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Temps de lecture estimé : 54 mn
25/09/09
Résumé:  Dehors, le soleil grec brille de tout son plein, il écrase de ses rayons les rares personnes qui feraient la folie de se balader en ce milieu d'après-midi.
Critères:  fh inconnu plage hotel amour fellation cunnilingu pénétratio
Auteur : Patrik  (Carpe Diem Diemque)            Envoi mini-message
Corps fous

Corps fous


Récit plutôt sentimental…


Dehors, le soleil grec brille de tout son plein. Il écrase de ses rayons les rares personnes qui feraient la folie de se balader en ce milieu d’après-midi. Pas même une petite brise, la mer, pourtant si proche, ne calme pas cette impression de rôtisserie que l’on peut actuellement éprouver.


Moi, en robe légère, je m’en fiche un peu, je suis en train de faire des courses chez Mútê (si je prononce bien, car ma connaissance de la langue grecque est plutôt réduite), un magasin qui vend un peu de tout, mais il faut fouiller pour trouver. La notion de rangement semble totalement absente. Ça fait partie du charme de la chose.



J’ai bien fait du grec ancien dans mon jeune temps, mais là, je sèche complètement. Faut dire que Socrate et Aristote ne causaient pas trop de cuisine ou d’art ménager !


Kerkyra est une assez grande ville, c’est d’ailleurs la plus grande de Corfou ; on y trouve souvent ce qu’on désire ; beaucoup de rues sont des petits dédales mais, quelque part, c’est justifié puisque je suis en Grèce. J’aime flâner, mettre mon nez partout, fureter et j’en passe. C’est la première fois que je viens par ici, d’habitude, mes vacances se passent plutôt en Tunisie ou en Espagne, mais cette année, changement de programme.


Résultat, ça va faire bientôt une heure que je retourne tous les bacs pour chercher et souvent trouver des choses étranges, amusantes ou utiles.


Quelque chose me turlupine néanmoins : j’ai une curieuse impression, comme si quelqu’un m’épiait. D’un coup, je lève la tête. Il me semble bien avoir déjà vu ce visage masculin, il y a quelques minutes. Peut-être que je me fais des idées. Je change d’allée, je plonge mes mains dans un autre casier blanc rempli à raz bord, lui-aussi, de choses incongrues. J’extirpe une sorte de rideau, non, une moustiquaire et… Et face à moi, le même visage masculin. Curieux…


Je continue mon exploration de ce coin du magasin. Chemin faisant, je passe devant une psyché ovale. Du coin de l’œil, je constate que ma robe est particulièrement légère et mon décolleté plongeant, même si un bijou fantaisiste rouge barre la vue vers plus bas. Quoique…


C’est vrai que… finalement… il y a de quoi… Mais bon, ce n’est pas une raison. Au moment où je m’apprête à quitter le miroir, je constate que mon voyeur n’est pas loin. Pour en avoir le cœur net, je traverse un bon tiers du magasin pour aller me planter dans le rayon alimentaire. Je soulève quelques boîtes pour donner le change. L’une d’entre elles possède un dessus réfléchissant, et devinez qui je vois en reflet ? Mon voyeur !


Pourtant, je ne suis plus une frêle jeune fille, je ne suis même plus une délicate jeune femme puisque mes enfants se sont déjà fait un plaisir d’en avoir, eux-aussi. J’approche, je frôle le demi-siècle, hélas, mais il est vrai que je ne baisse pas les bras face au temps qui passe ; sans mettre toutefois une tonne de maquillage, je déteste ça, on dirait d’ailleurs qu’on a une couche de plâtre sur le visage ! Berck !


Bon, ok, ma robe me met bien en valeur, mais il ne faut pas pousser, il y a plein d’autres femmes dans ce magasin. D’accord, je ne suis pas le modèle particulièrement petit, je suis plutôt élancée, dira-t-on charitablement, mais je ne suis certainement pas une blonde scandinave ou californienne à gros seins. Euh… c’est vrai quand même que j’en ai dans les balconnets, mais bon, faut pas pousser quand même ! Je fais quoi ? Je re-vérifie si je ne me fais pas des illusions ?


Allons-y !


Et je retraverse le magasin dans l’autre sens. Et mon voyeur se retrouve quasiment face à moi, les mains plongées dans les tubas, tandis que j’ai les miennes dans les lunettes de plongée ! Là, ça devient gênant. Je me donne une contenance en inspectant mon panier, et je change d’allée, direction les vêtements. Ah ? Il ne me suit pas ! Tant mieux ! Ouf !


Satisfaite, je farfouille les divers bacs durant quelques minutes, on trouve des tas de choses, surtout ces petits strings de bain très miniatures ; je me demande bien que qu’on peut cacher avec ça ! Ça ressemble plutôt à de la ficelle un peu grosse ! L’évocation de ce que ça donnerait sur moi me fait sourire.



Eh ! Que… On me cause ou quoi ? Je tourne la tête pour me retrouver nez à nez avec mon voyeur de tout à l’heure !



C’est la seule chose que je bredouille. Je dois tellement m’exprimer ci et là dans un allemand basique - le français est une langue assez inconnue par ici ; l’italien ou l’anglais et moi, ça fait deux ; le grec moderne, n’en parlons pas - que ça sort spontanément !



Il sourit et reprend :



Tu parles, c’est tout ce que je sais dire dans cette langue scandinave ! Je m’adosse au bac et je fais définitivement face à mon interlocuteur imprévu :



C’est peut-être bien vu de ma part, mais ça n’explique pas pourquoi il me zieute ainsi ! Parce que dans la catégorie « allons-y gaiement », c’est le pompon ! Espèce que petit vicieux, va ! Petit ? Non, il doit frôler le mètre quatre-vingt-dix. Ce qui lui donne un peu plus de dix centimètres de plus que moi, surtout que je suis souvent perchée sur des talons ou des larges semelles, même si je suis déjà assez grande naturellement.


Et vas-y que je reluque dans mon décolleté ! De plus, il ne se gêne ! Ben voyons ! Ok, je ne déteste pas savoir que je puisse encore plaire malgré mon âge canonique, mais j’estime tout de même qu’il y a une limite dans le genre. En parlant de genre, je n’arrive pas à déterminer celui de mon voyeur, je suis même incapable de lui donner un âge ! Puisqu’il me dévisage - bien qu’il regarde, la plupart du temps, plus bas -, honteusement, j’en fais de même à mon tour ! Il est bien habillé, mais avec quelque chose qui ne suit pas sur lui, mais je ne saurais dire quoi. Il flotte entre trente et cinquante ans, parfois un peu moins, parfois un peu plus. Il est grand, ça, je l’ai déjà dit, visage carré, menton carré de même, il est brun avec, on dirait quelques mèches plus claires sur les tempes. Ses yeux sont verts, presque pomme, ce qui détonne par rapport à son teint hâlé. Sa chemise blanche est entrouverte sur une touffe brune dans laquelle se perd une branche de ses lunettes de soleil. Il porte un short long d’où émergent des jambes solides. Bref, un étrange mélange de méditerranéen et de nordique. Peut-être qu’ils sont comme ça, les Suisses du sud !


