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Temps de lecture estimé : 25 mn
09/01/10
Résumé:  Un week-end en Lozère avec deux autres couples et un camarade que sa compagne vient de quitter.
Critères:  fhh grp fplusag jeunes extracon copains voyage jalousie voir strip fellation cunnilingu préservati jeu
Auteur : SophieF.            Envoi mini-message
Un presbytère en Gévaudan



Virginie vient de comprendre que Julien partage désormais mon lit. Nous nous étions un peu perdues de vue, elle et moi, mais nous venons de nous retrouver. Maintenant, nous déjeunons ensemble au restaurant universitaire, chaque fois que nous le pouvons. Julien fait gamin, bien sûr, mais il a quand même vingt ans ! Les yeux rieurs quand tout va bien, les cheveux jamais peignés. Pas de montre au poignet, il dit que ça ne sert à rien, qu’il y a l’heure partout. Très amoureux mais d’une jalousie féroce ! Amusant un moment mais vite pénible. Il fixe parfois mon lit avec une hargne sournoise, car il pense qu’il a été le théâtre de bien des turpitudes. Il se demande sans cesse avec qui j’ai bien pu coucher, moi si futile. Et même maintenant ! Pourtant, il n’y a pas plus fidèle que moi depuis ces trois mois que nous sommes ensemble. Mais en cachette il fouille dans mes affaires, explore mon micro, mon portable, me questionne sur mon passé. J’ai cela en horreur, je l’envoie promener, il prend son air de chien battu, ça m’horripile.


Mercredi, voilà que Virginie nous annonce que Nathalie vient de plaquer Vincent. Une assez belle rouquine, Nathalie. Et une belle garce, de laisser en plan ce pauvre Vincent qui l’aime tant. Si bien que ce doux géant, que nous avons connu au lycée, est dégoûté des femmes à tout jamais, paraît-il. Je n’ai jamais eu d’attirance particulière pour lui. Trop indolent, trop mou. Enfin, question pénis j’ignore. Jamais cherché à savoir. Grand corps encombré de lui-même, quintal de chair flasque, taches de rousseur, veines rougeâtres sur les pommettes, et gentil comme tout, pauvre Vincent.


Sébastien vient nous rejoindre. Une bise sur ma joue, un baiser sur les lèvres de Virginie. Ils sont ensemble depuis plus de six mois, d’après ce qu’elle m’a dit. C’est un grand blond aux yeux clairs. Trois ans de plus qu’elle et moi. Il nous expose qu’un village de Lozère loue un gîte rural, l’ancien presbytère. Et moi de déclamer aussitôt que « le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni je jardin de son éclat. » Regard noir de Julien, qui doit penser que je suis capable d’y avoir batifolé avec le curé. Je le rassure, c’est une citation : Gaston Leroux, Le mystère de la chambre jaune. Et j’évoque la Lozère que je connais un peu, souvenir de vacances quand j’étais gamine : forêts profondes, champignons à foison, énormes pierres au milieu des prairies, pays de la bête du Gévaudan. Pour y aller on passe devant l’auberge de Peyrebeille, la fameuse Auberge Rouge du cinéma, on pourra la visiter.



Julien fronce les sourcils. Je réponds que je ne suis pas certaine que les malades s’éclatent, sauf peut-être en phase terminale – humour noir dont j’ai un peu honte, quand même – mais je dis oui, bien sûr. Julien me blâmera, il aurait préféré rester seul avec moi, en amoureux. Famille, foyer clos, possession jalouse du bonheur. Je ne lui citerai pas André Gide. Il n’est pas étudiant en lettres, lui, mais en sciences, il faut de tout pour faire un monde.



xxx



Vendredi après-midi, trajet dans la voiture de Sébastien. C’est lui qui conduit. Virginie en jupe légère, légère ! Main droite de Sébastien sur son genou, souvent. Et plus haut. Julien est à côté de moi mais ne me touche pas, il boude. Julien je t’aime bien mais tu me fatigues.


