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Temps de lecture estimé : 19 mn
02/02/10
corrigé 12/06/21
Résumé:  Est-ce la Terre ? Sont-ils seuls ? L'U.S.D a-t-elle raison ? En lisant vous saurez.
Critères:  #sciencefiction ff
Auteur : Domi Dupon  (Homme plus du très bon côté de la cinquantaine)            Envoi mini-message

Série : Mission "Survival"

Chapitre 07 / 09
Le commencement de la fin

Résumé :


De moins en moins facile, il est quasiment nécessaire de lire (et de noter) les textes N° 13 562, N° 13 565, N° 13 579, N° 13601, N° 13610 et N° 13667.

Pour ceux qui ont vraiment trop la flemme (ou pas l’envie, ou pas le temps) : un vaisseau de l’Empire se dirige vers Proxima du Centaure, pour voir si par hasard y’aurait pas une planète à polluer car sur notre Terre bien aimée ça commence à craindre.

À bord deux couples : Susan et Heinrich, Gladys et Danilo.

Apparemment y’a eu un gros bug et ils se retrouvent à leur point de départ, mais 6000 ans plus tôt.


Voilou !




ÉPISODE VII

Le commencement de la fin.



27 août 2099, an 83 de l’Empire, 16 h 08 P.M.T., système solaire Terra, 6 000 ans en arrière


Encore quatre heures avant d’être en orbite. Danilo se reposait dans le « cagibi ». Heinrich s’occupait comme il le pouvait avec un vidgame, consultant à intervalle régulier les infos défilant à l’écran. Depuis leur dernière vidcom avec les filles, rien de nouveau ne s’était produit.


Soudain, de nouvelles vues de la planète chassèrent son jeu du moniteur…



Les deux hommes se regardèrent consternés. Ils avaient espéré, sans jamais le dire que ce ne serait pas la Terre. Un autre système solaire aurait confirmé l’erreur de trajectoire. Mais là !



Les images de synthèse qui défilèrent sur l’écran ne leur laissaient aucune illusion. Ils reconnurent les contours de l’Amérique du sud, de l’Australie et de l’Afrique.



Heinrich savait, en la posant, que sa question relevait de la stupidité la plus complète. À leur époque, ils auraient été accueillis par la station lunaire. Mais il se raccrochait à cette idée comme à une ultime bouée.



Un silence pesant s’abattit sur l’habitacle. Une armée d’anges déchus en armure le traversa. Les secondes s’écoulaient interminables. Danilo réagit le premier :



Quelques minutes plus tôt, Heinrich aurait ricané. Il était sûr que Multivac allait avoir du mal à établir la com. Mais son envie de rire avait foutu le camp.



Le suédois s’était trompé, la connexion fut instantanée, mais les tabourets étaient inoccupés. Il fallut une trentaine de secondes à Gladys pour apparaître, suivie de près par sa compagne. Toutes les deux en tenue de sport.



À l’intonation du Portugais, elles ravalèrent leur hilarité. C’est d’un ton plus grave que Susan questionna :



Il leur expliqua ce que Multi Junior leur avait appris. Susan réagit stoïquement. D’abord, Gladys sembla groggy, KO debout puis soudain ses nerfs lâchèrent. De gros sanglots inondèrent ses joues. Entre chacun, elle répétait mécaniquement :



Pour finir elle s’écroula dans les bras de Susan qui maternellement l’enlaça.



L’échange n’avait pas duré cinq minutes.



*********************



La communication coupée, Susan entreprit de consoler la jeune asiatique. Tout en la cajolant (fort inutilement d’ailleurs, le flot de larmes ne se tarissait pas), en lui répétant des paroles lénifiantes, son esprit vagabondait. Elle était très étonnée que Gladys, si libre, si émancipée de toutes les conventions se révèle comme le maillon faible de l’équipe alors qu’elle… Il est vrai qu’elle n’avait jamais vécu aussi pleinement, aussi librement. Alors retrouver la Terre, avec sa religiosité, ses tabous, ne l’enchantait pas plus que ça.


Sa pensée dériva naturellement. Depuis que de chrysalide, elle était devenue papillon, elle vivait au présent. Et le présent, c’était la communion spirituelle et charnelle qu’elle partageait avec Gladys quelques minutes auparavant.