Il sourit, dents blanches scintillantes :



Je fronce des sourcils : ce type est impossible, rien ne semble l’affecter ! Je rétorque :



Je m’adosse au bac, j’ai cru mal entendre ! Il reprend, tout en souriant :



Là, je commence à voir rouge ! Je serre les poings, et si mes yeux n’avaient pas déjà une couleur sombre, ils seraient noirs d’orage ! D’une voix que j’essaye de garder calme, je réplique :



Je me mords les lèvres, je lui tourne le dos :



Et je quitte précipitamment le magasin, les mains vides. Je m’enfonce dans les rues avoisinantes, je regarde derrière moi : personne me suit. C’est toujours ça. Il me faut quelques minutes pour me calmer ; mais pour qui il se prend ce type ? En plus, j’étais contente de pouvoir parler un peu français !



--ooOoo--




Résultat de tout ça, je suis énervée. Pour me calmer, je marche un peu au hasard, au gré des couleurs des devantures, de mon humeur qui s’apaise doucement. Je fais même ci et là quelques petits achats. Sans m’en rendre compte sur le coup, j’ai traversé la ville, et je ne suis pas loin de l’aéroport, les avions qui décollent me le confirment. C’est alors que je réalise que je ne sais plus trop bien où reprendre le bus qui m’a amenée à Kerkyra, et il me semble bien qu’il n’y avait pas d’autres d’arrêts que celui de ce matin.



Là-bas, il y a un plan, je le consulte. Je crois reconnaître l’endroit qui m’intéresse, mais je ne suis pas sûre de moi. Néanmoins, comme il faut y aller, j’y vais. Les sachets au bout de mes bras commencent déjà à peser lourd ! Une petite heure après, je dois constater que je ne suis toujours pas arrivée là où je devrais être. En clair, je me suis perdue. Il est vrai que mon sens de l’orientation n’est pas ma principale qualité…


Bah, au pire, je prendrai un taxi, même s’il y a du kilomètre au compteur pour regagner mon hôtel ! Le pire, c’est que, Laurine, ma colocataire de voyage ne s’inquiétera même pas si je ne suis pas là ce soir ; elle part en vacances pour aller chasser le mâle local, et dès son arrivé, elle avait déjà trouvé chaussure à son pied ! Bref, elle partage une chambre avec moi, mais elle y dort rarement la nuit…


Sacrée Laurine, va ! Quelque part, je l’envie, même si je n’approuve pas toujours !


Une grande vitrine colorée et chatoyante attire mon œil, je m’approche. Il y a des tas de choses belles et intéressantes, je parle tout haut :



C’est alors qu’une voix connue répond :



Je pivote instantanément sur mes talons : mon voyeur était derrière moi, grand sourire aux lèvres, lunettes de soleil sur le bout de son nez.



Je soupire, je sens que je n’en tirerai rien, il répondra ce qu’il aura envie de répondre, et le pire, c’est qu’il le fera sans aucune gêne. Il enlève ses lunettes et les accroche dans l’échancrure de sa chemise :



J’hésite, je me demande si je peux lui faire confiance. Il ouvre les bras :



Néanmoins, je décide de lui faire confiance. Il prend la plupart de mes sachets, ça me soulage d’un poids. Le trajet sera agréable, aussi bien par les rues dans lesquelles nous cheminons que par sa conversation, même s’il n’hésite pas à me sortir des phrases plutôt rentre-dedans, mais dans un vocabulaire soigné. Pour un peu, je me demande s’il n’est pas diplomate ou un truc comme ça.



Tandis qu’il pose mes achats au pied du poteau, je consulte les horaires pour Roda : j’ai de la chance, il y en a un dans cinq minutes environ. Mais j’ai des doutes sur la ponctualité des bus du secteur.



Et sans crier gare ou quoique ce fut, il m’attire à lui et m’embrasse. Je suis tellement stupéfaite que je ne réagis pas sur le moment, et il en profite ! Mais je finis par réagir, et je le repousse furieusement !



Je le regarde avec fureur, je voudrais le hacher en menus morceaux, le piétiner, le découper en rondelles, et j’en passe. Lui, il continue de sourire, me regardant avec un intérêt non dissimulé. Je n’aime pas trop les scandales, alors je me modère :



Juste à ce moment-là, à mon grand soulagement, le bus arrive. Je reprends tous mes achats et je grimpe précipitamment dans le véhicule. Il ne me suit pas ; j’en suis soulagée. Je m’installe vers le fond. Enfin, je souffle.


Toc, toc !


Oh non, encore lui ! Je détourne ostensiblement la tête, j’entends sa voix :



Étonnée, je le regarde :



Je me lève, j’ouvre la vitre du haut, il me tend le sachet, je l’attrape aussitôt, tout en évitant soigneusement le moindre contact avec lui. Je suis intriguée, ce sachet ne me dit rien. Non, ça ne me dit rien du tout. Je tourne la tête vers lui :



Mais le bus démarre. Je vois mon inconnu s’éloigner de moi, il sourit toujours et me fait même « au revoir » de la main. Machinalement, je lui réponds de la même façon. Je me renfrogne, ce type m’aura eue jusqu’au bout !


Perplexe, j’ouvre le fameux sachet : il contient un collier. Même s’il est très beau, je n’ai jamais acheté ce truc. Je découvre un petit papier au fond, dessus, quelques mots griffonnés :


Ce collier ira à ravir avec votre magnifique décolleté. Bonnes vacances, chère inconnue.


Je soupire : ce type est impossible, mais, je reconnais qu’il a bon goût, ce collier est splendide. Le bus s’éloigne de Kerkyra, loin de cet homme irrécupérable.


Durant la traversée du col qui sépare la partie sud du nord de l’île, je me surprends à songer à son baiser, malgré les remarquables paysages que j’ai sous les yeux. Je suis obligée de reconnaître que ce n’était pas désagréable, et que de se faire embrasser de la sorte à presque cinquante ans m’a fait revenir à mes vingt ans. Et c’est, quelque part, flatteur… Mais, ceci dit, ce n’est pas une raison de se comporter ainsi ! Le bus s’éloigne encore plus de Kerkyra et de cet homme que je veux chasser de mes pensées.



--ooOoo--




Un jour complet s’est écoulé depuis. Il est presque midi, je suis sur la petite plage qui borde l’hôtel où je suis descendue, afin d’étrenner pour la troisième fois mon nouveau maillot de bain. J’avais quelques appréhensions, car je trouvais ce maillot assez… sexy, surtout avec toutes ces bandes blanches sur noir qui épousent un peu trop bien les formes. Sans parler de l’échancrure assez profonde, accentuable plus bas que la naissance des seins avec la fermeture éclair !


Le soleil grec, là haut, tape toujours aussi fort, mais l’eau semble très froide. Mais voilà, je ne suis pas venue à Corfou pour jouer les tartines grillées recto-verso, alors rassemblant mon courage, je rentre petit à petit dans l’eau, après avoir rassemblé mes cheveux par une pince. Elle me semble glaciale, j’ai même la chair de poule, ma peau est toute hérissée, mais je tiens bon. Je m’asperge un peu, puis d’un coup, je plonge mon corps jusqu’au cou. Je serre les dents, la sensation est horrible, mais petit à petit, je m’habitue.