Avant Langogne il faut tourner à droite, on ne passera donc pas devant l’auberge de Peyrebeille, je me trompais. Puis arrêt en ville : acheter de quoi manger et attendre les autres, c’est à dire Frédéric et Delphine. Et le pauvre Vincent. Un vieux couple, Frédéric et Delphine. En fin d’études : master 2 comme Sébastien. Je les connais un peu. Blonde, Delphine. Lunettes. Frédéric cheveux courts noirs barbe de trois jours. Trouve que ça fait viril. Pas faux. Bises. Julien fait la gueule, Delphine se moque de lui. Petite boulangerie dans petite rue. Plusieurs clients. Sébastien tout contre moi, les autres dehors. Julien regarde. Fait la gueule. Si tu veux rester ici, Julien, faut pas te gêner. Mais non, je suis bonne fille, je l’embrasse en sortant de la boutique, ma hanche tiède encore de celle de Sébastien.


Il veut comprendre, celui-là, une fois à son volant, pourquoi nous avons raté l’Auberge Rouge. Carte routière : montre-moi, Sophie. Donc obligée de m’installer à côte de lui, devant. Virginie à côte de mon mec, derrière. Bien joué ! Déride-le si t’es cap. Le doigt de Sébastien sur la carte :



Mon doigt lui montre. Sa main se pose sur la mienne, merci Sophie. Voix grave et douce, regard de velours. Julien observe, sûrement. Regarde plutôt les cuisses de Virginie, Julien ! Ne demande que ça, la Virginie si mal prénommée, sa jupette au ras de la moule.


Fin de trajet rapide, Sébastien ne voit que la route. Mairie, école à côté. Secrétaire de mairie pimpante, brune, assez jolie. Voix chantante en fin de phrases. Le garde-champêtre a ouvert les fenêtres le matin pour faire entrer le soleil. Faire chèque à l’ordre du Trésor Public. Sébastien s’en occupe, on s’arrangera plus tard. Et un chèque de caution. Sera rendu quand vous partirez mais si on casse quelque chose, bien le dire. Promis !



Non. On ignorait. Dans de beaux draps, nous !



Bar-tabac, une grande bringue qui fume, un gendarme au comptoir. Et la loi interdisant la clope dans les bistrots, alors ? Quatre paires de draps, quarante euros. Vite amortis, leurs draps ! On paye d’avance, plus chèque de caution qui sera rendu quand on ramènera. Aurait dû dire : rapportera. Supporte plus l’odeur du tabac, moi, depuis que j’ai arrêté.


J’aide Virginie à faire les lits. Drôle d’idée, d’avoir amené Vincent ! Trois couples, et lui tout seul. Ça fait un garçon de trop. Rire de Virginie :



M’intéresse pas vraiment, son Sébastien. Et Julien, je me le garde. Jalouse, moi ? Comme c’est bête ! Mais non, pas vraiment jalouse. Mais pourquoi Virginie veut-elle toujours tout régenter ? Mieux vaut parler d’autre chose. Pourtant, si j’ai désiré qu’on vienne, et connaissant Virginie comme je la connais… Quand je saurai ce que je veux, moi !



On fait son lit normalement. Si ça se trouve, il ne se passera rien d’exceptionnel pendant ce week-end. En tout cas, le premier soir, c’est bien calme. Il fait bonne figure, le Vincent. Il m’intéresse, ce garçon, sans que je sache bien pourquoi. Tout à l’heure il a allumé la télé pour les infos. Nul n’a supporté la niaise au sourire crispé. Sur l’autre chaîne, le petit brun mais on s’en foutait, de tout ça. Les garçons ont préparé le repas, ils ont dit que c’était une affaire d’hommes. Tu parles, carottes râpées et jambon sec ! J’exagère, il y avait aussi des pizzas à réchauffer. Julien à côté de moi, inévitable. À ma gauche, Frédéric. En face, Vincent entre Delphine et Virginie, l’air de se demander ce qu’il fait avec nous. Tu veux un câlin, Vincent ? Que je passe sous la table ? C’est une table de monastère. Quand je suis entrée, je me suis vue allongée dessus, et les autres tout autour. Folle à lier, Sophie ! Oui, pieds et poings liés, écartelée, la Sophie, livrée à leur bestialité farouche. Pourquoi farouche ? Parce qu’il est trop calme, mon Julien, trop lisse. Trop banalement amoureux.


