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n° 13579Fiche technique30686 caractères30686
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Temps de lecture estimé : 21 mn
29/11/09
corrigé 12/06/21
Résumé:  Le voyage se poursuit. On est entré dans le vif du sujet. Ça reste très chaud ! Âme sensible et membre de l'U.S.D. s'abstenir. Y'en a qui risquent l'excommunication ! Pis y'a ces p... de météorites.
Critères:  #sciencefiction fh cunnilingu pénétratio
Auteur : Domi Dupon  (Homme de plus en plus du mauvais côté de la cinquantaine)            Envoi mini-message

Série : Mission "Survival"

Chapitre 03 / 09
Le bout du début

Résumé :



Pas facile, le mieux étant de lire (et de noter) les textes N° 13562 et N° 13565

Pour ceux qui ont la flemme (ou pas l’envie, ou pas le temps) : un vaisseau de l’Empire se dirige vers Proxima du Centaure, pour voir si par hasard y’aurait pas une planète à polluer car sur notre Terre bien aimée, ça commence à craindre.

À bord deux couples : Susan et Heinrich (c’est pas la joie entre eux), Gladys et Danilo (eux on s’en fout pour le moment, ils sont toujours en hibernation.)

Sur la station lunaire, y’a une dénommée Cléo Sander-Farrell, chef du projet… mais là on n’en parle pas. Si vous voulez savoir ce que Heinrich a subi à cause d’elle, faut lire les épisodes précédents.


Voilou !




ÉPISODE III

Le bout du début



Nuit du 16 au 17 août 2098, an 82 de l’Empire, P.M.T., quelque part au-delà du Système Solaire.



Pour la quatrième nuit consécutive, un rêve redondant la réveillait, le corps couvert de sueur, une moiteur suspecte entre les cuisses, malgré la position « dry » de l’humidificateur. L’écran-plafonnier indiquait 2 h 25 A.M. Elle ne se rendormirait pas. Elle allait gamberger le reste de la nuit.


Encore neuf jours. Neuf longues journées à essayer de L’éviter, à supporter son regard, à contrôler les crispations dans son ventre. Neuf nuits aussi, enfin d’abord huit, d’insomnie. Elle essayait de prier, mais la prière se révélait de moins en moins efficace. Pire, elle doutait. Pourquoi voyait-elle le diable partout ?


L’esclandre, dans la cage à vide. Elle avait eu tort. Il avait juste voulu l’aider.

C’était elle qui avait tout imaginé. Le rêve répétitif qui hantait ses nuits lui avait fait comprendre l’inanité de sa réaction.

C’était elle qui voulait y voir une connotation sexuelle. Dans son rêve, IL ne se contentait pas de la tenir contre lui, IL l’embrassait. Et elle répondait à ce baiser.

C’était elle qui l’aidait quand IL peinait à la débarrasser de sa combine pour caresser ses seins.

C’était encore elle qui lançait sa main vers la verge bandée d’Heinrich pour la…


Pour la quatrième fois, c’est à ce moment du rêve qu’elle se réveillait.

La première nuit, elle avait maudit son équipier, l’avait traité de tous les noms dont la religion affuble les gens de son acabit puis elle avait prié.

La seconde nuit, elle avait maudit son équipier, essayé d’imaginer la suite, puis pour oublier le feu qui couvait entre ses jambes, elle avait prié.

La troisième nuit, elle avait excusé son équipier, imaginé la suite, avait éteint d’une main maladroite le feu entre ses jambes, puis pour faire pénitence, elle avait prié.


Cette nuit, elle savait qu’elle se caresserait, mais qu’elle ne prierait pas. Elle avait oublié, durant ses cinq ans de veuvage que son corps pouvait ressentir du plaisir. Élevée dans une famille traditionnaliste, elle avait été mariée à dix-sept ans à un homme très pieux. Celui-ci l’avait déflorée sans fioritures et la baisait presqu’exclusivement dans l’intention de l’engrosser. Il n’avait jamais cherché à éveiller sa sensualité, pourtant elle ne détestait pas quand il la prenait.


Cependant quand elle se retrouva veuve à vingt-quatre ans, heureusement sans enfant, l’abstinence sexuelle ne la troubla pas. Point de rêves érotiques et pas même la pensée de se masturber. Le milieu dans lequel elle avait vécu l’avait protégée de toute tentation.


