| n° 13610 | Fiche technique | 19984 caractères | 19984 3292 Temps de lecture estimé : 14 mn |
21/12/09 corrigé 12/06/21 |
Résumé: Petit intermède érotique avant de passer à la suite de l'histoire. | ||||
Critères: #sciencefiction fh | ||||
| Auteur : Domi Dupon (homme plus du bon côté de la cinquantaine) Envoi mini-message | ||||
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Résumé :
De moins en moins facile, il est quasiment nécessaire de lire (et de noter) les textes N° 13 562, N° 13 565, N° 13 579 et N° 13601.
Pour ceux qui ont vraiment trop la flemme (ou pas l’envie, ou pas le temps) : un vaisseau de l’Empire se dirige vers Proxima du Centaure, pour voir si par hasard y’aurait pas une planète à polluer car sur notre Terre bien aimée, ça commence à craindre.
À bord deux couples : Susan et Heinrich, Gladys et Danilo
Apparemment y’aurait eu un gros bug et ils se retrouveraient à leur point de départ, mais 6000 ans plus tôt.
Voilou !
12 août 2099, an 83 de l’Empire, 11 h 17 P.M.T., système solaire Terra, 6 000 ans en arrière.
Lorsque leur fou-rire avait cessé, ils avaient réalisé le tragique de leur situation.
Gladys avait piqué une crise d’hystérie que Susan avait calmée d’une bonne paire de baffes. Les deux filles, dans les bras l’une de l’autre, s’étaient affalées contre la cloison du pont-salon.
Danilo s’était assis en tailleur au milieu de la pièce, la tête dans les mains. Heinrich, quant à lui, s’était réinstallé devant les écrans semblant chercher une impossible solution dans la contemplation des images envoyées automatiquement par les cams du vaisseau.
Un silence pesant régnait dans l’habitacle, seulement troublé par le ronronnement de Multivac vérifiant chaque élément du vaisseau.
Gladys, la première, sortit du mutisme ambiant, disant sur un ton plaintif :
Blottie contre Susan qui lui caressait le crâne dans un geste d’apaisement, Gladys intervint, geignant toujours :
D’une main elle massait la nuque qui peu à peu se dénouait. L’autre vadrouillait sur le dos qui depuis peu frissonnait sous la caresse. Susan se surprit à trouver cela excitant. Évidemment, elle mouillait. Cela devenait une mauvaise habitude.
À ces paroles succéda un long silence. Les quatre spationautes réfléchissaient. Enfin, surtout les deux garçons. Si les filles cogitaient, leurs pensées s’égaraient sur des chemins de traverse.
Gladys, malgré son calme retrouvé, restait alanguie dans les bras de Susan, la tête sur son épaule. Elle savourait avec étonnement et un zeste de perversité les errements de mains sur son corps. Étonnée par le plaisir insidieux que lui causaient ces effleurements.
Considérée par beaucoup comme une libertine selon les critères de l’église officielle, elle ne faisait pas partie pour autant de ces déviants qui pratiquaient les relations unisexes ou d’autres dépravations passibles de séjours en camp de rééducation. Non, un mec, et un à la fois, de préférence imaginatif et endurant, suffisait à son plaisir. Les nanas, jusqu’à ce jour, ça ne l’avait jamais fait fantasmer.
Sentiment de perversité accru du fait que ce soit Susan qui provoque ce trouble. Se serait-elle trouvée dans cette situation avec la Sander-Farrell, qui d’après Zeldon était un sacré coup, peut-être, eût-elle été émoustillée… même pas garanti ! Mais Sœur Susan, la chasteté personnifiée, la parole de Saint Ahmed au quotidien… du moins jusqu’à ce qu’Heinrich la convertisse.
Les gestes de l’Italienne ne laissaient aucun doute sur ses desseins. D’ailleurs s’il lui en restait la moitié du quart d’un, le téton qui pointait contre ses côtes le lui aurait ôté.
Ironie du sort, la réaction de Susan était dissimulée à la vue des autres alors que la sienne… Comme elle en avait pris l’habitude lors des séances d’éveil avec Danilo, sous sa combine d’intérieur, elle ne portait qu’un string, qui plus est, translucide.
Comment avait-elle pu avoir un string, denrée introuvable et dont la possession était illégale dans l’Empire ? Elle avait connu bibliquement un taïkonaute venu au C.S.E.E. pour entraîner les candidats spationautes. En cadeau d’adieu, il lui avait offert plusieurs pièces de lingerie très coquines. Les communistes chinois qui ne vénéraient pas St Ahmed vivaient librement leur sexualité.