Quelques minutes plus tard, je suis bien, je nage un peu dans cette eau si bleue, puis arrivée assez loin du rivage, je regarde dans le lointain les hautes cimes du rivage opposé, ces montages qui plongent dans la mer, elles sont à la fois si proches et si lointaines. Je m’arrache à ma rêverie pour profiter de ma relative solitude, il y a à peine quatre ou cinq autres personnes dans l’eau. Comme je suis assez loin, je décide d’en profiter : j’abaisse la fermeture éclair afin de libérer un peu plus mes seins, puis je décide de faire la planche, me laissant flotter sur l’eau paresseusement, offerte aux rayons ardents du soleil et à la brise marine, me libérant des contraintes, calme, reposée, sans aucune pensée, l’esprit ailleurs : je suis si bien ! I feel good !



Je manque de me noyer, tellement je suis surprise ! Cette voix, c’est pas possible ! Pas lui ! Suffocante, j’émerge de l’eau, je secoue la tête, je n’en crois pas mes yeux :



J’essuie l’eau salée de mon visage, replaçant comme je peux mes cheveux mouillés en un vague chignon. C’est peu après que je réalise que je dois lui offrir un sacré spectacle, mes bras levés par-dessus ma tête, mes mèches folles collées ci et là sur mon visage, ma peau mouillée et luisante et mon maillot de bain totalement échancré !


Aussitôt, je m’enfonce dans l’eau jusqu’au cou, refermant précipitamment ma fermeture éclair. Hélas, elle se coince au premier tiers. Je suis verte de rage :



Je marque une petite pause, quelque chose m’échappe :



Je me redresse d’un coup, je tape violemment de mes bras la surface de la mer :



Je serre les dents, je prends une grande respiration, et de ma voix la plus calme, je réponds :



Je suis comme assommée, j’écarquille les yeux, la bouche ouverte :



Je soupire, ce type est vraiment un cas :



Ce type est impossible, irrécupérable. Je secoue la tête et je lui tourne le dos. Je l’entends alors me dire :



Je ne me retourne pas, mais je réponds, comme malgré moi :



Je soupire. Et cette fichue fermeture qui reste coincée ! C’est agaçant, je ne vais quand même pas retourner sur la plage avec un décolleté qui m’arrive presque jusqu’au nombril ! Il propose alors :



Je continue à lui tourner le dos. Pas question, il en profiterait pour mettre ses doigts où il ne faut pas. D’un autre côté, peut-être que… Il est vrai que la dernière fois, il m’a bien menée à l’arrêt de bus, sans entourloupe. Sauf quand nous sommes arrivés à ce fichu arrêt de bus… Je respire un grand coup, je demande :



Je me retourne, je rougis sous son regard. Il attrape le haut de mon décolleté, je me recule instinctivement. Il sourit, il resserre ensuite les deux bandes de tissu, puis il attrape la tirette qu’il fait aller de droite à gauche. D’un geste assuré, il descend celle-ci tout en bas, je pousse un petit cri : le salaud, il en profite un max ! Je m’apprête à l’injurier quand, d’une seule traite, il referme mon décolleté jusqu’en haut. Je ne sais plus quoi dire.



Je lui tourne le dos à nouveau afin de vérifier s’il n’y a pas de problème avec ma fermeture éclair. J’ouvre et je ferme par trois fois : non, pas de problème, tout va bien. Puis je lui fais face :



Et sans crier gare ou quoique ce fut, il m’attire à lui, il plonge son nez dans l’échancrure du maillot et m’embrasse entre les seins. Je suis tellement stupéfaite que je ne réagis pas sur le moment, et il en profite allègrement ! Mais, comme la dernière fois, je finis par réagir, et je le repousse furieusement !



Il croise les bras sur son torse nu. C’est alors que je réalise qu’il n’est pas trop mal de sa personne, il est même moins velu que je ne le pensais. Il regarde les montagnes au loin, puis tourne la tête vers moi. Je suis, malgré moi, un peu troublée par son regard.



Alors là, il m’en a posé une bien bonne de question. Le pire, c’est qu’il a raison. Par pure logique, j’aurais dû regagner la plage depuis un certain temps, et au lieu de cela, je reste plantée devant lui !



J’ai un faible mouvement de recul, je n’aime pas trop ce qu’il vient de me dire, ça signifie des tas de choses différentes. Je questionne :



Sarcastique, les bras croisés sur ma poitrine, je rétorque :



Je me détourne de lui, et à mon tour, je regarde les lointaines montagnes. C’est quand même impressionnant de voir ces hauts sommets si proches de la mer, ça doit être vertigineux, vu de ces cimes. Ewan me contourne et me demande :



Nous nous baignons l’un à côté de l’autre. Il me parle de tout et de rien, surtout de Corfou et de ce qu’on peut visiter. Petit à petit, je lui réponds de plus en plus longuement. Je me sens doucement rassurée, j’agis comme si je n’avais effectivement rien à craindre de lui. Nous nageons, nous allons nous asseoir sur les rochers battus par quelques faibles vagues, nous nous baladons le long de la plage, comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Il est vrai que, tant qu’il oublie de me draguer de façon éhontée, sa compagnie est appréciable. De temps en temps, il place un petit compliment, mais ça n’a rien à voir avec les horreurs qu’il est capable de sortir le plus naturellement du monde.


Nous retournons dans l’eau, je décide de faire la planche, comme avant sa venue. Il s’éloigne un peu de moi pour aller nager. Situation étrange quand même ! Néanmoins, comme tout à l’heure, je me laisse à nouveau bercer par la mer et dorer par le soleil. Pour un peu, je dormirais bien ainsi ! Je me laisse aller… complètement, c’est si bon d’être ainsi !


Les bras et les jambes en croix, l’eau par-dessous, le soleil par-dessus, c’est si bon, mais tout a une fin. Alors je décide d’arrêter là et de me remettre debout. C’est alors que je constate que je me suis éloignée de la plage et que je n’ai plus pied ! Pas grave, je sais nager, il n’y a que quelques mètres à faire. Au loin, je vois mon voyeur, pardon, Ewan qui nage dans ma direction. Il a tenu parole, il n’est pas venu m’embêter.


Alors que je nage vers la plage, je ressens une douleur dans la jambe. Je serre les dents et je continue. Mais la douleur persiste, s’intensifie : une crampe ! C’est rare que ça m’arrive, quand j’en ai une, elle ne part pas facilement ! Je tente d’immobiliser ma jambe douloureuse tandis que je continue de nager avec l’autre et mes bras. Hélas, je ne suis pas très douée et j’avance de façon désordonnée. Je m’enfonce de plus en plus, l’eau commence à entrer par mon nez, j’essaye de ne pas paniquer, mais c’est plus facile à dire qu’à faire !



J’avoue que c’est bien la première fois que je suis réellement contente d’entendre cette voix. Peu de temps après, un bras puissant me capture, ma tête sort complètement de l’eau, je respire bruyamment. Puis Ewan s’immobilise, me serrant toujours contre lui :



En effet, j’ai pied, mais ma jambe me fait toujours mal !