Depuis son arrivée au centre spatial, elle avait dû affronter un monde où trop de choses allaient à l’encontre de ses principes religieux. Ce qu’elle voyait, entendait engendraient certaines pulsions qu’elles combattaient avec toute la force de sa foi. Ce huis-clos avec cet homme la forçait à affronter ses contradictions. Il fallait qu’elle s’accepte, qu’elle relativise certains préceptes.


IL l’attirait. La répulsion qu’IL lui inspirait, une simple protection. Aujourd’hui, elle aurait aimé que… Le climat détestable qui régnait entre eux laissait peu de place à un rapprochement. Trop tard pour espérer. Elle ne pouvait oublier, non plus, la tête d’Heinrich entre les cuisses du professeur. Celle-ci avait crié si fort son plaisir qu’elle avait dû se boucher les oreilles. Un instant, elle l’avait enviée. Pour s’en horrifier une seconde plus tard.


Les grosses têtes les avaient mis en équipe parce qu’ils étaient complémentaires. Et s’ils avaient raison ?


Les images licencieuses qui défilaient sur « l’écran noir de ses nuits blanches » embrouillaient sa réflexion. IL squattait ses pensées. Nu qui plus est ! Le sexe, brièvement aperçu le jour de leur réveil, se relevait fièrement.


Elle introduisit la main, sous le pyjama, la culotte et la ficha entre ses cuisses. Tandis que du bout du pouce, elle frisottait sa toison, son index massait délicatement son bourgeon.


Ce n’était plus son doigt qui la caressait, mais celui de son coéquipier.

Elle n’était plus seule dans sa couchette, il était allongé à côté d’elle, contre elle.

Elle savait qu’elle évoluait en plein délire érotique.

Elle savait qu’elle aurait dû se reprendre, demander l’aide du Dieu.

Elle avait abdiqué, renoncé à toute pudeur.

Seuls comptaient cette humidité conséquente qui mouillait son index lorsqu’elle l’insinuait entre ses lèvres et ces frissons qui hérissaient sa peau.


Le blond Suédois qui avait retrouvé son catogan la chevauchait. Sa verge la transperçait. Les baisers sur sa chair la faisaient défaillir. Le pubis de l’homme frappait son mont de vénus en une fréquence allant crescendo. Soudainement, son corps se cabra. Elle exprima sa jouissance en un long feulement.


Retour à la réalité : ses cuisses s’étaient refermées sur sa main étreignant son sexe, deux doigts profondément enfoncés dans son vagin.


Bref instant de honte effacé d’un signe de croix négligeant. Elle avait franchi une porte. Affranchie du carcan de son entourage, elle admettait son plaisir comme naturel. Mieux, il lui semblait que chaque orgasme libérait un peu plus son esprit.


Un ange frustré lui demanda si ce n’était pas plutôt le malin qui habitait son corps. Elle chassa d’un battement de cils cette idée stupide. Pourquoi Dieu lui… Il fallait qu’elle arrête de chercher des justifications. Il ne lui restait sans doute peu de temps à vivre. Elle ne se faisait guère d’illusions sur leur retour. Elle allait profiter. Elle paierait l’addition plus tard.


Contrairement à ses craintes, elle ne gambergea pas. Sans doute soulagée d’avoir choisi, elle s’endormit paisiblement la main toujours entre ses cuisses.



*********************



17 août 2098, an 82 de l’Empire, 9 h 03 P.M.T., quelque part au-delà du Système Solaire.


Seul dans le pont-salon, Heinrich mangeait sans grand enthousiasme ses céréales recomposées, buvant un café noir dont il préférait ne pas imaginer à partir de quoi il avait été préparé. Il serait volontiers resté au lit. Il commençait à avoir quelques problèmes avec sa perception du temps. Les grosses têtes avaient conçu un programme qui simulait les enchaînements lumineux d’une journée terrestre, avec l’alternance jour/nuit. Ils avaient réussi à imiter l’apparence de la clarté solaire. Cependant les heures s’étiraient longues et monotones. La « nuit », il lui était difficile de dormir. Et puis s’y rajoutait le problème Venabili.


Depuis qu’il lui avait mis les points sur les « i », elle ne lui adressait la parole que si elle ne pouvait faire autrement. Elle avait réintégré ses horribles oripeaux, abandonné toute espèce de maquillage.