On aurait dû faire un feu, ce sera pour demain. Maintenant, dodo. Si tôt ? On a quand même beaucoup traîné à table. Quelle drôle d’idée, Frédéric, d’avoir acheté une bouteille de Vieille Cure ! À cause du presbytère, bien sûr. Et la vaisselle, affaire des filles, hein ? Déjà qu’on a fait les lits ! Mais non, les garçons vont s’en occuper. Pour une fois… Et ensuite ? Il y a des jeux dans le buffet : cartes, dés, et même un vieux Monopoly. Virginie ne va quand même pas nous proposer un strip-poker ? Non. Je n’aurais pas été vraiment contre, moi. Pas vraiment de quoi s’éclater, mais amusant, peut-être. Chiens de faïence, ça commence mal ce week-end. Vincent monte se coucher. On n’a pas planifié l’usage de l’unique salle de bains. Il prend une douche. On l’entend. Il sera tout propre pour dormir tout seul.



Son rire en voyant la tête de Julien !




xxx



Sortir nue de la salle de bains ? Ce serait quand même trop bête de me rhabiller, et notre chambre est juste en face. Je traverse donc le couloir dans le plus simple appareil, mes vêtements à la main. Personne. Le lit est un peu trop mou. Grincera-t-il ? Julien me rejoint, une serviette en pagne autour de la taille. C’est vrai qu’il est plutôt mignon. Il faudrait le voir dans trente ans. Je connais son père, il est trop gros. Mais dans trente ans…



Je ne réponds pas. Dans le lit, il avance la main vers mon intimité, comme on dit dans les histoires à quatre sous. Je demeure impassible, je veux le punir d’être si bête. S’il n’insiste pas ce sera tant pis pour moi mais il insiste. Bien sûr. Ses lèvres sur les pointes de mes seins, puis sur mon petit bouton d’amour, gentiment tourmenté. Comment Vincent me ferait-il cela ? Et Julien, comment s’y prendrait-il avec Virginie ou Delphine ? Comme avec moi, pardi, et je ne serais peut-être pas si jalouse que ça. Sauf si je restais en carafe, bien sûr.


Il ne s’est trouvé en panne qu’une seule fois, Julien, le soir de notre inauguration. Je l’impressionnais trop, soi-disant. J’ai pris mon mal en patience, comme disait ma grand-mère, sans doute dans d’autres circonstances. Quoique… Et tout s’est arrangé, une petite heure plus tard. Enfin solide en moi, il m’appelait sa chérie, tout de suite sa chérie, me disant qu’il m’aimait. La première fois ! C’est un grand sentimental. Puis il a remis ça, peut-être une demi-heure après. Là, ce fut plus long. En temps ! Très bien, ce fut tout à fait bien. C’est pratiquement toujours très bien, avec lui. Pas besoin d’aller chercher ailleurs. Et pourtant…



Je ne manifestais pas assez d’enthousiasme, monsieur est vexé et se retire à l’hôtel du cul tourné. Forts gémissements dans la chambre voisine, balbutiements très audibles, petits cris ; Frédéric et Delphine ne songent pas au pauvre Vincent. Si je ne me rapproche pas de Julien, repentante… Mais le sommeil me gagne et Julien me perd.


… Pour me prendre au petit matin, avec rage. Il veut m’épuiser pour que je sois sage jusqu’au soir. C’est très bien, une fois encore. Mais sans le moindre mot d’amour. Et pas brisé le silence en manifestant mon plaisir, moi qui pense au pauvre Vincent tout seul.


Maison froide. Salle de bains occupée, visages maussades. Un week-end raté, quoi ! Café, croissants de la veille. Pouah ! Vincent habillé de pied en cap, poli, distant, austère. À dû s’être branlé cette nuit, quel gaspillage ! Se redéshabiller pour enfin prendre une douche. Pas prévu pyjamas et robes de chambre. S’il avait fait chaud dans cette cuisine, petit déjeuner en nuisette, seins pointant sous le tissu, regards des garçons bandant sous leur pantalon de pyjama.