Quand Multivac avait annoncé la mise en com. avec la navette, elles s’étaient précipitées dans leur cabine respective et, suivant la suggestion de Susan, elles avaient enfilé un haut de survêtement. Haut ample et décent, mais qui ne leur couvrait pas les fesses. Lors de leur embrassement, leurs jambes s’étaient instinctivement emboîtées. Le genou de Susan appuyait contre le minou lisse de Gladys et réciproquement. Les ondes provoquées par les sanglots se propageaient dans les vulves. Si cela n’avait aucun effet sur l’asiatique, tout à sa peine, il n’en était pas de même pour Susan : elle mouillait.


Gladys ne parvenait pas à se calmer. Elle pleurait toujours autant. Susan, perturbée par son propre désir, ne savait que faire. Tout discours raisonnable paraissait vain. Se fiant à son intuition et à son désir renaissant, elle couvrit le visage de Gladys de petits bisous. Elle déscratcha la veste du survêt. Ses mains empaumèrent les seins délicats, elle titilla les pointes, sans grand succès.


Sa bouche, abandonnant le visage, s’attaqua à la gorge puis à la poitrine alors que ses mains descendaient, descendaient. Elles stoppèrent au-dessus de la motte renflée.


Aucune protestation sous les attouchements prodigués, ni aucun élan. Seulement une suprême indifférence. Le chagrin de Gladys ne faiblissait pas. Il lui fallait un traitement de cheval. Aux grands maux, les grands remèdes !


Elle écarta largement les cuisses apathiques de la pleureuse. Elle s’agenouilla entre celles-ci et, au risque d’un rejet violent, posa sa bouche sur la vulve sèche.


Pas de réaction.


Sa langue pointa et s’insinua entres les grandes lèvres puis grimpa à la hauteur du bourgeon tout flapi à l’abri de son capuchon.


Toujours rien.


Elle entama une rotation tout autour du clito attristé, le frôlant, mais ne le touchant jamais franchement. Simultanément, de l’empreinte des doigts, elle lui caressait l’intérieur de des cuisses. De temps à autre, de la langue ou du bout de l’index, elle vérifiait l’efficacité de son traitement. Si la saison des pluies faisait rage sur le visage, la sécheresse perdurait entre les cuisses.


Très différent de ce que ressentait Susan. La montée des eaux était annoncée. Elle avait du reste détaché la main droite dans son triangle pour éteindre l’incendie. Son pouce lutinait son clitounet, son index allait et venait entre ses lèvres.


Mais en face, sèche froideur de l’indifférence.


Ce dédain manifeste porta son excitation au paroxysme.

Attaque frontale du bouton d’amour de la pleureuse.

Usant des ses doigts, elle le dégagea des petites lèvres.

Elle l’affronta langue à plat, le léchant comme elle aurait léché une glace.


Quelques allers-et-retours plus tard, les sanglots devinrent plus silencieux, puis s’espacèrent. Du bout de la langue, elle sentit la tête du clito, lentement, émerger de sa gangue.


Un contrôle du bout de la langue confirma l’amélioration.

La vulve s’humidifiait.

Pas vraiment le déluge, mais plus l’aridité saharienne.


Ce constat accrut l’émoi de Susan et la nervosité de sa dextre sur son sexe. Le pouce écrasa son clito, l’index et le médius pénétrèrent sa foufoune.


Quand les mains de la jeune asiatique pesèrent sur sa tête, elle comprit que la partie était gagnée. Des incantations dans un idiome inconnu, chinois ou autre, asséchèrent les ultimes pleurs. Ses lobes subissaient de nouveau les triturations agaçantes des doigts de Gladys.


Cette dernière, une fois sortie de sa torpeur chagrine ne put rester longtemps passive. Elle « dégringola » de son tabouret. Entraînant Susan avec elle, elles recouvrirent la position à laquelle elles avaient dû renoncer tantôt.


L’ambiance avait changé. Les incertitudes balayées, la peur s’était installée. Fini le temps des amuse-gueules, la tension était trop forte. Susan renversa Gladys sur le dos et la couvrit. Avec quelque virilité, elle lui ouvrit les jambes. Elle plaqua son mont au sien, agrippa ses épaules, et, spontanément, entama une séance de frotti-frotte-moi.


Gladys avait jeté ses bras autour de son cou pour l’emporter dans un baiser passionnel, agressif. Se mangeotter les lèvres, insuffisant. Leurs langues se mêlèrent pour une joute tournoyante. Parallèlement, l’asiate avait ramené ses jambes contres ses cuisses. Ce nouvel équilibre permit à leurs vulves et clitos, abondamment lubrifiés, une union plus intime. Leurs grandes lèvres s’épousant, se ventousant dans des bruits de succion. Leurs bourgeons ferraillant, le noir plus compact pressant le jaune fluet dégainé.