Il la voyait se désintégrer peu à peu chaque jour. Sa peau, ordinairement, d’un noir lumineux prenait une teinte grisâtre. Ce visage aux traits tirés, aux cernes profonds le culpabilisait. Elle mangeait peu et du bout des lèvres. Pourtant, elle restait très professionnelle et particulièrement efficace sur les interventions et vérifications qu’ils avaient effectuées ces trois jours. À plusieurs reprises, elle s’était montrée beaucoup plus pertinente que lui.


Heinrich n’était pas un mauvais gars. Il regrettait les dures paroles qu’il avait prononcées. Il se sentait coupable et cela le tourmentait. Il ne comprenait pas comment une nana aussi intelligente pouvait être aussi intolérante, aussi prisonnière de ses curailleries. L’antithèse de Sander-Farrell ! Celle-là, il l’entendait encore hurler quand il la baisait.


Il en était là de ses réflexions en demi-teintes quand Susan fit son apparition. Bonne surprise, elle portait son intégrale blanche, s’était à nouveau légèrement maquillée. Son visage semblait reposé.



Les trois jours de jeûne qu’elle s’était imposée avait creusé ses joues. Ses yeux, très noirs, enfoncés dans leurs orbites, lui donnait un air mystérieux. Il lui sembla que ses formes aussi s’étaient affinées, mais difficile à dire avec ce tissu intelligent qui s’adaptait à la silhouette.


Elle commanda son p’tit dej’ au CompuCook. Elle s’assit en face de lui. La table s‘ouvrit. Un mug de thé fumant et une assiette de scones émergèrent. Elle les prit et les posa devant elle. Le panneau se referma. Depuis son entrée dans la pièce, elle avait constamment gardé la tête basse et aucun mot n’avait été prononcé. Aussi fut-il surpris quand, sans relever la tête, elle s’adressa à lui :



Il levait la langue pour lui répondre une banalité, mais il retint ses mots. Il lui avait fallu du courage pour s’excuser ainsi. Lui renvoyer un lieu-commun aurait été stupide. Qu’est-ce qu’il allait pouvoir dire. Les événements lui épargnèrent une plus ample introspection.


La sirène d’alarme du vaisseau retentit bientôt remplacé par la voix de Multivac :



Multivac avait accepté sans problème de répondre à ce surnom donné par le Suédois, mais il refusait toute familiarité avec les spationautes. Il donnait du monsieur à Danilo et à Heinrich ; du mademoiselle à Gladys, ce qui la faisait pouffer à chaque fois ; du madame à Susan parce qu’elle avait été mariée.



Cette réponse ne rassura ni Susan qui se tordait nerveusement les mains, ni Heinrich dont l’inquiétude grandissait. Dans la programmation de Multivac s’inscrivait une variable qui l’empêchait d’annoncer directement une mauvaise nouvelle. Mais on était encore très loin des lois de la robotique chères à son créateur littéraire. Les réponses du leur étaient tellement maladroites qu’elles en devenaient plus inquiétantes.



Ces derniers mots exprimés sur le mode badin, il s’extirpa de son siège. D’une démarche qu’il voulait décontractée, il se dirigea vers sa cabine.



Ce cri le figea sur place. Il se retourna. Elle s’était levée. Mains étreignant la table. Yeux noyés de larmes. Terreur et désespoir altérant son visage.



Il ravala une réplique vacharde sur ces amis du Dieu qui n’était pas pressé de le rejoindre. Pas le moment. Elle venait de s’excuser et dans les heures qui venaient, ils auraient assurément besoin l’un de l’autre. Alors inutile de semer la zizanie. Autant partir sur une bonne impression.



Aucune réaction ! Après sa supplique, elle s’était laissé retomber sur son siège. La tête dans les mains, elle pleurait. Il s’approcha. Devait-il la toucher ou la raisonner ? La dernière fois qu’il l’avait touchée…



Plus le temps de tergiverser. Heinrich la saisit par l’épaule et l’attira à lui. Elle n’émit aucune protestation. Au contraire une fois debout, son corps inerte s’abandonna contre le sien. Il l’enlaça et l’emmena vers une cabine. Pas la sienne car elle était trop bordélique. Malgré le tragique de la situation, une nanoseconde, il eut envie de rire. Qui aurait pu imaginer qu’un jour, il accompagnerait Sœur Susan dans sa chambre en la tenant dans ses bras.