Tiens, Sébastien et Delphine qui sortent ensemble de la salle de bains ! C’était donc lui qui faisait gémir Delphine, et Virginie a passé la nuit avec Frédéric. C’est bien d’être libre comme ça. Pas à moi que ça arriverait !


En troupeau dans le village pour faire les courses. De gros cèpes en bois devant certaines boutiques.


Achat et Ventes de Champignons !


Quelques girolles étiques dans un panier. Rien d’autre, il a fait trop sec. Inutile d’aller en forêt sauf si on voulait y jouer à cache-cache. Loup y es tu ? Ou à une chasse du comte Zaroff. Nue, cachée dans un buisson d’épines, cibles des pines de sauvages en rut.



xxx



Au cours du déjeuner, l’ambiance devient meilleure. La paella du charcutier traiteur est plutôt bonne et le rosé de Provence se laisse boire. Nous occupons les mêmes places que la veille au soir, comme les habitudes se prennent vite ! Sébastien a voulu faire un feu d’enfer dans le presbytère, comme il a dit, ce qui nous a amenés à nous délester de certains vêtements. Virginie n’a plus que sa jupette et un chemisier ample et peu boutonné, avec rien dessous. Ses seins sont petits. Elle a toujours envié les miens qui sont pourtant loin d’être énormes. Eau froide dessus, sous chaque douche, pour qu’ils restent fermes. Pourraient eux aussi se passer de soutien-gorge mais oukase de Julien, et je ne voulais pas lui faire de peine.



Sébastien le suggère, et Frédéric confirme que ce serait une excellente idée. En voilà deux qui ne sont pas jaloux, au moins !



Et l’autre de psalmodier un puissant « Amen » avant d’enchaîner :Frère Domino quand tu rencontres une fillette, que tu lui enlèves sa chemisette, que fais-tu ?


Nous reprenons en chœur : jupette, braguette, carpette, branlette, giclette, cuvette, toilette… quand je ne suis pas trop sûre je laisse dire les autres. Mais cela reste une chanson, la chemisette reste à sa place. En lui souriant, je regarde Vincent quand nous chantons la dernière strophe :Je m’cherche une aut’ minette, domino mino, domino minette, je m’cherche une aut’ minette, domino… Il a pour moi un petit sourire triste.



xxx



Promenade en forêt. Propriétaire, Julien me tient par la main ou la taille ou les épaules. Les autres sont moins guindés. Virginie entre Sébastien et Frédéric, les bras autour de leur taille. Ensuite seule avec Vincent. Puis entre Vincent et Frédéric. Delphine et Sébastien se caressant mutuellement les fesses. Le changement leur fait un bien fou. Il faut vite rentrer, les jours sont courts en automne.


Le vol maladroit de trois pies quand nous sommes en vue du presbytère. Peu après, assise sur le banc, Virginie :



Delphine se contente de rire. Virginie se tourne alors vers moi :



Julien aura matière à me quereller une fois de plus ; ce « pourtant » va lui donner à penser. Je ne trouve pas grand chose à répondre, sauf :



Il bafouille, mon Julien, tente d’affirmer que c’est tout le contraire. Virginie le regarde dans les yeux :



On ne résiste pas à Virginie. Ils s’installent en souriant. Avec elle, il n’y a pas de jeux innocents, je le sais bien. Il va enfin se passer quelque chose. Qu’elle veuille tout régenter a du bon, en fin de compte.



Elle doit bien penser que je vais me croire obligée de prendre Julien. C’est pourquoi elle me montre son compagnon :



Elle va trop vite. Julien fronce les sourcils. Elle prend le virage avec habileté :



S’il n’obéit pas, le jeu en restera là. Mais il se lève, sourire aux lèvres, faraud. Puisqu’il est si fier de son physique, il va nous le montrer.



J’ai pris le ton impératif qui convenait. Torse nu, c’est vrai qu’il est beau. Je pince un peu ses petits tétons, palpe ses biceps. Virginie tient à son jeu. Elle bonimente :



Bien obligée, moi, de pincer les petits tétons de Frédéric et de palper ses biceps. Sous son pantalon de survêtement, je crois qu’il commence à bander mais je m’illusionne peut-être.