Mais c’est qu’il m’enguirlanderait presque ! J’ai envie de lui rétorquer que je ne suis pas sa chose, ni sa propriété, ni quoi que ce fut, mais le regard inquiet qu’il pose sur moi me fait ravaler mes propos. On dirait bien qu’il a eu peur pour moi. C’est étrange comme sensation. Même avec mes précédents hommes, je n’ai jamais ressenti cela, et pourtant, tout n’a pas toujours été rose dans ma vie avec eux…



Peu importe, il passe un bras sous mon dos et l’autre sous mes jambes, puis me soulève. Une grimace tord mon visage, il change alors la position de ses bras. J’opine du chef, je n’ai plus mal, portée ainsi. Doucement, il revient vers la plage. Il n’y a plus personne dessus ou presque, les gens sont partis manger puisqu’il doit être au moins treize heures. C’est curieux de se faire porter ainsi par un type que je ne pouvais pas encadrer, il y a quelques minutes… J’éprouve de surcroît une sensation insolite de protection. J’aime le contact de sa peau sur la mienne. Je me traite de folle.


Peu après, il me fait asseoir sur un rocher plat, mes jambes dans l’eau. Il attrape ma jambe douloureuse et commence à me masser ; je grimace, mais petit à petit, la douleur s’estompe. Je pourrais aisément lui dire que ce n’est plus la peine, mais je le laisse continuer. Est-il dupe ou pas ? Je ne sais pas. Je préfère arrêter là :



Il s’assied à côté de moi, et me regarde d’une façon bizarre, on dirait qu’il a des rayons X à la place des yeux, comme s’il voulait voir à travers moi. Je frissonne malgré moi. La situation s’éternise, ça me gêne un peu, je ne sais pas quoi dire.



Je viens de lui redire merci. Tout à l’heure, je lui aurais plutôt dit de foutre le camp. Décidément, les choses sont inaccoutumées sous le soleil grec ! Une petite brise me fait frissonner, sans réfléchir, je me plaque à lui. Je sens son regard sur moi ; je fais alors la grosse bêtise de le regarder dans les yeux. Comme hypnotisée, je vois ses lèvres s’approcher de moi, j’entrouvre la bouche, ses bras m’enlacent et nous nous embrassons le plus naturellement du monde. Je ferme les yeux, je ne fais rien pour l’empêcher de continuer ; comme tout à l’heure sur la mer, je me laisse porter, et j’aime ça !


Je finis par redescendre sur terre. Je m’écarte légèrement de lui, mais il me retient entre ses bras. Je toussote :



J’essaye de me donner une contenance. Ma propre réaction m’étonne, surtout avec un type impossible comme lui. Je me demande si je ne vieillis pas mal…



Je soupire. Je tente de me lever, je manque de trébucher, il me rattrape.



Sans rien dire, nous regagnons la plage. Je clopine, mais j’arrive à marcher, même si c’est pénible. En soufflant, je m’assieds sur mon transat. Ewan me donne mon sac de plage. Je me sèche tant bien que mal, tandis qu’il rejoint ses affaires. Peu après, nous décidons de regagner l’hôtel. Avec son aide, ça va sans trop de problème. Nous arrivons à ma chambre, et là, je suis un peu inquiète pour la suite : Laurine n’est certainement pas là.


À ma grande surprise, il reste sur le seuil de la porte, il attend dans le couloir. Je suis épatée. Du coup, je me dépêche de changer de vêtement, de brosser mes cheveux, et j’applique un peu de noir sur mes yeux. C’est en sortant de la salle de bain que je réalise que je me suis quand même un peu maquillée…


Je découvre alors un petit billet sur ma table de chevet avec, dessus, l’écriture de Laurine : elle m’informe qu’elle est partie avec sa nouvelle conquête dans le sud de l’île et que je ne la verrais pas avant au moins demain soir. Je me demande pourquoi elle a pris un séjour « tout inclus » dans un hôtel ! Elle aurait pris un simple billet d’avion, ça aurait été plus économique pour elle ! Je me demande s’il faut que j’en informe Ewan… Je conclus que non, car le connaissant et me sachant seule… Ce qui ne m’empêche pas d’aller jeter un dernier petit coup d’œil sur ma personne dans la glace de la salle de bain avant de sortir.


Lorsque je le rejoins dans le couloir, il aborde un large sourire et ses yeux semblent briller, à prime vue, au moins deux preuves que ce qu’il voit lui plaît. Je suis flattée, mais ça m’ennuie quelque part que je réagisse ainsi.



Une fois de plus, il ne m’a pas demandé mon avis et j’ai cette curieuse impression de me faire manipuler comme une simple marionnette. D’un autre côté, ce sentiment de certitude où tout est prévu. Ceci étant, moi, j’aime quand même l’imprévu. Il faut dire qu’avec lui, je suis servie depuis ces derniers jours !


Je ne comprends rien à ce qu’il peut dire en grec aux deux personnes de la réception. Tout ce que je constate est qu’elles regardent toutes dans ma direction, et que ça me chiffonne de ne pas savoir ce qui se raconte. Il semble parler grec de façon naturelle, son accent est presque identique à celui des gens de l’hôtel. Puis il revient vers moi :



Je n’en saurais pas plus. Je passe ensuite une heure en sa compagnie, en tête à tête, dehors sous une pergola tandis que nous mangeons. Je sens que certains regards jaloux de femmes sont braqués sur moi. Au départ, j’avais cru à une illusion, mais, en me retournant diverses fois, j’ai eu confirmation. Sur le coup, j’étais presque tentée de leur dire : vous en voulez, alors prenez-le. Mais, finalement, là maintenant, je n’aime pas trop cette idée, je me sens devenir possessive, ce qui m’alerte.


Après le repas, il m’accompagne à nouveau jusqu’à ma chambre ; il fait chaud, j’ai une furieuse envie de m’allonger et de faire la sieste !


Nous sommes de part et d’autre du seuil, je prends la parole :



Il sourit, lève les yeux au ciel, puis répond :



Je me penche pour déposer un furtif baiser sur ses lèvres. Il est très étonné, c’est à moi d’être amusée. Avant qu’il ne dise quelque chose, j’explique :



Puis je referme la porte. J’entends ses pas s’éloigner. C’est bon, il joue le jeu. Je me demandais justement s’il allait plus ou moins forcer ma porte. Je m’allonge sur le lit, je ferme les yeux presque aussitôt et je m’endors.



--ooOoo--




Au réveil de ma sieste, j’ai la stupeur de le voir assis sur le lit de Laurine, en train de me regarder. Je sursaute, je manque de me casser la figure en voulant me lever :



Il a raison : ça va faire presque trois heures que je dors. Je me cale contre l’oreiller :



Je soupire ; du coup, je me laisse glisser le long de mon oreiller. J’écarte les bras en croix, ce type m’épuise ! Et là, il me fait quoi ? Il est indubitablement juste au-dessus de moi ! L’instant d’après, il m’embrasse posément, et je m’embrase prestement.