*********************



17 août 2098, an 82 de l’Empire, 9 h 30 P.M.T., quelque part au-delà du Système Solaire.


Aussitôt à l’intérieur, il la fit asseoir sur la couchette. Ensuite, il arma et verrouilla le PersonalProtect. Geste dérisoire. S’ils heurtaient un météorite, fin de l’histoire.


Susan retrouvait son self-control. Elle se blottit contre la paroi de sa couchette.



Il n’y comprenait plus rien.



Il s’assit à côté d’elle et prenant ses mains entre les siennes :



Il ne se mouillait pas trop en disant cela. Et si par miracle, ils s’en sortaient, ce serait un argument positif. Et il réussit… presque. En tout cas, elle douta… un instant.



Le Nicolas 1er se mit brutalement à vibrer. Il tanguait tel un bateau sur une mer démontée. Les projetant dans une direction pour la seconde suivante les précipiter dans la direction inverse. Soumis à ces turbulences, le Suédois s’agrippa tant bien que mal au montant de la couchette alors que l’Italienne s’agrippait à lui. Crampes aux mains à force de les contracter, il n’allait pas tarder à lâcher.


Illumination ! La couverture B.B. (pour Brain Blanket = couverture avec un cerveau) ! S’ils arrivaient à s’y glisser et à l’activer, tant que Multivac maintiendrait l’électricité, ils seraient en sécurité… mais à l’étroit.



Se cramponnant d’une main, il l’aida.

Non sans quelques difficultés, elle parvint, après de nombreuses contorsions, à y pénétrer.

À son tour maintenant.

Petit problème : la position qu’il occupait sur la couchette était telle qu’il devrait, à un moment, lâcher le lit.


Le vaisseau remuait provoquant de tels heurts dans tous les sens qu’en l’absence de prise solide, il allait valdinguer contre les parois. Il ne pouvait se cramponner à la couverture B.B. : elle n’était pas encore activée. S’il s’y accrochait, elle risquait de se détacher du lit.


Il se trouvait dans une impasse. Il fallait qu’elle mette la couvrante sous tension. Au moins, elle serait protégée. Impossible de le lui dire car depuis quelques secondes au mouvement s’était joint le bruit. Un sifflement/soufflement désagréable qui lui rappelait un doc vu à la tridi : le TTGV filant à 500 km/h dans le tunnel atlantique reliant Paris à New York City. Il devait lui faire comprendre.


Il n’eut pas à le faire. Elle agissait. Elle se poussa sur le bord extérieur de la couchette, l’obligeant à la chevaucher. Elle s’agrippa à son tour au montant. Elle avait libéré la place intérieure. Il put, en utilisant Susan comme point d’appui, lâcher la bordure du lit et, non sans mal, s’introduire à son tour dans la couverture.


Il activa la couvrante. Sauf si le vaisseau se désintégrait, ils étaient sauvés. La B.B. se révéla plutôt confortable. Fabriquée dans une matière inspirée de celles des combines, elle s’adaptait aux occupants. Il se tourna vers sa compagne de couverture :



Elle se blottit contre lui, terrorisée. Il l’étreignit vigoureusement tentant de lui donner ce courage qu’il n’avait pas. Si le moelleux de la couette leur épargnait tout choc, il ne les préservait pas du roulis.


Il aurait voulu la rassurer par des mots, mais il aurait dû lui hurler dans l’oreille. Alors, il appuya son front contre le sien, lui caressant doucement son crane tout lisse. Peu à peu, le cœur de la jeune femme cessa de battre la chamade, sa respiration se calma enfin son corps se détendit.


Ça ne s’arrangeait pas pour le vaisseau qui continuait sa progression par saccades, suivant une trajectoire décousue. Parfois un choc sur la paroi brisait le sifflement. Heinrich serrait les fesses, pensant « cette fois c’est la bonne ». Ça durait, ça durait. Un coup d’œil à l’écran-plafonnier : l’horodateur lui indiqua qu’ils avaient quitté le salon depuis à peine cinq minutes. P…, il avait l’impression qu’ils étaient là depuis des heures.


Des lèvres sur ses lèvres changèrent radicalement le cours de ses idées. Ben voyons ! Qu’est-ce qui lui prenait ? Cette fois, elle déraillait grave ! Quoique ! Dans quelques minutes, ils seraient probablement morts alors autant finir en beauté !