Je fais de même avec le grand Vincent. Je suis peut-être seulement la seconde fille à le tripoter ainsi, tant il était amoureux fidèle, et depuis si longtemps ! Virginie est à présent beaucoup plus sûre d’elle :



Va-t-elle aller trop loin ? Julien va-t-il se rebeller ? Elle le rassure :



Il se débarrasse de ses mocassins, enlève ses chaussettes et ôte son pantalon. Slip noir, bien moulant. S’il bandait, on le verrait. Après lui, c’est Frédéric qui se trouve en boxer bleu. Puis c’est Vincent. Caleçon de toile blanche rayée de bleu. Regarder son visage, pas faire fuir Julien, Julien bien obligé d’imiter les autres. Bosse, lui. Déjà excité, mon Julien, sous son slip, tiens donc ! Et maintenant ? Virginie doit bien avoir son idée. En effet :



Il prend la relève avec enthousiasme et vante la marchandise :



C’est moi que Vincent regarde ! J’en jubile mais Julien fronce les sourcils. Sébastien comprend qu’il a mal commencé et se tourne vers lui :



Elle s’avance vers lui, lui caresse la joue, passe brièvement un doigt sur ses lèvres et descend la main sur son torse afin de l’effleurer. Il m’a d’abord regardée comme pour s’excuser mais désormais il n’a d’yeux que pour elle, qui recule légèrement, esquisse quelques pas de danse et porte les mains aux boutons de son chemisier. Le premier saute, puis un deuxième. Elle s’approche de lui, aguicheuse : c’est à lui de poursuivre.


Mais il ne le fait pas et reste là comme un dadais. Elle finit le déboutonnage et, regardant mon Julien dans les yeux, se débarrasse de ce vêtement sous lequel, nous le savions tous, sa poitrine est nue. Elle le pose sur une chaise à côté de la cheminée, s’approche doucement, prend les mains de Julien et les porte à ses seins. Il ne recule pas, palpe assez maladroitement. Virginie le laisse faire avant de dégrafer sa jupe, qui tombe à ses pieds. Il ne lui reste que sa petite culotte rouge.


Elle écarte alors les mains de Julien pour se coller à lui. Elle a les lèvres entrouvertes, elle attend le baiser. Mais c’est son cou qu’il choisit pour y enfouir son visage. Les mains de Virginie se glissent alors sous son slip, afin de lui palper les fesses. Puis elle décolle légèrement son bas-ventre pour toucher devant. Il ferme les yeux et semble beaucoup apprécier. Et il se met à triturer les fesses de Virginie, sur la culotte puis dessous.


Je ne suis absolument pas jalouse et cela me surprend quand même un peu. Elle lui prend les poignets pour qu’il retire ses mains, de manière à lui permettre de se mettre totalement nue.



Virginie entraîne Julien et s’installe sur ses genoux, les bras autour de son cou. J’ai juste eu le temps de voir que sa chatte est désormais lisse mais surmontée du ticket de métro, noir et court taillé.



Le salaud ! Il ne me restera que Frédéric ! À moins que Sébastien… Ou les deux ? Oh non, quand même ! Mais je n’ai pas le temps de rêvasser. Delphine se lève et s’approche de Vincent.



Mais il ne sait que dire. Sébastien se voit obligé d’intervenir :



Elle commence par sourire gentiment à Vincent. Elle porte une chemise d’homme – de Frédéric ou de Sébastien ? – par dessus un jeans qui moule étroitement ses hanches et ses fesses. Le regardant dans les yeux, elle détache sèchement chaque bouton de la chemise en tapant chaque fois du pied pour remplacer les coups de cymbales d’un orchestre qu’elle nous fait ainsi imaginer. La chemise enlevée, elle la pose sur mes genoux en me gratifiant d’un sourire et d’un clin d’œil coquin. Elle me fauche Vincent et ça l’amuse ! Soutien-gorge rose, avec un papillon bleu sur le sein gauche. Pas facile maintenant, à mon avis, d’être très érotique quand on s’extirpe d’un jeans. Moi, je fais toujours ça le plus vite possible. Mais je n’ai pas encore fait de strip-tease en public.