Quasiment nue sous sa combine, ses tétons excités déformaient le tissu. Les hommes perdus dans leurs pensées ne s’aperçurent de rien. Contrairement à Susan qui, très concernée, le repéra immédiatement. Dans un mouvement qu’elle espérait naturel, elle fit pivoter le torse de Gladys vers elle, le dissimulant à la vue de ceux qui d’ailleurs ne regardaient pas. La tête de la jeune asiatique s’appuyait contre sa propre poitrine qui durcissait à vue d’œil. Leurs jambes s’entremêlèrent plus ou moins. Elle étreignit Gladys encore un peu plus. Cette dernière répondit par une pression sur la hanche de sa voisine.
La voix de Danilo les ramena à l’irréalité de leur situation :
Gladys se déscotchant de Susan :
Danilo s’était levé.
Danilo s’assit à la table centrale. Heinrich le rejoignit. Les filles eurent quelque mal à rompre le contact charnel. Les heures qui suivirent furent studieuses. D’abord, Danilo sollicita Multi, qui avait fini sa vérification, pour déterminer dans combien de temps le vaisseau arriverait aux alentours de ce qu’ils pensaient être la Terre. Le computer répondit qu’il leur faudrait une quinzaine de jours.
Les deux semaines à venir allaient être dures à gérer. Ils rejetèrent la proposition d’hibernation de Gladys. Danilo qui, au cours des discussions, s’imposait comme leur chef naturel, proposa au contraire de rester éveillés, de profiter de ce temps pour parfaire leur condition physique et surtout de réfléchir à un moyen de s’en sortir. Ils établirent un planning précis qu’ils prirent l’engagement de respecter.
Ce problème réglé, ils décidèrent que, lors de l’approche de Terra, le Nicolas 1er se cacherait à l’ombre de la Lune. S’ils constataient que la situation était clean, ils appliqueraient les consignes données par le C.S.E.E. Les hommes orbiteraient autour de la planète avec la navette et effectueraient des relevés. Les deux femmes resteraient à bord du Nicolas 1er et analyseraient avec Multivac les renseignements qu’ils leur enverraient.
*********************
26 août 2099, an 83 de l’Empire, 22 h 14 P.M.T., système solaire Terra, 6 000 ans en arrière.
Susan et Heinrich avaient regagné leur cabine après un dernier briefing. Allongés nus sur la couchette, tendrement enlacés, elle tentait de réveiller les ardeurs de son compagnon.
Demain matin, le Nicolas 1er « jetterait l’ancre » à quelques centaines de kilomètres de la Lune.
Au grand soulagement d’Heinrich. Il avait craint ces journées. Finalement grâce à Danilo qui les avait tenus occupés et aux interminables discussions qu’ils avaient eues sur les avenirs possibles, elles s’étaient déroulées sans heurt. Au contraire, leur équipe s’était soudée.
L’animosité naissante entre les deux filles qui laissaient présager quelques problèmes avait disparu remplacée par une complicité sensuelle. Le Suédois s’en était aperçu mais, malgré son humour détestable, il n’avait jamais osé, même dans l’intimité bâcher sa maîtresse par peur de la blesser.
Leur couple – à ce stade ils pouvaient se considérer comme un couple – fonctionnait plutôt bien, tant intellectuellement que sexuellement. Plus paisiblement que celui de leurs partenaires souvent perturbé par les sautes d’humeur de Gladys. C’est elle qui vivait le plus mal leur situation.
Assez réfléchi ! Susan commençait à s’impatienter. Collée à lui, la tête sur sa poitrine, elle le câlinait. Les lèvres jouaient avec son téton gauche le suçotant divinement, la main gauche, par des déplacements erratiques, provoquait le tressaillement de ses abdos. Il ne pouvait non plus ignorer la vulve humide qui se pressait contre sa cuisse.
Sa queue se dressait, prête à l’action. Il se tourna face à Susan, se laissa glisser suffisamment pour que sa hampe s’introduise entre les cuisses entrouvertes. Avec toute la délicatesse voulue, il pénétra le vagin hospitalier. Lorsque leurs pubis se touchèrent, il s’immobilisa. Elle referma les jambes dès l’introduction complète, enserrant la hampe turgescente dans son fourreau humide.
Ils s’enlacèrent tendrement.