Pour leur poitrine, c’était plus coton. Sur un mode analogue, la lourde poitrine italienne écrasait les œufs sur le plat asiatiques, les malmenant à chaque va-et-vient. Ici, point de lubrification. Leurs tétons durs et tendus souffraient des ces frottements intenses et continus. Mais souffrance génératrice d’un tel plaisir.


Subitement, Gladys rabattit ses jambes, les passa sur celles de Susan et l’écartela. Cette manœuvre les immobilisa en pressant très, très, très fortement leur mont l’un contre l’autre. Si fort que leurs clitos s’écrasaient. Dans cette position, muscles contractés, elles furent submergées par un orgasme désespéré.


Lorsqu’elles eurent repris leurs esprits et qu’elles se furent déscotchées, Gladys dit :




*********************



27 août 2099, an 83 de l’Empire, 20 h 02 P.M.T., système solaire Terra, 6 000 ans en arrière.


Quand Explorateur 1 établit une nouvelle liaison avec le vaisseau, les filles étaient présentables.


Après leur première jouissance, elles avaient passé près de deux heures dans la cabine de Gladys. Celle-ci avait complètement récupéré de son moment de déprime. Elles s’étaient éclatées comme des gamines allant jusqu’à faire un concours d’orgasmes que Gladys gagna d’une courte tête sur le score de 6 à 5.


Ensuite, toujours tendrement enlacées, sans cesser de se câliner, elles avaient comparé l’expérience au féminin qu’elles venaient de vivre avec leurs aventures masculines. Susan apprit ainsi que, malgré son discours libertin, le nombre d’hommes que Gladys avait connus se comptaient sur les doigts d’une main.


Elles en conclurent que les deux activités se révélaient trop différentes pour être comparées. Entre d’un côté la multiplicité des orgasmes d’intensité moindre et un (au mieux deux) de très grande intensité, dur de choisir. Le mieux : varier les plaisirs. Si le futur le leur permettait, elles avaient projet de ne pas en rester à une représentation unique. Premiers pas dans ce projet, dormir ensemble jusqu’au retour de leurs hommes.


Après tous ces bavardages, elles étaient passées sous la douche puis s’étaient mutuellement maquillées. Au moment de l’appel, elles venaient de revêtir leurs tenues de sport sans oublier le bas cette fois et s’apprêtaient à manger.


Explorateur 1 avait entamé sa première orbite.



*********************



Les deux spationautes étudiaient avec beaucoup d’attention les images et les commentaires qu’en faisait Multi Junior. Depuis quelques minutes, la navette avait entamé sa première révolution autour de la planète que l’un comme l’autre avaient quelque difficulté à appeler Terre. Ils devraient s’y résoudre, ils tournaient autour de leur bonne vieille planète. Plus aucune incertitude.


Ils orbitaient à une altitude d’environ 300 km qui leur permettrait rapidement de se faire une meilleure idée sur l’état de la planète. Le survol de la face nocturne leur confirma l’absence de civilisation évoluée : les seules lumières visibles correspondaient selon Junior, à une activité volcanique.


Étape suivante : quid de la vie ? Si Saint Ahmed avait réellement rencontré Le Dieu en songe alors ils ne trouveraient pas trace de vie. Mais si ce n’était, comme le pensait Heinrich, qu’une arnaque à la foi alors…


Danilo proposa d’amener la navette en orbite géostationnaire à l’aplomb du Moyen-Orient, plus précisément au-dessus de la haute vallée du Nil. Selon ses lectures interdites, à cette période, cette vallée était déjà sédentarisée. S’ils repéraient des traces d’activités humaines et des villages, cela validerait la datation de Multivac et anéantirait toutes les théories religieuses qui dirigeaient l’Empire.


Heinrich, moins orthodoxe, aurait préféré que Junior les emmène au-dessus du Pérou. Dans un de ces opuscules vendus sous le manteau, il avait appris l’existence de pistes d’atterrissage gigantesques. Cette théorie d’une civilisation extra-terrestre avait alimenté ses fantasmes lors de ses longues nuits d’insomnie sur Terra. Tout ce qu’ils vivaient était tellement improbable alors pourquoi pas…


Après un débat animé, le sage Danilo l’emporta


Lorsque la navette se trouva à l’aplomb de leur objectif, le Portugais proposa d’appeler les filles pour qu’elles suivent avec eux en direct leurs découvertes. Il avait retardé l’échéance, l’état nerveux de Gladys le préoccupait. Il voulait lui laisser le plus de temps possible pour se remettre/admettre. Sa pudeur, son éducation lui interdisait pareillement d’étaler ses sentiments.