Elle dégrafe très lentement l’attache de sa ceinture pendant que ses lèvres miment un baiser lascif. Tire sur la boucle. La ceinture glisse mal, une moue rageuse remplace le baiser. Sourcils froncés, elle tire violemment, la ceinture se libère. Delphine se la met tranquillement autour du cou et finit de déboutonner son pantalon, faisant sauter les boutons un à un, comme en pensant à autre chose.


Elle exagère les inévitables contorsions indispensables à la libération des hanches et des fesses. Ses mouvements deviennent comme rythmés par une musique sauvage. La toile descend peu à peu et dévoile le haut d’un string. Les fesses commencent à se montrer. Delphine tourne sur elle-même pour que chacun puisse bien voir. Papillon bleu aussi au coin du triangle qui moule si étroitement le pubis qu’on peut en déduire qu’il est totalement épilé, lui aussi. C’est décidément la mode ! Moi, je ne déteste pas ma petite toison qui n’a jamais gêné personne à ce jour.


Du pied, le pantalon a été poussé sous le banc, comme avec mépris. Delphine ne se presse pas de nous dévoiler le reste. D’ailleurs ce n’est pas nous qu’elle regarde mais Vincent. Il est plus grand qu’elle, évidemment. Accroupie devant lui, elle se hisse sur la pointe de ses pieds nus comme pour montrer qu’elle voudrait se grandir mais qu’elle ne le peut pas. Elle renonce donc, la tête très près du caleçon de toile de Vincent.


Caleçon volontairement frôlé de ses deux mains car elle les déplace pour dégrafer son soutien-gorge. Pour qu’il tienne encore en place, elle les met en coquille sur ses seins, dépose un court baiser sur la bosse qui déforme le caleçon et se relève. Dévoile enfin sa poitrine, passe la ceinture autour du cou de Vincent et tire pour qu’il se rapproche et vienne se coller à elle. Ce qu’il fait. Lâchant alors la ceinture, elle le repousse, comme indignée. Quelle comédienne ! Puis lui prend les mains, les pose sur ses hanches : elle veut qu’il lui enlève son dernier vêtement, ce string au papillon bleu. Il s’agenouille, pose d’abord ses lèvres sur le triangle, relève la tête et fait descendre, très lentement, le petit bout de tissu qu’arrimait la ficelle. Et précipite sa bouche sur celle, verticale, ourlée de rose, de Delphine. Qui ferme les yeux, satisfaite. Je pourrais être à sa place, je devrais être à sa place.


Virginie est désormais à califourchon sur les cuisses de Julien. Ses genoux légèrement soulevés, elle écarte le slip de mon cher et tendre – plus dur que tendre, pour l’instant ! – afin de s’empaler, tout bonnement. Il a l’air de ne pas demander mieux. Sébastien leur jette une boîte de capotes. Elle le remercie d’un clignement de paupières et habille Julien en un instant avant de poser la boîte à côté d’elle.



Delphine repousse doucement la tête de Vincent qui se relève. En un instant elle le débarrasse de son caleçon et le fait asseoir sur le canapé avant de se jucher sur lui, cuisses ouvertes. J’ai juste eu le temps d’entrevoir un puissant pénis en majesté, gonflé d’une belle vigueur !



Il n’imite pas Vincent, il renoue avec le thème du jeu et me donne des ordres :



Je déboutonne mon chemisier. Frédéric me regarde et ne fait rien. Il veut que je sois obéissante. Très bien, je le serai. Jeté sur une chaise, le chemisier ! Le soutien-gorge le rejoint. Des tas de gens ont déjà vu mes seins sur les plages mais lui, jamais encore. Moins gros sans doute que ceux de Delphine, aux aréoles plus pâles…



Je vais le faire, quand je me souviens que les androïdes n’obéissent que si on les appelle d’abord par leur nom. Alors je reste impassible.



Sébastien a compris, lui :



Il me regarde dans les yeux. J’ai failli proclamer que je n’en voulais pas, de leur fessée, que c’était hors de question, mais je n’ai pas le droit de parler.