Poitrines se pressant, oppressées, l’une contre l’autre.
Tétons tendus se meurtrissant réciproquement.
Ventres s’épousant étroitement.
Cuisses soudées, pieds emmêlés.
Les yeux dans les yeux, LE baiser… leurs lèvres, leurs langues, seules parties mouvantes pour un baiser indescriptible. Par ce baiser transitait tous les mots qu’ils n’avaient pas dits, qu’ils ne diraient probablement jamais. Instant de profonde communion, même si ce vocable appliqué à cette situation eut fait bondir n’importe quel prêtrimam de l’U.S.D.
Leurs mains libres jouaient une douce musique glissée sur les touches vertébrales. De la naissance de la nuque à celle de l’entrefesse. Leur mimétisme révélait une pratique confirmée. Sous ces caresses pourtant simplissimes, leur désir s’amplifiait. À l’érection de plus en plus convaincante qui comblait son ventre, elle, répondait par une production accrue de cyprine.
Imperceptiblement, à chaque voyage, leurs doigts s’aventuraient un peu plus loin. Ils s’inséraient dans la raie culière, ouvraient les fesses complices, les pétrissaient délicatement, mais n’essayaient pas d’atteindre le petit fripé.
De cette étreinte statufiée émanait une plénitude apaisante. Ils planaient très haut, très loin des baises féroces de leurs premiers ébats.
Heinrich brisa le charme. Susan se retrouva sur le dos, lui prosterné à ses pieds. D’une main, il la tenait par les chevilles. Les soulevant, il avait la plante de ses petons à hauteur de bouche. Elle frémit de plaisir avant même que la langue de son amant n’entre en contact avec son épiderme. Il la lécha longuement, dessinant des figures géométriques imaginaires de l’entame du talon à l’extrémité des orteils. De temps à autre, il passait la langue entre ces derniers.
De son autre main, il électrisait ses jambes par de lents et subtiles massages-caresses. Elle reproduisait à l’identique ces câlineries sur ses propres seins. Ces diableries la mettaient dans un état proche de l’extase. Son corps était parcouru de frissons délicieux, sa langue humectait en vain ses lèvres sèches. Paumes ouvertes, elle massait ses mamelons, taquinant de l’empreinte du pouce ses tétons enflammés.
De temps à autre, un mot, toujours le même s’échappait :
Quand l’homme se lassa de ce jeu, sa bouche et ses mains remontèrent d’un cran. Dès que les doigts touchèrent ses cuisses, elle les ouvrit afin de libérer l’accès à sa fourche. Mais à son grand dépit, à aucun moment, il n’effleura sa vulve. Il promena ses mains partout, essuya de ses doigts la cyprine qui coulait abondamment, remonta sous ses fesses, mais évita son sexe.
Encore plus frustrant ! Quand sa bouche, montant d’un nouveau cran, s’attaqua aux cuisses, il en fut de même. Pareil pour ses doigts, se posant au sommet de son mont puis vadrouillant sur son ventre. Et il continua sur un mode identique à l’étage supérieur, il caressa ses mamelons puis les baisa mais il ignora superbement ses tétons.
Lorsque ses mains avaient rejoint celles de Susan sur sa poitrine, il les avait capturées. Entrelaçant leurs doigts, ils les avaient amenées sur le visage de sa maîtresse pour un câlin à quatre mains.
Ce n’était pas la première fois qu’il se délectait ainsi de son corps en squeezant les zones les plus sensibles. La première fois d’ailleurs, n’y tenant plus, elle ne l’avait pas laissé finir malgré ses demandes. Elle s’était empalée sur sa turgescence pour un orgasme aussi rapide que violent. Depuis elle avait appris à se contenir, elle savait que plus longue serait l’attente plus grand serait le plaisir. Aussi, elle éprouvait une grande jouissance intellectuelle face à ce culte qu’il rendait à sa sensualité.
Achevant sa croisade, la bouche d’Heinrich couvrit celle, impatiente de Susan. Pour ce faire, il s’installa au-dessus d’elle. Enserrant les jambes féminines entre ses genoux, il plaça sa queue contre le clito gonflé et de sa poitrine musclée, il lui comprima les seins, pointe contre pointe. Ils reprirent leur baiser là où il l’avait laissé beaucoup plus tôt.