L’instant d’après, il est couché contre moi, ses mains baladeuses sur tout mon corps par-dessus la robe légère que je porte. J’en ai des frisons de plaisir. Pourquoi fallait-il que je tombe sur un tel bonhomme ? Je l’embrasse sans retenue, comme pour rattraper de nombreuses années d’abstinence. Je plonge mes doigts dans ses cheveux, j’attire sa bouche encore plus sur mes lèvres, j’en veux toujours plus !


Il capture alors mes seins, les caresse, les masse, les soupèse. Mon corps se cabre, frémit, vibre. Je sens que si je ne mets pas les « stop-là » tout de suite, nous allons nous retrouver à faire l’amour dans ce lit d’une personne. Mais je n’ai pas envie qu’il arrête…


Mon soutien-gorge est complètement de travers, ma robe est largement dézipée par derrière, ses doigts jouent avec la chair blanche de mes seins, avec mes tétons tout dressés, sa bouche dévore mes lèvres, son ventre se frotte au mien, et je sens distinctement quelque chose de dur se presser contre mon pubis. Je tremble d’excitation, j’ai une furieuse envie de lui arracher tous ses vêtements et de lui faire subir les derniers outrages !


Dans un dernier sursaut de volonté, je me redresse, et sans bien avoir compris comment, je suis agenouillée au-dessus de lui, mes mains sur son torse à présent nu, mes cheveux sur mes yeux, le souffle court :



Et voilà, j’ai capitulé. Lui, il a un très large sourire. Je ne sais pas ce comment je dois réagir devant l’expression de satisfaction évidente qu’il a : je lui balance une bonne paire de gifles ou je le viole sur place ?


J’opte pour une troisième solution : je me lève, je vais dans la salle de bain pour me redonner une contenance et voir la tête que j’ai : c’est étrange, je ne me reconnais plus bien dans le miroir, on dirait une autre femme au sourire lumineux, aux yeux qui pétillent ! Je me lave rapidement le visage et je me donne un coup de brosse. Il ne faudra pas que j’oublie de laver mes cheveux ce soir, ça commence à devenir limite avec le sel de la mer.



Je rougis, je viens de me trahir une fois de plus ! Ce type est infernal !


Nous sortons de l’hôtel, la main dans la main. Il me désigne un gros scooter :



Et nous partons sur les petits chemins qui bordent la mer. C’est amusant d’avoir les cheveux au vent. Ici, je n’ai vu aucun casque. J’aime me serrer contre le conducteur, ça me rappelle des souvenirs très anciens. Parfois, nous nous arrêtons, il me fait découvrir divers paysages, tandis que je me plaque à lui et qu’il m’enlace d’un bras protecteur. C’est tout idiot mais ça me plaît ainsi. Comme des ados, nous nous échangeons beaucoup de petits bisous. Je suis ici pour quinze jours, déjà une moitié de semaine écoulée, j’ai envie de m’offrir un amour de vacances et de ne penser à rien d’autre.


Nous sommes actuellement à la pointe nord-ouest de Corfou. Il me montre au loin d’autres îles dont je n’arrive pas à retenir le nom. L’une d’entre elles aurait été celle de Calypso, la fameuse nymphe qui retint durant sept ans le célèbre Ulysse.



Et pour le faire taire, je l’embrasse. C’est surprenant, la facilité que j’ai de le faire spontanément, surtout envers un type que je juge toujours irrécupérable ! Nous repartons vers une nouvelle destination. Le chemin devient de plus en plus étroit, une seule voiture pourrait passer, pas deux. Ça monte de plus en plus. Par moment, j’aperçois la mer à travers les arbres et les bosquets. Je me serre plus encore contre lui, ma joue plaquée sur son large dos.


Le scooter s’enfonce dans un tunnel végétal. M’étonnant moi-même, ma main glisse doucement vers le bas, vers son pantalon. Sans aucune hésitation, elle caresse son entrejambe, puis bientôt, la bosse qui enfle.


Oh et puis flûte -pour ne pas dire autre chose- ! Je n’y tiens plus, j’ai envie de me le faire, de l’avoir, de le posséder. Ce type m’a chauffée à mort, j’en ai le ventre noué, le feu aux entrailles, tant pis pour lui ! Qui sème le vent récolte la tempête !


Alors, posément, j’ouvre sa braguette, je défais le bouton de son pantalon et je plonge mes doigts dans son caleçon ! Surpris, il donne un coup de guidon, il continue à rouler, mais plus doucement. Je sens sa tige toute chaude, tout palpitante. Lentement, mais sûrement, je fais le tour du propriétaire en faisant glisser mes ongles le long de sa hampe puis en évaluant la circonférence. Je plonge même plus bas, comme pour aller soupeser ses attributs velus. Mon diagnostic est favorable : il y a visiblement à boire et à manger, sans que ça soit monstrueux. Tout ça m’a l’air d’être normal, et c’est comme je les aime ! Les gros machins et moi, ça fait deux ; j’ai déjà donné…


Ainsi rassurée, je me sens de plus en plus mutine : de toute ma connaissance en la matière, je commence à flatter sa tige frémissante, je la frôle, je la caresse, je la cajole. Je veux la sentir gonfler entre mes doigts, j’imagine même qu’elle jouisse sous mes câlineries ardentes et qu’elle en mette plein son caleçon ! Je l’entends qui respire bruyamment ! À chacun son tour ! Ce sera ma petite vengeance personnelle !


J’ai capturé à pleine main sa barre après l’avoir mis à l’air libre. Avec application, je le masturbe méthodiquement, sans répit, alternant les va-et-vient lents et amples, puis les secousses brèves et rapides. Mon autre main est déjà plongée dans ses poils bouclés, massant les deux boules soyeuses qu’elle a pu dénicher. J’essaye d’y mettre toute ma science, toute mon ardeur. Tout cela m’amuse beaucoup et me trouble énormément.


Visiblement, il n’y tient plus. Un bref coup de guidon et nous sortons du chemin. Je ne fais pas très attention à ce qui nous entoure, je suis trop absorbée par mon affaire, par ma volonté de le faire jouir ! Le scooter s’arrête ; vicieusement, je m’active encore plus autour de sa bite gonflée à bloc, de ses couilles prêtes à exploser, je le serre, je le branle par petits coups, je le branle en jouant des doigts, je lui masse délicatement, suavement les boules, je tords sa tige, la fais pivoter, onduler, virevolter ; je sens toutes ses palpitations, ses battements, ses pulsations intimes et délicates… Je sens et j’apprécie, je savoure cet instant, celui qui est juste avant, tout juste avant…


Un cri, un long raidissement, un tremblement, puis, comme au ralenti, une gerbe blanche qui s’écrase au sol, dans les herbes vertes, face à la mer.


D’autres tremblements moins puissants, d’autres éruptions moins vigoureuses, son souffle court, son corps qui vibre légèrement, sa tige qui s’affaisse petit à petit, molle, épuisée, vidée…


Je descends du scooter, je suis à la fois contente de moi et terriblement excitée. La forêt derrière nous, la mer devant, l’herbe étonnamment verte à nos pieds, le soleil ardent par-dessus, tout ça est si irréel, singulier. Lui aussi est descendu du scooter qui gît à présent dans l’herbe, il s’adosse à un arbre, comme anéanti, son sexe désempli. Sans aucune hésitation, je vais vers lui, je m’agenouille, je lève la tête vers ses yeux étonnés, un dernière regard, ma langue sur mes lèvres, telle une gourmande insatiable, et je le prends dans ma bouche.


