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Temps de lecture estimé : 10 mn
27/12/09
Résumé:  Un représentant de passage en Bretagne questionne son client sur l'un de ses anciens employés qui doit une grosse facture. Une employée du magasin semble en savoir plus sur son ancien collègue. Le représentant va tenter de la séduire.
Critères:  #nonérotique #aventure fh travail dispute cérébral
Auteur : Lucien Ramier  (Amateur d'écrit plusieurs textes sont déjà publiés)      Envoi mini-message

Série : Il y a l'affaire, une île, le soleil, la mer

Chapitre 01 / 04
Une affaire à suivre

Attaché commercial depuis sept ans, je viens d’atteindre la quarantaine. Je fais partie de la race des pigeons voyageurs. Chers amis lecteurs de Revebebe, vous allez sans doute faire le rapprochement avec mon nom de plume, Lucien Ramier.

Mon terrain d’opération pour mon activité commerciale, en ces années, 1975-76, couvre absolument tout l’hexagone. Je vends des livres techniques chez les libraires et chez les professionnels de l’image.


De passage à Lorient en Bretagne, je viens saluer M. Lebert, un de mes fidèles clients.



Devant la mine surprise de mon client, je me sens tout à coup gêné. J’ai dû dire une bêtise. Lebert se met à rire aux éclats.



Tout en faisant l’état du stock de mon client lorientais, je ne peux m’empêcher, en moi-même, de m’inquiéter. Tout cela soulève en moi ce jour-là, un sentiment de méfiance.

Pourquoi ce Valentini qui usurpe le nom de son ex-patron Lebert, m’a-t-il dit qu’il voulait payer le port cash, à l’arrivée à Bastia ?

Mon directeur présent au salon en me félicitant de cette bonne affaire a attiré mon attention sur cette étrange façon de faire, de la part d’un nouveau client. Pourquoi surtout enfin, n’a-t-il toujours pas réglé la grosse facture de tout ce grand nombre de livres, six mois après cette rencontre de Marseille ?


M. Lebert, obligé de s’absenter de son magasin, me laisse en compagnie de Maria Ledonec son employée qui doit me passer la commande de ce jour-là.

Mon interlocutrice est une jolie femme de quarante ans environ. C’est une brune aux yeux noirs. Au premier abord, elle n’est pas trop souriante et affable. Mais son attitude pour s’intéresser aux autres corrige cette impression du premier abord.


Elle semble plus à l’aise pour me dévoiler beaucoup plus de choses que son patron sur son ancien collègue de travail. Elle me déclare alors qu’elle a beaucoup apprécié ce collègue. L’éloge qu’elle me fait de lui me fait penser qu’elle en est sans doute tombée amoureuse. Elle me précise, comme si elle dévoilait un secret, que Marco Valentini n’est pas parti de lui même, mais qu’il a été licencié comme un malpropre. Elle en ignore la vraie raison. Maria Ledonec me précise :



Ainsi, les paroles de cette femme m’inquiètent un peu plus. Si c’est réellement un escroc chassé par son patron, ça ne va pas être facile de récupérer le montant de cette grosse facture. Je veux en savoir davantage.


Je pense tout à coup à : « Pourquoi pas inviter Maria Ledonec à dîner ? Elle semble un peu bavarde et elle pourra continuer tranquillement cette conversation. » Je sais, par ce qu’elle me dit aussi, qu’elle est célibataire et sans doute libre d’obligations familiales. Elle sera contente de me dévoiler ses rêves et ses projets d’avenir avec Marco Valentini dont elle semble amoureuse.


Avant de repartir du magasin, je lui demande de choisir un restaurant près du port, comme elle connaît bien sa ville de Lorient. Elle accepte sans hésiter, car je sens qu’elle apprécie cette proposition.


Le restaurant que Maria a choisi m’est bien inconnu. Il semble tout à fait correspondre au genre de table que je souhaite habituellement. L’employé de M. Lebert a pris place à côté de moi sur la banquette, le long du mur. Face à nous les bateaux du port balancent doucement leurs mâts sous la brise légère de cette soirée du début juin.



Maria connaît, bien sûr, le patron et les serveurs du restaurant. Le chef nous fait déguster un bon muscadet nantais qui accompagne des huîtres plates de Belon, mes préférées, en Bretagne. Suit la bouteille de Bordeaux qu’il nous dit réserver seulement à ses amis. Elle accompagne un excellent gigot d’agneau.

Bref, le repas s’avance et le visage de Maria a pris de la couleur. Le bon vin semble produire l’effet de nous réjouir tous les deux.