Il répondit à son baiser, entrouvrit la bouche. De la pointe de la langue, il força les lèvres collées aux siennes, s’insinua entre deux rangées d’incisives qui s’écartèrent pour lui céder le passage.



*********************



17 août 2098, an 82 de l’Empire, 9 h 38 P.M.T., quelque part au-delà du Système Solaire.


Elle était folle, folle à lier, mais y’avait urgence. Ils allaient mourir. Elle voulait… aurait-elle le temps ? Pourvu qu’il ne la repousse pas. Il réagit favorablement à son baiser. Elle oublia tout : le vaisseau, la mort, les météorites, Le Dieu. Seulement, cette langue qui la fouissait, cette main qui caressait son visage avec une vraie tendresse, cette autre main qui, glissant sous son corps, se plaquait sur sa fesse emboîtant son bassin avec le pelvis masculin.


Elle eut instantanément un orgasme. Elle se sentit inondée. Elle n’avait jamais ressenti ça, ou alors y’avait longtemps, ou elle avait oublié. Peut-être se trompait-elle car son désir n’avait en rien diminué. À son tour, elle cajola le visage, le dos, les fesses de l’homme dont la virilité tendue pesait contre son bas-ventre.


Elle aurait voulu sentir la peau de l’homme contre la sienne. Avec maladresse, mais persévérance, elle parvint à déscratcher le haut de la combine. Elle put, après quelques gesticulations, poser la main sur cette poitrine musclée, jouer avec des tétins qui ne demandaient que ça.


Avec plus de dextérité, il avait fait de même. Il était parvenu à la dénuder jusqu’à l’aine. D’abord, il avait conduit une délicate opération de reconnaissance tactile, de son ventre qu’elle avait su garder plat, jusqu’à ses seins. Il avait dégagé, au forceps, ces derniers de la forteresse qu’était cet horrible soutien-gorge de grand-mère. Ses mamelons s’affermissaient sous la main qui les pétrissait tour à tour. Ses tétons, si foncés que sa peau en paraissait claire, se tendaient vers le doigt qui les titillait.


Susan ne se sentait plus mouiller. Sa cyprine avait détrempé sa culotte et coulait le long de sa cuisse droite. Soudain, elle s’affola. La raideur contre son abdomen avait disparu. Heinrich interrompit leur baiser.



Elle n’eut pas le temps d’achever. La bouche qui avait brièvement déserté ses lèvres se posait au creux de son épaule. Par mille petits baisers attentionnés, elle descendit entre ses seins, avant de les assaillir. Après avoir léché, suçoté, baisouillé son mamelon droit, il emprisonna le téton érigé entres ses lèvres, et, comme un bébé, le téta.


Susan flottait sur un petit nuage. Plaisir permanent. Elle s’abandonnait, sans retenue aucune, aux doux sévices qu’il lui prodiguait. Comment avait-elle pu être aussi injuste avec lui ? Chacun de ses gestes débordait de douceur, de délicatesse.


Elle désirait lui rendre un peu du plaisir qu’elle recevait. Sa main gauche, forçant les scratches, atteignit l’abdomen qu’elle avait dénudé, mais elle arrivait à bout de course. L’extrémité de ses doigts effleurait le pubis glabre sans pouvoir atteindre l’objet de son attention. Elle caressa cette zone, tendant ses doigts au maximum pour aller le plus loin possible. Sans succès.


Lui n’eut pas ce problème, sa main se faufila entre l’épiderme et la culotte, son majeur glissa sans difficulté entre des grandes lèvres hospitalières, lubrifiées à point. Le doigt s’attarda ensuite sur les petites lèvres qu’il se contenta d’effleurer à plusieurs reprises pour ensuite dessiner de petits cercles concentriques autour du clitoris sans jamais le toucher.


Susan avait suspendu sa caresse. La main crispée sur le ventre de l’homme, elle le laissait faire. Quand il toucha son sexe, elle s’épancha en longues plaintes. Le jeu du majeur agaçant son bourgeon l’expédia sans avertissement dans l’ascenseur pour le septième ciel. Aussi lorsque ce doigt pénétra son intimité, son vagin l’étrangla et elle partit dans une jouissance plus forte que la première.


Lui, toujours aussi prévenant, entretint cette jouissance par de furtifs va-et-vient, le pouce légèrement appuyé sur un clitoris extrêmement sensible. Il était très excité ; il n’avait jamais pensé avoir d’une relation avec cette femme. Agréable surprise, elle provoquait chez lui un désir vrai, pas seulement une envie bestiale de baiser comme avec C.S.-F. .


