je pouvais sentir ton souffle dans mon cou. Cet instant me sembla durer une éternité. Une éternité où mon désir de toi transpirait par tous les pores de ma peau. Où chaque petite parcelle de ma peau semblait tendre vers toi qui étais juste là… Il y avait entre nous à peine assez d’espace pour glisser une feuille de papier, et pourtant, cette distance me faisait souffrir. Qu’attendais-tu ? N’entendais-tu pas l’appel de ma peau ? Ne voyais-tu pas que je brûlais d’envie ? Ne sentais-tu pas les effluves de mon désir que tu avais fait couler entre mes cuisses ?


Tu mis fin aux vibrations qui avaient encore une fois réveillé mon intimité. Je t’entendis inspirer et, au même moment, je sentis ton grand corps d’homme se plaquer contre mon dos. Contre mes fesses, ton érection… Je gémis faiblement… À mon oreille une voix chaude, mais inconnue, murmura :



En une fraction de seconde, tout s’éclaira… Puisque j’avais ta bénédiction, je m’appuyai au mur et cambrai les reins, me promettant de te remercier plus tard…