Ses craintes furent balayées : les filles apparurent radieuses, sirotant un «energicsoda ». Avec sa légèreté habituelle, Heinrich commenta :



Grand rire intérieur chez Heinrich. Il imaginait tout à fait quel genre de « calmant », sa copine avait pu administrer.



En attendant, ils papotèrent, chassant la tension par des propos frivoles.


Heinrich avait quelque mal à garder son sérieux. L’attitude des filles qui se voulait désinvolte ne laissait guère d’incertitude sur leur degré d’intimité. Les échanges de regards, les coups de coudes, les rires, les subites rougeurs de Gladys, les soubresauts de Susan. Peut-être qu’il était obsédé, n’empêche qu’il aurait souhaité savoir ce qui se passait sous la table, hors caméra.


Fallait s’appeler Danilo pour ne s’apercevoir de rien. Quoique ! Heinrich surprit quelque lueur dans son regard suite à un sursaut particulièrement évocateur de l’Italienne.


Multi Junior attira leur attention sur l’écran : ils découvrirent un village. Des habitations, petites et ovales, ressemblant à des cases. Des hommes et des femmes s’affairaient dans des champs en bordure du fleuve.


Le computer leur précisa que les maisons étaient construites en terre séchée faite du limon, et liée par une structure de branchages.


Les quatre spationautes écoutaient d’une oreille distraite les explications du computer. Malgré ses précédentes affirmations, quelque chose en eux refusait toujours l’évidence. Mais à ce degré de précision, ils ne pouvaient plus… Gladys, sans penser à se cacher, étreignait nerveusement la main de Susan. Danilo lui jeta un regard inquiet.



Ils discutèrent encore quelques minutes puis coupèrent la communication.



Heinrich profita de ce temps pour expliquer à son coéquipier la légende de Nazca. Découvertes au XXème siècle, par un aviateur ces lignes profondes de 10 à 30 cm s’étendaient parfois sur plus de 300 m dessinant entre autre, ce qui pouvait apparaître comme des pistes d’atterrissage.


Dans le livre qu’il avait eu entre les mains plusieurs thèses s’affrontaient : calendrier ou représentation astronomique, surface utilisée pour tisser des linceuls et bien sûr, les extra-terrestres…



Les pistes existaient bel et bien. Du moins la piste ! Car il n’y en avait qu’une. Si large et si longue que Junior la repéra immédiatement. À l’arrivée des premières images, Heinrich ne put s’empêcher de manifester sa joie.


Joie vite malmenée par Danilo.




*********************



28 août 2099, an 83 de l’Empire, 05 h 14 P.M.T., système solaire Terra, 6 000 ans en arrière.



Le beuglement de la sirène d’alerte surprit les deux filles endormies tendrement enlacées, nues sur la couchette de Gladys. Dès la fin de leur dernier échange avec les garçons, elles s’étaient sustentées. Les efforts physiques, ça creuse ! Tout le repas, Gladys avait tanné Susan sur ses prétendues illuminations. Celle-ci tint bon et ne voulut rien dire, refusant de lui donner de faux espoirs.


Cela ne brisa pas l’entente des deux jeunes femmes qui, l’estomac plein, filèrent dans la chambre de vie de Gladys pour un nouveau câlin. Mais la journée avait été fertile en événements et en émotions. Elles n’atteignirent pas le troisième baiser, Gladys plongeant dans les bras de Morphée, précédant de peu sa petite camarade.


Le sursaut de Gladys jeta Susan contre la cloison. Elle s’ébroua, retrouvant ses esprits.



Le bruit cessa.



Gladys s’était pelotonnée contre Susan, ses mains partant en reconnaissance. Les paroles du computer stoppèrent net sa progression. Ses doigts se refermèrent sur la hanche de l’Italienne. Ses ongles se plantèrent nerveusement dans la chair tendre.



Douze secondes plus tard :



Susan était déjà debout et enfilait son intégrale sur son corps nu.