Tout en l’embrassant, il utilisait ses tétins tendus pour agacer ceux de sa partenaire. Il remuait lentement le torse provocant des frottements des plus agréables. Conséquence, son bassin était animé d’imperceptibles oscillations qui faisaient vibrer son gland contre le clito.
Bien que dans un état second, Susan s’efforçait de retarder l’orgasme qui arrivait. Elle contenait de plus en plus difficilement les contractions de son vagin à marée haute. Ses doigts toujours prisonniers des mains de son homme les étreignaient nerveusement.
Une langue un peu trop perforante, un téton trop bousculé, une onde plus intense sur son clito ou les trois ? En une nanoseconde tout bascula. Elle ne gérait plus rien.
Raz de marée ! Flash extrême !
Son corps avait une vie propre. Ravagé par des ondes de plaisirs successifs. Chacun de ses muscles se tendaient vers un…
Ses mains, se dégageant abruptement, agrippèrent les fesses d’Heinrich et, sans ménagement aucun, plaquèrent le bassin de l’homme contre le sien. Sous la poussée, la bite bandée s’enfonça entre ses cuisses serrées, se faufila entre ses grandes lèvres sans la pénétrer. Cette sensation déclencha un second orgasme réplique, moins violent, mais tout aussi plaisant que le précédent.
Lui, toujours très zen, laissa passer l’orage. Il n’ignorait pas que dans quelques minutes, sa partenaire serait mûre pour un nouveau round. Il attendit qu’elle atterrisse, qu’elle se détende en se bornant à couvrir sa face de baisers tendres.
Quand elle commença de lui caresser négligemment le dos, il lui écarta momentanément les cuisses, le temps d’enfoncer son membre raide dans cette vulve ruisselante de cyprine.
Leurs corps fusionnèrent, de l’extrémité des orteils aux épaules, ils ne faisaient qu’un. Si le papier à cigarettes avait encore existé, il eût été impossible d’en passer un entre leurs peaux accolées.
Seuls leur bite et vagin s’activaient indépendamment de leur volonté.
Le vagin «spasmodiait », la bite palpitait.
Les doigts entrelacés, les yeux dans les yeux, dans une immobilité totale, ils écoutaient, surveillant dans le regard de l’autre la montée du plaisir. Dire ce qu’ils ressentaient à ce moment-là leur aurait été impossible. Simplement, ils étaient au-delà.
Cela pouvait durer plusieurs minutes, jusqu’à ce que le plus conscient de deux comprenne que l’autre allait décoller. Alors reprenant le contrôle de son sexe, il agissait.
Ce jour, ce fut elle, aidée en cela par ses deux premiers orgasmes. Elle vit les yeux de son amant chavirer. Elle déclara :
Le signal.
Les spasmes du vagin, les palpitations de la bite s’affolèrent.
Leurs bassins entrèrent en résonance.
Pas de houle, simplement un léger clapotis.
Yeux dans yeux toujours.
Respiration haletante.
Cyprine et sperme se mêlèrent dans un orgasme commun. Orgasme intérieur, mais d’une intensité supérieure à tout autre. Tête vide de tout, mais pleine de cette nouvelle traversée.
Beaucoup plus tard, Heinrich roula sur le côté entraînant Susan avec lui. Ils retrouvèrent la position qu’ils avaient au début de leur périple.
Elle avait orienté la conversation vers le grivois car les mots qu’il aurait pu prononcer l’effrayaient. Tous ses tabous n’étaient pas tombés. Son corps s’était émancipé de la doctrine, mais bien qu’elle soit à des milliers d’années du prêtrimam le plus proche, son esprit en restait toujours prisonnier. Elle craignait qu’il dise LE mot ou LES mots. L’avait-il compris ou ressentait-il encore cette contrainte ; il changea de sujet pour aborder un thème aussi brûlant.
Elle voyait parfaitement où il voulait en venir ; elle préféra jouer les idiotes.
Avec toute autre personne, elle aurait certainement simulé l’indignation. Pas avec lui ! Entre eux, ils ne trichaient pas.
Il ravala le « non » qu’il avait sur le bout de la langue. La réponse ne lui parut pas si évidente que ça.
Il ne l’avait donc pas baisé ! Elle n’avait jamais osé poser la question.
Le sang lui monta aux joues et elle se signa plusieurs fois. Elle avait failli… La réplique qu’elle occasionna aurait dû provoquer nombre de signe de croix…
… mais elle ne put que l’étreindre férocement et éclater en sanglots… pas vraiment des sanglots de désespoir.
À SUIVRE