Lui, qui, habituellement, très égoïstement, ne pensait qu’à prendre son pied, se sentait investi d’une « mission ». Il restait très maître de lui, uniquement préoccupé de la trajectoire de sa partenaire. Aidé en cela, il devait le reconnaître, par l’impossibilité qu’il avait de se détacher complètement de la réalité, ni à s’extirper de son intégrale. À chaque seconde, les écarts de trajectoire, le bruit lui rappelait qu’ils vivaient, peut-être… sans doute, leurs dernières minutes.


Comblée après ce nouvel orgasme, l’Italienne, les deux mains posées sur le crane rutilant du Suédois, avait définitivement oblitéré le danger qui les menaçait.


Lui continuait de téter divinement ses pointes, de branler son vagin qui palpitait autour de ce doigt fureteur.

Elle écoutait son plaisir. Monté très haut puis redescendu après l’orgasme.


Déjà, sous l’action de ce seul doigt qui, non content de la masturber, retournait titiller son bourgeon, ses petites lèvres, elle entreprenait une nouvelle ascension.


Elle ne pouvait pas rester ainsi passive. Elle se tortilla de telle sorte que leurs lèvres se retrouvèrent. Ce qui lui ouvrit, à elle, l’accès au service trois pièces de l’homme. Sa main s’intéressait surtout à une : le membre raide au gland humide. Elle n’avait jamais tenu de sexe masculin. Lors de son mariage, les relations sexuelles avec son mari se conformaient strictement aux directives de Saint Ahmed. La femme, trop impure, ne pouvait toucher le pénis de l’homme.


Elle pratiqua d’instinct. Les gestes lui vinrent naturellement. D’abord, timide, imitant Heinrich, elle parcourut cette tige gonflée du bout du doigt. Les soubresauts qu’elle déclencha lui donnèrent envie de l’entourer de ses doigts. Ce qu’elle fit. Quelques mouvements volontaires ou involontaires du pénis lui indiquèrent la marche à suivre. Avec la même délicatesse que le majeur de l’homme la masturbait, elle commença de le branler.


Bien qu’il gardât son contrôle, Heinrich à son tour oublia les dangers qu’ils couraient. Peu habitué à un tel comportement par ses amants, amantes de passage, il fondait sous la tendresse, la maladresse de Susan. Une phrase de Sander-Farrell lui revint en mémoire : « Tu me remercieras un jour ! ». Il ne pourrait probablement pas le faire. Dommage !


Les deux amants, tout à leurs tendres et mutuels attouchements, ne se rendirent pas compte que le bruit avait cessé, que la tempête s’était apaisée, que le vaisseau était redevenu apparemment immobile. La voix de Multivac les tira de leur nirvana :




S’adressant à Heinrich :



Il désactiva la couverture. Elle s’en extirpa promptement. Avant qu’il n’ait bougé un cil, la combine, le soutif et la culotte de sa compagne gisaient déjà sur le sol de la cabine. Impatiente, elle l’aida à se déshabiller.


Ils s’écroulèrent sur la couchette.

Enfin de l’espace. Enfin libre.

Dieu ne l’avait pas punie.

Le corps lisse de l’homme contre le sien.

Le pénis contre son mont de Vénus.

Sa poitrine gonflée écrasée contre la poitrine de l’homme.

Plénitude.


Bouches soudées. Langues lancées dans de nouvelles joutes. Mains de retour entre leurs cuisses.

Index et majeur dans le vagin de Susan, Heinrich avait repris sa masturbation, le pouce écrasant gentiment le clitoris.

Susan avait empaumé, sans aucune timidité cette fois, le membre passagèrement amolli. Très passagèrement. Quelques va-et-vient suffirent pour qu’il retrouve une rigidité de bon aloi.


Variant le rythme, la pression des doigts, titillant le gland décalotté, la jeune femme libérée se montrait particulièrement efficace. Délivré provisoirement de tout souci, le Suédois savourait pleinement les initiatives de sa partenaire. À tel point que sa queue se gorgeait de foutre et qu’il n’allait pas tarder à éjaculer.