L’image de Danilo apparut sur l’écran alors qu’elle finissait de scratcher sa combine. Sans aucune fioriture avec un rien de brusquerie, il questionna :



Elle le mit au courant et lui rendit compte des décisions qu’elle avait prises. Il approuva tout en lui faisant remarquer les inconvénients. Être totalement derrière la Lune ne leur permettrait pas de suivre la progression du vaisseau inconnu. Il concéda cependant qu’ils n’avaient pas d’autres choix. Il préféra ne pas se lancer dans des explications inutiles sur ce qu’ils avaient découvert à Nazca. Il lui dit simplement qu’ils étaient sur le chemin du retour puis coupa la communication en précisant qu’il valait mieux cesser d’émettre.


Gladys n’avait pas pris la peine de s’habiller, elle avait attendu, hors cadre, la fin de la transmission. Celle-ci terminée, elle arriva derrière Susan. Plaquant fiévreusement le bassin contre son postérieur, elle l’enlaça langoureusement. Ses mains arpentèrent d’un doigté subtil le recto vallonné de l’Italienne.



Susan qui appréhendait la réaction de l’asiatique fut agréablement surprise. La crise qu’elle avait piquée hier n’augurait rien de bon. Hors, loin d’être angoissée, presque guillerette, elle semblait surtout dominée par ses pulsions sexuelles. Ce qui n’était pas pour déplaire à Susan. En outre, l’apparition de ce bâtiment, quelque soit le péril qu’il annonçait, ouvrait une perspective. Ils n’étaient plus seuls.




*********************



28 août 2099, an 83 de l’Empire, 18 h 12 P.M.T., système solaire Terra, 6 000 ans en arrière.




Ce furent les premières paroles de Danilo aux filles venues les attendre à la sortie du sas.



Interrogation vaine de Gladys. Les deux duos durant leurs dix heures de silence radio avaient beaucoup cogité, discuté. Leurs raisonnements avait suivi des pistes parallèles. Ils avaient évoqué de nombreuses hypothèses allant de civilisations plus avancées, au voyage dans le temps. Ils s’étaient remémoré tous les poncifs sur les extra-terrestres sanguinaires et sans dieu. Ce qui ne les avait pas particulièrement rassurés.


Sur le Nicolas 1er, les discussions étaient entrecoupées de câlins tendres et désespérés. Les filles avaient baisé la peur au ventre.


Les garçons se trouvaient dans une position plus intéressante, mais aussi plus inquiétante. Ils craignaient de se trouver sur la trajectoire de navettes rejoignant Nazca. Pour eux aucun doute, les nouveaux arrivants étaient les exploitants du site péruvien. Par l’entremise de Multi Junior, ils pouvaient les observer, mais ils étaient facilement repérables.


Observation uniquement visuelle, ils n’avaient pas osé lancer les procédures d’identification qui leur auraient permis de connaître la masse, la composition moléculaire et autres détails du bâtiment en approche. Savoir aussi s’il abritait des êtres vivants. Ils craignaient que toute tentative soit considérée comme une agression.



Les hommes n’eurent pas les possibilités de leur raconter ce qu’ils avaient découvert car au moment où ils pénétraient dans le pont salon, la voix de Multivac retentit.



Un grand blanc. Les quatre s’entre-regardaient, hébétés, totalement abasourdis. Le Susan Zeldon, ils devaient être en plein trip. Le mal de l’espace. Du délire complet. Comme d’hab, Danilo réagit le premier.



Ils se ruèrent vers le moniteur. Apparut sur l’écran une superbe jeune femme de type méditerranéen. Grande et athlétique, format Sander-Farrell pensa le Suédois, dotée d’une magnifique chevelure brune très épaisse qui fit pâlir d’envie les filles. Elle portait une combine bleu ciel frappée, sur la poitrine, du sigle F.S.H.N. Poitrine ferme et généreuse vu la tension imposée à l’étoffe.


Oubliant toute politesse, les questions fusèrent :



Elle les interrompit, mais avec un si charmant sourire.



Un quadruple « oui » lui répondit.



Sitôt l’écran s’obscurcit, les remarques fusèrent.


Heinrich :



Susan :



Gladys :



Danilo :



Le raisonnable Danilo ! Silence ! Instant d’incrédulité !


Les trois considéraient Danilo d’un œil incertain. Ses paroles, son attitude sereine. Soudain, comme un seul homme, ils se précipitèrent dans ses bras. Ils l’entraînèrent dans une ronde primitive, psalmodiant :



Pendant qu’ils passaient leur combine, Gladys remarqua l’air songeur de Susan.



L’autre ne pipa mot, mais son attitude répondit pour elle. Gladys lui fit claquer deux bises sonores sur les joues.



Puis beaucoup plus bas.




À SUIVRE


ÉPISODE VIII

Le mitan de la fin.