Je le suce tout d’abord délicatement puis de plus en plus vivement. Je goûte son sperme légèrement acide, j’aime, j’en revoudrais bien encore plus tard. Je déguste la saveur de sa tige, de son gland. Je veux le faire gonfler à nouveau, je veux sentir sa grosseur sur ma langue ! Ses doigts caressent mes cheveux, mes joues, je continue mon exploration, je l’aspire, je le pompe, je le suce, encore et toujours.


Je le retire de ma bouche, puis je le lèche du bout de la langue, épousant toutes les sinuosités de son gland, de son frein, des veines qui palpitent sur sa tige. Il frémit, j’en suis heureuse. Je descends alors plus bas, vers la peau fragile des testicules. Je me fraye un chemin parmi ses poils, je teste, je vérifie, puis, avidement, je gobe la noix dure que j’ai trouvée sous la fine peau. Il se cabre. Vicieusement, je fais aller cette noix de part et d’autre de ma bouche, la lapant, la cajolant au passage.


Je décide de sortir le grand jeu. Peu importe ce qu’il pensera de moi, je m’en fiche. Voracement, je capture l’autre noix, sans me soucier des poils qui encombrent mes dents. Je joue avec, les faisant aller l’une sur l’autre, l’une sous l’autre, dans ma bouche humide. De ma main, je recommence à flatter sa tige qui s’affermit peu à peu. Je joue avec le gland, mes ongles titillant son méat et son frein. Mes autres doigts caressent son périnée, glissant dans ce fin sillon. Il gémit. À nouveau, je le branle fermement, de plus en plus vite, imprimant diverses torsions, rotations, cambrures à sa tige. Je libère ses testicules à présent détrempées, puis je suce mon doigt, tandis que je branle toujours.


Sans préambule, j’enfonce mon doigt mouillé dans son anus.

Il se raidit, son sexe enfle d’un coup.

Il éjacule, je le bois goulûment.


Après un dernier spasme, une dernière gorgée. Son sexe mollissant à présent hors de mes lèvres, je lève les yeux vers lui, la bouche maculée de sperme ; il m’interroge du regard, je réponds :



Il ne répond pas, comme vaincu.



--ooOoo--




Inutile de dire qu’après une pareille séance, il m’était plutôt difficile de jouer les oies blanches. Tant pis, je suis en vacances, ce type m’excite, et j’ai envie. Alors j’ai plongé.


Après la petite turlupinade, nous sommes restés sur place et il en a profité pour me faire subir la même chose. Disons que ça a été plus rapide car j’étais déjà totalement détrempée. Il a su me faire profiter de sa langue particulièrement habile et de ses doigts agiles. C’est alors que j’ai eu la révélation : le point G, grande arlésienne féminine, on dirait que, finalement, ça existe !


Comme pour se venger, il a mis ses doigts partout, sa langue aussi. J’ai joui comme une petite folle plusieurs fois, je ne saurais dire combien. Je ne me rappelle plus que de l’intense plaisir que j’ai pu recevoir, plus des détails ; c’est pour cela que je ne peux rien décrire, à mon plus grand regret. Mais quelque chose me dit que j’aurai, par la suite, d’autres occasions !


Nous sommes ensuite aller nous promener sur des côtes déchiquetées, aux paysages grandioses, une mer bleue sans vague, dans une légère brume. Nous avons dîné en tête à tête dans un petit village, j’ai passé une très bonne soirée. D’un commun accord, nous avons décidé de ne pas passer la nuit ensemble, mais que demain, je lui consacrerai toute la journée sans restriction.



Ai-je ajouté avant de refermer la porte de ma chambre.



--ooOoo--




Quelques jours se sont écoulés comme un rêve. C’est un bon amant, de temps à autre un peu brusque, qui décide souvent à ma place, ce qui m’agace parfois. Moi, je me donne complètement, je fais des folies de mon corps, je m’étonne moi-même de l’impudeur que je peux avoir avec lui. Mais je ne vais pas m’en plaindre, surtout à presque cinquante ans.


Aujourd’hui, je suis chez lui. Je me doutais bien qu’il avait un pied-à-terre dans l’île. Il m’avait dit que ce n’était pas très grand, en réalité, la maisonnette d’un grand oncle du côté de sa mère. Une masure qu’il avait commencé à retaper alors qu’il avait à peine vingt ans.



Masure, il est bien, lui ! Un magnifique mas en forme de U avec au moins quatre chambres, un vaste salon, diverses dépendances et une piscine au milieu ! Et au moins un bureau, il me semble. Quant aux salles de bain, je n’ai pas compté ! J’ai même cru voir un court de tennis, là plus loin. Oui, il y a pire, mais je connais difficilement mieux.



Il rit. Je ne sais pas s’il connaissait le mot ou s’il a deviné. Ça va faire maintenant une semaine que nous nous connaissons. Il a fini par me dire son métier : médiateur. D’après ce que j’ai compris, il sert d’intermédiaire lors de transactions diverses entre deux entreprises. J’ai senti qu’il ne me disait pas tout, j’ai compris aussi en filigrane que c’était bien payé, mais pas toujours très légal…


Et puis, flûte, je m’en fiche ! Nous venons juste de faire l’amour dans le salon, c’était particulièrement bon. À travers la baie ouverte, je contemple la piscine et son eau turquoise.



Et je plonge dans l’eau. Non, elle n’est pas trop froide, elle est à bonne température, ni trop, ni pas assez. Je fais un aller-retour. Ewan me capture dans ses bras et nous nous embrassons, collés, enroulés, l’un à l’autre. Décidément, la vie peut être belle !


Je sors de l’eau, l’eau qui dégouline de mon corps laisse une trace derrière moi. Je découvre mon reflet dans une porte-fenêtre. Oui, c’est vrai, j’ai encore une certaine allure, malgré un petit bidon qui s’affirme, et des seins qui subissent plus qu’avant les lois de la gravité… Je me demande pourquoi c’est sur moi qu’Ewan a jeté son dévolu. Ça m’intrigue.


Je n’ai pas le temps de me poser plus de questions, il est juste derrière moi, il se plaque à moi, me capturant les seins tout en me dévorant le cou. Déjà, je sens quelque chose de dur grandir sur mes fesses… Je me demande bien quelle sera la suite, j’ai bien envie de me laisser faire. Où ira-t-il se nicher ? Dans ma porte de jade, dans ma porte de nacre ou celle de bronze ? Entre mes deux tours d’albâtre ? A moins qu’il ne lui prenne d’autres fantaisies…


Je verrai… Maintenant, je joue à la pauvre petite chose subjuguée par un grand méchant loup autoritaire. Une façon agréable de subir, sans culpabiliser…


Les derniers jours de mon séjour furent bien trop rapides. Tout était trop bien sur cette île que nous visitions chaque jour un peu plus, que je découvrais et que j’aimais. Tant de plages pour aller se baigner tous les deux et batifoler, tant de petits bois pour folâtrer, toutes ces plaines et ces montagnes aux paysages magnifiques et verdoyants… Toutes ces nuits de folie à savourer son corps, à le posséder, à être possédée, complètement, entièrement.