La chose à éviter. Il n’éprouvait aucun sentiment particulier pour Sœur Susan sinon une grande affection. Cependant il se serait considéré comme un beau salaud de la laisser sur sa faim alors qu’elle essayait de se décoincer. Avec un zest de cynisme, il pensa aussi qu’il leur restait une dizaine de jours d’éveil.


Pour éviter cette petite mort prématurée, il devait éloigner momentanément sa bite impatiente de la main trop efficiente de sa coéquipière. Il décolla ses lèvres des siennes, entama une reptation descendante qui amena sa tête entre les cuisses de Susan. Sa langue partit illico à la rencontre d’une vulve inondée. L’Italienne avait au moins un point commun avec Sander-Farrell. Rarement, il avait léché des nanas qui mouillaient autant. Peut-être était-ce l’espace.


Le premier réflexe de Susan, fugace réminiscence de sa pruderie, fut de serrer se jambes et d’empêcher ce cunnilingus. D’autant que ce n’était pas une langue qu’elle espérait. Vision : lui entre les cuisses de Sander-Farrell, les gémissements de ravissement de cette dernière. Pourquoi pas elle ? Elle écarta les jambes autant qu’elle pouvait, tendant son bassin vers la bouche de l’homme.


Celui-ci tétait son clito comme il avait précédemment tété son sein. Elle découvrait avec délices le plaisir que lui procuraient les doigts qui flirtaient avec ses petites lèvres, qui voyageaient verticalement entre les grandes.


Ils descendaient parfois jusqu’entre ses fesses pressant son anus. D’abord choquée par cette privauté, elle adora vite la sensation provoquée par la crispation de sa rosette à ce contact. Puis il inséra index et majeur, légèrement recourbés vers le haut, à l’intérieur de son vagin. Du bout des ongles, il en gratouilla les parois.


Un nouvel orgasme arrivait. Heinrich le comprit. Il stoppa toutes ses manigances.


Il coucha Susan sur le dos. D’elle-même, elle campa ses pieds sur la couverture, ouvrit largement ses cuisses, lui offrant sa vulve dégoulinant de cyprine. Il se plaça à croupetons au-dessus d’elle, bras repliés le long des hanches, mains se refermant sur ses seins. Il présenta sa tête de nœud à l’entrée de la vulve, exécutant de petits mouvements de va-et-vient verticaux entre les lèvres, mouvements ponctués de brèves haltes à la station clitounet.


Elle avait passé les bras autour de son cou. Totalement à sa merci, elle s’abandonnait, un râle plaintif s’échappant de ses lèvres entrouvertes. Cette excitation sonore nourrit celle d’Heinrich.


Avec une délicatesse dont il ne se serait pas cru capable, il la pénétra de la longueur de son gland. Il entreprit de la baiser sans aller plus profond. Il coulissa ainsi lentement à l’écoute des réactions de Susan. Il sentait son vagin frémir autour de son membre : impression de percer son cœur.


La plainte toujours aussi lancinante monta d’une octave. Le bassin dans lequel il plongeait sembla animé d’une vie propre. Affolement dans sa chapelle ardente : palpitations vaginales qui s’affolent, spasmes incontrôlables.


Les mains de la femme agrippèrent les fesses masculines, les attirant sèchement contre elle. Un grand « splatch » provoqué par l’excédent de cyprine. Il était planté en elle jusqu’aux testicules. Ramenant encore plus en arrière sa jambe droite, elle laissa la gauche pendre au dehors de la couchette.


Heinrich colla son corps au sien, sa bouche à la sienne, écrasant sa poitrine. Faisant preuve d’une mobilité peu commune, il la possédait exclusivement en bougeant son bassin. Il se balançait en elle, allant lui semblait-il plus loin à chaque pénétration.


Cette verge qui la transperçait, qui la soumettait lui procurait des sensations inconnues. Jamais son mari… Tout son être, toute sa vie était concentrée en cet ultime lieu. Elle n’existait que pour cet instant.


L’instant arrivait aussi pour lui. La sève grimpait à toute allure. Quand il explosa, il se redressa, la souleva par les hanches, se ficha profondément dans le vagin torturé et se vida abondamment. Le premier jet fut le déclic qui déclencha l’orgasme pour Susan. Ils jouirent longuement, ensemble, loin de tout.



Ce furent les premiers mots qu’elle prononça avant de couvrir le visage de son amant de baisers. Bientôt suivis de :




À SUIVRE


ÉPISODE IV

Le commencement du milieu.