Bien obligée d’obéir… surtout que j’aime bien.



Il joue à « Jacques a dit », lui ! Je ne bouge pas.



Aussitôt dit, aussitôt fait.



Il rejoint le reste sur la chaise voisine.



Je m’approche. Il saisit mes seins par leur pointe si sensible. Il pince trop fort et trop vite ! C’est au moment où l’orgasme s’annonce qu’on peut alors… Je grimace.



Tiens, Thierry lui a fait des confidences ! Voilà qui ne m’étonne pas. Tous les mêmes, les garçons.



Un gland tout rouge. Pas vraiment énorme mais plus gros que chez Julien. Qui, pour le moment, les mains sous les fesses de Virginie, accompagne ses mouvements. Qui ne me regarde même pas.



Où est la boîte ? À côté de Delphine. Je la prends. Oui je te sucerai, Freddy, mais couvert. Avec la vie de patachon que tu mènes… Et j’ai horreur que ça me coule dans la bouche. C’est à prendre ou à laisser. Déçu, Frédéric ? Il n’a pas l’air. Il grogne de contentement.


Non mais, il ne va quand même pas croire que je vais le faire jouir avec ma bouche ? Ma main remplace mes lèvres, je le tire puis le pousse sur le canapé. Cuisses écartées je m’empale, comme mes deux voisines. Il me regarde sans me sourire. Comme hostile. Pince la pointe de mes seins. Commande mon va-et-vient vertical en levant et en abaissant les mains. M’impose son rythme. Mufle ! Envie de le gifler. Mais comme il me remplit bien ! Comme ça va profond quand je me laisse retomber, brutale moi aussi ! Contraction de mon vagin, soubresauts de sa verge qui en moi explose…


Il cesse de me pincer. Au moment stratégique je lui ai dit d’y aller plus fort. J’aurai mal pendant de longues minutes. Il cherche mes lèvres. Non, pas envie !


Sébastien s’approche du dossier de notre canapé, sort son pénis de son slip noir, le revêt d’une capote et me le propose. Il aurait pu au moins enlever son slip ! Je détourne la tête. Pas envie non plus ! Qui n’en veut ? Virginie pousse un peu la tête de mon Julien et ouvre la bouche. Aux premières loges, lui ! Pas encore sorti de Virginie mais déjà plus petit sans doute, comme Freddy déjà bien plus humble en moi.


Puis capotes jetées dans la cheminée et rhabillage en vitesse. On a tous joui mais on a un peu honte. Enfin, moi. Ça passera.



xxx



Ça passe. On est à l’aise pour le dîner. Vidée, la bouteille de Vieille Cure. Virginie prétend qu’il serait bien trop prosaïque de passer la nuit avec son partenaire habituel.



Elle a toujours été jalouse de ce que j’avais : jouets, fringues, bouquins, garçons. Elle pense que je veux Vincent. Pas faux !



Ah, elle me défie ! Elle riait à moitié en prononçant sa phrase. Eh bien on va voir. Julien a les yeux ronds, il semble atterré. Au cas où il ferait mine d’intervenir, je prends les devants :



Nous y sommes à l’étroit. Je ne joue plus, je les laisse faire. Ils tètent mes seins, chacun le sien ! Elle pique un peu, la barbe de Frédéric. Puis il s’accroupit, écarte mon blond minou, y porte les lèvres et la langue. Pendant ce temps, Sébastien, la bouche sans cesse sur l’une ou l’autre pointe de mes seins masse mes fesses puis mon sillon puis l’orée de mon petit trou. Je ne déteste pas quand c’est fait avec douceur, et c’est le cas.