La conversation s’anime et je suis étonné de constater qu’elle n’a pas deviné le but réel et très intéressé pour moi de cette invitation : je veux en savoir plus sur Valentini. Je veux surtout savoir où il se trouve pour aller le retrouver en Corse, s’il faut récupérer l’argent de sa grosse facture impayée. Il en va de ma crédibilité dans la maison qui m’emploie depuis maintenant plus de dix ans.



Je vois un premier sourire sur le visage de Maria.



Le vin semble bien délier les langues. Son beau visage s’illumine d’un joli sourire. Elle s’est rapprochée de moi et je sens maintenant son genou qui vient doucement frôler le mien et sa main qui s’y pose parfois. Le fait-elle intentionnellement ?

Je le crois alors. L’atmosphère au restaurant se réchauffe entre nous. Je suis assez réservé d’habitude, même en compagnie d’une jolie femme. Mais là, je suis surpris de m’entendre lui déclarer, comme si je voulais la draguer :



En disant cela elle vient poser sa tête presque sur mon épaule, en ajoutant :



Je l’entraîne dehors sur le port. L’air marin avec la fraîcheur du soir semblent un instant nous remettre les idées en place, et je lui propose :



Elle me regarde comme si elle attendait ces paroles.



Par la route qui longe la mer, les maisons se font plus rares en cet endroit.



C’est une jolie maisonnette basse avec un jardinet devant la porte. L’intérieur me fait penser à une ancienne maison de pêcheur.



Elle me fait entrer dans le petit séjour. Je prends place sur un vieux canapé face au vieux récepteur de télévision. Maria s’éclipse vers la cuisine. Elle revient avec deux bols et un pichet de cidre.



Elle sourit à mes paroles. Je pense plutôt que c’est histoire de faire comme d’habitude pour elle.

Elle vient prendre place près de moi sur le petit canapé. Tout en parlant de cette belle plage de Larmor, elle se rapproche encore un peu plus de moi.

J’ose passer mon bras sur son épaule et je vois son visage se rapprocher. Nos lèvres se rejoignent. Je sens la chaleur de ses seins généreux à travers ma chemise. Je sens son odeur de femme qui se mêle au parfum d’eau de toilette. Je sens monter le désir de cette femme. Il en est de même pour elle, Maria. Je la vois qui retire son chemisier. Le soutien-gorge semble bien rempli avec ses jolis seins. Je retire à mon tour ma cravate et ouvre mon col de chemise. Pendant ce temps, ma main s’aventure sous sa jupe, tout en continuant nos baisers.



Je la vois rejoindre sa salle d’eau. Je m’allonge tout habillé sur le lit et j’imagine avec bonheur la suite des événements, sans penser un seul instant que je pourrais avoir une surprise.

La porte de la salle d’eau va s’ouvrir et je m’attends à la voir arriver nue, et plonger sur le lit pour nous enlacer. Nous allons faire l’amour. Je vais pouvoir caresser sa peau chaude et sentir ses douces caresses. Je vais parcourir avec ma langue les coins les plus intimes de son corps. Rien que d’y penser, je bande déjà comme un cerf.

Mais surprise ! Je crois rêver quand je la vois entrer tout habillée, comme si elle voulait sortir.



Je pense alors que décidément je n’y comprends plus rien avec les femmes et je me demande ce qui tout à coup a pu lui déplaire dans mon attitude. Vexé, je ne la comprends pas. Je lance imprudemment :



Son visage se crispe sous la colère. Elle semble très furieuse de me voir attaquer ce qu’elle a de plus cher.



Après une telle dispute, j’ai pensé alors que tout était fichu entre nous. Je suis parti sans rien dire en claquant la porte, avant de me faire passer à la porte comme un minable.


J’ai rejoint seul la plage, pour échafauder mon plan de voyage en l’île de Beauté, durant le week-end de la Pentecôte. Je veux oublier Maria Ledonec et ne plus la revoir. Elle me plait pourtant, mais quelle déception ce soir !


Chaque année, je dois passer, pour des obligations professionnelles, le week-end de la Pentecôte du côté de Nice. Je vais prendre le ferry, cette année. C’est une idée avec un but pas banal, aller dénicher un escroc, en faisant du tourisme.

Pour découvrir l’île que je ne connais pas, je vais utiliser mon petit vélomoteur. Je pourrai pendant ces trois ou quatre jours rejoindre Porto Vecchio, en suivant la plaine orientale. La route est plate en cette contrée. Je pourrai monter ma tente canadienne dans les campings ouverts, en bordure de mer. Auparavant je vais passer voir Paul, l’un de mes clients de Nice : il m’a souvent parlé de son bateau en Corse.

Cette alliance d’un voyage mêlant l’utile à l’agréable me séduit parfaitement. C’est aussi pour moi une très belle aventure à moindres frais.