Quand on aime, c’est fou ce que tout devient évident et facile… trop facile…



--ooOoo--




L’aéroport, mon avion qui est arrivé sur le tarmac, quinze jours qui sont passés trop vite. Laurine, sur le côté, louche sur mon Ewan. Elle m’a avoué qu’elle en aurait bien fait son quatre heures, et même plus. On appelle mon vol, je dois y aller. Un dernier gros bisou qui me fait frissonner jusqu’au plus profond de moi-même. Jusqu’au bout, ce type m’aura fait des choses !


Je m’avance, je le vois, là-bas, parmi d’autres personnes. Je me demande combien de temps il lui faudra pour sauter sur une autre touriste. Peut-être même qu’il a déjà fait son choix parmi celles qui arrivent. Un dernier signe et c’en est fini de la Grèce : retour à la réalité.


L’avion vient de décoller. Laurine me questionne depuis quelques minutes. Elle pose alors la question qui tue :




--ooOoo--




Mais voilà, contrairement à ce que j’aurais cru, il est venu. Il est là, devant moi, avec un bouquet de fleurs dans les mains. Soyons franche, je l’espérais bien un peu, je le désirais, mais, l’expérience m’a appris qu’entre ce que les hommes disent et ce qu’ils font, il y a souvent une très grande marge…


Je me jette dans ses bras ! Je répète sans fin : « Tu es venu, tu es venu ! » Nous sombrons dans le canapé, je l’embrasse furieusement follement, je griffe son dos à travers sa veste et sa chemise, je n’en peux plus, je le veux !


Avec une rapidité folle, je le déshabille, tandis que j’ôte mes vêtements sans soin à travers la pièce. Je le plaque au fin fond du canapé, pas de préliminaire, pas de câlin, pas de caresse, c’est lui que je veux en moi pour étancher ma soif, ma faim. Sans fioriture, je saisis son sexe déjà dressé, je m’accroupis au-dessus de lui, et sans préambule, je m’empale sur sa tige qui me manquait tant. Je pousse un intense soupir de soulagement quand sa bite s’enfonce au plus profond de moi. Je veux qu’il m’en mette partout, je veux qu’il me prenne, je veux du sexe, de la sueur, du bestial ! J’ai trop envie de lui pour chercher à rester civilisée ! Que je sois chienne, pute ou salope, je m’en fiche : je le veux à moi, rien qu’à moi, rien que pour moi !


Enfichée sur son sexe dur, je bouge mon bassin pour mieux le ressentir, pour mieux me visser sur lui ! Il saisit mes seins, mes tétons, il pétrit mes chairs comme j’aime qu’il le fasse, il martyrise mes pointes comme j’adore qu’il me torture. C’est bestial, sans un seul gramme de douceur, mais c’est si bon ! Être vissée en lui, plantée sur lui, deux corps qui se veulent, mes ongles sur ses bras, ma jouissance qui vient, qui monte, lentement, irrésistiblement, crescendo, ces éclairs dans ma tête et devant mes yeux…


J’explose, j’éclate, je m’éparpille en mille fragments de bien-être, de plaisir, je me cabre une dernière fois, c’est si fort, c’est si bon ! Trop bon !


Un dernier râle diffus et je m’effondre sur lui…

Rompue…

Vaincue…

Repue…


Quelques minutes plus tard, c’est ma chambre qui devient un champ de bataille. Ewan est déchaîné et moi, je ne suis guère plus calme. J’en viens à craindre pour mon lit ; les voisins, je m’en fiche royalement !


Au bout de trente-six positions à faire rougir les habitués du Kamasutra, les lèvres gonflées et rougies, le corps repu et épuisé, la chatte remplie et débordante, le cul fendu et comblé, je me niche tout contre mon amant. Le sommeil nous surprend ainsi.


Je me dis que tout va bien pour le mieux dans le meilleur des mondes, même si je n’ai toujours pas bien compris en quoi son métier consistait exactement, disons que j’ai peut-être un peu peur de le savoir. Ça doit être magouilles et compagnie… Peu importe, pour tout le reste, il vaut largement la peine qu’on s’accroche à lui !


Maintenant, j’en sais un peu plus sur lui et sa jeunesse, même s’il n’aime pas trop parler de certaines choses. Avant le divorce entre sa mère, journaliste, et son père, diplomate, il a vécu heureux à Corfou, ce qui explique son attachement à cette île. Après, il a été ballotté entre ses deux parents de pays en pays. D’où sa connaissances des langues.


Depuis plus de trois mois, nous nous voyons surtout les week-ends, il est souvent absent durant la semaine puisqu’il tourne entre différentes villes, comme Paris, Bruxelles, Lyon ou Marseille. Parfois, je le rejoins là-bas. Ma petite vie bien calme a considérablement changé, moi aussi. Je me laisse vivre, je me laisse aimer, je m’amuse à porter de belles robes, à faire attention à mon physique, à sortir, à me cultiver même. Pour preuve, notre sortie à l’opéra de la semaine dernière. Je n’aurais jamais cru aller dans un tel endroit, il y a même pas un ou deux mois ! Finalement, l’opéra, ce n’est pas si rébarbatif qu’on le dit, même si c’était pour raison de travail en ce qui concerne Ewan : son actuel commanditaire est un fou fanatique de Verdi. J’ai aussi remarqué qu’il louchait souvent dans ma direction plutôt que de regarder la scène. Pourtant, la nana qui l’accompagnait était d’une beauté !


Ewan me l’avait déjà dit : il parait que j’ai quelque chose de particulier et d’attirant, mais il n’a jamais voulu me dire quoi :



C’est la façon dont il dit « pas du tout » qui me fait frissonner : son ton est sérieux.


Les semaines passent comme des fusées, j’attends avec fébrilité les week-ends, je ne sais plus me passer d’Ewan, il est devenu un élément vital. Souvent, il me glisse à l’oreille de venir vivre avec lui, de laisser tomber mon travail. Je ne peux pas, je ne veux pas.


Être une femme entretenue me fait peur : et si un jour, l’amour qui nous lie s’envolait ? Que deviendrais-je alors ? Comment refaire ma vie ?



À peine ai-je eu le temps d’ouvrir la bouche qu’il est déjà ignoblement vautré sur moi en train de m’embrasser fougueusement ! L’instant d’après, il fourrage dans mon décolleté et je me retrouve très vite seins à l’air ! Il est littéralement en train de me violer, et le pire, c’est que j’aime ça !



--ooOoo--




Dehors, la neige tombe, je suis au chaud dans mon petit chez moi. Mais j’aurais bien aimé avoir une cheminée feu de bois, ça aurait été plus romantique. Mais je suis préoccupée, fébrile. Il faut que je lui dise ; je m’adosse au mur :



Je respire un grand coup, il me regarde d’un air intrigué. Je me lance :



Je souris :



Pour toute réponse, il se jette sur moi et m’embrasse passionnément !