Ensuite chacun d’eux nettoie très convenablement son gland décalotté. Je sortirai de la salle de bains en les tirant derrière moi par ce qu’ils ont de plus précieux. Dans le mitan du lit, où la rivière est profonde, je serai entre eux deux et je sais ce qu’ils me feront. Ce sera la première fois pour moi. Le plus petit, c’est Sébastien, ce sera donc lui qui se mettra dessus quand je serai bien empalée sur Frédéric, mes seins, dont les pointes seront encore un peu douloureuses, écrasés sur son torse poilu. Ce sera sans amour mais il faut bien que le corps exulte, comme disait le Grand Jacques. Je pense trop aux chansons du siècle dernier, moi ! Normal, c’est le thème de mon mémoire.



xxx



Ils dorment. Et m’obsède maintenant une autre chanson, de Brassens celle-là : À l’heure de l’œuvre de chair elle est souvent triste, peuchère. S’il n’entend le cœur qui bat le corps non plus ne bronche pas. Pourtant, je ne suis pas restée insensible, loin de là ! Pendant qu’ils grognaient de satisfaction bestiale, j’ai joui. Oui j’ai joui. Le corps a exulté, bon. Mais je n’aime pas ces garçons et ils ne m’aiment pas. Nous avons fait ça mécaniquement. Androïdes, poupée, je ne suis pas fière de moi. Et ils me donnent chaud. Le bras de l’un pèse sur mon sein droit, la main de l’autre sur ma cuisse. Me débarrasser de tout ça, les repousser sans les réveiller. Oh, ils n’auraient peut-être pas envie de recommencer tout de suite, ou bien ils ne le pourraient pas. Mais moi, en tout cas, je n’ai pas envie, pas envie du tout.


Je m’échappe. Enfin je peux respirer. Il est évident que dans la chambre de Vincent il n’y a personne puisqu’il est avec Virginie. Julien, lui, est avec Delphine mais qu’est-ce que ça peut bien me faire ? Si je l’avais vraiment aimé je n’aurais pas baisé avec ces deux ostrogoths.


Vide, en effet, la chambre de Vincent. Quand même, il aurait pu avoir envie de quitter Virginie… Avec une vague envie de pleurer je me glisse dans son lit froid. Sa bonne odeur de gentil garçon, doux et fort.


Je n’arrive pas à m’endormir. Tellement vraies, les paroles du poème de Norge que chante Jeanne Moreau : Pas bien sur le dos, pas bien sur le ventre, pas bien dans son flot, pas bien dans son antre… Le jour mal au cœur, la nuit mal aux songes… Pas le thème de mon mémoire, qui doit traiter du désir et de l’amour dans la chanson française de la fin du XXème siècle. Quoique, pour un esprit mal tourné… Comment va donc finir ce week-end d’automne dans ce presbytère en Gévaudan ?


Sans doute par un réveil morose. Les automnes ont comme des parfums tout moro – tout moro – tout moroses. Toujours Jeanne Moreau mais cette fois les paroles sont de Cyrus Bassiak, c’est à dire Serge Rezvani. Décidément mon mémoire m’obsède. Virginie seule dans la cuisine quand je la rejoins. Elle fait le café.



Ou alors :



Mais que tu es conne ma pauvre Sophie !


Ou encore un Julien plus jaloux du tout. Mais de Delphine, peut-être ?

Bof, si ça l’amuse…


Ou plutôt Virginie, Sébastien, Delphine et Frédéric rigolant comme des malades :



À moins que Delphine me rende Julien.




xxx



Quatre coups à l’horloge de l’église, toute proche. Quelqu’un est à côté de moi dans le lit. Julien, comme d’habitude ? Mais je ne suis pas chez moi, voyons ! Ni même dans ma chambre du presbytère mais dans celle de Vincent. Donc, c’est Vincent ! Il ne bouge pas. Pourtant il ne dort pas, je le devine. Il veille sur mon sommeil, il ne me touche pas. Il ne m’a pas touchée, lui. Je suis bien…


…Je suis si bien ! Au petit matin, c’est lui qui sommeille quand l’horloge sonne ses huit coups. Un peu de lumière se glisse au travers des volets de bois. Je le regarde, je regrette qu’il m’ait vue nue hier, je voudrais qu’il me découvre ce matin. Être neuve à ses yeux. Et qu’il ne me touche pas. Pas encore. Qu’il me respecte, comme on disait dans les romans du temps jadis. Et qu’il m’aime.


Qu’il me respecte, oui, mais pas trop longtemps quand même !