Ce fut alors le commencement d’une année hors du temps, hors de ma petite vie d’avant, avec des paysages de rêve, des hôtels, des restaurants, des gens haut placés. Tout tourbillonnait autour de moi, comme une valse gigantesque ; j’étais grisée, ballottée, mais j’étais heureuse : j’aimais Ewan et Ewan m’aimait.


Nous avons fait mille folies, nous nous sommes aimés comme des sauvages, comme si demain n’existait plus, comme des oiseaux qui se brûlent les ailes. J’habitais une maison au bord d’une falaise, la vue était si belle, la mer si apaisante, la falaise si abrupte et dangereuse…



--ooOoo--




Nous sommes dans le salon de sa maison de Corfou, la boucle est bouclée. Du mieux que je peux, j’essaye de lui faire comprendre et admettre mon point de vue :



Je l’ai très rarement vu perdre son self-control, mais là, j’ai droit à une démonstration : il explose !



Je m’approche de lui. D’une main un peu tremblante, je lui caresse la joue. Il semble se calmer un peu, mais ses yeux lancent toujours des éclairs.



Je m’éloigne de lui, je ne veux pas qu’il me prenne dans ses bras, sinon, je perdrais toute volonté, je me connais assez pour le savoir.



Il doit être très fâché pour employer ce vocabulaire, et il s’approche de moi dangereusement, je recule un peu, mais le mur est juste derrière moi.



Et il sort rageusement de la pièce, sans se retourner. Je m’effondre dans un canapé : pourquoi ne veut-il pas comprendre ? Dans d’autres circonstances, je serais restée avec lui toute ma vie, mais, tels que nous sommes actuellement, ce n’est pas possible, il y a un trop grand fossé entre nous.


Alors je vais sur la terrasse. Là-bas, les montagnes se découpent dans le crépuscule. Il fait doux, tout est si calme alors qu’en moi, tout est tempête. Pourquoi ne veut-il pas comprendre ? J’ai vécu avec lui des mois formidables, mais je sais que ça ne peut plus durer, même si je suis folle de cet homme. Je sais aussi qu’un beau jour, il me verra d’un autre œil, que je ne serais plus pour lui qu’une habitude, puis plus tard un boulet. Et ça, je ne le veux pas.


Alors autant partir en pleine gloire, comme certains artistes, plutôt que d’affronter la longue et lente déchéance.



--ooOoo--




Ça va faire deux semaines que je suis revenue chez moi, à Reims. Je me suis enfuie comme une voleuse, de nuit. Ewan a tenté de me téléphoner, de me contacter par divers moyens, j’ai préféré ne pas répondre. Mais les jours et les nuits sans lui sont si longues et pénibles…


Alors je m’absorbe dans mon travail, mon nouveau travail car j’ai demandé à changer d’affectation. Ce n’est pas facile de se remettre dans le bain, surtout après des mois de vacances sous le soleil ! Mais je m’accroche, et je sais que le bout du tunnel est là, tout proche.


Au bout d’un mois, Ewan a cessé de me contacter, sa dernière phrase fut : « OK, j’ai compris, mais ne crois pas que c’en est fini, ma chérie ! ». Depuis, plus rien. Je passe mes week-ends à lire, je sors de temps en temps au ciné, au resto avec des ami(e)s. Mais je ne recherche pas la compagnie d’un nouvel homme, je sais que je n’y arriverais pas. Pourtant, je sais que je pourrais avoir des prétendants. Ewan avait raison : j’ai quelque chose en plus, surtout que je suis métamorphosée depuis que je l’ai rencontré. Mais les autres hommes ne m’intéressent pas. Peut-être qu’un jour, l’un d’entre eux percera la muraille que j’édifie autour de moi. Peut-être…


Les jours se suivent et se ressemblent. Longs, pénibles, sans sel. Je m’occupe de tas de dossiers insipides durant toutes ces heures où j’aurais pu être au soleil avec Ewan, main dans la main. J’ai beau m’occuper au plus vite de ces dossiers, la pile ne désemplit pas, on dirait même que plus j’en fais, plus j’en ai !


Je retourne à pied chez moi, j’ai envie de marcher, l’air frais me fait du bien. Je longe des vitrines, je me souviens alors de là-bas, du jour de notre première rencontre. Je secoue la tête, ce n’est vraiment pas le moment de penser à cela !



Je sursaute, je me retourne : personne. Une fois de plus, j’entends des voix, j’entends sa voix… Tout ou presque me remet en arrière, dans les jours heureux que j’ai pu vivre, dans cette vie presque idéale et si irréelle que j’ai menée durant quelques mois…


Arrivée chez moi, je glisse la clé dans la serrure ; avec surprise, je constate que c’était déjà ouvert. Pourtant, je suis certaine d’avoir fermé ce matin avant de partir. Un peu inquiète, j’ouvre précipitamment la porte et je me rue dans le salon. Je pile net sur place, ébahie : Ewan est planté devant moi, raide comme un piquet, l’air sombre.



Pour toute réponse, je reçois une gifle et pas n’importe laquelle ! Je suis totalement stupéfaite, la joue en feu, les bras ballants. D’une voix pleine de froide colère, il lance :



Il capture ma main et m’entraîne de force dans ma chambre où une valise vide attend qu’on la remplisse. Je suis dépassée par les événements. Je bafouille :



Il reprend son souffle, je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas quoi faire. J’ouvre timidement la bouche :



Il pose ses mains sur mes épaules :



À court de parole, je me jette dans ses bras.



--ooOoo--




Les années passent, nos sentiments restent. S’aimer est quelque chose qu’on doit entretenir, mais il est très facile finalement de continuer à se regarder comme nos premiers jours, se découvrir sans cesse, se chercher, se trouver, toujours et encore.


Ewan ne s’est jamais excusé pour la seule gifle qu’il ait pu me donner depuis que nous nous connaissons. Si j’ai le malheur d’évoquer cet épisode, son regard noir suffit pour que je change de sujet. J’ai cru comprendre qu’il avait très mal digéré le fait que je suis partie comme ça, en catimini, et que nous nous soyons séparés alors que tout allait bien entre nous.

Parfois, alors que je suis dans ses bras, je songe à ma fuite. Ai-je eu raison ? Ai-je eu tort ? Est-ce par là que nous avons découvert la valeur de ce qui nous liait ? J’ai parfois des doutes sur notre avenir, mais, à présent, j’essaye de vivre au jour le jour et de profiter du moment, de ces mille petites choses qui rendent la vie belle.


Et Ewan m’y aide beaucoup…


Nous sommes de retour à Corfou, le soleil printanier et la brise marine sont agréables. La baie est grande ouverte sur la piscine et sur un magnifique paysage verdoyant. Je termine un dossier pour mon Ewan. Nous travaillons ensemble à présent. Mais au ralenti, une mission de temps à autre et toujours à deux.


Je referme ce dossier rédigé en anglais - c’est fou ce que j’ai pu progresser dans les langues ! -, je remets le capuchon à mon stylo-feutre, je m’étire, puis je me lève. Ewan est au fond du jardin, il s’occupe des arbres fruitiers, torse nu. Je sens que je vais aller le perturber dans son travail…


Et l’obliger à se consacrer à d’autres fruits…